Disclaimer: Comme d'habitude, rien n'est à moi, ni les personnages, ni l'univers.
Hello!
Je reviens avec ce petit o.s. beaucoup plus léger que ce que j'écris d'habitude, inspiré par la scène du Strip Club (mon dieu cette scène!) dans First Class.
Bonne lecture!
Strip-tease
Si on avait posé la question à Charles et Erik, ils auraient tous les deux répondu la même chose: le premier frisson de désir les avait traversé lorsqu'il serait installé l'un à côté de l'autre sur ce lit et que leurs épaules s'étaient touchées. Aucun des deux n'avait cherché à s'éloigner. Ils avaient échangé un bref regard, un léger sourire et compris simultanément qu'ils étaient, l'un comme l'autre, grisés par la situation et que ça n'avait aucun rapport avec le champagne qu'ils avaient déjà consommé où la fille à moitié nu qui les rejoignait dans la pièce.
La sensation ne les avait pas quitté une seconde, tout du long qu'avait duré l'entretient avec Angel. A chaque fois qu'il avait échangé un regard, leurs yeux avaient reflété un trouble commun. Un trouble délicieux et envoûtant.
Le retour à l'hôtel se fit sans une parole, sans un geste. Charles et Erik marchaient côte à côte dans une rue mal fréquentée, mais ça, c'était le cadet de leurs soucis, ils avaient vraiment la tête à autre chose.
C'est en passant la porte de leur chambre d'hôtel que leurs bras se frôlèrent à nouveau. Ils échangèrent un sourire, un regard…Leurs yeux exprimaient toujours le même désir. Ils n'en dirent rien. Pas tout de suite.
-Et bien, si tous les recrutements se passent aussi bien que celui-ci, je pense que nous allons devoir nous déplacer en bus, s'exclama Erik en refermant la porte derrière eux.
Charles se mit à rire et envoya négligemment manteau et veste sur un fauteuil. Il fouilla dans un sac de voyage posé au pied de son lit et en sortit une bouteille de douze ans d'âge. Il avait préféré apporter son propre Whisky. Celui des motels était souvent infect et il avait pressenti qu'ils auraient quelque chose à fêter ce soir.
-Je ne doute pas que les autres accepteront de nous suivre, après tout, ils doivent tous se penser seuls au monde. En revanche, ne nous attendons pas trop à ce que les recrutements suivant se passe de façon aussi…disons aussi agréable que celui-ci.
Charles avisa la chambre. Deux lit jumeaux collés l'un à l'autre, une seule table de chevet coincée près du mur, rehaussée par une lampe de très mauvais goût, le fauteuil sur lequel il avait abandonné sa veste, un guéridon un peu bancal et une penderie contre laquelle un haut miroir tenait en équilibre. Le tout affreusement dépareillé bien qu'en bon état. Et pas un seul verre en vu.
Charles soupira et posa à regret la bouteille sur le guéridon en marmonnant qu'il n'avait pas le cœur à aller en demander à l'homme de l'accueil. Effleurer son esprit en arrivant lui avait suffit pour savoir que, si le motel était mieux que ce qu'on pouvait imaginer dans un tel quartier, le nettoyage de la vaisselle n'était toutefois pas une priorité.
-C'est peut-être mieux comme ça finalement, dit Erik avec une pointe d'espièglerie, nous avons déjà abusé du champagne ce soir.
Quoiqu'ils soient malgré tout restés raisonnable, et ils savaient tous les deux que si leurs esprits étaient un peu embrumés ce soir-là, ce n'était en rien à cause de l'alcool.
Erik poussa un soupir exagéré :
-Et dire que nous n'avons même pas profité du spectacle.
Il n'avait pas lâché Charles des yeux et ne manqua donc rien de ses épaules qui se tendirent soudain et de son froncement de sourcils.
-Rien ne t'empêche d'y retourner. Pour ma part, je passe mon tour.
