Bonjour !

Alors, j'ai trouvé un moyen pour faire une version soft de cette histoire. Donc, je publie ici une semaine sur deux et toutes les semaines sur AO3... A part, si j'ai un contretemps. Et il y a déjà un deuxième chapitre sur AO3, si ça vous intéresse.

Disclaimers : Hétalia est à Hidekaz Himaruya.


Rêverie grecque

Chapitre 1 : Dodo innocent

Sadiq était habitué à avoir un voisin de réunion internationale particulièrement léthargique.

Héraklès faisait l'effort de rester éveillé le temps de s'asseoir à sa place. Selon Sadiq, Héraklès était déjà ailleurs une fois la porte de la réunion franchie.

C'était franchement vexant.

Sadiq retrouvait à peine sa chaise qu'Héraklès était déjà parti dans un sommeil profond. Il ne pouvait même pas lui lancer une pique pour l'énerver et encore moins essayer de le réveiller. Un chat, à chaque fois différent, veillait sur ses rêves et le griffait s'il tentait la moindre approche.

Sadiq était persuadé qu'Héraklès avait trouvé l'astuce ultime pour l'emmerder et en abusait.

Il n'y avait rien de pire pour Sadiq que d'être ignoré par son ennemi éternel et amour à sens unique.

De plus, les réunions menées par Ludwig Beilschmidt étaient barbantes et partaient en enfantillages et règlements de compte bien trop rapidement au goût de Sadiq. Il fallait décider d'être sérieux ou désorganisés, pas les deux à la fois. Ils n'avançaient à rien et laissaient tout le plaisir à leurs dirigeants de régler les problèmes importants.

Ils auraient pu avoir un impact politique sur le réchauffement climatique, mais niet, ils se lançaient dans des batailles de polochons dans des hôtels luxueux et s'envoyaient des boules puantes durant les réunions importantes.

Pas étonnant que son voisin narcoleptique ait complètement lâché le morceau.

D'ailleurs, Sadiq ne croyait pas vraiment à sa narcolepsie qui s'était étonnamment déclarée lors de l'avènement des grandes instances internationales. Héraklès avait été un adolescent très éveillé et très attentif sous son emprise politique. Bien sûr, Héraklès avait toujours été un pratiquant assidu de la sieste. Et oui, peut-être, avait-il eu tendance à piquer du nez durant les très longs discours de Sadiq, quand il était devenu plus adulte. Oui. Il lui était fréquemment arrivé de dormir plus de quatre heures d'affilée pendant l'après-midi vers ses dix-huit ans.

Mais pas toute une journée !

Et bordel ! Sadiq aimerait le secouer comme un poirier ! Il en avait marre de le voir roupiller pendant des heures pendant qu'il se faisait chier dans ce bordel ambiant. Il aimerait même avoir une conversation philosophique sans fin avec Héraklès. Du moment qu'il lui donnait de l'attention, Sadiq serait prêt à tout. Sauf à affronter un chat en furie, malheureusement. Et cette peur des chats, Héraklès en abusait sérieusement !

Il préfèrerait se disputer avec Héraklès que de supporter le vacarme ambiant des nations en train de régler leurs comptes personnels lors d'une réunion sur la faim dans le monde. Le sujet était sérieux ! C'était irrespectueux et complètement débile de crier autant et de se battre avec les chaises.

Sadiq ne croyait plus les nations capables de les sortir des problèmes mondiaux.

Héraklès avait peut-être vu le truc venir et jeté l'éponge avant.

Il avait toujours été très perspicace.

Il réservait peut-être ses forces pour des causes légitimes.

Ce serait son genre.

Héraklès bavait souvent durant son sommeil. Sadiq trouvait que c'était aussi dégoûtant que mignon. Héraklès se laissait vraiment aller. Et parfois, Sadiq pouvait entendre un gémissement lui échapper malgré le vacarme de leurs semblables.

Il dormait vraiment profondément, ce qui énervait plus que de raisons Sadiq.

Du calme, du calme, du calme. Ce soir, ce serait pire à l'hôtel. Sadiq devrait encore insonoriser la chambre pour éviter d'entendre les cris des attaques surprises dans les couloirs et des gémissements intempestifs dans les chambres d'â côté.

