Avant New-York, avant les Avengers, Tony Stark n'avait peur de rien. Ni des foules, ni de la solitude, ni du vide et certainement pas du ridicule. Le premier avril était un jeu pour lui, un autre moyen d'être acclamé par les médias et d'attirer les filles dans son lit.

Les choses avaient beaucoup changé depuis qu'il sortait avec le Dieu de la Malice.

En se levant ce matin là -bon, d'accord, en émergeant de son coma- dans son laboratoire, la voix rassurante de JARVIS le mis tout de suite en condition pour la journée.

« Bonjour monsieur, il est dix heures et quart du matin et nous sommes le premier avril. Je vous recommande une très grande attention durant toute la journée, en particulier aux abords de monsieur Odinson. »

Tony grogna en réponse. Eh merde. Il était prêt à parier qu'il allait en voir de toutes les couleurs.

« T'es au courant de quelque chose JARVIS ?

-Non monsieur, mais il y a bien longtemps que monsieur Odinson a appris à échapper à mon attention. Dois-je vous rappeler les événements de l'année dernière ?

-Oh non non non, s'il te plait efface tous de suite ça de tes archives... Si jamais quelqu'un tombait dessus...

-Bien monsieur, c'est fait. En revanche je doute que messieurs Odinson et Barton soient près d'oublier.

-N'en parlons plus JARVIS. Le passé est le passé ! Prépare moi un café et une aspirine dans la cuisine.

-Tout de suite monsieur. »

Après une rapide toilette dans la salle de bain jouxtant son atelier, Tony enfila le t-shirt le plus propre qu'il ait pu trouver ainsi qu'un de ces bracelets répulseurs -non, il n'avait aucun scrupule à tirer sur son dieu de petit ami quand il le fallait- puis monta énergiquement les marches. En entrant dans la cuisine il croisa Natasha qui daigna à peine lui accorder un regard, et trouva comme prévu son café tout chaud et son aspirine. Avalant le tout en deux temps trois mouvements, il lorgna avec dégoût les espèces de pancakes à forme vaguement poissonneuses sans doute confectionnés par l'archer. Oh, ne vous y détrompez pas, la cuisine de Clint était formidable la plupart du temps, c'était sans doute un skill de père de famille, mais il était aussi la deuxième personne la plus farceuse du Complexe. Jamais Tony n'avalerait quoi que ce soit de sa préparation en ce jour.

L'ingénieur voulait éviter autant que possible l'espèce d'emo asgardien, alors il se creusa les méninges pour deviner où il ne s'attendait pas à le trouver.

Il y avait assez peu d'endroits dans le Complexe que Tony ne fréquentait pas -en dehors des appartements de ses camarades, et encore Loki et lui trouvaient parfois le lit du voisin plus confortable que le sien...- Après tout, c'est lui qui avait entièrement désigné le bâtiment alors il n'allait pas s'amuser à ajouter des pièces qui ne lui seraient d'aucune utilité.

Le gymnase. C'était sans doute là où il passait le moins de temps. Après tout, le seul sport qu'il aimait se pratiquait dans la chambre, et sur le champ de bataille ce n'était ni ses muscles ni ses techniques qui faisaient la différence. Au contraire de ses coéquipiers qui s'entraînaient régulièrement ici ou sur la grande esplanade à l'extérieur, Tony entretenait son armure à défaut de son corps.

Un étage entier du sous-sol était consacré à l'entraînement. Il y avait tout un stand de tir pour les utilisateurs d'armes à feu ou de projectiles, une piscine olympique -Tony préférait se baigner dans le jacuzzi géant de l'espace spa, mais chacun ses goûts-, une salle de musculation et une grande salle dédiée au corps à corps dont le sol était recouvert de tatami.

A la recherche d'un peu de compagnie, le milliardaire errait entre les différents vestiaires. Il trouva Nat à la piscine, et c'était la dernière personne qu'il avait envie de déranger dans son entraînement alors il fit demi-tour.

Sam Wilson était au tir, et le gratifia d'une tape sur l'épaule amicale à son arrivée.

