Coucou tout le monde !

Je me lance dans une nouvelle histoire qui fera 6-7 chapitres plus ou moins. Elle me tient vraiment à coeur et j'espère que je pourrai vous transmettre toutes les émotions que j'ai ressentis quand je l'ai écrite ! J'essaye d'être un peu original (en tout cas dans ma tête ça l'est ahah) en essayant de faire ni gentil ni méchant, je croise les doigts pour que ça ressorte

Par contre attention ! Il y aura par moment des passages violents ! Si vous êtes sensible à ça il vaudrait peut être mieux ne pas la lire.

Si vous avez aimé, pas aimé, que vous êtes en désaccord en accord avec des passages, que vous aurez préférer telle ou telle action plutôt qu'une autre, dites le moi en commentaires ! Ça fait vraiment plaisir de recevoir de review ! Et puis on pourra en discuter :D

Bonne lecture à tous !


La gifle partie d'un coup brusque et puissant. La douleur était abominable et je retenais du mieux que je pouvais les larmes de tomber. Mon regard était perdue dans l'infinie et je tremblais. On s'approchait de moi, je le sentais, et soudainement, on tira sur le bandeau qui me cachait la vue. Je ne fus pas surprise quand je l'aperçus. Il avait ce même regard noir dans lequel on voyait très bien briller la flamme de la colère.

Un petite rire de tristesse m'échappa quand je compris que mon ancien meilleur ami sera aussi mon assassin. En réagissant au quart de tour, il grogna, presque en chuchotant mais d'une voix assez dur pour me faire frissonner :

- Qu'est ce qui te fait rire putain … Tu trouves que la situation est drôle ?

Mon rire s'éteignit aussi vite qu'il était venu et je relevai mon visage abimé vers lui. Mon regard devait être tellement démuni. Même si j'essayais de garder un visage impassible je savais bien qu'on pouvait y lire de la peur, de la fatigue et de la tristesse. Cependant, je n'avais pas l'intention de leur dire quoi que soit. Je serais muette comme une tombe.

Sans brisé le contact visuel, je tentais de tirer vainement sur mes liens. Si seulement je pouvais m'en défaire. Mais j'étais épuisée. Il ricana méchamment en me voyant faire :

- Ça sert à rien. J'ai serré au maximum. Tu vas te couper les veines.

Il se pencha vers moi et m'attrapa le menton de force.

- Alors, dis moi, ça fait quoi de sentir ce sentiment d'impuissance … Hein ?

Je me crispai et me dégageai de sa poigne. Il ria encore, fit quelque pas en arrière et, me regarda en penchant la tête sur le côté.

- Dis moi où il est.

- Jamais.

- Voyons … Tu crois que t'es en position de me refuser quoi que soit ?

- Ferme-la connard.

Une seconde gifle percuta la même joue qui était déjà endolorie. L'impact fut tellement puissant que j'eus l'impression de la ressentir dans tout mon corps. C'était douloureux. Mais, la vrai douleur, ce n'était pas ça.

La souffrance, je la connaissais que trop bien. Qu'est ce qu'ils savent de la douleur ? Ils ne savent rien. Ils se plaisent à se plaindre en permanence pour des choses insignifiantes sans regarder autour d'eux. Le monde est en train de pourrir mais personne ne le voit et, on pourrit tous avec lui. Toi, moi, nous.

Ensemble. Toujours.

Je me sentais divaguer. J'allais m'évanouir. J'étais cependant déterminée à ne pas les laisserai me prendre ce qu'il me restait. Les derniers fragments de ma vie, de mes choix, de mes désirs. Je ne les laisserai pas me prendre mes derniers souffles de volonté. Ils pourront me faire tout ce qu'ils veulent. Je serai toujours fidèle à un seul homme. Pas par amour, fierté ou honneur. Non. Juste par choix. C'était mon choix, un des rares que j'avais pu faire.

C'était mon choix.

Alors, ils vont croire à des milliers d'hypothèses différentes pourtant la seule vérité et là : Doflamingo était un monstre, sera un monstre et le restera jusqu'à la fin de ma vie. Est ce que cela fait de moi un monstre ? Peut être. Mais lui, c'était le seul qui m'avait aidé, soutenu, encouragé comme personne ne l'avait fait. Il était du mauvais côté ? Tant pis. Lui au moins ne me frappait pas.

