Machiavellianism & romance
Lorsque je l'ai connu j'ai cru devenir folle. Tout ce à quoi je tenais fut remis en question à cause de lui. Lui qui dès que j'ai croisé son regard, m'a totalement hypnotisée, chamboulée, renversée. Ce fut une histoire vraiment étrange et quelque fois j'y repense…
Il m'a tellement changé si vous saviez, j'étais froide très froide et j'aimais ça oh oui que j'aimais ça. Cependant il m'a montré une autre manière de vivre, une plus douce, une qui me répugnait au début, que je ne pouvais concevoir.
Paul, car c'était lui est devenu bien vite mon obsession, une obsession macabre. Je voulais le posséder tout entier. Il était ma proie, mon loup pourtant j'aimais un autre homme. Mes sentiments étaient faussés, j'étais perdue.
J'ai voulu mourir, car je n'acceptais absolument pas ce que j'étais en train de devenir. C'était interdit, interdit par nature. Lorsque l'on est un sang froid si on aime c'est pour la vie. J'étais l'exception, l'unique créature capable de contourner cette règle.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé.
Je ne voulais pas jouer avec eux, je les aimais tous les deux mais mon cœur avait des sentiments plus forts pour l'un surement à cause de sa magie antique. L'autre ne pouvait le supporter et je ne lui en voulu pas. Je me détestais, ma vie était devenue un cauchemar. Tout ça à cause de cette guerre qui au début ne nous regardait pas.
Chapitre I
Florence, Italie.
Quelle fut notre surprise de recevoir une missive tout droite venue d'Amérique de nos vieux amis les Cullen. Mes yeux s'attardèrent longuement sur le bout de parchemin tandis que je réfléchissais à vive allure. Sa demande était très claire, précise et surtout dangereuse. Mon fiancé, son frère et moi-même étions conviés à venir en urgence à Forks là où se préparait une guerre contre les Volturis.
Volterra n'était qu'à quelques kilomètres de chez nous et déjà Aro devait être au courant que Carlisle nous demanderait expressément de l'aide.
Je descendis les escaliers à toute vitesse et m'empressais de trouver Ian. Il était dans le bureau et lisait tranquillement la presse.
Dès qu'il sentit ma présence, il leva la tête et fronça les sourcils. A ma tête, il dû voir que quelque chose n'allait pas. Soucieux il décroisa les jambes et enleva ses lunettes. Se levant d'un seul et même mouvement, il fut près de moi en un rien de temps. Je lui montrai la lettre et il la lu derechef.
_ Mon aimée, l'heure est grave…
_ Certes et Aro doit surement être au courant, il faut partir Ian, nous ne sommes plus en sécurité chez nous. Il faut prévenir Adriano tout de suite.
_ Calme- toi mon amour, je suppose que nous n'avons plus le choix. J'ai une dette infinie envers Carlisle, jadis il m'a sauvé la vie, je lui dois ça.
_ Nous devrons nous battre Ian, peux-tu endurer ça ? Y penses-tu ? Et si nous mourrions… après une si longue existence mourir comme cela peut sembler bien amère… et si tu mourrais pourrais-je le supporter ?
Il me prit tendrement mes mains et y déposa un baiser sur chaque paume.
_ Là où je vais partout mon frère me suivra et tu le sais très bien, quand à toi mon amour ne me demande pas de subir la vision de ta mort. C'est hors de question que tu te battes. Je te protégerai jusqu'à la mort.
_ Oh non Ian, tu me connais très bien tu sais que je ne suis pas une potiche. Je me battrai pour la survie de notre race même pour une guerre qui n'est pas la notre. Maintenant excuse- moi je dois aller préparer mes affaires. Un long voyage nous attend, de plus on ne peut même pas voyager par transport humain, ils doivent tout surveiller à présent.
Il me jeta un regard en biais et balaya toute ma silhouette. Ce sourire que je ne connaissais que trop bien me fit perdre tous mes moyens, comme toujours.
_ Mi amor, ho voglia di baciarti… (Mon amour, j'ai envie de t'embrasser) me déclara t-il en chuchotant.
Si j'avais été humaine, mes joues se seraient surement embrasées. Que j'aimais cet homme, grand brun, yeux d'un bleu incroyablement clair presque azur. Il ne portait que de sombres costumes parfaitement assortis et d'un chic hors pair. Quelques mèches tombaient élégamment sur son front et parfois dans un temps infini mes mains se perdaient dans sa chevelure aussi douce que son amour pour moi.
Depuis toujours tout était passionnel entre nous, je ne saurais comment l'expliquer mais il savait toujours ce que je désirais et faisait tout pour que je l'obtienne. J'étais le vampire la plus aimée et choyée de toute la terre. Son amour inconditionnel pour moi n'avait pas de limite et il me comblait tellement, me demandant toujours la permission lorsqu'il voulait faire quelque chose. Sauf aujourd'hui.
Tout dans mon existence semblait facile tant qu'il était avec moi. Il m'attrapa par les hanches et me ramena doucement vers lui. Ma main s'attarda doucement sur une de ses joues que je caressai amoureusement. Mon regard s'encra ensuite dans celui si bleu de mon aimé.
_ Baciami Ian dis-je en souriant à mon tour.
Il ne se fit pas prier deux fois et tel un film à l'eau de rose approcha ses lèvres tentatrices des miennes et m'embrassa doucement.
_ Je vais prévenir Adriano, tiens toi prête dans une demi heure, nous devons partir pour Forks au plus vite.
_ Bien, cette demeure me manquera répondis-je avec tension.
_ Nous reviendrons peut-être …
_ Ne me mens pas Ian, pas à moi s'il te plaît. Ne m'épargne pas tes pensées, je ne suis plus une enfant. J'ai peut-être l'air d'une jeune fille mais j'en ai marre d'être traitée de la sorte… commençais-je à m'énerver.
Il baissa quelque peu la tête.
_ Excuse- moi mais je ne veux pas qu'il t'arrive quoique ce soit.. Je ne le supporterais pas… Tu le sais.
_ Ti amo Ian dis-je avant de monter les hautes marches du manoir.
Sa bonté me touchait mais à chaque fois elle m'énervait. J'attrapai deux grosses valises poussiéreuses et y mis tout ce dont j'aurais besoin à Forks, c'est-à-dire toute ma garde robe. En pensant à ça je me rendis compte que je n'avais pas vu Alice depuis une éternité et que cela me ferai du bien de revoir mon amie.
Je soupirai, cette guerre ne nous appartenait pas et pourtant Ian s'y plongeait les deux pieds dedans sans réfléchir.
Les vampires et leurs stupides codes de morale… Peut-être n'aurons- nous pas à nous battre après tout, je faisais confiance à Carlisle pour régler les choses, en adultes, en hommes civilisés.
J'adaptai une tenue décontracte et descendis activement. Mes deux vampires préférés m'attendaient déjà en bas. Adriano leva les yeux au ciel lorsqu'il vit mes bagages et je fus faussement gênée lorsque je vis qu'ils n'avaient qu'un sac.
_ Rose, on ne peut pas dire que tu voyages léger.
_ Oh mais vous n'irez nulle part dit une voix tapis dans l'ombre.
Alertée je me tournai vers le nouvel arrivant. Mes sens furent en alerte. Je reconnu de suite la longue cape rouge et noire. Alec et sa sœur Jane se tenaient devant notre porte, parfaitement immobiles. Un sourire carnassier se dessinait sur leurs lèvres. A ce moment précis je su qu'on était mal, très mal.
Règle numéro une, ne pas provoquer les Volturis, règle numéro deux, ne surtout pas provoquer Jane, règle numéro trois ne pas la regarder dans les yeux.
_ Quelle coïncidence mes amis que vous nous quittiez alors que nous venons juste d'arriver Dit Alec.
_ Effectivement, nous partons en vacances. Nous nous apprêtions à partir sur l'heure répondit Ian impassible en scrutant avidement sa montre à gousset.
_ Aro avait prédit votre implication dans nos affaires avec les Cullen ajouta subitement Jane en se rapprochant de nous.
_ Je ne vois pas de quoi tu parles Jane dit calmement Adriano.
Jane vit rouge. Elle se doutait que l'on se moquait d'elle. Je fronçai les sourcils car Adriano nous mettait en danger.
_ Calmez- vous ordonna Ian de sa voix forte, qu'êtes- vous venu faire ? Que nous veut Aro ?
_ Trois fois rien, votre promesse d'honneur que vous allez rester sagement dans votre petit château de Florence et que vous laisserez les Volturis régler cette histoire avec les Cullen.
_ Sottise ! Répliqua sèchement Adriano. Aro veut supprimer tous les témoins qu'il croit potentiellement dangereux contre sa personne.
_ Cela veut –il dire que vous refusez d'obéir aux ordres ? Commença Jane d'une voix doucereuse.
Adriano se posta droit devant elle. Là on allait vraiment mal. Bien qu'ils avaient été amants jadis ne pouvaient –ils pas régler leurs différents ailleurs ?
J'intervenais, c'est d'une voix extrêmement froide que je m'adressais aux deux Volturis.
_ Jane, Alec, nous prenons congé. Si Aro croit que nous sommes une menace pour lui c'est que sa garde n'est pas encore assez puissante pour le protéger.
Elle siffla de rage et essaya de capter mon regard. Tremblante elle se tourna subitement vers Ian qui ne pu esquiver. Hurlant à la mort, il s'affaissa au sol et je ne pu qu'assister impuissante à cette horreur.
_ Laisse –le hurlais-je en sautant sur elle.
Alec surprit lança sa fumée noire sur les deux hommes. Ian se releva doucement sous la douleur, tous ses muscles étaient meurtris à cause d'elle. Toujours sur Jane je la ruais de coups. Ce qu'elle avait fait à Ian était impardonnable.
La fumée continuait son chemin, elle était en train d'aveugler Ian et Adriano, je devais faire quelque chose ! Je tournai la tête, tout se passa très vite. Utilisant mon don je fis bouger non sans mal le gros chandelier de l'arrière grand-père qui vint se fracasser contre la boite crânienne d'Alec. Ce-dernier fut propulsé contre le mur qui se fracassa sous le choc.
Cette diversion nous permis de partir aussi vite. Jane accourut vers son frère et grogna de rage.
Ian ne cessait de regarder derrière lui paniqué. On avait eu chaud cette fois-ci. C'était quand même d'un ridicule, nous des vampires étant traqués et ayant une peur bleue d'autres vampires.
_ Ian ils ne nous suivrons pas, pas tout de suite. Ils vont attendre le bon moment. Ils vont d'abord s'empresser de faire le bilan à Aro.
_ J'approuve mon frère.
_ Est-ce que tu vas bien ? Lui demandais-je
Il se doutait que je ne lui demandais pas ça pour des quelconques blessures mais plutôt pour l'altercation avec Jane.
_ Oui… Mais quelle étrange sensation dit –il en baissant la tête.
Cette rencontre l'avait perturbé. Aro savait ce qu'il faisait. Il avait fait exprès d'envoyer Jane c'était évident.
_ Nous les avons beaucoup énervés dit Ian sombrement, nous n'avons plus notre place à Florence. Cette fois nous n'avons plus d'autre choix que de partir chez les Cullen.
_ C'est ce qu'Aro désir Ian lui dis-je.
_ N'ais crainte mon amour, tout ira bien me répondit-il alors avec une voix que je ne connaissais que trop bien.
Désormais notre jolie Florence nous paraissait bien lointaine. Et jamais plus nous ne pourrons revenir.
Chapitre II
Nous fîmes un voyage d'une semaine entière. Une longue et tortueuse semaine où je crus défaillir. Qu'allions- nous devenir loin de notre belle Italie ? Je ne pouvais concevoir notre vie ici. Nous venions d'arriver à Seattle. Le ciel était gris et la pluie ne cessait de battre violemment. Mes cheveux étaient trempés, mes vêtements collés à ma peau et c'était très désagréable.
Nous n'avions pas eu le temps d'annoncer notre venu aux Cullen. Ils ne s'attendaient donc pas à ce que nous rejoignons leur armée. J'espérais secrètement qu'Alice ait vu notre arrivée.
_ Ne sois pas triste mon amour. La simple vue de ton chagrin m'est insupportable.
_ Je ne le suis pas, je suis simplement agacée. J'aime énormément les Cullen mais notre vie est à présent détruite pour une cause qui ne nous concerne pas. Dis-je sombrement.
Il me prit doucement dans ses bras et je posai ma tête contre son torse si froid.
_ Tant que nous serons ensemble ne crains rien, je te protégerai quoi qu'il m'en coûte.
_ Je sais répondis-je alors qu'il me baisait le front.
Nous prîmes prudemment le bateau jusqu'à Forks et arrivâmes bien vite. J'étais quelque peu pressée d'arriver. Nous n'étions pas non plus en sécurité chez les Cullen mais plus nombreux nous aurions peu être une chance de nous protéger au mieux.
J'étais désespérée, quel monde à part… Toute cette verdure, ce temps atrocement humide… Peut-être que je ne m'y ferais jamais.
Ian me sortit de mes songes en me faisant un magnifique sourire.
_ Nous sommes arrivés mia principessa.
_ Oui dans le désespoir d'un nouvel avenir répondis-je.
_ Peut-être que tu t'y feras vite, plus vite que tu ne le penses me dit Adriano.
Je hochai de la tête, effectivement, je ne savais rien de la vie ici.
_ Nous allons passer par la forêt, c'est je crois le chemin le plus rapide pour atteindre la demeure des Cullen dit Ian sagement.
Je n'étais pas très rassurée, j'avais depuis quelques minutes l'impression qu'on nous surveillait. Je ne cessais de jeter des regards en arrière lorsqu'Adriano m'interpela.
_ De quoi as-tu peur Rose ? Nous sommes les bêtes les plus effrayantes de cette for...
Hélas il n'eut pas le temps d'achever sa phrase que nous nous fîmes attaquer par d'énormes bêtes. Je n'avais donc pas été folle. Ian se mit derechef devant moi en position de défense. Nous aurions dû courir. Qu'était-ce encore donc que cela ? Des chien-loup de la taille d'un ours ? Etait-ce une blague ? Est-ce qu'on se moquait de nous ? Si c'était le cas cette plaisanterie n'était pas bonne du tout !
Quatre loups nous encerclaient, c'était perdu d'avance ! Quoique... Ian me tira violemment pour que je grimpe en haut des arbres et nous continuâmes notre route en hauteur, les loups nous suivant toujours.
J'haletai les ennuis ne faisaient que commencer dirons- nous... J'étais un puissant vampire, ce n'était que de vulgaires loups après tout ! J'en avais assez de tout ça, de tous ces ennuis depuis cette fameuse lettre. Je m'arrêtai et descendit de mon arbre. Ian hurla lorsqu'il me vit en bas.
Les loups m'entourèrent alors. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais mais tout ce que je savais c'était qu'ils étaient écœurants et d'une puanteur atroce. Le plus petit, le plus nerveux me sauta soudain dessus. Rassemblant tout mon courage, d'un geste habile de la main je l'envoyai se balader sur l'arbre le plus proche. Mes prunelles étaient rouges sang et je sentais l'adrénaline monter en moi. Cela faisait longtemps que je n'avais pas fait un réel combat. Cela me faisait du bien. Le loup émit une plainte, je l'avais assommé surement. Je décidai de ne pas me retourner.
Un autre s'avança babines retroussées, un noir de jet avec un pelage luisant. Ces loups étaient franchement étranges. J'allai avancer lorsqu'un autre plus grand se mit devant le noir. Celui –là grognait plus fort encore. Il devait attendre le moment de tuer un vampire depuis un bout de temps.
Malgré moi je l'inspectai vite du regard, il était d'un brun caramel magnifique. Sa posture bestiale me semblait incroyablement virile. Son regard était de braise et me regardait avec curiosité sans pudeur, il me transperçait.. Il semblait étrangement... humain.
_ Rose me cria Ian, je t'en pris allons- nous –en nous devons à tout pris rejoindre les Cullen vivant !
Rien, c'est comme s'il n'y avait rien autour de nous, ce loup et moi. Son regard me captiva tellement que je ne sentis pas Ian me tirer en arrière. Le loup ne bougeait pas et nous partîmes en toute hâte. Etrangement ils ne nous suivirent pas.
_ Mais quelle folle idée t'es rentrée en tête Roseria ! Hurla Ian en me prenant par les épaules.
Il me secouait comme un prunier et je n'aimais pas ça. Il m'énervait chaque fois qu'il faisait ça. Je n'étais pas sa fille. Même s'il me considérait comme l'objet le plus précieux du monde j'avais le droit de prendre mes propres décisions.
_ Ian je suis assez grande pour me défendre toute seule contre un quelconque danger m'écriais-je !
_ Pas assez contre quatre loups, tu es partie droit dans leur gueule ! Veux-tu me faire souffrir à ce point ? Qu'ais-je donc fait pour mériter ta soudaine méchanceté ?
Je fus outrée par de tels propos. Je lui passais devant et continuai la route jusqu'à la grande villa. Je décidai de ne plus lui adresser la parole jusqu'à ce qu'il s'excuse.
Adriano se moquait de nous mais qu'il n'oublie pas l'épisode avec Jane, je ne manquerai pas de le lui rappeler à l'occasion.
J'avançais la tête droite et bien vite nous vîmes les immenses baies vitrées. Alice apparut et je souris imperceptiblement. A sa hauteur je la serrai fort dans mes bras.
_ Nous sommes tellement heureux que vous soyez venus si vous saviez. Mais entrez venez vous reposer. Nous dit –elle.
_ Ce n'est pas de refus répondit Ian poliment.
Il me passa une main dans mon dos et nous entrâmes dans la demeure. Elle était somptueuse. Tout était différent de notre château à Florence et j'en fus surprise.
Carlisle vint à notre rencontre et nous serra fort dans ses bras également.
_ Mes amis, je suis tellement navré pour ce qu'il vous est arrivé à Florence. Tout est de notre faute.
Ian lui tapota gentiment l'épaule.
_ Ne t'inquiète pas, nous sommes en vie.
_ Pour l'instant répondit Adriano sombrement.
_ Carlisle, nous venons de nous faire attaquer par des étranges loups géants dis-je, votre pays est tellement bizarre...
Bella porta ses mains à sa bouche. Quelque chose de grave était-il arrivé ?
_ Vous avez rencontrez la meute des Quileutes, nous sommes navrés mais si nous avions pu prévoir votre arrivée... commença Carlisle
_ Ce sont des indiens de la réserve continua Edward, des loups modificateurs ils changent leur apparence quand bon leur semble pour protéger leurs terres. Ils sont avec nous pour cette guerre...
_ Tu n'es pas sérieux Edward criais-je des loups dans nos alliés? Avez- vous tous perdu la tête ?
_ Rose s'il te plaît commença Ian.
_ Non ! Toi tu m'écoutes ! Depuis une semaine j'ère à travers les continents tout ça parce que tu as décidé pour nous trois dis-je en désignant Adriano que nous devions participer à une guerre qui n'est pas la notre ! Nous avons bien faillit mourir à cause de Jane et Alec et ensuite nous nous sommes fait attaqués par des mortels qui peuvent se changer en loups ! S'en est vraiment trop pour ma pauvre tête, excusez-moi mais je monte pour me calmer un peu.
Tous baissèrent la tête et Ian y compris. Soit il avait honte de mon comportement, soit enfin il se rendait compte que ces derniers jours avaient été vraiment pénibles et que à la moindre remarque j'étais susceptible de m'enflammer.
Je montai et m'assis sur un canapé. Tout ce qui arrivait, était aberrant. De là haut j'entendais quand même leur voix.
_ Sam le chef de la meute que vous avez croisé n'a pas encore répondu favorable à notre appel... Il ne vous a pas suivit par respect pour nous surement mais la prochaine fois je pense qu'il ne vous loupera pas. Il y a deux meutes, dû à la naissance de Renesmée une menée par Jacob que vous rencontrerai ce soir. Sa meute n'est composée que de trois membres mais dû à la soudaine venue massive de vampires à Forks, de nouveaux loups sont nés et il les a recueillit.
_ J'aurai ce Sam à l'œil dit Ian hargneusement. Tu sais bien mon ami que je serai toujours de ton côté, je me battrai pour toi, je t'en dois une fière chandelle pour notre dernière bataille ensemble tu te souviens ?
_ Oh oui rit Carlisle.
_ Maintenant excuse-moi je vais aller rejoindre ma douce fit Ian poliment.
Il monta les escaliers doucement et me rejoint. Assise sur ce divan mon regard scrutait le vide, je déprimais.
_ Mon amour...
Je ne répondis pas mais je savais qu'il fronçait les sourcils n'aimant pas être ignoré de la sorte.
_ Rose, écoute –moi, je m'en veux terriblement de tout le mal que je peux bien te faire dit-il en me prenant une main. Tout ce que je veux c'est que tu vives...
_ Mais nous sommes déjà mort Ian répondis-je malgré moi.
Il soupira d'exaspération.
_ Je n'ai pas voulu tout cela tu le sais bien. Si nous étions restés même innocent, Aro nous aurait tués enfin au moins mon frère et moi puisque ton don l'intéresse. Je ne supporterais pas être loin de toi mi amor. Dit-il en me prenant mon visage dans sa main.
Mon regard croisa le sien, je le trouvais magnifique, comment résister à l'homme que l'on aime profondément ? J'attrapai sa nuque et déposai mes lèvres sur les siennes. Il répondit à mon baiser amoureusement et je fus comblée.
_ Tu me pardonnes ?
_ Comment te résister ?
_ Tu ne peux pas me dit –il ponctuant ses dires d'un regard malicieux.
_ Un jour peut-être j'y arriverai dis-je en souriant machiavéliquement.
Il me fit une moue adorable. Je soupirai et me levai. Carlisle voulait nous présenter ses amis, ceux qui avaient répondus présents pour cette guerre. Aller, allons voir ces imprudents.
_ Je voulais à tous vous dire un grand merci mais il n'y a aucune obligation de rester. Cette guerre peut mal tourner, je ne voudrais pas que vos clans soient décimés par notre faute. Si certains veulent partir je ne les retiendrai pas...
_ Carlisle sauf ton respect où veux-tu que l'on aille ? Nous serons traqués et tués par les Volturis. Désormais plus aucun lieu n'est assez bien pour notre sécurité.
_ Tu as raison mais je tiens à dire que je ne force personne. J'espère sincèrement que nous n'aurons pas à nous battre.
Moi aussi dis-je en réfléchissant. J'étais encore plongée dans mes songes lorsqu'une odeur putréfiante vint subitement me chatouiller les narines. Je portai vivement mon mouchoir à mon nez et ouvrit grands les yeux. Qu'était-ce encore donc que ceci ? Ce pays décidément j'allai vraiment le détester.
Un indien entra dans le salon devant toute l'assemblée. Beaucoup ne semblaient pas surpris de sa venue. Un humain d'une puanteur incomparable au teint halé et avec un cœur paisible que j'entendais de là où j'étais.
Il nous fixait tous méchamment ou non pas avec compassion. Son regard balaya la pièce et il nous fixa. J'accrochai son regard. Pour qui se prenait –il pour oser me regarder de la sorte.
_ Je vois qu'il y a du nouveau... annonça t-il
_ Voici mes amis de Florence dit Carlisle avec un petit sourire, Rose, Ian et Adriano.
Le loup hocha la tête.
_ Jacob est le loup dont je vous parlai, il est de notre côté dit affectueusement le docteur.
_ Comment est-ce possible ? Déclarais-je devant tout le monde.
Je restai droite, impassible et il me défiait encore. C'est lui-même qui prit la parole.
_ Mes motivations ne te regarde pas déclara t-il froid comme le marbre.
Pour qui se prenait –il. Il ne vit rien venir, je lui saisis violemment le cou et l'envoya balader à l'autre bout de la pièce. Il se releva difficilement.
_ Sache jeune loup que je respect mes amis, mais ne t'approche pas de moi où tu le regretteras. Je n'ai pas confiance en vous. Les loups sont sensés être nos ennemis, je n'oublierai jamais ceci.
_ Sache également que je ne suis jamais bien loin...
Il voulait jouer ? J'humectais mes lèvres dévoilant mon plus beau sourire. Il était fort, quel moral de fer pour un humain. Les loups étaient- ils tous comme ça ?
_ Bien, nous sommes là pour la petite, où est-elle demanda Ian. Je vous fais confiance mais j'ai un peu de mal à croire en cette chose... mi-humaine, mi-vampire comment serait-ce possible ? Fit Ian prudent.
