Hellow!
Ce qui suit est une Songfic, qui m'est tombée dessus avec une force s'apparentant à celle de Mjöllnir, et qui n'a voulu me laisser respirer qu'après que j'ai couché ces mots sur papier. En la retapant sur l'ordinateur, j'ai eu du mal à me décider s'il fallait que je la publie ou non puisqu'il ne s'agit pas du tout de la manière dont j'écris habituellement et que je tâtonne un peu à l'aveugle sur ce terrain...
Finalement, je vous la livre, en vous confiant qu'elle m'est venue probablement à cause du contexte actuel, que je l'ai écrite très (très) rapidement, et qu'elle n'a pas encore eu de correction (j'aurais certainement changé d'avis si jamais je l'avais fait Ahah).
Vous comprendrez assez vite qu'elle n'a rien de bien drôle, au contraire... Peut-être ne pas le lire si vous avez déjà le cafard?
Disclaimer: Les personnages et l'univers de Harry Potter ne m'appartiennent pas. Ils sont à la talentueuse JK Rowling, qui nous laisse aimablement les emprunter.
Les paroles de la chanson "Partis avant d'avoir tout dit", appartiennent à Jean-Pierre Lang, la musique est composée et chantée par Pierre Bachelet. N'hésitez pas à l'écouter avant, pendant ou après votre lecture.
Partis avant d'avoir tout dit
La bataille a fait rage pendant près de six heures. Six heures où le bien s'est battu contre le mal. La lumière a finalement pris le pas sur l'obscurité, mais cela a eu un prix inimaginable. La grande salle est pleine à craquer. Les pleurs résonnent, à droite, à gauche, devant et derrière lui. Qu'importe où il tourne la tête, il voit des gens connus et d'autres moins verser des larmes pour un frère, une sœur, des parents, ou des amis. Lui n'a personne de trop proche à pleurer. C'est chanceux et douloureux à la fois. Rassurant, peut-être, penserez- vous? Pour lui, pas vraiment. C'est le cas simplement parce que les personnes qui lui étaient chères ont déjà été emportés, plus tôt, à cause de cette même guerre.
Neville avance donc au milieu de ces corps, installés sur des civières d'appoint, en essayant de ne pas les compter, en vain. Il voit leur visage, leurs yeux fermés, repense à leur sourire et ne peut s'empêcher d'imaginer la vie qu'ils ont tous perdus cette nuit.
Ils avaient le cœur en bleu
Ils avaient le temps, la vie devant eux
Mais l'éclair, le tonnerre leur a fauché
Leur jeunesse et leurs idées
Un peu plus loin, un jeune homme aux cheveux roux est accroupi près du corps de son frère. Bien sûr, il n'est pas le seul. Ce garçon, si jeune, vient d'une famille nombreuse. Il avait beaucoup d'amis. Dans chaque regard on peut ressentir la peine que cette famille éprouve. Cependant, celle qu'on lit dans les yeux de Georges est indescriptible. Il a perdu son jumeau ce soir. Son meilleur ami, son reflet, cette autre face de lui-même. Ils avaient passé toute leur vie ensemble. Ils ne s'étaient jamais quittés, jamais disputés. Même lorsqu'ils étaient tombés amoureux de la même fille, rien n'avait changé entre eux. Ils avaient cinq ans lorsqu'ils s'étaient faite cette promesse. Toujours être là pour l'autre, quoi qu'il arrive.
Georges était près de lui quand cela s'est produit. L'éclair l'a frappé sans qu'ils ne s'y attendent. Fred a plaisanté, certainement pour dédramatiser la situation, une blague, comme à son habitude. Ils riaient et ça a été fini. Son propre rire est mort avant même que son double ne se rende compte de ce qu'il se passait.
Dans le couloir sombre de cette école qui les a vu grandir, Georges lui a pris la main. Il ne l'a pas lâchée une seule seconde depuis. Il a été fidèle à son serment. Jusqu'au bout.
Une phrase interrompue
Ce rire étonné qu'on n'entendra plus
Souvenirs d'avenir
Stylo brisé, ils avaient priorité
Seul dans un coin de la Grande Salle, Gregory retient ses larmes. Des aurors ont emmené son père. Il passera la nuit à Azkaban, probablement. Il reviendront pour lui. C'est certain. Logique aussi. Il fait parti des méchants de cette guerre. Il n'a pas tué, mais c'est tout comme. Il a aidé à la préparation de l'attaque. Il a aidé ces hommes, les amis de son père, le Seigneur des Ténèbres a entrer dans l'école. C'est un peu de sa faute aussi.
Il les regarde pleurer leurs morts et lui, la seule chose qu'il souhaite, c'est simplement en faire autant. Portant, il ne pense pas en avoir le droit. Les aurors vont arriver et personne ne lui demandera s'il va bien. Il ne se fait pas d'illusion. Personne ne le fera, parce qu'il appartient à l'autre camp. Comme son meilleur ami. Parce que c'est un peu de leur faute, aussi.