Charles avait essayé de conserver un ton faussement léger, mais une certaine amertume était décelable dans sa voix. Le sourire d'Erik devint quelque peu carnassier, il se débarrassa à son tour de son manteau pour le lancé négligemment par-dessus les affaires de Charles. A croire que c'était la réaction qu'il cherchait à obtenir. Le télépathe détournait le regard, toujours à la recherche de verres qu'il savait d'avance qu'il ne trouverait pas.
- Dis-moi Charles, il y a quelque chose qui m'intrigue.
Erik regagna son attention, mais Charles ne dit rien pour autant, attendant la suite.
-Qu'as-tu fait pour l'amuser autant ?
Charles écarquilla les yeux, un instant surpris, mais reprit très vite le contrôle de son visage non sans avoir dû réprimer un tressautement des lèvres qui faillit bien se transformer en sourire.
-Je ne vois pas de quoi tu parles, mon ami.
Charles avait des airs d'enfant inconscient dont il avait parfaitement conscience et savait très bien se servir. Beaucoup, d'un premier coup d'œil mal avisé, auraient vu en lui un jeune homme charmant et un peu naïf. Erik pour sa part, discernait sans mal le chat qui cherchait à se faire passer pour la souris. Et il aimait ça.
-Angel a posé les yeux sur moi avant d'éclater de rire. Ne fais pas l'innocent, je veux savoir quelle idiotie à mon propos tu es allé lui mettre en tête.
Charles faisait de tels efforts pour empêcher son sourire de trop s'étendre qu'il allait finir par se provoquer des crampes.
-Ça serait compliquer à expliquer avec des mots.
Erik s'approcha de lui d'une démarche féline. L'atmosphère de cette petite chambre mal chauffée devenait soudain étouffante. Charles soutint son regard. Leurs deux visages se renvoyaient le même sourire en coin, le même regard joueur. Provocateur.
-Alors montre-moi, souffla Erik en tapant du bout des doigts sur le front de Charles.
Celui-ci fut parcouru d'un long frisson. Il déglutit avec difficulté. Une fois. Deux fois. Il maintint longtemps ses yeux dans ceux d'Erik, avant de finalement les détourner pour désigner d'un coup de menton le miroir près de la penderie.
-Comme tu voudras. Mais ne viens pas te plaindre si ce que tu vois ne te plaît pas. Regarde-toi là-dedans.
Erik haussa un sourcil, mais s'exécuta tout de même. Il observa son reflet dans le miroir un peu trop court qui coupait le haut de son front, essayant de ne pas trop laisser son regard vagabonder sur Charles juste derrière lui. Très proche de lui.
Charles posa deux doigts sur sa tempe, envoyant la même image dans l'esprit de son ami que celle qu'il avait transmis à Angel. Cette fois, les deux sourcils d'Erik se haussèrent sur son front ; si haut qu'il les vit disparaître sous la frange de cheveux roux. Charles eu du mal à réfréner le rire qui montait dans sa gorge. Il n'avait déjà plus le moindre contrôle sur son sourire. Le regard d'Erik se fit à la fois amusé et accusateur. Charles ne chercha pas à retenir son hilarité plus longtemps.
-Et ça t'amuse ? grommela Erik.
-En effet, encore plus que je ne le pensais !
Son regard s'était presque fait prédateur.
-Même comme ça, je suis incroyablement séduisant, dit Erik du ton le plus neutre qu'il put.
Il sentait que Charles était en train de prendre la main sur la situation et n'était pas prêt à lui céder la victoire aussi facilement.
-Je suis bien d'accord, sourit Charles. Je t'avais dit que tu avais l'air incroyable.
Il passa brièvement une main dans son dos, Erik frissonna et l'illusion disparue. Il avait pourtant toujours l'impression de sentir les doigts de Charles sur sa peau. Est-ce que Charles l'en avait volontairement libéré ou est-ce que quelque chose le déconcentrait ? Il n'avait aucun moyen de le savoir.
Erik aussi était troublé, pourtant, il choisit de pousser Charles encore plus dans ses retranchements, quitte à ce que se soit son cas également.
