En l'honneur de la sortie de FFVII Remake, je sors une fanfiction que beaucoup ont pu lire.

Ayant subie beaucoup de changement, j'espère que cette version finale vous plaira, tout comme j'ai prit plaisir à l'écrire.

Je vous souhaite une bonne lecture

DISCLAIMER : Personne ne m'appartient, hormis quelques personnages que vous rencontrerez au fil de l'histoire. Le reste appartient à Square Enix, que ce soit l'univers, les personnages, les noms, les bêtes…

Un grand merci à eux pour nous avoir fait découvrir cet univers merveilleux.

Il ne suffit pas d'avoir une quête à l'unique but, ni d'un combat magistral pour continuer une histoire.

Il suffit que quelques fantômes, bénéfiques, maléfiques, ou les deux, reviennent. Il faut juste découvrir pourquoi ils sont de retour et ce qu'ils cherchent. Est-ce une bonne chose que Rufus Shinra apprenne que l'homme qu'il convoite tant, soit en vie ? Cloud supportera-t-il le choix de la Déesse envers son vieil ennemi ?

Les réponses à ces questions seront au fur et à mesure écrites. Les hommes de Gaia ont un monde à reconstruire et la main d'œuvre doit être nombreuse.

Le Temps de la Fin du Monde est révolu. La Dernière Guerre a été gagnée par de vaillants guerriers, qui doivent maintenant reposer leurs pieds endoloris, car le chemin reste long : certains ont la voie du pardon à suivre.

Prologue

(Deux ans avant l'Ère de l'Hommage)

Elle n'avait pas dit son dernier mot. Pas encore. Pas aujourd'hui. L'échec était cuisant, mais lui montrait une chose ; il ne serait pas aisé de détruire la race humaine. Les Humains étaient en réalité plus coriaces que les Cetras. Après tout, n'avaient-ils pas dans le passé, renoncé à leurs tâches ? Élever de simples bêtes, pratiquer l'agriculture, afin d'atteindre plus tard la vie Éternelle dans leur soi-disante Terre Promise ?

Une Terre illusoire, un simple rêve, un espoir… qui ne viendrait plus. Dire qu'elle traquait du fin fond du Cosmos ces êtres impies, dépourvu de bons sens… toujours la même chose, le même cycle : les Cetras laissaient place aux humains, complètement ignares… on la prenait pour une elfe, ou un ange, ou une autre créature majestueuse qui rendrait fou n'importe quel Héros. Nombreux furent ceux qui tentèrent de l'arrêter, mais rien n'y faisait. Sa nature extraordinaire lui conférait l'immortalité. Son atout majeur : séduire puis, plonger sa victime dans la folie.

Rendre fou... cela avait failli marcher pour ce prétendu SOLDAT. Ce milicien du nom de Cloud Strife. Lentement, mais sûrement, il s'était jeté dans la gueule du loup. Il aurait fallu l'isoler, puis le voir sombre, perdre l'esprit… devenir prisonnier de sa double personnalité, afin que le plan s'accomplisse.

Ah... que la Calamité des Cieux s'était amusée lorsqu'il avait cru être un des clones de Sephiroth… elle ne pourrait jamais assez le remercier pour ce plaisir. Elle se promit néanmoins, de ne plus recommencer les mêmes erreurs. Elle serait plus prudente, plus discrète…

Peut-être que... la mort de son pion n'était pas inutile après tout... La Rivière de la Vie allait certainement sortir de son lit pour protéger ses pensionnaires et la Planète elle-même. L'idiote fille d'Ifalna avait omis ce détail. Sa volonté, son poison coulait désormais dans la Rivière de la Rivière. Tous ces gens exposés à cette même source, succomberaient de manière atroce. Elle remercia encore ses dons, offert par le Destin… ses qualités génétiques étaient d'une formidable performance.

Elle ne pouvait revenir, sans un nouveau Pantin. Elle était tentée de faire payer à Cloud Strife son humiliation et s'emparer de son âme ne lui apportait qu'une douce euphorie à s'en lécher les babines.