La petite arriva bien vite. Qu'elle était belle... Avec sa longue chevelure rousse flamboyante. J'étai émerveillée, je sentais bien son cœur bouger dans sa poitrine. C'était une chose magnifique, il était rare de voir ceci. C'était peut –être la première et dernière fois de notre existence que nous pouvions voir ceci.
_ C'est magnifique dis-je malgré moi, mes yeux ne pouvant cesser de la regarder.
Soudain elle s'avança vers moi et leva une de ses mains au niveau de mon visage. J'hésitai.
_ N'ais pas peur me dit Bella en s'approchant, c'est comme ça qu'elle communique.
_ Je n'ai pas peur. Déclarais-je.
Je me baissais et la petite posa sa paume contre ma joue. Ce que je vis dépassa tout ce à quoi je pouvais m'imaginer. Elle me montra ses premières images, sa naissance. Je fus réellement estomaquée. Elle fit de même pour Ian et Adriano qui n'en crurent pas leurs yeux.
_ Magnifico dit Adriano.
_ Cette fillette est un pur chef-d'œuvre de la nature mon ami dit Ian à Carlisle.
_ Comment blâmer une si belle créature ne pu s'empêcher d'ajouter Adriano.
Je ne disais rien. Je réfléchissais. Peut-être que cette guerre valait la peine finalement, cette fillette était étonnante. Je ne pouvais la laisser tomber. Je m'accroupi à sa hauteur et lui dit d'une voix douce en lui prenant la main.
_ Ce que tu as est très précieux tu sais. Tu dois à tout pris le protéger et je te fais le serment que je t'aiderai quoi qu'il m'en coûte. Je n'ai qu'une parole.
_ Tu as un cœur très généreux Rose me dit la petite.
Je baissai la tête en souriant. Ce qu'elle disait été faux mais je fus heureuse d'être jugée de la sorte.
_ Nous devons aller chasser Ian cela fait trois jours que nous n'avons rien mangé.
_ Des humains ? Fit froidement le Jacob d'un air mauvais.
_ Mes amis de Florence se nourrissent effectivement de sang humain mais ils n'iront pas sur vos terres, chasser dit Carlisle gêné.
_ Ca revient au même finalement quelqu'un sera tué ce soir répondit –il sèchement.
Je lui fis un clin d'œil et je vis qu'il fulminait. Nous partîmes en hâte. Nous décidâmes de nous séparer. Je n'aimais pas être gênée lorsque je chassais. Ce matin j'avais vu des loups qui étaient sensés être des indiens, ce soir un indien qui était sensé être un loup. C'était tellement étrange.
Divaguant de branche en branches je m'approchais dangereusement de ce qu'ils appelaient la réserve. Cet endroit était interdit d'accès pour mes frères de races et moi ? Je n'allai pas me priver pour eux. Il y avait beaucoup de monde dehors. Une fête se préparait-elle ? Je décidai de m'inviter. Je passai ma langue sur mes lèvres et descendis de mon perchoir. Il n'y avait que des indiens ici. Je mis ma capuche sur ma tête et inspectai si une proie était assez digne de moi. Je transgressais la règle du docteur mais j'aimais tellement ça...
Brusquement quelqu'un me bouscula et derechef je me retournai pour voir qui avait osé. L'homme de la taille d'une armoire à glace s'excusa précipitamment. Je restai là plantée comme un piquet et cela interpela l'homme. Lorsqu'il me regarda en détail, il fut très surpris. Pourquoi ? Je ne sais pas… L'idée du loup me revint à l'esprit… Nous nous fixâmes pendant de nombreuses secondes. Son regard se faisait transperçant. Ce regard, c'était le même que… non je ne pouvais pas le croire. Ce loup caramel aux yeux de braise. Il me fixait sans bouger, aucune expression n'était visible sur son visage. Carlisle m'avait parlé de leur fameuse marque à l'épaule ou tatouage comme vous préférez. Mon regard dévia quelques millièmes de secondes sur son épaule. Il en avait une, c'était donc bien un Quileute, un loup modificateur.
_ Quel est ton nom ? Dis-je froidement.
Il ne me répondit pas. Très bien. Je décidai de ne pas poser sur des détails et je tournai alors les talons, je m'étais trop attardée à cet endroit. Il fut surpris encore une fois et m'attrapa subitement le poignet. Prise de panique je me retournai violemment et feula un coup en lui montrant mes canines.
Il ne broncha pas. Il n'avait pas peur de moi visiblement. Dommage.
_ Ne t'avise pas de chasser sur nos terres sinon tu passeras un sal quart d'heure sangsue. Je pense que nous faisons assez d'effort pour cette guerre.
_ Nous sommes tous dans le même bateau louveteau. On se fait embarquer de force…
Il me fixa sans rien comprendre. On aurait dit un dialogue de sourds. Je décidai de partir. J'enlevai mon bras de sa poigne de fer.
_ Paul m'annonça t-il.
Je hochai de la tête. Je m'en contre-fichais de son nom c'était juste à titre d'information.
_ Fais attention à tes arrières louveteau, je ne suis pas du genre tendre.
_ Ne reviens plus, sinon creuse ta tombe immédiatement.
Je ris et lui resta de marbre. Je parti avec ce drôle de souvenir en tête. Pourquoi me laissait-il tranquille ? C'était un avertissement. Mais croyait-il vraiment que j'étais du genre à obéir aux ordres d'un loup ? Justement il me lançait un défi. Et j'aimais ça. Il voulait jouer lui aussi ? Très bien.
Je trouvai vite une proie pour assouvir ma soif. Cette fois-ci j'avais respecté ce qu'on m'avait demandé, j'avais été beaucoup plus loin. Je rentrai vite. Ian devait déjà m'attendre.
Lorsque je le trouvai je m'assis à ses côtés et lui sourit.
_ Mi amor tu ne m'en veux plus ?
Je lui répondis en lui faisant une série de baisers dans le cou. Le désir se fit vite ressentir et il m'allongea sur le canapé. J'étais bien. Ian commença par déboutonner lentement ma robe et je fermais les yeux de contentement. Brusquement l'image de ce loup me revint en tête. Ses yeux noirs, aussi noirs que les ténèbres. Ses lèvres charnues, son corps incroyablement musclé qui me toisait de tout son long.
J'ouvrai les yeux et eus un long frisson. Un frisson qui me donna l'impression que l'on me déchirait l'échine.
Ian perplexe vit mon soudain malaise. Que venait-il de se passer ? Quel maléfice prenait donc possession de mon âme ? Qu'était-ce donc que cela ?
_ Tout va bien Rose ? S'inquiéta t-il.
_ Oui réussis-je à dire difficilement. Continu je t'en pris le suppliais-je.
Heureusement l'image du loup ne me revint pas en mémoire. Si j'avais pu j'aurais vomis. Quelle image atroce et dégoutante.
Chapitre III
Imaginez soudainement un décor semblable au votre, de tout ce que vous aviez connu pourtant tout paraît différent. C'est ce que ressentait Paul. De nature impulsive il ne pouvait penser à ce qu'il venait de faire. Il l'avait laissé s'échapper. Il aurait dû l'entrainer dans la plus proche forêt et la démembrer aussi sauvagement qu'il aimait le faire. Mais non. Il pensa que c'était dû au fait qu'il y avait trop de monde autour d'eux. Il ne pouvait pas prendre un tel risque, elle était vampire et qui plus est elle lui semblait particulièrement susceptible… tout comme lui.
Mais il ne supportait pas les manières de ces vampires. Certes le traité était quelque peu interrompu à cause de cette guerre mais qu'ils viennent sur leur terres pour chasser lui était insupportable. Sa mission première était de protéger sa famille, sa meute, la réserve et ses habitants.
Il partit chez lui la tête plongée dans ses pensées. La prochaine fois il ne serait pas aussi clément. Si elle se croyait assez futée pour passer inaperçue à la Push c'est qu'elle s'était lourdement trompée sur leurs capacités.
Dès cette guerre terminée, il ne fallait pas compter sur lui pour rester docile comme un gentil toutou. On ne cessait de répéter à chaque feu de camp que les vampires étaient leurs ennemis jurés que cette race impure et sanguinaire était à exterminer de toute urgence et voila des mois qu'ils n'avaient pas pu chasser.
Paul devait se rendre chez Emily dans deux jours. Une réunion de meute soit- disant. L'ambiance n'était plus la même depuis que Jacob, Seth et Leah étaient partis. Cette ambiance là, il ne l'aimait pas. Elle était froide et ressemblait vraiment à une réunion de guerre et de stratégie. Même si Embry ou même la pauvre Emily essayaient de détendre l'atmosphère, la mauvaise humeur permanente de Sam les enveloppait tous et les contaminait.
Tous avaient changé et personne n'osait se confier, la meute n'était plus ce qu'elle était. Déjà, elle était moins puissante et toutes les pensées divulguées étaient mornes et sans couleurs.
En ces temps sombres, tout le monde les ressentaient. Jake manquait à Paul, il voulait les retrouver. Ils étaient tous frères. Comment avaient –ils pu en arriver là ?
Tout ça à cause d'une imprégnation interdite. Paul n'avait pas encore vu Renesmée. Ou peut-être ne voulait-il pas la voir… Ne pas voir la cause de leur déchirement.
Sam était celui qui en souffrait le plus. Ils étaient tous comme ses fils après tout.
Aujourd'hui avait lieue la réunion. Paul scruta le ciel tandis qu'adossé à son portique il fumait une cigarette. Voila Trois semaines qu'il n'avait vu ni Jake ni Seth. Il frissonna, l'air était plus frais ce soir. Rentrant imperceptiblement son cou un peu plus dans sa veste il jeta son mégot par terre avant de le piétiner. Ce soir il avait décidé d'aller voir son ami. Même si cela incluait aller au plus proche du repère de vampires, il le ferait. Le docteur était quelqu'un de gentil il n'y avait peut-être qu'envers lui que Paul avait ce qui s'approchait au mieux de la confiance.
Il enfourcha sa moto et parti à vive allure sur la route menant aux arrières de Forks. Il aimait la vitesse. Son engin n'allait pas aussi vite que ses quatre pates mais ce soir il n'avait pas envie de se transformer.
Il se surprit à sourire, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas sourit. Son projet lui semblait fou. Paul détestait les vampires plus que tout et étrangement il aimait l'idée d'aller dans leur repère déranger un peu leurs habitudes.
Il se doutait qu'elle serait là tout proche. Il ne resterait pas longtemps de toute façon, juste le temps de prendre des nouvelles de ses amis. A l'allure où il allait, il arriva bien vite. Dès le pied posé à terre, il sentit comme une impression de mal être naître en lui. A quelques mètres de lui, il y avait une multitude de vampires.
Jacob ne devait pas être loin, quand il s'agissait de Renesmée il n'était jamais bien loin. Paul huma l'air et se retourna. Un jeune loup le fixait à travers les hautes herbes. Il ne broncha pas. Le louveteau le reconnaissait comme un des siens. Ainsi donc ici les vampires avaient leur propre garde rapprochée. C'était affreux, des loups au service de vampire.
_ Vous êtes ainsi devenus esclaves des sangsues fit –il avec dédain au jeune loup qui ne comprit rien.
_ Pas esclave Paul, amis seulement dit une voix qu'il aurait reconnu entre milles.
Paul se retourna et vit Seth lui souriant à pleines dents. Il lui retourna son sourire, s'avança et il le prit chaleureusement dans ses bras.
_ Ca fait longtemps lui dit Seth
_ Trop longtemps dit Paul la mine sombre
_ Deviendrais-tu sentimental ? Lui demanda t-il pour le taquiner
_ Ne dis pas n'importe quoi, tu me connais mal Seth répondit –il avec un sourire en coin
_ Je me disais aussi plaisanta l'autre
Rien que cette petite conversation lui fit comme l'effet d'un baume au cœur. Tout n'était peut-être pas perdu. La meute pourrait peut-être un jour reprendre là où elle s'était arrêtée.
_ Où es Jacob ? demanda le plus vieux
_ A l'intérieur avec Nessi.
Il aurait dû s'en douter. Il fut quelque peu déçu. Il aurait vraiment désiré voir son ami.
Tandis qu'ils parlaient, quelqu'un les observait déjà depuis un moment. Rose tentait en vain de savoir ce qu'ils se disaient dehors. Que venait-il faire ici ? Pour qui se prenait –il ? Il lui faisait des reproches par rapport au traité alors qu'il venait de bafouer également cette règle. Quel impoli il était.
Elle ne manquerait pas de le lui faire rappeler à l'occasion. Un sourire magnifique se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle le vit entrer dans la demeure des Cullen.
Comme un faible, Paul s'était laissé entrainer par Seth. Ce gamin avait un réel pouvoir de persuasion. Paul était crispé. Chacun des vampires présents ne cessait de le regarder avec attention. Au moindre faux pas, il était cuit. Les mains tremblantes dans les poches, non de peur il ne fallait pas aller jusqu'à là mais plutôt d'appréhension, il se laissa guider jusqu'au salon où les Cullen s'afféraient sur des plans de défense.
Contre une armée que pouvaient-ils faire même en étant une vingtaine. Il n'était pas pessimiste mais il fallait se rendre à l'évidence. Les loups combattraient c'était évident pour la survie de leurs peuple mais à quel prix ? Il ne voulait pas perdre ses frères.
Le docteur lorsqu'il le vit, le salua chaleureusement.
_ Paul, est-ce que tout va bien ?
Paul se sentait ridicule d'être venu juste pour voir son ami.
_ Oui très bien merci. Répondit-il poliment.
_ Bien, tu voulais voir Jacob ?
Le loup hocha de la tête. Toutes les têtes convergèrent vers le nouvel arrivant avec une petite fille dans les bras. Il semblait tellement heureux. Il l'enviait un peu, trois de ses frères s'étaient imprégnés. Lui jonglait avec les conquêtes. Il n'avait pas vraiment de copine stable. Mais il ne servait à rien de penser à ça, peut –être bientôt il n'aurait plus à s'en soucier s'ils mourraient tous dans d'atroces souffrances à cause de ces sangsues. Jacob lorsqu'il le vit cru à une hallucination. Il laissa la petite aux bras de sa mère et il lui sauta presque dessus. Ils restèrent comme ça quelques secondes. Paul remarqua soudain que la femme vampire de tout à l'heure les observait.
Il fronça les sourcils et lui fit un regard dur auquel elle ne répondit pas comme figée.
_ Je suis tellement heureux de te voir Paul ! S'écria presque Jacob
_ Moi aussi, voila où tu résides désormais ? Fit Paul déçu
Jacob baissa la tête. A cause de toute cette histoire avec Sam, c'était tous ses frères qui avaient soufferts. Son amour pour la petite avait créé bien des soucis. Sam avait voulu la voir mourir. Car elle était une menace pour leur race mais aussi pour un des leur. Il avait simplement voulu les protéger.
_ Veux-tu que je te présente Nessi ?
Paul n'était pas très enjoué mais il aurait été impoli de refuser surtout avec tous ces vampires autour d'eux. Jacob l'emmena au fond du salon et enfin Paul pu voir « l'objet de convoitise ». C'était en apparence une petite fille charmante. Il n'osa pas trop approcher. Déjà qu'il n'était pas du tout à l'aise, il ne voulait pas en rajouter.
La petite le regarda avec ses grands yeux chocolat et lui fit un petit sourire. Paul ne répondit pas et détourna la tête.
_ Elle est mignonne déclara t-il seulement à son ami.
Jacob ne lui en voulait pas, il savait que de tous Paul était celui qui détestait le plus tout ce qui était surnaturel. Il avait longtemps dénigré sa nature. Il lui a fallut du temps pour se reconstruire après la mort de ses parents six ans plus tôt.
_ Tu nous manques Jacob. Embry et même Quil ne sont plus les mêmes. Sam s'en veut énormément.
_ Je sais Paul. Mais ma vie est auprès de Nessi et s'il ne peut accepter ça c'est qu'il ne tient pas à moi. Je n'ai pas voulu le vexer mais …
_ Je sais… Réfléchis juste s'il te plaît dit Paul presque suppliant en rejoignant l'air libre.
Rose ne l'avait pas quitté du regard. Lui l'avait bien vu mais avait résisté à l'envie de lui coller son poing dans la figure.
_ Vous battrez- vous avec nous ? Demanda subitement Jacob à son ami
_ Tu sais bien que cela dépend des ordres de l'Alpha… Sam répondit Paul en baissant la tête.
_ Hum et bien j'espère qu'il changera d'avis.
_ Ce soir nous avons une réunion chez Emily justement pour savoir si nous allons combattre avec vous ...
_ Te battrais-tu Paul s'il refusait ?
Le dit Paul ne répondit pas. Il ne savait pas.
_ Je vais réfléchir, je ne peux rien te promettre.
_ Je sais très bien que tu les détestes. Que tu as toujours détesté Bella…
_ Ne recommence pas Jacob, je ne suis pas venu ici pour m'engueuler avec toi. C'est du passé, Bella est désormais une des leur. Elle a faillit mourir pour donner naissance à une hybride et…
_ … et quoi ? Siffla presque son ami
_ C'est des choses que je ne conçois pas. Tu ne peux pas me demander de tout accepter simplement parce que tu t'es imprégné. Jacob je serais toujours avec toi, tu le sais très bien. Depuis le début j'ai toujours été de ton côté mais tout ça me dépasse et ne me demande pas s'il te plaît si je serais capable de donner ma vie à une créature de la nuit.
_ Un jour peut-être tu comprendras.
Il serra une dernière fois son ami dans ses bras et parti. Il était déjà en retard à la réunion. Tout se mélangeait dans sa tête. Il avait cru que cette petite visite lui ferait du bien mais au final il repartait encore plus mal qu'avant. Il gara sa moto et entra sans frapper. Tous l'attendaient déjà depuis un moment. Après avoir salué tout le monde Sam lui demanda où il était passé.
Devait-il mentir ou dire la vérité ? Il ne servait à rien de mentir car tôt ou tard à sa prochaine transformation les autres le sauraient.
_ J'étais chez les Cullen pour voir les autres déclara t-il de but en blanc
Aucun d'eux ne s'attendait à une réponse pareille. Sam sentit la colère monter en lui et explosa sous le regard gêné des autres loups.
_ Paul mais tu es complètement inconscient ma parole s'écria t-il !
_ J'avais besoin de voir Jacob de voir Seth se justifia t-il impassible.
Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Les autres ne disaient rien, ils ressentaient la même chose. Sam sembla se calmer.
_ Vouloir les voir ne signifie pas que tu ne risques rien chez les vampires.
_ Je sais me défendre dit Paul avec fermeté
Tout le monde rit de bon cœur, leur Paul ne changerait jamais.
_ Comment vont-ils ? Demanda Quil
_ Ils vont bien, même très bien mais on leur manque, cette histoire est tellement ridicule. J'ai vu l'enfant Sam, elle n'est pas si différente de nous. Je sentais son cœur à travers sa poitrine.
Sam soupira. Jacob et lui étaient trop fiers pour faire le moindre effort et c'était dommage. Jacob attendait des excuses qui ne viendraient jamais.
Finalement après deux heures de délibération, les loups avaient conclus qu'ils se battraient aux côtés des vampires simplement pour protéger les habitants rien de plus.
C'est exténué que Paul rentra chez lui. Cependant il discerna quelque chose d'anormal. Il se sentait observé, il tourna et se retourna en plissant les yeux. Il poussa sa moto jusqu'au garage et revint dans la cour. Cette même impression persistait.
Alors qu'il allait ouvrir la porte, une voix gracieuse se fit entendre.
_ C'est désagréable n'est-ce pas cette sensation permanente d'être un objet observé avec ardeur…
Paul soupira. Que lui voulait-elle encore ? Qu'est-ce qu'il pouvait la détestait pourtant il ne la connaissait et ne voulait surtout pas la connaître.
_ Tu joues avec l'interdit. Je t'ai pas déjà dit qu'il ne valait mieux pas que je te recroise.
Il entendit un rire clair retentir autour de lui. Elle se payait sa tête et il n'était pas d'humeur. Il n'avait qu'une envie c'était de rentrer et se coucher.
_ Qu'est- ce que tu veux ? Demanda Paul avec une extrême froideur.
_ Rien que tu sois en mesure de me donner dit la jeune vampire en sortant de son trou.
Elle s'avança doucement vers lui et se posta à quelques mètres. Paul la détailla de toute sa longueur.
_ C'est quoi ton nom ? Demanda t-il
_ Oh on inverse les rôles louveteau ? dit –elle avec un sourire machiavélique.
_ Je veux juste savoir le nom de ma prochaine victime. Je te jure que si tu ne t'éloignes pas je risque de ne pas rester très calme longtemps.
_ Puis-je me permettre de tenter l'expérience, j'aime les défis lui répondit-elle avec une petite moue.
Paul fut surpris, elle le prenait pour un jouet ou quoi ? Il ne fallait pas qu'il se laisse faire… Dans la même équipe ou pas, pour qui se prenait-elle ?
_ Que veux-tu de moi sangsue ?
_ Ca c'est pas très gentil comme surnom. Et comme je te l'ai déjà dit, rien que tu ne sois en mesure de me donner. Ce que je veux c'est m'amuser. Cet endroit est trop triste.
_ Je n'aime pas copiner avec la viande dit –il impassible comme toujours.
_ Tu es dur jeune loup…
_ Tu es un vampire !
_ Certes tu as une très bonne capacité d'observation.
_ Tu te paies ma tête en plus ? Commença t-il à s'énerver.
_ Je perçois tant de colère en toi jeune loup…
_ Tu ne crois quand même pas que je vais t'inviter gentiment à boire un thé pour parler de nos soucis ?
Il n'en croyait pas ses yeux. Quelle étrange créature. Elle ne lui semblait pas comme les autres. Mais sérieusement il se demandait ce qu'elle lui voulait.
_ Pourquoi tu me colles ? Tu peux pas aller emmerder quelqu'un d'autre ? Je suis pas d'humeur ce soir.
Elle se rapprocha dangereusement de lui pourtant il ne bougea pas. Elle sourit, il n'avait pas peur.
_ Je vous déteste déclara t- elle.
_ Je te retourne le compliment.
Elle était très proche de lui.
_ Recules-toi avant que je ne te frappe sangsue puante
_ Tu n'as trouvé que ça comme insulte ? Pas très convainquant.
Paul se frappa mentalement. Apparemment elle était juste là pour jouer. Il décida de faire ce qu'il savait faire de mieux ou presque et l'ignora royalement. Elle fronça les sourcils ça n'allait pas être très facile. Rose aimait les défis, elle aimait les jeux et ce loup était parfait. Dès que cette guerre serait terminée elle pourrait le tuer mais en ce moment elle n'avait qu'une idée en tête, le contrarier.
Grâce à son don elle referma d'un coup brusque la grosse porte en bois que Paul était en train de tirer à lui. Il fut tellement surpris du geste qu'il ne bougea plus d'un pouce.
_ Arrête- ça ! Tu veux vraiment mourir ce soir ?
Encore une fois elle combla le vide entre eux et ancra son regard dans celui du loup. Elle aimait ça et comme auparavant Paul soutint son regard. Elle y plongea son regard dur dans celui incompréhensif du loup. Rose sourit avant de finalement tourner les talons pour sauter sur l'arbre le plus proche.
_ Roseria, mon nom est Roseria mais tout le monde m'appelle Rose. Dit –elle avant de repartir.
Paul ne comprenait rien à ce qui se passait. Il ne voulait pas être son jouet. Il ne se laisserait plus faire. La prochaine fois il lui mettrait son poing dans la figure.
Il ne put s'empêcher pourtant de se demander qui était-elle vraiment ? Et que lui voulait-elle ?
Il rentra enfin chez lui et se posa dans son lit. Cette nuit –là il réfléchit beaucoup. Selon Sam la guerre approchait à grand pas. Demain ils devaient tous se rendre chez les Cullen pour leur annoncer leur participation. Il faudrait surement s'entrainer. Ca allait être une dure journée.
Chapitre IV
Paul cette nuit là n'avait pas beaucoup dormi. Il n'avait cessé de faire des cauchemars. Les mêmes que d'habitude, il revoyait ses parents mourir, tués par des vampires. Jamais cette douleur ne pourrait s'effacer et voila pourquoi il les détestait tant.
