Disclaimer : L'histoire et les personnages ne m'appartiennent pas, je m'approprie juste l'univers créé par JK Rowling.

Réédition d'une expérience que j'ai débutée en 2012 et que je n'ai jamais terminée. Ce que j'avais entrepris à l'époque ne me convenait plus vraiment. Trop d'incohérence, trop de rapidité dans l'enchainement des épisodes de l'histoire.

J'ai décidé de réécrire les chapitres à partir de ce qui existait déjà. Ne vous étonnez donc pas de reconnaitre une fiction que vous auriez pu découvrir dans le passé. L'histoire se situe au début de la septième année, je ne vais pas spécialement allouer d'importance au déroulé de base des romans de JKR. Le but étant pour moi d'accorder toute mon attention à un couple SS/HG. Forcément, j'évoquerais certaines choses, notamment la bataille finale.

Pour le cheminement de cette fanfiction, j'ai choisit de laisser nos deux comparses (Harry et Ron) partir seuls à la quête des horcruxes. Hermione effectue sa septième année à Poudlard en solo.

Dumbledore n'a pas été tué, tentative échue, la direction de Poudlard lui reste donc pleinement admise.

Les fautes devraient être minimes après une bonne relecture, mais n'hésitez pas, je suis ouverte aux critiques.

N'hésitez pas à passer un petit message d'encouragement dans les reviews, ça met toujours du baume au cœur.

Bonne lecture.

M. Fox.

L'aube d'une nouvelle année à Poudlard, différente, de toutes les autres je le crains, s'annonçait. Harry, Ron et moi-même étions dans le salon de Molly. Après les accrocs rencontrés la semaine précédente lors du mariage de Fleur et Charly, de nombreuses décisions avaient été prises. Nous avions constaté l'an dernier l'existence d'horcruxes qu'il fallait absolument détruire afin de diminuer Voldemort.

— Hermione, arrête un peu… tu peux pas faire un truc pareil, tu es complètement dingue !

— Ron, si je ne le fais pas, on n'identifiera jamais le rôle de Rogue dans cette histoire !

— Mione, il a raison, c'est dangereux, imagine que quelqu'un le découvre, Dumbledore… ou même Rogue !

Je soupirais avant de me lever pour m'approcher du feu et me réchauffer. C'était un risque moindre compte tenu des événements qui se déroulaient en ce moment. Harry nous avait raconté ce qui avait eu lieu dans la tour d'astronomie en fin d'année dernière. Ceci étant, le sort que Rogue avait jeté à Dumbledore n'avait pas eu l'effet escompté et après quelques semaines de convalescence, le directeur de Poudlard avait repris place dans son bureau. Nous étions au fait désormais que le ministère de la Magie était pourri jusqu'au sang, infiltrés par de nombreux mangemorts.

Afin de permettre à chacun de fournir l'aide nécessaire à la défaite de Voldemort, il nous fallait multiplier les actions. Bien que nous soyons trois, il aurait été d'autant plus ridicule de partir ensemble pour découvrir les horcruxes. Nous avions assez de ressources à notre disposition pour communiquer à distance, je savais que je pourrais apporter toute mon assistance aux garçons dans la quête qu'Harry avait entrepris. Cependant, il y avait diverses luttes à mener, de manière tout aussi urgente.

— Écoutez les garçons, être enfermé dans la même salle commune que les Serpentards, manger à une autre table que la nôtre. Je vous assure que ça ne m'enchante pas non plus, mais c'est le seul moyen… tu as dit toi-même Harry que ce n'était pas stupide !

— Je croyais que tu rigolais, tu ne peux pas être sérieuse, tu veux vraiment… draguer Rogue ? dit-il en grimaçant, le mot franchissant ses lèvres comme une insulte.

Un frisson me traversa et je croisais les bras pour garder ma chaleur, je n'avais pas dit aux garçons que je souhaitais faire du charme à Rogue, mais c'est tout ce qu'ils avaient voulu retenir. J'espérais simplement faire en sorte que ce dernier puisse m'accorder sa confiance en me rapprochant, d'une manière ou d'une autre de lui.

— Si on veut savoir s'il est de notre camp ou non, il va bien falloir trouver un moyen pour en être sûr, vous ne croyez pas…

— Si, mais… m'interrompis brusquement Ron

— Ron, cesse de faire l'enfant, tout va très bien se passer, ce n'est l'histoire que d'un trimestre ou deux, après je ferais comme si de rien n'était et je vous rejoindrais pour chercher le reste des horcruxes !

— Je continue à croire que c'est une mauvaise idée ! répliqua Harry. Pourtant cette idée vient de toi Mione, et puis, Rogue est un mangemort depuis le début, depuis notre première année nous avons des doutes. Le fait qu'il ait essayé de tuer Dumbledore devrait amplement te suffire comme preuve !

— Je ne veux pas le draguer pour la énième fois Ron ! Je crois tout ce que tu nous as raconté sur ce qu'il s'est passé cette nuit-là dans la tour d'astronomie Harry, mais justement, comme tu l'as dis il n'a pas réussi à tuer Dumbledore. Et un sorcier de son acabit n'aurait pas loupé un tir aussi simple !

— Par Merlin, fabrique du Polynectar, prends l'apparence de Dumbledore et va discuter avec lui si ça te chante !

