Diclaimer : Je ne suis à l'origine ni du monde d'Harry Potter, ni de celui de Supernatural.
Salut à vous, lecteurs de passage ou assidus.
Cela fait un moment que je n'ai rien publié en ligne (surtout en dehors d'un défi/exercice d'écriture), mais je n'ai pas été improductive pour autant et j'ai plusieurs gros projets en cours (et j'ai aussi pondu ma thèse de plus de 200 pages l'année dernière, d'où mon compte nul de publication en 2019). L'idée de cette fic est plutôt récente et je compte la sortir rapidement de ma tête pour retourner à mes mastodontes en incubation, profitant du confinement et du Camp NaNo d'avril pour cela. Je n'ai donc pas une grosse avance sur l'écriture, mais les grandes lignes sont déjà prévues et je compte faire assez court (autour d'une vingtaine de chapitres à l'estimation actuelle). Le rythme de publication va s'improviser lui aussi, je pars pour le moment sur un ou deux chapitres par semaine selon mon avancée en coulisses (prochain chapitre probablement dans une semaine).
Petite note sur les spoilers : je ne suis qu'à la saison 13 de Supernatural pour le moment et je me suis déjà fait spoiler plein de choses sur la suite, n'en rajoutez pas de nouvelles s'il vous plait. Je n'ai pas lu L'Enfant Maudit, mais je ne pense pas que cela aura d'importance pour cette histoire. Nous sommes ici dans l'été 1995, la chronologie des deux univers est respectée.
Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de mon travail :)
Chapitre 1 : Magie du sang
Harry pouvait encore voir leurs visages, ceux de son oncle et de sa tante, mais c'était celui de cette dernière qui l'avait le plus marqué. Son air absolument terrorisé ne s'était pas effacé, même après que son âme ait été aspirée par l'un des deux détraqueurs à avoir attaqué le numéro 4, Privet Drive, et laissait au jeune sorcier la désagréable impression qu'elle avait su ce qui était en train de se passer. Le visage de son oncle avait été plus neutre, plus vide aussi, et il était celui à avoir dépéri le plus rapidement après l'incident.
« Les détraqueurs n'ont pas le même effet sur les moldus que sur les sorciers, lui avait expliqué Remus. La magie des sorciers les maintient en vie, mais sans elle, les autres finissent par mourir. Les détraqueurs aspirent bien plus que l'âme de leurs victimes. »
Vernon Dursley était mort deux jours après l'attaque. Pétunia avait tenu un peu plus d'une semaine. Partager le sang de Lily lui avait peut-être conféré une résistance un peu plus importante, mais toujours insuffisante. Dudley avait été pris en charge par les services sociaux moldus, mais Dumbledore et l'Ordre du Phénix, dont Harry découvrait par la même occasion l'existence, n'avaient pas pris le risque de laisser le sorcier emprunter le même circuit. Après tout, Voldemort était de retour, le Ministère de la Magie était dans le déni, et Harry était dans leur viseur respectif.
Harry avait du mal à faire le point sur ses émotions concernant ceux qui avaient été sa seule famille la majeure partie de sa vie. Cela faisait longtemps qu'il avait arrêté de chercher leur affection, se résignant à être traité différemment de son cousin et à devoir éviter les problèmes pour ne pas se retrouver enfermé dans son placard. Depuis qu'il avait découvert Poudlard, il avait arrêté d'y accorder la moindre importance, se convaincant que sa véritable vie était celle qu'il partageait avec ses amis et ces gens qu'il avait trouvés et qui se préoccupaient véritablement de lui. Il s'était dit que les Dursley ne comptaient plus, mais il était forcé d'admettre qu'il se sentait désolé pour les trois moldus. Ils auraient probablement eu une vie meilleure sans lui. Ils avaient tout de même accepté de l'intégrer à leur famille et lui avait offert une protection contre Voldemort en le reprenant tous les ans chez eux, quand tout le monde aurait été bien plus heureux qu'il sorte de leur vie en passant tous ses étés au Terrier. A présent, ils étaient les dommages collatéraux d'une guerre qui ne les concernait pas directement. Malgré le traitement auquel Dudley l'avait soumis dans son enfance, Harry était surtout désolé pour son cousin. Ils avaient découvert ensemble les corps de ses parents et les détraqueurs, et Dudley n'avait plus dit un mot depuis que le sorcier avait fait fuir ces derniers avec un patronus.
