Titre. "Le sang dans les yeux et sur le papier"
Genre. pré-slash ?, friendship.
Pairing. Tyrion/Jon
Puisque j'ai la persistante (et désespérante) impression d'être seule à parainer/shipper ces deux-là chez les francophones, j'y remède comme je peux. X)
drabble, sans prétention aucune, et en espèrant qu'il plaise !
C'était un bâtard. Un fardeau. Une tête en plus, une femme en moins.
Un bâtard de Winterfell, certes, fils du lord Eddard Stark, mais fils illégitime. Un sang impur, inadapté à ce grand avenir, à cette grande richesse qu'il aurait pu porter. Un sang inacceptable, un sang méprisable, un sang recouvert de chuchotis malhonnêtes, de surnoms mauvais et de regards de vautour.
Et ce sang faisait porter à l'enfant ce patronyme qu'il n'avait pas désirer ; rien de plus que le nom d'une chose glacée qu'on balayait devant sa porte.
Tyrion savait tout cela, pour devoir lui-même supporter son propre patronyme, son propre sang. Cet enfant n'était rien de plus qu'un énième condamné aux caprices de son père, à une vie imposée par les serments rompus d'hommes prétentieux.
Si seulement ce garçon n'était pas autant farouche et silencieux à la fois, peut-être que Tyrion l'aurait oublié. Un autre nom sur une liste mentale des pauvres futurs hommes.
Oui, si ce garçon n'était pas si insolent avec le monde entier, si son regard d'encre n'était pas si flamboyant d'aventures, si son sourire n'était pas si rare que attendrissant, alors, certainement, le nain aurait passer son chemin en dédaignant l'ordre.
Mais, lorsque le petit Jon Snow lui avait demandé de lui lire un livre plus gros que lui sur l'Histoire de la Garde de Nuit, d'une voix ferme mais parsemée de l'hésitation enfantine dont il ne pouvait encore se débarrasser, avec ses yeux si avides, noirs et doux, en partis dissimulés sous ses bouclettes brunes, Tyrion avait sentit une chose en lui se briser, et une autre se former.
Leur amitié avait donc commencé à l'ère des anciens dragons et des Marcheurs blancs, dans un couloir gelé de Winterfell, face aux gardes confus qu'ils ne voyaient pas.
Plus tard dans la soirée, Jon s'endormait sur les genoux du nain.