Alors qu'elle était prête à fendre sur sa proie, un frisson la parcourut et elle entendit alors un murmure… d'où provenait-il ? D'un laboratoire inexploré ? Elle eut une vision... C'était un... un homme en cape noire ? Comment ? Tous avaient été exterminés… A bien y voir, il bougeait correctement, tel un parfait être humain. Jenova fut stupéfaite lorsqu'il retira sa cape. Même taille, même carrure, même regard... tout. LE clone était fait à la perfection.

Elle émit un petit rire. Elle avait trouvé son nouveau bras droit. Il ne fut pas difficile de s'emparer de ce corps : il n'avait opposé aucune résistance. Le quatorzième clone de Sephiroth, son fer-de-lance pour venir à bout des Humains. Hojo avait encore une fois été brillant ! Un véritable génie !

Elle possédait un jouet flambant neuf. Malgré cela, l'ancien lui manquait. Y avait-il une chance de partir à sa recherche dans la Rivière de la Vie ? Sans doute. Vite, le Sacre arrivait...

ooo

Le numéro quatorze retourna dans les laboratoires. La chute de cette chose allait tout dévaster sur son passage, alors autant se réfugier dans un endroit sûr. Ôtant sa cape, il se massa le cuir chevelu. Il ne possédait aucun nom. Les scientifiques l'avaient appelé « 14 ». Selon son créateur, Hojo, il était la parfaite copie de l'ancien Général. Ses congénères avaient un comportement étrange : ils étaient muets, toujours recroquevillés sur eux même, incapables de prendre une arme ou un quelconque objet...

Lui, il était apte à tout cela. Hojo lui avait organisé ses premiers entraînements pour tester son habileté physique. « 14 » aimait s'exercer. C'était comme s'il avait fait cela toute sa vie. Souvent le scientifique avait des manières bizarres. Le clone l'appréciait quand même. Il avait l'impression d'être lié à lui. Il lui avait offert un sabre très puissant appelé Masamune. « 14 » la prenait pour son amie et une fidèle lame. C'était avec elle qu'il s'entraînait.

Les heures passaient et Hojo ne revenait pas... il aurait voulu le revoir, affronter les monstres dans une de ses simulations. Malheureusement, le professeur ne rentrerait jamais. Avec un soupir, « 14 » envisagea de partir du laboratoire au plus vite, afin de s'éloigner de la région où le Météore allait s'écraser.

Pourtant, il ne put faire aucun pas ; quelque chose s'approchait... mais quoi ? Où ? Il se prit la tête entre ses mains, puis gémit de douleur. Il voyait des images assez violentes ; un village en flammes, des couloirs souillés de sang, une jeune fille qui se faisait tuer... par lui ? Après un hurlement d'agonie, le clone s'effondra à genoux pour ne plus bouger. Dans son esprit, il lisait des rapports concernant le projet JENOVA et d'où elle venait.

Le silence régna, brisé par le souffle saccadé de « 14 ». Comme s'il avait fait un effort surhumain, il resta ainsi sans émettre le moindre mouvement. Puis doucement, un rictus se dessina sur son visage.

Dans la pénombre du laboratoire, il se releva avec un rire clair dépourvu de toute raison.

- Mère, prenons ce monde ensemble, dit-il Masamune en main.

Un bruit, et une puissante aile émergea du dos de « 14 ». De couleur noire, elle symbolisait l'obscur dessein de l'homme aux cheveux argentés.

Quand il sortit, le Météore avait franchi l'atmosphère et des tourbillons de feu attaquaient la ville. Ces tornades enlevaient aux maisons leur toiture. Des morceaux d'immeubles étaient arrachés. La fin du monde semblait proche.

C'est alors que l'inattendu se produisit : le Sacre vint protéger Midgar. Dans son grand halo bleuté, il déposait un voile de lumière qui se voyait encore depuis Kalm. Un merveilleux spectacle où l'éclat divin livrait bataille au feu de l'enfer.

Mère lui susurrait d'emprunter la route pour le Cratère Nord. Elle souhaitait ramener Sephiroth et elle était la seule à en connaître la raison. Après tout, il n'avait pas son mot à dire. Parce que tout ce qu'elle désirait, elle l'obtenait. « 14 » suivit les ordres de Jenova. D'un puissant coup d'aile, il prit son envol en direction du Nord. Il força l'allure pour arriver au continent.