Je sentais son regard me transpercer. Attachée à cette chaise, mes bras me brûlaient sans que je ne puisse rien faire. Il avait serrés très fort. Je sentais qu'il était en colère. Ils voulaient des réponses, ils voulaient des aveux, ils voulaient que je me plis à leurs consentements sauf que je n'y ferais rien.

J'étais tellement faible que je n'arrivais presque pas à garder la tête droite. Est ce que je vais mourir comme ça ? Dans une maison abandonnée ? Là ou personne ne pourra jamais me trouver ? Qu'allais je devenir ? J'étais à bout de force et, finalement, je sentis les larmes couler sur mon visage. Ma vie était vraiment minable.

Un ricanement brisa le silence :

- Tu pleures ? C'est pathétique …

Il m'attrapa les cheveux pour me relever la tête et la douleur me traversa de nouveau le corps. Je devais avoir des côtes cassées, mon nez saignait, ma lèvre et mon arcade sourcilière étaient fendus, ma cheville était foulée et mon corps était parsemé d'hématomes et de plaies. Je ne tiendrai plus longtemps.

- A une époque, c'est moi que tu aurais du suivre. Pas lui, moi.

Soudain la porte s'ouvre et quelqu'un rentre en s'écriant :

- Law ! Merde, tu fais quoi ?

- Ce te regarde pas Luffy

- Putain, si. Tu fais pas n'importe quoi avec mes prisonniers.

- Celle là, elle est à moi.

- Non, c'est Zoro qui l'a emmené.

Ils s'affrontèrent du regard un instant jusqu'à ce qu'un petit brun arrive en courant vers moi pour me prendre le pouls et s'écrier :

- Son état est critique ! Il faut l'emmener au soin intensif !

- On l'emmène nul part. Elle reste et crève ici.

- Chopper, n'écoute pas Law et soigne là.

- Il faut la détacher …

- Law, les clefs.

La tension était à couper au couteau. Il me fallait un effort considérable pour garder les yeux ouverts. Mes paupières étaient lourdes et ma tête me faisait mal. Finalement, à bout de force, je sombrais dans le néant.


D'abord, je sentie une douleur atroce et il me fallut tout le courage du monde pour arriver à maintenir mes yeux ouvert. Je clignai plusieurs fois des yeux pour m'habituer à la lumière. Ou est ce que je me trouvais ? Je ne reconnaissais pas le lit dans lequel j'étais allongée, ni la chambre, ni rien. La douleur que j'avais ressentis en me réveillant était de plus en plus aiguë et je n'osais pas bouger d'un poil.

- Alors, enfin réveillée ?

Ce n'était pas vraiment une question. A qui appartenait cette voix ? Froide, désagréable, pleine de haine et de colère ? Petit à petit, les souvenirs de la veille refaisaient surface. L'embuscade, la bataille, ma capture, la torture, Law. Law ? Mon rythme cardiaque augmenta sans que je n'en maitrise rien et un ricanement se fit entendre. Je tentai de me relever mais rien à faire, j'étais trop faible et, il ne manqua pas de me le faire remarquer :

- Ça sert à rien de bouger, j'ai stoppé la perfusion de morphine, tu dois avoir tellement mal que t'es cloué là pour un moment.

Lentement, je tournai la tête vers lui pour le regarder. Il n'y avait que de la haine dans son regard. Pendant un instant cela me fit de la peine, je me demandai d'où toute cette colère venait ? Et puis je me rappelais très bien qu'enfaite, je m'en foutais, que ça ne me regardait pas et qu'être triste pour lui à un moment pareil revenait à de la folie pure. C'était juste le silence qui était pesant et je n'avais qu'une envie : me retrouver à des années lumières de ce type qui avait passé des heures à me torturer sans émotions.

- Tu finiras bien par parler et c'est pas Luffy qui te sauveras cette fois-ci.

Je fermais les yeux, il avait raison, la douleur était abominable. J'avais envie de lui demander de la morphine mais je savais que cela lui ferait trop plaisir de me la refuser en m'offrant un sourire bien sadique. Je n'osais à peine bouger et je n'espérais plus qu'une chose, que le médecin passe me venir au secours. En ouvrant les yeux lentement, je répondis à law d'un ton faible et désinvolte :

- Tu es bien bavard pour une fois.

