Le soleil se levait sur Coruscant. La lumière illuminant progressivement la multitude de bâtiments et de rues couvrant chaque centimètre de surface de la planète. Les profondeurs de la ville ne voyaient que très rarement la lumière, étant trop basses pour être atteintes, tandis que les hauteurs de la métropole étaient submergées d'une lueur ambrée. Les teintes dorées de l'aurore flamboyant avaient commencé à s'infiltrer doucement à travers les fenêtres des différentes habitations, faisant signe à la ville de sortir de son sommeil. Ainsi, la ville tout entière bourdonnerait d'activité, les transports se précipiteraient vers leurs différentes destinations à des vitesses effrénées, les droïdes et les panneaux d'affichage rivaliseraient fiévreusement pour l'attention des passants… L'éternelle flux de transport, signature de la capitale de la République allait bientôt s'éveiller. Finalement, le jour fut suffisamment avancé pour atteindre les bordures du Sénat et un peu plus loin l'illustre Temple Jedi. Bientôt le Sénat serait sollicité, les débats s'enflammeraient dans les nombreuses salles de conférence et le jeu fastidieux de la politique reprendrait après son éphémère intermède.

Le matin était si souvent signe de renouveaux. Les habitants de Coruscant s'émerveillaient d'apercevoir l'aube naissante. Cependant, il y avait une personne pour qui le soleil levant ne lui rappelait que trop souvent les moments de joie était fugace. Elle s'était réveillée peu avant le lever du jour, trop troublée pour dormir toute la nuit. Elle avait voulu rester éveillée, comme pour profiter de chaque instant où son bonheur semblait parfaitement comblé. La nuit avait été si froide qu'elle avait tiré les couvertures de son lit sur ses épaules et autour de sa taille, s'installant tendrement au côté de son amant endormi.

Chaque fois qu'il revenait à elle sain et sauf, le soulagement et l'espoir remplissaient son âme. Il était bien plus qu'un amant ou un mari pour elle, il était son compagnon d'armes, son partenaire dans la lutte pour défendre la démocratie et la République. Alors qu'elle combattait aux tables de négociation, il combattait sur les champs de bataille s'étendant jusqu'à la Bordure Extérieure et l'espace inconnu.

En tant que sénatrice, elle était consciente à quel point il était crucial pour la préservation de la démocratie, de l'état de droit et de la liberté des habitants de la galaxie tout entière que cette guerre ravageuse vienne à terme le plus rapidement possible. Elle redoutait le recours à la violence et la destruction qu'elle entraînait, d'autant plus qu'elle savait que l'homme qu'elle aimait serait en première ligne du front. Quand ils étaient séparés, elle s'assurait pour que son esprit soit envahi par ses devoirs et responsabilités officielle, rédigeant la politique diplomatique, entretenant de précieux liens avec des sénateurs partageant ses idéaux… Bref s'assurant que la voie de la diplomatie resterait ouverte. Une solution plausible pour mener à terme cette guerre insensé tout en garantissant qu'elle ne se laisse pas en prendre par le désespoir.

Padmé Amidala avait soupçonné que la Guerre des Clones tirait à sa fin et que la République émergerait victorieuse après trois ans de confrontation avec les Séparatistes. Néanmoins, la République qu'elle avaient chérie et défendue toute sa vie c'était transformé progressivement en quelque chose qu'elle ne reconnaissait plus. La multitude des pouvoirs d'urgence accordés au Chancelier Palpatine n'avait cessé d'augmenter de jour en jour. Dorénavant, presque toutes les institutions démocratiques avaient la participation soit directe, soit indirecte du Chancelier.

En réalité, il était juste de dire que Palpatine contrôlait effectivement toute la scène politique de la Républiques. Son influence imprégnée au Sénat s'étendant depuis les banques, les forces militaires et les tribunaux. Irait-il jusqu'à oser infiltrer l'Ordre Jedi? Une telle possibilité lui faisait froid dans le dos. Elle n'irait peut-être pas jusqu'à qualifier Palpatine de dictateur (ou de tyran), mais il devenait incontestablement plus autoritaire au fur et à mesure que la guerre faisait rage. L'humble sénateur bienveillant d'autrefois, poussé à contrecœur au pouvoir en raison de l'incompétence du précédent Chancelier face à l'invasion de Naboo par la Fédération du Commerce, s'était transformé en un individu distant, impitoyable et avide de pouvoir. Seule la fin de la guerre mettrait un terme au pouvoir incontrôlé du Chancelier, ramenant la République et la démocratie à sa gloire d'antan.