Encore un énième cauchemar et il se réveilla en sueur, s'épongeant le front sauvagement, il sauta presque du lit. 6h15 indiquait le réveil. Paul grogna, il était vraiment très tôt. Assit à sa table de cuisine, il se sentait mal. Tous les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire. Bientôt ils allaient se battre contre une armée supra entrainée. Pas qu'il était défaitiste au point mais il fallait se rendre à l'évidence.
Ils allaient devoir beaucoup s'entrainer. Etablir des tactiques avec les vampires. S'il fallait attaquer, Paul voulait en être. Il avait poursuivit et tué beaucoup de vampires. Il savait comment ils se comportaient face à un loup. Les Cullen surtout Carlisle connaissaient bien les Volturis. Il connaissait surement les techniques d'attaque d'Aro.
Etant moins nombreux, leur atout serait surement la surprise, ou bien la ruse à voir.
Paul prit ses altères et commença quelques séries. Le tout était d'être en forme, Paul pensait que les loups avait au moins plus de mérite que les vampires dans le sens que eux même avec une force décuplée, devaient s'entrainer beaucoup plus, eux ressentaient la fatigue, pouvaient être malade… Pas les vampires, une autre raison de la haine de Paul envers eux.
C'est transpirant qu'il se rendit sous la douche. Elle lui fit du bien, bientôt le moment où il devait se rendre avec Sam et les autres chez les Cullen. Il se détestait, ses parents le détesteraient pour ce qu'il faisait. Il eut alors mal au cœur. Il ne voulait pas les trahir, seulement protéger les siens.
Il était encore en colère, ça lui arrivait de plus en plus en ce moment. C'était bientôt l'anniversaire de la mort de ses parents. A chaque fois à cette période, rien n'allait plus dans sa vie. Ils lui manquaient atrocement. Cela faisait plus de six ans et il n'avait toujours pas fait son deuil.
Enfin prêt, il enfila juste un simple short et partit chez Sam. Il faisait bon dehors, ça allait être une belle journée gâchée pourtant à cause de ces vampires.
Une fois prêts, les quatre loups se transformèrent et coururent prudemment jusqu'au point de rendez-vous. Sam en avant, les trois autres le suivant attentivement sans broncher. Tous les autres étaient là et les attendaient.
Rose le reconnu immédiatement mais lui semblait l'ignorer. Elle n'aimait pas ça du tout. Cependant il était peut-être plus sage d'agir ainsi. Elle aimait jouer mais Ian détestait cette attitude chez elle. Par ailleurs Ian semblait perplexe, ils avaient beau être nombreux, l'armée des Volturis était dix fois supérieure à la leur.
Les loups s'arrêtèrent à bonne hauteur, c'est-à-dire assez près et assez loin des vampires. Les Cullen les saluèrent et les remercièrent d'être venus les aider. C'est Edward qui établit comme la dernière fois, le lien entre eux et les autres vampires.
Jacob remercia Sam et ce-dernier hocha de la tête en guise de réponse.
_ Sam demande si nous savons quelques techniques des Volturis ? Traduit Edward
Carlisle s'avança à un mètre des loups, sans peur. Rose s'accrocha de plus bel à son beau vampire. Ian sourit.
_ Ils ne lui feront rien mon amour.
Rose acquiesça mais elle avait des doutes sur leur confiance mutuelle. Du coin de l'œil, Paul avait suivit la scène, il se réjouissait de la peur qu'elle avait à leur égard. Il avait un avantage sur elle et c'était très réjouissant de le savoir. La voix de Sam le sortit soudain de ses songes.
*Concentre- toi Paul*
_ Aro ne se battra pas ou alors seulement si sa garde rapprochée meurt. En première ligne il enverra tous ses nouveaux-nés, beaucoup plus fort que nous.
_ Mais pas aussi rapides d'après Sam dit Edward en riant.
Les autres le suivirent. Cela détendit l'atmosphère beaucoup trop tendue.
_ Et ensuite si nous sommes toujours là, nous devront faire face à ses meilleurs atouts, Jane, Alec et les autres.
Un silence de plomb s'installa dans la clairière. C'était une guerre suicidaire.
_ Mes amis, de notre côté nous avons aussi des atouts, les loups tout d'abord seront une surprise pour eux. Et pour cela nous vous remercions encore. Je sais qu'il y en a ici qui rêvent depuis quelques temps d'une bonne bataille.
Paul se sentit visé. Ce n'était en aucun cas une moquerie mais il n'aimait pas ça. Ca allait être vraiment une dure journée...
_ Jasper connaît bien les nouveau-nés, aujourd'hui et encore pendants quelques temps nous allons nous entrainer pour savoir bien les combattre.
Tout le monde se répartit par groupes et attendit les conseils de Jasper. Les loups attendaient sagement qu'on leur dise quoi faire. Ils s'entrainèrent pendant toute l'après-midi. C'était déjà impressionnant et prometteur pour un début. Les loups saluèrent les autres et partirent. Paul jeta un dernier regard en arrière, elle riait aux éclats avec ses deux acolytes. Elle était forte, il avait eu le temps de l'observer.
Après avoir mangé une tonne de cookies et de brioches chez Emily, Paul rentra chez lui et prit sa dose de nicotine habituelle.
_ Crois-tu que fumer te rends cool comme disent les humains ?
_ Ca me détend avant de voir des faces de vampires répliqua t-il du tac o tac.
_ Tu n'es pas très gentil aujourd'hui…
_ Mon rôle n'est pas d'être gentil, il est d'être prudent.
_ Ce n'est pas prudent de fumer…
Paul soupira. Elle avait cet incroyable don de l'agacer en deux secondes chronos.
_ Tu vas me lâcher oui ? Tu es si agaçante ! Je fume ça ne te regardes pas !
_ Depuis quand fûmes-tu ? Demanda Rose impassible
Paul soupira d'exaspération.
_ Un peu plus de six ans. Répondit –il froidement.
_ Et tu as quel âge ?
_ Non mais c'est fini ces questions ? Ca te regarde pas !
_ Je suis curieuse, j'essaie d'analyser pourquoi les humains veulent se faire mourir à long terme.
_ Dégage de là bordel ! S'énerva Paul.
Rose s'approcha dangereusement de lui. Paul ne broncha pas. Elle tentait juste de l'impressionner. Elle sourit, Paul devait avouer que mise à part ses deux canines longues et pointues à souhait, elle avait un joli sourire.
_ Il y a tant de haine en toi, de colère… Tu aurais fait un bon vampire… je pense.
_ Jamais s'écria presque Paul horrifié en la poussant violemment.
_ Tu as une peur bleue des vampires, tu ne peux l'avouer devant moi mais je le sens là dit –elle en venant lui pauser sa paume gelée contre son torse brulant.
Elle avait chuchoté, Paul avait les yeux embués. Rageusement il la repoussa, s'essuya les yeux et rentra chez lui sous le regard perplexe de la jeune vampire.
C'était autre chose, elle le sentait. Paul n'avait pas vraiment peur des vampires, il les détestait plus que tout au monde. Ce n'était même plus de la haine, c'était de la rage inconditionnée contre ses semblables. Elle partit avec une impression étrange.
Elle avait voulu jouer, le provoquer mais sa réaction, elle ne la comprenait pas. Il était évident qu'il était plus fragile qu'il ne le prétendait et elle voulait savoir pourquoi. Elle voulait le détruire. Elle y arriverait. La réaction qu'il avait eut ce soir en témoignait.
Paul était secoué de sanglots, cette affreuse sangsue avait réussie à l'atteindre ! Lui qui toujours tentait d'être discret sur le sujet, il n'avait pas pu se contrôler. Ca avait été plus fort que lui. Il se détestait, désormais elle aurait tout le plaisir de l'embêter.
Rose rentra chez les Cullen avec une seule image en tête, celle du loup larmoyant. Elle tenta de camoufler au mieux ses pensées mais elle ne pensait pas qu'Edward s'amuserait à divulguer ses pensées surtout à Ian. Pas qu'elle voulait lui cacher mais il ne comprendrait pas son désir de titiller le loup. Ian savait que Rose avait des lubies et était une grande enfant. Elle avait toujours ce qu'elle voulait et dès qu'elle avait quelque chose en tête personne n'avait le droit de la contredire. Son point de vue devait être universel. Elle était peut-être une garce sanguinaire mais au fond elle avait du cœur et des sentiments. Et c'est ce qu'il se passait en ce moment. Elle n'arrivait pas à faire taire ses émotions. Il l'avait touché et ça l'a dégoutait. Elle passait trop de temps à l'observer ce n'était pas normal. Ce loup avait une emprise étrange sur elle. Quand elle ne le voyait plus, son excitation s'estompait. Une excitation macabre de le tirailler. C'est comme s'il lui manquait mais elle préférerait mourir une deuxième fois plutôt que de l'avouer.
Cela ne faisait pas longtemps qu'elle le connaissait mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il était dangereux pour elle et qu'elle se frottait chaque fois au diable.
Elle n'avait pas envie de parler ce soir-là, elle monta directement et se posa au piano. Elle ferma les yeux et commença par jouer son air préféré. Dix minutes après, quelqu'un doté de doigts habiles vint la rejoindre. Rose sourit sans pourtant ouvrir les yeux et apprécia ce petit concerto à quatre mains. Ian avait le don de la calmer instantanément et pour ça elle l'en remercia intérieurement infiniment.
Le lendemain fut une autre journée monotone comme toutes les autres. Rose ignora complètement Paul au point de ne même pas le saluer. Elle avait longuement réfléchi et ne préférait pas qu'on les surveille. Elle ne savait plus quoi penser. Ils ne se connaissaient pas, elle s'en fichait. C'était juste un clébard puant. Pourtant au fond d'elle elle savait que c'était plus que ça. Hier elle en avait eu la preuve, pourtant jamais elle ne laisserait la scène d'hier se reproduire. Et puis elle avait l'intime conviction que de son côté ce serait exactement la même chose. Après tout ils n'étaient pas assez proches pour qu'il lui raconte ses soucis autour d'un bon feu. Elle rit intérieurement. Elle le faisait bouillir et ça l'enchantait.
Paul de son côté ne savait quoi en penser. Il avait fallut qu'elle arrive pour qu'ensuite elle détruise à petit feu tout ce qu'il avait réussit à bâtir pendant de nombreuses années. Tout était parti en un écran de fumée. Paul contracta sa mâchoire autant qu'il le put.
Aujourd'hui elle faisait semblant de l'ignorer. Il parti se placer près des autres loups. Il avait senti le regard brulant de Rose sur lui. Ce regard l'avait transpercé, irradié sur place et il grimaça. Comment et surtout pourquoi faisait –elle ça ? N'étaient-ils pas sensés s'ignorer. Après tout ils étaient dans le même camp. Ca en devenait pénible. Paul étouffait littéralement, l'air de cette clairière était pesant. Il commença à reculer pour se poser plus loin. Il ne voulait pas parler mais ça, tout le monde y était habitué.
Carlisle donna des instructions qu'il n'entendit pas. Paul ferma les yeux quelques secondes. Quelques secondes de trop.
_ Bonjour, accepteriez-vous d'être mon partenaire durant cet après-midi ?
Ian se tenait avec un grand sourire devant un Paul choqué. Il lui tendait une main et attendait surement une réponse positive que Paul n'avait en aucun cas envie de lui donner. Mais les circonstances firent qu'il accepta quand même et serra sa main dans celle du vampire sous le regard presque coquin de Roseria. Paul regretta presque son geste et se transforma.
Tous se tenaient par binôme, Chacun se défiant du regard, voulant gagner, c'était le but de la manœuvre. Les loups n'étaient pas habitués à cette technique de combat. Eux fonçaient toujours un peu dans le tas, cela demandait moins à réfléchir et ça s'avérait autant efficace. Mais pendant cette session d'entrainement il fallait écouter les Cullen. Alors tous écoutaient attentivement, même Paul qui affichait une méfiance inconditionnée au vampire qui lui servait de « partenaire » ou plutôt adversaire.
Il s'agissait d'être le plus malin, le plus rapide pour atteindre la cible en premier. Paul ne voulait pas perdre, car il était un loup et se devait d'être plus fort qu'un vampire mais aussi parce que bizarrement il ne voulait surtout pas que sa glue de vampirette lui colle l'image d'un raté au dos toute sa vie. Oui c'était étrange comme réaction car il s'en contre-fichait de l'avis de l'italienne mais bon quelque chose lui disait qu'il n'aurait jamais la paix autrement.
Tous commencèrent, un silence de mort régnait dans la prairie, la tension était palpable. Une concentration accrue s'élevée dans les airs, chacun essayant de dominer l'autre avec son regard. Cela avait quelque chose de magique, d'impressionnant.
Tous essayaient d'apprivoiser l'autre. Ian ne parlait pas, il se concentrait. Il n'avait pas pris Paul au hasard. Il aimait les défis. C'était le loup qui lors de leur arrivée à Forks n'avait pas eu peur d'eux. Il voulait lui montrer qu'il avait des raisons de se méfier. Ian s'avança un peu vers Paul qui ne bougea pas. Il attendait le geste de trop pour lui sauter dessus. Le but était d'analyser l'autre, essayer de prédire son attaque et c'est ce que fit Paul lorsque Ian se jeta gracieusement sur lui. Un saut en arrière pour atterrir face à son dos seulement il avait prévu ça… depuis que Jacob avait eu les côtes cassées on était jamais trop prudent. Toute attaque par derrière était de suite réduite à néant. Derechef Paul se retourna et lui grogna dessus tellement fort que ça alerta les autres qui s'arrêtèrent de « jouer ». Paul était trop sérieux dans ces entrainements peut-être ou alors les autres pas assez. Ian fut extrêmement surpris de un par sa rapidité avec laquelle il eut prédit son attaque mais aussi par son grognement.
La surprise passée, Ian se refit un visage de marbre.
_ Bien, tu es plutôt doué, ravi d'avoir pu être ton adversaire durant cet entrainement fit-il avec un petit sourire en coin.
Paul ne pu que répondre d'un hochement de tête. Bien sûr qu'il était doué, qu'est ce qu'il croyait lui… Comme la veille un dernier regard et il parti avec sa meute en direction de la Push. Il n'eut pas besoin de se dire qu'il serait tranquille ce soir, il savait qu'elle viendrait encore l'embêter. Rien qu'à son regard qui en disait long sur ses intentions. Paul était –il le seul à savoir lire en elle comme ça ?
Chapitre V
Mais elle ne vint pas ce soir-là ni celui d'après, ni le suivant et Paul crut que sa vie redeviendrait normale. Il se trompait lourdement. Rose préparait juste le terrain. Elle s'ennuyait atrocement dans cette jungle humide. Elle voulait le torturer comme elle savait si bien le faire. Paul était son objet, dès l'instant où il l'avait provoqué, s'en était fini pour lui.
L'instinct de vampire de Rose reprit son dessus. Elle avait touché une corde sensible la dernière fois avec le sujet ses parents. Il lui semblait que c'était vraiment le sujet tabou et elle allait s'en servir pour le détruire. Roseria sourit à son nouveau projet et décida d'aller rendre une petite visite à son loup. Ian discutait tactique avec Carlisle et Adriano faisait connaissance avec les amis de leur hôte. Rose en profita pour sortir discrètement. Pas qu'il lui était interdit de sortir seule mais Ian ne comprendrait pas. Parfois elle se disait que Ian était trop bien pour elle. Il était parfait, d'une tenue exemplaire, d'un code morale inimitable mais pouvant être aussi féroce qu'elle lorsque ceux qu'il aimait étaient menacés.
En clair, elle ne le voyait pas dans une guerre, il savait se battre mais il préférait les banquets, la fête et la lecture. Rose elle, était différente, elle avait grandit dans un milieu différent, sa famille était très pauvre, elle avait toujours dû se débrouiller par elle-même pour nourrir toute sa famille. Lorsqu'elle vit malgré ses efforts et malgré le fait qu'elle se privait elle-même pour les autres, que tous les membres de sa famille mouraient un à un, elle perdit vite espoir et se laissa aller dans une déchéance presque affolante.
Ian l'avait trouvé là, dans la rue, un beau jour de décembre, son corps nu et sal, elle avait si froid et été si pauvre à présent qu'elle n'avait plus rien, durant cet hiver. S'il ne l'avait pas aidé, elle serait morte de froid. Il lui avait tendu une main gracieuse et extrêmement blanche qu'elle avait timidement hésité à prendre. Elle ne savait pas pourquoi il avait choisi de l'aider, et elle ne lui avait jamais demandé. Il l'avait accueillit dans sa grande demeure, elle avait eu peur, si peur de ce qu'il voulait d'elle mais il n'avait jamais rien tenté à part de la protéger. Il l'avait prise sous son aile jusqu'à ses 19 ans mais bien vite ils se rapprochèrent et tombèrent amoureux l'un de l'autre, d'une passion inconditionnée. Elle avait découvert son secret peu après son arrivée mais n'avait jamais eu peur de lui au contraire elle le trouvait encore plus magnifique avec sa malédiction à porter.
Elle y pensait chaque jour, Ian était un beau jeune homme et demeurait toujours avec cette apparence, elle, deviendrait laide et il se lasserait d'elle. Il lui avait toujours juré que non, mais elle n'y croyait pas. Durant un an, elle essaya de le persuader de l'engendrer. Elle voulait être à lui pour l'éternité, elle voulait le suivre où il irait car c'était grâce à lui qu'elle pouvait vivre.
Rose chassa ces pensées de son esprit et sortit en toute hâte. Elle était presque excitée à l'idée de voir le louveteau. Il ne s'attendrait surement pas à la voir aujourd'hui. Il devait pensait qu'elle avait abandonné. Mais c'était pour mieux lui sauter à la gorge. Rose pensait que ce qu'elle faisait était mal, par rapport à Ian, pas jusqu'à une trahison mais presque. Elle s'en voulait un peu vis à vis de lui mais la tentation était trop forte. De plus elle s'ennuyait atrocement.
Elle fit attention aux autres loups, la Push en était infestée, elle ne voulait pas finir en bouillit avant que son plan n'ait été mis en action. Jamais auparavant elle se serait mise en danger pareil juste pour une proie. Il lui semblait pourtant que cette fois-ci cette quête était beaucoup plus importante. Elle se surprenait elle-même et se faisait des frayeurs.
La maison de Paul était plus une maisonnette qu'une véritable maison. Pour Rose c'était bien trop petit et peu luxueux, écœurant en clair. Comment quelqu'un pouvait-il vivre là dedans ? C'était complètement insensé. Après de profondes réflexions, elle huma l'air. L'odeur infecte du loup lui empli les poumons mais pas que, elle distingua quelque chose de différent, une odeur de pins, de frais, comme la rosée du matin sur les petits bourgeons prêts à éclore. Tout cela était très étrange, une odeur très particulière. Cependant, il n'en demeurait pas moins l'odeur du loup.
Rose ferma les yeux un instant, cette odeur ne la rebutait pas, elle restait là sans vie, immobile sur le petit sentier face à la maisonnette faiblement éclairée. Soudain, elle ouvrit violemment les yeux, elle savait qu'elle était observée. Derechef son regard se fit vif et elle trouva bien vite d'où venait la cause de son trouble. Paul se tenait assis nonchalant sur le toit, fumant une cigarette en la fixant intensément le regard noir.
Prise au piège elle ne pu qu'improviser, comme si elle avait fait exprès de se faire prendre.
Il ne prononça pas un mot et tira une nouvelle fois sur sa cigarette. Elle le rejoignit et se posta debout immobile près de lui. Seule la lueur de la lune pleine les éclairait. La peau laiteuse et incroyablement blanche de Rose contrastait parfaitement avec le tint sombre et ténébreux du jeune loup. La fumée fut le seul décor vivant du tableau. Paul n'avait pas bougé, comme s'il n'avait pas peur d'elle et elle en fut déçue. Elle s'attendait à un autre accueil, elle voulait s'amuser. Cette question lui brula alors les lèvres.
_ Pourquoi n'as-tu pas peur de moi louveteau ?
Ce n'était presque qu'un murmure, une caresse macabre.
_ Et toi ?
Visiblement elle ne s'attendait pas à ça et ses yeux trahirent son malaise. Il avait répondu du tac'o'tac comme s'il connaissait les questions qu'elle allait lui poser en avance.
_ Que me veux-tu cette fois ? Je voulais être tranquille ce soir.
_ Cela fait des jours que tu es tranquille. Répondit-elle avec un petit sourire.
_ Pas assez à mon goût enchaina t-il en se levant.
Paul s'épousseta et vint ensuite se poster juste devant elle, elle ne broncha pas, elle ne bougea pas. Elle n'avait pas peur de lui. Ce qui était incroyable c'est que lui n'ait pas peur d'elle. Depuis la nuit de sa renaissance vampirique, partout où elle allait, le mal elle faisait régner et la peur demeurer. Ce loup voulait-il faire le malin, l'impressionner ?
_ Sache que tu n'es pas en mesure de force lui dit-elle en l'affrontant de son regard perçant.
Paul leva un sourcil, le provoquerait-elle par hasard ?
_ Pourquoi une jeune fille se promène t- elle dans ces bois toute seule, en pleine nuit, à cette heure-ci ?
_ Je passe par-ci je chasse par-là … dit –elle.
Elle savait qu'à ce dernier mot, Paul sortirait forcément de ses gonds et cela n'y manqua pas. Rose se fit harponner sauvagement par une poigne de fer qui se fit accompagner d'un grognement sourd.
_ Tu n'oserais pas démon ! S'écria t-il
_ Sache que je n'ai pas à me montrer à la hauteur de l'espérance de quiconque répondit-elle catégorique et hautaine le menton bien relevé.
_ Alors tu mourras vampire ! Je ne sais déjà pourquoi je te tolère aussi près de moi ! Tu devrais déjà être six pieds sous terre depuis longtemps. Tu m'agaces tellement que je désir te voir poussière, réduite à néant, seulement à une pauvre chose morte et inerte pour l'éternité !
Paul était fou de rage en disant ces paroles, Rose ne bougeait pas mais dans sa tête tout s'agitait. Cela ne faisait peut-être pas parti de son plan. C'était peut-être le coup de trop pour ce soir, elle l'avait profondément énervé. Elle ne voulait pas envenimer les choses. Peut-être était-il plus fort mentalement qu'elle ne l'aurait cru. Cependant son désir de le briser fut plus féroce encore, tout ce à quoi elle tenait fut remit en question, plus rien d'autre n'importait. Vivace et sûre d'elle, elle inversa les rôles lorsqu'elle attrapa son poignet, le fracassa de sa seule force sous le cri déchirant du loup et qu'elle l'envoya s'écraser lamentablement du haut du toit jusqu'au sentier de terre battue en bas dans une vitesse affolante.
Gracieusement ensuite elle vola jusqu'à son corps inerte.
_ Relève –toi et affronte- moi loup ! Ordonna t- elle de sa voix de prédatrice.
Paul bougea seulement de quelques millimètres, en tant qu'humain il avait fait une chute vertigineuse et surement mortelle. En tant que loup, il n'avait rien vu venir du coup de ce démon sanguinaire et souffrait.
_ Aller, plus vite ! Le pressa t- elle.
Paul serrait violemment les dents, son poignet le faisait souffrir mais jamais il ne s'abaisserait à lui montrer ses faiblesses, plutôt mourir. Lentement il se mit d'abord à quatre pates puis debout. Sa tête lui tournait atrocement et il lui semblait qu'il pouvait tomber à chaque instant tant ses jambes étaient chancelantes. Son pire cauchemar se produisait. Elle le regardait fièrement et seul un petit sourire victorieux se dessinait sur son visage. Paul ne comprenait pas ce qu'elle lui voulait. Peut-être elle-même ne le savait pas. Il baissa son regard vers sa main qu'il tenait tant il souffrait le martyre.
Ils étaient à trois mètres l'un de l'autre et cette distance aurait largement pu suffire mais Rose poussée par une envie combla le vide entre eux.
_ J'aurais aimé un adversaire plus fort fit –elle boudeuse.
Paul bouillonnait de rage. Elle ne voulait pas le tuer, elle voulait juste jouer et cela l'agaçait. Etre le pantin d'une sangsue n'était pas dans ses priorités. Malheureusement elle se trouvait entre lui et sa porte, le chemin pour arriver entier chez lui serait épineux.
_ Tu fais moins le malin louveteau, je suis une adversaire redoutable on dirait.
Paul leva les yeux au ciel, il devait admettre qu'elle ne ratait pas une seule seconde pour se vanter de mérites à son goût imaginaires.