Il serra les poings et je sentis tout son corps se crisper. Un moment je craignais des représailles mais au bout d'un instant je me rappelais qui j'avais en face de moi. C'était Law, mon ami d'enfance. Law qui ne ferait jamais de mal à une personne dans un lit d'hôpital. Il était médecin après tout n'est ce pas ?

Je me retins de sourire, la situation était folle. C'était peut être moi d'ailleurs qui était devenue folle. Qui aurait cru qu'un jour je serai prisonnière de Law ? Qui aurait cru qu'un jour on se serait retrouvé dans deux camps différent ? Prêt à se battre comme des chiens enragés ?

Au bout d'un moment de silence froid, trois personnes entrèrent. Je reconnu de suite le médecin qui se précipita sur moi pour augmenter le taux de morphine - dieu soit loué - et vérifié mon état général sous l'oeil glacial de Law. Puis il y avait ce fameux Luffy au chapeau de paille et son bras droit au cheveux vert : Zoro. Une belle ribambelle de gros bras. Ils avaient tous l'air soucieux et, autant d'attention posé sur moi - aussi néfaste soit elle - me faisait drôlement bizarre.

J'essayais de me remettre en mémoire les événements de la veille. Tout c'était enchainé si vite. Je revoyais parfaitement bien Law et ce fameux Luffy se battre avec le maitre. Ce dernier regard qu'il me lança avant de sombrer me rappelait toute la confiance qu'il avait en moi.

Je m'étais éclipsée dans les catacombes de la ville, sans un bruit, comme une ombre. Cette ville que Doflamingo avait dirigé comme un tyran pendant des années et qui était maintenant enfin libre grâce à ces héros. Moi dans tout ça je n'étais qu'un sous-fifre mais, j'avais accompli ma mission et je ne regrettais rien.

Et puis un peu après être réapparu en ville, en voyant les drapeaux des victorieux partout autour de moi, je n'avais même pas tenté de me défendre quand Zoro était venu me chercher. A quoi cela pouvait bien servir ? A présent je n'avais plus ni maitre, ni famille, ni maison. Nous avions perdu.

- Comment as tu pu suivre un homme pareil ?

La voix provenait de Luffy. Il me regardait avec tellement de colère que j'en aurais tremblé de tout mon corps si je n'avais pas été cloué dans un lit d'hôpital.

- Tu sais au moins tout ce qu'il a fait ?

Oh ça oui. Mieux que quiconque je pense. Il tuait, torturait et baisait tout ce qui bougeaient. C'était un véritable truand. Il était arrivé un beau jour dans la capital d'un petit pays : Dressrosa, il avait tué le roi et avait établi une dictature terrible. Dans les rues les pauvres mourraient de faim et les riches étaient rois.

Je répondis alors d'une toute petite voix faible et à peine audible :

- Oui, je savais

- Pourquoi l'aides tu ? Alors même qu'il est déchu ?

- Parce qu'il est ma seule famille.

Cette phrase fit serré fort les poings de Law qui, j'en étais certaine, se retenait de m'en mettre une. Comment lui en vouloir ? Ah si, je me souviens très bien maintenant. Tout ce malheur, toute cette souffrance pendant des années, c'était lui. Tout ça, c'était de sa faute après tout.

Ma réponse sembla faire pitié aux deux autres. C'était ça alors ? De la pitié ? Le seul sentiment que je renvoyais au gens ? J'étais pathétique. Si Doflamingo me voyait en cette instant, il ne pourrait que être déçu. Cette pensée me fit sourire. J'étais encore capable de penser aux réactions de ce monstre ? Complètement pathétique.

- Laisse la moi Luffy. Je te donne trois heures avant qu'elle ne craque.

- Non, putain.

Luffy se retourna et empoignant férocement le col de Law.

- T'es sérieux ? Tu veux faire comme ce connard maintenant ? Tu crois pas qu'on vaut mieux ?

Cette réplique sembla déstabiliser le chirurgien un instant. Puis il attrapa la main de Luffy pour le faire lâcher prise. Les deux hommes se regardaient avec des éclairs dans les yeux jusqu'à ce que Zoro lâche :

- Et si on allait discuter dans la pièce à côté ? Notre prisonnière est clouée au lit mais elle a quand même des oreilles.

