Hello !
Première fiction que je poste sur ce fandom.
Comme beaucoup d'autres fans de ce couple, j'aurais aimé qu'Amalia et Yugo soient ensemble. C'est mon pairing préféré dans cette série. J'ai donc essayé de me mettre à la place des personnages et de comprendre ce qu'ils ressentent.
Il y a quand même quasiment très peu de chance qu'ils soient ensemble un jour alors j'ai exploité le côté "réaliste" des choses plutôt que le côté "mignon et tout rose" où ils trouveraient une solution au problème. Cela serait dommage que toute la problématique créée autour de leur couple soit résolu aussi facilement.
Je sais qu'à la fin de la saison trois, Yugo et ses amis sont bloqués dans l'Iglorium. Du coup, techniquement, ma fiction n'est pas tellement possible. Je viens de réaliser ce petit détail xD (ou grand, au choix !) on fera comme si ils avaient réussi à rentrer chez eux (j'imagine que ça finira bien par arriver un jour).
J'espère que cet OS vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Disclamer : Wakfu, son univers et ses personnages sont la propriété d'Ankama.
L'impossibilité d'être ensemble
Le ciel était gris. Entièrement recouvert par les nuages. Les seuls rayons du soleil qui arrivaient à se frayer un chemin à travers le ciel s'évanouissaient aussitôt après leurs apparitions.
Cela faisait plusieurs semaines déjà qu'Amalia était enfermée dans ses quartiers. Après les derniers évènements qui ont eu cours et surtout après ce qu'il s'est passé avec Yugo et Oropo, cela avait eu l'effet d'une tornade à l'intérieur de son cœur.
Elle ne savait plus où elle en était et si la nature de ses sentiments n'avaient pas changés. Les phrases prononcées par le petit eliatrope résonnaient dans son esprit encore et encore. Elle n'arrivait pas à faire le point sur la situation.
De plus, pour ne rien arranger au problème, elle n'avait pas revu Yugo depuis le combat final contre la fratrie. Malgré leur réconciliation, la distance régnait entre eux. Ce qui faisait énormément de peine à la princesse sadida.
Amalia savait éperdument qu'elle devait avoir une discussion avec son ami. Que rien ne s'arrangerait si elle attendait que les choses se fassent naturellement. Que ruminer les évènements, encore et encore, ne changerait rien à la situation.
Elle savait aussi qu'elle ne devait pas attendre que Yugo fasse le premier pas.
Il fallait impérativement que la jeune femme mette de côté sa fierté si elle espérait arranger quoi que ce soit.
Mais cette dernière avait peur.
Peur d'affronter le jugement de Yugo. Peur que la situation n'évolue pas.
Elle savait très bien qu'il ne reviendrait pas sur sa décision. Ainsi de ce qu'il pensait d'elle. Le concerné n'était pas au courant qu'elle l'avait entendu se confier à Ruel.
Alors, depuis la fin de la bataille, Amalia était rentrait chez elle, le cœur lourd.
Elle avait préférée s'éloigner de la foule, afin de pouvoir méditer sur ses actions et sur ses sentiments. Elle avait remis beaucoup de choses en question chez elle.
Elle se posait souvent les mêmes questions en boucle.
Était-elle si égoïste comme Yugo le pensait ? Était-elle simplement une princesse pourrie gâté aux yeux de tout le monde ? Ne représentait-elle que cela aux yeux de ses amis ?
La jeune femme doutait. Elle doutait de celle qu'elle avait toujours était et ne savait pas réellement quel chemin prendre.
Allongée sur son lit, la princesse fixa du regard le ciel, qui de seconde en seconde s'assombrissait.
La jeune femme baissa la tête.
- Suis-je une si mauvaise personne... ? Souffla cette dernière à elle-même.
Dans la salle du trône se trouvait Armand, roi des sadidas.
Depuis que leur père s'était éteint, le prince avait pris les fonctions de ce dernier et le royaume était désormais gouverné par le prince.
Les audiences venaient de se finir et sa majesté se leva de son siège pour se rendre près de la barricade situé quelques mètres derrière pour y admirer la vue.
Pensif, Armand s'inquiétait pour sa sœur qui n'avait toujours pas daigné montrer le bout de son nez.
Il avait décidé de faire appel à Evangelyne, la seule personne qui savait réconforter Amalia quand celle-ci avait le moral au plus bas.
Bien évidemment, avant de faire appel à la jeune crâ, il avait essayé toutes les méthodes possible pour tenter de comprendre et d'aider sa sœur, mais en vain. Les portes de ses appartements étaient restées fermées.
Armand se sentait impuissant et il détestait cela. Même la voix de son propre frère n'arrivait pas à la sortir de sa détresse.
En dernier recours, le jeune homme avait fait appel à plusieurs gardes du royaume pour tenter de forcer l'entrée de la chambre de la princesse mais cette dernière avait barricadé l'entrée de la pièce à l'aide de ses ronces, menaçant le premier qui rentrerait qu'il subirait sa colère. Elle avait aussi ajoutée qu'elle souhaitait rester seule et que personne ne devait la déranger.
Agacé par le comportement de sa sœur, Armand avait fini par baisser les bras, estimant qu'il fallait mieux l'écouter que la forcer à parler. Pensant qu'en agissant ainsi, Amalia lui reviendrait certainement plus rapidement.
Mais malgré cela, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Il voulait savoir pourquoi sa sœur était aussi désemparée.
Le roi fut sorti de ses pensées quand un de ses gardes entra dans la salle.
- Majesté ! Evangelyne est arrivée. Dit-il, s'inclinant devant son souverain.
- Bien. Faite-la entrer. Ordonna-t-il.
Le garde fit signe à cette dernière qu'elle pouvait entrer. La jeune femme s'avança et pénétra dans l'immense pièce. Elle fit quelques pas en direction du roi et se positionna en face de ce dernier. La jeune femme n'était pas venu seule, en effet, elle était accompagnée de son dernier enfant.
- Majesté. Dit la jeune crâ.
- Evangelyne ! S'écria le jeune homme.
Il espérait de tout cœur qu'elle arriverait à franchir les murs infranchissables qu'Amalia avait dressé tout autour de son cœur.
- Merci d'être venu. Je suis étonné d'ailleurs que vous soyez arrivé aussi rapidement ! Je suis désolé de vous dérangez alors que vous avez certainement beaucoup à faire de votre côté mais...
- Mais Amalia ne va pas bien. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas la première fois que cela arrive.
- Certes. Mais jamais encore elle ne s'était enfermée de la sorte. Quoique que je dise, quoique je fasse, rien ne semble l'atteindre. Elle a même bloquée l'accès à ses appartements ! Nous menaçant que si nous forçons l'entrée, cela allait mal se passer.
- Je vois… Dit-elle, sceptique.
Un moment de silence prit place.
Le dirigeant du royaume sadida posa quelques secondes les yeux sur l'enfant qu'Eva portait.
- Voulez-vous que l'on s'occupe de votre enfant le temps de votre entretien avec la princesse ? Questionna-t-il.