« Eh Tony ! C'est rare de te voir par ici ! »

Tony n'était pas très proche du Faucon, étant donné les circonstances assez difficile dans lesquelles il avait intégré l'équipe. C'était l'ami de Cap, pas le sien et l'homme était du genre plutôt franc dans ses paroles. Cependant, depuis l'arrivée de Barnes au Complexe, ils s'étaient inconsciemment rapprochés face à leur ennemi commun. Et puis Wilson était un de ceux qui avait le plus vite accepté sa relation avec Loki, n'ayant pas été touché personnellement par l'incident New York.

« -Wilson. A vrai dire je suis comme qui dirait en fuite... J'essaye d'éviter Loki.

-Oh. Problèmes de couple ? »

Alors que n'importe quel autre membre de l'équipe aurait eu une petite lueur soulagée dans le regard -Tony faisait semblant de l'oublier, mais les yeux ne mentent pas- Sam avait seulement l'air sincèrement inquiet. C'était le genre de personne qui se faisait un devoir d'aider absolument tout le monde, et c'était absolument adorable.

« -Non ne t'inquiète pas, enfin quoique avec Loki c'est presque plus inquiétant quand on ne se dispute pas... Mais non, j'ai juste peur de ce qu'il me réserve pour aujourd'hui alors je me cache. Tu sais, le premier avril, le Dieu de la Malice, tout ça...

-Oh ! Effectivement je me ferais aussi du souci à ta place ! Eh bien, si je croise Loki je lui dirais que je ne t'ai pas vu alors.

-Merci, mais face au Dieu des Mensonges... Mieux vaudrait que tu l'évites toi aussi en fait. Je ne sais pas ce qu'il a prévu mais ça pourrait impliquer d'autres personnes.

-D'accord, je me tiendrais à carreau. D'ailleurs à ce propos, ce n'est pas le seul à s'amuser aujourd'hui ! »

Joignant le geste à la parole, Sam désigna les cibles derrière lui.

Quelqu'un avait collé sur les silhouettes des photographies de toute l'équipe. Sam s'était d'ailleurs visiblement acharné sur l'effigie de Barnes, à en voir les impacts défigurant la photo du soldat.

« -Ouaouh, je sais pas ce qu'il t'as fait mais t'étais énervé à ce que je vois ! »

Un poil gêné, le Faucon baissa la tête.

« -Oh c'est rien, juste les petites chamailleries habituelles... Et puis c'est le seul que je m'imagine souvent étriper alors le choix était vite fait.

-Oh mais je ne t'en veux pas. Enfin si, je t'en veux de ne pas m'avoir laissé le visage ! »

Sur ces mots, Tony visa et tira un bon coup de propulseur sur la cible qui acheva de détruire le visage en papier du soldat. Le système automatique s'empressa de remplacer la cible trop amochée par une intacte, qui avait également été customisée.

« Eh bien, Barton n'a pas fait les choses à moitié visiblement !

-Clint ? Tu penses que c'est lui ?

-Si tu te poses encore la question c'est que tu n'as pas passé assez de temps chez les Avengers Wilson ! Tu croyais que Captain America ferait des farces pour le premier avril ? »

Un sourire malicieux se dessina sur le visage de l'ex-militaire.

« -Tu ne devrais pas parler si vite Tony... Suis moi ! »

Toujours son air mutin sur les lèvres, Sam amena l'ingénieur jusqu'à la salle de combat au corps à corps. Arrivés au vestiaire il lui intima le silence et se risqua à ouvrir lentement la porte. Tony glissa sa tête dans l'entrebâillement, bouchant la vue au Faucon et chercha du regard le captain.

Ce qu'il vit provoqua en lui deux réactions extrêmement opposées : tout son visage devint blanc comme un linge, et en même temps il plaqua ses deux mains sur sa bouche pour contenir un fou rire monumental.

Il avait immédiatement retiré la tête de l'ouverture, avant que l'un des deux super-soldats présents dans la pièce ne le remarque, mais l'image restait gravée au fond de sa rétine.