— Tu veux aller lui demander un de ses cheveux peut-être ? Il se rendra compte tout de suite de ce qu'on fera… non, je suis sûre d'avoir la bonne solution !

— Te transformer en Serpentard ! Et comment on explique aux autres que tu aies disparu ?

— Je vous l'ai déjà dit, personne ne saura que je ne suis pas avec vous, nous sommes tout le temps à trois, comment pourrait-il en être autrement. Nous arriverons à communiquer grâce aux miroirs, je vous aiderais à distance, j'ai déjà préparé tout ce qui pourrait vous être nécessaire. Et puis, je suis une née-moldue, ne niez pas le fait que je sois plus en sécurité à Poudlard que dehors au milieu de toutes ces rafles.

Harry commença à faire les cent pas, signe qu'il commençait à trouver que le plan n'était pas mauvais. Le fait d'affronter les sbires de Voldemort ne m'effraye pas, mais je savais que la question de ma sécurité serait un argument de poids auprès des garçons et qu'ils ne savaient plus quoi dire pour m'empêcher de le mettre à exécution. Au fond, ils voulaient tous deux savoirs de quoi il en retourne, et infiltrer Serpentard était une très bonne solution. Je pourrais garder un œil à la fois sur Rogue et sur Malefoy. Ça me permettrait aussi de suivre de plus près les agissements de Voldemort, je pourrais apporter une aide conséquente aux garçons.

L'idée m'était apparue à la fin du mois de juillet, Rogue n'avait pas été inquiété en fin d'année dernière. Malgré toutes nos interventions auprès de Dumbledore, celui-ci ne voulait pas voir la réalité en face. Son comportement était incompréhensible, à croire que Rogue lui avait lancé un oubliette au lieu d'un impardonnable. Le seul moyen de savoir si Rogue était effectivement de notre côté était de se rapprocher suffisamment de lui et des Serpentards.

— Comment on va faire pour communiquer si les miroirs se brisent ? Tu ne pourras pas nous parler en plein milieu d'une horde de Serpentards !

— On s'enverra des hiboux, on changera souvent pour ne pas que l'on reconnaisse coq ou Hedwige, on prendra ceux de la volière !

Harry hocha la tête ne voyant aucune faille concrète, Ron écarquilla les yeux, il savait qu'Harry avait pris sa décision et que quoi qu'il puisse dire, rien n'y ferait.

Deux jours plus tard, Harry et Ron, avec des têtes d'enterrement, m'attendaient devant la chaumière des Weasley. Un Portoloin nous amènerait dans le Londres Moldus, comme si nous nous rendions tous trois à Poudlard.

Le reste du monde ignorait tout de nos plans respectifs, Molly n'aurait jamais accepté que Ron parte loin du cocon de l'école et tous auraient tenté de nous en dissuader.

Nous avions déclaré prendre un peu de temps libre avant de monter dans le Poudlard express. Nous allons nous rendre dans un hôtel afin de procéder à mon changement d'identité, je monterais ensuite dans le Poudlard express, seule, et les garçons s'en iraient quérir les horcruxes.

Cela faisait des jours que je travaillais sur la meilleure formulation possible. J'aurais préféré effectuer une potion, mais les résultats seraient moins probants, et si j'oubliais par mégarde de reprendre cette potion, les conséquences pourraient être désastreuses. Un enchantement rondement mené m'offrait plus de sureté. À moitié endormie, j'appelais les garçons afin que nous prenions un repas consistant avant de nous reposer un peu. Nous avions fini par nous mettre à trois sur les détails du sortilège et ce n'est qu'en fin d'après-midi que ma formule me parut parfaite. Nous n'avions plus vraiment de temps à perdre avant le départ du Poudlard express.

Je me levais et me mis face à un miroir. Celui me renvoya une image peu flatteuse de moi, en sueur, les cheveux épars, le regard rougit. Je secouais la tête et faisais le vide en moi pour ensuite réciter :

Que l'apparence qui est ma différence
Disparais pour un temps
Que le temps accomplisse son travail ultime
En punition de son horrible crime.

Il ne se passa rien au premier essai, mais après avoir réitéré mes efforts, j'obtenais enfin ce que je voulais. J'avais lu dans beaucoup de livres, que transformer son apparence n'était pas sans conséquence si la formule n'était pas précise, il n'y avait plus qu'à croiser les doigts !

Je jetais un œil au miroir et retenais un cri de surprise. Mes cheveux étaient plus longs, plus blonds, mes yeux avaient pris une teinte bleu foncé et ma peau était plus laiteuse qu'auparavant, mais sinon, rien n'avait changé. J'avais toujours la même ossature, mon nez était lui aussi resté le même, je paraissais plus grande.

Je soupirais bruyamment, et me tournais vers les garçons. Harry me sourit, la première partie de mon plan était achevée !

— On te reconnait un peu. Déclara Ron après m'avoir observé minutieusement.

— C'est parce que vous me côtoyez à longueur de temps, le sortilège a eu l'effet d'un déguisement. Changer entièrement mon aspect m'aurait demandé trop d'efforts. Il va falloir que je travaille ma conduite pour ne pas me trahir, mais je pense que cela suffira amplement.

Harry hocha la tête.

— Ton comportement et aussi tes notes… tu dois être médiocre si tu veux que personne ne fasse de rapprochement.

— Rendre des devoirs inachevés, bâclés, accepter d'avoir des T avec McGonagall ! dit Ron à moitié étouffé par le fou rire qui l'avait pris avec Harry.