- Non merci, je préfère le garder prêt de moi. Comme il est né il y a peu, il a besoin de rester près de sa mère. Puis… Poursuivit-elle.
Armand leva un sourcil.
- Disons qu'il aime bien taper tout ce qui bouge ahah ! Avoua-t-elle, un peu gênée.
- Tel père, tel fils à ce que je vois. Dit-il, avec un léger rictus.
- C'est pas faux ! Ajouta Eva.
Ils se sourirent quelques instants et Armand reprit la conversation, sérieux.
- Avez-vous une idée de ce qui arrive à Amalia ?
- Absolument pas. Depuis les récents évènements, je n'ai pas réellement eu le temps de pouvoir discuter avec elle. C'est compliqué entre les enfants, Tristepin et le peu de temps dont je dispose... Je me sens mal. J'ai l'impression de ne jamais être là quand elle en a le plus besoin… Expliquait Evangelyne, triste.
- Ne vous en faites pas. Je suis sûr qu'Amalia le comprend parfaitement. Bien ! Je dois retourner à mes occupations.
Il s'approcha de la jeune femme et posa sa main gauche sur l'épaule droite de la jeune femme.
- Faite de votre mieux et ramener nous Amalia. Si vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver.
Et sur ces derniers mots, Armand sorti de la pièce.
Quelques instants après, Evangelyne se tenait debout, devant l'entrée des appartements de la princesse...
Amalia n'avait pas bougé de son lit. Toujours perdu dans ses pensées, elle n'entendit pas à travers la porte la voix de son amie l'appelait.
- Amalia... ? Amalia je sais que tu m'entends. C'est moi, Eva.
Aucune réponse.
- Amy, s'il-te-plait, ouvre moi la porte et explique moi ce qu'il ne va pas ! Supplia la jeune femme.
"Evangelyne ? Que fait-elle ici... ?"
- Ça ne sert à rien ! S'exclama l'un des gardes qui se tenait debout devant la porte d'entrée. On a déjà tout essayé, la princesse ne veut pas être dérangée !
Evangelyne fit une moue.
- Seulement moi, je suis son garde du corps et en plus de ça, sa meilleure amie. J'ai confiance en Amalia, je sais qu'elle finira par m'ouvrir la porte.
Et sur ces derniers mots, la jeune maman attendit patiemment que son amie lui ouvre la porte.
- Mais vous n'allez pas vous fatiguer à attendre debout avec l'enfant que vous portez ? Demanda le garde.
- Pourquoi ? Poursuivit Eva. Puisque que je vous dis que la princesse m'ouvrira la porte !
En réalité, Eva doutait.
Au vu de ce qu'Armand lui avait dit, elle espérait de tout cœur qu'Amalia lui ouvre la porte de ses appartements.
Elle ne l'avait pas montré devant sa majesté mais elle était étonnée par le comportement de cette dernière. Elle savait très bien que quand la princesse n'allait pas bien, elle préférait se couper du monde mais elle ne pensait pas qu'elle refuserait catégoriquement de communiquer avec qui que ce soit. Surtout après plusieurs semaines.
Eva pensait qu'il valait mieux lui faire confiance plutôt que de douter d'elle.
"Elle est venue exprès pour moi ?"
- Vous êtes optimiste ! S'exclama le garde.
- C'est toujours mieux que de pen... !
Soudainement, les ronces qui bloquaient l'entrée se délièrent laissant cette dernière accessible.
La porte s'ouvrit, laissant apparaitre Amalia.
- Amy... ! S'écria Eva, ravie de la revoir.
- Entre Eva, ne reste pas debout. Dit-elle, d'une voix à peine audible.
La concernée s'avança et entra dans la pièce, laissant les gardes surpris. Aussitôt son amie entrée, la princesse sadida fit pousser de nouvelles ronces devant la porte de sa chambre.
- Que me vaut l'honneur de ta visite... ? Questionna Amalia.
L'archère fit une moue.
Au vu de l'expression qu'affichait cette dernière, Eva compris tout de suite que cette fois-ci cela ne serait pas aussi simple que les précédents problèmes que la princesse avait rencontré.
Elle n'avait jamais vu son amie aussi abattu et pourtant, cette dernière n'était pas du genre à se laisser abattre aussi facilement.
- Amalia... Tout le monde s'inquiète pour toi. Ton frère ne sait plus quoi faire pour arriver à communiquer avec toi. Tu ne peux pas rester toute seule dans ton coin alors que ça ne va pas…
La princesse sadida fit apparaitre à l'aide de sa magie un berceau pour le bébé d'Evangelyne. Elle fit également apparaitre un fauteuil confortable pour son amie.
- Merci… Dit la jeune crâ.
Elle s'approcha du berceau et y allongea son fils. Elle déposa un bisou sur son front et lui caressa la joue.
- Ne t'inquiète pas mon chéri, maman est là.
La jeune femme se retourna et parti s'installer dans le fauteuil créer quelques instants plus tôt par la jeune sadida.
Le silence s'installa de nouveau mais il fut vite brisé par Evangelyne, qui avait un tas de questions qui lui trottait dans la tête.
- Tu… Commença-t-elle.
- Eva... Je… Poursuivit Amalia.
- Oui... ? Répondit-elle, espérant qu'elle allait lui ouvrir son cœur.
Amalia se prit la tête entre les mains. Elle fronça les sourcils et baissa la tête.
- Je ne sais plus quoi penser.
- A propos de quoi ? Questionna l'archère, un sourcil relevé.
- A propos... de plusieurs choses. Est-ce que tu trouves que je suis une princesse pourrie gâté et égoïste ? Dit-elle, relevant la tête brusquement.
Eva fut surprise par sa question.
- Euh... Non. Evidemment que non.
Amalia fronça les sourcils. Son regard était dur.
- Tu mens ! Tu dis ça pour me faire plaisir !
Déstabilisée par la réaction de cette dernière, Evangelyne ne savait pas réellement quoi répondre.
Fallait-il lui dire réellement ce qu'elle pensait ? Au risque de lui faire d'avantage de peine ? Il était préférable d'être honnête mais Amalia avait l'air si mal qu'Eva avait peur de la faire souffrir d'avantage.
- Amalia, écoute...
- Alors toi aussi tu penses comme les autres… Dit-elle, déçu.
- Mais... Mais laisse-moi parler non d'un bouffe tout ! S'énerva-t-elle. Non je ne pense pas que tu sois quelqu'un d'égoïste ! Et non tu n'es pas une princesse pourrie gâté ! Je pense que tu es simplement celle que tu es, avec tes défauts et tes qualités. Oui parfois tu es quelqu'un de compliqué à comprendre et à suivre mais malgré cela, tu restes quelqu'un d'attachante. Tu sais aussi te soucier des autres et tu es toujours là quand on a besoin de toi alors... Je ne vois vraiment pas pourquoi tu te torture l'esprit à te demander si oui ou non tu es une bonne personne.
La jeune sadida avait les yeux grands ouverts.