Ce qui avait provoqué le fou rire tout d'abord : le crâne de Barnes rasé de moitié, ses cheveux longs de l'autre. Une coupe qui aurait fait fureur sur un pré-adolescent gothique et fan de métal, d'autant plus soulignée par ses yeux cerclés d'un noir profond.

Ce qui l'avait fait pâlir : le-dit pré-adolescent gothique était visiblement très occupé à prendre soin de l'idole de l'Amérique, agenouillé derrière lui et sa main de métal crispée dans les doux cheveux blonds.

Il n'avait pas eu le temps de voir le visage de Steve, fort heureusement -il n'était pas près pour un tel traumatisme- mais plus jamais il ne pourrait regarder le soldat de l'hiver dans les yeux, pas après l'avoir vu avec une telle expression de pur plaisir.

Soucieux de préserver son camarade ailé du même traumatisme, Tony referma la porte avec une extrême attention et le tira en dehors du vestiaire, et même en dehors de l'étage. Il fallait qu'il s'éloigne au maximum de cette vision du démon.

« Pourquoi ? Pourquoi tu m'as fait voir ça ? » s'époumona-t-il une fois hors de danger.

« -Attends, c'était si horrible que ça ? C'est juste du maquillage et une coupe de cheveux, mec... Pour un gars qui sort avec une espèce de bimbo d'une autre planète c'est un peu exagéré...

-Hé ! Je sors avec un Dieu, nuance ! Et tu devrais me remercier d'avoir épargné à tes yeux la vision de ton meilleur ami en train de se faire copieusement... »

Un bruit de verre brisé le coupa dans sa phrase, et les deux Avengers tournèrent de concert la tête vers la source du vacarme. Dans leur folle course ils étaient arrivés au niveau du couloir menant entre autre à la chambre de Tony. La porte de ladite chambre s'ouvrit d'ailleurs en trombe et un Loki dans sa forme féminine, enveloppée dans un large plaid et le regard noir en sortit.

Troublé par la vision de la salle de sport, Tony en avait oublié de faire attention à Loki. Grave erreur.

Loki semblait absolument bouleversé, mais l'ingénieur n'allait pas se laisser avoir cette fois. Tout cela était une mise en scène, et il n'allait pas foncer dans le piège tête la première. Il prit alors sa voix la plus charmeuse et faussement inquiète :

« Bébé, ça va ? »

Pour toute réponse, Loki fronça le nez avec dédain et dépassa les deux hommes avant de disparaître dans une éclat de magie verte. D'accord, il avait choisi la fuite alors. Tony pouvait presque lire le script de son plan destiné à le faire culpabiliser. Et quand il serait au bout du rouleau, Loki reprendrait son habituel air coquin pour lui annoncer la supercherie.

« -Qu'est-ce que je disais ! Une bimbo, et drama queen en plus. » commenta Sam, entre l'amusement et la surprise. « Tu devrais quand même allez voir ce qui ne va pas non ?

-Pff tu rigole ? C'est de la grande comédie, il se croit au théâtre ! Fais attention à toi où il t'embarqueras dans ses petits jeux de manipulation...

-Ouais t'inquiète, je me ferais pas avoir.

-Bon, je vais voir si il aurait pas cassé mes bouteilles préférées. Ces bijoux-là sont très précieux, je lui en voudrais d'en avoir gâché une seule goutte !

-Ok, moi je vais retourner à l'entraînement j'imagine.

-Oh, je te déconseille de retourner voir Steve alors... Crois moi, tu ne veux pas voir ça.

-Je te fais confiance... »

Dans sa chambre, tout était intact à vue d'œil, excepté le lit king size défait dans une vision de débauche pour Tony qui ne pouvait s'empêcher de visualiser le corps pâle et parfait du prince d'Asgard entre ses draps.

La porte de la salle de bain attenante était entrouverte, alors Tony y entra pour enquêter. Le miroir était brisé, des débris jonchant le sol. Loki n'avait même pas pris la peine de nettoyer -ça lui aurait pris tout au plus vingt secondes, avec sa magie, mais visiblement il voulait jouer le drame jusqu'au bout.