Une grimace de dégout barra mon visage, il était simple de changer d'apparence, changer ma façon d'être me demanderait plus d'efforts. Même s'ils étaient pliés en deux par le rire communicatif qui finit par m'atteindre, les garçons avaient raison, j'allais devoir devenir médiocre.

Le temps des séparations avait sonné. Harry me serra très fort dans ses bras et je le repoussais gentiment en sentant l'engourdissement qui gagner mes bras. Ron se montra plus prude avec moi et il s'éloigna vite pour ne pas révéler ce qu'il ne pouvait en réalité cacher à personne. J'avais remarqué bien sûr que ses sentiments pour moi avaient évolué, mais il ne me semblait pas d'actualité de le lui faire savoir. D'autant plus que je n'étais pas sûre moi-même d'avoir envie d'une relation de ce genre avec lui.

Je reculais d'un pas pour me détourner du Portoloin qu'ils allaient emprunter afin de débuter leur quête. Les larmes aux yeux je leur faisais un petit signe de la main en guise d'au revoir. J'avais l'impression de les quitter pour toujours alors que cela ne devait pas prendre plus qu'un ou deux trimestres. C'est idiot non ?

— Tu vas nous manquer Mione ! me dit Harry.

Je lui souris avant de hausser les épaules.

— Vous aussi, je vous promets de vous écrire bientôt !

Mes derniers mots furent avalés par l'action du Portoloin et une demie seconde plus tard je me trouvais seule dans notre chambre d'hôtel. Je m'emparais de ma valise avant d'aller régler ma note auprès de l'hôtelier.

Comme d'habitude, la gare de Kings cross était bondée.

Nous avions pris le soin de faire envoyer un faux dossier de demande de transfert d'étude provenant de Beauxbâtons durant le mois d'août. Fleur nous avait apporté son aide avec l'accord tacite plus restreint de Madame Maxime qu'elle avait réussi à convaincre sans nous expliquer comment. Je la soupçonnais d'avoir utilisé ses charmes de Vélanes sur son ancienne directrice. Nous avions argué vouloir protéger Poudlard tout en étant au cœur d'informations potentielles sur les mangemorts en adhérant à la maison Serpentard dans les prémices d'une nouvelle guerre. Aucune ne nous avait demandé plus de renseignement et je remerciais secrètement Fleur d'être aussi arrangeante avec nous et de nous octroyer une confiance aveugle. C'était le professeur McGonagall qui avait répondu à cette lettre en m'invitant à rejoindre les premières années pour la cérémonie de répartitions. Un entretien avec elle et avec le directeur aurait lieu le lendemain de mon arrivée.

Je m'installais donc à l'avant du Poudlard express au même titre que les premières années. La frénésie qui avait place dans ces wagons me fit sourire. Je sentais bien que l'ambiance était différente des autres années en raison du contexte, cependant cette douce ardeur me mit du baume au cœur. La plupart des élèves me dévisageaient, ils se demandaient certainement pourquoi une élève aussi âgée se trouvait dans les compartiments réservés aux premières années.

Je passais les trois quarts du trajet à me remémorer de nombreuses interrogations que les professeurs Dumbledore et McGonagall seraient susceptibles de me poser le lendemain. Décidée à me dégourdir les jambes avant de devoir patienter de nombreuses minutes assises dans les barques et debout dans le hall du château, j'entrepris de faire un tour complet du train.

L'impression de recevoir un coup en plein cœur ne me quitta pas alors que je croisais de nombreuses personnes que je connaissais. Un sourire immense barra l'ensemble de mon visage lorsque j'aperçus Ginny, celle-ci ne répondit que par un sourire faible et je me frappais mentalement devant ma bêtise. Drago Malefoy m'envoya un regard peu amène lorsque j'ouvrais par mégarde la porte du compartiment dans lequel lui et ses amis siègent. Dire qu'il me faudrait le côtoyer régulièrement m'arracha une grimace. Après tout, je ne partais pas en vacances et cette immersion chez les Serpentard ne serait pas de tout repos, je savais très bien à quoi m'attendre.

Le train finit par ralentir sa course et je faisais demi-tour afin de rejoindre les premières années. Lors de ma descente, Hagrid nous accueillit chaleureusement, comme à son habitude.

Le court répit que m'apporta la balade en barque m'émerveilla de nouveau. Les lumières scintillantes de Poudlard se reflétaient dans les eaux profondes du grand lac. Une bouffée de nostalgie s'empara de moi alors que je me remémorais ma première arrivée au château. Les mêmes sentiments se bousculaient en moi, la peur, la crainte, l'enchantement du paysage, mais aussi une vague de courage qui déferlait en moi. Omnibullant le reste de mes émotions, l'envie encore plus forte de me prouver à moi-même que je pourrais le faire. J'y suis très bien parvenue une fois, la chance me sourirait à nouveau.

Je tanguais dangereusement lors de ma descente et un rire crispé franchit mes lèvres. Hagrid m'offrit son aide pour mettre pied à terre et je l'en remerciais. Lorsque nous franchissions les doubles portes, un silence pesant s'installa parmi les premières années. C'est seulement à ce moment précis que je remarquais à quel point le groupe des nouveaux arrivants était disparate comparé aux années précédentes. Bien sûr, l'aube d'une guerre était effrayante, mais ce constat me tira un sentiment de peine profond. Comment pouvait-on refuser d'envoyer son enfant à Poudlard dans ces temps difficiles ? Cette constatation me soutira un nouveau rictus désagréable, j'avais moi-même effectué une action du même acabit en lançant un sortilège de faux souvenirs à mes parents afin de les protéger. Qui étais-je pour juger du bien fondé d'une décision prise par des familles apeurées par les événements sombres qui planaient sur la communauté sorcière ?