_ Que dit ton fiancé de toute ta petite mascarade ? N'est –il pas du côté des Cullen et donc du notre ? Demanda Paul en presque toute innocence.
Rose piquée au vif se colla presque à Paul lorsqu'elle lui chuchota si près de son oreille.
_ Tu es seulement du côté des Cullen car tu veux protéger toute cette petite nourriture appétissante des Volturis, essaie un jour de m'arrêter, si tu peux, je ne te ferais jamais regretter une course à mes côtés, la chasse n'en serait que plus amusante. Peux- tu seulement imaginer une seule seconde qu'elle frénésie me prend lorsque je sens une veine palpitante et fraiche d'une proie totalement soumise et apeurée, peux –tu seulement comprendre cela ?
Elle chuchotait presque sensuellement cela à son loup qui tremblait de rage. Paul faisait un effort surhumain pour ne pas se transformer. Il ne devait pas, cela voudrait dire qu'elle avait gagné. Il ferma les yeux et c'est l'image de ses parents qui vint subitement s'imposer à lui. Il ne devait pas pleurer, il ne devait pas se montrer faible. Il avait enfin compris ce qu'elle voulait.
Rompant le contact presque intime qu'elle avait créé, il la bouscula pour passer. Redressant les épaules il adopta une allure forte et poussa la porte. Il avait assez subit pour ce soir.
Rose quant à elle, resta plantée là immobile devant la maison jusqu'à ce que la petite lampe s'éteigne. Un sourire machiavélique s'étira sur ses magnifiques lèvres, elle pu alors s'en aller tranquille et sereine.
_ Bonne nuit louveteau dit-elle avant de tourner les talons.
Paul comme toutes les nuits dormit mal. Il ne cessa de rêver de ces yeux rouges flamboyants et tranchants. Ses parents criant à l'agonie qu'il s'en aille. Pendant que le vampire prenait son repas tranquillement et vidait ses parents de leur sang, Paul les avaient abandonnés en courant le plus vite possible autant que ses petites jambes le pouvaient. Il était très jeune et ne savait pas encore à quel danger ses parents avaient du faire face. Désormais il pouvait mettre un nom sur ces êtres perfides, immondes et sans cœur.
Car il n'avait pu les sauver, voilà pourquoi il se sentait coupable de leur mort. Bon nombre de fois on lui avait dit qu'il n'aurait rien pu faire mais jamais il n'y avait cru. Pourquoi son don de la lune ne s'était pas manifesté plus tôt ? Pourquoi seulement quelques années plus tard ? Toute flamme de joie de vivre s'était à jamais éteinte en lui et rien n'arrivait à réchauffer son pauvre cœur abimé.
Voilà que cette sangsue débarquait et voulait à son tour le détruire. Comment pourrait-elle le détruire plus qu'il n'était ? Voilà pourquoi il semblait fort en extérieur.
Il repensa alors à elle. Elle était étrange, pas comme tous les autres vampires. Son odeur aux premiers abords était différente. Il ne savait comment la décrire, c'était inexplicable. Jamais il n'avait senti pareille odeur. Et son regard ne cessait de le hanter. Ses yeux aussi rouges que le sang pouvaient aussi bien être aussi clairs que l'or pur. Elle était changeante et Paul devait se méfier de ça. Physiquement, elle était grande, avec de longues et fines jambes. Bizarrement il avait pu la détailler et analyser tout cela, il rêva de tout son corps mince et serré contre le sien il y avait encore quelques minutes. Il frissonna d'abord de dégoût mais voulut aller plus loin encore dans son cauchemar tant il était curieux, il voulait pousser ses limites au delà du raisonnable. Ce n'était qu'un rêve après tout et c'était son subconscient qui le lui ordonnait. Lui réveillé il se serait dégouté. Paul aimait les belles femmes et malheureusement pour lui, elle était magnifique.
La proximité de leur corps tout à l'heure l'avait effrayé et pourtant lorsqu'il rompit le lien entre eux, cela l'avait troublé comme s'il avait aimé ce contact. La sensation de vide ensuite lui avait été insupportable. Ce n'était pas dans ses habitudes car Paul aimait la solitude mais c'était autre chose. Lorsqu'elle lui avait chuchoté ces mots sinistres à l'oreille tout son corps brulant avait frissonné.
Ce n'était que de la haine qu'il avait envers elle, ça ne pouvait être autre chose. Paul devait admettre cependant qu'en quelques jours elle était devenue plus une adversaire de taille plutôt qu'un bout de viande bon à mâcher longuement et sauvagement.
Elle était une nouveauté particulière dans la nature. Paul devait se méfier d'elle mais pour l'instant elle voulait simplement jouer, elle n'avait pas l'intention de tenter un mauvais coup. Bref Paul venait de rêver de Rose et pas des plus mauvaises manières. Il se répugnait pour avoir ne cesse que posé les yeux sur elle un seul instant. Si ses parents étaient là, ils auraient surement été très déçus et ça, ça le tuait.
Chapitre VI
Il était bientôt sur le point de craquer et Rose s'en félicitait. Elle était juste déçue qu'il ait coupé court trop tôt à leur altercation mais sinon le reste s'était passé comme dans son plan. Elle le sentait dans tout son corps combien Paul était sensible et sa sensibilité la troublait. Jamais elle n'avait vu tant de haine envers ses semblables dans une seule personne. Tout cela lui donnait presque le tournis.
Rose eut vite fait de rejoindre son amant qui l'attendait avec son éternel petit sourire. Elle alla se lover tout contre lui et ferma les yeux de bien-être.
_ T'es tu bien amusée ce soir ?
_ Oui on peut dire ça même si ici les divertissements, il n'y en a pas beaucoup.
_ J'espère mon amour, que tu ne vas pas titiller les loups pendant que j'ai le dos tourné hum ?
Ian la regardait droit dans les yeux. Son ton n'était pas méchant mais il était clair qu'il savait et qu'il voulait la vérité.
Rose ne pouvait donc se résoudre qu'à la lui donner.
_ Si, j'ai un nouveau jeu mais mon cher et tendre ami, me ferais-tu suivre ?
_ Je ne veux pas qu'il t'arrive un quelconque danger Rose dit-il d'un ton sérieux. Depuis notre première rencontre je me suis juré que jamais je ne te laisserai, Rose je te protégerai quoi qu'il m'en coûte. Et je dois dire que tu ne me facilites pas la tâche. Laisse ce loup tranquille voyons, de plus ils sont des amis des Cullen, c'est impoli envers eux.
_ C'est trop tentant, la haine qu'il éprouve pour nous est incroyable, je la sens vibrer dans tout mon être.
_ Ne joue pas trop à ça Rose, j'ai fait des recherches sur lui et il est très instable, c'est même celui qui se contrôle le moins dans toute leur meute.
Ian semblait inquiet et elle détestait lorsqu'il faisait cet air par sa faute. De toute sa vie, son calme et sa délicatesse l'avaient toujours fasciné, elle était incapable d'être comme lui.
_ Je ferai attention Ian, je te le promets et j'essayerai de ne pas trop l'énerver. Répondit –elle faussement joyeuse.
_ Je te fais confiance mi amor dit –il en partant dans un grand éclat de rire en voyant sa mine boudeuse.
_ Tu me manques Ian dit-elle de but en blanc.
Ce-dernier parut extrêmement surpris de cet aveu, et à son air, il ne s'y attendait pas du tout.
_ Rose, je ne comprends pas, nous sommes ensemble voyons, comme d'habitude...
_ Mais plus comme avant, nos moments à nous, mêmes si nous sommes des êtres éternels, ils me manquent, je sais que désormais nous ne pourrons plus aller à Florence sans le risque de nous y faire tuer… ou pire.
Ian troublé et touché par ces révélations se leva et ancra son regard dans celui de sa belle. Elle aurait presque pu avoir les yeux humides.
_ Tu me voues une adoration qui me comble de joie si tu savais. Chaque petit moment passé avec toi est un bonheur que je savoure langoureusement Rose. N'oublie jamais ceci, je serai toujours là. Crois en ça et tout ira bien.
Il était ému, jamais elle n'avait pu voir un vampire aussi sensible que lui. Elle l'aimait tellement qu'elle serait prête à se sacrifier pour lui. Elle lui serait reconnaissante à vie pour ce qu'il lui avait fait, en clair elle avait envers lui une dette éternelle.
Il n'y avait pas une seconde sans qu'il n'occupe ses pensées même s'il était près d'elle. Pourtant depuis quelques jours, un nouveau genre venait lui obstruer la vue et par la même occasion la pensée. C'était devenu une réelle obsession, peut-être au même degré que la soif de sang voir plus par moment. Son jouet la hantait et cela lui déplaisait fortement. Elle ne voulait pas qu'il vienne lui gâcher ses moments intimes. Pourtant lorsque Ian lui faisait l'amour, c'est le visage de son loup qui lui apparaissait parfois tout d'un coup, comme un flash. Sa peau délicieusement halée contre la sienne si blanche, eux deux unis dans la chaire pour ne faire plus qu'un. Autant dire que c'était la chose la plus dégoutante et inimaginable que la terre entière n'ait jamais portée. Mais cette vision était bien là et elle venait bien de quelque chose. Rose crut d'abord à une machination, un sortilège de confusion, une vision de Zafrina mais pourquoi aurait –elle fait ça ? Non c'était autre chose et Rose se promis de trouver quoi. Quitte à harceler ce loup, elle saurait de quoi il s'agissait tôt ou tard.
Assise face au piano, elle pensait encore à lui. D'une façon macabre puisqu'elle cherchait un moyen de le faire souffrir encore plus. Et elle eut envie soudain d'aller lui rendre visite encore. Elle passait sa vie à imaginer des plans pour le voir cela devenait maladif, elle se demandait presque si elle n'était pas devenue folle à cause de l'air sans doute pollué de Forks.
Ian arriva subitement dans la chambre avec l'éternel petit sourire qu'il faisait lorsqu'il la regardait. Elle se détesta de suite d'avoir pu penser d'abord au loup et faire passer son magnifique amant en second plan. Ce n'était vraiment pas le genre de Rose de faire une chose pareille.
Il était clair que depuis quelques temps, elle ne se reconnaissait plus.
_ Rose, je dois m'absenter quelques jours. J'ai proposé mon aide à Carlisle pour inviter tous ses amis à nous rejoindre, tu sais combien c'est important pour lui.
Il prit derechef une mine sombre en tentant de cacher toute la tristesse qui l'envahissait. Rose quant à elle ne pu dire un mot, il l'abandonnait. Son repère, son point d'encrage dans cette ville partait en fumée. Elle ne pouvait supporter l'idée qu'il soit loin d'elle.
Elle le rejoignit bien vite et porta les mains de Ian contre ses joues, elle ferma les yeux.
_ Tu m'avais promis de ne jamais m'abandonner Ian, tu m'avais promis.
Au fond Rose était restée une enfant, une enfant gâtée certes mais incroyablement sensible. Seul Ian connaissait sa vraie personnalité derrière son masque froid et sanguinaire de vampire assoiffée.
_ Ce que tu me dis me fait mal mon amour, jamais je ne t'abandonnerai, un seul mot de ta part et tu sais que je resterai près de toi.
Rose le torturai et elle le savait. Elle connaissait sa bonté infinie lorsqu'il s'agissait de causes justes et celle-ci en était une. Carlisle devait réunir le plus de témoins possibles et Ian et Adriano en avait également énormément. Tout le monde devait faire jouer ses relations.
_ Non Ian, va-y je t'attendrai n'est crainte. Reviens-moi vite dit-elle en lui baisant les mains.
Le dit Ian hocha de la tête, Rose avait les yeux embués, comment ferait-elle sans lui ?
_ Combien de temps ?
_ Je ne sais pas avoua t-il difficilement.
Rose poussa un long soupir, son amour pour lui même inconditionnel la réduisait à un état pitoyable lorsqu'il n'était pas près d'elle et elle en était atrocement consciente.
Elle leva sa tête vers lui. Lui si beau avec ses yeux bleus et or. Si jamais les Volturi arrivaient à les attraper elle ne supporterait pas de le perdre. Pourrait –elle vivre avec ça ? Avec son absence ?
_ Fais attention je t'en pris lui dit –elle faiblement.
Ian avança doucement son visage près de celui de Rose. Cette dernière leva son menton et tout doucement ils s'embrassèrent. Ce baiser scellait leur amour dans un peut-être dernier au-revoir. Ian la pressa plus contre lui mais s'arrêta net.
_ Je dois y aller mi amor, ne fais pas de bêtises en mon absence dit-il en la lâchant et en commençant à partir.
_ Je te le promets Ian répondit-elle encore sous l'émotion.
_ Ti amo Roseria.
Et elle pleura toutes les larmes de son corps. Si jamais il se faisait tuer… elle ne pensait qu'à ça. Ian n'était pas le genre de vampire à foncer dans le tas, il préférait agir en adulte responsable et discuter des points qui n'allaient pas. Les Volturis n'étaient pas franchement de cet avis et c'est bien ce que Rose craignait.
Ian lui parti avec une étrange impression sur le cœur. Rose lui vouait toujours cette même admiration mais quelque chose avait changé, il n'aurait sut dire quoi pourtant. Seulement une impression de malaise, il avait senti sur elle l'odeur fétide du loup qui était venu voir Jacob quelques jours auparavant.
Il lui faisait mortellement confiance mais le trahirait-elle ? Elle voulait jouer mais Ian ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine peur. Il partit avec le cœur lourd de questions sans réponses. Il espérait secrètement au fond de son cœur que sa magnifique Rose resterait la même jusqu'à son retour. Et là il se jurait de tout faire pour la préserver de ce monde étrange et nouveau à l'air si pollué.
Mais c'était trop tard, Rose était tombée déjà dans une morne obsession et rien ne pourrait plus jamais l'en changer. Elle resta sur ce lit des heures durant lesquelles aucuns mouvements ne se firent percevoir. Elle pensait, elle réfléchissait et brusquement quelqu'un toqua à la porte. C'était Alice. Elle ne l'avait pas beaucoup vue ces derniers temps.
Dans l'encadrement de la porte, sa tête ne lui disait rien qui vaille.
_ Que ce passe t-il Alice ? Demanda Rose inquiète
_ Est-ce que je peux m'asseoir ?
_ Bien sûr, tu es chez toi.
Alice fit un petit sourire et s'assit tout prêt d'elle, elle la fixait intensément et son regard était si perçant qu'elle l'aurait presque transpercé du regard. Elle était très étrange et Rose avait presque peur de lui demander ce qui l'amenait.
_ Ian est partit ?
_ Oui répondit Rose en baissant la tête.
Alice lui prit une main, elle n'aimait pas voir ses amis empreints de tristesse. Pourtant à cet instant elle devait être franche et directe avec elle, c'était indispensable.
_ Tu l'aimes Rose ?
Rose leva brusquement la tête.
_ Bien sûr pourquoi cette question ?
_ Je suis ton amie tu sais, tu peux tout me confier.
Certes elle était son amie mais la confiance était une chose qu'elle ne réservait qu'à Ian. Jamais il ne l'avait déçue et c'était bien la seule personne au monde.
_ Je te le répète Alice, oui je l'aime passionnément.
_ Si tu l'aimais vraiment tu ne serais pas attirée par un autre Rose.
_ Pardon ?! Je ne suis pas attiré par un autre… dit-elle hésitante toutefois car instantanément elle pensa à Paul.
_ Ian le sait-il ? Ton jeu avec lui ?
Et si c'était vrai, elle n'aurait pas pensé directement au loup. Elle brouilla cette atroce pensée et affronta Alice du regard. Celle-ci semblait sincère à souhait et cela fit mal au cœur de la pauvre Rose déjà assez chamboulée.
_ Il t'obsède Rose, tu l'as complètement dans la peau…
Alice se devait d'être franche, elle voulait faire avancer les choses.
_ Paul n'est qu'une proie se justifia Rose sèchement.
_ Qui t'a dit que je te parlais de Paul, Rose tu te trahis toute seule, tu sais mes visions changent mais ne mentent jamais.
_ Qui es-tu pour oser prétendre de telles choses ? Explosa Rose en se levant brusquement.
Ses gestes vifs trahissaient son stresse intense et sa peur d'être démasquée d'une chose qu'elle même ne savait pas bien encore.
_ Ton amie Rose et ta réaction m'offre tout ce dont j'étais déjà persuadée.
_ Je croyais que tu ne pouvais percevoir les loups dans tes visions ! S'indigna Rose.
Elle n'essayait même pas de se défendre face aux accusations, il était vrai qu'il l'obsédait car, oui il était sa proie et personne n'avait le droit de le toucher.
_ Effectivement mais justement le brouillard de mes visions était causé par un loup et Rose c'est le loup le plus proche de toi dit-elle d'un air grave.
_ Nous ne sommes pas proches, tout ce que j'ai envie c'est de le tuer à petits feu répliqua sauvagement Rose.
_ Laisse-le Rose, il a assez souffert, ses parents ont été une perte tragique, il n'a même pas encore réussit à se reconstruire d'après Jacob.
_ Ca c'est bon Alice fit Rose avec un regard machiavélique en se levant.
_ Rose ! Ecoute-moi je t'en pris… Ne t'approche plus de lui, il pourrait te tuer et ne crois pas que je plaisante.
_ J'aimerai bien voir ça dit Rose en sautant soudain par la fenêtre.
Une petite visite de courtoisie s'imposait. Effectivement Rose faisait l'exact opposé de ce que Ian lui avait demandé de faire mais elle s'en contre-fichait à l'instant présent, tout ce qui comptait c'était son loup. Elle avait trouvé un moyen horrible de le faire plier et elle se réjouissait d'avance.
Chapitre VII
Rose avançait, avançait, avançait comme si le chemin qu'elle prenait ne menait à rien d'autre que la souffrance. Elle huma son odeur jusqu'à sa modeste demeure mais une autre vint lui chatouiller les narines.
_ Une humaine…
Etrangement Rose prit ça comme une trahison de la part de son loup. Qui était-elle pour vouloir lui voler son jouet ? Un grondement sourd sorti de sa gorge et elle s'avança déterminée mais prudente tout de même. Seule la lumière de sa chambre était allumée. Rose poussée par la curiosité monta agilement sur l'arbre donnant une vision impeccable vers sa chambre à coucher. Elle s'attendait à bien des choses mais pas à ça et elle crut bien que son envie de vomir aller se réaliser.
Paul s'abandonnant aux plaisirs de la chaire avec une bimbo blonde en redemandant encore et encore et criant comme si on l'égorgeait.
Rose descendit bien vite de son perchoir et hoqueta après avoir réprimé un long frisson. Jamais elle n'avait vu pareille horreur de toute son existence et croyais moi, elle était déjà bien longue.
L'effet que ça lui avait fait ? Une douche froide. Pourtant au fond elle s'en fichait royalement de savoir avec qui il se reproduisait, mais soyons sincère, il avait vraiment des goûts particuliers.
Là-haut elle senti de l'agitation. D'en bas elle ne voyait que des ombres et c'était mieux ainsi. Elle venait de le voir nu certes et ça lui fit des petites palpitations au ventre. Elle n'avait pas vu beaucoup d'hommes dans sa vie, Ian était en fait le seul et restait très « poli » et "bref" en matière d'ébats. Là ce qu'elle avait vu était un abandon total et torride au désir. Elle imaginait encore son corps lorsqu'elle se rendit compte que quelqu'un arrivait. Ils avaient terminés et il la congédiait sans doute.
Rose avait sa capuche sur la tête mais on percevait aisément ses yeux tueurs dans la pénombre. Ses cheveux corbeau étaient magnifiquement bouclés, en gros elle n'avait rien de comparable avec la fille qui était en train de sortir de chez son loup complètement débraillée, avec un sourire béat et sordide sur son visage peinturluré.
Lorsque la blonde la vit elle lui fit un regard mauvais, elle devait penser qu'elle était la prochaine. Rose riait intérieurement de la bêtise humaine.
_ On se rappelle Paul ? Ein ?
Ce qu'elle l'agaçait, comment une fille pouvait-elle devenir un déchet pareil après quelques années de vie humaine …
Paul ne répondit pas. Simplement vêtu d'un short il fixait intensément sa nouvelle arrivante. Tout de noir vêtue, elle ressemblait bien là à la créature de la nuit qu'elle était.
_ Que me vaut cet honneur ? Demanda perfidement Paul collé dans l'embrasure de la porte.
_ Tu ne gardes pas ta copine à diner ?
_ Réponds seulement à mes questions sangsue continua Paul sans se démonter.
Rose sourit et à la lueur incroyablement vive de la lune, Paul pu avec un frisson apercevoir ses canines aiguisées et blanches.
_ Tu n'as pas de très bons goûts louveteau dit Rose en s'avançant doucement.
Le pouls de Paul s'accéléra instantanément et Rose le sentit. Croyait-il vraiment pouvoir lui cacher ses peurs indéfiniment ?
_ Cela ne te regarde pas. Répliqua t-il piqué au vif
_ Aurais-je touché un point sensible dit-elle en venant apposer sa paume contre le cœur de Paul.
Il respirait bruyamment et Rose se délecta de cette vision. Il était complètement à sa Mercie.
_ Hôtes tes sales pattes de moi sinon je m'énerve ! S'écria t-il
_ On m'a dit que tu étais le plus instable, je m'efforce de t'énerver mais apparemment tu es plus fort que ce que l'on prétend.
Elle l'avait presque blessé. Une lueur de déception était passée dans ses prunelles sombres en un rien de temps. Juste un flash mais assez pour que Rose le remarque.
_ Je t'inviterai bien à…
_ Merci c'est trop aimable répliqua Rose avant qu'il n'ait fini sa phrase.
Elle le poussa et entra enfin dans sa maison. C'était si… humain qu'elle eut une impression étrange. Elle regarda partout. Paul bouillonnait de rage mais inutile de la mettre en colère. Il voulait savoir et comprendre quelles étaient ses motivations. Et il le saurait tôt ou tard. Il ferma la porte et la rejoignit. L'odeur incrustée de l'humaine juste avant puis d'une vingtaine d'autres suffirent pour savoir quel était son jeu de distraction préféré.
Rose enleva son manteau et découvrit une magnifique robe rouge sang. Paul ne pu s'empêcher de l'admirer lorsqu'elle lui tendit son manteau.
Elle aimait et sentait parfaitement le pouvoir qu'elle avait sur lui et ça l'enchantait.
_ Et clébard, tu baves lui dit –elle d'un ton presque amical.
Paul se reprit bien vite et lui fit un regard froid. Pour qui se prenait-elle pour venir le déranger de la sorte. Rose continuait sa visite. C'était très modeste mais déjà avec plus de confort que lorsqu'elle même était humaine et devait s'occuper de sa famille. Ces souvenirs douloureux ne partiraient jamais apparemment.
_ C'est très…
_ Oh s'il te plaît épargne moi les grands discours et viens –en au fait. Qu'est-ce que tu veux ?
_ Toi ! Lui dit-elle sensuellement en plantant son regard infiniment sombre et coquin dans celui de sa victime.
Paul ne comprenait plus rien du tout, il resta de fait comme un poteau incapable de bouger, de faire le moindre geste.
_ Qu'est-ce que tu veux dire par toi ? Demanda Paul suspicieux.
Il fallait s'attendre à tout avec les vampires. Rose riait intérieurement. Quelles idées allait-il s'imaginer ? C'était écœurant tout ça. Mais Rose voulait tellement qu'il lui soit soumis… Qu'elle aurait pratiquement fait n'importe quoi. Bien qu'il soit un loup, il était plutôt pas mal elle devait le reconnaître.
Elle s'avança encore et encore vers lui, toujours plus proche et Paul commença à se sentir mal, très mal tellement mal qu'il se maitrisait atrocement pour ne pas se transformer.
_ Ne lutte pas avec moi, Paul lui susurra t- elle à l'oreille.
Paul tremblait. La faire entrer avait été une très grave erreur mais il n'en prenait bien évidemment conscience que maintenant. Il souffrait c'était évident.
_ Laisse –toi aller Paul lui intima Rose dans un soupir en venant lui prendre doucement son cou.
Paul ferma les yeux quelques secondes, Rose quant à elle, ouvrit la bouche à nouveau pour cette fois-ci montrer ses énormes canines. Elle y était presque, elle pouvait sentir son pouls s'accélérer violemment, il se retenait. Ce n'était pas drôle quand la victime ne se laissait pas faire. Rose lui caressa le torse mais bientôt ce fut elle qui se fit piéger. Des milliers de papillons traversèrent son corps soudain emplit d'une chaleur qu'elle n'avait pas ressentie depuis des siècles entiers.
