Bonjour, bonsoir à tous ! Un nouveau début de recueils sur tout et n'important quoi. Donc j'ose espérer que ces textes trouveront grâce à vos yeux. Surtout en cette période de confinement qui est relativement difficile à vivre, n'oublier pas que l'écriture est un moyen de se libérer et de se vider la tête !

Donc voici un premier texte centré sur le personnage de Xigbar/Luxu ! ( Car oui j'ai un ÉNORME problème avec cet homme.)

Bonne lecture !


Tous en avait un dans leur chambre. Pour se souvenir de ce qu'ils étaient sans doute. Grand, rectangulaire et contre le mur. Pour ne pas oublier leurs apparences ? Tss, ils avaient déjà presque pas ou plus de souvenirs, alors pourquoi s'encombrer de nouveaux ?

Grognant, allongé sur son lit, le sniper observait le plafond de sa chambre. Il en connaissait les moindres recoins. La moindre fissure qui pouvait s'étirer sur la longueur blanche. Même en fermant son unique œil valide, il aurait pu les reproduire facilement.

Comme toutes les autres fissures des nombreuses pièces où il avait dormi plus d'un an d'ailleurs. Tendant négligemment la main devant lui, son œil doré s'attarda sur le cuir noir de son manteau. Un manteau pour les protéger des ténèbres. Le même manteau depuis plus de cent ans. Il perdait le fil des années au fur et à mesure que le temps passait.

Baissant sa main, il glissa ses doigts dans sa longue chevelure, mêlant la noirceur de ses mèches à celles d'argents. La seule preuve concrète qui pouvait attesté de son véritable âge. Un sourire orna son visage brisé. Il en aurait presque ri.

Il avait enfin rencontré ce jeune porteur. Sora. Un gamin non choisi par l'arme. Il le sentait à des kilomètres. Il refusait de le dire à voix haute, mais il aurait appréciait que Roxas reste. Il avait aimé les quelques missions ensemble. Un souvenir fugace dans un passé lointain. Ce porc-épic humain n'était pas à la hauteur des anciens Maîtres. Des porteurs qu'il avait lui-même connu, combattu.


«... Et puis avec ce coup unique, une cloche sonnera pour la bataille finale ... »


Un coup, et des fissures dans une plaine rouge. Des longues marques noires sur la roche. Des marques sur les corps des morts. Brisé, fragmenté, divisé, morcelé, séparé, incomplet.
Seul.

Se redressant un peu trop rapidement sur son lit immaculé, le borgne grogna en sentant son corps d'emprunt craquer. Comme si les années le rattrapaient. Ben voyons.

Les fissures dans le mur, il les connaissait aussi maintenant qu'il lui faisait face. En long, en large et en travers. Ces craquelures qui couraient jusqu'à cet objet qui prenait appui contre le béton blanc.

Le grand brun se décida enfin de se lever pour y faire face.

Pour ne pas oublier hein? Oublier quoi ? Oublier son apparence ? Quelle apparence ? Celle qui lui avait été propre était effacée depuis bien longtemps maintenant. Est-ce qu'il pourrait s'en souvenir encore ? Est-ce qu'il pouvait encore se rappeler du propre son de sa voix ? Sa première voix. Sa voix si timide, si curieuse. Brisée, effacée, détruite. Il n'était plus ce garçon. Il était un autre. En apparence comme à l'intérieur.

Ce reflet ce n'était pas lui. Posant sa main droite sur la face lisse du miroir, Xigbar s'observa pendant quelques secondes qui lui parurent une éternité. Il ne s'était pas observé depuis longtemps. Trop longtemps. À l'image des fissures dans les murs, la cicatrice sur son visage était comme un rappel. Il était brisé.

Il était un menteur.

Il portait un masque qui cachait maladroitement ses erreurs.

Retirant sa main, il dévisagea ce visage qui n'était pas le sien. Le borgne prit le drap plié sur son lit et couvrit la plaque en faite, il savoura l'absence de cet élément perturbateur et sortit précipitamment de la chambre, une sueur froide lui collant à la nuque.


Tous en avait un dans leur chambre. Pour se souvenir de ce qu'ils étaient sans doute. Grand, rectangulaire et contre le mur. Ils auraient pu s'inventer une vie et se leurrer. Pourtant, ils ne peuvent pas fuir leur propre reflet. Car à la fin, ce miroir si lisse mettait en avant les doutes, les peurs et les promesses brisés.

Et quand Luxu s'attardait devant un miroir, il voyait les fissures que le temps avait accumulé au fur et à mesure sur lui-même. Et qui lui renvoyait ses fautes en pleine face. Alors il se contentait de le couvrir et de sortir de la pièce sans regarder en arrière.