Salut! J'ai publié il y a peu une première fanfiction : Le Monde à l'envers, qui est un UA sur les Maraudeurs. Je me suis décidé à publier la fanfiction qui m'avais inspiré Le monde à l'envers (celle-ci n'ayant pas l'air d'attirer grand monde, même si je compte la continuer). Cette fanfiction reprend les même personnages mais dans le canon.

Les personnages appartiennent à JK Rowling, tout comme l'univers d'HP. Les OC m'appartiennent.

Je m'excuse d'avance pour les fautes d'orthographes restante, j'en ai sûrement loupé plusieurs.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser un commentaire.


La haine qu'on inspire

Ils sont pour la plupart détestables. Vicieux, faibles, ou tout simplement pourris jusqu'à la moelle. Ils ont été des héros, des méchants, des inconnus. Mort ou vivant, ils ont marqué les esprits à leur manière.

Ils ont tous une histoire, propre à eux même. Mais il n'existe aucune excuse pour justifier leurs actions.

"Je serais toujours là pour toi, Dora, ne l'oublie jamais."

Souvenez-vous de leur innocence.

Ils sont Dorcas Meadowes, Ellen Austin, Evan Rosier et Peter Pettigrow.

1962-1981


Chapitre 1 : Dora et Eve

Automne 1962

Il était dans les environs de quatre heures de l'après-midi. Assise confortement dans son canapé, un thé à la menthe entre les mains, Aimée Meadowes bavasse tranquillement avec son amie de longue date, Katherine Rosier, anciennement Travers.

Elles étaient voisines, ou plus exactement leurs maisons se situaient l'une en face de l'autre. Elles habitaient, chacune avec leurs familles, dans le quartier sorcier de Manchester, surnommé La Citadelle par ses habitants.

Les deux femmes étaient amies depuis Poudlard, où elles avaient fait leurs études ensemble, à Serpentard. Mais à leurs sorties de l'école elles avaient toutes les deux pris des chemins très différents.

L'intrépide et souriante Aimée avait épousée son amour de jeunesse, Félix Meadowes, un sang-mêlé de deux ans de plus qu'elle. Ensemble ils avaient eu, deux adorables enfants. Un garçon, Dorian, âgé de 5 ans, et une petite fille Dorcas, qui venait tout juste de fêter ses deux ans.

La discrète et calculatrice Katherine avait quant à elle épousé un homme choisi par sa famille, un mariage arrangé prévu depuis des années avant son entrée dans l'âge adulte. Elle avait épousé Evan Rosier Sr, un homme dur et froid de cinq ans son aîné. Ils avaient fini par s'apprécier avec le temps, mais sans jamais s'aimer totalement. Ils n'avaient pas grand-chose en commun. Ils n'avaient eu qu'un seul enfant, Evan Rosier, deuxième du nom, âgé de deux ans. Tous les trois ils formaient une famille parfaite en apparence, sans plis ni dépassements. C'est Katherine qui avait insisté et fait craquer son mari pour venir habiter en banlieue sorcière. Elle ne souhaitait pas élever son enfant au sein dans grand manoir lugubre, perdu au milieu de nulle part. Mais elle savait qu'à la mort du père de son mari ils n'auraient pas d'autres choix que d'y emménager.

Alors qu'elles discutaient de banalités quotidiennes, mais principalement du travail d'Aimée (elle était secrétaire au bureau des aurors), Katherine étant femme au foyer, les deux bambins (Dorcas et Evan) étaient assis par terre sur un tapis de jeu. Dorian dormait tranquillement à l'étage, et leurs maris étaient au travail. C'était la journée de repos d'Aimée.

Dorcas et Evan babillaient joyeusement en jouant maladroitement l'un avec l'autre.

Evan était assez gringalet pour son âge, il n'avait que la peau sur les os, pourtant il ne manquait de rien, c'était même le contraire. Il avait une touffe de cheveux châtain clair sur le crâne, assortis de grands yeux chocolat, sur une adorable bouille d'ange il tenait fermement une peluche en forme de Nimbus tout en fixant la petite Dorcas assise en face de lui d'un air étrange. Il se tenait droit, fier.