Tout à coup, elle soupira avec frustration. Pourquoi ne pouvait-elle tout simplement pas éloigner la politique de ses pensées alors qu'elle était avec l'homme qu'elle aimait, dormant paisiblement à ses côtés. Elle se déplaça sous les couvertures, se pressant plus près pour reposer sa tête contre la poitrine de son amant. Elle pouvait sentir sa respiration, il était étrangement apaisant de sentir le mouvement rythmique ascendant de son torse. Se penchant plus près de son visage, elle le regardait affectueusement. Il avait l'air si innocent endormi, lui rappelant le jeune garçon qu'elle avait rencontré il y a toutes ces années dans cet atelier décrépi sur Tatooine.

À l'époque il n'avait que dix et elle quatorze ans, une jeune reine déguisée en servante; puis ils ne s'étaient pas vus pendant dix ans après la libération de Naboo. Puis surgis de nulle part, il est revenu. Le garçon esclave insouciant et charmant qui rêvait de voler éternellement parmi les étoiles et de devenir un Jedi était devenu un jeune homme plutôt fringant. Cette étincelle dans son regard qui l'avait si été attirée toujours aussi vivace. Certes, lorsqu'il l'avait revu pour la première fois après une décennie de séparation, il n'était pas exactement le plus éloquent. Malgré toutes ses connaissances et sa formation Jedi, ses compétences pour parler avec une femme laissait à désirer. C'était un padawan désespérément naïf, un enfant sous guise d'un jeune homme.

Ses premières tentatives de flirt étaient pour le moins un peu trop audacieuses ou peut-être un peu forcée. Pas étonnant quand son éducation peu orthodoxe au Temple Jedi venait à l'esprit; en particulier leur étrange rejet de tout attachement. Néanmoins, au cours de la brève période où ils furent contraints de s'exiler de Coruscant avec lui comme son protecteur, ses sentiments d'enfance s'était rapidement transformée en quelque chose de plus profond; elle était venue à l'aimer.

En premier lieu, son rejet de ses avances venait d'une véritable inquiétude qu'il abandonnait par folie son avenir pour elle. Leurs devoirs et charges respectifs les empêcherait de tisser de tel liens. De plus, ils ne pourraient difficilement vivre une relation épanouie sous le voile du secret; ou en d'autres termes, le mensonge. Ce n'est qu'à la certitude d'une mort imminente dans l'Arène de Geonosis qu'elle finit par lui avouer ses véritables sentiments. Sachant qu'elle ne pourrait mourir sans qu'il sache combien son cœur le désirait également. Ce fut un point de non-retour, le devoir soit damné. Après leur survie quoique inattendue de la Bataille de Geonosis et la terrible mutilation du jeune homme aux mains du traître Comte Dooku lors d'un duel au sabre laser, ils furent mariés secrètement au sein la paisible et isoler Contré des lacs de Naboo.

Dès le début de la Guerre des Clones, leur temps ensemble était péniblement écourté. Toutefois aucun d'eux ne s'en était plaint, ou laissez cette déception se transformer en ressentiment de leur union. Aussi court soit-il, leur réunion compensait largement la désolation et la solitude de leurs séparations. Ils s'aimaient tous les deux bien trop. Au moins pendant leurs séparations, ils savaient qu'ils finiraient par revenir dans les bras l'un de l'autre. Ces derniers mois avaient été particulièrement difficiles. Il avait été grièvement blessé lors d'une bataille spatiale et après des mois de récupération fastidieuse, il était de nouveau de renvoyé sur le champ de bataille. Entre-temps, Padmé contestait un projet de loi au Sénat qui donnerait effectivement au Chancelier l'autorité incontestable sur l'Ordre Jedi. Ses informateurs au Sénat lui avaient signaler que l'origine de la loi provenait directement du bureau du Chancelier. Cette information l'avait stupéfaite.

Normalement, Palpatine ne prenait jamais explicitement l'initiative de s'octroyer de nouveaux pouvoirs d'urgence. C'était son habitude d'attendre qu'une de ses marionnettes au Sénat se pli à ses volontés et pressions pour avancer de telles mesures. À la suite de la défense infatigable d'Amidala de l'importance du maintien de l'indépendance de l'Ordre Jedi, le projet de loi n'avait échoué que de peu au Sénat. Ce fut lors de la faillite de cette motion que pour la première fois elle eux la certitude de discerner un autre visage de Palpatine, jusque-là réprimé. Sa réaction fut tel que la jeune sénatrice eux une étrange sensation de courant glaciale traversant tout son corps. Le regard du Chancelier, pourtant fixé ailleurs était devenue noir, son expression impassible péniblement maintenue. Palpatine devenait plus fort, ancrer au pouvoir et ses motivations beaucoup de plus en plus suspectes.