Qu'un vampire morde un loup, ce loup en particulier était un trophée que Rose voulait gagner à tout prix.
S'être abandonné à un vampire, voilà ce qui le détruirait. Il sentirait les remords infinis en lui et ça le consumerait à petit feu. Elle allait y arriver lorsqu'elle remarqua derrière eux un petit cadre posé innocemment sur une commode. Deux indiens d'une trentaine d'année souriaient fièrement et amoureusement à l'objectif. Ces deux là, Rose les connaissait elle en était persuadée. Et ce fut les quelques secondes de trop. Paul sembla sortir brusquement de sa léthargie. Il poussa un violent grognement et l'éloigna loin de lui avec une force incroyable contre le mur.
_ Qu'est-ce que tu fais ! Cria t-il de toutes ses forces
Rose ne répondit pas, elle ne pouvait détacher son regard du cadre. Elle savait qu'elle les connaissait, elle les avaient déjà vus.
Paul tremblait de rage, s'il ne se maitrisait plus, elle était fichue. Elle se maudit de penser ça mais elle devait l'aider et vite. Les yeux du loup étaient plissés et incroyablement noirs. Rose s'approcha de lui mais il recula derechef.
_ Va t-en ! Cria t-il Dégage avant que je te déchiquette en milliers de morceaux. Je peux pas croire ça, que j'ai faillis…
Il fut secoué de spasmes violent, bientôt il se transformerait, bientôt. Voilà enfin le spectacle que tout le monde tentait de lui expliquer.
_ Maitrise –toi louveteau, tu es plus fort que ce que tout le monde dit lui dit Rose d'une voix calme.
Elle se détestait de faire ça. Mais elle devait savoir, qui étaient ces gens. Elle savait au fond d'elle la réponse mais il devait lui faire dire de vive voix.
Paul collé contre le mur, à ces mots sembla quelque peu s'assagir.
_ Dégage, arrête de venir me voir, j'en ai marre de toi, de tes mystères, si tu veux me tuer, dis-le et on règle ça !
Il ne criait plus, il souffrait et étrangement ça la gênait. Elle se rendit compte à cet instant qu'elle n'aimait pas le voir comme ça.
_ Je pense que je ne te déteste plus déclara t- elle de but en blanc.
_ Qu…quoi ?
Paul à sa grande habitude ne comprenait rien. Qu'était-elle réellement en train de lui dire ?
_ Crois- tu parce que soit disant tu ne me détestes plus, moi ce serait pareil pour toi ?
_ Non.
Au moins elle était franche.
_ Mais tu n'en es pas sûr n'est-ce pas ? Tenta de s'éclairer Paul.
_ Non. Il est clair que j'ai des sentiments forts à ton égard mais je n'ai pas encore deviné s'ils étaient bons ou mauvais.
_ C'est déjà ça fit Paul avec humour.
Le grand Paul faisait de l'humour avec un vampire, si un jour on avait pu lui dire ça, il se serait surement suicidé.
Rose redevint sérieuse brusquement. Elle devait savoir, elle était persuadée que si elle arrivait à savoir, elle pourrait l'aider. Et elle ne savait pas pourquoi mais un nouveau projet vint s'installer dans sa boite crânienne bien trop tourmentée en ce moment.
Elle fit le tour du canapé et prit le cadre dans sa main droite. Elle fixa les visages radieux des deux indiens et se surpris à sourire. Paul vint se placer derrière elle mais ne protesta pas à son geste déplacé. L'épisode de la morsure semblait bien loin derrière eux à présent. Leur proximité troubla Paul, jamais il n'avait approché de vampire de la sorte, cependant cela ne le gêna pas plus que ça.
_ Qui sont-ils ? Demanda enfin Rose poliment.
Sa voix était douce, Paul savait qu'elle ne dirait rien de déplaisant alors il abaissa son mur durant quelques secondes.
_ Mes parents.
Rose le savait, elle les avaient déjà vus quelque part.
_ Sont-ils déjà venus en Italie ? Continua t- elle en tentant de savoir
_ Je… je sais pas, je crois ils aimaient beaucoup les voyages pourquoi ces questions ?
Paul commençait à avoir peur
_ Je pense les avoir déjà vus et avoir déjà rencontré le vampire qui les a assassinés.
Paul sembla tomber des nues. Rose reposa le cadre et lui fit face. Il semblait perdu. Ne pas savoir comment étaient mort ses parents et par qui était atroce. Elle ne savait pas quoi faire. Jamais elle avait dû réconforter quelqu'un puis ce n'était pas sa place non plus et l'accepterait –il ?
_ Je vais y aller déclara t- elle seulement en tournant les talons.
Paul ne bougea pas comme hypnotisé. Une porte s'ouvrait peut –être enfin pour lui. Longtemps il avait espéré ce moment et il avait fallut qu'elle vienne, elle, un vampire pour lui redonner espoir de savoir enfin la vérité.
Chapitre VIII
Rose, seule, allongée sur son lit, pensait. La soirée d'hier avait été la plus longue de toute son existence. Ian était parti et c'est comme si hier soir avec Paul, rien n'avait plus eut d'importance. Elle se sentait mal, elle ne savait pas ce qui lui arrivait. Ian était toute sa vie, celui qui l'avait sauvé, comment pouvait-elle l'oublier même quelques secondes ?
Elle décida d'aller voir Alice, peut-être avait –elle eut un appel ou une vision. Depuis hier, elles n'étaient pas en très bon terme mais elle espérait qu'elle l'aiderait sans rechigner. Elle avait décidé qu'elle lui confierait tout car après tout Alice tentait juste de la protéger. Et Ian partit elle ne pouvait plus se confier. De plus elle ne pouvait le faire au frère de son amant, c'était juste impossible.
Ils étaient tous dans le salon, Rose n'aimait pas trop se mêler à eux, la sociabilité n'était pas son fort. Elle descendit gracieusement les escaliers des Cullen et se dirigea droit vers la petite Alice.
_ J'ai à te parler lui dit- elle en chuchotant.
_ J'arrive dit Alice en se retournant joyeusement.
Heureusement qu'elle n'était pas rancunière cela aurait été problématique. Mais Rose n'eut jamais le temps de lui demander. Tous ses sens soudain furent en alerte.
Une odeur fétide mais douce pour Rose vint chatouiller toutes les narines vampiriques ici présentes et là ce fut le drame, enfin pour Rose du moins. Paul arrivait et son entrée était imminente dans le salon des Cullen. En extérieur elle restait calme, intérieurement elle bouillonnait de rage et de stresse intense.
_ Qu'est-ce que… lui chuchota Alice en lui faisant les gros yeux.
_ Je ne sais pas Alice mais je te promets que je t'expliquerai…
Paul arriva alors, grand imposant devant toutes ces faces indignées. Rose était surprise mais souriait à présent, il avait vraiment du culot ce loup pensa t- elle.
Il s'avança droit vers elle, comme s'il ne voyait qu'elle, se posta devant elle et commença à lui parler. Elle le fixait intensément, comme si son regard voulait le bruler. Adriano posté dans son coin assistait à toute la scène et se promit de comprendre cette mascarade. Il ne reconnaissait plus Rose depuis leur arrivée, certes il lui avait dit que ça changerait leurs vies mais à ce point là, ce n'était pas croyable.
Elle ne comprit que la fin tellement son regard ne pouvait se détacher du sien.
_ … m'aider.
Et il le remarqua. Il détourna alors le regard comme gêné.
Rose se reprit bien vite, il était clair qu'ils étaient envahis d'une tonne de vampires.
_ De … ?
_ Mes parents, m'aider à le retrouver… l'assassin…
_ Oh commença t- elle à comprendre, hum non mais pour qui tu me prends ? Ton encyclopédie ? Dégage de ma vue clébard ! Cria t -elle.
Il voulait qu'elle l'aide à retrouver le bourreau de ses parents ? Et puis quoi encore ? Elle jeta un regard furtif à Adriano qui avait un petit sourire de contentement et elle en fut soulagée.
A ces mots pourtant, tout le visage de Paul se décomposa et redevint dur comme à son habitude.
Et Rose en fut un peu peinée.
_ J'aurais du m'en douter, venant d'un vampire… cracha t- il, comment ais-je pu être aussi bête ?
Oh non il ne fallait pas qu'il fasse ça, provoquer des vampires étant tout seul était complètement suicidaire.
_ Va t- en, ne reviens pas ici, tu n'es pas le bienvenu dit Rose avec tous les regards qui appuyaient ses dires.
Paul après un dernier regard partit en flèche, mort de honte. Là il devait dire qu'elle ne l'avait pas loupé, qu'elle affreuse manipulatrice qu'elle était.
Il retourna chez lui et se promit de ne plus jamais lui adresser la parole. Hier soir, pendant quelques minutes il avait crut qu'un vampire pouvait être différent, mais ils sont tous les mêmes sans exception. Il était furieux contre elle, contre lui. Il lui faudrait être très prudent pour masquer ses pensées, si Sam l'apprenait il serait surement renié de la meute. Et tout ça à cause d'elle.
Paul se sentait mal, très mal ! Réellement, il avait envie de tout casser. Il souffla alors pour se calmer et parti dormir. Il avait besoin de se reposer.
Rose regrettait un peu la manière dont elle lui avait parlé, cependant elle avait une réputation à préserver. Elle savait qu'Alice était fâchée. Elle ne la comprenait pas, elle était si gentille, si douce mais à ce point avec leurs ennemis mortels ce n'était pas croyable. Donc elles s'éloignèrent un peu de la maison pour pouvoir parler facilement. Rose redoutait un peu ce moment.
_ Je t'écoute Rose fit –elle gentiment.
Rose pensait qu'il y avait un piège, après ce qu'elle venait de faire, dans la propre maison des Cullen… Elle s'assit à côté du petit lutin.
_ Je suis navrée pour ce que je viens de faire, mais j'ai ma réputation tu sais et…
_ Je n'ai pas à te juger sur tes motivations mais j'ai l'impression que Paul se sent mieux depuis quelque temps, d'après Jacob, il est moins sombre que d'habitude et je crois que cela a un rapport avec toi…
_ Moi ? Ce n'est pas possible, je n'ai qu'une envie et c'est le tuer…
_ En es –tu sûre ? Lui demanda t- elle sérieuse.
_ Pardon ? Bien sûr que je sais encore ce que je dis…
_ Comme je te l'ai déjà dit Rose, je pense qu'il t'obsède dit l'autre en soufflant. C' est très étrange.
_ Il m'obsède car il est mon jouet, ma proie…
_ Je pense que c'est un peu plus que ça…
_ Comment oses –tu Alice prétendre ce genre de choses alors que Ian est parti négocier des témoins, à la moindre seconde il risque sa vie pour nous et toi tu insinues que je suis attirée par un autre homme ?
Rose était en colère, d'une colère noire, si noire car qu'au final, Rose pensait qu'elle n'avait pas si tord que ça et ça la tuait. Oui au final elle ne voyait plus Paul comme un clébard puant, sans cervelle, un bout de viande à mâcher tranquillement, non elle commençait à le voir comme un homme.
_ Je dois aller lui présenter mes excuses annonça subitement Rose.
Alice écarquilla les yeux de surprise. Cependant c'était une agréable et surprenante surprise.
_ Tu as changé Rose, en bien je te rassure et je te félicite de ça, ou bien peut-être devrais-je le féliciter lui hum ? Fit Alice en riant sous l'air indigné de Rose.
_ J'y vais et arrête de te moquer de moi. Et non je n'ai pas changé, ou peut –être bien un peu cependant, ne t'attends pas à un changement radical.
Et Rose parti subitement laissant une Alice satisfaite.
Rose ne percevait aucun bruit provenant de la maison. C'était étrange, en pleine après-midi, elle décida de rentrer chez lui en faisant attention. C'était louche. Voila qu'elle devenait parano à cause de lui, ça n'allait pas bien. Rien dans le salon, ni la cuisine, elle décida de monter à l'étage, elle aurait peut-être plus de chance. Bizarrement l'idée qu'il soit dans la salle de bain lui arracha un frisson. Mais non elle sentait son souffle régulier, son cœur battre en rythme paisiblement. Elle s'avança tout doucement comme pour ne pas briser la douce atmosphère de la maison. Délicatement elle poussa la porte et la vision qu'elle eut fut attendrissante, saisissante, époustouflante. Jamais elle n'avait vu un être si beau lorsqu'il s'abandonnait aux bras de Morphée. Elle n'arrivait plus à bouger. Son regard était bloqué sur celui de Paul. Il avait un air si angélique lorsqu'il dormait, Rose eut une envie soudaine de le toucher. Elle s'avança prudemment et s'assit enfin sur le lit en retenant sa respiration.
Ce qu'elle faisait était mal, très mal mais plus rien d'autre ne comptait que sa vision.
Et elle resta là, des heures à le contempler dormir.
Puis enfin tout doucement il ouvrit les yeux. D'abord en papillonnant pour s'habituer à la lumière puis, il la vit. Il ne fut pas si étonné de la trouver là, plus rien ne l'étonnait venant d'elle.
_ Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda t- il ensommeillé
Rose ne répondit pas. Elle ne savait pas trop comment s'y prendre, c'était la première fois qu'elle allait s'excuser. Le plus fort dans tout ça c'est qu'elle le faisait pour un loup…
Il était totalement réveillé cette fois. Il était encore en colère contre elle, et encore si cela pouvait s'appeler de la colère. Il se leva et l'ignora royalement. Simplement vêtu d'un boxer, Rose baissa la tête lorsqu'il passa près d'elle. Elle avait rarement vu des hommes, surtout si peu habillés. Elle espérait qu'il ne la provoquerait pas. Mais Paul avait bien vu l'effet qu'il lui faisait parfois. Il n'était pas dupe même si elle préférerait mourir plutôt que de le lui avouer.
Ils ne se voyaient plus comme des bêtes, mais plus comme des personnes, capables de ressentir des choses.
Et il parti sous la douche, la scène qu'elle avait imaginé plus tôt. Soudain Rose eut une bouffée de chaleur et dut s'oxygéner dehors.
Mais à quoi pensait-elle sérieusement ? Etait-elle folle ? Elle commençait sérieusement à en douter. Jamais auparavant elle ne se serait laissé glisser vers de telles pulsions dégoutantes. Cet humain, ce loup n'était qu'un clébard puant et sans cervelle, non pas un homme qui était sans doute nu là-haut et qui l'attirait inlassablement à rentrer.
Rose feula violemment, elle se détestait, jamais elle n'avait eu à cet instant autant de haine pour elle-même. Pour sa trahison envers Ian, elle méritait la mort, oui c'était une bonne idée. Elle en tremblait, Rose ne comprenait pas tout ce qui lui arrivait. Pourtant étrangement elle aimait ça, elle aimait tellement ça…
Paul sortit dehors quelques minutes après, Rose assise releva subitement la tête. Il la fixait intensément, son regard la transperça littéralement. Leurs regards étaient comme accrochés et bien sûr aucun ne voulait briser le lien précieux. Rose se leva en ne cessant de le regarder. Paul ne bougea pas d'un poil. Elle le trouvait renversant avec ses cheveux encore mouillés lui tombant un peu sur le front. Lui, était hypnotisé par elle. Ce qui était incompréhensible après ce qu'elle avait fait tout à l'heure. Ordinairement il l'aurait démembrée sur place pour avoir osé lui faire ça. Cependant il n'en été rien.
Elle remua les lèvres, ces lèvres que Paul fixait presque avec envie. Lentement leurs visages se rapprochèrent, à quelques centimètres, millimètres maintenant le pouls de Paul s'intensifia dangereusement mais comme semblant sortir de son illusion, il tourna la tête vers le sol comme gêné.
_ Tue –moi le loup dit Rose en murmurant.
Paul ne comprenait pas.
_ Pa…pardon ? T'es sérieuse là ?
Rose hocha positivement de la tête. Hélas elle était mortellement sérieuse. Il y avait encore deux minutes elle avait faillit faire quelque chose d'ignoble et dieu sait qu'elle en avait encore l'envie.
_ Tue- moi je ne supporte plus ça.
_ Je pensais pas que tu baisserais les bras aussi vite… lui répondit Paul pour la motiver.
_ Je ne me reconnais plus louveteau, tu ne peux comprendre ma condition, il est pour toi impossible de ressentir ce que je ressens.
_ Peut-être que tu te trompes, peut –être que je ressens la même chose que toi lui confia Paul d'une voix étonnamment douce
_ Je t'en pris, cesse de te payer ma tête et fais ce que je te demande s'il te plaît.
_ Non. Trancha Paul.
Le regard de Rose se fit dur, très dur.
_ Ce serait trop facile pour toi et je ne suis pas là pour te satisfaire sangsue.
Les insultes reprenaient de plus belle.
_ Ce n'est pas ce que tu allais faire il y a deux minutes hum ? Rectifia Rose
_ Admets- tu que tu as voulu m'embrasser ? Ou que tu voulais que je t'embrasse ?
Il voulait jouer ? Rose feula violemment et l'attrapa par le T-shirt, ses yeux se faisaient incroyablement menaçants. Il appuyait sur ses points faibles et elle regretta presque d'avoir sollicité son aide pour mettre fin à ses jours.
_ Nous étions deux dans cet échange et mon ange, celui de nous qui déteste le plus la race de l'autre c'est toi je pense.
Rose avait dit ça d'une voix doucereuse tandis que Paul lui enlevait ses mains de son T-shirt propre.
_ Vis avec ça Rose, au final c'est toi qui en souffriras.
_ Que veux- tu dire ?
_ Rien aller, va t-en, je sais que tu reviendras encore et encore mais pour l'instant j'aime bien l'idée de te faire languir et te faire souffrir un petit peu et puis je n'ai pas que ça à faire aujourd'hui.
_ Bien fit –elle piqué au vif et en tournant les talons.
Elle partit en coup de vent à travers les hautes herbes et Paul put enfin souffler. Il possédait réellement un comportement étrange en sa présence.
Chapitre IX
Pourquoi pensait-il à elle sans discontinuité, sans arrêts et comme ça ? Pourquoi pensait –il à elle alors qu'elle était le mal incarné ? Paul ne comprenait rien. Il voulait aller voir Jacob pour se confier malheureusement il savait qu'elle était là-bas. Elle penserait surement qu'il la suivait et il ne pouvait absolument pas prendre ce risque. Mais quoi encore ? Qu'est-ce qu'il s'en fichait de son avis ? Sa vie ne tournait pas autour d'elle !
Hier pourtant quelque chose avait changé. Ils avaient faillit s'embrasser et malgré son dégoût profond pour les vampires, Paul aurait voulu aller au bout de cet échange en cédant à la tentation. Mais au final il pensait qu'il n'était que son jouet, qu'elle n'avait pas de sentiments comme lui pouvait en avoir. Au fond que pouvait –il attendre ? Elle avait son amant parti avec le père Cullen, il n'était qu'une distraction car elle devait s'ennuyer mortellement. Elle voulait un passe-temps… lui en clair.
Mais il ne pouvait s'empêcher de croire qu'il y avait plus que cela. Même avec son aversion pour sa race, comment aurait-elle pu juste une seconde céder aux pulsions seulement pour jouer ? Paul se posait tellement de questions auxquelles elle aurait peut-être des réponses. Cependant cela voulait dire qu'il la verrait et dieu qu'il en avait envie depuis quelques jours. C'est comme si elle lui manquait, que leurs joutes verbales étaient son passe-temps favoris.
Trop tard, dans une énorme sonorité de foudre, Paul se transforma en majestueux loup qu'il était et partit comme une flèche en direction de Forks.
Il huma l'air, infesté de différentes odeurs. Lorsqu'il déboula sur leur territoire, les mêmes loups que la dernière fois étaient postés devant l'entrée des Cullen. Ni Seth ni Jacob n'étaient à l'horizon. Tant mieux il n'aurait pas à se justifier de sa présence en camp ennemi ou presque.
Rose quant à elle avait déjà senti son odeur parfumée il y avait des kilomètres de cela. A sa fenêtre elle l'épiait. Il semblait attendre quelque chose ou quelqu'un puisqu'il restait sous sa forme lupine. Cela ne pouvait être ses amis loups sinon il se serait transformé. Elle en conclut qu'il était venu pour elle. Il était décidément fou ce loup. Elle descendit vite mais prudemment les escaliers et le rejoignit dehors. Elle resta tout de même à quelques mètres de lui. D'un hochement de tête il lui intima de le suivre, ce qu'elle fit de suite et sans protester.
Seth tapis dans l'ombre avait assisté à toute la scène avec un petit sourire de contentement. Leur grand Paul au cœur de pierre était en train de changer, et pas des plus mauvaises manières.
Rose ne savait pas trop quel était son but, peut-être voulait-il la tuer, était-ce un piège ? Etrangement, non, rien de tout cela ne pouvait être vrai selon elle. Il lui inspirait confiance, oui elle le pensait vraiment. Il ne lui ferait pas de mal elle en était certaine. Il l'emmena au sommet de son pic de montagne préféré. Celui où l'on voyait tout à des kilomètres. Paul aimait venir ici, c'était un endroit qui l'apaisait et qui l'avait toujours accueillit à bras ouverts lors de ses moments les plus sombres.
Il avait décidé de l'emmener ici car il voulait détendre l'atmosphère entre eux. Tout avait changé et rien ne serait jamais plus comme avant. Lui, détestait toujours autant sa race tueuse et sadique mais elle, il la voyait tellement différemment. Il voulait lui avouer certaines choses.
_ Perdre quelqu'un n'est pas quelque chose d'anodin tu sais Rose, je me dis souvent que ma vie ne tiens qu'à un fil, je suis plus fort que la plupart des gens mais mon moral n'en est rien lui.
Rose l'écoutait attentivement, elle pensait qu'elle devait le laisser parler, se soulager, dire ce qu'il avait sur le cœur.
_ Depuis que tu es là, tout me semble différent, malgré le fait que je te déteste je voulais te dire merci car grâce à toi ma vie est moins un fardeau. Je sais que tu peux m'aider Rose, m'aider à retrouver l'assassin de mes parents. C'est égoïste car je ne peux rien te donner en échange qui ait de la valeur pour toi, mais j'ai réellement besoin de ton aide...
Paul suppliait un vampire, c'était une chose que personne n'aurait crut.
Rose s'approcha doucement de lui et lui mit une main sur sa joue brulante. Il fut surpris de ce geste mais ne protesta pas, au contraire il laissa court à ses émotions et ferma les yeux en confiance. D'un geste il la rapprocha vers lui en lui mettant un bras dans le dos, Rose émit un petit bruit aigue. Qu'allait t-il se passer maintenant qu'ils étaient si proches dans ce décor féérique ? Paul détestait tellement les vampires, alors pourquoi faisait-il ça ? Rose retint son souffle lorsqu'il avança doucement sa tête vers elle. Il la fixait intensément comme si son regard voulait la bruler de tout son être. Paul était donc mortellement conscient de ce qu'il était en train de faire. Elle avait peur, très peur de ce qui allait se passer, pourtant elle en avait tellement envie. Cette obsession devait cesser. Rose abaissa alors ses dernières barrières et se fit moins résistante. Elle se leva même sur la pointe des pieds. Elle sentait sa chaleur et cela la mit en sensation de bien-être intense. Paul la rapprocha encore plus vers lui, maintenant qu'elle était prisonnière de ses bras, ils ne pouvaient plus reculer. Rose savait qu'après ceci, plus rien ne serait jamais comme avant entre eux. Et Paul posa enfin ses lèvres sur celles de Rose qui ferma également les yeux. C'est comme si une explosion se fit en elle. Jamais elle n'avait ressentit ça auparavant, dans toute sa vie et ce n'était qu'un baiser. Paul remua ses lèvres et Rose émit un gémissement. Il la mettait dans un état lamentable. Il voulait aller plus loin, il décida soudain d'aller chercher la langue de sa partenaire pour entamer une danse sensuelle. Rose n'était pas habituée à ce genre de baiser, elle n'avait jamais été embrassée de la sorte. Elle se sentait faible et laissa Paul la guider, agir pour elle. Elle était au summum du plaisir lorsqu'il inséra sa langue contre la sienne, il sentit une de ses canines et cela l'excita subitement. Rose ne savait plus quoi faire, c'était l'expérience sexuelle la plus torride de toute son existence et Paul semblait bien l'avoir vu. Il se félicitait presque de l'effet qu'il avait sur elle. Il l'avait remarqué déjà depuis un bout de temps mais à chaque fois elle se retenait atrocement. Là il était maître et Rose s'accrochait désespérément à lui. Elle lui faisait presque mal. Ils se pressaient tellement l'un contre l'autre que brusquement Rose sentit le membre viril et gonflé de son partenaire contre son jean. Elle aurait pu rougir de gêne si elle l'avait pu. Paul s'écarta doucement d'elle avant reprendre son souffle. Il posa son front contre celui glacé de Rose. Il respirait bruyamment, jamais une fille n'avait eu pareil effet sur lui.