- Vu l'état dans lequel elle est, elle n'est plus une menace. Et puis, maintenant, elle est seule.

Seule. C'était vrai ça. Plus personne à aller raconter les secrets du camps adversaire. Toute la familly était soit morte, soit en prison. Finalement, on pouvait dire que j'étais une miraculée. L'ironie du sort. Ma vie n'était qu'une succession d'évènements tragiques et, à chaque fois que je pensais avoir remonter la pente, on me plantait encore un couteau dans le dos. Ici, j'aurais pu me faire capturer par les marines mais non, Zoro était venu avant.

- Les gars, je sais pas si vous voulez l'interroger ou quoi mais elle est vraiment à bout de force là.

La petite voix de Chopper me sortie de mes pensées lugubres. C'était vrai que ma tête c'était remise à tourner et que je voyais flou. Je sentais que j'allais encore m'évanouir.

- Putain quelle faible celle là.

- Law t'es médecin ou pas ? C'est pas de la faiblesse là.

- Ta gueule Zoro.

- Qu'est ce que t'as a être tendu comme ça ?!

- Mais merde ! C'est pas vous qui êtes dans la merde ! Faut absolument qu'on retrouve ce qu'elle a planqué.

Je voyais bien que Law commençait a montré ce qu'il ressentait vraiment. C'était inévitable qu'un moment ses émotions refasse surface. Il avait peur. Normal. A sa place je paniquerais aussi. Si on m'avait volé ce que Doflamingo lui a prit, j'aurais qu'une envie, le retrouvais au plus vite.

La fatigue était en train de m'emporter a nouveaux. J'avais besoin de force. Du coin de l'oeil, je vis Luffy jeter un coup d'oeil à la fenêtre et se retourner vers ses camarades avec un air grave. Il dit :

- Il faut retourner sur le Sunny. Ça grouille de marine ici.

Il se retourna vers le reine et lui dit :

- Prépare là, on va embarquer, sur mer on sera en sécurité.

Ce fut de nouveau la dernière phrase que j'entendis avant de sombrer.


Quand je me réveillai, cette fois-ci, j'étais seule. La douleur avait nettement diminué et je pu prendre mon temps pour me redresser sur mon oreiller. Le balancement de la cabine dans laquelle je me trouvai me confirmait notre départ en mer. Cela faisait tellement longtemps que je ne mettais pas retrouver sur un bateau ! Doflamingo tenait toujours à m'avoir en sécurité sur la terre ferme malgré ma passion pour l'océan.

Je passai une main sur mes côtes et notai la présence d'un bandage. Le petit rêne avait pris le temps de soigner mes blessures et pansait mes plaies. Leurs méthodes m'échappaient. Me soignaient ils pour pouvoir mieux me cogner par la suite ? Car ce n'était pas en me faisant les yeux doux que j'allais leur révéler quoique se soit.

Avec le peu de force que j'avais j'écartais la couverture et en m'appuyant sur la barre métallique qui tenait ma perfusion je me levais. Il fallait que je vois le paysage qui m'entoure. Nous étions dans une sorte de crique, caché pas loin de la ville, à l'abris des regards. Le bateau était amarré et la nuit commencait à tomber.

Soudain la porte s'ouvrit. Je ne pris pas la peine de me retourner. Mes yeux se fermèrent quelque secondes. J'avais envie de pleurer. Comme si je me rendais compte réellement que j'avais tout perdu et qu'il ne me restait rien. Comme si je me rendais enfin compte que Doffy n'était plus là.

- Tu es enfin réveillé ?

Les yeux virés sur l'horizon qui disparaissaient petit à petit, je ne pris pas la peine de répondre. A quoi bon ? La personne voyait bien que j'étais debout ? Sans que je puisse les retenir, mes larmes coulaient. J'en était certaine à présent, je ne pourrais pas supporter une nouvelle séance de torture. Autant mourir.

- Law nous a raconté un peu ton histoire.