Surprise par les mots prononcés par sa meilleure amie, elle ne savait pas quoi répondre. Elle était contente de constater qu'elle n'était pas aux yeux de la jeune archère la personne qu'elle pensait être et cela lui réchauffait un peu le cœur.
Mais... cela ne suffisait pas.
- Amalia... Pourquoi... Pourquoi te remets-tu autant en question depuis ce qu'il sait passé avec la fratrie ? Il sait passer quelque chose que j'ignore ? J'ai l'impression qu'il y a autre chose...
- Yugo… Prononça-t-elle, la tête baissée.
"Yugo... ? Je comprends mieux."
- Explique-moi.
La jeune crâ s'était levée de son fauteuil pour s'assoir à côté de son amie. Elle déposa ses mains sur celles de la princesse, voulant la rassurer.
- Pendant que notre groupe était séparé et que Yugo et moi combattions le demi-dieu écaflip, il sait passer une chose que j'avais toujours espérée. Le moment venu, j'étais tellement heureuse. Mais...
- Mais... ? Répéta Eva.
- Yugo a tout arrêté. Dit-elle, d'un ton sans vie.
Elle se stoppa quelques secondes et reprit.
- Il venait de m'embrasser.
- Oh… Fit Eva.
- Une fois le baiser fini, quand je lui ai dit que c'était le moment d'admettre nos sentiments, il m'a dit qu'il était impossible que l'on soit ensemble, qu'il ne pourrait jamais m'apporter ce que j'attends et que ce baiser était une erreur.
- Je vois.
- J'ai tellement eu mal... que sur le coup, je refusais de croire ce qu'il venait de dire. Je lui ai fait la tête tout le reste de l'aventure. Il a bien tenté que l'on en discute seulement... J'ai refusé alors que c'est ce que je souhaitais au fond. Ce qui a fini par l'énerver du fait que je ne sais jamais ce que je veux...
Amalia releva la tête.
- Suite à ça, quand nous étions sur le point de tous nous rejoindre, j'ai entendu la conversation que Yugo avait avec Ruel. Enfin... ce n'était pas Ruel, c'était Sipho qui avait pris son apparence. Yugo a dit que son apparence n'était pas le plus gros des problèmes. Il a dit qu'il ne savait pas si ce qu'il ressentait pour moi était de l'amour. Il a rebondit sur le fait qu'il ne sentait prêt pour rien d'important pour le moment. Tout ça à évidemment un lien avec sa longévité. Il a également dit que la seule personne qui le comprend le mieux est Adamaï.
La jeune femme écoutait attentivement son amie.
- Il a aussi dit que je ne lui laissais pas le temps de parler et que j'étais égoïste. Plus tard, Ruel, enfin... Sipho, m'a dit que j'étais qu'une égoïste, qui forçait Yugo à penser à moi alors que la situation ne s'y prêtait pas. Même s'il ne s'agissait pas des paroles prononcées par Ruel, ces mots ont tout de même eu un impact sur moi. J'ai fini par m'en vouloir... Je me suis remise en question, sur ma façon d'être et de me comporter. Je n'avais jamais vraiment réalisé à quel point...
Elle se stoppa.
- Amalia… Souffla Evangelyne, triste.
- A quel point je pouvais être égoïste parfois. J'ai réalisé à ce moment-là que ce que je reprochais à Yugo, moi-même, je le fais subir aux autres. Un peu comme l'effet miroir si tu veux...
- Et.. du coup, Yugo et toi, vous avez pu en discuter après tout ça ou pas ?
- Non. C'est devenu bizarre entre nous. On est distant et aucun de nous deux n'a fait le premier pas. Et si tu veux mon avis, Yugo ne le fera pas cette fois. Ou du moins, si c'est lui qui le fait, ça ne sera pas une bonne chose. Cela lui donnera l'impression justement que je ne pense pas à lui, que je ne sais pas mettre de côté ma fierté ou que je ne suis pas capable de penser à ceux qui m'entourent. Alors qu'en réalité... C'est faux.
- Eh bien, qu'attends-tu pour aller le voir ? Questionna la jeune femme.
- Si c'était si simple… Dit-elle, dépitée. Je l'aurais déjà fait si j'en avais eu le courage. Seulement, je te rappelle qu'il m'a vu embrasser Oropo et que j'ai quand même dit que je n'avais pas besoin de lui. Il a du se sentir trahis. Et même si Oropo n'est plus et que je me suis trompée dans mon jugement à cause du fait que j'étais perdu et désemparé dans mes sentiments de par le fait qu'Oropo était Yugo, c'est impardonnable.
- Amalia... Je suis sûre que Yugo a su faire la part des choses. Je ne pense pas qu'il te fasse la tête toute sa vie. Et même s'il t'en voudrait, le seul moyen de se réconcilier, c'est d'en parler et tu le sais.
- Je le sais bien... Mais je n'ai pas envie de me présenter devant lui en étant la Amalia qu'il a toujours connu. Je veux dire... Je veux évoluer, vers une meilleure version de moi-même. Lui prouver que je sais moi aussi écouter ceux qui m'entourent et lui prouver que... je peux aussi le comprendre.
Evangelyne continuait d'écouter attentivement ce que racontait la princesse quand une question mûrit dans son esprit.
- Tu as donc essayés de comprendre le point de vue de Yugo malgré la douleur que tu éprouves, c'est ça ?
- Oui... Je n'avais pas réalisé à quel point lui ça pouvait le rendre mal à l'aise et à quel point ça lui importait. Et en regardant bien les choses... ça ne partait pas d'une mauvaise intention. Je pense qu'il ne veut pas que cela nuise à mon image, étant donné mon statut. Alors, je me suis mise à sa place et en y réfléchissant, c'est vrai que ça ne doit pas être facile pour lui d'imaginer être à mes côtés avec son apparence actuelle. Ce que je trouve touchant malgré la douleur qu'il ressent, c'est qu'il pense quand même à moi... Chose que j'ai été incapable de faire jusqu'à présent. J'étais beaucoup trop concentré sur ma douleur pour comprendre la sienne.
- Tu ne devrais pas t'en vouloir autant. Votre situation est compliquée, tu le sais. Si tu veux mon avis, la meilleure chose à faire est de vous expliquer et de voir quel chemin vous déciderez de prendre. Et sans enfoncer le couteau dans la plaie, quel que soit la décision de Yugo, il faudra la respecter et apprendre à vivre avec. Parfois dans la vie, même si l'on aimerait que les choses se passent différemment, on n'a pas toujours le choix malheureusement et on est obligé par la force des choses à se faire une raison... C'est malheureux mais c'est ainsi. Si tu n'y arrives pas, tu ne pourras pas te reconstruire Amalia et c'est important que tu en prennes conscience.
Un sourire apparut sur les lèvres de la jeune sadida.
- Je ne sais pas ce que je ferai sans toi Eva. Avoua-t-elle.
La concernée ne répondit rien. Elle enlaça son amie en guise de réponse.
