Bonjour !
Ne vous habituez pas, hein ! Je suis dans une phase productive ! J'ai réussi à organiser mon travail pour avoir le temps de faire plus de chose…
Pour commencer, je rends à César ce qui est à César : Rowling reste la propriétaire de tous les personnages que j'utilise.
Et ensuite, honte à moi, car j'ai oublié de remercier AlouetteL, qui a corrigé l'OS précédent et celui-ci ! Merci mille fois !
Je rappelle que cet OS fait partie d'un ensemble de petites hypothèses et que donc, il s'appelle lui aussi Et si…
Bisous à tous mes lecteurs, n'oubliez pas le petit commentaire à la fin ! Bonne lecture !
Et si…
La mère de Rogue avait fui avec lui.
Un matin, elle avait reçu un coup de plus, un coup de trop.
Et en voyant le regard de son fils, elle avait d'abord fermé les yeux, puis elle avait pris une décision. Elle avait attendu que son mari dorme. Elle était montée au grenier, et elle était allée tout au fond, là où lui n'allait jamais.
Elle avait tiré une grosse malle qu'elle avait ouverte. Elle avait soulevé une couverture légère et attrapé une boite allongée, d'où elle sortit une baguette.
Et pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit entière, complète et forte.
Elle s'assura d'un sort que l'homme qu'elle avait aimé autrefois ne se réveillerait pas avant le lendemain, puis elle sortit de l'armoire ses vêtements, avant d'aller chercher ceux de son fils. Dans le tiroir de gauche de la vieille commode de l'entrée, elle prit tout l'argent qu'elle trouva.
Pour finir, elle entra dans la chambre de son garçon. Il ne dormait plus depuis longtemps, ayant entendu son agitation et craignant le réveil de son père. Il était assis sur le lit, raide, habillé et prêt à tout.
Mais pas à voir sa mère habillée pour sortir. Pas à ce qu'elle le fasse lever, prendre une valise et sortir.
oOo
La famille Prince ne comprenait plus grand monde et la grande tapisserie familiale était remplie de trous noirs à la place des têtes de ceux qui auraient pu assurer sa descendance.
Confit de certitudes et d'orgueil, le patriarche, seul avec ses elfes, s'était résigné à mourir et avec lui sa noble et ancienne maison.
Jusqu'à ce matin.
Une vibration dans les protections du manoir l'informa qu'une personne ayant l'autorisation de passer la porte venait de pénétrer dans le hall.
Et sa surprise n'eut pas d'égal lorsqu'il vit paraître devant lui sa fille. Eileen était de retour.
oOo
Ça avait pris du temps pour que le jeune garçon s'habitue à pouvoir aller et venir librement, sans se méfier de prendre un coup. Il avait eu l'habitude de déguerpir au premier signe d'agacement de son père et les hommes en général le rendaient méfiant.
Au début, il s'était dit que la taille de la demeure lui permettrait d'échapper plus facilement à la violence potentielle de ce grand-père inconnu. Puis il avait compris que la magie permettait à n'importe quel habitant du manoir de retrouver les autres sans efforts ou presque. Il avait aussi découvert les elfes de maison, et leurs pouvoirs.
Rapidement, les manifestations de sa magie étaient devenues plus nombreuses et il n'avait pas pu les cacher plus longtemps.
Un matin, convoqué par son grand-père, il se retrouva devant le vieil homme, un peu vouté, une couronne de cheveux blanc venant éclairer son front ridé.
L'école à la maison lui traduisit sa mère. Il fallait rattraper le retard scolaire phénoménal dont il souffrait.
« On ne tolère pas la médiocrité ici », avait tonné Lord Prince lorsqu'il s'était rendu compte de l'analphabétisme de l'enfant.
Et le petit Severus apprit à lire et écrire correctement, à faire des mathématiques et à raisonner avec méthode. Lorsque son instruction moldue fut complète pour son âge, le précepteur lui accorda une semaine de congé avant de commencer les choses sérieuses.