Plus il y réfléchit, plus il se dit que c'est compréhensible que personne ne semble se préoccuper de sa présence dans la pièce. Peut-être est-ce normal aussi que personne ne se rende compte de l'absence de Vincent?
Son meilleur ami, est parti lui aussi. Celui avec qui il a partagé sept ans de sa vie, avec qui il allait voler des pâtisseries aux cuisines deux à trois fois par semaine et qui l'encourageait à poursuivre les cours malgré les difficultés. Celui qui lui manque déjà. Cette chose merdique qu'est la guerre l'a emporté, comme ces milliers de gens. Mais qui s'en souciera? Qui saura que Vincent ne voulait pas rejoindre Vous-savez-qui? Qui saura que Vincent voulait voyager, découvrir d'autres cultures, d'autres coutumes. Il souhaitait fonder une famille. Il voulait une fille, pas un héritier. Il ne voulait pas être comme son père.
Mais de tout cela, personne ne s'en inquiétera. Alors, Grégory laisse couler les rivières salées le long de ses joues, parce que lui a connaissance des rêves de Vincent. Parce que lui sais qu'aujourd'hui tout est fini pour lui.
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir aimé
Avant même d'avoir fini de commencer
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir chanté
D'avoir fait le tour des années
D'avoir fait l'amour
D'avoir tout donné
Dennis Creevey traverse la salle commune des Gryffondors à toute vitesse. Il ne veut pas perdre de temps. Le professeur McGonagall l'attend dans son bureau. Ses parents savent, maintenant. Il doit être là pour eux. Ils ont perdu leur fils. Leur petit bébé. Sa mère les appelle toujours comme ça, lui et Colin, malgré qu'ils soient désormais adolescents.
Il ouvre la porte du dortoir des sixièmes années et avance vers le lit de son frère. Il sait duquel il s'agit, il y est venu à plusieurs reprise déjà pour demander conseils ou juste pour discuter avec Colin.
Il prend rapidement la valise au cuir usé sous le lit et y fourre tout ce qu'il trouve. Il ne prend pas le temps de plier les vêtements jetés sur le lit ou de faire le tri dans les documents présents dans la table de chevet. Il le fera plus tard, probablement. Il n'oublie pas les couvertures, dont la bleue claire que sa mère a tricoté tout un été juste avant sa rentrée en première année. Son frère ne s'en été pas séparé. Il se tourne vers le bureau. Les gryffondors sont désordonnés. C'est un fait. Et Colin en est.. en était un excellent spécimen. Un vrai bric-à-brac se trouve devant lui. Comme pour le tiroir de la table de nuit, il décide de tout mettre dans le bagage. Il lui faut plusieurs minutes pour voir ne serait-ce qu'une parcelle du bois foncé du bureau.
Il se dépêche de continuer sa tache. McGonagall lui a dit que ce n'est pas nécessaire, qu'il aurait bien le temps de venir récupérer ses affaires. Mais lui ne veut pas revenir. Il veut partir d'ici et juste... oublier? Non. Pas oublier. Ça, il ne le pourra pas. Il ne le pourra jamais.
Quand il relève la tête, son regard se pose sur les photos. Ces photos qu'aime... qu'aimait tant Colin.
Parmi les milliers qui jonchent le mur, certaines montrent des souvenirs dont il se rappelle à peine. Une, peut-être remontent à leurs vacances en Irlande, d'il y a deux ans. Il n'en est pas sûr. De tous les clichés, une scène attire son attention. Sur celui-ci, ils sont assis, tous les deux, sous le saule cogneur. Ils se ressemblent. C'est ce que les amis de leurs parents ont toujours dit d'eux.
L'arbre agitait vigoureusement ces branches autour d'eux, manquant des les frapper à chaque seconde. Dennis se souvient de ce jour. Trois semaines après sa rentrée à Poudlard, Colin a voulu faire cette photo pour lui prouver qu'en sa présence, il ne risquait aucun danger. Il a eu raison, ils sont rentrés au château sans une égratignures en brandissant fièrement les deux photos identiques.
Dennis décroche délicatement l'image du mur et se laisse tomber sur la chaise, la valise glissant lourdement au sol. Le regard embué, il serre de toute ses forces la photo contre son cœur.
Il ne sait plus où il a rangé la sienne.
Dans sa chambre où tout l'attend
Il a laissé là ses cours d'étudiant
Une photo quelque part
Dernières vacances
Qui vous dit
Dans le silence :
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir aimé
Avant même d'avoir eu la vie pour exister
Partis avant d'avoir tout dit
Hermione n'a jamais apprécié Lavande (1). Elle ne la déteste pas non plus. On peut dire qu'elle lui a été indifférente, la plupart du temps. Elle l'a souvent trouvée insignifiante. En vérité, Hermione ne sait pas ce qu'elle ressent pour cette fille. Elle repense à la désagréable façon qu'elle avait d'appeler son petit ami "Ron-Ron" et à sa manière de toujours vouloir attirer l'attention sur elle. Elle est désolée d'avoir appris qu'elle est morte, mais sans plus. Elle ne le pleure pas. Elle a d'autres personnes à pleurer. Fred, Tonks, le professeur Lupin... Toutes ces personnes qui sont bien plus importantes à ses yeux. Elle se trouve soudainement monstrueuse de penser cela. Après tout, elle n'a jamais prit la peine de connaitre Lavande.