Dorcas elle s'amusait à donner des petits coups de pieds dans ceux d'Evan, tout en souriant gaiement. Elle avait une touffe de cheveux ébène et ses yeux étaient d'un bleu électrique, la peau pâle et les joues rougies par l'amusement sûrement.

« Je suis persuadée qu'ils deviendront de grands amis », dit Aimée en souriant tendrement.

Au même moment sa fille lança un cube en mousse à la tête du petit garçon. Evan ne réagit que d'un simple froncement de sourcil en raffermissant sa prise sur sa peluche.

« Oh oui, c'est certain ! » Répliqua Katherine en riant, attendrie par les deux enfants.

Aimée rit doucement, alors que Dorcas tendait ses petites mains potelées vers le jouet d'Evan. Celui-ci fronça davantage les sourcils en voyant la petite fille s'approcher de son bien, il leva finalement une petite main vers la petite fille et la repoussa de toute ses forces avant de resserrer sa peluche contre son cœur. Dorcas, elle, tomba à la renverse, l'air hébété.

Bien-sûr qu'ils deviendront amis. Ils seront même comme frère et sœur, à la fois inséparable et tellement opposé l'un à l'autre.

-o-o-

Hiver 1967

C'était la période des fêtes de Noël, le quartier était joliment décoré. Des guirlandes de toutes les couleurs ornent les maisons, et des luminaires magique survolent la rue, ils étaient de toutes formes. Comme pour rajouter une touche finale à la décoration du quartier il avait neigé pendant la nuit, recouvrant la rue et les maisons d'une fiche couche blanche.

Evan Rosier, premier du nom, détestait toute cette agitation autour de noël, et autour de toutes les fêtes stupides d'ailleurs. Pour lui c'était encore un signe de l'influence de ces sang-de-bourbe sur le monde sorcier. Toutes ces guirlandes, cet engouement, et les cadeaux qui n'en finissaient pas. Il abhorrait cette période par-dessus tout.

C'est donc d'un air grognon qu'il fixait par la fenêtre du salon, son unique fils, jouer avec la fille des Meadowes dans la neige devant leur maison. Son fils tentait tant bien que mal de construire un bonhomme de neige, celui-ci n'avait absolument aucune forme et ne cessait de s'écrouler, bien aidé par la petite Meadowes qui donnait discrètement des coups de pied dans la construction de son fils.

« Notre fils est un incapable », s'exclama-t-il d'un ton las en s'adressant à sa femme qui lisait un roman quelconque dans le sofa derrière lui. « Il a 7 ans et il est incapable de construire un bonhomme de neige digne de ce nom, il n'a jamais été capable de construire quoique ce soit ce gosse. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir en faire ? »

« Chéri je t'arrête tout de suite », commença froidement sa femme en relevant un regard noir sur lui, « notre fils n'est encore qu'un enfant ! Il vient d'avoir seulement 7 ans, et s'il n'est pas manuel ce n'est pas grave. Tu prévois quoi ? Qu'il construise des balais ? Enfin, ce n'est pas digne de la famille Rosier. »

« Ne soit pas si cynique Katherine. Je mettais juste en évidence qu'il n'était pas très débrouillard pour un gamin de son âge. »

« Il est encore jeune, arrête de lui mettre la pression. Il a encore le temps de grandir, et devenir l'homme fort que tu souhaites qu'il soit. »

Il ne répondit pas, laissant vagabonder ses pensées. Il espérait fortement que son fils ne soit pas une déception pour lui, ni pour la famille. Il se devait d'adhérer à ses idées, mais aussi à l'avenir qu'il avait déjà tracé pour lui.

Loin de se douter des pensées peu positives de son père à son égard, Evan essayait de comprendre ce qui clochait dans son bonhomme de neige. Et pourquoi il ne tenait pas en place.

Il fronça les sourcils, et fit le tour de sa maigre construction. Il ne fit pas attention à Dorcas, ni à son superbe bonhomme de neige et à son comportement beaucoup trop calme et angélique pour être innocente.

Evan n'était pas très grand pour son âge, dans le quartier il était l'un des plus petits. Même Dorcas le dépassait, à son plus grand malheur, d'une tête alors qu'il avait le même âge qu'elle. Et plus c'était une fille, la honte.