Un vaisseau flottait au-dessus de lui. Les flux de la Rivière avançaient vite. Si Mère voulait profiter de cela pour la convalescence de Sephiroth, il lui fallait se dépêcher.

ooo

Le passage du Sacre avait stoppé les bourrasques constantes du Cratère. Guidé par ses cellules, « 14 » y entra par un vol en piqué et chercha Sephiroth. Avec une grande agilité, il esquiva les morceaux de roches qui tombaient de toutes parts. Son aile manqua de peu d'être touchée mais il réussit tout de même à y échapper, grâce à un baptême de l'air aussi sublime qu'acrobatique. Seules volaient les plumes dans cette valse de la mort. Il fonça alors tout droit vers les tréfonds de la Planète et chercha partout un quelconque signe de Sephiroth. Sa vision était entrecoupée par les chutes à répétition et il dû se faire violence à utiliser Masamune pour détruire les projectiles. Elle vibrait dans ses mains comme le ferait une lente et douce agonie. Ses coups bien que maladroit l'entraînait au jeu de ses poignets et la lame tranchait et réduisait la roche en poussière. L'éclat de ses yeux félins brillaient et perçaient les projectiles pour trouver le point d'impact le plus conséquent. Cette lueur calculatrice s'accompagnait d'un sourire prédateur comme le serait l'éclat d'un chasseur ayant repéré sa proie.

Il rentra un moment donné son appendice et se servit d'un point d'appui venant d'un impact pour fendre les autres, avant de virevolter et élever des nuages de sable.

À un endroit précis, une tête argentée attira son attention. C'était lui… il n'était qu'un corps inerte parmi toutes les choses qui traînaient encore là : des restes du combat entre Jenova et AVALANCHE et des lambeaux des apparences ultimes que Sephiroth avait pu avoir pendant ses dernières batailles. La violence était traduite par ces bouts de chairs et de sang et les traces de lutte entouraient tout l'espace. Quand il prit l'ex SOLDAT dans ses bras, il put remarquer son déplorable état : un bras à moitié arraché, des traces de lames, de brûlure… comment pouvait-il encore être en vie ? Il eut sa réponse, il était encore imprégné de la magie de la Materia Noire : des entrelacs sombres s'imprégnaient sur sa peau opaline comme au creux des reins et vers les hanches. Des séquelles de la fusion étaient aussi perceptibles au niveau de son nombril et formait des sortes de tatouages tribaux. Il transporta alors avec douceur et délicatesse sa charge et profita des flux de la Rivière de la Vie pour lui remettre ses membres endommagés en place. Hélas, il en resterait de larges cicatrices là où les plaies avaient été les plus profondes. Une fois cela fait, il s'éleva pour atterrir au pied du Cratère. Jenova procéda à un partage : « 14 » devait s'entailler le poignet et abreuver Sephiroth de son sang. Une fois cela fait, il entendit alors la voix de la Calamité :

-Emmène-le... dans une grotte de l'Île Ronde...

-Oui Mère.

« 14 » emporta l'ancien Général et en profita pour passer à côté d'une des colonnes de lumière verte. Cela semblait faire du bien à ce dernier, qui soufflait faiblement. Il partit sans se presser. À moitié vidé de son énergie, il ne pouvait rien faire d'autre qu'y aller en douceur.

ooo

Il lui semblait que quelqu'un murmurait à son oreille. On l'appelait d'une voix apaisante.

- « Sephiroth..., réveille-toi Sephiroth »

Ce que ce dernier fit. Étrangement il se sentait... plus libre, plus... lui-même ? Son regard scrutait une femme brune, vêtue d'une jolie robe rouge

-Où suis-je ?

-Dans la Rivière de la Vie, mais tu n'es pas mort. C'est ton esprit qui rêve.

-Qui êtes-vous... ?

-Ifalna. Ifalna Gast.

Sephiroth se redressa presque aussitôt. Où était son mari ? Son regard balaya le paysage à la recherche du scientifique. Il y avait tellement de choses qu'il devait lui demander !