_ C'est...mal ce qu'on...a fait dit Rose péniblement.
_ Nos actes ont toujours des conséquences Rose, il faut qu'on vive avec, s'il te plaît ne gâche pas tout, on en avait envie tous les deux ne l'ignore pas.
_ Mais ...
_ Chut la coupa t-il, je t'en pris.
_ Paul ... fit -elle douloureusement, on ne peut pas, c'est contre-nature, c'est mauvais et malsain. J'ai déjà quelqu'un dans ma vie tu sais.
Paul soupira bruyamment et baissa la tête.
_ Oui je le sais Rose mais ce n'était qu'un baiser tu sais...
Il ne pouvait dire ça, pour elle c'était bien plus que ça. La prendrait-elle pour une de ses conquêtes qu'il pouvait jeter comme bon lui semblait ? C'était réellement dégoutant. Et cela la vexa au plus haut point.
_ Je ne suis pas une poupée chéri, tu ne peux pas m'embrasser et me jeter après.
_ Toi-même tu viens de me dire que c'était pas possible !
_ Certes mais ça c'est moi qui le dit louveteau répliqua Rose comme une enfant.
Et c'est d'ailleurs ce que Paul se demanda, l'âge qu'elle avait. Lui avait vingt-six ans mais elle ? Elle paraissait si jeune que cela le gêna subitement.
_ Quel âge as-tu Rose ? Fit- il durement.
_ Pourquoi cette question ? Je suis surement plus âgée que toi tu sais lui dit-elle avec un sourire mesquin.
_ Dis- le moi ! Lui ordonna t-il.
_ Vingt ans, je suis morte très jeune lui avoua t- elle avec une grimace.
Paul se secoua la tête, elle était très jeune effectivement.
_ Nous devrions partir à présent dit Rose en tournant les talons.
Paul la rattrapa et la ramena à lui. Il la regardait comme ça pour la première fois. D'une façon si particulière que cela la troubla.
_ Cesse de me regarder comme ça s'il te plaît...
_ Nous nous reverrons Rose et je te regarderai toujours de la même manière lui dit Paul.
_ Oui, surement puisque j'ai décidé de t'aider à retrouver Aldarick avoua t- elle.
Paul ouvrit grand les yeux.
_ C'est... le nom de l'assassin de mes parents ? Tu le sais depuis quand ? Réponds !
_ Cesse de me secouer de la sorte ! Je le sais depuis la dernière fois que tu es venu chez les Cullen, j'ai fait des recherches sur le lieu où il se cachait. Je ne sais pas grand chose à part qu'il est du côté des Volturis, cette guerre affecte beaucoup de gens Paul. Je ne pense pas que tu sais ce à quoi tu te mesures.
_ Je suis assez fort pour tuer n'importe quel vampire Rose !
_ Il est très fort Paul, beaucoup plus que tu ne le crois, tu n'y arriverais pas tout seul.
_ Je ne peux impliquer mes frères dans une cause qui ne regarde que moi Rose, ce n'est pas possible.
_ Ce sera ton sacrifice, tu es jeune, je ne pense pas que tes parents voudraient cela Paul.
Son désir de vengeance était tellement plus fort que tout. Il avait une détermination farouche. Rien ne pourrait le faire changer d'avis. Rose ne pouvait le laisser se jeter dans la gueule du... vampire.
_ Tu ne seras pas seul, je suis avec toi soupira t- elle.
Paul ne put bouger face à cette révélation. Tout lui semblait étrange depuis quelques jours, jusqu'à ce baiser.
_ Je ne t'oblige à rien Rose. Tu as ta vie, ton fiancé, je... j'y pense depuis quelques temps, je préfère qu'on ne se voit plus. Ma vie prend un tournant que je ne contrôle pas. Depuis quelques jours, je ne me reconnais...
Mais jamais il ne put continuer. Rose lui sauta au cou brutalement et le plaqua contre la roche derrière eux. Dans un nuage de poussière elle l'embrassa sauvagement, Paul ferma les yeux et la serra fort dans ses bras. Jamais elle n'avait embrassé un homme de la sorte et cela lui plaisait. Elle sentait son désir contre elle et cela l'excita tellement qu'elle entreprit de le caresser un peu. Sa main passa sur son torse brulant et descendit plus bas, encore plus bas. Paul cessa de respirer quelques secondes. Lorsque la main de Rose caressa son membre à travers son jean, il eut du mal à se retenir de la déshabiller sur place.
_ Arrête je t'en pris dit-il fiévreux.
Son regard brulant transperça Rose. Elle le voulait. Elle voulait le posséder entièrement. A cet instant, il n'y avait plus de Ian, plus de vampire, plus de loup mais simplement eux.
_ J'ai envie de toi lui avoua Paul.
_ J'ai remarqué répliqua Rose également en trance.
_ Cesse de te payer ma tête Rose c'est pas une situation confortable fit Paul agacé.
Rose se dégagea de ses bras. Elle ne pouvait aller plus loin, elle en avait déjà trop fait.
_ Paul, je… je ne peux pas, pas là, comme ça … comprends- moi dit Rose difficilement. Je ne peux pas m'abandonner à toi. Je ne peux pas plus trahir Ian que je ne l'ai fait. Je me sens mal, jamais depuis plus de 500 ans, il est mon amant. Non je ne peux pas.
_ Pourquoi m'as- tu laissé t'embrasser alors ? Pourquoi tu joues comme ça avec moi ? Je suis si bête, depuis le départ je savais que tu voulais juste me détruire mais au fil du temps j'ai eut l'espoir que tu avais quand même des sentiments réels pour moi…
_ Je ne peux avoir des sentiments le loup.
_ Et ton fiancé, alors, c'est quoi ? Ce n'est pas parce qu'il t'a aidé jadis, qu'il t'a sorti de ton malheur que tu lui dois éternellement ta soumission !
_ Je t'interdis Paul ! Ian n'est pas comme ça ! Si je partais loin de lui, il ne m'interdirait pas ! Il ne veut que mon bonheur. Nous nous aimons d'un amour sincère ! Maintenant je rentre et laisse –moi y aller cette fois !
Paul fut blessé par ces aveux. Que pouvait-il espérer de mieux de toute manière ? Elle était un vampire de centaines d'années, lui n'était qu'un pauvre indien avec une modeste demeure. Il n'avait rien à lui offrir. Ce qui était fou, c'était qu'il ait pu se projeter dans l'avenir avec elle. Comme elle l'avait dit c'était contre-nature. Non, il devait l'oublier. Il devait cesser de la voir, elle était trop dangereuse pour lui. Rien que de la voir, lui faisait tout oublier, jusqu'à la mort de ses parents.
Il respira douloureusement et rentra chez lui. Il décida d'appeler Seth. Il devait parler à quelqu'un qui aimait les vampires mais qui était comme lui. Il ne pouvait demander à Jacob, il ne voudrait quitter Renesmée plus de deux secondes et lui ne pouvait revenir là-bas.
Seth sentit bien que quelque chose n'allait pas. Alors il promit à Paul d'arriver bien vite.
Il ne prit pas la peine de frapper et entra. Il le trouva affaissé sur la table de la cuisine à côté d'une bouteille d'alcool totalement vide. Seth soupira, Paul avait déjà trop bu il ne savait même pas si il serait capable de lui expliquer en entier ce qui n'allait pas.
_ Paul …
Le dit Paul leva imperceptiblement la tête. Il émit une plainte tant sa tête lui faisait mal.
_ Je suis lamentable… dit Paul avec malaise.
Il était complètement bourré et Seth pensa que son ami n'allait vraiment pas bien. Il avait vraiment pensé que Paul allait mieux depuis quelques jours. Il s'était lourdement trompé.
_ Qu'est-ce qui se passe Paul ? Bon sang tu t'es vu ? Non mais dans quel état tu es ! S'écria Seth
_ Je crois que je…
Il eut un haut-le-cœur et ne put terminer. Seth l'encouragea du regard.
_ Tu crois que tu quoi ?
Seth avait terriblement peur de ce qu'il allait lui avouer. Il l'avait vu un peu mais est-ce que cela se pouvait ? Pour Paul ?
_ … imprégné répondit-il en versant quelques larmes.
Seth eut le cœur serré, l 'imprégnation était une chose magnifique pour les loups mais pour lui, être imprégné d'un vampire … c'était horrible. Seth savait qu'il ne s'était jamais remis du meurtre de ses parents par un monstre de la nuit. C'était le coup de trop.
_ En es –tu sûr ?
_ Oui ça fait quelques jours que j'y pense déjà, le fait qu'elle m'attire alors que je déteste par-dessus tout, les vampires ! Je me hais si tu savais Seth !
_ Mais le sait –elle ? Dit le jeune loup avec de gros yeux
_ Dieu non ! Ce serait une catastrophe mais elle l'aime tu sais, comme personne n'a jamais aimé. Ca me rend si jaloux ! Je tuerai pour avoir le regard qu'elle fait quand elle pense à lui.
_ Paul parle lui, ça débloquerait peut-être les choses… Invite- la à diner ?
_ Je ne peux plus la voir, c'est fini Seth dit Paul avec tristesse.
_ Mais pourquoi ? Si c'est ton imprégnée, il faut lui dire ! Vous ne pouvez pas être séparés !
_ Sur la montagne, tout à l'heure, on s'est embrassés, jamais une femme ne m'avait embrassé comme ça, jamais je n'avais éprouvé pareilles sensations ! J'en ai embrassé des filles mais celle-là…
Seth ne savait plus quoi dire, effectivement il était vraiment imprégné, rien que le fait d'avoir pu embrasser un vampire était une preuve irréfutable.
_ Mais c'est bien, qu'est-ce qui ne va pas alors ? C'est son fiancé ?
_ Elle est persuadé de l'aimer à en crever ! Ce Ian trop parfait, il est gentil, poli, serviable, beau, intelligent, il sait la combler, il sait tout ce qu'elle désir et peut lui offrir … je suis un raté Seth dit Paul en ouvrant une nouvelle bouteille.
Il était ivre mort. Seth devait faire quelque chose et vite. Il ne restait plus qu'une seule solution, il devait la faire venir !
Chapitre X
_ Tu devrais aller dormir tu as une tête affreuse Paul…
_ Non je vais rester un peu à réfléchir dit-il en allumant une cigarette.
_ Tu as bu et la tu fumes, tu vas pas être bien …
_ C'est ma mauvaise éducation ça répondit Paul en soufflant.
_ C'est nul.
_ Je suis nul dit Paul sèchement, j'ai une vie de merde !
_ Arrête je t'interdis Paul, pense à nous, à la meute ! S'écria Seth en vain
_ Il y a plus de meute Seth et tu le sais, juste des loups solitaires et cons.
_ Tu dis vraiment n'importe quoi, je préfère te laisser à tes démons... lui dit Seth choqué.
Et après un dernier regard il se transforma et reparti à toute vitesse chez les Cullen avec une seule idée en tête, parler à Rose. Il ne supportait pas voir son ami dans cet état surtout que Paul avait déjà bien souffert. C'est pourquoi il avait toujours eu leur appuie le plus sévère. Ils étaient ses frères, ils se devaient de l'aider. Seth pensa que la meilleure chose à faire était de demander à Rose de venir le voir, elle avait assez de caractère pour ça. Paul n'allait pas bien du tout. Et en ce temps de guerre ce n'était pas vraiment la meilleure chose qui soit. Paul devait lui dire qu'il s'était imprégné. Elle ne connaissait pas leurs légendes, il devait lui expliquer.
Cependant il y avait l'histoire du fiancé et ça c'était le plus gros dilemme. Seth avait pu lui parler bon nombre de fois, il n'avait pas osé le dire à Paul mais il était clair qu'il était un homme remarquable, aussi sage que le docteur Cullen. Il était difficile de le battre, il avait toutes les qualités d'un homme. Son seul défaut ? Manger des humains… Comme Rose en gros.
Il arriva bien vite au repère et fonça droit vers la chambre de Rose, c'était une manière peu cavalière d'aborder une dame mais il y avait urgence. La porte était entrouverte, Seth frappa mais personne ne lui répondit, il osa alors passer sa tête par la porte.
Elle était à la fenêtre et regardait dans le vide.
_ Roseria… commença Seth doucement
Il ne voulait pas la brusquer, il connaissait de fait sa réputation. Même si depuis sa rencontre avec Paul, il savait qu'elle avait changé, il ne voulait pas la brusquer. Elle se retourna lentement. Ses yeux étaient rouges sang, signe de soif. Seth déglutit amèrement, cela devait faire un bout de temps qu'elle n'avait pas mangé. Elle le regarda avec un regard infiniment triste.
_ Tu es venu me parler de Paul c'est ça ?
Elle n'essaya même pas de cacher leur « liaison ». Seth hocha positivement de la tête. Son visage sembla s'adoucir. Elle s'approcha du jeune loup.
_ Est-ce qu'il va bien ?
_ Pas trop… il… il était déjà fragile tu sais, avec l'histoire de ses parents tout ça mais cette dernière altercation entre vous l'a beaucoup plus affecté que tu ne le crois. Désolé de te dire ça mais s'il te plaît va le voir…
_ Je ne peux plus le voir, cela m'est interdit dit -elle catégorique.
_ Il m'a raconté, je t'en pris, il a besoin de toi. J'ai peur pour lui. Juste, rassure- le … fit Seth avec un grand sourire enfantin.
Il était suppliant. Rose soupira, elle mourrait d'envie de le voir à nouveau. Elle savait qu'elle ne devait pas mais il y avait une force plus forte que tout qui la poussait en avant.
_ Je ne te garantis pas que je vais le guérir je ne pense pas que cela soit possible mais je te fais une promesse, je vais tacher qu'il aille mieux. Dit- elle avant de sauter par la fenêtre.
Seth sourit à cette révélation. Il savait qu'elle tiendrait parole.
Rose courait à folle allure. Elle n'avait jamais voulu arriver aussi vite quelque part. Elle connaissait le chemin par cœur désormais. Rien autour, elle ne voyait rien. La maison lui apparut bien vite dans son champ de vision. Elle était faiblement éclairée de l'extérieur, Paul était assit sur les marches de son perron la tête baissée, une bouteille vide à la main. Rose n'avait pas pensé à le retrouver dans cet état lamentable. Il était dans un état de déchéance totale. Rose avança tout doucement vers lui. Il respirait bruyamment, il n'allait pas bien. Elle s'accroupie à sa hauteur en le fixant intensément. Même en déchet mortel il était incroyablement beau. Elle voulut lui caresser les cheveux mais son geste resta en suspend. Ce n'était peut-être pas le moment, c'était peut-être déplacé.
_ Tu es venue m'achever ? demanda t-il difficilement.
Sa voix était trainante, plus grave que d'ordinaire. Il avait énormément de difficulté à parler tant l'alcool avait coulé à flots dans son sang. A cet instant, cet homme qu'elle connaissait, lui rappelait son père jadis mort noyé à cause de l'alcool. Qu'elle affreuse vision. Elle réprima un frisson et lui posa une main dans son dos.
_ Dans quel état t'es tu mis jeune louveteau ? Un état aussi lamentable par ma faute je dois l'admettre.
Paul ne réussit pas à lever la tête. Juste un grondement sourd sortit de son gosier. Rose prit alors une bouteille qui trainait et la lança. La bouteille alla se fracasser violemment contre le gros chêne, dix mètres plus loin.
_ J'ai mal au crâne lui dit –il.
_ Je veux bien te croire lui répliqua t- elle en souriant.
Finalement elle passa une main dans son dos et sentit un frisson de sa part. Il releva la tête et il lui fit son regard de braise auquel elle avait du mal à résister ces-derniers temps. Elle se racla ensuite la gorge et se remit debout. Elle passa ses deux bras sous ceux de Paul et d'un petit coup sec le remit sur ses pieds. Dieu qu'il était lourd. Elle tint bon pourtant. Elle faillit plusieurs fois tomber dans les escaliers mais arriva à bon port.
_ Un passage à la douche s'impose, tu as une odeur affreuse… lui dit-elle gentiment pourtant.
_ Tu viens avec moi ? Dit –il aussi sensuellement qu'il le pouvait.
_ Tu dis n'importe quoi, tu as bu !
_ Juste… un peu ma belle…
Ils réussirent tant bien que mal à atteindre la salle de bain. Rose se dit que c'était vraiment une expérience inédite pour elle. Si on lui avait dit qu'un jour elle ferait ça surtout avec un loup, elle ne l'aurait jamais crut. Elle le posa dans la douche et il s'accrocha comme il put pour ne pas tomber et lorsqu'elle commença à partir, il la retint par le poignet. Elle aurait du s'en douter, il ne la laissa pas partir. Son regard avait la même fièvre que quelques heures auparavant et Rose fut troublée. Il lui avait emprisonné fermement le poignet, elle était délibérément coincée.
Il avait encore besoin d'elle pour se déshabiller, elle ne pouvait le rejeter ainsi. Elle grimpa alors d'un pas hésitant avec lui dans le bac douche et commença lentement à le déshabiller, d'abord sa chemise laissant apercevoir ses beaux muscles. Elle voulait y toucher mais garda un self-control impeccable. Sa tête pendait en avant et il la posa dans le cou de la jeune fille, il huma ensuite son parfum sucré, il aimait son odeur. Elle lui retira une manche, deux manches et la chemise tomba dans le bac à douche, elle n'osait pas le regarder, elle pouvait très bien sentir son regard brulant sur elle. Si elle le regardait, elle serait perdue. Maintenant c'était au tour de son short. Pourquoi avait-elle accepté ça ?!
_ Merci… lui dit Paul en murmurant.
_ Chut tais- toi, ne dis rien.
Il bougea un peu et faillit tomber. Elle le retint in extremis. C'était amusant quand même.
_ Ne bouge pas trop, je vais enlever ton jean. Lui dit –elle sans arrières pensées.
_ Je sens que je vais bien aimer ce moment là répliqua t-il encore avec son regard noir de désir et en arquant un sourcil.
Rose soupira et se baissa tout doucement. Cette situation était ridicule. Vraiment grotesque. Elle avait honte d'être ainsi avec lui dans une douche, c'était tellement nouveau...
Tout doucement, elle lui enleva sa ceinture et déboutonna son pantalon avec une extrême lenteur, elle aimait le faire languir. Elle sentit son pouls s'accélérer, son torse se levait et descendait anormalement vite. Elle sourit. Après de multiples efforts, elle réussit également à lui enlever son vêtement. Paul était en boxer à présent. Rose abdiqua à sa propre règle et commença à l'inspecter du regard. Paul même non conscient, savait l'effet qu'il avait sur elle. Il décida d'en jouer. Elle se releva enfin en se tenant à ses hanches et le fixa droit dans les yeux. Paul ne pouvait s'empêcher de couper court à ce contact
_ Tu me fixes ? Lui fit- elle
_ Non je te contemple lui répondit-il les yeux brillant.
_ Je trouve que c'est flippant comme vous dites vous les humains.
_ Non ça mon cœur, c'est du romantisme. Répliqua t- il avec un clin d'oeil
Le fait qu'il lui donne ce petit surnom excita Rose. Elle aimait l'entendre lui dire ça, cela prouvait tout l'emprise qu'elle avait sur lui. Cette relation de concurrence pour dominant/ dominé ne cesserait jamais. Encore une fois elle allait partir et le laisser tranquille pour qu'il puisse se savonner mais encore une fois il la retint. Il ne voulait pas qu'elle parte, pas maintenant. Puis d'un coup un peu trop brutal au goût de Rose, il la tira à lui. Tout naturellement elle atterrit dans ses bras musclés.
A présent dans ses bras elle ne pouvait plus du tout bouger. Elle sentit un bien-être intense la submerger, elle osa fermer les yeux. Elle n'était pas en danger. Mais la réalité était plus forte que tout. Elle devait partir avant que tout ne soit trop tard. Déjà l'après -midi elle avait fait une énorme bêtise.
_ Laisse- moi je t'en pris. Ce n'est pas le moment. Tu n'es pas en état… commença t- elle à chercher en excuse.
_ Ca veut dire que si j'étais moi –même, on aurait pu…
_ Dis pas n'importe quoi, j'ai jamais dit ça et puis si tu étais conscient je ne serais jamais venue ! Dit –elle piquée au vif.
_ Oui et j'aurais jamais pu faire ça …
Il lui attrapa les deux mains et doucement les fit descendre sur son corps musclé. Rose était tétanisée.
_ Il en reste un… j'aime pas les douches habillées.
_ Non, s'il te plaît, fais pas ça…
_ Tu as la force de me repousser Rose, si tu le fais pas, c'est que tu le veux bien.
Il déclencha soudain sans faire exprès l'eau qui se déversa sur eux. Rose eut en deux secondes les cheveux mouillés qui se collèrent à son visage. Et Paul lui sourit. Elle n'avait pas l'habitude de se montrer dans un état pareil devant quiconque.
_ Enlève –moi ça Rose…
_ Tu n'as pas le droit, je t'interdis Paul !
_ Tu en as envie Rose, avoue –le…
Elle était trempée de la tête aux pieds. Paul lui enleva quelques cheveux collés sur son visage et lui caressa la joue. Il lui enleva tout doucement sa veste qui alla lourdement rejoindre la chemise et le jean. Il entreprit de faire la même chose avec sa robe. Elle tremblait comme une feuille. Non pas de froid mais de peur ou peut- être de désir. Il enfouit ensuite sa tête dans le cou de Rose qui eut quelques frissons de plus. Paul s'en aperçut.
_ Je sais l'effet que j'ai sur toi, Rose laisse –toi aller, tout ira bien. Dit-il d'une voix rauque.
Elle ne répondit pas, totalement sous son emprise. Paul enleva son dernier bout de tissu avec un peu de difficulté puisqu'il ne tenait toujours pas debout. Rose n'osait toujours pas baisser la tête, elle était catégorique. Alors elle tenta une diversion.
_ Embrasse –moi Paul dit –elle soudain avec supplice avec une belle intonation de gène.
Il ne se fit pas prier deux fois et la plaqua contre le carrelage froid de la douche. Il prit alors sauvagement possession de ses lèvres aussi vite qu'il le put tant son désir était fort. Son membre lui faisait mal tellement il était gonflé. Rose le sentait parfaitement contre son bas-ventre et cela la fit chanceler. Elle s'était faite piégée à son propre piège au final, elle était complètement sous son emprise. Il pouvait faire d'elle ce qu'il voulait désormais. Il passa un bras dans son dos pour la retenir.
_ On ne peut pas Paul… tenta t- elle entre deux baisers.
_ Laisse –toi aller Rose, tu te contredis sans cesse… Lui répéta t-il les yeux fermés.
Elle était en sous-vêtements. De magnifiques sous-vêtements rouge vif que Paul rêvait d'enlever pour explorer un peu plus sa peau laiteuse. Il posa une main sur un de ses seins eux aussi gonflés de désir charnel.
Elle tenta de le repousser une première fois en posant ses deux mains contre son torse brulant. Il lui semblait que la température de Paul avait encore augmentée de quelques degrés. Ils avaient encore été trop loin aujourd'hui. Il lui embrassa son cou et elle gémit de plaisir. Toutes ces émotions étaient si nouvelles, il lui faisait découvrir des plaisirs qu'elle n'aurait jamais soupçonné avoir. L'eau était -elle brulante ou bien était-ce son corps de marbre qui se réchauffait ? De sa main il lui prit une fesse et la serra fort, puis son autre main tout doucement descendit le long de sa jambe pour lui faire une longue caresse. Elle soupira d'aise, elle ne savait pas quoi faire. La main de Paul revint se loger sur la hanche de Rose. Là elle ouvrit brutalement les yeux comme consciente de ce qu'elle était en train de faire.
Elle dut bien se rendre à l'évidence que pour elle ce n'était pas encore le bon moment. Elle ne voulait pas faire l'amour avec lui. Pas encore.