Armé d'une balayette et d'une pelle, Tony ramassa les bouts de verre et s'approcha de la petite poubelle de la salle de bain pour les jeter. Cependant, un petit bout de plastique blanc attira son regard et il suspendit son geste. Reposant la pelle pleine sur le côté, il s'agenouilla et se saisit du petit objet cauchemardesque.

C'était un test de grossesse. Tony n'y connaissait pas grand chose en test de grossesse, mais il était écrit 3 semaines, et ça ne pouvait signifier qu'une seule chose.

C'était forcément un faux, évidemment, mais Tony fourra tout de même le petit bout de plastique dans un tiroir, mu par une certaine intuition.

Toute la journée, Tony s'attendit à ce que Loki apparaisse derrière lui par surprise, ou sème des petits pièges dans tout le Complexe, mais étonnamment rien de tout cela ne se réalisa.

A l'arrivée de Barnes autour de la grande table à midi, ce fut le seul à ne pas éclater de rire mais plutôt avaler douloureusement sa salive sous le regard meurtrier de l'assassin génétiquement amélioré. Loki était absent au rendez-vous, pour le bonheur de la plupart des Avengers -seul Thor s'était désolé à voix haute de son absence, en réalité- et le jeune Peter Parker également manquait à l'appel. Tony aurait juré qu'un certain mercenaire en lycra rouge y était pour quelque chose...

Clint avait éparpillé d'autres de ses farces dans toutes les pièces, mais rien de bien méchant. En enfilant son armure pour un petit test de routine, Iron man s'était retrouvé affublé d'une cuirasse Hello Kitty rose bonbon. En guise de vengeance, Tony avait reprogrammé Jarvis pour qu'il ne s'adresse à ses chers coéquipiers que par des noms tiré de My Little Pony. A la guerre comme à la guerre.

Le soir venu, Loki n'avait toujours pas refait surface, et le lit paru bien vide et froid à Tony alors il retourna bricoler dans son atelier jusqu'au lever de soleil.

Pas de trace de Loki non plus le lendemain. Là, ce n'était plus loyal : les blagues du premier avril doivent prendre fin lorsque la journée se termine, un point c'est tout.

« Jarvis ! Envoie un message à cet enfoiré qui me sert de copain. Dis lui que le jeu est terminé, et que j'ai très envie de le prendre contre le mur de la cuisine.

-Bien monsieur. Si je peux me permettre de vous en informer, monsieur Odinson a passé la nuit d'avant hier à hier dans la salle de bain. Il n'avait pas vraiment l'air dans son assiette.

-Oh. Tu as des enregistrements ?

-Non monsieur, vous m'avez demandé de retirer toutes les caméras de vos appartements.

-Ah oui c'est vrai. Demande de Loki. »

Le dieu ne semblait pas très friand de la surveillance constante, même si Tony savait de source sûre qu'il n'en était jamais à l'abri -Big Heimdall is watching you.

D'habitude, ce genre de message faisait réagir le coquin métamorphe dans la minute, mais cette fois il se fit désirer. Debout dans la cuisine depuis plus d'une demi-heure, Tony s'acharna rageusement sur la machine à café.

Le lendemain, Loki n'avait toujours pas refait surface. Tony avait tout de même réussi à s'endormir (après trois jours sans vraie nuit réparatrice, même l'absence de quelqu'un dans ses draps ne le dérangeait plus tant que ça) et en se brossant les dents il retomba sur le bout de plastique blanc. Les résultats avaient disparu maintenant, ce qui était normal pour un vrai test mais moins pour une imitation. Il avait besoin de faire un tour à la recherche d'un certain dieu nordique tout en muscles.

« Jarvis ? Tu peux me dire où est Point Break en ce moment ?

-Dans ses appartements monsieur. Il se brosse les cheveux.