Un petit rire m'échappa. Il leur avait donc raconté ! Mais quelle version avait il donné ? Celle ou il m'abandonne entre les mains de mafieux pendant qu'il s'enfuit avec Corazon ? Ça m'étonnerai énormément. Avec le dos de ma main libre, j'essuyai mes larmes. En m'appuyant sur ma perfusion je me retournai pour faire faceàa mon interlocutrice. Elle avait vraiment le visage d'un ange et le sourire qu'elle me fit m'éblouis.

- Je me suis pas présentée, je m'apelle Nami !

- Ils t'ont envoyé en se disant que je me confierai plus a une femme ?

- Pas vraiment non. Ca marcherai ?

Je souris légèrement :

- Je pense que tu connais la réponse

Son regard se fit plus dur. Elle avança dans la pièce en mettant une bonne distance entre nous. Il y avait une grande table ronde au milieu de la pièce et, elle s'assit dessus sans lâcher notre contact visuel. J'analysai le moindre de ses gestes avec méfiance.

- Je ne comprend pas pourquoi tu t'obstines comme ça.

- Tu ferai la même chose pour Luffy.

Son visage s'adoucit et elle me répondit avec honnêté :

- C'est vrai.

Un silence s'installa durant lequel je jetai des coups d'oeil à la porte. Je voulais fuir. Finalement dans un soupir je lui demandai :

- Qu'est ce que tu fais là ?

- C'est ma chambre, je venais pour me changer ! On fête notre victoire ce soir.

Elle associa ses gestes à sa parole et commença à se déshabiller pour enfiler une tenue plus légère. Mon coeur se serra à l'allusion de ma défaite. Je passerai donc la nuit à les écouter chanter leur victoire. Quelle torture.

Quand elle eu finit, elle se tourna vers moi et me dit :

- Je suis aussi venue pour t'emmener là ou tu vas dormir.

Elle me zieuta de la tête au pied. J'étais couverte de bandage et je méritais un bon bain et des vêtements propres tellement les miens étaient des guenilles. Tout ça était une évidence par contre, je ne m'attendais pas à ce qu'elle me le propose.

- Crois moi, me dit elle, ça rendrai service à tout le monde si tu te changeais ! Tu es pleine de sang, de sueur et de larmes … Et puis je suis sur que tu caches un jolie visage derrière toute cette boue.

Tout en me disant cela elle me poussant vers la porte que je convoitai tant. Elle s'ouvrit sur un couloir. Je pris soin d'analyser tout ce qui m'entourai. J'avançai lentement car chaque pas était pour moi un supplice. Néanmoins, je me sentais déjà mieux. Je sentais en moi le pouvoir de mon fruit magique qui faisait pulser plus rapidement mon sang.

Soudainement une ombre surgit face à moi. Instinctivement je serai les poings et me mit en position, prête à parer ou à rendre les coups. Mon geste rapide me donna une décharge de douleur dans tout mon corps. Je levai les yeux sur le torse musclé qui me faisait face, bien consciente que, dans mon état, je ne valais absolument rien en combat.

- Qu'est ce que tu fais Nami ?

- Relax Zoro je l'emmène prendre un bain

- Mouais … C'est pas une trop mauvaise idée.

Il nous dépassa sans un mot de plus et je relâchai mes muscles. On prit un escalier, tourna une fois à droite et elle ouvrit enfin une porte. A l'intérieur il y avait une salle de bain somptueuse. Bien que j'avais l'habitude à voir du luxe avec mon maitre Doffy, je devais admettre qu'une telle salle de bain, tout en bois et en marbre, avait son charme.

Elle me poussa à l'intérieure et me dit :

- Voila je t'ai mis des habits propres là-bas. Je te laisse une heure puis je reviens te chercher.

- Il est quelle heure ?

- T'as une pendule juste là.

Elle me pointa une horloge au dessus d'une grand miroir.

- Enjoy !

Elle partis dans un coup de vent.

Enfin seule je soupirai. Comment allais je me sortir de là ? Dans tous les cas je ne pouvais que constater que ce qu'on disait des Mugiwara était parfaitement bien fondé. C'était des gens avec beaucoup d'honneur.

Si les choses c'était passé autrement j'aurais peut être été leur allié ?

Dans un geste net j'arrachai la perfusion de mon bras. Du sang coula un peu mais ma cicatrisation rapide le fit vite s'arrêter. Dans des gestes lents j'allais allumer l'eau pour un bain. En une heure j'avais le temps et je n'allais pas m'en privé. Il était pile 19h38.