Le professeur McGonagall fit son apparition, et sa présence suffit à faire taire les quelques murmures présents dans les rangs. Son discours, rapide, fut accueilli solennellement. Elle m'informa que Dumbledore avait prévenu le reste du corps enseignant et des élèves déjà présents dans la grande salle. Elle m'informa aussi qu'il souhaitait me voir après la cérémonie de la répartition et mon cœur eut un manqué. Son aparté fit converger de nouveau une multitude de regards vers moi et je lui fis comprendre d'un hochement de tête que le message était bien passé.

Pour faire échos à ma première année, les fantômes de Poudlard firent leur apparition après le départ du professeur McGonagall, ils n'avaient pas attendu le début du repas. De nombreuses minutes s'écoulèrent dans un brouhaha indescriptible que vint tempérer notre guide professoral en tapant dans ses mains énergiquement.

— La cérémonie de répartition va bientôt commencer, veuillez me suivre !

D'un seul mouvement, nous nous engagions à sa suite dans les escaliers. Le chuchotement de conversations toutes proches nous accueillit et lorsque cette nouvelle masse d'élèves pénétra dans la grande salle, nombre de regards bienveillants suivirent. Certaines têtes sortaient de la quantité grouillante des étudiants de Poudlard. De nouveau, le constat d'une population d'élèves réduite me mit mal à l'aise. Ne pas apercevoir Harry et Ron à la table des Gryffondors me fit l'effet d'une masse, et je me posais soudain la question de savoir comment notre absence avait été perçue. Les tables réunies des Serpentards et des Gryffondors comprenaient moitié moins d'étudiants qu'à l'accoutumée. Le professeur Dumbledore échangea quelques mots avec le professeur McGonagall avant de nous expliquer le déroulement de la répartition. Son regard croisa le mien avant de se reporter sur le choixpeau magique qu'il venait d'installer sur son tabouret usuel. Après le discours, succinct, de celui-ci, le défilé commença.

Je contemplais la cérémonie par habitude, applaudissant lors de l'annonce de chaque arrivé d'élève dans sa maison d'appartenance, puis vint mon tour :

— Duhamel Louane, invita le professeur McGonagall.

Après un temps d'arrêt face à l'appel de ce nom d'emprunt, je m'avançais vers l'estrade. Le professeur McGonagall m'accueillit d'un sourire d'encouragement, j'aperçus la chevelure rousse de Ginny avant que le choixpeau n'obstrue ma vue.

— Hum, susurra le choixpeau me faisant sursauter. Un cerveau hardi, remarquable… mais vous savez déjà cela Miss Granger.

L'impression que le choixpeau parlait à haute voix lorsque vous l'aviez sur le crâne était généralement perturbante. Je n'avais pas eu l'occasion de le mettre de nouveau et ce constat me tira une supplique mentale.

— Il faut m'envoyer à Serpentard, je vous en prie, Serpentard…

— Gryffondor… ou même Serdaigle vous sied plus à mon humble avis. Vous avez toujours cette envie grandissante de faire vos preuves, n'êtes vous pas satisfaite de Gryffondor.

— Vous avez accordé cette fleur à Harry, par pitié, il faut m'envoyer à Serpentard… nous en avons besoin, c'est très très important !

Le silence se fit dans ma tête tandis qu'une sensation désagréable, identique à celle que m'insufflait la légimencie fondit sur moi. Le choixpeau était-il réellement en train de fouiller mon esprit ?

— Je reconnais que vous êtes ambitieuse Miss Granger, une qualité qui sied particulièrement à Serpentard… votre souhait me semble exécutable, cependant…

L'interrogation muette me tira un soupir de frustration, c'était beaucoup trop long, les gens allaient finir par se poser des questions.

— Êtes-vous sûre de ne pas vous perdre dans votre quête de réponse ?

Je secouais la tête, ma mission était simple, découvrir quel rôle le professeur Rogue tenait auprès de Dumbledore et dans cette guerre à venir. Le choixpeau parut souffler et sa voix tonitruante gronda dans mes oreilles et sonnas comme un glas dans le silence de la grande salle.

— SERPENTARD !

J'ôtais le choixpeau dans un soupir de soulagement, je me rendais compte en posant mes pieds sur le sol que mes jambes tremblaient. En laissant le choixpeau entre les mains du professeur McGonagall, je croisais de nouveau le regard du professeur Dumbledore. Cette attention me mit mal à l'aise et je me dépêchais de gagner la table des Serpentards en contemplant mes pieds. L'entretien qui allait suivre me tordit l'estomac. Se pouvait-il que le professeur Dumbledore soit avisé de notre supercherie ? Nous avions pris toutes les précautions nécessaires, cependant, il est vrai que le professeur Dumbledore semblait toujours être au courant, par Dieu sait quel miracle du moindre événement qui se déroulait dans l'enceinte de Poudlard.