A présent, Harry avait laissé Little Whining derrière lui et se trouvait dans la cuisine du 12, Square Grimmaurd, attendant de savoir ce qui allait advenir de lui. Une lettre lui était en effet parvenue de la part du Ministère, l'informant de son expulsion de Poudlard pour usage abusif de la magie hors de l'école. La présence des détraqueurs avaient rapidement été objectivée, du fait de la situation de son oncle et de sa tante, mais Harry était tout de même tenu de se soumettre à une audience disciplinaire pour décider du maintien ou non de son expulsion. Il porta à ses lèvres la tasse contenant le chocolat chaud qu'avait préparé Mrs Weasley pour le groupe d'adolescents regroupés au sous-sol.
Harry était reconnaissant de la présence à ses côtés de ses amis. Hermione était plongée dans un ouvrage de droit, essayant de trouver des informations utiles pour défendre le cas de son ami, et Ron portait le même air songeur que lui. Ginny et les jumeaux étaient un peu plus loin et Harry surprenait régulièrement les regards désolés ou inquiets qu'ils lui adressaient régulièrement. Son regard accrocha justement celui de la jeune fille. Cette dernière le soutint un peu plus longtemps que précédemment. Harry n'eut pas le temps de déchiffrer ce qu'elle devait penser ou lui demander silencieusement car son attention fut détournée par l'arrivée de son parrain dans la pièce.
Le jeune sorcier sourit à Sirius. S'il y avait une chose positive à retenir de la situation, c'était d'avoir la possibilité de le revoir, de le côtoyer au quotidien et de savoir qu'il était en sécurité et bien nourri. L'ex-détenu lui retourna son sourire, mais avec un air un peu plus grave annonçant qu'il n'était pas là simplement pour passer un bon moment.
« Dumbledore est arrivé, annonça-t-il. Il veut te voir dans le salon. »
La première émotion qui gagna Harry fut un immense soulagement. Cela faisait des jours qu'il attendait d'avoir des nouvelles du directeur. Mais ce sentiment fut aussitôt suivi par l'installation d'un poids lourd dans son estomac, dans l'appréhension que les nouvelles apportées puissent être mauvaises. Hermione lui attrapa l'avant-bras et fixa son regard dans le sien. Harry put y lire toute l'assurance de son amie.
« Tout va bien se passer, lui affirma-t-elle. Ce n'est pas au Ministère de choisir de t'expulser ou non, même si tu avais été en réelle infraction et non en train de te défendre.
- Nous t'attendrons dans la bibliothèque, » lui glissa Ron d'un ton tout aussi déterminé.
Ce n'était pas souvent que son ami choisissait ce genre d'endroit pour se retrouver, mais ils savaient tous les trois que ce serait un coin calme où ils ne seraient pas embêtés. Harry sourit à ses amis et se leva pour suivre Sirius. En passant à côté du reste des Weasley présents, il reçut d'autres encouragements et croisa à nouveau le regard de Ginny où il put cette fois distinctement lire une certaine inquiétude. Il tenta un sourire pour la rassurer, mais sans grand effet. Sirius passa un bras autour de ses épaules pour l'encourager à avancer et lui faire part de son soutien. Cela ne fit que faire ressentir à l'adolescent la tension qui le parcourait également.
Sirius le mena ainsi à l'étage, dans le salon où le professeur Dumbledore, mais aussi Remus, les attendaient. Le premier lui tournait le dos, semblant absorbé par la tapisserie à laquelle Harry n'avait jamais prêté attention et qui représentait une sorte d'arbre, et le second lui adressa un sourire chaleureux. Harry y répondit aussitôt. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son ancien professeur. Il semblait encore moins en forme qu'il ne l'avait été à Poudlard, mais son plaisir était évident à la vue des nouveaux arrivants. Il se leva pour donner une accolade amicale à Sirius, avant de serrer affectueusement l'épaule d'Harry et de lui ébouriffer les cheveux, à la grande indignation de ce dernier mais à l'amusement commun des deux Maraudeurs.