-Doucement, doucement mon garçon, fit alors une voix derrière lui.

Son cœur loupa un battement. À quand remontait sa dernière conversation avec Gast ? Celui-ci se mit en face de l'argenté avec un triste sourire.

-Gast... pourquoi ? Pourquoi es-tu mort ? s'enquit-il.

-Parce que j'ai fait une énorme erreur, Sephiroth. Reste assis, tu risques d'avoir un choc.

Après que le scientifique lui eut expliqué sa rencontre avec Ifalna, sa découverte sur Jenova, sa fuite et son assassinat, l'ex-SOLDAT crut flancher et ne pas se relever de sitôt. L'incendie de Nibelheim lui revint. Qu'avait-il fait ? Qui était alors sa vraie mère ? Et...

-Et... ma...

-Oui elle va bien, le rassura Ilfana. Elles vont toutes bien.

Sephiroth fut soulagé de cette nouvelle. Il avait une autre question concernant sa véritable génitrice. Quel était son nom ? Était-elle vivante ? Pourrait-il la retrouver ? Hélas, il n'en eut pas le temps, car une crevasse se forma sous ses pieds. Ifalna et Gast tendirent leurs mains pour le rattraper, mais trop tard. Il se réveillait...

ooo

Cela faisait neuf jours depuis le Cratère Nord. Le plus dur fut les escales sur les Îles. L'Archipel des Gobelins avait été épuisant.

Enfin, le clone entra dans une grotte où il trouva ce qu'il cherchait : un puits naturel de Mako. Il se saisit d'un morceau de cristal, et l'utilisa pour ranimer Sephiroth. Ce dernier se leva après avoir pris une bouffée d'air. Déboussolé, il regarda les lieux, mais ne reconnut rien.

-Je vois que tu es sorti de ton sommeil, commença « 14 », ravi de rencontrer l'authentique Sephiroth. Hojo aurait pu se vanter de son ultime projet.

L'argenté était très surpris, voire perdu. La soudaine vue de lui-même lui donna une horrible migraine et un violent vertige.

-Est-ce que tu peux la refaire mais doucement…, avertit Sephiroth

-Excuse-moi, Hojo a fabriqué des clones de toi. Ne me demande pas par quel moyen. Je suis le Quatorzième. Du moins, c'est ce que m'indique le tatouage à mon flanc.

Même parole, même timbre de voix, même façon de parler, même humour. D'accord, c'était effrayant. Très même. Qu'avait encore fait Hojo... ? Enfin qu'importe... Ce clone l'avait aidé, il lui devait la vie. Même si… cela restait perturbant… il aurait du mal à expliquer ça… une fois remis de sa stupéfaction, il se servit de sa longue chevelure pour cacher son corps. Il ne regardait pas son double, pas encore prêt à se voir sans miroir et en pleine indépendance.

-Que puis-je faire pour te remercier, demanda-t-il.

-Ne te rappelles-tu pas ? Il nous faut reprendre ce monde pour l'offrir à notre Mère.

Après avoir cligné des yeux, il se tourna vivement vers lui, à présent très méfiant. Ce qu'il lisait dans son regard n'était pas bon du tout. Il comprit que son homonyme était pris de folie. Etait-ce ce style de réponse que l'ancien héro sortit, à Nibelheim ? Il ne se sentait pas fier d'avoir lancé des choses aussi grotesques, voire ridicules. Il était à nouveau sain d'esprit et avait du mal à croire qu'il avait pu balancer des expressions aussi... dénuées de sens ?

-Je ne vois pas en quoi ça me concerne, répliqua-t-il froidement.

Si « 14 » était troublé, Jenova l'était encore plus. Qui ? Qui lui avait dit la vérité ?! Elle prit violemment le contrôle du clone pour saisir à la gorge Sephiroth. Plaqué contre le mur, il essaya en vain de se défaire de sa poigne. Ses efforts pour trouver de l'oxygène à apporter dans ses poumons s'avérèrent inutiles. Son corps se crispa et se tendit méchamment comme une corde d'instrument trop tirée. Malgré cela, son regard plein de défi envers Jenova s'embrasa. Le visage de « 14 » devenait cadavérique. Son rictus en coin de lèvres devint aigu et des fossés creusèrent ses yeux. L'image terrible du courroux de la Calamité des Cieux déteignait sur l'apparence du clone. Dans ses iris, il pouvait discerner une pointe de mauve voguer à travers une mer émeraude, aussi sinueuse qu'un serpent en train de ramper sur du sable.