On le plaçait souvent à côté du couple hispano/italien très vocal et très actif. Il n'aurait jamais dû se vanter qu'il dormait comme un bébé grâce à sa magie. L'insonorisation n'empêchait pas les murs de trembler malheureusement.

La tête d'Héraklès tomba en avant. Le chat sur ses épaules gigota pour retrouver son équilibre. Une fois que ce fut fait, la bestiole lui jeta un regard noir. Comme s'il allait donner sa main à bouffer à cet animal maléfique.

Tout à coup, la bête satanique miaula d'effroi et descendit des épaules de son maître.

Surpris, Sadiq vit trop tard l'éclair de magie verte qui frappa Héraklès.

Héraklès tomba comme un pantin désarticulé de sa chaise et se vautra par terre, ce qui inquiéta énormément Sadiq et fit taire toute l'assemblée. On aurait presque dit qu'Héraklès avait été victime d'une attaque cardiaque.

Immédiatement, Sadiq plaça Héraklès en position de sécurité et vérifia ses paramètres vitaux. Rien d'anormal, à part qu'il dormait comme une souche après s'être mangé le sol. Il y avait quand même quelque chose qui clochait puisque la magie agissait toujours sur Héraklès.

« Kirkland !, hurla la voix caractéristique de Ludwig. On avait dit pas les enfants et les narcoleptiques ! »

Furieux, Sadiq se dirigea vers Arthur Kirkland avec la ferme intention de lui confisquer sa baguette magique. Savoir qu'il était à l'origine de ce désastre l'avait effrayé. Tout pouvait arriver avec Kirkland. Heureusement pour Angleterre, Sadiq tenait bien trop à Héraklès pour se lancer dans une dispute stérile.

« Surtout, ne lance pas d'autre sort, gronda Sadiq. J'ai besoin du flux résiduel pour savoir ce que tu as trafiqué ! »

Apeuré par l'aura menaçante de Sadiq, Arthur lui confia sa baguette. Evitant de penser à son cœur affolé, Sadiq analysa le sort lancé par Arthur. Ce magicien de pacotille n'entretenait pas bien sa baguette et faisait n'importe quoi de ses talents. Il ne savait certainement pas ce qu'il avait provoqué en Héraklès.

En examinant la baguette sous toute ses coutures, Sadiq avait une petite idée de quoi était victime l'homme qu'il avait toujours aimé.

Sadiq s'approcha prudemment d'Héraklès pour confirmer ses doutes. Le chat tournait autour de son maître en miaulant son désarroi. Heureusement, il laissa Sadiq examiner Héraklès. Tout tendait à prouver qu'Héraklès était tombé dans un sommeil profond et éternel.

Comment un magicien aussi nul qu'Arthur pouvait lancer un sort aussi complexe et aussi difficile à contrer ?

Sadiq paniqua intérieurement. Il n'y avait qu'un seul moyen de sauver Héraklès de l'endormissement éternel. C'était assez intrusif. Oh ! Non ! Héraklès ne lui pardonnerait jamais d'entrer dans sa tête et de voir ses rêves. Même pour la bonne cause.

Sadiq regarda ses camarades magiciens.

« A part Arthur, est-ce qu'il y a un volontaire pour sauver notre belle aux bois dormants ? »

Les nations non averties y virent un trait d'humour, mais pas les nations magiciennes qui retinrent leurs souffles. Ce sort était bien connu pour les dégâts qu'ils provoquaient sur sa victime et sur l'extrême difficulté de le défaire.

« Sans vouloir te contraindre à quoi que ce soit, Sadiq, commença Gupta d'une voix douce, tu es le seul d'entre nous à avoir réussi l'exploit de défaire ce genre de sort à temps.

- Tu es notre expert en la matière », surenchérit Roumanie.

Les autres nations magiciennes confirmèrent qu'elles n'avaient jamais tenté de défaire ce genre de sort.

« Je comprends qu'entrer dans la tête d'Héraklès sans son accord soit intimidant…, continua Egypte.

- …Et dangereux pour toi…, compléta Roumanie.

- Mais tu es son seul espoir. »