Pendant cette semaine, le garçon tourna comme une mouche autour de son grand père, jusqu'à ce que celui-ci s'agace et demande le pourquoi de cette mauvaise habitude. Il fut complétement surpris que son petit-fils veuille écrire. A une moldue.
Il exigea de lire la lettre avant de l'envoyer, et le garçon accepta, parce qu'il n'avait pas le choix et qu'il voulait vraiment dire à sa seule amie qu'il ne l'avait pas abandonnée.
Lord Prince fut rassuré de savoir que la petite fille avait elle aussi des pouvoirs et permit la correspondance entre les deux enfants. Il ne lisait pas toutes les lettres, mais avait eu quelques sourires en lisant les descriptions amusantes de leur vie.
Eileen revivait depuis qu'elle savait son fils en sécurité. Il avait l'air bien plus heureux et épanoui, et elle-même réapprenait à se servir de la magie, à être libre. Bien sûr elle aurait préféré ne pas avoir à dépendre de son père, mais après tout, ici, au manoir où elle avait grandi, elle avait le temps et les moyens de redevenir une femme forte.
Lorsque son fils commença à accorder de la confiance au vieil homme qu'était Lord Prince, elle en fut pleinement heureuse car cela signifiait qu'il était en train de guérir de la violence de son père.
A la fin de sa semaine de vacances, Severus commença à apprendre la magie. Il apprit l'histoire et la théorie des sortilèges, un peu de runes, d'arithmancie et d'astronomie.
Et il découvrit les potions.
De ce jour, la soif d'apprentissage du jeune garçon devint insatiable, et ni sa mère ni son grand père n'avait plus d'importance. Ils en vinrent à lui faire du chantage à la potion.
En peu de temps, il fallut trouver un nouveau professeur et trouver une nouvelle source d'approvisionnement en ingrédients.
Les elfes, pour la première fois depuis des siècles, allèrent se plaindre de ce que Severus envahissait la cuisine. Et il fallut aménager d'urgence un laboratoire au sous-sol.
Et puis, le 9 janvier 1971, un magnifique hibou déposa une enveloppe au petit déjeuner.
Pour son anniversaire, Severus reçut la lettre l'informant de son admission à Poudlard. Il rayonna de joie et sauta au cou de son grand père qui n'en demandait pas tant.
Et en septembre de la même année, ce fut presque avec soulagement que Lord Prince et Eileen l'accompagnèrent sur le quai 9 ¾.
Alors qu'ils attendaient avec toute la dignité possible au milieu de la foule des grands jours, une tornade se jeta sur eux en poussant un grand cri de joie. Une jeune demoiselle rousse avait attrapé Severus par le bras et elle sautait sur place en criant sa joie de le revoir.
Lord Prince toussota pour attirer son attention et elle se tourna vers lui avec un grand sourire. Qui s'agrandit encore lorsqu'elle reconnut Eileen. Tout à sa joie de retrouver son ami en bonne santé, elle les tira vers ses parents pour les présenter. Elle parlait sans arrêt, avec des étincelles dans le regard.
Et par mimétisme, tous les adultes autour d'elle souriaient.
Les deux enfants montèrent dans le train et s'assirent dans un compartiment désert en se racontant les dernières nouvelles, qu'ils n'avaient pas pu s'échanger par hiboux.
La porte s'ouvrit et un garçon aux cheveux ébouriffés avec des lunettes passa la tête pour demander s'il restait deux places.
Il fut accueilli dans la bonne humeur, lui et son ami d'enfance, un grand garçon boudeur aux yeux gris.
Rapidement, ils firent des paris sur leur future maison et à la fin du voyage, ils décidèrent de rester amis, quoi qu'il arrive.
Lorsqu'il s'avéra que Severus ne serait pas avec eux à Gryffondor, mais à Serdaigle, il fallut trouver de toute urgence une solution pour se voir régulièrement.
C'est ainsi que sur les conseils de sa mère, le jeune Prince rouvrit le Club de Bavboules de Poudlard.
Et si vous cherchez de quoi tenir, je ne peux que vous recommander Les changeurs, 52 chapitres, par Ellewyn.