Il ne laisserait pas la peur gagner…

-Nous voilà enfin… face à face..., grinça-t-il.

-J'éviterai d'aller chercher la personne qui t'a dit la vérité, déclara-t-elle, en revanche ça me déçoit d'apprendre que tu es de nouveau toi-même.

Sa voix était profonde, tantôt masculine, tantôt féminine… elle était tranchante, ferme, avec un résonnement semblable à un grognement bestial.

-Quoi… tu ne t'y… attendais pas… ?

-Je ne t'ai pas ramené pour rien. Ton rôle a changé dans cette histoire. Tu seras toujours mon jouet. Néanmoins (ses lèvres vinrent murmurer à son oreille) ce ne sera pas comme tu le crois.

ooo

(Un an plus tard)

« Est-ce ta volonté, Mère ?

-Oui, ton sacrifice ne sera pas vain. Mais il faut savoir en faire, même pour sa mère. J'ai permis à la maladie de se répandre, maintenant c'est à toi de réunir les âmes et de pourrir la Rivière de l'intérieur. Cela a déjà commencé…

-Et lui ?

-Laisse-le là où il est, après tout… il ne nous ai plus d'aucune utilité.

-Dommage… mais je suis heureux, heureux d'avoir pu connaître ce plaisir, et le voir souffrir…

-Va au Cratère Nord, il est temps. Lorsque tu mourras, trois élus prendront ta place. Il reste une relique précieuse à nos yeux. Tu as suffisamment de volonté pour ne pas te fondre dans la Rivière de la Vie. Tes subordonnés viendront d'eux même. Ils seront appelés à toi. Va mon fils, va et puisses-tu revenir plus puissant, tu le reconnaîtras dans ton sommeil »

« 14 » regarda une dernière fois l'homme aux portes de la mort. Il s'approcha et entendit une respiration saccadée, sifflante, laborieuse… une mélodie à ses oreilles. Son sourire s'agrandit, l'éclat de ses yeux s'intensifia tandis que son regard parcourait une dernière fois le corps brisé de sa victime. Deux corps identiques mais différents à la fois : l'un n'était plus qu'un morceau de chair ouvert, un corps autrefois de marbre, maintenant fissuré et abimé de toute part. Il n'avait plus que la peau sur les os, que son épiderme recouvrait que comme une fine couche élastique. L'aspect répugnant et horrifiant de cette petite chose n'avait plus rien d'humain. Autrefois un grand héros, il était descendu à l'état de ver. Quand « 14 » s'agenouilla, il contempla un regard rempli de haine : malgré les blessures infligées à un loup, il gardait ses arsenaux. Des yeux de couleur émeraude brillaient comme pour le maudire. Il n'arrivait même plus à parler, parce que sa voix était brisée. « 14 » caressa son visage et lissa ses cheveux poisseux et courts avec une étonnante douceur douceur infâme, si bien que l'argenté se tendit. « 14 » rit :

-Ici ce sera ton sanctuaire… qu'en dis-tu ? C'est une belle place… pour une tombe, ne meurs pas trop vite, qui sait si je ne reviendrai pas pour toi.

Il lut dans ses prunelles fendues l'envie de meurtre. Il n'avait pas besoin de lire dans ses pensées, le message était clair : « je te tuerai… ». « 14 » lâcha un petit rire.