- Je vais écouter tes conseils. Dit-elle, essuyant du revers de sa main les larmes qui avaient commencées à couler. Je vais me rendre chez Yugo et tenter de renouer un contact.
- Surtout que je suis sûre que lui aussi doit en souffrir. Ça ne peut que vous faire du bien.
- Tu as raison. L'important, c'est d'essayer au moins. La douleur fait mal, certes. Mais elle n'est pas insurmontable.
- Exactement. Répondit son amie.
- Par contre, perdre Yugo, ça c'est... insurmontable.
- Pèse le pour et le contre et voit ce qui est le mieux. Répondit Evangelyne.
A quelques mètres des deux jeunes femmes, le bébé de la jeune crâ se mit à pleurer.
- Je crois qu'il a faim.
Cette dernière se leva pour le prendre dans ses bras. Elle sortit un biberon remplit de lait qu'elle avait pensait à prendre avec elle dans son sac. Elle retourna s'assoir près d'Amalia pour pouvoir le nourrir.
- Oh.. Il a tes yeux Eva ! Il est trop chou !
Le petit donna un coup de pied à la princesse.
- Aiiiiie ! Par contre, il a la même manie que Pinpin, taper tout ce qui bouge !
Les deux jeunes femmes rigolèrent ensemble.
Quelques heures plus tard, au royaume sadida
- Tu te sens prête ? Questionna Eva, souriante.
- Parfaitement ! S'exclama la princesse sadida.
- Ça fait plaisir de te retrouver Amalia ! Avec le sourire en plus !
- C'est grâce à toi, dit-elle, timidement. Sans toi, je serais toujours dans ma chambre en train de me morfondre.
- C'est normal. Bon et bien sur ce, je vais devoir y aller. J'avais promis à Pinpin que je ne serais pas trop longue. Si ça ne va pas, n'hésite pas à passer à la maison, tu sais que tu seras toujours la bienvenue. Dans ce genre de situation, parler ça fait toujours du bien et même si tu ne veux pas parler, te changer les idées est important.
- Je tacherais de m'en souvenir, promis !
- Allez, bonne route et fait attention à toi !
Et sur ces derniers mots, Evangelyne partie dans la direction opposée.
- Eva ! Cria Amalia.
L'interpellée se retourna.
- Merci !
Elle lui sourit et la salua d'un signe de la main.
- Bon... Yugo, j'arrive. Souffla la jeune sadida pour elle-même.
Emelka, quelques jours après le départ de la princesse…
Après plusieurs jours de route, Amalia était enfin arrivé dans le village de son ami.
Quelques souvenirs lui revenaient en mémoire.
Elle se souvenait du premier jour où elle avait mis les pieds ici. Cela faisait déjà quelques années… Le temps passait si vite.
Instantanément, sa rencontre avec Yugo lui revient en tête. C'était ici que tout avait commencé...
Amalia aimait Emelka. Il y faisait bon vivre et les habitants avaient l'air d'être heureux. C'était aussi un village très calme. Une toute autre ambiance que le royaume sadida animait les lieux.
La princesse se détendit un peu. Elle en oubliait presque pendant quelques secondes l'angoisse qu'elle avait à l'idée de retrouver Yugo.
Loin du royaume sadida, la jeune femme avait l'impression de ne plus être une princesse et d'être libre de choisir celle qu'elle voudrait être.
C'est aussi pour ça qu'elle aimait tant voyager et partir à l'aventure.
Cependant, à chaque pas que cette dernière faisait, ses jambes se mettaient à trembler.
Elle commençait à douter d'elle et de ce qu'elle allait bien pouvoir dire au jeune eliatrope. Pire, elle avait peur que Yugo ne veuille pas discuter et qu'elle rentre chez elle bredouille, sans rien avoir pu régler.
Cette dernière secoua vivement la tête pour chasser ses mauvaises pensées. Il ne fallait pas être pessimiste, surtout pas dans un moment aussi important.
Sinon, Amalia savait qu'elle n'arriverait pas à s'en remettre. Malgré le fait qu'elle veuille prendre les choses en main, la douleur était toujours présente. Se faire violence était plutôt dur pour la jeune sadida qui a toujours eu l'habitude de penser à son bien être avant celui des autres.
Mettre de côté sa fierté était difficile pour elle.
Quelques instants plus tard, elle vit au loin l'auberge d'Alibert, le père adoptif de Yugo.
Elle s'était arrêté en plein milieu du chemin, le doute plus fort que jamais. Son cœur lui criait de faire demi-tour, ne se sentant pas prêt à encaisser une nouvelle déception.
Amalia avait beau essayer de combattre ses démons intérieurs, cela devenait de plus en plus dur de savoir qu'elle pouvait rencontrer Yugo d'une minute à l'autre.
Tout ce qui précédemment lui avait torturé l'esprit, lui revient en mémoire.
Sa culpabilité, les phrases prononcées par son bien aimé, le regard des autres vis à vis de sa façon d'être, tout.
La princesse tremblait tellement…
C'est comme si elle n'arrivait plus à avoir le moindre contrôle sur ses émotions depuis les derniers évènements. Ce moment était important pour elle et elle espérait de tout cœur que tout allait bien se passer.
Soudainement, la jeune sadida se remémora ce qu'Evangelyne lui avait dit.
"Si ça ne va pas, n'hésite pas à passer à la maison, tu sais que tu seras toujours la bienvenue ! Dans ce genre de situation, parler ça fait toujours du bien et même si tu ne veux pas parler, te changer les idées est important."
Amalia se disait qui si jamais ça tournait mal, elle irait retrouver sa meilleure amie. Après tout, elle n'était pas toute seule pour affronter cette épreuve.
Cette dernière serra les poings. Il fallait y aller.
- Courage Amalia, tout va bien se passer…
- Yugo ! L'assiette de la table cinq est prête ! Cria Alibert.
- J'y vais papa !
Ce dernier fit apparaitre un portail devant lui et le traversa avec l'assiette en main pour l'apporter à celui qui l'avait commandé.
Amalia, quant à elle, était restée un peu à l'écart, derrière un arbre.
Elle préférait attendre que l'auberge soit fermée pour oser se montrer, ne voulant pas déranger Yugo pendant son travail.
- Aaaaah ! Merci Yugo ! Je vais me régaler ! S'écria celui qui attendait son repas avec impatience.
Il lui sourit en guise de réponse.
Le petit eliatrope s'apprêtait à disparaitre de nouveau dans un de ses portails pour retourner dans la cuisine quand il sentit le wakfu d'une personne qu'il connaissait bien.
Il s'était stoppait en pleine action, laissant les clients autour du lui surpris par son comportement.
- Ça ne va pas Yugo ? Questionna celui l'avait remercié quelques secondes plus tôt.
- Tout va bien ! Répondit-il, l'air de rien. Sur ce, je retourne en cuisine !
Et il disparut.
L'eliatrope avait fait mine de disparaitre dans la cuisine pour ensuite apparaitre près de la princesse sadida, qui n'avait pas remarqué sa présence.