Je saluais d'un mouvement de tête ceux qui allaient être mes condisciples durant quelques mois tout en desserrant le col de mon uniforme. La respiration laborieuse, je bus une gorgée d'eau tout en lançant un regard aux alentours. J'avais pris place en bout de table, face à l'estrade des professeurs, mes jambes n'auraient jamais pu me porter jusqu'au fond la salle, c'est pourtant là qu'étaient assis Malefoy et ses amis. Un regard vers la table des enseignants m'indiqua que le professeur McGonagall s'était frayé un chemin derrière ses collègues afin de s'entretenir avec le professeur Rogue. Je n'avais même pas remarqué que la cérémonie de répartitions s'était achevée. Le professeur Rogue lança un regard peu amène à sa collègue avant de lui accorder un hochement de tête, son regard balaya rapidement la tablée des Serpentard pour finir par se poser sur ma propre personne.

— Louane c'est bien ça ? me lança une fille assise face à moi.

Je forçais un sourire accueillant à prendre place sur mon visage avant de détourner mes yeux du professeur Rogue afin d'accorder de l'attention à cette fille. Un sourire moqueur que je ne parviens pas à refouler immédiatement fleurit sur mon visage en m'apercevant que l'élève qui m'avait parlé n'était autre que Millicent Bulstrode. Je m'étais battue avec elle dans ma deuxième année en cours de duel dans l'espoir de lui soutirer un cheveu qui nous aurez beaucoup aidés lors de la finalisation du Polynectar. Je m'étais malheureusement fourvoyé et avais hérité d'un poil de chat. Les garçons se moquaient souvent d'elle, et, bien que je savais que notre comportement été mesquin, je ne pouvais pas m'empêcher de participer à ces brimades par moment. Il était de coutume que les Gryffondors et les Serpentards ne se portent pas dans le cœur. Je finis par hocher la tête, ayant repris une expression neutre.

— Oui, c'est ça, Louane Duhamel.

— Moi c'est Millicent, je te présente Ariane et Claire. Le directeur a dit que tu entrais en septième année, nous aussi. Si tu souhaites un peu d'aide afin de rattraper ton retard, avoir des informations sur quoi que ce soit n'hésite pas. Tu peux même demander à notre préfet en chef — elle m'indiqua Malefoy d'un geste de la main — et ce professeur là-bas — elle me désigna le professeur Rogue discrètement — est le professeur Rogue. C'est notre directeur de maison.

Je hochais de nouveau la tête comme si j'enregistrais des renseignements inconnus. Elle continua de babiller durant tout le repas, ne me laissant pas en placer une. Je finis par mettre sa voix en fond sonore afin d'observer le reste des Serpentards, dire que je me tenais au milieu d'une masse potentielle de mangemorts…

Ce fut Malefoy qui me tira de la voix criarde de Millicent en tapotant mon épaule. Il me tendit une main que je serrais promptement.

— Je suis Drago Malefoy, préfet en chef de cette maison. Le professeur Dumbledore t'attend dans son bureau, je suis chargé de t'y accompagner.

Je m'éclaircis rapidement la parole, posais mon verre d'eau en m'apercevant que je n'avais rien avalé de solide et me levais de mon banc. Malefoy ne prit pas la peine de patienter et enfonça les mains dans ses poches avant de quitter la salle. Je dus quasiment courir pour le rattraper dans le hall, il lança un regard par-dessus son épaule en vérifiant que je le suivais bien et finis par m'attendre au détour d'un couloir.

Il me parut soudain moins guindé et exposa un léger sourire.

— Ton premier diner s'est bien passé ?

Presque choqué qu'il m'adresse la parole de manière cordiale, je lui fis oui d'un signe de tête. Tu es à Serpentard maintenant Hermione, Malefoy fait uniquement son travail, tu aurais fait de même si une nouvelle élève arrivait en cours de route chez les Gryffondors.

— Millicent m'a présenté rapidement les choses…

— N'hésite pas si tu en as besoin, Millicent n'est pas spécialement une source d'informations fiable ! me dit-il en accentuant ses derniers mots. Je me chargerais de t'accompagner lors des premiers jours, afin que tu saches te repérer dans le château. Le professeur Rogue ne m'a pas donné d'emploi du temps pour toi. Je ne sais pas quels cours tu vas devoirs suivre pour te mettre à niveau, mais viens me voir demain matin au petit déjeuner, je t'expliquerais avant le début des cours.

Encore sous le coup de l'émotion d'une conversation sans heurts avec Malefoy, je hochais de nouveau la tête comme une idiote, au moins, personne ne pourrait prétendre que j'étais une je sais tout ! Nous étions parvenus sous la gargouille qui gardait les bureaux du professeur Dumbledore. Malefoy indiqua le mot de passe avant de me faire un signe de la main pour que je le précède dans les escaliers, une fois en haut des marches, je patientais le temps qu'il passe devant moi et toque à la porte. Celle-ci s'ouvrit sur le professeur Rogue, Malefoy sembla se tendre face à cette apparition.

— Monsieur Malefoy, vous pouvez retourner dans vos quartiers. Je me chargerais de raccompagner Miss Duhamel.

Malefoy recula en acquiesçant.

— Bien professeur, bonne soirée. Dit-il en descendant les marches à reculons.

Le professeur Rogue hocha la tête et se tourna vers moi.

— Miss Duhamel, ne restez pas plantée comme un piquet.