Sephiroth trembla, forcé de regarder « 14 ». L'éclat de ses yeux brillaient de cynisme et d'arrogance et son sourire laissait voir ses dents dans un rictus plein d'appétit. Ses larges épaulettes d'acier tranchaient avec la silhouette gracieuse et irréelle du clone, habillé de ce manteau si reconnaissable et si craint. Sa belle et longue chevelure rutilante était plus longue, mais pas moins entretenue et encadrait ce visage parfait que deux yeux en amandes embellissaient par leur lueur émeraude. Le temps n'avait fait qu'accroître sa puissance. Cela, Sephiroth le savait bien… mais le temps passé ici ne l'avait pas suffisamment anéanti… une année de plus, peut-être que « 14 » aurait gagné oui. Ce n'était pas le cas… la douleur le ramena à la réalité, son bourreau ricana :

-Ne meurs pas trop vite, d'accord ?

« 14 » se releva et quitta la grotte de l'Île Ronde laquelle était devenue sa demeure son oreille fut tout de même attentive aux sanglots que lâcha l'argenté. L'esprit tranquille, il partit accomplir ce que Mère avait ordonné de faire : rejoindre le Cratère Nord pour y mourir.

ooo

Le trajet était long, mais rien de très important. Le plus crucial l'attendait. Combien de fois avait-il fait ce voyage jusqu'à cet endroit ? Il ne pourrait compter : c'était là que tout avait commencé pour les Geostigmates : il suffisait de plonger la main dans un puit pour corrompre la Rivière entière. Pourquoi cet endroit ? Parce que c'était le coin où on pouvait rentrer le plus profondément dans la Planète. Là où le Cœur de la Planète se trouvait. Mère n'avait jamais voulu expliquer pourquoi cet endroit : seulement que c'était là où elle était tombée et là que la Planète avait hurlé d'une terrible douleur… quand il y entrait, c'était pour voir de la roche à perte de vue et des racines détruites, ou encore en pousse pour certaines. « 14 » passait souvent devant la Plaie de la Planète, une large cicatrice, encore béante. Les cristaux lumineux continuaient de prendre même après deux mille ans. Tant de temps pour construire et si peu pour détruire…

Une fois arrivé à destination, il se posa et dégaina alors Masamune. Le sabre vibrait dans sa main accompagnée de cette agréable mélodie de douleur qui transcendait son âme. Il sourit :

-Je reviendrai !

Il abattit la lame contre lui et crut entendre, dans les lacérations et ses cris, celui de la lame, qui semblait perdre le contrôle dans sa main : elle avait sa volonté propre, il y avait cette sensation malsaine d'aimer le faire souffrir. Il serra des dents, il perdait la vie, il le savait ! C'était pour sa Mère qu'il le faisait, son retour ne serait que triomphant…

Il se vidait de son sang, la douleur se transforma en euphorie… rien qu'à entendre les bruits spongieux de sa chair être déchirée, le bruit de la lame trancher… la souffrance était vive, mais qu'importe, tout pour Mère ! Le sol devenait rouge, poisseux, une odeur ignoble sen émanait, comme la pestilence de la charogne. Il devenait un cadavre frais, mais qu'importe, tout était pour Mère ! Sa vie n'avait d'importe que quand Mère le considérait bien ! Elle l'encourageait, il pouvait l'entendre dans sa tête lui dire de continuer, qu'il serait récompensé pour ses efforts ! Il continua de s'esclaffer, même si sa gorge était noyée dans son sang !

Il s'écroula à genoux, la bouche gorgée, le regard vide et flou. Il lâcha un dernier rire gargouillant avant de tomber et être aspiré.

Dans ce néant, il voyait un jeune garçon, robuste et fort. C'était lui qu'il devait choisir. Deux silhouettes apparaissaient à sa suite : ce seraient ses soutiens, ses subordonnés. « 14 » attendrait patiemment son retour. Il appela ses trois entités. Elles résidaient non loin à la Cité Perdue. Mère les appelait, elle appelait à la Réunion, tout comme les autres, ces autres âmes. « 14 » se joignit à elle et usa de sa volonté pour l'imiter, avant de prendre possession de la Volonté de la Mère. Le Cratère deviendrait un sanctuaire maudit, maléfique. En effet, il fallait garder un trésor caché en ces lieux. Une relique de Jenova : sa tête.

ooo

(Un an plus tard)

Il avait repéré sa proie avec facilité. Souba dégainé, Kadaj fondit sur le cerf pour lui asséner le coup final. L'animal rendit l'âme il allait servir de dîner pour la fratrie. Un bruit troubla le calme plat de la forêt, attirant son attention.

