Les chevaliers Perceval et Caradoc étaient en mauvaise posture, que leur avait pris de suivre Lancelot en mission ! Après avoir dû suivre son rythme sans se faire repérer pendant des jours, les voilà obligés de traverser une forêt si dense qu'ils n'y voyaient pas à plus d'un mètre.

« Mais bon sang ! Où il est passé Lancelot ça fait depuis le levé du jour qu'on l'a perdu, on n'aurait pas dû se lever si tard ! » S'exclama Perceval.

« Oh mais attendez ! » s'écria Caradoc en se retournant « C'est vous qui avez voulu jouer à un de vos jeux du pays de Galles dont je ne pige même pas les règles ! Forcément le lendemain j'ai besoin de rattraper mon sommeil ! »

« Et comment on fait sans Lancelot ! Ça va faire deux semaines qu'on marche je ne sais même pas dans quel pays on est ! »

« Oh ça va ! On va le retrouver Lancelot il ne doit pas être pas être bien loin, la dernière fois qu'on l'a perdu on l'avait retrouvé au village suivant »

« Et vous savez où il est ce village ! » répliqua Perceval excédé, lui qui avait passé une heure à essayer de réveiller son ami. Les voilà perdus dans une forêt !

« Non mais on va demander ! »

« Et à qui je vous… »

Grrrrrrr…..

« Chut ! Vous n'entendez pas comme un truc ? » Demanda Caradoc intrigué qui se mis à regarder partout autour de lui.

Perceval, étonné lui aussi se tut et chercha la source de ce bruit. Alors que les deux chevaliers regardaient dans les bosquets, une ombre commença à les envelopper. Perceval était en train de regarder Caradoc la tête fourrée dans un buisson quand il vit comme un fil d'eau couler du ciel jusqu'à l'épaule de son ami.

« Eh attendez une minute qu'est-ce que c'est ? » murmura Perceval qui s'approcha de Caradoc. Il mit sa main sur son épaule là où était tombé le liquide.

« Bah mais c'est dégoutant c'est tout visqueux, on dirait de la bave de chien ! »

« Quoi ? » Dit Caradoc en se relevant. Il se tourna vers Perceval mais avant même de s'être complètement relevé il hurla. Perceval se retourna aussitôt et ce qu'il vit le fit crier aussi.

Devant-eux se dressait une créature immense, aussi haute qu'une maison et aussi large, elle possédant un énorme cou qui se terminait par une tête affreusement terrifiante avec une armée de crocs. Son corps était soutenu par quatre pattes avec des griffes noires et tranchantes, et pour finir, la créature possédait une queue très longue, se terminant en pointe comme un scorpion.

Terrifiés, les deux amis se mirent à pratiquer leur tactique du rebrousse chemin. Ils coururent le plus vite qu'ils purent. Malheureusement pour eux, le monstre était très rapide et sans qu'ils ne comprennent comment il se retrouva devant eux.

Sans savoir quoi faire, ils coururent chacun dans un sens opposé. Perceval qui était partit sur la gauche entendit la créature se mettre à sa poursuite. Mais que pouvait-il faire ? En désespoir de cause il se glissa entre deux arbres et se blottit contre le tronc du plus gros. Il avait très peur, la créature approchait, sans savoir quoi faire d'autre, il dégainât son épée puis il ferma les yeux. Durant quelques minutes il n'entendit plus rien. Puis « clic, clic.. » Paniqué, il ouvrit les yeux, pour les refermer aussitôt. Il n'avait pu que distinguer deux grands yeux noirs effrayant. Il entendit comme un projectile lancé à pleine vitesse, instinctivement il roula au sol mais l'arbre contre lequel il se tenant une seconde auparavant fut balayé par la queue du monstre. Perceval rampa aussi vite qu'il put, mais il ne fut pas assez rapide, la bête l'immobilisa en appuyant sur lui une de ses pattes. Perceval désormais sur le ventre toujours l'épée à la main ne savait pas quoi faire. Il donna un coup sur la griffe qui le maintenait. La créature le lâcha, il se retourna l'épée tendue, c'est alors que le monstre qui avait ouvert grand la gueule pour le dévorer d'une traite s'embrocha elle-même la tête sur l'épée du chevalier. La bête tomba alors lourdement sur Perceval qui se retrouva pris au piège.

Après ce qui lui sembla quelques heures plus tard, Caradoc réapparut.

« Vous allez bien ? » Hurla-t-il

« Oui je suis dessous, venez m'aider ! » Cria Perceval.

Caradoc aida Perceval à se dégager du monstre. Celui-ci pu enfin se relever et tâcha de récupérer son épée.

« Je ne sais pas comment vous avez fait pour le tuer. Mais vraiment chapeau ! » Commenta Caradoc qui maintenait la tête du monstre pendant que son ami reprenait son arme. « Il est impressionnant, je ne sais même pas ce que s'est ».

« Moi non plus » répondit Perceval, « Mais il va falloir revoir notre technique de retraite car elle laisse à désirer ! » Il parvint alors à extraire son épée de la tête du monstre puis il se redressa pour regarder son ami Caradoc qui ne lui avait pas répondu « Qu'est-ce que vous avez ? »

Sans répondre le seigneur Caradoc pointa son doigt dans sa direction. Ne comprenant pas, Perceval se retourna et ce qu'il vit le laissa bouche bée. Une dizaine d'hommes en armures, montés sur des chevaux, munis d'épées et d'arbalètes, les observaient en silence.

« Que voulez-vous ? » Leur demanda Perceval l'épée au poing.

« Paix chevaliers ! » Parla enfin l'un des hommes les plus âgés, « nous venions chasser le monstre pour essayer de le repousser loin de nos terres. Il avait fait de nombreux dégâts mais personne jusqu'à maintenant n'avait été capable de le tuer. Je vous en prie laissez-moi vous offrir l'hospitalité de notre clan. »

Perceval et Caradoc se regardèrent. Pour se retournant vers les hommes ils s'exclamèrent de concert : « On accepte ! »