Il s'approcha de son amie et déposa sa main gauche sur l'épaule droite de cette dernière.
- Amalia…
Surprise et ne s'y attendant pas, la jeune femme sursauta. Jamais Amalia aurait cru voir Yugo apparaitrait soudainement devant elle.
- Kyaaaaaaah !
L'eliatrope se boucha les oreilles, surprit par le crie de son amie.
- Eeeeeeh ! Ça va pas de crier comme ça ! S'emporta ce dernier.
- Quoi ?! Mais c'est TOI qui apparais comme ça, sans prévenir et tu oses me dire ça ?! Tu te FICHES de moi ?!
- T'es sérieuse... ?! Tu ne vas pas faire un scandale pour si peu tout de même !
- Mais c'est toi ! Tu m'as surprise je te signale ! Déjà que je suis tendu si en plus tu me surprends, comment veux-tu que je ne CRIE pas !
- Okay ! Okay ! Mais s'il-te-plait, ne crie plus !
Ils se mirent tous les deux à rougir quand ils prirent conscience que les clients avaient arrêtés de manger et de discuter pour les regarder se disputer.
- Euh... Désolé ! Poursuivit-il, gêné.
- Yugo… Souffla la jeune femme.
Cette dernière avait baissé la tête. Elle avait attrapé la main droite du jeune homme dans sa main gauche. L'eliatrope reprit son sérieux quand il comprit de quoi il s'agissait.
- Okay… Souffla-t-il. Suis-moi.
- NON ! S'exclama Amalia.
- Quoi ENCORE ?
- Fini d'abord ton service, je peux attendre.
Yugo l'a regarda quelques instants, surprit par ce que venait de dire son amie.
- Tu es sûre ? Questionna-t-il.
- Oui. A la base, si je m'étais caché derrière cet arbre, c'était pour éviter que tu me vois et donc que tu arrêtes de travailler. Je voulais ne pas te déranger dans ton travail. Dit-elle, les bras croisés.
L'eliatrope sourit. Il appréciait le geste de cette dernière.
- Merci. Attend-moi sur une des chaises libre de la terrasse, j'en ai pas pour longtemps.
- D'accord. Répondit-elle.
Amalia se leva et parti s'assoir sur un siège inoccupé.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Euh... Oui ! Un jus d'orange, si tu as.
- Okay ! Je reviens.
Il disparut dans un portail pour réapparaitre quelques secondes plus tard avec la boisson de son amie.
- Merci. Je te dois combien ?
- Rien. C'est offert par la maison ! Répondit Yugo, un sourire aux lèvres.
Surprise par son geste, Amalia se mit à rougir.
- Merci...
- Bon allez, je retourne travailler, à plus tard !
- A plus tard… Dit la jeune sadida, soudainement triste.
Plus tard, en fin d'après-midi
Amalia avait regardé Yugo travailler tout le reste de la journée.
Elle avait souri à plusieurs reprises. Son ami avait l'air tellement heureux quand il travaillait aux côtés de son père.
Voyant petit à petit les clients partirent, le cœur de la jeune femme s'accéléra.
Le stresse de la princesse avait un peu diminué depuis qu'elle avait revu son bien aimé mais elle n'en restait pas moins sceptique sur la tournure qu'allait prendre leur situation.
Amalia regardait au loin le soleil se coucher. Elle en profita pour faire le vide dans son esprit.
Qu'elle ne fut pas sa surprise quand Yugo apparut devant elle.
- Amalia ! S'écria l'eliatrope.
- Kyaaaaah ! Yugo ! Tu peux arrêter de faire ça s'il-te-plait !
- Ah non ! Tu ne vas pas recommencer ! Dit-il, les sourcils froncés et les mains posés sur ses hanches.
Ils se regardèrent sévèrement pendant quelques secondes avant de finir par se sourirent.
- Yugo... je... je suis contente de te retrouver. Avoua-t-elle d'une voix douce.
- Moi aussi… Répondit ce dernier, un peu gêné.
Seulement, Amalia n'était pas dupe.
Elle voyait bien que Yugo n'était pas entièrement lui-même. Elle ne serait dire comment, elle avait l'impression qu'il n'était pas si heureux de la retrouver.
Cette pensée attrista la jeune femme.
- Alors... ? Comment vas-tu ? Le royaume se porte bien ? Questionna Yugo.
- Euh... Eh bien… Poursuivit-elle. C'est... compliqué.
- Ah bon ? Y'a un souci ? Demanda son ami, les yeux ronds.
- Non ! Non ! S'empressa-t-elle d'ajouter. Le royaume se porte à merveille. C'est plus... moi, le problème. Mais passons ! Et toi ? De ton côté ? Tu as pu régler les choses avec Adamaï ?
L'eliatrope fit une moue. Au vu de son regard triste, la jeune sadida compris que non.
- C'est... compliqué. Disons pour faire court qu'il a besoin de temps pour oublier ce qu'il s'est passé. Son départ de la confrérie, la trahison d'Oropo et... le fait que je l'ai déçu. Même si nous ne sommes plus ennemis, ça reste délicat entre nous...
- Je vois… Souffla Amalia, triste pour lui.
Un moment de silence s'installa, rapidement brisé par le petit roi.
- Revenons-en à toi, Amalia. J'imagine que tu es venu ici pour trouver des réponses.
- C'est... vrai. Je... je me suis isolé quelques temps pour réfléchir.
Yugo connaissait son amie par cœur.
Il savait qu'elle préférait rester loin de la foule quand le moral n'était pas là. Cette réponse ne l'étonnait pas.
- Et... ça va mieux depuis ? Demanda-t-il, timidement.
L'eliatrope savait très bien qu'il ne pourrait pas esquiver éternellement le sujet.
Il n'avait pas spécialement envie de discuter de leur relation étant donné qu'il n'avait pas vraiment eu le temps d'y réfléchir. Les seules fois où il en avait eu l'occasion, il y avait toujours eu quelque chose pour l'interrompre dans sa réflexion.
Il voudrait être sûr de ce qu'il ressent avant d'en discuter avec elle, pour éviter les malentendus. Il ne voulait pas la faire souffrir d'avantage.
- Amalia… Poursuivit l'éliatrope. Je sais pourquoi tu es là. Tu t'attends certainement à trouver des réponses aux questions que tu te poses et j'aurais aimé pouvoir y répondre mais... je ne sais pas moi-même où j'en suis. Comment pourrai-je t'apporter la moin...
- Je sais.
Yugo leva un sourcil. Comment pouvait-elle être au courant qu'il n'y avait pas que son physique qui faisait obstacle à leur relation ? Il ne se souvenait pas lui en avoir parlait une seule fois.
- Comment... Poursuivit-il, désemparé.
- Je t'ai entendu le dire à Ruel quand tu étais seul avec lui dans la tour. Expliqua-t-elle.
Les yeux de Yugo s'agrandirent.
On pouvait lire dans son regard une grande tristesse. Il se sentit instantanément mal. Amalia avait donc tout entendu. Il comprit pourquoi par la suite cette dernière était aussi distante et froide.