Depuis cet événement, il lui était devenue impossible considérer Palpatine comme un allié. L'homme qu'elle considérait autrefois comme un mentor pendant ses mandats en tant que Reine, ensuite un allié et ami bienveillant s'était transformé en un homme dont la soif de pouvoir devenait de plus en plus apparente. La autrefois qu'elle lui portait autrefois fut remplacée par une méfiance, puis un soupçon dévorant (frôlant une hostilité tranquille). Padmé Amidala n'était pas naïve, ses années en tant que Reine puis en tant que sénatrice l'avaient instruite des subtilités du pouvoir et de la politique. Alors qu'elle continuait de tenir en haute estime la fonction de politicien et le bien qui venait souvent d'une action décisive, elle reconnaissait ce qui se produisait. La désillusion croissante envers le Sénat et la République, le Chancelier en plus de l'inquiétude supplémentaire sur le bien-être de son mari provoquait une anxiété si intense.

La nuit dernière fut en répits inattendu et inespéré. Après laborieuse une réunion politique du Sénat, elle était retournée chez elle pour le trouver en train de l'attendre sur le balcon de leur appartement. Il s'était penché sur le rebord du balcon, fixant intensément l'horizon de Coruscant, la brise fraîche du soir sifflant à travers ses cheveux. Pendant un long moment, elle ne put que l'observer, pensant que la fatigue et l'anxiété lui jouaient des tours. Cette vision de son mari n'était pas une illusion car dès que leur regard se croisèrent, ils volèrent dans les bras l'un de l'autre, initiant une étreinte passionnée. Une chose mena à une autre, ils se dirigèrent tous les deux vers la chambre, délaissant leurs vêtements en cours de route. Heureusement, il avait eu la sagesse d'éteindre C3PO et R2D2 avant son arrivée. La dernière fois qu'il avait oublié, fut pour le moins dire mémorable.

Se réveillant auprès de lui dans ses bras, elle ne désirait rien de plus qu'il se réveille paisiblement afin qu'ils puissent profiter du temps précieux qu'ils leur restaient. Néanmoins, elle devait lui faire part de ses soupçons vis-à-vis de Palpatine. De toute évidence, ils avaient été beaucoup trop occupés par d'autres « activités » la nuit dernière, mais le moment était venu. Le Chancelier s'était épris de son mari et à son tour il avait été flatté de l'attention. Après tout, il pensait souvent qu'à part Padmé, Palpatine était le seul à le comprendre et à faire preuve de compassion envers lui. Malgré elle, Padmé devait admettre que les Jedi étaient beaucoup trop éloignés et distant émotionnellement, ce qui ne pouvaient qu'être néfaste pour le jeune homme. Même sa nouvelle amitié avec son ancien maître Obi Wan Kenobi continuait de souffrir d'une distance (peut-être même une méfiance) entre les deux hommes. D'un autre côté, elle ne pouvait voir cet intérêt du Chancelier comme quelque chose d'opportun. Palpatine agissait toujours pour un dessein, comme lui avait amèrement appris la Guerre des Clones. Elle devait le prévenir dès qu'il se réveillerait. Caressant tendrement ses cheveux, ces mèches bouclées blondes sablé et indisciplinées, elle fit un geste pour le réveiller doucement.

Son front se serra et il commença à marmonner de façon inaudible. Elle réprima l'envie de rire lorsqu'il jetait mollement ses bras de l'autre côté toujours endormis pour s'allonger sur le ventre, la tête piètrement enfouie dans un oreiller. Pour un grand Jedi et héros de la Républic, il pouvait être un véritable adolescent. Au moins, cela lui donnait l'occasion d'admiré son dos et sa taille parfaitement sculpté. Padmé lui donna un léger coup de coude sur l'épaule, chuchotant son nom à l'oreille «Anakin…» Enfin, il ouvrit ses yeux criblés de sommeil, un léger sourire aux lèvres. Il était en paix, puisqu'il était auprès d'elle. Padmé lui a rappelé pourquoi il se battait et risquait sa vie véritablement. Non pas pour les manigances politiques du Sénat, la gloire de la République ou l'Ordre Jedi. Il se battait pour la liberté, pour la paix mais surtout pour elle et le combat qu'ils partageaient. Une fois que sa vue fit claire, capable de distinguer ses traits du flou de mèches marron foncé il la blottit contre lui. Tout ce qu'Anakin Skywalker souhaitait à présent était de rester allongé au lit avec sa femme. Se plonger dans le sentiment de sérénité que sa seule présence lui inspirait. Ils demeurèrent comme ça pendant ce qui semblait être une éternité. D'autres couples pourraient croire que ces minutes étaient trop peu, mais pour le jeune chevalier Jedi et la sénatrice c'était un moment de pure béatitude.