En attendant que la baignoire se remplissent je pris soin d'enlever mes bouts d'habits déchirés. Le plus dur fut de s'attaquer à mon short. Une fois fait je défis un par un tous mes bandages. Il y avait pas à dire le reine avait vraiment bien fait son travail. Ceci fait, je pus enfin me glisser dans l'eau.

L'eau chaude fit du bien à tout mon corps. Mes muscles se détendit et mon âme se réchauffa. Mes yeux se fermèrent et mon esprit se plongea dans mes souvenirs. Oui, voilà. C'était ça le tout début.


Il passe dans la rue. Avec cette taille de géant personne ne peut l'ignorer. Il m'a regardé de loin et il ne m'a plus lâché. J'ai reculé de plusieurs pas, j'ai reculé jusqu'à me retourner pour m'enfuir en courant. Les larmes aux yeux comme toute petite naïve pourrait le faire. Il ne me suivra pas. Il ne m'a jamais suivit. Avec lui, les choses ne se font toujours que dans un seul sens. Pourtant, je sens son regard peser sur mon dos.

Quand on est sur une île, on ne peut s'enfuir nul part.

C'est comme une immense cage. N'importe où je suis, il sait où me trouver, il sait où je me cache, ce que je fais, où je vais. Je ne peux avoir aucun secret pour lui. Je suis une poupée de soie entre ses grandes mains et je ne peux que rêver de liberté.

Sans aucun espoir, je cours vers la plage.

Le sable est doux. La nuit est en train de tomber et le bruit des vagues brise le silence. Ici, il n'y a pas la foule qui l'acclame, ces gens qui l'idolâtre sans le connaitre, ces gens si aisément manipulés. Ici, il n'y a que le néant. Noir, il t'aspire et t'entraine avec lui dans les abysses. Je préfère le néant à l'enfer.

Quand je regarde vers l'horizon j'ai l'impression de voir l'espoir. C'est comme si je sentais des ailes pousser dans mon dos et mon sourire refait surface. Je m'avance lentement et plonge mes pieds dans l'eau tiède. Je ferme les yeux en sentant la danse de la mer engloutir doucement mes chevilles.

Parfois, je rêvais de me transformer en sirène pour m'enfuir dans l'Océan.

Je m'avance et mes genoux sont, à leur tour, enfouis sous l'eau. La mer est calme et la barrière de corail avale toutes les vagues dans le lointain. Tout est si paisible et serein. Je caresse du bout des doigts la surface de l'eau. Qu'est ce qui donne autant de charme à l'océan ? Je ferme les yeux et respire un grand coup. Je retrouve enfin mon calme.

Ma robe se balance doucement au rythme des vagues.

Elle est rouge. C'est lui qui me l'a offerte.

Je peux entendre la foule clamait le nom du roi. Je n'ai pas besoin de ça. Je veux me perdre dans le bleu de la mer et ne jamais remonter à la surface, être engloutis par les profondeurs de l'océan là où règne un silence si terrifiant et si beau à la fois.

J'ai déjà essayé plusieurs fois de m'échapper. Je n'ai jamais réussis.

J'avance encore. Je suis fatiguée d'attendre et d'attendre encore. Rien ne redeviendra comme avant. Jamais. Et personne à part moi ne peut me sauver. Je suis seule face à l'obstacle, il me suffit juste de sauter.

Soudain, une voix grave me fait sursauter :

- Tu tentes encore de t'enfuir ?

Je rouvre les yeux et me retourne. Doflamingo marche vers moi sur le sable qui se refroidit avec la tombée de la nuit. Je souris tristement en lui demandant :

- Me laisseras tu cette fois ?

- Tu connais déjà la réponse.

Je soupire et me retourne à nouveau vers la mer. Ce n'est pas elle qui m'attire, c'est les possibilités qu'elle m'offre comme avenir. Il ne bouge pas et ne dit rien d'autre. Son regard flambe encore mon dos et je le sens avec tellement d'intensité. Il vient de conquérir une ile. Il vient de devenir Roi. Et moi dans tout ça ? Est ce que je suis encore libre ? L'ai-je juste été une seule fois ? Et moi ? Qu'est ce que je fais là ?

- Sors tu vas attraper froid.