Je repris mes esprits et enjambais les quelques marches qui me séparaient de lui. Sa présence me surprenait, j'aurais cru que cet entretien se serait déroulé à huis clos avec le directeur. De nouveau, l'impression que notre supercherie n'était pas passée inaperçue me tordit l'estomac. L'adage voulait pourtant que les plans les plus simples soient ceux qui fonctionnent le mieux. Je me répétais intérieurement que nous avions pensé à tout. Rien n'avait pu m'échapper, pas après plus d'un mois de préparation, c'était tout bonnement improbable.

Le professeur Rogue referma la porte sèchement derrière moi et c'est le sourire bienveillant du professeur Dumbledore qui m'accueillit plus promptement.

— Miss Duhamel, pardonnez la soudaineté de notre entretien. Mais il m'a semblé plus décent de vous recevoir le jour de votre arrivée.

Il s'assied et me proposa de prendre place face à lui d'un geste souple du bras. Le professeur Rogue resta près de la porte, les bras croisés, je lui tournais délibérément le dos.

— J'ai souhaité que le professeur Rogue puisse prendre part à notre entretien en sa qualité de responsable de la maison Serpentard. Je pense que cela ne vous posera pas de soucis ?

— Non-monsieur, répliquais-je la voix faible.

J'avais la gorge nouée, et la tension qui émanait de Rogue ne me rassura pas.

— Permettez-moi de vous offrir un thé, je vous ai tiré de votre repas de manière prématurée.

J'avalais une gorgée de salive et le remerciais à mi-mot. Une tasse fumante dans les mains, je touillais le liquide afin d'échapper au regard perçant du directeur.

— Beauxbâtons, n'est-ce pas ? Comment se porte Madame Maxime ?

Je lui jetais un coup d'œil rapide.

— Je ne sais pas monsieur, je dois vous avouer que je n'ai pas achevé en totalité ma sixième année compte tenu des événements… tragiques qui ont occupé ma fin d'année.

Il hocha la tête et une lueur plus prononcée passa dans son regard.

— Madame Maxime m'a fait part du décès de vos parents en effet, je vous prie d'accepter mes plus sincères condoléances.

J'acceptais ces condoléances, le sortilège de faux souvenirs que j'avais lancé à mes parents ayant fait en sortes que mes parents ne se souviennent pas de mon existence entrée très bien dans ce cadre. Il m'invita à boire du thé tant que le liquide était encore fumant, gage d'une meilleure dégustation, et je suivis son conseil. Cela m'évitait d'avoir à croiser son regard, un mouvement du professeur Rogue accapara un instant ma vision. Il se plaça dans mon champ de vue, semblant guetter une réaction de ma part.

— Je dois vous avouer qu'un transfert en cours de scolarité est chose rare, surtout après l'épreuve que vous avez vécue. Pourquoi partir loin de toutes vos connaissances ? Vos amis, votre famille ?

Je fronçais les sourcils avant de jeter un coup d'œil à mon thé, une impression fugace avait pris place en moi. Avait-il osé ? Les mots se bousculèrent dans ma tête et, je me répétez cinq fois ma phrase dans le crâne avant d'oser libérer ma parole.

— Je suis déjà venue plusieurs fois en Angleterre, mes parents avaient pour projet de s'installer à Londres dans le futur. Je connais aussi Fleur Delacour qui m'a beaucoup aidé lors de mon emménagement. J'avais besoin… de prendre du recul !

La fin de ma phrase, laborieuse, était sortie d'une traite. Le professeur Dumbledore but une gorgée de son propre thé en m'observant consciencieusement derrière ses lunettes en demi-lune. Aux aguets, Rogue ne détachait pas son regard de ma personne. Bien sûr qu'ils avaient osé ! Je m'insultais mentalement n'ayant pas pensé une seule seconde que du veritaserum aurait pu entrer en ligne de mire. Une solution efficace pour pallier au mieux à tout mensonge, surtout en temps de guerre, un gain de temps non négligeable.

Je me forçais encore à avaler une gorgée de thé avant de poser ma tasse sur le bureau du directeur. Il ne fallait pas éveiller leurs soupçons, cependant, la gymnastique verbale qui s'imposait à moi ne me plaisait pas. Je devais bien réfléchir à mes réponses, faire en sorte de méditer concrètement chacun des mots employés, ne pas me précipiter. Si je pouvais maquiller mes réponses par une pensée réelle toute cette pagaille n'aurait servi à rien. Il fallait aussi que les questions du professeur Dumbledore ne soient pas trop directes, détournées sans pour autant être trop vagues, sinon, le veritaserum ne servait pas à grand-chose.

— Et je pense que vous n'allez pas déplorer votre choix, il est vrai que bien souvent, les circonstances nous amènent à revoir nos projets de vie.

Nouveau hochement de tête, il n'y avait aucune réponse à apporter.

— Il est étrange, cependant, d'avoir reçu une lettre m'annonçant votre arrivée en négligeant d'y joindre vos relevés de notes, une chose regrettable à mon sens, mais en ces temps troubles, il est normal d'omettre certaines informations nécessaires.

Il fit une pause dans son discours, je n'avais toujours rien à lui dire, il ne m'avait pas fixé de question et je me contentais de hocher la tête pour lui signifier que ses paroles avaient une part de vérité. Il posa sa tasse et s'avança dans son siège avant de vriller son regard dans le mien.

— Comment pourrions-nous juger de votre niveau en ce cas ? Savez-vous si Madame Maxime vous a touché un mot à cette intention ?