- Je suis désolé… Ajouta-il.
- Désolé de quoi... ? Poursuivit-elle. De ne pas être sûr de ce que tu ressens ? Ou désolé du fait de t'être trompé et que ce baiser n'était... qu'une erreur ?
Amalia baissa la tête. Ses yeux commencèrent à être humides. Elle ne voulait absolument pas que Yugo puisque la voir dans cet état.
Elle poursuivit la conversation.
- Je suis venu ici dans l'espoir de pouvoir trouver une réponse. Tu ne peux pas me l'apporter dans l'immédiat, je comprends. Mais j'ai beaucoup de mal à accepter que ce baiser ne soit qu'une erreur…
La jeune sadida faisait tout son possible pour ne pas exploser, ses émotions l'a tiraillaient de l'intérieur.
- Si tu ne m'aimais vraiment pas dans ce sens-là, jamais cela ne te serait venu à l'esprit de... m'embrasser. Dit-elle, le regard dur.
Yugo ne répondit rien. Il ne savait pas quoi dire...
Amalia eu une idée.
- Imagine une autre fille, à ma place, à ce moment-là. Elle aussi, tu l'aurais embrassé ? Tu lui aurais aussi dit que c'était une erreur parce que tu ne sais pas ce que tu ressens... ?
En exposant cet exemple-là, Amalia espérait aider Yugo à trouver les réponses à ses questions ou du moins, à lui ouvrir les yeux.
- Je ne pense pas que l'on embrasse les gens sans rien éprouver pour eux. Ce n'est pas ton genre en tout cas. Alors, explique moi maintenant si pour toi ce baiser signifie toujours une erreur ou bien un désir enfouie chez toi depuis longtemps mais que tu as peur d'admettre du fait que tu ne te sens prêt pour rien du tout.
La princesse sadida s'était relevée. Elle se tenait debout, devant Yugo, attendant la réponse de ce dernier.
- Je… Répondit l'eliatrope, le regard fuyant.
Il serra les poings.
- Je ne suis pas insensible à toi. Je suis sûr aujourd'hui de la nature de mes sentiments. Je sais que je t'aime.
Le cœur d'Amalia s'accéléra. Il venait bien de lui dire... qu'il l'aimait ?
- Seulement, je n'en étais pas encore certain à ce moment-là... à cause des différentes raisons qui font obstacle à notre relation.
Il se stoppa et reprit.
- Je pense... que tu as raison pour ce baiser. Je ne l'aurais certainement pas fait si à mes yeux tu ne représentais qu'une simple amie. Dit-il, relevant le regard en direction d'Amalia.
La jeune sadida écoutait attentivement son ami.
- Mais essaye de me comprendre. Tu es une femme et moi, un enfant. Toi, tu es sûre de ce que tu veux, moi je ne sais pas vers quel chemin me diriger. Quand nous serons vieux, toi tu seras âgé et moi, j'aurais l'apparence d'un homme d'une vingtaine d'années. Quand tu t'éteindras, un énorme vide se fera ressentir en moi. En plus de ça, tu l'as dit toi-même : je ne me sens prêt pour rien d'important pour le moment. Le fait que je ne sache pas et que je ne me sens pas capable de choisir la direction dans laquelle me diriger est en très grande partie l'obstacle à nos sentiments. Ça me terrifie.
Amalia avait détourné le regard. Ses mains tremblaient désormais.
- Outre tout cela, cela fait longtemps que je te connais, Amalia. Je t'ai pendant longtemps considéré comme ma meilleure amie. Puis ensuite, comme un membre de ma famille. Et aujourd'hui, quand je réalise que je ne te vois plus comme une amie, que je m'imagine être à tes côtés, cela me fait peur. J'ai peur de briser une amitié si toutes les problématiques citées avant continuent de me poser problème. Ce qui m'a poussé à remettre en question mes sentiments pour toi. Je ne veux pas te perdre. Avoua-t-il.
- Dois-je en conclure qu'il ne se passera jamais rien... ? Avait-elle dit, la voix tremblante et les bras croisés.
Yugo prit quelques secondes pour réfléchir et être sûr de sa réponse.
- Non, il ne se passera rien. Avoua-t-il, les poings serrés, la voix brisée.
Ces mots étaient un déchirement pour Yugo. Au fond de lui, il savait très bien que ce n'est pas ce qu'il voulait. Il aimerait que cela soit tout le contraire.
A l'entente de cette réponse, la princesse sadida laissait s'échapper ses larmes, qu'elle combattait de plus en plus fort à chaque mot que Yugo prononçait. Elle pleurait à chaude larmes. Elle ne contrôlait plus rien. Ses émotions avaient pris le dessus.
Elle se laissa tomber au sol et enfouie son visage entre ses mains.
- J'ai... J'ai médité ces dernières semaines sur tout ce que tu as dit… J'ai fini par me dire... que j'étais une mauvaise personne et que vous aviez raison quand vous me disiez... être une princesse pourrie gâté... Mais... le plus douloureux à entendre… C'est pas tellement ça...
Elle fit une pause dans sa phrase puis reprit.
- Mais plus le fait d'être qu'une égoïste à... tes yeux. Dit-elle, relevant le regard en direction de Yugo. J'ai même pensé que tu avais remis tes sentiments en question à cause de ça. J'ai cru... t'avoir perdu, tout en réalisant que le problème ne venait pas entièrement de toi.
L'eliatrope se sentit mal.
Il venait de briser les espoirs d'Amalia et pouvait décerner dans son regard toute la détresse qu'elle pouvait ressentir.
Le plus horrible dans tout ça était qu'il ne savait pas comment la réconforter. Il avait peur de la blesser d'avantage ou d'être maladroit dans ses phrases.
S'il aurait pu lui éviter toute cette souffrance, il aurait tout fait pour le faire. Il aurait aimé que les choses se passent autrement et surtout, il aurait aimé qu'Amalia sache tout ça plus tôt, lui évitant de s'attacher à des illusions perdues.
Il s'approcha doucement de son amie et tenta tout de même une approche pour la réconforter. Il déposa sa main gauche sur son dos qu'il caressa, espérant lui apporter un peu de réconfort.
- Amalia... j'apprécie vraiment cette remise en question chez toi. Mais s'il-te-plait, ne te ronge pas à ce point. J'ai moi aussi des choses à me reprocher et dans cette histoire, les tords sont partagés.
Mais rien. La jeune femme continuait à pleurer.
- Je n'aime pas te voir comme ça… Poursuivit-il.
Ses mots et ses gestes réconfortant n'avait aucun impact, la jeune sadida continuait de pleurer.
- Tu sais… Poursuivit-il.
La jeune femme releva doucement la tête.
- Même si parfois tu es quelqu'un de compliqué et d'énervante quand tu fais des caprices, ça n'empêche pas le fait que tu es une personne au grand cœur. Dit-il, souriant. J'imagine que tu as du te torturer l'esprit en cherchant chez toi ce qui n'allait pas mais je te le dis : tout va bien. Ne cherche pas à te changer, tu es comme tu es.