_ Je ne suis pas prête dit –elle de but en blanc tandis que Paul lui enlevait son soutien-gorge.
Il s'arrêta net dans son élan. Et rouvrit les yeux comme sortit de trance.
_ Je … je ne peux pas maintenant Paul, c'est trop tôt pour moi. Et…
_ Oui, ton fiancé…
Paul soupira, jamais une fille ne lui avait demandé d'attendre. Elle était pourtant son imprégnée, pourquoi lui résistait- elle ? Elle ne devrait pas…
_ Je suis désolé Rose. Déclara t- il seulement même si c'était un mensonge.
Il semblait avoir repris quelque peu ses esprits. Si elle avait pu, elle aurait pleuré toutes les larmes de son corps pour ressentir ce qu'elle ressentait. Elle ramassa ses affaires et partit en courant de la salle de bain. Paul encore une fois fut peiné, complètement anéanti.
Rose ne partit pas pourtant. Elle avait fait une promesse à Seth. Elle fouilla dans la commode de Paul et y trouva un pull assez grand pour lui faire une robe. Elle descendit ensuite et se posa dans son fauteuil. Elle attendit sagement Paul qui ne mit pas longtemps à finir sa douche froide.
Il ne s'attendait pas à la voir, il pensait vraiment qu'elle avait pris ses jambes à son cou. Elle était parfaitement immobile, dans son fauteuil, seulement vêtue d'un pull à lui. Avec ses cheveux mis ainsi, relevés en chignon elle faisait plus humaine et Paul la trouva encore plus magnifique. Seuls ses yeux rouges sang lui indiquaient qu'elle ne l'était pas.
Il n'osait pas bouger. Tout lui semblait irréel.
_ Pourquoi es –tu restée ? Je suis tellement navré que tu es vu ça… je n'étais pas moi –même.
Paul était mortellement gêné. Comment avait-il pu se mettre dans une telle situation devant elle ?
_ Les humains sont si étranges, de mon temps les mentalités étaient plus évoluées chez les jeunes de ton âge.
_ Ne remue pas le couteau dans la plaie. J'ai déjà assez honte dit –il en ramassant une bouteille par terre.
_ Je ne te comprends pas Paul, nous nous détestons. Pourtant une part de moi te réclame. Je voudrais comprendre tout ça pourtant j'ai tellement envie de retrouver ma vie d'avant, mes amis, Ian…
Un nouveau coup de poignard dans le cœur du pauvre Paul.
_ Tu ne pourras pas me rejeter éternellement Rose, tu reviendras toujours vers moi dit Paul d'un ton sûr.
_ Tu n'es pas sans gène toi, tout n'est que physique avec toi. C'est juste ton corps qui m'appelle Paul.
_ Laisse tu ne comprends pas … dit Paul en se baissant pour ramasser les débris d'une bouteille éclatée.
Sa maison était une véritable porcherie. Rien de comparable avec sans doute avec son manoir. Elle était décidément mieux avec son vampire riche à milliard pensa Paul amèrement. Pourtant son pull lui allait tellement bien … Et il avait des tas d'autres vêtements qui pourraient lui aller à merveille…
_ Ah, je me suis coupé ! S'exclama t-il brusquement en portant subitement son doigt à sa bouche
_ Qu'est-ce que tu veux que ça me fasses dit Rose en levant les yeux au ciel
_ C'est pas à toi que je parlais mais à moi répondit Paul agacé devant tant d'impassibilité de la part de son imprégnée.
_ Bon et bien dès que tu auras fini de converser avec toi-même, fait moi signe répliqua t- elle en se levant.
Paul perdait délibérément patience, elle était si changeante. Cependant il dut se rendre à l'évidence que c'était une belle plaie et qui plus est saignait abondamment. Se tenant la main pour ne pas mettre de sang partout, il se rendit à la cuisine pour désinfecter tout ça. Cependant, il n'eut pas le temps d'atteindre l'évier, Rose se tenait déjà là aux aguets, l'air d'un démon, ses yeux étaient flamboyants et fixaient la plaie avec avidité. Jamais elle n'avait eu une soiffe pareille. Paul ne réagit pas tout de suite. Rose était en trance, cela se voyait qu'elle faisait des efforts insurmontables pour ne pas céder à la tentation, elle en tremblait même. Jamais du sang ne l'avait autant perturbé.
_ Qu'est- ce que… tu, Rose ? Demanda Paul extrêmement surprit.
L'obsession de Rose envers Paul devenait réalité. Bientôt elle ne pourrait plus se contrôler et lui sauterait dessus.
_ Cours ! Eut-elle juste le temps de dire.
C'était fini, elle le voulait, elle voulait son sang, il l'appelait, elle voulait y goûter. Sentir le goût qu'il avait. Ce sang si chaud, si rouge, au parfum si aphrodisiaque. Longtemps elle s'était retenue, car depuis plusieurs jours elle ne pensait qu'à ça, qu'à le mordre. Paul après un dernier regard, partit en courant aussi vite qu'il le put. Avant d'atteindre la lisière de la forêt, il se transforma dans un énorme bruit d'éclair.
Rose toujours dans la cuisine, s'accrochait désespérément au rebord de l'évier qui commençait à craquer sous la pression. Elle secouait la tête, elle n'avait pas mangé depuis très longtemps. A force de côtoyer Paul elle avait apprit à voir les humains différemment. Elle détestait cette nouvelle partie d'elle, hélas elle ne pouvait plus se permettre d'enlever une vie comme ça. Elle baissa la tête, ce Paul l'avait décidément bien changé. Elle tremblait, elle bouillonnait, elle le voulait et elle l'aurait ça c'était sûr.
Au moins pour une fois, il l'avait écouté et elle en fut heureuse. Mais elle ne tint plus très longtemps, elle partit en flèche à sa recherche. Elle humait l'air, telle une prédatrice et le pista durant des kilomètres. Il courait vite le loup, et quand elle le retrouverait, que se passerait –il ? Elle se stoppa net et un sourire carnassier se dessina sur son visage de poupée.
Il était proche, tout proche d'elle, peut –être même qu'il la fixait et Rose n'en trouva la chasse que plus palpitante.
_ Je sais que tu es là louveteau… Susurra t- elle.
Rose souriait, elle avait cette voix suave et doucereuse qu'elle ne réservait qu'à ses proies. Paul sortit soudain et se montra, quel intérêt à se cacher au final ?
Il était grand et imposant. Il allait être un adversaire de taille selon Rose. Paul fit le tour de la clairière, il montrait ses crocs, il grognait. Sa pate saignait toujours beaucoup et Rose s'humecta les lèvres. Paul avait mal c'était évident et elle détestait le faire souffrir.
Rose n'était pas quelqu'un de paranoïaque, elle se pensait comme la chose la plus monstrueuse au monde cependant à ce moment elle eut peur. Et il lui semblait être observé.
Quelqu'un, il y avait quelqu'un d'autre avec eux, mais Rose ne pouvait s'en formaliser tant son désir était plus fort que tout. Mais cette odeur la perturbait, elle la connaissait bien, même très bien. Brusquement elle se retourna.
_ Adriano…
_ Ma chère et tendre amie, voilà des heures que je te cherche. Dit –il en sortant du bosquet derrière lequel depuis un long moment déjà il les observait.
Son visage restait impassible. Il était très froid, signe que quelque chose de mauvais aller se produire.
_ Mon frère t'avais bien demandé de ne pas t'approcher des loups, ce loup en particulier, pourquoi avoir désobéit Rose ?
Les yeux de Rose passaient de Paul à Adriano, elle ne savait quoi faire. Paul s'avança babines retroussées vers le vampire qui le regarda méchamment. Adriano tel un prince s'avança également gracieusement. A sa majestueuse stature, on pouvait aisément voir toute la noblesse de l'éducation qu'il avait reçue.
_ Ne t'approche plus d'elle clébard, c'est un conseil !
_ Que me veux-tu Adriano, j'étais en pleine chasse… répliqua Rose énervée.
_ Je vois ça fit le vampire avec un regard appuyé vers Paul.
Il se retourna ensuite vers sa sœur peu habillée et émit une grimace.
_ Ma chère tu ressembles grandement à une catin, cette tenue est peu appropriée pour une jeune fille de ton rang.
Adriano assistait à une scène que jamais il n'aurait voulu voir de toute son existence. Quelle honte. Il se tramait quelque chose entre ces deux là, ce n'était pas une vraie chasse, il n'était pas dupe. Cependant il n'était pas venu pour ça mais bien pour apprendre une triste nouvelle à sa belle-sœur.
_ Si tu étais près des tiens ma beauté, tu saurais que mon frère est revenu…
Rose ouvrit grand les yeux et c'est comme si son cœur s'accéléra. Son fiancé était de retour et elle s'amusait à chien et chat avec un autre. Rose bougea enfin et s'agrippa aux épaules de son beau-frère.
_ Où es t-il ? Comment va t-il ? S'exclama t- elle impatiemment.
_ Ce n'est que maintenant que tu t'en soucis ? Les Volturis ont réussi à rattraper Carlisle. Tu connais mon frère, il a voulu s'en mêler en réglant ça tranquillement mais bien sûr pour des êtres avides de sang ce n'était tout bonnement pas possible.
Rose ouvrait grand la bouche, qu'est ce qu'il essayait de dire ?
_ Carlisle a essayé de le soigner du mieux qu'il a put mais Ian est très amoché Rose, il ne va pas bien du tout et j'ai peur qu'il y laisse sa peau.
Ce fut le coup de trop.
_ Je dois y aller Adriano !
_ Oui ce serait le mieux, mais un conseil ma chère, change de tenue en rentrant, tu as une tête affreuse et ne parlons pas de ton odeur fétide. Fit-il en se pinçant le nez.
Rose hocha positivement de la tête. Et sans un regard pour Paul, partit rapidement comme si elle avait oublié sa soiffe. Paul fut extrêmement blessé. Son fiancé comptait toujours beaucoup pour elle, même après tout ça. Elle avait décidé de l'abandonner.
L'autre le sortit de sa stupeur.
_ Toi ! Qui es –tu pour venir détruire ma famille ?
Paul voyait en son regard qu'il allait passer un sale quart d'heure.
_ Rose allait parfaitement bien avant de te rencontrer. Je te conseil de t'éloigner d'elle. Ne lui parle plus, ne fait rien, ne tente rien, je ne serais jamais bien loin crois- moi.
_ Peut-être n'était –elle pas comblée, je suis peut-être celui qui lui faut. Dit Paul avec dédain.
_ Non mais regarde toi voyons, tu es un loup, elle une vampire … ne crois pas savoir mieux que moi et mon frère ce qui est bien ou non pour elle. Tu ne la connais pas, elle joue seulement avec toi comprend –le. Elle s'amuse, elle prend du bon temps. Pour elle tu es juste un toutou de compagnie mais bon chez nous nous en avons déjà assez, tente ta chance ailleurs.
Paul savait parfaitement que tout étais faux jusqu'au moindre mot mais il ne pouvait cesser d'avoir le cœur serré.
L'autre rit d'un rire parfaitement faux. Il se fichait complètement de lui et Paul n'aimait pas ça. Car Paul savait la vérité mais il ne pouvait lui dire.
_ Si je te réduisais à état de néant peut-être serions nous débarrassés, cela me semble être une bonne idée. Prépares –toi le loup, ce jeu va être palpitant dit le vampire en enlevant sa veste.
Chapitre XI
Paul ne voulait pas se mesurer à lui. Un vampire aussi vieux ce ne serait pas de la tarte. Comment lui faire comprendre ? Il n'était pas son frère, il n'avait pas la même bonté. Paul s'avoua qu'il préférerait cent fois plus discuter avec Ian autour d'un thé plutôt que de combattre à mort avec un vampire excité à bloc.
Adriano cernait sa proie. Il voulait l'éliminer pour que son frère ait encore le champ libre avec Rose. Ils étaient un couple formidable depuis tant de temps, comment ce loup avait –il fait pour la corrompre ?
Rose courait à perdre haleine. Son magnifique amant entre la vie et la mort ? Non cela ne pouvait être possible. Rose voulait pleurer. Elle voulait faire exploser tout le chagrin qui l'animait. Dire que pendant qu'il essayait de survivre, elle passait du bon temps, presque nue dans une douche avec leur ennemi mortel. C'était la pire trahison jamais portée par le monde pensa t- elle. Elle méritait la mort pour ce qu'elle avait fait. Jamais Ian ne pourrait lui pardonner.
De retour dans sa chambre elle prit une douche expresse, enfila une tenue propre, se démêla les cheveux et se parfuma légèrement. Elle était stressée et redoutait plus que tout ce moment. Tout le monde était en bas en faisant des messes basses et Rose n'aimait pas ça. Elle sentait leur regard mauvais sur elle, ou peut- être était-ce seulement son imagination ?
Rose souffla et toqua à la porte du bureau du docteur. C'est Edward qui vint lui ouvrir, derrière lui elle pouvait apercevoir une forme gracieuse allongée. Rose était tétanisée. Edward avait un air désolé. Il se poussa et la jeune femme put rentrer dans la pièce faiblement éclairée. Ian semblait dormir. De nombreuses blessures recouvraient son corps blanc de nacre. C'était une vision atroce pour elle. Elle s'avança doucement et le docteur posa sa main sur son dos comme pour l'encourager.
Enfin à la hauteur du lit, Rose déversa tout son chagrin. Oui elle savait pleurait même si elle affirmait le contraire, ses sentiments étaient bien réels. Elle n'avait pas complètement perdu son humanité comme certains semblaient le croire ou plutôt comme elle voulait le faire croire.
_ Mi amor… non piangere… per favore… fit Ian en toussant. (Mon amour… ne pleure pas… s'il te plaît).
_ Je ne peux croire ceci, mon amour, ma vie, toi allongé sur ce lit de mort !
_ Je ne vais pas mourir, pas encore… regarde –moi, Rose tu entends ?
Ian avait mal, très mal. Ils ne l'avaient pas loupé. Des amis de Carlisle étaient intervenus juste à temps et ils avaient pu partir laissant les Volturis encore plus énervés que coutume.
_ Qui t'a fait ça, Ian ? Quel est –il ? Le responsable de mon malheur aujourd'hui…
_ Ne fais… rien de stupide ma colombe… fit Ian avec une grimace.
Rose se retourna vers le docteur, elle voulait être sûre qu'il s'en tirerait. Carlisle lui fit un petit signe positif avant de faire sortir tout le monde. Elle fut heureuse de pouvoir avoir un petit moment avec son amant. Cela faisait si longtemps…
_ Tu m'as tellement manqué Ian, si tu savais combien le temps m'a semblé long sans toi ! Dit Rose avec tristesse.
Ian tenta de poser une de ses mains glacées contre le visage de sa belle. Rose ferma les yeux sous le contacte et fit la différence entre cette caresse si douce et l'autre si sensuelle de son loup. D'ailleurs que pouvait –il faire à ce moment ? Mais cette question fut vite fait balayée de son esprit tant elle était heureuse d'avoir retrouvé sa moitié.
Dans la clairière, Adriano semblait toujours prêt à lancer l'attaque. Paul commençait à s'énerver méchamment. Qui était –il pour venir s'occuper de ses affaires ? Rose était une grande personne, elle pouvait prendre ses décisions elle –même. Aujourd'hui elle avait retrouvé son amant, plus rien ne serait jamais pareil de toute façon. La reverrait-il avant la bataille finale ? Il avait tellement espéré qu'au final elle le choisirait…
_ Tu rêvasses le loup… Ma sœur te fait-elle perdre à ce point la tête ?
Adriano montra ses magnifiques canines luisantes à la lueur de la lune. Dans ce décor macabre, Paul savait qu'il n'en ressortirait qu'une fois ce vampire tué. Il se mit donc en position de combat.
_ Te voilà raisonnable le loup.
Paul grogna et attaqua en premier en se ruant sur lui. Adriano esquiva largement le coup et recommença à rire.
_ Tu n'es pas très fort … c'est dommage, ce combat ne sera pas très amusant. Au nombre que nous sommes, un loup de plus ou de moins ce n'est pas le plus important.
Paul bouillait de rage, il avait une envie monstre de lui foutre la pâtée. Dans un nuage de poussière il recommença et parât son coup. Le loup était sur le vampire et Paul grognait comme pour lui faire comprendre qu'ici le maître c'était lui. Adriano riait, sautait, dansait presque, pour lui ce n'était qu'un jeu.
Adriano le poussa sur le côté et se releva en s'époussetant. Après avoir feulé comme la bête qu'il était il attrapa Paul vivement et l'envoya dans le premier décor qu'il trouva. Comment pouvait –il se laisser faire à ce point ? Paul en avait marre d'être le plus faible. Il fonça sur l'autre encore une fois mais ne réussit qu'à lui arracher un bout de son pantalon surement très coûteux. Adriano lui mit un coup de point qui réussit à sonner Paul quelques secondes. Assez pour que le vampire en finisse, lui attrapant une pate il le traina sur plusieurs mètres. Paul essaya de se remettre debout en grattant la terre mais c'était peine perdue, il ne pu le faire, l'autre le tenait fermement lui enfonçant toujours plus ses ongles aiguisés dans la peau.
_ C'est fini, on ne joue plus le loup, te tuer serait tellement facile, je veux que tu souffres. Que tu respires chaque jour cette odeur de bien-être que tu ne pourras plus jamais avoir avec ma sœur.
Lui bloquant la gueule, Paul n'émit plus que des bruits étouffés. Il avait tout prévu, son plan était depuis le début parfaitement établit dans sa boîte crânienne. Adriano, un genou sur une pate, un bras fermement serré sous sa mâchoire, il put commencer son œuvre. Un à un il lui brisa les os. Il savait très bien qu'il survivrait mais le temps que quelqu'un le trouve il aurait eut le temps de regretter sa naissance. Une pate, deux pates, trois et quatre ! Paul hurlait à la mort. Jamais il n'avait autant souffert. Son cri perçant fit décoller de nombreux corbeaux accentuant ce côté macabre de la scène. C'était une douleur indescriptible, comme si la mort vous tirez d'un côté mais que votre corps s'accrochait à la vie. Paul aurait tellement voulu en finir, à cet instant sa seule idée de bonheur était le repos éternel. Jamais il n'avait autant souhaité mourir qu'à ce moment.
L'autre riait toujours en lui donnant des coups de pieds. Il était sadique, il s'amusait. Paul ferma les yeux, les plissa, il ne pouvait plus bouger.
Paul se retransforma tant il n'avait plus la force de tenir. Il s'était fait avoir comme un débutant et se promit s'il s'en sortait évidemment, de s'entrainer davantage pour devenir plus puissant que jamais et lui régler son compte une bonne fois pour toute. Quelle honte, un échec complet devant un vampire. Il avait de l'expérience et pas des moindre dans le domaine du combat.
Mais il avait raison, pour la bonne entente de leur peuples, pour la survie de leur familles, Paul devait cesser de la voir. Il savait que cette promesse était impossible mais se la dire lui donnait meilleure conscience.
_ J'espère que tu as compris la leçon, ça ne m'enchanterai pas de me resalir les mains si tu n'avais toujours pas compris le mot.
Il laissa ainsi, seul Paul, nu, les os complètement brisés. Pleurant, agonisant et ne souhaitant qu'une chose, mourir pour alléger ses souffrances. Il resta là de longues heures, le processus de guérison déjà enclenché, il ne pouvait plus rien faire.
Rose jouissait paisiblement, le cœur léger de ses retrouvailles avec son magnifique amant. Cependant, lorsqu'elle vit Adriano revenir un grand sourire satisfait aux lèvres, elle ne put s'empêcher d'imaginer le pire. Son beau-frère ayant côtoyé les Volturris durant des années en gardait quelques séquelles. Il était parfois si cruel et impitoyable lorsque l'on touchait à ce qu'il aime. Elle savait de fait que sa force était non égalable. Ou du moins peu de vampires lui arrivaient à la cheville. C'est pourquoi un sentiment de peur monta en elle. Il fallait qu'elle en parle à ce bébé loup… Seth.
Ses jambes tremblaient sans qu'elle ne puisse les contrôler. Ce sentiment grandissait en elle à une vitesse fulgurante. Paul avait besoin d'aide. Elle avait fait une promesse à Seth, les vampires tiennent toujours leur parole. Il était dehors avec les autres loups. Elle s'approcha doucement de lui les yeux affolés. Seth redressa ses oreilles et d'un coup de tête lui intima de parler.
_ Je… j'ai un mauvais pressentiment … Paul, va le voir je… je crois qu'il ne va pas bien. Lui avoua t- elle presque honteuse.
Ne pas aller bien était une faible expression. La pluie commença à battre violemment sur le petit sentier où Paul demeurait immobile. Il faisait des grimaces silencieuses, il avait déjà trop hurlé. Voilà des heures qu'il souffrait. Qu'avait-il donc fait pour que le diable tape à sa porte de cette manière ?
Il se maudissait, lui qui se disait fort ah quelle ironie, il n'était qu'un louveteau de première oui ! Même pas capable de combattre un seul vampire… Paul essaya de bouger mais ne pu du à ses os brisés qui lui entaillaient la chaire. Rose l'avait abandonné et c'est comme si tout son monde s'écroulait. Il n'avait plus les sens pour réfléchir seul un sentiment profond de colère vint lui submerger son cerveau brulant.
Seth ne prit pas les mots de Rose à la légère. Après tout il possédait un optimisme particulièrement aigue et lui faisait confiance. Pour lui, elle était sincère. De toute manière, ne pouvait –elle pas que l'être s'ils étaient réellement imprégnés ? Intérieurement ne voulait- elle pas que le bien de Paul ? Cette histoire était beaucoup trop compliquée aussi bien pour lui que pour elle. Surtout pour Rose en fait. Les vampires ne connaissent pas l'infidélité. Quand on aime, rien ne peut briser cet amour. Rien ? Seth souffla bruyamment. N'étant plus sensés être de la même meute, il dut se débrouiller par ses propres moyens pour le retrouver. Et le plus tôt serait le mieux.
Il n'était pas chez lui et c'est là que le jeune indien commença à s'inquiéter. Il entra dans la maison et prit avec lui une veste de Paul qui trainait nonchalamment sur le haut du canapé. Il s'empressa de la renifler et une fois dehors, se retransforma. Il fallait se dépêcher, Seth avait un horrible mauvais pressentiment.
Et il eut bien fait de l'avoir ce pressentiment affreux. Il le chercha pendant des heures, il pouvait être n'importe tout. Mais il était déterminé, et puis… Au loin il vit une drôle de forme allongée, après avoir plissés les yeux tout en se dirigeant en courant il s'aperçut que c'était bien son ami qui jonchait le sol inerte. Seth ouvrit grand la bouche, son corps était difforme suite à la guérison rapide que leur permettait leur corps. Son ami était à l'agonie, voila des heures qu'il suppliait Dieu de lui permettre de mourir mais encore une fois, on lui interdisait ce bonheur. Seth n'osait pas le toucher, il tenta mais se rebutait à chaque fois, en le touchant il ne lui ferait que plus de mal et il ne voulait pas subir la perte de son ami. Il avait tellement d'autres choses merveilleuses à vivre. Il ne pouvait croire ce qu'il avait sous les yeux.
_ Qui t'a mis dans un état pareil Paul ? Demanda sombrement Seth après avoir versé une larme de tristesse.
Il l'essuya rageusement, se remis debout et attrapa son téléphone dans sa poche de pantalon. Il composa les mains tremblantes le numéro de Jacob. Il lui semblait que la sonnerie était infiniment longue. Lorsqu'enfin son ami répondit, Seth lui déballa tout son monologue aussi vite qu'il le put. Paul avait besoin de soins et vite fait. Jack n'en croyait pas ses oreilles, une colère monstrueuse s'empara de lui et lui promit de venir aussi vite qu'il le put avec le Docteur.
Quelques minutes après, ils arrivèrent et déjà Carlisle commença à inspecter Paul roulé en boule sur le côté murmurant des choses inaudibles pour des humains.
L'air grave Carlisle jugea le cas critique, même Jacob l'année précédente lui avait posé moins de problèmes. D'un accord commun, Emmet le plus costaud des Cullen, prit délicatement, enfin autant qu'il le pouvait le pauvre corps de Paul et le ramena dans la villa fortunée de Forks. Le docteur devait s'occuper de lui au plus vite et cela nécessitait des outils qu'il n'avait que chez lui. Car après cette longue épreuve, il devrait se reposer un bon bout de temps. Il devrait reprendre des forces car la bataille arrivait à grand pas et tous aurait besoin de la force d'un loup en plus.