Sauf que je n'ai pas envie de sortir. Je veux plonger pour oublier le temps. Encore un peu. Juste retourner en arrière, quand on riait, quand on s'embrassait, quand on s'aimait, Law. Jamais je n'aurais cru qu'il arriverait à faire son coup d'état.

Si je suis restée, ce n'était pas pour lui.

Finalement, je m'arrache à l'Océan et sors lentement de l'eau. Si je ne le fais pas, c'est lui qui le fera. Il me regarde toujours sans un mot, ses yeux que je ne peux pas voir semble me juger et me haïr comme jamais. Je ne peux que lui répondre silencieusement. On reste comme ça un moment et j'ai l'impression qu'il va enfin me parler de ce qu'il ressent, de la raison pour laquelle il agit de cette manière et, de ses regrets.

Mais, bien sur, ce n'est qu'une illusion. Jamais il ne me dira rien. Il murmure dans un souffle et je frissonne :

- Cette robe était si belle.

En sortant de l'eau les bouts mouillés m'ont collé les cuisses. Elle m'arrive jusqu'au genou et, je l'essors un peu, sans un mot. Je n'aime pas cette robe. Je ne l'aime pas parce que c'est lui qui me l'a offerte. Ma peau commence à gratter, c'est le prix pour oser pénétrer dans l'univers de la mer.

Il commence à se retourner pour partir et, évidement, je dois le suivre sans un mot. Ce n'est même pas imaginable que je ne suive pas ses pas. Sauf que, pour une fois, je reste immobile et l'appel :

- Doffy.

Il s'arrête et tourne la tête vers moi, me tournant toujours le dos. Je murmure dans un espoir vain :

- Laisse moi partir, je t'en pris.

Il sourit et s'avance vers moi en posant ses mains sur mon cou et en caressant doucement ma gorge. Il ne serre pas et ses mains chaudes contrastes avec ma peau froide. Lentement, il passe ses pouces sur mes joues et me murmure d'une voix envoutante :

- Même la mort ne te prendra pas à moi sans mon consentement.

En lui lança un regard de défit, je répond :

- Ne dis pas ça, ça pourrait être dangereux.

Il rigole et me prend dans ses bras comme une princesse. Surprise, je m'écris :

- Hé ! Pose moi !

- Pour que je te perde à nouveau ? Jamais.

Je souris jusqu'à ce que je vois qu'il m'emmène vers le château. Je commence à paniquer. Non. Il va m'enfermer. Je ne pourrai plus jamais en ressortir. Je ne veux pas être mise en cage.

- Attend, non. Pas là.

- Et pourquoi donc ?

- Je ne veux pas y aller. Doffy, pose moi. Je t'en pris …

Il rigole à nouveau, un rire froid et lointain et, d'un geste brusque s'envole.

Dans un cri de surprise je m'accroche à lui de toute mes forces. Je n'ai jamais aimé l'altitude. J'enfouis mon visage dans son manteau à plume et je le sens sourire à nouveau. Il aime se sentir puissant. Il aime avoir du pouvoir sur les autres. Il aime me voir s'accrocher à lui comme si ma vie en dépendait. Il me murmure :

- Tu veux que je te lâche chérie ?

Je ne réponds pas. Il m'emmène au château. Me pose sur un balcon à plusieurs mètre d'altitudes et, repart sans un mot. Je suis piégée, la porte qui mène à l'intérieur est fermée. Je le maudis comme toujours, je suis obligée d'attendre son retour.


Dans un sursaut violent je reviens à moi. Ce rêve, non, ce souvenir me fit trembler de toutes mes forces et ma respiration était saccadée. L'eau, agité par mes mouvements brusques, déborda du bain. Il me fallu un moment pour reprendre mes esprits. Ce souvenir remontaient à tellement loin que je m'étonnai de m'en rappeler. Je fermai les yeux quelques instants pour l'effacer de mon esprit. Il était inutile de ressasser le passé.

Mes yeux fixèrent la pendule. 20h23. Je n'avais plus beaucoup de temps. Je me lavai en vitesse et sorti de l'eau pour me sécher. Quand je vis le vêtement que Nami m'avait mis de coté je failli m'étrangler avec ma propre salive. C'était une nuisette tout fine et toute courte. Je suspectai qu'elle ait choisi ce genre de vêtement pour m'ajouter des difficultés si je tentai de fuir.