« Cela fait du bien de vous revoir, annonça le lycanthrope
- Bonjour, Harry. »
L'attention du jeune sorcier fut aussitôt attirée par le directeur qui avait fait volte-face et gardait un air grave malgré le pétillement présent dans son regard. Harry le salua avant de s'installer sur le canapé que lui indiquait son aîné. Sirius prit place à ses côtés tandis que Remus se réinstalla dans son fauteuil. Le directeur fut le dernier à s'asseoir et il posa ses coudes sur ses genoux pour pouvoir joindre ses mains devant son visage. Harry sut que la situation était grave rien que par la posture du vieux sorcier.
« Je pense que tu as compris que la situation actuelle était délicate, dit-il en guise de préambule.
- Hermione pense que l'audience ne peut que me donner raison, tenta de se rassurer Harry.
- Je ne suis pas venu discuter avec toi de l'audience, qui à ce stade n'est plus qu'une formalité. »
Harry ne parvint pas à sentir le soulagement que ces mots auraient dû lui inspirer. Il glissa un coup d'œil vers son parrain, mais Sirius n'avait pas non plus l'air de se réjouir de la nouvelle et gardait un air grave et son attention fixée sur le directeur.
« Je suis ici pour parler des mesures de sécurité te concernant, précisa ce dernier.
- Harry est en sécurité ici, » répondit aussitôt l'animagus.
Il semblait s'être attendu à l'annonce du professeur Dumbledore et l'idée de pouvoir venir vivre avec son parrain sur une base plus constante réchauffait le cœur d'Harry. Cependant, le directeur n'avait pas la même idée en tête.
« Si la sécurité qu'offrait cet endroit était suffisante, nous l'aurions fait venir bien plus tôt, opposa-t-il.
- Il a raison, coupa Remus alors que Sirius allait protester. Le quartier général de l'Ordre du Phénix va devenir l'un des endroits les plus recherchés par l'ennemi. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu'Harry y soit présent s'il se retrouvait compromis.
- Les barrières magiques sont puissantes et il est protégé par Fidelitas.
- Nous savons tous les deux que le Fidelitas n'est pas une protection suffisante, » trancha le directeur.
Cela interrompit aussitôt Sirius dans son élan. Une peine bien trop rude se lut aussitôt sur son visage et Remus poussa un soupire, partageant l'accablement de son ami mais ayant eu plus longtemps la possibilité de la surmonter depuis toutes ces années.
« Mais vous êtes le maître du secret, n'est-ce pas ?, tenta Harry en s'adressant au directeur et détestant voir la douleur des deux Maraudeurs, sachant parfaitement à quel Fidelitas en question ils pensaient.
- Nous ignorons ce que l'avenir réserve à chacun de nous, répondit le vieil homme. Harry, te souviens-tu de ce que je t'avais expliqué lorsque je t'ai renvoyé chez les Dursley à la fin de ta première année ?
- Que j'y serai protégé tant que je considérerai leur maison comme mon foyer.
- C'est cela, acquiesça le directeur. Cette protection était la plus puissante sur laquelle nous pouvions compter.
- Le sort pourrait être maintenu si je reste à Privet Drive ?
- Non, cela ne fonctionne pas de cette façon. Le sacrifice de ta mère a permis de forger cette connexion entre ta tante et toi car vous partagiez tous les trois des liens de sang suffisamment étroits. L'utilisation de la magie du sang est très dangereuse et hasardeuse, mais les résultats sont spectaculaires et inégalables. Le genre de rituel qu'aurait pu utiliser ta mère exigeait une contre-partie de Pétunia. Le sort n'a été scellé que lorsque ta tante a accepté de te recueillir et ses effets se sont dissipés depuis son décès. Tant que tu passais suffisamment de temps près de la clé de voûte de cette magie pendant l'été, tu bénéficiais d'une certaine protection à distance également, comme en a attesté ton affrontement contre le professeur Quirrell. Tu es vulnérable à présent et ton cousin n'est pas en âge ou en position de pouvoir sceller un tel contrat. »
Harry frissonna au terme employé par le directeur. Il n'avait pas eu besoin que sa tante meure pour se sentir vulnérable. Ses cauchemars lui rappelaient trop bien à quel point il s'était sentit impuissant et avait cru vivre ses derniers instants lorsque Cédric avait été abattu à ses côtés et qu'il s'était retrouvé attaché à la tombe du père de Voldemort, tandis que Peter Pettigrow plantait un couteau dans son bras pour lui tirer le sang nécessaire pour faire revenir son maître. L'animagus avait lui-même offert sa main pour accomplir le rituel. Cela sonnait bien trop proche des explications que venait de lui fournir le professeur Dumbledore sur la magie utilisée par sa propre mère.
