Eh bien oui, encore moi. Je suis plongée depuis plusieurs mois dans l'écriture d'une fic longue et j'ai décidé de bricoler celle-ci en vitesse, très différente, pour me donner une petite bouffée d'air.
Plusieurs scènes seront très graphiques, dès le départ. En raison des restrictions de rating sur ce site, je pourrai y publier seulement les deux premiers chapitres.
Vous pourrez trouver l'histoire intégrale sur les plateformes que j'indiquerai à la fin du chapitre suivant.
Enjoy.
Chapitre 1. Juste le premier soir
Une vague de chaleur moite engloutit Hermione quand la porte se referma sur elle.
Elle cligna des yeux. Des lumières chétives laissaient deviner une foule compacte. Les notes basses de la musique vibraient jusqu'au creux de sa poitrine. Elle détestait ce style de chanson, criard et répétitif. Mais ce soir, ça ferait l'affaire.
Elle ignora l'homme qui lui adressa un clin d'œil appréciateur lorsqu'elle descendit les marches et s'enfonça dans la pénombre. Elle n'était pas venue ici pour être choisie, mais pour choisir. Sa jupe dansa autour de ses genoux au rythme de ses pas. À bien des égards, sa tenue pouvait paraître extrêmement banale pour l'endroit. Elle portait des couleurs sobres, ses cuisses étaient couvertes, sa poitrine aussi. Mais elle avait observé que lorsqu'on se comportait comme la reine des lieux, les gens vous traitaient comme telle.
Elle se fraya lentement un chemin à travers la masse et examina sans vergogne les visages et les corps qui se pressaient autour d'elle. Elle ne connaissait personne. Elle ne connaissait jamais personne dans un bar moldu, en plein cœur de Londres. C'était étrange, cette espèce de sentiment d'invincibilité qui lui faisait lever la tête bien haut quand elle se trouvait en territoire moldu. Comme si, ici, rien n'avait le pouvoir de l'atteindre.
Elle termina de faire le tour du bar.
Ça pouvait commencer.
D'abord, repérer le mâle le plus attirant dans le lot. C'était le grand blond, là-bas, avec ses amis.
Ensuite, vérifier s'il était célibataire.
Hermione s'approcha du groupe. Des Norvégiens, peut-être, à en juger par la sonorité de leurs conversations. Aucune femme dans le lot.
Elle se planta juste à côté du Mâle, dans une proximité impossible à ignorer. Toutes les conversations se turent. L'homme se tourna vers elle, surpris. Il avait les yeux verts.
- Euh, bonjour?
- Bonjour.
Elle ne lui sourit pas. Ce n'était pas nécessaire. À la place, elle s'empara de sa main gauche sans rien dire et l'examina, en caressant le creux de sa paume en même temps. Aucun anneau n'ornait le quatrième doigt.
Elle leva à nouveau les yeux vers lui. Il était grand. Ses épaules étaient imposantes. Et il était sans voix, le pauvre.
- C'est tout ce que je voulais savoir, dit-elle sans détour.
Elle lui libéra la main et s'éloigna, pendant que fusaient dans son dos les rires et les exclamations. Ça durerait cinq ou dix minutes, selon le degré de timidité du mec, puis ses amis réussiraient à le convaincre d'aller parler à Hermione, non sans avoir parié s'il repartirait ou non avec un rancard.
Elle se posta au bar, commanda un verre et le cala. Puis, elle laissa les minutes s'écouler avec une posture bien droite, imperturbable, sans jamais se retourner.
Au bout d'un moment, on vint s'asseoir à côté d'elle.
Elle n'accorda pas un regard au nouveau venu, mais demanda deux autres verres au barman. Elle en poussa un à sa droite.
- Celui-là est pour vous, dit-elle.
Elle but le sien. L'alcool lui brûla la gorge. Sa tête tournait. C'était parfait.
L'homme l'imita.
- Un autre, s'il-vous-plaît, dit-il au barman dans un fort accent slave.
Tiens donc. Monsieur avait besoin de courage.
Il tenta de lui faire la conversation, assez maladroitement, et Hermione se contenta de lui servir des réponses vagues.
Puis, elle décida que l'heure de la dernière étape avait sonné. Traîner l'homme par la queue.
Elle se pencha vers lui, posa la main sur sa cuisse et lui dit à mi-voix, les lèvres collées contre son oreille :
- J'aimerais qu'on discute en privé.
Il ne pouvait pas avoir entendu. La musique était trop forte. Mais quand Hermione regarda son visage de près, elle sut qu'il avait compris l'essence du message.
Elle n'aurait jamais cru que ça pouvait être aussi facile. Ça avait été terrifiant la première fois, mais on se rendait vite compte à quel point la méthode était simple et le succès, assuré. Il suffisait de foncer sans montrer le moindre signe d'hésitation. Les hommes étaient tellement faciles à convaincre quand on usait des bons arguments.
Elle se leva lentement pour ne pas tanguer, puis marcha vers les toilettes de ce pas qui attirait les regards. Elle ne se retourna pas. Elle savait que l'homme la suivait.
Bientôt, ils furent ensemble, à l'abri des regards. Hermione verrouilla la porte derrière eux. Les pupilles de l'homme se dilatèrent quand elle tâta son entrejambe sans aucune forme de préambule.
- Ça ne sera pas long, promis.
Cette fois, il l'entendit.
Elle se mit à genoux. Quelques instants plus tard, l'exclamation d'un homme vaincu retentissait dans les toilettes.
Hermione n'en tirait pas de plaisir. Elle ne le faisait pas pour avoir du plaisir, elle le faisait pour avoir cette impression grisante de contrôle. De pouvoir. Avant, elle n'aurait jamais abordé un homme de la sorte. Mais c'était, justement, avant.
Quand elle sentit que le moment était venu, elle se libéra des longs doigts qui lui tenaient les cheveux et s'écarta. La main prit le relais de la bouche. Le bruissement de peau contre peau et les halètements de l'homme formèrent une musique qu'elle seule commandait et, bientôt, des jets de liquide vinrent s'échouer sur sol.
Hermione fut debout bien avant que l'homme eût pu reprendre son souffle.
- Vous êtes pressées, vous, les Anglaises.
Elle le gratifia d'un bref sourire.
- Juste le premier soir.
Elle le laissa gérer son pantalon tombé à ses chevilles et le dégât qui ornait le plancher déjà sale des toilettes.
Dans le bar, plusieurs mètres plus loin, les Norvégiens ne virent jamais repasser la jolie brunette délurée qui avait traîné leur ami à l'écart.
Elle s'était évaporée comme par magie.