Un sourire sarcastique gagna mon visage, c'est qu'il y prenait plaisir. Je fermais les yeux quelques instants avant de rassembler mes idées.

— Non… je sais juste qu'elle a dû quitter la France précipitamment en fin d'année… des histoires de géants apparemment. Peut-être a-t-elle oublié dans la précipitation !

Il parut surpris et je me mordais discrètement la joue, je n'étais pas supposé être au courant que Madame Maxime était partie avec Hagrid afin de renforcer nos rangs, et Fleur était censé transmettre un dossier complet !

— Des géants ?

— C'est ce que j'ai entendu dire ! répliquais-je rapidement, les mots commençaient à sortir tout seuls, bien avant que j'aie le temps de construire une réponse sensée.

— Quelles sont vos disciplines de prédilections ?

La question me prit au dépourvu, pensant qu'il allait chercher à savoir où j'avais obtenu ces informations. Je ne voulais en aucun cas incriminer Hagrid dans sa maladresse habituelle. Je répondais au tac au tac.

— L'Arithmancie, la métamorphose et les potions.

— Des matières nobles à n'en pas douter ! Jugez-vous votre niveau bon ?

— Acceptable monsieur.

La réponse était vraie, mes notes avaient beau être les plus élevées, je savais que je pouvais faire encore mieux. M'améliorer, trouver de nouvelles façons de voir les choses.

— Vous n'ignorez pas, Miss Duhamel, que notre monde est entré dans une nouvelle période de guerre. Aussi, votre arrivée si… impromptue au sein de Poudlard peut paraitre cavalière et judiciable, ne pensez-vous pas ?

— Oui monsieur !

Je perçus du coin de l'œil que Rogue avait décollé son dos du mur, la main portée sur sa baguette dans un mouvement quasi imperceptible.

— Quelle est votre position dans ce conflit Miss Duhamel ?

La sueur avait envahi mon front, tous deux avaient certainement remarqué mon malaise.

— Je… je suis de votre côté monsieur ! soufflais-je, comme si le contraire était impossible.

— Vous réfuter donc être affiliée aux forces de Lord Voldemort ?

Je perçus Rogue se tendre plus que je ne le vis, mon regard avait été capturé par les yeux perçants du directeur de Poudlard.

— Oui.

L'affirmation était criante de vérité, il ne pouvait le nier.

— Vous avez néanmoins en votre possession des informations que vous ne devriez pas connaitre. Puis-je vous faire confiance ?

— Oui ! m'écriais-je en me levant de mon siège.

— Eh bien soit ! dit-il en tapant dans ses mains. En ce cas, je vous prie d'absorber une goutte de ce sérum Miss.

Il me tendit un verre et un hoquet de stupeur passa la barrière de mes lèvres. Il plaça le verre dans ma main et secoua la tête d'un air navré. Le professeur Rogue eut un mouvement que le directeur stoppa.

— Laissez donc professeur. Il me semble que je doive encore m'excuser envers vous Miss Duhamel. Mon intention n'était pas de vous blesser, mais vous comprendrez aisément que je doive m'assurer que vous n'étiez pas une espionne de Lord Voldemort !

J'avalais d'une traite le remède avant de pousser un soupir de soulagement. L'usage du veritaserum était prohibé en dehors de la technicité du ministère, vu l'état actuel des choses je ne pouvais m'offusquer qu'il ait eu recours à cette méthode fiable. Pourtant je ne pus m'empêcher d'en éprouver une certaine amertume. Mon esprit était dorénavant un peu plus clair.

— Je comprends monsieur, je ne vous cache pas cependant que j'aurais préféré être prévenue plutôt que d'avoir été traité de la sorte.

Un éclair d'amusement éclaira un instant son regard.

— Votre franchise m'honore. Je pense qu'il est nécessaire désormais de parler de votre emploi du temps. Je ne manquerais pas de recontacter Madame Maxime en temps voulu, mais je pense que pour le moment nous nous fierons aux informations que vous nous avez transmises avec toute votre sincérité.

Il porta un coup d'œil au professeur Rogue avant de s'emparer d'un feuillet vierge qu'il tapota du bout de sa baguette.

— Voici votre emploi du temps, j'ai greffé aux cours de septièmes années quelques cours de sixième année afin que vous ayez le temps de vous mettre à niveau. Le professeur Rogue va vous emmener dans la salle commune des Serpentards.

Je le remerciais des informations transmises avant de me tourner face au professeur Rogue. Celui-ci m'enjoignait, toujours sans dire un mot à le devancer dans les escaliers. La voix du professeur Dumbledore le stoppa.

— Severus, je pense que compte tenu de l'emploi du temps actuel de Miss Duhamel et de l'état des dortoirs, il serait préférable que cette dernière loge dans la chambre face au portait de Merlin.

Le professeur Rogue hocha la tête d'un air guindé, certainement vexé de ne pas avoir pu poser ses propres interrogations, avant de fermer la porte. Je descendais rapidement les marches avant de l'attendre au pied de l'escalier en colimaçon. Je ne connaissais pas le trajet menant à la salle commune des Serpentards, Harry et Ron m'avaient expliqué, mais je n'y suis jamais allée. Sur le chemin, le professeur Rogue ne m'adressa pas la parole, ne me regarda même pas. Cela risquait d'être beaucoup plus compliqué s'il ne m'accordait aucune attention ! N'avait-il pas le devoir de s'occuper un minimum des élèves de sa maison ?