Il était emmitonné dans un gros manteau d'hiver noir, il avait un bonnet enfoncé sur sa chevelure châtain clair qui lui recouvrait les oreilles. On apercevait ses yeux chocolat, son nez et ses joues rougit par le froid, le reste de son visage étant caché par son écharpe.

Dorcas se mit à siffler doucement, et il lui lança un regard soupçonneux, alors qu'elle plantait deux bâtons en guise de bras à son bonhomme de neige.

Il fusilla du regard sa construction de glace, la fillette remarqua l'air de son camarade de jeux. Elle prit un air contrit.

Dorcas avait de long cheveux ébènes ondulés, un petit nez légèrement en trompettes, des joues rebondis et de magnifique yeux bleu électrique. Elle portait un bonnet gris, assortis à ses gants. Elle avait un visage d'ange. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, elle était plus le démon que l'ange.

« Oh Eve ! » Commença-t-elle avec un sourire désolé. « Tu sais, tu ne peux pas être doué partout, ce n'est pas grave si tu ne sais pas faire un bonhomme de neige. Fin c'est un peu la honte, même carrément la honte, mais ce n'est pas grave tu sais. »

Il la fusilla du regard. Il savait qu'elle avait fait quelque chose à son bonhomme, elle faisait beaucoup trop la maline pour être innocente.

Il s'approcha doucement de la fillette, un air furieux sur le visage. À son âge, il ne savait pas encore contrôler sa colère.

« Ne-m-appelle-pas-Eve », prononça-t-il doucement avant de se mettre à l'accuser. « Je sais que c'est toi qui à casser mon bonhomme de neige ! »

Dorcas ouvrit de grands yeux choqués, porta une main à son cœur pour exprimer le mal que cette accusation lui procurait, et s'exclama avec aplomb :

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Eve ! »

« Tu m'énerves », grogna-t-il en donnant un coup de pied dans le bonhomme de neige de la petite brune, qui s'écroula lamentablement sur le sol. « Tout est de TA faute. »

« Eh ! Mais ça va pas ! C'est pas parce que t'es nul à faire des bonhommes de neige que faut casser le mien ! » S'énerva Dorcas à son tour.

« Je ne veux plus jouer avec toi, t'es qu'une tricheuse de toute façon. » S'écria le petit garçon le visage rouge tout en s'éloignant de Dorcas.

La petite brune fusilla du regard Evan avant de lui sauter dessus. Ils s'écrasèrent dans la neige, en s'insultant et en essayant de faire manger le plus de neige possible à l'autre.

« T'es qu'un sale véracasse puant ! De toute façon j'ai jamais aimer jouer avec toi ! »

« Menteuse. Tu passes ton temps à me coller ! »

« Jamais ! Qui voudrait jouer avec un gamin qui passe son temps à se plaindre ! »

« C'est toujours mieux qu'une salle pisseuse ! »

« Face de bodruc ! »

« Pouilleuse ! Aïe ! »

« Je te déteste ! »

Alors que les insultes faiblissaient, ils se mirent progressivement à rire, leurs gestes devenant de moins en moins violent. Finalement ils finirent allongés tous les deux dans la neige, souriant, pantelants et trempés de la tête au pied. Mais heureux.

« J'ai menti », dit finalement Evan.

« Ah bon ? » Demanda Dorcas en se tournant vers son ami.

« J'adore jouer avec toi Dora. »

« Et moi je ne déteste pas Eve. »

C'était toujours comme ça, ils jouaient, ils se disputaient, puis ils riaient. Comme un frère et une sœur. Lié par un lien censément indestructible. Ils y croyaient dur comme fer à ce lien qui les unissait. A eux.

-o-o-

Printemps 1970

Il faisait beau. L'air était doux et une légère brise traversait l'air. C'était un temps qui généralement mettait de bonne humeur. Pourtant aujourd'hui il n'y avait pas de place pour la joie au sein de la famille Meadowes.

Le cimetière de La Citadelle n'était pas grand, c'était un simple carré entouré de mur en pierre recouvert de liège. On y retrouvait environ une centaine de pierres tombales abritant en leurs sein de nombreux sorciers remarquables.

