Petite note : tiens, mais serait-ce une énième histoire qui apparait par ici ? Ui. J'avais de l'inspiration pour ce petit bout depuis quelques temps donc, au lieu de la refouler, j'ai décidé d'attaquer son écriture. Les chapitres seront généralement assez courts. C'est vraiment une histoire tranquille, douce, parce que ça fait du bien de temps en temps. La publication se fera selon mon temps disponible (Bittersweet est un sacré bébé qui prend beaucoup de temps) et mon envie également. J'espère que vous allez aimer, et je vous souhaite une bonne lecture ! :)
Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.
I
« Une remplaçante ?
- Tu sais bien que madame Connel attend un enfant, non ?, demande Ultia tout en écrivant un message sur son portable.
- Je n'ai pas vu le temps passer...
- Et bien, si tu sortais un peu plus, peut-être que ce serait le cas. »
Gerald soupire puis plante sa fourchette dans un brocolis ; les dents en métal crissent sur le verre et il se tend sous le bruit peu agréable, tout comme son amie qui fronce les sourcils. Elle a posé son téléphone sur l'une des tables rondes de la petite salle de pause et a appuyé son coude dessus, ses doigts fourageant dans sa chevelure noire. Ils ondulent et brillent délicatement sous l'éclairage jauni.
« Tu as déjà des informations à son sujet ?, demande doucement le jeune homme.
- Non. Le directeur n'a aucune envie de lâcher le morceau. »
Un vague sourire titille le coin de ses lèvres, tandis qu'il mâche paresseusement le légume.
« Je me demande encore comment tu peux avaler ces horreurs. »
Il hausse les épaules en terminant son plat ; sa pause prend fin dans une quinzaine de minutes et il doit encore vérifier si son interrogation n'a pas de coquilles. Les pieds de la chaise raclent le sol quand il se lève et Gerald part nettoyer le récipient en verre dans l'évier. Ses yeux louchent vers la machine à café.
« N'y pense même pas, l'avertit Ultia. Vu ton talent de ces derniers jours, je préfère que tu évite de te balader avec un gobelet dans la main. Tu te souviens que tu as un rendez-vous directement après les cours, non ? »
L'eau s'arrête de couler puis Gérald soupire en appuyant ses mains sur le rebord de l'évier.
« Je t'ai déjà dit que je n'aimais pas les rendez-vous arrangés, grogne-t-il en se retournant. Ce n'est pas fait pour moi.
- Tu comptes rester seul encore longtemps ?
- Je me porte très bien comme ça, marmonne-t-il en se retournant.
- Tellement bien que tu parles à ton chat tous les soirs. »
Ses bras se croisent.
« Je suis un grand garçon. Je peux me trouver quelqu'un tout seul. »
Ultia hausse lentement un sourcil.
« Tu as la tête perdue dans les livres, quand ce n'est pas dans les étoiles. Permets-moi alors d'émettre des doutes quant à ce que tu me dis. »
Soutenir le regard glaçant de la brune est difficile mais, aujourd'hui, il y parvient parce qu'il est certain de ne pas vouloir de ce maudit rendez-vous. Tout ce qu'il désire pour ce soir, c'est rentrer, s'affaler sur son canapé pour boire une bière bien fraîche avec son félin préféré sur ses genoux, puis s'endormir durant la correction de ses copies.
Pas plus, ni moins.
Sa dernière relation s'est soldée par un échec, uniquement parce qu'il est incapable de gérer décemment des changements dans le domaine social. Il n'y a pas de manuel, quand on se met en couple. Comment est-ce que ça fonctionne ? C'est quoi le secret, pour que ça dure vraiment ? Son désintérêt pointe rapidement le bout de son nez, dès l'instant où il a cerné la personne qui partage sa vie. À quoi bon s'entêter ?
« Si un jour je me sens prêt, je te le dirai. Mais pour l'instant-
- C'est juste une soirée. Tu peux au moins faire l'effort de la rencontrer, non ? Elle a attendu ce moment.
- Elle ne l'aurait pas attendu si tu n'avais pas tout orchestré, marmonne-t-il en prenant son plat propre.
- Gerald. »
Après avoir rangé le tupperware dans son sac à bandoulière, le professeur lâche un long soupir. Son regard est attiré par les premières gouttes qui s'écrasent contre les vitres sales dans les coins, à l'extérieur. Fin septembre et la météo est terriblement capricieuse avec cette insupportable chaleur.
À côté, Ultia se lève toujours aussi gracieusement. Son odeur de rose lui remplit les narines quand elle rejette sa chevelure derrière ses épaules, une fois son veston remis en place. Elle pousse la chaise vers la table, sans délicatesse, signe de son agacement ; elle n'en a pas fini avec lui.
« Reviens un peu sur terre, murmure-t-elle presque tristement. Tu risquerais de passer à côté de beaucoup de choses, sinon. »
Ses lèvres s'entrouvrent mais Gerald n'a pas le temps de dire quoique ce soit, qu'elle est déjà partie.