Je secouais la tête pour chasser ses pensées obsolètes, nous parlions du professeur Rogue, je ne devais en aucun cas attendre de quelconques intentions de sa part, il n'était pas comme le professeur McGonagall.

L'air frais des cachots me tira un frisson. Le professeur Rogue s'arrêta au fond d'un couloir et donna le mot de passe que je notais mentalement. Lorsque je passais la porte, des murs froids et tristes à l'image des cachots s'offrirent à ma vue. L'ambiance de la salle commune des Serpentards était autrement différente de la chaleur conviviale de celle des Gryffondors.

— Allez donc me chercher Miss Parkinson ! ordonna le professeur à une jeune élève.

La seule lumière existante était celle que réfléchissaient les profondeurs du lac, une lueur verte parcourue de méandre plus sombre. L'heure était déjà bien avancée. De nombreux orbes lumineux étaient suspendus au plafond par des chaines et celles-ci, renvoyées elles aussi un éclairage verdâtre. Une grande cheminée trône au milieu de la salle, mais l'endroit n'était pas chaleureux. Pansy Parkinson arriva devant nous, l'expression dure qu'elle arborait continuellement sembla s'adoucir face à la vision du professeur Rogue. Elle me jeta un coup d'œil rapide avant de reporter son attention sur le professeur Rogue.

— Miss Parkinson, la salua-t-il, Miss Duhamel ici présente occupera l'alcôve face au portrait de merlin.

— Le… le dortoir vide monsieur ? Elle avait eu un temps d'arrêt et sa voix suraiguë me parut encore plus agaçante lorsqu'elle minaudait ainsi.

Rogue tiqua avant de répliquer cinglant :

— connaissez-vous d'autres chambres face au portrait de Merlin Miss Parkinson ? Je vous laisse aussi le soin d'apporter à votre nouvelle comparse les informations nécessaires à son intégration comme vous le confèrent vos devoirs de préfète !

Ces derniers mots avaient été prononcés d'une telle manière que je compris aisément que Pansy n'était pas au fait de ces missions et ce constat me soutira une légère expression médisante qui disparut rapidement.

— Bien monsieur !

Il quitta soudainement la salle commune dans un bruissement de cape caractéristique. Je devais bien avouer que les quartiers des Serpentards lui convenaient au teint ! Cette réflexion me tira un sourire et Pansy Parkinson ouvrit de nouveau la bouche, brisant cet instant !

— Suis-moi, les dortoirs sont de ce côté.

Elle me semblait moins farouche qu'à l'accoutumée, toutefois, son visage respirait le chaos qu'étaient ses pensées. Elle secoua la tête d'incompréhension.

— C'est étrange que Rogue choisisse de te placer dans ces dortoirs… ils sont inoccupés depuis des décennies ! De nombreuses autres chambres sont vides pourtant !

— Et pourquoi ces dortoirs sont-ils inoccupés ?

Et pourquoi diable, Dumbledore avait-il décidé de me loger seule dans un dortoir ? Pansy haussa les épaules désintéressées.

— Personne ne sait, mais la question ne s'est jamais posée non plus. Il y a suffisamment d'espace dans les autres chambres pour une nouvelle élève. Le seul point positif est que tu seras tranquille, quasiment personne ne se rend de ce côté-ci des dortoirs.

Elle m'indiqua le portrait de Merlin.

— Le dortoir est situé en face, je pense que tu as déjà eu ton emploi du temps. Je t'attendrais dans la salle commune demain matin pour t'accompagner à la grande salle. Pour le reste, il me semble t'avoir vu discuter avec Bulstrode lors du diner, elle répondra à tes interrogations !

Elle me tourna le dos sans en ajouter plus. Je poussais un soupir, pour sûr, elle prenait son rôle de préfète à cœur ! Après avoir jeté un coup d'œil au portrait de Merlin, vide, j'entrais dans ce qui serait ma chambre pour les prochains mois. Quatre lits à baldaquin occupaient l'espace, les draps de soie étaient verts et comportaient des broderies aux reliefs argentés. Mes bagages étaient posés face à l'un d'eux et je fis courir distraitement ma main sur les couvertures. La matière, glissante, sous mes doigts et pourtant aussi froide que l'air ambiant ne m'apporta aucun réconfort. Je posais les yeux sur la vue située a ma droite, et trouvait cela totalement stupide de placer des fenêtres si elles ne laissaient pas passer la lumière du soleil. Les elfes qui avaient remis l'endroit en ordre avaient fait du bon travail.

Je n'avais pas le courage de prendre une douche ce soir et fermais les yeux le temps de me reposer cinq minutes. Lorsque je les rouvris, le soleil se levait.

_Voilà pour ce premier chapitre, j'espère qu'il vous plait. Pour les lecteurs ayant déjà lu la première version de cette fanfiction, n'hésitez pas non plus à me donner vos avis. J'ai tenté au maximum de refondre l'histoire dans un contexte un tant soit peu réaliste. Je considère que les premiers chapitres vont servir à poser le cadre et ensuite nous pourrons entrer tranquillement dans le vif du sujet =).

J'ai le final pour cette fiction, ne manque plus que le fond =). Le second chapitre est déjà bien avancé, je pense pouvoir vous le poster d'ici une bonne semaine.