La famille Meadowes, ainsi que les Rosier, et quelques amis de la famille étaient regroupés devant une de ses pierres tombales.

« Félix Meadowes 1934-1970 »

Quelques fleurs étaient disposées ici et là, apportant de la couleur aux mornes pierres tombales.

Aimée Meadowes serraient fort chacun de ses enfants dans ses bras. La petite Dorcas avait enfoui le visage dans les vêtements de sa mère et n'osait pas regarder la tombe de son père. Elle ne le voulait pas. Elle ne voulait pas réaliser qu'il n'était plus là. Elle ne voulait pas avoir dix ans et ne plus avoir de père.

Dorian, son grand frère, regardait droit devant lui. Il avait à présent 13 ans, était un élève de Poudlard, dans la maison des Gryffondors, comme son père. Il regardait fixement devant lui, le visage sombre et les larmes aux yeux. Mais il ne pleura pas, pas en public.

Félix Meadowes était mort dans un simple accident de voiture, alors qu'il se rendait chez ses parents, moldus, en taxi. Celui-ci avait fait une embardé pour éviter un chien errant sur la route sans voir le camion qui arrivait en face. Le chauffeur et Félix étaient tous les deux morts sur le coup.

-o-o-

Dorcas se balançait doucement, les pieds dans le vide. Elle était assise sur le rebord de sa fenêtre, il y a deux heures elle avait enterré son père.

Cet homme fort et indestructible, son papa. Celui qui lui faisait toujours des gaufres en formes d'animaux tous les matins, qui l'emmenait elle et Dorian faire de longue randonnée en forêt, sachant qu'ils détestaient ça, rien que pour passer du temps avec ces deux enfants. Celui qui rendait sa mère heureuse, amoureux comme au premier jour.

Les larmes coulaient doucement sur son visage. Contrairement à Dorian qui n'avait pas pleuré elle, elle n'avait pas arrêté de la journée.

Elle sentit du mouvement derrière elle, et soudain Evan s'installa à côté d'elle sur le rebord de sa fenêtre. Les pieds dans le vide lui aussi, il lui prit la main et la serra avec force.

Elle tourna la tête vers lui et rencontra ses yeux. Remplis de larmes, aussi triste qu'elle.

Evan était très proche du père de Dorcas, il était comme une figure paternelle pour lui aussi. Son père à lui était froid, distant et ne partageait aucun moment avec lui. Sauf pour l'entraîner dans la voie qu'il avait choisi pour lui.

« Ne t'inquiète pas Dora, tout ira bien. Je serais toujours là moi. »

Et c'était une promesse. Il y croyait dur comme fer. Jamais il n'abandonnera sa Dorcas. Sa moitié.

-o-o-

Été 1970

« EVAAN ! EVAAN ! »

Il entendit la voix fluette de Dorcas avant même qu'elle déboule comme une furie dans son salon, laissant la porte d'entrée grande ouverte. Au plus grand agacement du père d'Evan assis sur le fauteuil à côté de celui de son fils. Il jaugea durement la fillette du regard avant de se lever, et de quitter le salon en claquant la porte. Sans un mot, sans un sourire.

Evan sourit à sa meilleure amie, alors qu'elle brandissait une lettre portant le sceau de Poudlard.

« Regarde ! J'ai eu ma lettre ! »

Amusé il sortit la sienne de sa poche, et la brandit fièrement.

« On va à Poudlard Eve ! »

« Tu en doutais encore Dora? »

« Pas une seule seconde », lui répondit-elle malicieusement.

Ses yeux brillaient d'excitation, elle s'assit sur le rebord du fauteuil et se mit à lui raconter en long et en large comment sera leurs vies à Poudlard.

« On pourra faire ce qu'on veut ! On sera encore plus proche qu'avant, plus aucun parent pour nous empêcher de faire n'importe quoi ! J'espère qu'on sera dans la même maison. »

« Te connaissant tu vas finir à Poufsouffle », ricana Evan.

« Et toi tu seras à Serpentard. » Lui répondit-elle du tac au tac.

Ils rient, et se mirent à parler de leur future école, des cours et de tout ce qu'ils pourront faire ensemble.

Aucun des deux ne pouvaient se préparer à ce qui allait se passer par la suite. Aucun.