-Et ce que tu as dit, tu le pensais vraiment ?
Il fit un pas en direction de Charles qui ne recula pas. Il était difficile de faire un mouvement dans cette petite chambre sans donner l'impression de fuir.
-Et bien, pour être tout à fait honnête, ce roux n'est pas ce qui te met le plus en val…
-Non, je parlais du fait que la situation pouvait être… très agréable.
Un autre pas en avant. Ils étaient si proches qu'ils pouvaient sentir leurs souffles se mêler. Charles louchait dangereusement sur les lèvres d'Erik. Ses pupilles étaient si dilatées que ses yeux semblaient presque entièrement noirs. Et il avait le souffle court. Peut-être était-ce pour ça qu'il tardait tant à répondre.
-Je ne suis plus très sûr de me rappeler de quoi il était question.
Charles voulait jouer. Ça tombait bien, Erik aussi. Et ce jeu n'était pas si différent des échecs.
En attendant, il trouvait que la température dans cette chambre augmentait beaucoup trop vite. Il ouvrir les deux premiers boutons de sa chemise afin de respirer un peu mieux. Charles concentra toute son attention – une attention encore plus brûlante que l'atmosphère entre eux – sur les mouvements de ses doigts. Il se mordit la lèvre. Cela provoqua une avalanche de sensations dans le corps d'Erik.
Charles avait parfaitement conscience de l'effet qu'il lui faisait. En fait, il aurait difficilement pu en être autrement. Il ne cherchait pas à fouiller son esprit, mais Erik projetait. Il projetait sans s'en rendre compte. Ses désirs, ses fantasmes, Charles les recevait en pleine figure et si ça continuait ainsi, bientôt ses genoux seraient trop fébriles pour continuer à soutenir son poids. Il avait un mal fou à rester imperturbable. Charles avait toujours su qu'il était un bel homme, charmant qui plus est et n'avait jamais eu le moindre mal à s'attirer les faveurs d'une personne qu'il convoitait. Il avait déjà eu bon nombre de conquêtes dans sa vie, mais jamais il n'avait ressentit quelque chose d'aussi intense et surtout, rien n'aurait pu l'y préparer. D'un simple regard, Erik parvenait à mettre le chaos dans son corps et son esprit. Un chaos dont Charles ne voulait surtout pas se défaire.
-Vraiment Charles, tu ne te rappelles pas ?
Un pas en avant. Charles consentit enfin à en faire un en arrière, c'était le seul moyen pour qu'ils ne se retrouvent pas complètement collé l'un à autre.
Un deuxième pas, puis un troisième et un quatrième. Charles se retrouva accolé au mur. Erik reprenait la main sur la partie. Charles n'était désormais plus vraiment en mesure de se comporter comme le chat chassant la souris. Il était la souris. Son adorable petit rat de laboratoire.
-Moi, je pense que tu avais tord.
-Vraiment ? croassa Charles en louchant à nouveau sur ses lèvres.
Leurs nez se frôlaient. Leurs genoux aussi.
-Vraiment. Angel est une très jolie fille, je ne dis pas le contraire, mais elle est un peu jeune pour moi. De plus, je préfère avoir à donner toute mon attention à une seule personne.
-Angel n'est pas là.
-Non, effectivement.
Erik commençait à perdre pied. Il y avait tant de désir dans la voix de Charles. Et puis, cette lueur dans ses yeux…Une lueur prédatrice. Erik avait la tête qui tournait. Il commençait à douter. Qui était le chat ?
Charles n'eu pas besoin de prononcer un seul mot pour répondre à cette question. Il ferma l'infime espace entre leurs deux corps, balançant ses bras autour de la nuque d'Erik, pressant leurs bouches ensemble comme si leurs vies en dépendaient. Erik du s'appuyer d'une main contre le mur derrière Charles pour empêcher ses jambes de lui faire faux bond. Charles l'embrassait avec un appétit insatiable, mordant ses lèvres sans ménagement et Erik lui répondait avec la même ardeur. Du moins, lui semblait-il. Il n'était plus sûr de rien. Il n'aurait pas pu se rappeler son nom. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il venait de divaguer sur une histoire de chat et de souris et que Charles Xavier était en train de l'embrasser.