Emue par ses mots, Amalia pleura un peu plus fort.
- Hein... ? J'ai dit quelque chose qui ne fallait pas... ? S'empressa d'ajouter le petit roi, au vu de l'amplification des pleures de son amie.
Cette dernière secoua la tête de droite à gauche.
- Et puis tu sais, reprit-il, je suis sûr que toi aussi tu as tout un tas de choses à me reprocher, dont moi-même à mon tour, je devrais méditer pour évoluer. Personne n'est parfait alors détend-toi. Puis en y réfléchissant bien, le problème ne vient pas de toi, mais de moi...
Amalia se jeta dans ses bras. Un peu surpris par son geste, il finit par lui rendre son étreinte.
- Si j'étais vraiment à l'écoute des autres, dit la jeune sadida, je n'aurais jamais réagis comme je l'ai fait ! J'aurais essayé de te comprendre, chose que je n'ai pas cherché à faire après notre dispute. Je m'en suis beaucoup voulu. Pour quelqu'un qui a avoué ses sentiments, je n'ai même pas su te comprendre...
- Ne dit pas ça... Il y a aussi ce que tu ressens. Tu ne peux pas faire abstraction de tout, c'est impossible. Expliqua Yugo, resserrant son étreinte.
- Mais... Mais j'ai embrassé Oropo et j'ai dit que je n'avais pas besoin de toi… Dit-elle, brisant leur étreinte.
Yugo la fixa dans les yeux quelques instants.
Effectivement, cette phrase l'avait énormément blessé. En plus d'être leur ennemi, Oropo était une version de lui-même plus... âgé.
L'eliatrope en voulait quelque part à Amalia. Malgré le fait qu'il savait très bien que dans le cœur de la jeune sadida, ses sentiments et ses émotions étaient chamboulés à cause de leur dispute, cela n'excuser pas pour autant le geste de cette dernière. Yugo avait la terrible impression que pendant ce cours instant, son amie aurait souhaité partir avec Oropo pour vivre leur histoire d'amour impossible. Qui avec lui, devenait possible.
Yugo avait beau se dire qu'Amalia était perturbée à ce moment-là, cela n'empêchait pas le fait qu'elle avait parfaitement conscience de ce qu'elle avait fait.
- C'est vrai… Dit-il, d'une voix triste. Je ne pense pas que tu es dit ça volontairement dans le but de me blesser étant donné que tu étais triste et désemparée. Mais tu avais quand même l'air décidé pendant quelques instants à le rejoindre, lui.
La jeune femme ne savait pas quoi répondre. Elle ne pouvait pas nier ce qu'elle avait fait. Surtout s'il était témoin de ce qu'il s'est passé.
- Je suis sincèrement désolée pour ce que j'ai dit et fait Yugo...
- Au moins, on est quitte ! Dit-il, gêné. Essayons d'oublier tout ça, ça ne nous fait que du mal… Suggéra-t-il.
- Yugo… Souffla Amalia, attristé.
- J'ai... besoin de temps.
Amalia ne répondit rien. Elle prit les mains de son ami dans les siennes, lui faisant ainsi comprendre qu'elle comprenait ce qu'il ressentait.
- Laisse-moi le temps d'oublier toute cette histoire, de méditer sur tout ça et de trouver le chemin que je veux prendre. S'il sera oui ou non, avec toi…
L'eliatrope savait que ce temps était nécessaire s'il voulait trouver les réponses à ses questions. S'il serait prêt à affronter la réalité des choses ou s'il préfèrerait continuer à la fuir.
Une chose dont il était sûr était que dans un cas comme dans l'autre, cela ne serait pas facile. Outre tout cela, il y aussi le goût amère que lui laissait la vision du baiser qu'Amalia avait échangé avec Oropo...
La question que Yugo se posait actuellement était de savoir s'il était vraiment nécessaire d'attendre d'être prêt pour oser se lancer ou fallait-il simplement parfois se lancer ?
- Un jour, si tu te sens prêt, tu viendras... me rejoindre ? Demanda Amalia, les yeux remplis d'espoirs. Je sais que tu as dit qu'il ne se passerait rien. Pourtant, j'ai l'intime conviction qu'avec un peu plus de confiance en toi, notre amour peut… voir le jour ?
Yugo, émue par les mots prononcés par sa dulcinée, se laissa aller à son tour. Beaucoup trop d'émotions le traversait qu'il n'arrivait plus à contenir ses larmes.
Il avait envie de lui répondre oui et il avait envie autant que la jeune femme de vivre son histoire avec elle. Mais arriver à affronter le regard des autres ainsi que le propre regard que lui-même avait de lui était d'un tout autre level.
Il avait conscience qu'il avait créé lui-même les barrières qui empêchaient leur couple de voir le jour. La culpabilité le submergeait rien qu'un y pensant.
Quelque part, l'eliatrope se disait que s'il se sentait prêt et apte à passer au-dessus de tout ce qui faisait obstacle à leur couple, leur amour pourrait enfin voir le jour. Cet élan de confiance permettrait alors à Yugo d'oser se lancer.
Malheureusement, pour trouver la confiance qu'il lui manquait, une longue remise en question sur la personne qu'il est aujourd'hui était nécessaire pour arriver à pouvoir enfin s'accepter tel qu'il était. Yugo devait combattre ses démons intérieurs pour pouvoir se libérer.
Bien plus encore, s'il espérait pouvoir un jour partager des moments intimes avec Amalia, il le fallait.
Il essuya du revers de la main ses larmes.
- C'est exactement pour ça que... que je ne veux pas te faire attendre... Si je ne parviens pas à être prêt, tu ne vas pas attendre que je le sois ? Tu pourrais être heureuse avec quelqu'un d'autre mais en m'attendant, tu te prives certainement du bonheur qui t'attend. Je ne veux pas que tu perdes ton temps et que tu sois malheureuse par ma faute... !
- Mais Yugo... Le bonheur qui m'attend est à tes côtés. Affirma Amalia, comme si c'était l'évidence même.
Elle essuya à son tour ses joues.
- De plus... Si tu attends d'être toujours prêt dans la vie dès que quelque chose te bloque, tu passeras certainement à côté de beaucoup de bonnes choses. Le négatif ne peut pas exister sans le positif. Expliqua-t-elle.
- Amalia... Souffla Yugo, les yeux humides.
- Il faut que tu saches une chose Yugo. Quoi que tu dises, quoi que tu fasses, tu es le seul à qui appartient mon cœur aujourd'hui.
Touché, ses pleures augmentèrent.
L'eliatrope prit quelques instants pour réfléchir.
Amalia avait raison.
Il était vrai que s'il n'osait pas aller de l'avant, il s'empêcherait éternellement de pouvoir avancer et de pouvoir vivre son histoire avec elle.
Jusqu'au jour où il sera un adulte. Mais il sera certainement trop tard pour aller retrouver Amalia.