-Merci pour la précision. » Tony pouffa. « Je vais me faire un plaisir de le déranger ! »

Quelques étages plus haut (Thor était logé au sommet du bâtiment, pour avoir un accès rapide au toit d'où il prenait son envol, et quelques fois son Bifrost) et Tony entra en trombe dans la chambre royale du prince. Elle était décorée avec un goût discutable, mais le grand blond lui avait assuré que c'était « typiquement asgardien ». Oui oui, les Asgardiens avaient cette drôle de passion pour les cornes...

Thor était assis devant un meuble qu'on aurait pu qualifier de coiffeuse et qui croulait sous une masse de produits de beauté pour cheveux. Il était occupé à appliquer sur son impeccable toison d'or un spray à l'odeur piquante.

« Thor ? J'espère que je ne te dérange pas ?

-Mon ami ! » C'était fascinant cette capacité qu'avait le colosse à toujours paraître au bord de l'extase lorsqu'il saluait les Avengers. « Que puis-je faire pour toi, homme de fer ? »

Son immense sourire avorta tout de suite l'idée à Tony de le corriger une nouvelle fois. Il s'assit sur le rebord du fastueux lit, et promena son regard vers l'extérieur. Il devait avoir l'air naturel, il ne fallait certainement pas embarquer Thor dans ses soupçons où le grand frère pourrait bien amplifier tous ses soucis.

« Je me pose souvent des questions sur Loki, après tout il n'est pas vraiment humain, pas vraiment un homme non plus... » Le sourire de Thor s'était élargi, comme toujours lorsque Tony évoquait son petit ami. « Je me demandais si il avait les caractéristiques biologiques d'une femme parfois ? Il ne reste pas très souvent dans cette forme à mes côtés alors, je ne l'ai jamais vu avoir ses règles par exemple ? »

Thor s'esclaffa bruyamment.

« -Non mon ami, ce n'est pas ainsi que les Jotunn fonctionnent. »

Tony fronça le nez un instant, sa curiosité le rattrapant, mais il devait rester concentré sur sa stratégie.

« -Oh d'accord. Et, est-ce qu'il est capable de tomber enceinte ? Je me doute bien que les Géants des glaces se reproduisent également...

-Bien sûr que mon frère peut donner naissance ! Il est déjà père de quatre adorables êtres ! »

Tony se figea. Ok, définitivement, il fallait qu'il en apprenne plus sur Loki.

« -Qua... Quatre petits Jotunn donc ?

-Non ! Puisque Loki est également un excellent métamorphe, il est capable de se reproduire avec n'importe quelle espèce animale. Mais je pense qu'il devrait lui-même te parler de ces enfants quand le temps sera venu, tu ne crois pas ? »

Un peu hébété que Thor fasse preuve de maturité, Tony ne put que hocher la tête et ressortir de la pièce l'air hagard.

« Bruce, j'ai besoin d'un coup de main. »

A peine entré dans le laboratoire de son confrère, Tony était déjà nerveux et balaya du regard toutes les petites expériences en cours sur les paillasses. Bruce releva le nez de son microscope et replace ses lunettes droites sur son nez.

« -Tony ? Je t'écoute.

-Il faudrait que tu m'analyse ça. »

Il déposa l'objet du crime dans un coin propre. Le scientifique releva un sourcil en quête de plus de détails. Avec un soupir, Tony se résolut à tout expliquer.

« J'ai trouvé ça dans ma salle de bain, il était marqué positif avant-hier. Je pense que c'est un faux, mais il est foutrement bien fait alors je voudrais savoir si Loki a volé de l'urine de femme enceinte ou s'il a trouvé le moyen de fabriquer un faux test plus vrai que nature.

-... D'accord... Je préviendrais Jarvis quand j'aurais les résultats...

-Merci Brucie. »

Il ne voulait pas l'admettre, mais Tony commençait à avoir de sérieux doute sur la véracité ou non de l'apparente supercherie.