Charles Xavier l'embrassait.
Et à en croire les mains fébriles qu'il baladait autour de son corps, il n'avait pas l'intention de s'en tenir à ça.
D'un coup de bassin, Erik le pressa contre le mur sans jamais cesser de l'embrasser. Il parvint à glisser une main dans le creux des reins de Charles, l'attirant vers lui, comme s'il ne supportait pas l'idée que de l'air puisse encore circuler entre leurs deux corps. Sa main glissa un peu plus bas et Charles poussa un gémissement qui fit danser des étoiles derrière les paupières closes d'Erik. Ils étaient tous les deux secoués par un désir qu'ils ne contrôleraient pas longtemps.
Ils s'éloignèrent, totalement à bout de souffle mais sans se lâcher une seconde du regard.
Des chasseurs qui refusaient de lâcher leur proie. Voilà ce qu'ils étaient.
Tous les deux savaient. Ils le lisaient mutuellement dans le regard l'un de l'autre. La partie continuait.
Erik recula. Un pas. Puis un autre. Jusqu'à pouvoir s'asseoir avec le plus de nonchalance possible sur le bord du lit. Il avait espéré voir les mains de Charles se tendre vers lui pour l'empêcher de s'éloigner. Le télépathe n'en fit rien. Il se contenta d'un agaçant petit sourire en coin. Un sourire victorieux.
-Voyons, mon ami. Tu ne pensais tout de même pas m'avoir aussi facilement, dit-il en se tapotant la tempe.
-Ce n'est vraiment pas équitable, marmonna Erik.
Et là où il aurait plutôt pensé voir une profonde satisfaction sur le visage de Charles, il constata au contraire que son sourire s'était figé.
Evidemment. Charles restait Charles.
-Désolé, je ne voulais pas être intrusif, je…
-Tu n'as pas intérêt à arrêter, ordonna Erik d'une voix sourde.
Mais l'hésitation du télépathe ne pouvait pas lui échapper.
-Charles, si tu as fait un tour dans ma tête, tu dois savoir à quel point…A quel point ça ne me dérange pas.
Encore un bref instant d'hésitation. Erik savait que Charles était dans sa tête, cherchant à être sûr. Son sourire redevint ce qu'il était quelques secondes avant et Charles lâcha brièvement le visage d'Erik des yeux pour les poser plus bas. Son sourire grandit encore plus.
-Oh, mais je n'ai pas besoin d'être dans ta tête pour voir ça.
Parfait. La partie pouvait reprendre.
Erik s'affala sur le lit avec une langueur proche de l'indécence. Il n'avait pas l'intention de perdre la main.
-Tu sais, Charles, tu me dois une compensation.
Celui-ci haussa un sourcil quelque peu amusé. Il avait toujours le souffle court et les joues en feu.
-Une compensation, vraiment ? De quel genre et pour quelle raison, je te prie ?
Il approcha du lit d'une démarche féline et Erik sourit de plus bel, croisant ses bras derrière sa tête. Il renvoyait une image de débauche absolue caché derrière un costume d'homme d'affaire.
-Je te rappelle que j'ai payé pour un strip-tease que je n'ai pas eu et je ne pense pas que la C.I.A. accepte de rembourser ce type de frais.
Les sourcils de Charles se haussèrent encore plus et la compréhension se fit dans son regard. De délicieux frissons lui parcoururent la peau. Il n'avait pourtant encore rien retiré.
-Tu devrais faire attention à ce que tu sous-entends mon ami, je pourrais te prendre au mot.
La voix de Charles sonna anormalement rauque. Les pupilles d'Erik se dilatèrent encore un peu plus.