Pour quelle raison se retrouve t-elle dans les dortoirs des filles de gryffondors? Par nostalgie, probablement. Elle les a quitté depuis trop longtemps. Rien a changé. Les lits sont toujours à la même place, les draps sont toujours les mêmes, les rideaux en velours rouge sont tirés au quatre coin, comme avant. Comme toujours. Comme si la bataille n'a jamais eu lieu et que ces matelas attendent juste sagement que leur propriétaires viennent s'y allonger pour récupérer de leur journée.
Hermione n'est pas seule dans la pièce. Dans le fond, assises à même le sol, Padma tente vainement de consoler sa sœur. Pavarti a les yeux rougis mais pas humides. Elle regarde simplement dans le vide, les bras serrés contre sa poitrine.
L'espace d'un instant la gryffondor songe que sa camarade de classe n'a probablement plus de larmes à verser. A voir, le regard désolé de sa jumelle, elle ne doit pas avoir tord.
Sans un mot, Hermione se laisse tomber à côté des jeunes filles et passe son bras autour des épaules de Parvati. Elle échange un regard avec Padma, qui lui sourit, soulagée de ne plus être seule. Elle remarque seulement là le carnet à la couverture rose que garde précieusement Parvati.
- C'est le journal de Lavande, murmure sa sœur à son attention.
Hermione n'a jamais apprécié Lavande, mais Lavande était la meilleure amie de Parvati.
L'encre sèche dans l'encrier
À qui le courage de le refermer ?
Ce qui reste sans eux, c'est encore eux
Ça vous brûle au fond des yeux
Harry s'effondre quand on lui annonce le décès de Remus. Ce professeur qui lui appris à se défendre avec acharnement et qui lui a prouvé que la tolérance était le meilleur atout de l'homme. Cette même personne qui l'a consolé, qui l'a conseillé lorsqu'il en a eu besoin. Cet homme devenu cet ami, qu'il a appris peu à peu à aimer comme un membre de sa famille. Le dernier lien qu'il avait avec ses parents. Avec Sirius. Emporté lui aussi parce qu'il n'a pas réagi suffisamment vite. S'il s'était rendu plus tôt à Voldemort, peut-être que Remus aurait été encore vivant? Peut-être que Tonks aurait-elle pu rester près de son fils au lieu de se jeter dans la bataille? Et Fred? Aurait-il put éviter cette souffrance absolue aux Weasley?
Hermione lui dit de ne pas penser aux "si", que ça le briserait plus qu'autre chose, puis disparaît.
Elle veut prendre l'air. Il voudrait la suivre, mais il ne peut pas. Il est comme pétrifié. Il voit défiler devant ses yeux tous les brancards, toutes les personnes qui ont laissé leur vie ce soir. Il évite de penser à ceux qu'il ne voit pas, qu'il ne connait pas.
Il sait que demain, il sera soulagé, heureux que ce soit terminé. Mais ce soir, Harry ne peut juste pas.
Remus est parti, laissant un fils derrière lui, comme ses parents à lui l'ont fait il y a des années. Remus est parti en le laissant, lui aussi. Une part de lui est en colère. L'autre partie, et bien, le trouve égoïste de l'être.
La guerre est terminée mais un autre combat commence.
Andromeda va arriver, avec elle ce bébé, ce petit garçon, qui n'a maintenant plus de parents pour veiller sur lui. Elle ne va pas tarder, alors il doit se ressaisir. Il doit être fort. Il le doit, parce que Teddy aura besoin de lui. Demain, dans un mois, dans dix ans. Il se doit de l'être parce qu'il faut que quelqu'un lui dise que ses parents sont morts en faisant preuve d'un courage exceptionnel. Qu'ils ont mis leur vie en péril pour en sauver des milliers. Il faut qu'il le sache. Ses parents sont des héros.
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir aimé
Avant même d'avoir écrit ce qu'ils étaient
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir chanté
D'avoir fait le tour des années
D'avoir fait l'amour
D'avoir tout donné
Partis avant d'avoir tout dit
Partis avant d'avoir aimé
Avant même d'avoir fini de commencer
Partis avant d'avoir tout dit
(1)Habituellement, je m'appuie au maximum sur le livres et non sur les films. Cependant, le paragraphe concernant la mort de Lavande m'est venu et n'a pas voulu me lâcher, je l'ai donc laissé. Pour ceux qui n'auraient pas vu les films, Lavande y est tuée par Greyback alors que dans les livres, elle est seulement blessée au visage.