Après avoir enfilé le bout d'habit et mettre sécher les cheveux, Nami fit son apparition. Elle s'exclama :

- Et bien ! J'avais raison, t'es super sexy la dedans ! Oh ! T'as enlevé ta perf ? Chopper va t'en remettre une.

- Pas la peine, ça va mieux.

- Déjà ? Et ben ! Ton fruit du démon est incroyable. C'est pour ca qu'on va te mettre dans la chambre de Law comme ça -

- Non !

Elle se tourna vers moi avec des grands yeux. Je murmurai :

- Pitié non, pas lui.

Son regard s'emplit encore de pitié. Décidément aujourd'hui n'était vraiment pas ma journée. Je repris mes esprits et repris, en essayant de caché ma peur :

- Enfin, pas lui, c'est un connard.

- Ah si c'est que ça ! Crois moi mieux vaut lui qui Sanji l'obsédé ou Zoro l'ivrogne !

Si, je t'assure, je préfère l'obsédé ou l'ivrogne. Mais je ne dis pas tout haut ce que je pensais tout bas. Elle reprit :

- Pour aller dans sa chambre il faut traverser le pont. Ne tente pas de t'enfuir, ça ne servirai à rien, il y a tout les gros durs qui préparent la fête de ce soir.

Je l'écoutai à moitié et quand elle sorti je la suivi sans un mot. Quand nous arrivâmes au pont, je ne me rappelais pas de ses conseilles. C'était ma chance ou jamais ! Je la poussai violemment et m'élançais de toute mes forces vers la mer. On ne sait jamais, la berge n'étais pas loin, je pouvais les semer. Seulement, alors que j'avais presque atteint mon but, une main puissante s'empara de mon poignet.

Dans mon élan, je me retournai et envoya mon poing dans la gueule du type. Il ne me lâcha pas pour autant mais on tomba tous les deux. On roula un moment en se débattant puis il prit le dessus et me maitrisa. A califourchon sur moi, ses mains tenant les miennes de part et d'autre de ma tête, je reconnu Luffy. Il s'écria :

- Woho ! Traffy t'avais raison elle est coriace !

- C'est juste grâce au fruit de la Force. Grâce à lui, tout son être est plus fort : ses muscles tout comme sa cicatrisation.

Puis il mormonna :

- Il m'écoute jamais …

Luffy se redressa et m'obligea à faire de même et tirant sur ses poignets. Ma plaie aux côtes c'était réouverte mais j'étais contente de voir qu'après mon coup, Luffy saignait de la bouche.

- On a vu sa petit culotte !

- Ferme la Brook !

Luffy me mit les mains derrière le dos et fit signe à Nami qu'il allait m'emmener dans la cabine lui même, au cas où.

Une fois dedans, il repartit et ferma derrière lui.

Alors je commençai à les entendre faire la fête. Des chants, de la musique, surement un banquet sublime et beaucoup de rires.

Une colère noire semblait prendre possession de tout mon corps. Aujourd'hui, je m'étais battus, je m'étais fais vaincre, je m'étais fais torturé, j'avais tout perdu, j'avais pleuré, j'avais souffert. Mais la pire des choses que j'avais vécu, c'était bien ça. Les entendre crier victoire pendant que je suis, seule, enfermée dans une cabine noir.

Je me mis à hurler. Hurle. Hurle mon coeur me dit. Hurle ta colère. Hurle ta peine. Hurle parce que tu es en vie.

Et à bout de force je m'allongeai sur une couchette qu'on m'avait préparé et je sombrais.


La porte s'ouvrit en plein milieu de la nuit. Ça ne pouvait être que lui. Je fermai vite les yeux pour faire croire que je dormais. Ses doigts caressèrent ma joue et se plongèrent dans mes cheveux. Puis il murmura mon prénom avec mélancolie :

- Astelle.

Il enjamba ma couchette pour aller dans son lit. Law était là, à quelque mètre de moi. Je voulais croire que cela me faisait rien, que je m'en moquais mais j'avais peur.

La vérité, c'est que je tremblais.


Voilà pour le premier chapitre ! J'espère qu'il vous a plu !

Dites le moi dans les commentaires !

A bientôt !