-Il se pourrait que j'apprécie.
Erik ne s'attendait pas à ce qu'il accepte aussi facilement. Charles en avait parfaitement conscience. C'est pour ça, qu'avec des gestes d'une langueur délibérée, il commença à ouvrir un à un les boutons de sa chemise. Il eu la satisfaction de voir le souffle d'Erik se bloquer dans sa gorge et une vague de surprise mêlée de désir déferler dans son esprit.
Les gestes de Charles étaient précis et appliqués, et Erik se sentait comme hypnotiser par les ondulations de son corps. Charles se débarrassa de sa chemise sans le quitter des yeux une seule seconde. Il y avait une telle intensité dans son regard qu'Erik songea qu'il allait défaillir. Ça lui faisait encore plus d'effet que le spectacle que Charles était en train de lui offrir.
Celui-ci posa un genou au bord du lit, en pliant sa chemise avec une lenteur délibérée que ne servait qu'à faire languir Erik. Il se souvenait avec quelle négligence Charles avait abandonné sa verste et son manteau sur le fauteuil quand ils étaient rentrés.
Si proche, songea-t-il. Presque à porter de main. Et pourtant…
-Tu es atrocement impatient, susurra Charles après un bref coup d'œil dans son esprit.
-Et toi beaucoup trop confiant. Je pourrais un peu accélérer les choses si je le voulais.
Les entrailles d'Erik se tortillèrent de plaisir au son du rire de Charles.
-J'aimerais bien voir ça, fit le télépathe provocateur.
Il n'en fallu pas plus. La boucle de sa ceinture se débâtit toute seule pour s'ouvrit avant de valser à l'autre bout de la pièce et la braguette de son pantalon s'ouvrit avec une telle brusquerie que le vêtement glissa un peu sur ses hanches.
Charles dévisagea Erik, le souffle coupé sous le coup de la surprise.
-Tu disais ? s'amusa celui-ci.
Charles se passa la langue sur les lèvres, bien décidé à ne pas se laisser déstabiliser.
-Je ne l'enlèverais pas plus vite pour autant.
Erik commençait à regretter. Charles était incroyablement doué. Il savait faire onduler son corps jusqu'à lui en faire perdre la tête et mettait toujours plus de lenteur dans ses mouvements en retirant ses vêtements. Mais ce n'était pas ça qui tirait Erik tout au bord du précipice.
Charles projetait. Il projetait volontairement vers lui ses propres désirs. C'était la chose la plus excitante qu'Erik ait jamais vécu dans sa vie et son corps était bien d'accord avec lui. Quand Charles se fut enfin débarrassé de ses chaussures et de son pantalon, Erik crut, bien naïvement, que son supplice serait bientôt terminer. Mais c'était sans compter sur le sourire victorieux de Charles. Celui-ci s'empara du couvre-lit pour cacher son corps avec une satisfaction palpable.
Erik écarquilla les yeux en réfrénant le grondement sourd et plein de frustration qui montait dans sa gorge.
-Tu veux bien dégager cette foutue couverture !
Charles lui adressa un sourire radieux. Erik aurait presque pu le qualifier d'innocent, mais le spectacle auquel il venait d'assister l'en empêchait.
-Non, hors de question.
-Mais…
-Ton tour, susurra-t-il.
Oh non, il n'y avait définitivement rien d'innocent chez Charles. Et absolument plus rien du rat de laboratoire non plus.
-Tu es plus vicieux que tu n'en donnes l'air, Xavier.
Son nom de famille roula sous la langue d'Erik avec un tel appétit que Charles sentit tous ses muscles faiblir en même temps. Heureusement qu'il ne se tenait plus debout.
-Tu n'as pas idée. Ton tour, répéta-t-il d'une voix rauque en remontant un peu plus la couverture dans un geste provocateur.
-Alors demande le moi, rétorqua Erik avec un sourire joueur.
Brièvement, Charles fronça les sourcils.
-Je viens de le faire.
-Tu n'as pas été assez convaincant.
