Tom Jedusor, alors Lord Voldemort, alias le Seigneur des Ténèbres, alias Celui-dont-on-ne-doit-pas-pronnoncer-le-nom, alias Vous-savez-qui, alia-bref. Voldy, donc, contemplait avec satisfaction la fiole de potion d'un rose pâle qu'il tenait entre ses doigts blanc et crochus.
Un ricanement passa la barrière de ses lèvres inexistantes.
- Avec ça, je serais le maître du monde ! Je vais enfin retrouver ma superbe apparence de jeune homme charismatique ! Plus personne ne pourra me résister ! Mouahahahahah ! Je suis génial !
Voldemort éclata d'un rire machiavélique en rejetant sa tête chauve en arrière, un air exatique sur le visage. Le miroir en face de lui trembla de peur.
- Hin, hin, hin..., ricana-t-il encore en faisant tournoyer le liquide dans la fiole. Une gorgée et je retrouverais la forme olympique de mes trente ans ! Et le monde sera à mes pieds !
Un rire machiavélique plus tard, Voldemort porta la fiole à sa bouche, inclinant lentement l'objet. Il ferma les yeux de délice, savourant sa future victoire. Le liquide commença doucement à couler dans sa gorge quand la porte de ses appartements s'ouvrit brusquement et le faisait sursauter et verser l'intégralité de la potion dans sa bouche.
- Maître ! Attendez, ne...
Trop tard. Dans un "gloup", Voldemort avala le liquide contenu dans sa bouche pour ne pas s'étouffer et hoqueta.
- Severus ! admonesta-t-il l'intru après avoir reprit son souffle. On frappe avant d'entrer !
L'homme regarda avec stupeur son maître.
- Monseigneur, commença-t-il l'air horrifié, ne me dites pas qu'il s'agit de la potion de jouvence que je vous ai confectionné...
Voldemort fronça les sourcils.
- Évidemment que si, un problème ?
Severus déglutit.
- Eh bien... J'ai vérifié mes calculs tout à l'heure et il s'avère que...
La phrase de Severus fut soudainement étouffée par un étrange bruissement de tissu et Voldemort se retrouva brusquement dans le noir complet. Il sursauta et tenta de porter la main à sa manche où se trouvait sa baguette, mais ses mouvements étaient entravés, comme si on l'avait recouvert d'un sac en toile. Le mage noir le plus terrible de tous les temps se mit à se débattre contre cette prison de tissu devenant de plus en plus lourde. Sa baguette lui échappa, mais impossible de savoir où elle se trouvait dans ce noir. Secouant des bras et des jambes comme un beau diable, Voldemort finit par tomber à terre, emprisonné par la toile le recouvrant.
- Severus ! appela-t-il d'une voix mi-paniquée, mi-coléreuse.
Sa voix lui sembla d'ailleurs étrange, bien plus... humaine qu'à l'ordinaire, moins sifflante, mais néanmoins toujours étrangement aigüe.
- ...lmez-vous, Maître, lui parvint la réponse étouffée de son serviteur.
La tête de Voldemort fut alors brusquement dégagée de sous les morceaux d'étoffe et il inspira une grande goulée d'air. C'était qu'il commençait à manquer. Severus le regardait, un air soucieux et stupéfait, ce qui n'était pas peu dire pour l'homme, accroupit devant lui.
- Maître ? C'est vous ? demanda-t-il.
- Non, Dumbledore, répliqua Voldemort agacé. Bien sûr que c'est moi, imbécile ! Maintenant, aide-moi à me lever !
Severus ne parlementa pas plus et dégagea le corps de son maître de dessus le monticule de tissus, avant de lui attraper la main pour l'aider à se relever. Une chose interpella alors Voldemort.
- Severus, depuis quand es-tu devenu aussi grand ?
C'était qu'il lui arrivait aux genoux, alors qu'ils étaient debout tout deux. Puis une deuxième chose le frappa.
- Hiiiii ! hurla le terrifiant Seigneur des Ténèbres. Et pourquoi je suis tout nu ?
C'est alors qu'il remarqua que le tissus l'emprisonnant était en réalité ses propres robes, qui étaient, par un coup du sort quelconque, devenue bien trop grandes pour lui et faisaient au moins trois fois sa taille !
- Mes robes aussi ont grandi ? s'étonna-t-il.
- En vérité..., intervint Severus.
Il avait l'air comme gêné. Voldemort supposa que c'était l'effet qu'il faisait lorsqu'on le voyait nu. Il se savait beau, mais tout de même.
- Oui ? s'impatienta Voldemort.
- Je ne crois pas que ce soit moi... ou vos robes, qui aient grandis, mais... vous qui avaient rapetissé...
Ce faisant, il désigna le miroir à son maître qui se tourna vers l'objet, intrigué par les paroles plus qu'étranges de son serviteur. Puis un véritable cri d'effroi retentit dans tout le manoir Jedusor, s'entendant jusqu'au village voisin.