-Yazoo ? C'est toi ? fit-il.

Rien. Il emporta le cadavre à la Cité Oubliée. Lui et ses frères étaient arrivés dans ces bois lorsque le Météore avait frappé. Ils étaient trois. Lors de leur passage dans le Village des Ossements, Yazoo avait déterré un instrument qui s'avérait être la harpe lunaire, seul moyen de pénétrer dans la Cité. Il s'était dit que ce serait divertissant de pouvoir en jouer tous les soirs. Après avoir commencé à en gratter les cordes, dont le son l'enchantait, l'atmosphère avait semblé moins pesante et l'horizon s'était baignée peu à peu de lumière. Par curiosité, ils avaient avancé et parcourut une forêt qui semblait s'être réveillée. Au fil de leurs traversées coupées par des péripéties et des rencontres peu agréables, ils étaient arrivés à une cité en ruine. En face, des arbres blanc et éclatants les incitaient à y entrer. Ils découvrirent une maison en forme de coquillage. L'endroit était assez calme et personne n'avait l'air de fréquenter les lieux. Leur rêve s'était réalisé : ils avaient trouvé un foyer où ils seraient en paix.

Le crépuscule venait de tomber. La lune n'allait pas tarder à se lever, et s'il ne se dépêchait pas, son frère aîné Yazoo pourrait s'inquiéter. Il aimait beaucoup ce dernier. Un nouveau bruissement le mit sur ses gardes Kadaj fronça des sourcils. Il se tourna et vit alors une chouette voler. Il rit et secoua la tête :

-Allez… autant rentrer…

ooo

-Kadaj, je m'étais inquiété, je pensais que quelque chose t'était arrivé..., fit un argenté aux longs cheveux qui sortait de la maison coquillage.

-Désolé… juste été attardé par Hulole, la Chouette fit Kadaj avec un rire espiègle

-La chouette que nous avons soigné il n'y a pas longtemps ? demanda-t-il avec un sourire discret

-Yep !

Yazoo fut attendrit par cette bonne nouvelle. Il inclina la tête et joignit ses mains sous sa poitrine comme il en avait l'habitude. Kadaj le taquina :

-Prends pas trop des airs de prince toi

-Mh ? Je ne vois pas de quoi tu parles. Allons, Loz nous attend pour manger. Merci pour le cerf

-Pas trop tôt j'ai faim moi !

-Estomac sur pattes va, rentres, lave-toi les mains et va aider Loz. J'ai de mon côté chaparder des légumes à Icicle Inn

-Encore des légumes ? On ne pourrait pas changer pour des pâtes, un de ses jours ? dis dis ?

-Navré, Kadaj peut-être une prochaine fois… zou !

Il partit à la hâte. Le jeune homme aux longs cheveux argentés réarrangea sa chevelure et croisa le regard de la lune. Toujours aussi belle…

Soudain il fronça des sourcils et se prit la tête. « Un simple vertige » pensait-il. Si bien qu'il alla s'asseoir devant le lac. Les mains toujours sur son crâne il se recroquevilla et ferma les yeux. Une voix l'appelait, elle était lointaine. Son corps fut parcouru de frissons, tantôt violents tantôt légers… on l'incitait à boire l'eau du lac. Alors qu'il allait se résoudre à le faire, pour calmer la douleur, il entendit son frère, Loz, hurler son nom. Il se releva et entra dans la maison coquillage, où le cadet l'attendait, en larmes :

-Kadaj… il ne va pas bien il a l'air malade…

Une nouvelle fois, une voix l'incitait à boire l'eau du lac. Il serra des dents, un œil sur Loz :

-Amène-le… je crois qu'il doit boire l'eau du lac…

L'erreur était monumentale, mais comment les condamner ? Savaient-ils qu'ils deviendraient des pions sur un jeu d'échec ? Non évidemment… malgré leur ignorance, ils seraient les nouveaux ennemis à battre et seront abattus. Ainsi commence le premier pas sur le long sentier du pardon