Charles ouvrit la bouche, prêt à protester, quand soudain, il comprit où Erik voulait en venir. Son cœur se mit à palpiter à tout rompre dans sa poitrine. Il eu beau se dire que c'était le désir ardent qui le dévorait qui le poussait à interpréter les choses de cette façon, il devait bien admettre que le sourire lubrique d'Erik ne mentait pas.
Il n'aurait jamais cru que quelqu'un lui accorde un jour une telle confiance.
-Tu as peur, Charles ? demanda Erik face à son hésitation.
Provocation. C'était tout lui ça ; essayer de prouver qu'il était celui qui gardait le contrôle alors même qu'il venait de suggérer à Charles de s'introduire dans ses pensées pour être totalement à sa merci.
-Je devrais te retourner la question.
-Je ne vois pas ce que je risque.
Alors Charles se fit un devoir de lui montrer. Il effleura d'abord doucement son esprit, pour qu'Erik se rende bien compte de sa présence, puis, avec un mélange d'appréhension et d'excitation, prit le contrôle de son corps, consentant toute son énergie sur l'homme en face de lui. Erik eut un sursaut de surprise quand ses mains commencèrent à bouger toutes seules pour déboutonner sa chemise. Charles prenait bien soin de lui faire faire des mouvements atrocement lents. A chaque fois qu'il s'effleurait la peau, Erik imaginait qu'il s'agissait des doigts de Charles et non des siens. Celui-ci lui adressa un rictus satisfait.
-Bientôt, souffla-t-il.
-Ça vaudrait mieux, réussit à articuler Erik d'une voix rauque en se débarrassant de sa chemise pour s'attaquer enfin à sa ceinture.
-Tu n'es pas vraiment en mesure de négocier.
-Je ne cherche pas à négocier, je dis simplement que si tu continus comme ça, je ne tiendrais pas très longtemps.
-Je pourrais croire que tu aimes me laisser le contrôle de ton esprit.
-Tu n'as pas idée.
Ses simples mots suffirent à faire frissonner Charles.
-Je suis sûr que tu m'as imaginé avec cette robe parce que tu voulais me l'enlever.
-Il serait très malhonnête de ma part de chercher à prétendre le contraire.
Il ne perdait rien de sa concentration et Erik se demanda à quel moment il avait jugé judicieux d'aller se piéger lui-même dans une souricière. Mais d'un autre côté, il n'avait vraiment aucune envie de se tirer de là et Charles prenait un malin plaisir à lui montrer qu'il le savait. Alors que ses mains, manipulées par Charles s'appliquaient à retiré son pantalon, ses doigts glissèrent brièvement sur son bas-ventre. Erik poussa un gémissement étouffé. Il était prisonnier de Charles, prisonnier de son propre corps et prisonnier d'un désir qu'il ne rêvait que de satisfaire.
-C'est à nouveau très déséquilibré, réussit-il à articuler lorsqu'il ne resta plus que sur lui son caleçon.
-Je suis assez d'accord, souffla Charles abandonnant enfin son stupide couvre-lit.
Dès l'instant où Erik eu retrouvé le contrôle de son corps, il s'élança vers Charles, agrippant ses épaules pour le faire basculer sur le lit, l'emprisonnant de son corps. La brève surprise de celui-ci fut très vite remplacée par un sourire gourmand.
-Qu'est-ce que je disais, tu es terriblement impatient.
-Ferme-là, gonda Erik.
Il embrassa Charles profondément. C'était le moyen le plus efficace de le faire taire et également le plus agréable. Charles gémit contre ses lèvres et commença à explorer son corps, avec ses mains à lui cette fois-ci. Ils se sentaient tous les deux électrisés quand leurs peaux nues entraient en contact et la pression de leurs bassins l'un contre l'autre leur faisait voir des étoiles.