Tout le problème venait de là.
Si son apparence ne lui posait aucun problème, il aurait déjà avoué à Amalia ses sentiments et leur histoire aurait déjà vu le jour. Hors, ce n'était pas le cas.
Sa taille le complexait énormément. Il avait constamment l'impression d'être un enfant auprès des autres. Ce qui de jours en jours le rongeait petit à petit.
Cela avait eu pour effet de créer chez lui une blessure profonde qui n'arrivait pas à cicatriser. Bien au contraire, elle s'agrandissait. Il voudrait pouvoir être reconnu pour l'homme qu'il devrait être.
De cette problématique est née la souffrance de Yugo. Celle qui l'empêche aujourd'hui de ne pas douter de lui.
- J'ai besoin de temps pour réfléchir…
Cette conversation avait eu pour effet de rendre le petit roi confus dans sa réflexion. En plus du fait que ses émotions s'amusaient à le tirailler de l'intérieur.
Le regard d'Amalia s'assombrit quand elle vit le regard triste de son ami. Elle espérait de tout cœur que ses paroles n'aient pas d'avantage perturbé les sentiments de l'eliatrope.
- Cependant... Reprit Yugo. Si je parviens à me faire violence et à me sentir prêt un jour… alors je viendrai te chercher.
Les yeux de la princesse sadida s'agrandirent.
Le cœur de cette dernière venait à nouveau de se remplir d'espoir. Touchée, elle ne pouvait s'empêcher de pleurer et de rigoler. Trop d'émotion. C'était nerveux.
- Je suis heureuse de l'entendre… Cette simple réponse m'a redonné le sourire.
Le cœur de l'eliatrope se réchauffa. La simple vu de voir Amalia heureuse le rendait heureux. Cela lui faisait un bien fou.
C'était ça, l'amour, après tout.
- Tu es si belle quand tu souris… Souffla-t-il.
Il déposa sa main droite sur la joue gauche de la jeune femme.
Amalia se mit soudainement à rougir. Elle fixa Yugo d'un regard tendre, rempli de tout l'amour qu'elle pouvait lui porter.
L'eliatrope avança son visage vers celui de la jeune sadida pour déposer sur ses lèvres un doux baiser. Sa bien-aimée répondit à ce dernier.
Elle enlaça l'eliatrope par la taille, lui faisant comprendre que ce moment était important pour elle.
Alors Yugo continua.
Il poursuivit avec une série de petits bisous. Il fit descendre sa main droite, la faisant glisser le long du bras de la jeune femme, pour finalement la passer autour de sa taille, avec hésitation néanmoins.
Il ne savait pas trop où il pouvait déposer ses mains sans que cela gêne Amalia mais il comprit vite que cela ne l'a dérangeait pas quand elle prit sa main pour la déposer sur sa hanche.
Un peu gêné, l'eliatrope n'osait plus trop bouger. Il comprenait qu'Amalia voudrait aller plus loin. Ce qui le frustrait quelque peu, ne pouvant lui offrir ce qu'elle attendait.
La seule chose qu'il se permit de faire était de laisser sa langue explorer la bouche de sa partenaire.
Ce petit moment intime réveillait en Yugo une énorme angoisse.
Il était gênant pour lui de s'imaginer aller plus loin à cause de son apparence enfantine.
Cela le rendait mal à l'aise et pourtant, il en avait envie, tout autant qu'elle. Il aimerait pouvoir passer à l'étape suivante et se laisser aller au plaisir, ensemble.
Il faisait chaud. Très chaud.
Ils continuèrent ainsi encore quelques minutes. Si bien qu'ils ne se souciaient plus de ce qui les entourer.
C'est Yugo qui brisa ce moment magique, sous le regard interrogateur d'Amalia, se rappelant qu'ils étaient encore dans le jardin et qu'ils pouvaient être vus.
- On est encore dehors… Dit-il, gêné.
- Ah, euh... oui, tu as raison. Ce n'est pas très raisonnable, ahah.
Ils se regardèrent, le cœur plus léger.
Ils ne comprenaient pas trop ce qu'il venait d'arriver. Une chose était sûr : cela aurait dû arriver il y a bien longtemps !
- Je... Je vais travailler sur moi-même. Je vais tout faire pour avancer de ce côté-là et nous permettre d'être ensemble. Je... je ne veux pas y renoncer aussi facilement.
- C'est tout ce que je voulais entendre. Le simple fait de savoir que tu essayes est déjà pour moi une victoire. Dit-elle, souriante.
Ils se sourirent.
- Je te remercie Yugo pour m'avoir apporté des réponses. J'ai médité ces dernières semaines sur celle que j'ai toujours était. J'ai réfléchis à ce que l'on me reprochait pour évoluer. Aujourd'hui, je comprends ce que tu ressens et je suis navré de ne pas avoir l'avoir compris plus tôt. dit-elle, triste.
Elle fit une pause avant de reprendre.
- Je pense... que malgré les obstacles, se comprendre reste le plus important et c'est aussi beau d'une certaine manière. Comprendre celui ou celle que l'on aime, au-delà du fait que l'on ne peut pas être ensemble...
C'était une vraie leçon de vie qu'Amalia venait d'apprendre. Malgré l'impossibilité de pouvoir être ensemble, elle comprenait désormais ce que Yugo ressentait. La séparation est certes douloureuse mais parfois nécessaire.
Comme le lui avait suggéré Evangelyne, peser le pour et le contre et voir où cela mène.
Dans l'immédiat, ils leurs étaient impossible d'être ensemble et c'était certainement mieux comme ça pour le moment. C'était un mal pour un bien.
Yugo s'avança une dernière fois vers le visage de la jeune femme pour y déposer un tendre baiser.
Quelques instants plus tard, ce dernier recula.
Ils se sourirent, triste.
- Tu dois certainement avoir faim, tu veux rester manger ? Proposa l'eliatrope.
- Avec plaisir. Je n'ai rien avalé depuis mon départ.
La soirée s'écoula lentement.
Amalia était finalement resté dormir, ne se sentant pas très en forme pour reprendre la route et rentrer. Elle était épuisée physiquement et mentalement. Elle devait se reposer.
Puis, cela lui permettait de passer encore quelques heures avec Yugo.
Le lendemain, une fois ses affaires prêtes et le petit-déjeuner avalé, elle dit au revoir à ses amis pour rentrer chez elle.
J'espère que cet OS vous aura plu ! A la base, l'histoire n'était pas censé se finir sur une note positive. Je comptais vraiment rendre leur couple impossible car je trouvais intéressant de montrer que toutes les histoires ne peuvent pas marcher, ça fait aussi partie de la vie et ça change des histoires où tout est rose et fini bien. Cependant, pendant l'écriture de cette histoire - qui a un an à peu près me semble - j'ai changé la fin en court de route. Je pense que je cherchais quand même à rentre leur histoire possible même si elle reste très compliquée.
N'hésitez à pas laisser un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensez. Ça m'intéresse de connaître votre avis !
A une prochaine fois peut-être !