Anakin rapprocha ses lèvres de Padmé afin de lui poser un profond baissé. Elle ne put s'empêcher de pousser un léger gémissement de plaisir, après tout il était passé maitre dans se genre de chose. Aucun besoin de parole pour comprendre ce qui était suggéré…

Le lien de communication d'Anakin a brisa le silence et le calme de leur chambre, alors qu'ils s'apprêtaient à réinitier leurs « négociations agressives ». Enterré parmi le tas de vêtements épars, le petit appareil criait des « bip » furieux et saccadé. C'était très probablement Obi Wan, l'ancien maître d'Anakin et perpétuel mal de tête. Anakin était tenté de le laisser errer dans des cercles effrénés en essayant de le rejoindre. Mais ce faisant, il se mettrait lui-même et Padmé à risque d'être découvert.

Après un dernier baiser sur le front, ils se levèrent tous les deux de leur lit (quoiqu'un peu déçue). Anakin alla récupérer ses vêtements et Padmé lui vena en aide. Juste un autre simple testament d'amour et de tendresse accablants. Progressivement ils s'aidérent à s'habiller mutuellement. Anakin dans ses austère tuniques Jedi et Padmé dans l'une de ses robes officielles élaborées et gracieuses du Sénat. Il méprisait à quel point ces vêtements volaient leur individualité, les transformant en symboles. Bannissait leur réalité en tant qu'amants, mais encore plus agaçant était le fait que le tissu de la robe à encolure haute de Padmé lui privait de la vue de son délicat décolleté. Ils partagèrent un dernier baiser avant qu'il ne soit forcé de se quitter, ignorant combien de temps (des mois ou des années) ils ne pourraient se revoir.

Ensuite Anakin parti par l'entrée du balcon, vers le speeder de ville qu'il avait utilisé pour rejoindre son appartement. Quand il fut parti, elle réalisa qu'elle ne lui avait pas dit le doute envers Palpatine qui la tourmentait. Elle ne pouvait qu'espérer qu'ils pourraient se retrouver et avoir cette conversation avant que quelque chose de grave ne puisse arriver.

Ce ne fut de cinq mois plus tard qu'ils furent réunis…

Fin.

Notes de l'auteur(e) :

Bonjour, ceci est ma traduction française de « Coruscant Dawn ». Bien que ma langue maternelle soit le français, j'avais décidé écrire le texte original en anglais. Après tout l'univers de Star Wars provient de « l'anglosphère ». J'espère que cette traduction sera de bonne qualité et sera également agréable à lire. Tous les commentaires sont appréciés et je réponds volontairement à toute requête ou questions. Si certaines expressions semblent un peu difficiles à comprendre, c'est fort probablement en raison de divergence dans le jargon.

J'ai toujours été une grande fan de Star Wars et malgré que je préfère la trilogie original j'avoue avoir un faible pour la prélogie (1999-2005). Après tout, je continue à aimer les personnages de Padmé, Anakin (oui Hayden Christensen), Obi Wan et tant d'autres, au même titre que les personnages de la trilogie original.

Bien que je comprenne et partagent une partie des avis ou critiques raisonnables par rapport à la prélogie, je pense que la hargne de certains fans reste largement injustifiée. Les déclarations accusant ces films d'avoir « ruiné » ou « bafoué » l'enfance de certains, complètement ridicule et insultant en plus d'un manque flagrant de maturité. Après tout, pour plusieurs enfants/ados nées entre la fin des années 90 et début 2000 ces films ont été la porte d'entrée vers cet univers palpitant. Ce genre de commentaire en dit plutôt long sur le genre de personne que sur la création de George Lucas. C'est désolant de voir une telle culture toxique et multitude de bêtises entourant cette série de films.

Ce que j'apprécie c'est étendu de cet univers et les possibilités à explorer, particulièrement les pistes qui ont été peu voire pas du tout envisagé. C'est une occasion de laisser cour à mon imagination.

En tout cas, j'espère que vous allez apprécier cette histoire ou si vous voulez une suite.

Que la Force soit avec vous, et bonne chance!

A+