Harry frotta inconsciemment à travers sa manche la cicatrice qu'il portait au bras depuis ce jour.
« C'est pour cela que cet endroit pourrait ne pas suffire à te protéger de Voldemort, éclaircit le directeur, ni nul autre d'ailleurs. »
Le jeune Gryffondor fronça les sourcils. Il commençait à avoir un mauvais pressentiment.
« Mais je serai en sécurité à Poudlard. Je n'ai nulle part d'autre où aller et il n'y a pas d'endroit plus sûr que le château.
- Harry, répondit le directeur sur le même ton calme qu'on prenait lorsqu'on abordait un animal effrayé, tu ne pourras revenir étudier à Poudlard qu'après ton audience disciplinaire.
- A laquelle il ne pourra pas se rendre, réalisa Remus. Sans la protection de Lily, il y sera trop exposé. Cela offrirait à Voldemort l'occasion idéale pour frapper.
- Non ! »
Harry s'était levé d'un bond en exprimant à la fois sa stupéfaction et sa protestation. Le professeur Dumbledore lui sourit tristement et cela remua l'estomac d'Harry, qui commença à sentir une colère irrépressible monter en lui.
« Il nous faut être pragmatiques, dit-il. Ni le château, ni moi, ni les professeurs n'avons été en mesure de t'offrir une protection suffisante jusqu'à présent. Tu as été mis en danger tous les ans depuis le début de ta scolarité, risquant systématiquement ta vie au moment où la protection de ta mère et de ta tante était la plus faible. Sans cette dernière, et avec Voldemort qui s'attend à ton retour à la rentrée, nous ne pouvons que craindre le pire. Poudlard est une forteresse, mais elle n'est pas imprenable.
- Mais s'il ne peut pas aller à Poudlard et qu'il ne peut pas rester ici, raisonna Remus, où va-t-il aller ? Le Terrier est également une cachette trop évidente.
- Je ne peux pas ne pas aller à Poudlard, insista Harry. C'est chez moi, c'est là où seront mes amis…
- C'est aussi une mesure nécessaire pour protéger tes amis, » rétorqua le directeur.
Son ton était sans appel, mais ses yeux avaient perdu de leur éclat, comme touché par la tristesse. Mais Harry ne voulait pas de la pitié de la part de l'homme qui lui fermait ses portes alors même qu'il était le seul à être craint de Voldemort et le plus à même de le protéger.
« Je suis votre responsabilité !, s'énerva Harry. Vous ne pouvez pas m'écarter comme cela parce que vous n'êtes plus sûr d'être à la hauteur. Si vous ne l'êtes pas, personne ne le sera. Je ne peux pas me battre seul contre Voldemort ! C'est votre devoir de me protéger !
- Je ne t'écarte pas, Harry, répondit d'une voix calme le sorcier même si cela se voyait qu'il n'avait pas l'habitude qu'on lui parle sur ce ton.
- Harry, intervint à ce même titre Remus. Personne ne te laissera te battre seul. Bon sang, tu n'as même pas besoin de te battre du tout ! Ce n'est pas ton rôle.
- Alors vous allez simplement me chercher un trou où me cacher le temps que les choses passent, alors que mes amis seront en danger ? Un endroit où vous espérez que Voldemort m'oubliera ?
- Te cacher dans un endroit isolé et détaché de toute activité liée à Poudlard, l'Ordre ou tes amis est effectivement la meilleure solution que je puisse envisager actuellement pour assurer la sécurité du plus grand nombre. »
Hors de question ! Harry allait laisser entendre son opinion, n'ayant plus aucun égard pour le statut du directeur à cause de la colère qui le poussait au-delà de ses limites, quand Sirius se racla la gorge bruyamment. Cela faisait depuis un long moment que son parrain ne s'était pas joint à la conversation et Harry se tourna vers lui, avec un mince espoir de trouver chez lui le soutien dont il avait besoin pour appuyer son point de vue. Remus et le professeur Dumbledore se turent également pour le laisser intervenir.