Erik posa ses lèvres dans le cou de Charles, puis sur le haut de sa clavicule. Il explora son torse de sa bouche, avant de l'embrasser à nouveau, glissant une main dans sa nuque pour approfondir encore plus le baiser tandis que les mains de Charles exploraient son dos. En peu de temps les maigres barrières de tissus qui restaient entre eux disparurent. Lorsqu'Erik s'éloigna, à bout de souffle, le télépathe s'accrocha à ses épaules comme pour l'en dissuader.
-Tu as peur que je te manque ? s'amusa-t-il.
Une lueur de malice brilla dans les yeux de Charles et avant qu'Erik ne puisse comprendre ce qu'il se passait, il inversa leurs positions d'un habile mouvement de bassin, laissant Erik le souffle coupé et le regard plein d'envie.
-Tu es plus fort que tu en as l'air, haleta-t-il.
-Ça ne devrait pas de surprendre.
Il dégagea une mèche de cheveux rebelle tombant sur les yeux d'Erik avant de l'embrasser à nouveau.
-Tu n'as pas idée de ce que je rêve de te faire, Charles, souffla Erik contre ses lèvres.
-Oh..Si...Si j'ai une vague idée.
Et si Erik continuait à lui projeter ses fantasmes ainsi, il ne tarderait pas à perdre la raison.
-Mais là, tu n'es pas en position de faire quoi que ce soit.
Et pour illustrer ses propos, il commença à explorer le torse d'Erik de sa bouche, descendant toujours plus bas, toujours plus bas, toujours plus bas…
Erik poussa un grondement sourd, enfonçant sa tête dans l'oreiller alors que la bouche de Charles s'activait autour de lui. Il s'agrippa aux cheveux du télépathe comme s'il cherchait à se raccrocher à la réalité, mais le monde autour de lui devenait flou. Il n'avait plus conscience de rien, si ce n'est Charles. Charles et sa langue qui envoyait des étincelles sous ses paupières. Charles et ses mains qui le caressaient avec une dextérité enivrante. Charles. Charles. Charles.
Erik essaya d'appeler son nom, mais sa bouche ne put produire d'autre son qu'un gémissement inintelligible. Il réessaya.
-Charles…
Celui-ci arrêta sa douce torture pour lever les yeux vers Erik. Des yeux plein de luxure qui lui firent perdre le peu de souffle qui lui restait.
Il déglutit avec difficulté, incertain d'être encore en mesure de faire une phrase convenable.
-Viens…,souffla-t-il en faisait glisser ses mains sur les épaules de Charles pour l'attirer à nouveau vers le haut de son corps. Viens-là. Si tu continu comme ça...
L'attente l'avait déjà conduit tout au bord du précipice ; il savait qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour y tomber.
Charles accepta sans discuter.
-Toi aussi tu me rends complètement fou, tu sais, murmura-t-il en réponse à la pensée qui ne cessait de tourner dans la tête d'Erik.
-Je te touche à peine, rétorqua celui-ci.
Et d'ailleurs, il devait remédier à ce problème.
-Tu n'en a pas besoin.
Se passant de mot, Charles embrassa les tempes d'Erik, l'une après l'autre. Ses gestes étaient soudain devenus beaucoup plus doux.
Ils échangèrent un long regard. Il n'y avait plus de défi dans leurs yeux, plus de provocation, plus de jeu du chat et de la souris ; simplement de la passion. Une passion qui les dévorait de l'intérieur.
Et c'est dans cette même passion que leurs lèvres se scellèrent à nouveau, que leurs doigts s'entrecroisèrent et que leurs corps se complétèrent, jusqu'à laisser le plaisir trop longtemps retenu les envahir sans jamais se lâcher.
Plus rien n'avait d'importance.
Plus rien, si ce n'est eux.
-FIN-
J'espère que ça vous a plu :D
C'est très rare que j'écrive ce type de scène hors du contexte d'une histoire plus large parce que ce n'est vraiment pas ce que je maîtrise le mieux, mais là, je ne pouvait pas résister. N'hésitez pas à me laisser votre avis ;)
A bientôt!
Feather in Book