En attendant les résultats, le génie se mit en quête d'informations sur le net. La toile regorgeait d'informations sur le Loki de la mythologie nordique, et il savait le gouffre qui existait entre ce Loki là et son connard de petit ami, mais quelques parcelles de vérité se cachaient sans doute dans ce tissu d'inepties. Certains sites attribuaient à Loki trois enfants, d'autres quatre, d'autre un seul... Ce qui était sur c'est qu'il était toujours indiqué comme la mère de Sleipnir, le destrier à huit pattes.

Conneries tout ça. Je n'y crois pas une seule seconde.

« Monsieur, monsieur Banner vous demande au laboratoire. »

Tony sursauta presque, perdu dans ses pensées.

« -Merci Jarvis, dis lui que je suis sur le chemin ! »

En quelques minutes, il avait atteint le labo pour y trouver Bruce en train de se gratter le crâne.

« Tony, c'est bien un vrai test de grossesse fonctionnel, et j'ai trouvé des traces d'urines tout sauf humaines. Viens voir ça. »

Il avait imprimé une capture du microscope, et clairement Tony pouvait identifier que quelque chose n'allait pas parmi les composés.

« Si c'est bien une blague en tout cas il s'est appliqué.

-Tu ne peux pas refaire un test avec les traces que tu as récupéré ? J'ai besoin de réussir à lui prouver que je ne me suis pas fait avoir, ou sinon je sens qu'il ne va pas se montrer avant longtemps.

-Malheureusement j'en ai trop peu, les taux ne seront jamais assez élevé pour montrer une différence.

-Eh merde... Loki, je t'aurais ! »

Faute de mieux, Tony retourna à l'atelier bricoler de nouvelles améliorations, son esprit vagabondant dans ses plus grands cauchemars de paternité.

Non, non, non ! Te fais pas avoir, Tony !

Il envoya d'autres messages à Loki, mais au bout d'une semaine même Thor ne savait pas où se cachait son frère. Il n'était pas au Complexe, il n'était pas sur Asgard. Et Tony commençait à devenir dingue. Ses rares nuits qu'il passait à dormir étaient peuplées de rêves de bébés monstrueux qu'il finissait immanquablement par mettre en danger de mort parce que bon dieu, un génie n'est pas fait pour élever des enfants et de Loki qui ne revenait jamais parce qu'il était mort dans divers scénarios tous plus ridicules les uns que les autres, ou pire, il l'avait quitté pour sortir avec Pepper et ils élevaient ensemble son fils tel le couple parfait qu'ils formaient...

Il se surpris le neuvième jour, à errer dans le rayon bébé du supermarché alors qu'il était en mission course avec Wanda et Pietro. Puis le dixième jour à errer au rayon bébé du magasin de vêtements luxueux (oui, on pouvait habiller son petit bout en Armani !) où il avait réussi à traîner Steve et Bucky en préparation de son anniversaire (qui était dans un peu moins de deux mois, il était grand temps d'habiller ses camarades).

Puis le onzième jour, derrière des lunettes de soleil qui le dévoilait plus qu'il ne le camouflait, il acheta un livre intitulé « Se préparer à être papa » et alors qu'il payait la caissière restée sans voix dans une superbe imitation de poisson, un rire sonore et désagréablement familier retentit juste derrière lui.

L'enculé.

« Loki... » grinça Tony en pivotant avec son regard le plus sombre.

L'enfoiré de dieu était là, juste derrière lui, dans une tenue Midgardienne des plus seyantes. Sans un mot de plus, Tony empoigna d'une main son achat, de l'autre le cou de son petit ami et sortit de la boutique en trombe.

Peu désireux de se donner en spectacle, il le traîna jusqu'à sa voiture garée deux rues plus loin. Le trajet fut interminable, Tony était au bord de la rage et Loki mort de rire.

Le milliardaire grilla peut-être un feu rouge ou deux sur le chemin.

Enfin passé le garage, il tira le frein à main et se mit à fixer intensément son petit ami.

« Poisson d'avril ! » tenta le dieu brun gaiement, mais une veine saillante sur le front de Tony était bien plus parlante que des mots.

Ouh qu'il allait prendre cher ce soir.