C'est avec beaucoup de joie que je publie ce texte. Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas été autant inspirée. J'ai adoré Game of Thrones du début à la fin, je suis reconnaissante d'avoir fait l'expérience intense de cette série incroyable.
Étrangement, c'est des morts de Jaime et Cersei dont je n'arrive pas à me remettre ; j'ai trouvé ces personnages tellement profonds et intéressants, que j'ai eu envie de leur imaginer un avenir. L'avenir que leur avait également imaginé Tyrion. Dans ce texte je ne développe absolument pas le-dit avenir (peut-être une prochaine fois) mais j'espère réellement que quelque part, celui-ci existe. Enjoy!
Ils avaient réussi. Ils avaient fui. Quelques années s'étaient écoulées et ils avaient refait leurs vies, ailleurs, ensemble.
Car ils s'aimaient. Ils s'étaient toujours aimés et de cela, de cet amour fusionnel, ils ne pouvaient se passer. L'éloignement était souffrance, la séparation était torture, l'absence cherchait à tout prix les retrouvailles. En dépit de ces faits, les situations avaient parfois eu raison de la présence de l'un pour l'autre. Peu importait ; ils étaient des aimants, des demi-entités qui ne trouvaient leur raison de vivre que dans leur union. Le monde entier pouvait bien penser ce qu'il voulait, le peuple, les seigneurs, les dieux, quiconque ait quoi que ce soit à dire, ils s'aimaient et ne vivaient que pour la puissance de cet amour.
Ils avaient eu trois premiers enfants, dont les destins s'étaient révélés tragiques. Ce n'était guère étonnant pour l'aîné, un sale gosse impérieux, avide de pouvoir et de violence, trouvant son plaisir dans les tortures qu'il infligeait aux autres. Un monstre, que la mort était venue prendre justement.
C'était cependant injuste pour la seconde, une fille, d'une douceur et d'une gentillesse incomparable, empoisonnée par cette salope d'Ellaria Sand, pour qui Cersei avait trouvé un châtiment à la hauteur de sa propre douleur. Cela lui avait permis, les nuits de trouble et d'anxiété, de trouver un peu d'apaisement pour son cœur et son esprit. Quoique l'effondrement du donjon rouge ait rapidement mis fin à la sentence… Mais il restait satisfaisant d'avoir eu, lors d'un instant, le pouvoir d'infliger à cette meurtrière une souffrance abominable.
Quant à son dernier né, il avait mis fin à ses jours après avoir assisté depuis la fenêtre de sa chambre à l'explosion du sanctuaire, dans lequel se trouvait alors sa femme, la reine. Cersei s'en tenait responsable. Cela avait été insupportable à s'avouer, elle avait mis du temps ; mais son dernier fils était bel et bien mort par sa faute. Seul Jaime pouvait la consoler quand, à cette pensée, elle se mettait à pleurer des heures durant.
Aujourd'hui, tout cela n'importait plus. Ils avaient réussi. Ils avaient fui. Quelques années s'étaient écoulées depuis leur fuite de Westeros et ils avaient refait leurs vies, ailleurs, ensemble.
Jaime et Cersei Lannister, demi-entités qui s'aimaient au-delà de tous les préjugés et les malheurs du monde, trouvaient à présent leur raison de vivre dans la naissance et l'existence de leur quatrième enfant. Et dans le rêve de lui offrir une vie meilleure, bien meilleure que celles de ses précédents frères et sœur.
C'était un petit garçon.
Ils l'avaient nommé Tywin.