« Vous connaissez le sort qu'a utilisé Lily pour protéger Harry ?, » demanda-t-il à leur aîné.
La colère d'Harry retomba en croyant deviner dans la posture et la voix de son parrain la même hésitation et le même manque d'assurance qu'il avait eu quand il lui avait demandé en fin de troisième année s'il voulait venir vivre avec lui. Le directeur fronça les sourcils.
« Après des années de recherches, j'ai pu en comprendre le principe, même si j'en ignore toujours les détails.
- Vous avez dit que la magie du sang était dangereuse et hasardeuse, probablement dans les plus difficiles à maîtriser.
- Et ce n'a été qu'après en avoir vu les effets sur le professeur Quirrell que j'ai été certain que Lily avait été capable de l'employer.
- Lily était brillante, rappela Remus en essayant de comprendre où voulait en venir son ami. Si quelqu'un avait pu y parvenir, ça aurait été elle. »
Harry non plus ne comprenait pas ce qui perturbait son parrain et se rassit en attendant quelques éclaircissements.
« Albus, reprit ce dernier avec un ton plus résolu, je ne sais pas grand-chose sur la magie du sang, mais j'ai lu des choses à ce sujet dans la bibliothèque de mes parents il y a longtemps. Ce n'est pas le genre de magie auquel on fait appel d'un mouvement de baguette en prononçant une formule magique. Elle nécessite des rituels qui peuvent être préparés à l'avance en attente d'être activés ou scellés. James et Lily n'auraient pas attendu de se laisser surprendre. S'ils avaient été deux à préparer le rituel, cela n'aurait-il pas augmenté les chances de réussite ? Lily était brillante, mais James était un génie. Il préférait s'amuser qu'étudier, mais c'est grâce à lui que nous avons pu devenir animagus ou créer la Carte du Maraudeur.
- A eux deux, ils auraient pu réaliser n'importe quoi, poursuivit Remus en continuant sur cette ligne de pensée. Ils formaient l'un des couples les plus puissants de notre époque, ce n'était pas étonnant que Voldemort fasse d'eux une cible. Ils étaient parvenus plusieurs fois à faire obstacle ses plans, rien qu'à eux deux.
- Trois fois, précisa le directeur avant de soupirer. Il n'est pas présomptueux, en effet, de supposer qu'ils aient réalisé le rituel ensemble. Cela rend effectivement plus probable leurs chances de succès.
- Lily n'aurait jamais caché à James qu'elle avait trouvé une solution, réfléchit Remus, même si cela avait été de la magie noire. Et il en allait de même pour lui. Ils auraient fait n'importe quoi pour mettre toutes les chances de leur côté si cela signifiait protéger Harry. »
Le dit sorcier sentit sa gorge se nouer. Il n'avait jamais entendu parler de ses parents de cette façon. Il savait qu'ils l'avaient aimé, au point que sa mère se sacrifie pour lui, mais c'était la première fois qu'il en mesurait l'intensité. Il avait toutefois du mal à concilier l'image héroïque qu'il avait d'eux avec le fait qu'ils auraient été capables d'utiliser la magie noire s'ils avaient été poussés dans leurs derniers retranchements. L'idée que son père soit aussi intervenu pour lui offrir la protection dont il avait bénéficié toutes ces années était cependant assez réconfortante.
« Admettons, dit le directeur, ils auraient pu préparer le rituel ensemble. En quoi cela change quoi que ce soit et est important dans la discussion actuelle ?
- Parce que si le sang de James a aussi servi, le sang de Lily n'est pas le seul à pouvoir protéger Harry.
- Cela ne nous avance pas plus, répondit Remus sur le ton de l'évidence. James n'a pas de famille. Le restant des Potter et des McKinnon est mort. »
Harry releva brusquement la tête en entendant un nom qu'il ne connaissait pas mais intéressait sa famille, probablement sa grand-mère paternelle. Mais ce que Sirius ajouta éclipsa tout le reste.
« Cela change tout, parce que James n'était ni un Potter, ni un McKinnon. Il était adopté. »