Rose le sentit et soudain tous ses sens furent en éveil. Il avait un sacré culot de revenir sachant qu'elle ne voulait plus le voir. Désormais tout son cœur serait envers son amant et rien ne pourrait changer cela, pas même lui. Elle s'était résolue à cela après avoir vue le triste état dans lequel était son amant. Cependant quelque chose semblait bizarre et elle ne fut pas la seule à s'en apercevoir. Lorsqu'ils rentrèrent, tous attendaient dans l'entrée pour voir la nouvelle distraction. Seth avait eu la bonne idée de recouvrir Paul même si l'odeur de son sang ne pouvait être masquée aussi facilement. C'était aussi pour son intimité. Paul ne répondait toujours de rien. L'odeur de son sang s'insérait rapidement dans toutes les narines et c'est ce qui frappa Rose également de plein fouet. Cette odeur était tellement une souffrance pour elle. D'un coup ses yeux redevinrent rouge flamboyant, elle enleva sa main de celle de son amant et sortit du bureau devenu étouffant. En bas il y avait beaucoup trop d'agitation et sa curiosité prit le dessus. Agrippée à la rambarde c'est avec nervosité et consternation qu'elle vit tout ça. Paul dans les bras d'Emmet qui montait les marches. Le Docteur lui avait demandé de le poser dans l'ancienne chambre d'Edward puisque le bureau était déjà occupé. Emmet passa devant elle et elle sentit qu'elle allait craquer. Seth la fixa intensément. Il pouvait voir parfaitement le degré d'inquiétude de Rose, et c'est là qu'il sut qu'ils étaient vraiment imprégnés. L'inquiétude de perdre l'être aimé était profondément imprimée sur son visage d'habitude si impassible. Il savait qu'elle connaissait le nom de celui qui avait fait ça et comme ce n'était pas très dur à deviner, il savait que c'était un proche à elle.
De suite il eut l'envie meurtrière de massacrer son beau-frère de vampire.
Rose se fit violence pour ne pas suivre Emmet, cela aurait été louche et personne n'était au courant à part les loups et Alice et surement Edward puisqu'ils se « parlaient ». Ce qui était une faible expression face à la réalité du dilemme. Rose étouffait littéralement. Ian et Paul sous le même toit tout deux blessés gravement, cela aurait pu être comique mais Rose se dit qu'elle ne pouvait pas être plus malchanceuse que ça. Elle retourna alors auprès de son amant, s'assit et ne dit mot.
_ Que… que se passe t-il ?
Et merde, oui il savait que quelque chose se passait. Elle devait lui dire, ne pu lui cacher ce genre de choses qui ne feraient que les détruire.
_ Un des loups s'est fait massacrer par Adriano, surement l'aura-t-il provoqué, tu sais comment il est susceptible et part au quart de tour …
Ian émit un sourire absolument adorable. Pourtant en ce moment c'est une impression de vide qui se créa en elle. De un, ce qu'elle venait de dire était partiellement un mensonge, de plus son loup était dans la chambre d'à côté souffrant le martyre et plein de son sang si suavement attirant. Elle essaya de se concentrer sur le visage de son amant. Il la fixait gentiment. Elle lui redonna son sourire mais le cœur n'y était pas. Tous ses sentiments étaient chamboulés. Elle mourrait d'envie de le voir, le savoir à l'agonie lui était insupportable. Il n'avait pas sut se défendre contre Adriano mais en même temps qui pouvait rivaliser avec cette machine à tuer ?
_ N'oublies jamais Rose, que chacun de nous a un jour aussi été humain et de fait, malgré que nous nous nourrissons de leur sang, les massacrer comme tu dis devrait être prohibé. Les loups sont des personnes, des personnes normales, nous leur devons respect Rose…
Elle resta bouche bée devant ces révélations.
_ Ce sont de sages paroles mon ami dit une voix dans leur dos, des paroles que beaucoup devraient adopter.
Carlisle se tenait sur le pas de la porte et brusquement Rose se sentit de trop. Elle ne possédait pas cet état d'esprit elle. Elle s'excusa, embrassa son amant sur le front et partit. Sur le palier elle souffla bruyamment. Tout d'un coup un cri déchirant se propagea dans toute la villa. Cette voix, elle l'aurait reconnue entre mille. Paul était réveillé. Elle tressaillit et commença à avoir trop chaud. Elle ne pouvait imaginer qu'il souffre par sa faute. Lorsque le Docteur posa une main affectueuse sur son épaule, elle fut secouée d'un long et douloureux spasme.
_ Il va s'en sortir Rose, ne t'en fait pas…
_ Je sais vous me l'avait déjà dit– elle un peu plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu.
_ Je voulais parler de Paul. Répondit –il gentiment.
_ Ah … mais je ne vois absolument pas pourquoi vous me dites ça ! Se défendit- elle
_ En es –tu bien sûre ? Fit –il en montant au dernier étage avec un petit rire.
Elle était morte de honte. Le Docteur savait-il ce qu'ils avaient fait ? Le dirait-il à Ian ? Non il était trop sage pour ça ! Rose ne savait plus quoi faire. Un second cri retentit et ce fut le second d'une longue série. Cette opération serait longue et Rose ne savait pas si ces nerfs le supporteraient longtemps.
Chapitre XII
Voila maintenant cinq longues journées que Paul dormait après avoir subit une souffrance incomparable pour remettre tous ses os en place. Le Docteur avait fait des miracles et c'était peu dire vu l'état critique dans lequel il était. Paul en sortirait indemne physiquement du moins car pour le moral ça c'était autre chose. Il ne voulait plus parler, même à ses amis. Ce qu'il venait de vivre était une réelle atteinte à sa personne et ce qu'il était. Il avait faillit mourir à cause d'un vampire car il aimait la mauvaise personne. Jamais il ne voudrait revivre cet enfer. Rose l'avait lâchement abandonné. Finalement il en avait conclut qu'il n'était pas imprégné, ça ne pouvait être possible. Personne ne pouvait résister contre elle et pourtant Rose arrivait à bien lui résister.
En parlant de Rose, il ne l'avait pas vue une seule fois. Elle se fichait bien de lui. Cela n'avait été qu'une simple attirance au final et ça, ça le tuait.
Il ne faisait qu'y penser. Il avait perdu contre un vampire. Ce –dernier avait même faillit le tuer, il aurait pu mais avait préféré s'amuser. Et savoir son meurtrier dans les parages lui donnait de sacrés frissons. Paul se détestait, cela faisait deux fois qu'un vampire gagnait contre lui, il se souvenait parfaitement de la fois où Rose l'avait violemment fait tombé du toit de chez lui… Il soupira et changea de côté.
Il finit par se rendormir et comme toujours Rose attendit ce moment pour faire son apparition et le veiller. Elle avait trop joué avec le feu, plusieurs personnes en avaient subit les conséquences et Paul le premier. Elle avait cette volonté de tout laisser tomber, d'arrêter ces jeux malsains mais elle n'y arrivait pas. Malgré tout il obstruait toujours ses pensées et elle ne savait pourquoi. Elle savait qu'il lui cachait quelque chose, elle voulait le savoir mais là en le voyant dans ce lit elle comprit qu'il lui faudrait du temps.
Ian allait mieux lui aussi, et elle bénissait dieu pour ça. Elle ne pouvait concevoir sa vie sans lui-même si quelque part, Paul parfois comblait le vide en elle. Rose sentit le cœur de Paul battre violemment, elle s'approcha et se posa tout près de lui. Tout doucement elle lui prit une main et la porta à sa joue si froide. Derechef le pouls de Paul s'apaisa comme si ce simple contacte était un baume réparateur. Rose sortit quelques minutes plus tard, ce soir ils devaient chasser. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas dévoré quelque chose. Pourtant le cœur n'y était pas. Elle ne pouvait plus manger d'humain. Cela lui était impossible. A cause de lui elle ne pouvait plus. Elle se maudit intérieurement de ce qu'elle allait faire. Sérieusement elle était gênée. Alice était seule tant mieux.
Elle s'approcha doucement d'elle et son amie lui sourit.
_ Tu vas bien Rose ?
_ Oui…
_ C'est un petit oui répondit son amie.
_ J'ai une faveur à te demander Alice. Je… je ne peux…
Elle n'arriva pas à le dire pourtant, cette chose qu'elle allait dire, si un jour on lui avait dit qu'elle ferait ça, elle aurait surement eu le plus grand fou rire de sa vie.
_ Oui ? Que ce passe t-il Rose ?
_ Je ne peux plus me nourrir de sang humain directement à la source dit Rose d'une seule traite.
Alice ouvrit grand les yeux. Rose était bien le dernier vampire à qui elle aurait pensé qu'elle lui dise ça.
_ C'est à cause de Paul ?
Rose cherchait ses mots et Alice comprit bien que c'était à cause de lui, ou grâce à lui, au choix.
_ Il m'a complètement changée Alice, je ne me reconnais plus.
_ Je sais …
_ Je suis malheureuse Alice, je ne sais plus quoi faire !
_ Alors viens chasser avec nous, tu verras c'est facile répondit Edward gentiment en arrivant.
_ Vous êtes surs ?
On aurait dit une enfant. Elle était si mignonne.
_ Paul sera fier de toi lorsqu'il l'apprendra dit Edward en rigolant.
_ Non ! Je ne veux plus qu'il sache la moindre chose sur moi !
_ Je crois qu'il te rend meilleure Rose, je pense sincèrement que depuis tous ces siècles, je ne t'ai jamais vue aussi épanouie. Ian est très gentil mais n'a pas la personnalité qu'il te faut…
_ Es-tu en train de suggérer Alice que je devrais quitter Ian pour un loup dont je ne sais rien, avec lequel je ne fais que m'engueuler, quitter mon confort pour vivre en débauchée toute ma vie, risquer d'être la risée de ma race…
Elle s'arrêta net lorsqu'elle vit Paul dans l'embrasure de la porte. Il l'a fixait intensément, si fixement qu'elle sentit comme une chaleur monter en elle. Sa colère, elle la percevait d'ici. Elle y avait été peut-être un peu fort cette fois- ci. Il semblait réellement blessé. Rose se mordit la lèvre mais ne bougea pas. Elle restait là impuissante à le regarder. Seulement vêtu d'un pantalon de jogging elle pu parfaitement voir ses muscles surement encore douloureux. Une autre chaleur monta en elle, une qui l'électrifia. A ce moment là, elle du faire un immense effort pour ne pas lui sauter sauvagement dessus. La tension était palpable, lui avait un visage impassible et elle, tout son corps brulait de désir pour lui.
_ Paul… est-ce que tu vas mieux ? Demanda Rose
Il se détacha nonchalamment de la porte, passa devant elle sans lui jeter un seul regard et partit dehors.
_ Il m'en veut fit –elle boudeuse.
Alice ne put s'empêcher de rire. Elle prit son amie par les épaules et la fit asseoir.
_ Paul ne veut plus parler. A qui que ce soit, même à ses amis, Jacob et Seth. Carlisle a essayé tout ce qu'il pouvait mais il refuse. Paul pensait qu'il était fort, assez fort pour tuer un vampire à lui tout seul, et c'est ce qu'il est, seulement il ne dépense pas sa force comme il faudrait. Ca a cassé un truc en lui. La honte doit surement le hanter à présent. Lui expliqua Alice sombrement.
Rose fit une grimace. Paul se renfermait sur lui-même à cause d'elle. Ce n'est pas ce qu'elle avait voulu pour lui. Enfin au début elle voulait le détruire mais maintenant il lui semblait qu'il fallait qu'on le protège. Jamais elle ne pardonnerait à Adriano ce qu'il avait fait. Certes elle avait été en faute mais était-ce une raison suffisante ?
L'après midi passa très lentement, Rose revint à la villa avec ses vêtement en lambeaux. Cette première chasse au Puma avait été éprouvante mais au moins elle était rassasiée. Lorsqu'ils rentrèrent, les autres les attendaient pour à leur tour partir chasser. Et quel fut son plaisir de voir que son amant était debout en pleine forme ! Rose ne put cacher sa joie et partie en courant lui sauter dans les bras. Elle ne se soucia plus de rien et l'embrassa passionnément comme si sa vie en dépendait.
Seulement elle n'avait pas vu que des yeux jaloux tapis dans l'ombre les observaient avec un profond dégout.
Cela renforça sa haine envers celle qui avait bien sut jouer avec lui. Ce magnifique sourire qu'il ne voulait que pour lui, ses mains parcourant son corps avec autant de désir, son regard amoureux qu'il ne voulait que pour lui… il souffla. Il était ridicule et pathétique de s'être entiché d'un vampire. Ses parents seraient tellement déçus.
Et voilà, les larmes remontaient encore, il sentait cette boule au ventre signe qu'il allait exploser. Il se concentra et souffla pour que tout s'arrête, ce qui marcha un peu. Seuls ses yeux rouges le trahissaient.
Passant devant tout le monde, mais surtout devant elle, il rentra pour ranger ses affaires et partir. Tandis qu'il mettait son dernier short dans son sac il entendit la porte se refermer derrière lui. Elle était là il le savait, elle était toujours là…
Elle s'approcha doucement de lui et se posa juste derrière. Lui, laissa son geste en suspens et attendit.
_ Tu pars déjà ?
Il ne répondit pas.
_ Paul…
Entendre son nom de cette façon dans sa bouche suppliante était une douce torture pour lui. Il ferma les yeux, les larmes voulaient refaire leur apparition, il l'avait perdu, il avait tout perdu.
Elle déposa ensuite un petit baiser sur son épaule ce qui le fit frémir.
_ Je suis terriblement désolée pour ce qui est arrivé, ce n'était pas mon but, je te jure que je ne te veux pas de mal…
_ Tu as choisi c'est tout. Maintenant laisse moi vivre en paix…
Et il partit sans laisser le temps à Rose de répondre quoique ce soit. Elle resta là pantoise au milieu de la pièce. Au moins il lui avait répondu c'était déjà ça…
C'est à ce moment là qu'elle eut une grande révélation qui s'imposa à elle. Elle le savait pourtant mais n'avait jamais voulu y croire. Elle prit une des plus grandes décisions de son existence. Elle aussi commença à préparer aussi vite qu'elle le put un petit sac où elle mit le strict nécessaire dedans.
_ Aldarik, prépare tes prières déclara t- elle en murmurant les yeux tueurs.
_ Rose ? Que fais-tu ?
_ Ian je… j'ai une affaire à régler. Ne me demande pas de quoi il s'agit, c'est disons très personnel. Fit –elle dans un souffle.
_ Mais… pourquoi ? Nous nous sommes enfin retrouvés et tu veux déjà me quitter ? Demanda t-il sans comprendre
Rose se mordit les lèvres. Il s'inquiétait et elle n'aimait pas cela.
_ Mon amour, je reviendrai vite, crois-moi. Je ferais attention. J'en ai pour une semaine maximum Ian, ne te tracasse pas pour moi …
_ Je ne veux pas être séparé de toi une nouvelle fois… fit –il en la prenant délicatement par la taille et enfouissant sa tête dans le cou de la jeune fille.
Il souffrait et elle ne savait plus comment lui dire de la laisser y aller.
_ Fais- moi confiance je t'en pris…
_ Soit se résolut –il, mais si dans une semaine tu n'es pas rentrée j'envoie tout le monde à ta recherche.
_ Tu n'arriverais pas à me retrouver mon amour.
_ Tu me fais peur Rose fit –il tétanisé d'effroi.
_ Fais- moi confiance c'est tout ce que je te demande Ian.
Il hocha de la tête mais semblait souffrir de cette très proche séparation.
Et Rose partit le laissant là s'imaginer les pires scénarios.
Elle était très déterminée. Tuer ce don juan d'Aldarick. Une seule et unique fois elle l'avait vu et cela lui avait suffit. Elle se souvenait parfaitement son odeur fétide de cadavres en putréfaction. Elle eut un frisson. Il était réputé pour son immense cruauté et son goût extrême pour les belles femmes… vampires. Rose n'avait pas voulu se jeter dans ses bras, bien trop timide et fidèle… à l'époque. Tout ce qu'elle allait faire était pour Paul et uniquement pour lui. Elle n'en reviendrait peut- être pas, Aldarick n'était pas un simple d'esprit. Il se douterait de quelque chose. Il fallait jouer en finesse, elle devait réfléchir activement mais d'abord elle devait laisser une missive à Paul. Juste un petit mot pour lui assurer qu'elle ne jouait plus avec lui.
Elle l'écrivit vite, elle savait qu'Alice ou Edward ne tarderaient pas à lui tomber dessus. Cette histoire là, n'avait pas de rapport direct avec les loups, elle serait grillée en moins de deux. Elle était quelque peu stressée, c'était la première fois qu'elle se lançait dans l'aventure comme ça sans ses deux acolytes.
Sautant d'arbres en arbres tout en faisant attention de ne pas se faire remarquer, elle arriva devant la petite maison en bois laissée à l'abandon depuis ces derniers jours. Elle semblait triste et morne, comme son propriétaire. Elle ferma les yeux et huma l'air, il n'était pas chez lui.
Elle se dépêcha de descendre de son perchoir et ouvrit la porte. Elle fit comme si elle remplissait ses poumons et souffla bruyamment. Non cette maisonnette était accueillante et même dotée de peu de confort elle avait son charme. Elle pensa que c'était peut- être la dernière fois qu'elle venait ici et ne pu s'empêcher d'avoir une petite boule au ventre.
Mais elle voulait le faire pour lui, car il en avait besoin pour survivre dans ce monde. Elle voulait lui montrer qu'elle tenait à lui, peut-être pas aussi fort que lui, peut-être plus fort, elle n'arrivait plus à mettre de l'ordre dans ses pensées lorsqu'il s'agissait de lui. Mais elle voulait le faire pour reconquérir ses sourires. Ce loup là était irrésistible, oui c'était bien le mot.
Tandis que Paul armé d'un sac de voyage rempli à bloc franchissait le seuil de Sam qui l'accueillait gentiment, Rose était déjà loin pour accomplir la vengeance d'un loup empli de tristesse. Elle n'était pas folle, elle n'en ressortirait pas sans séquelles. Elle n'était pas aussi forte qu'Adriano… Mais elle était rusée et elle espérait fort que ça marcherait. Rose n'était pas la première qui essayait de le tuer. Il n'était pas très aimé dans la gente masculine qui pensait qu'il était un peu trop libertin à leur goût. Certes les vampires ne peuvent pas se reproduire, mais ça ne fait pas de mal d'essayer parfois…
_ Sam, merci…
_ Paul, ce vampire t'a attaqué, pour une fois c'est pas toi qui l'a provoqué alors t'en fais pas pour ça. Lui répondit Sam d'une voix forte.
Dans la chambre d'amis qu'il connaissait par cœur suite à ses cuites monumentales, il commença par s'avancer vers la fenêtre. Il pensait encore à elle. Sa Rose dans les bras de cet abruti. Elle serait tellement mieux dans les siens, plus imposants, plus chauds…
Il balaya ses pensées d'un coup de tête, il devait l'oublier. C'était une des raisons qui l'avait poussé à demander l'hospitalité à Sam, près de son Alpha il savait qu'il retrouverait ses forces. Sa vraie nature. Paul voulait arrêter tout ça, sa vie ne rimait à rien, jamais il ne pourrait venger ses parents car jamais il ne reverrait ce fils de pute de vampire. Il ne lui restait plus qu'à rester ce petit loup docile, dans sa petite maison, avec son petit boulot et de se dégoter une jeune indienne pure et normale. Plus facile à dire qu'à faire en réalité. Ou bien de se laisser mourir lorsque l'affrontement aura lieu. C'était également une possibilité.
Le lendemain, Paul descendit seulement vêtu d'un short de jogging et de baskets et s'installa à la table de cuisine. Tous ses frères étaient déjà là. Fort heureusement aucun ne mentionna l'épisode tragique.
_ Paul, ça fait du bien de te revoir lui dit Quil.
_ Merci… répondit-il en souriant.
Il prit une brioche dans le panier et songea. Oui il avait sensiblement oublié ses frères ces derniers jours. Il s'était atrocement laissé aller. Il n'était plus le même et tous l'avaient bien vu.
_ Prêt à te prendre une raclée mon vieux ? Lui cria presque en rigolant Embry
_ Fais gaffe à tes arrières plutôt !
_ Enfin te revoilà Paul ! Firent ses amis joyeusement.
Etre en famille lui faisait réellement du bien, il se demandait depuis combien de temps il n'avait plus eu la chance d'être à table avec ses amis. Son cœur s'allégea instantanément et pour la première fois depuis très longtemps, il sourit.
Quelque part très loin d'ici, une jeune fille en apparence du moins, scrutait les rues d'une petite ville au Nord de l'Italie. Elle était arrivé très tard dans la nuit et maintenant mettait tout en œuvre pour retrouver cet assassin. Rose était heureuse d'être ici. Elle avait fait attention aux transports humains. Même si c'était beaucoup moins, les Volturis surveillaient encore les trains, les bus et les avions.
Entendre tous ces gens parler sa langue maternelle lui fit un bien fou, elle se sentait chez elle.
_ Italia mia… enfin je te retrouve.
Elle remit un pant de sa cape par-dessus son épaule gauche, sa capuche délicatement sur sa tête en ébouriffant un peu ses boucles et sortit de sa cachette. Oui elle paraissait louche mais sans, si un vampire passait il la reconnaitrait derechef.
Elle connaissait les rues de cette ville par cœur. Elle n'eut pas grand mal à retrouver le chemin du manoir d'une de ses amies. Elle espérait avoir encore sa gratitude. Les Volturis pouvaient être si persuasifs… La demeure semblait être à l'abandon. Rose eut un frisson, il ne lui disait rien qui vaille. Finalement elle se résolut à gravir le petit chemin tortueux, remplit de ronces, qui menait à la demeure. La sonnette était sale et déjà les araignées avaient fait leur nid. Lorsqu'elle frappa, c'est une envolée de corbeau toute entière qui continua de l'inquiéter.
Au bout de quelques secondes, la porte s'ouvrit enfin dans un long grincement sinistre dévoilant un major d'homme aussi vieux que le monde.
_ Madame ? Fit –il d'une voix incroyablement suave
_ Je viens voir Maria, je suis Roseria…
_ Suivez- moi je vous prie.
Et Rose suivit le bonhomme à travers les longs et froids couloirs du manoir. Il était clair qu'elle l'avait connu différemment. Plein de joie, de monde et non pas comme ça morne et triste.
Elle connaissait le chemin de la salle à manger par cœur mais se laissa guider. Toujours avec sa cape et sa capuche sur la tête elle ne voulait se dévoiler que lorsqu'elle verrait son amie.
Lorsqu'il eut finit son guidage il partit en oubliant pas de bien fermer les portes derrière lui. Rose huma l'air, se tourna et se retourna. Etait-ce un piège ? Il est vrai qu'elle s'était un peu jeter précipitamment et si c'était une erreur il fallait faire attention.
_ Rose ? Fit une petite voix derrière elle
Rose plissa les yeux et put dans la pénombre discerner une forme qu'elle ne connaissait que trop bien.
_ Maria ! Dit –elle en courant vivement vers elle
A sa hauteur elle put la prendre dans ses bras affectueusement, un contact auquel son amie répondit avec chaleur.
_ Quel bonheur de pouvoir retrouver quelqu'un de familier ! Si tu savais !
_ Je crois que tu as énormément de choses à me dire Rose ! Répondit l'autre avec un petit sourire
Rose inspecta la pièce du regard. Elle était plongée dans la pénombre.
_ Toi aussi Maria répondit Rose.
Enfin elle put enlever sa capuche. Elle était ici en sécurité, c'est ce qu'elle pensait du moins. Maria la fit asseoir et lui proposa à manger. Aussitôt deux humains vinrent se proposer.
De suite Rose fut mal à l'aise, dût à son nouveau régime alimentaire, c'est vrai qu'elle ne s'était pas nourrit depuis fort longtemps. Elle se tortilla sur son siège à la vue de ces veines palpitantes de victimes consentantes. Elle se mordit les lèvres violemment et ferma les yeux. Elle se contrôlait atrocement, celui lui fit mal dans tout son corps.
L'image de Paul lui apparut alors en tête. Tout ce qu'elle faisait, était pour lui. Elle devait résister !
_ Rose ?
Elle ne répondit pas.
_ Rose ? Ca va ? Que ce passe t-il ?! S'inquiéta son amie.
_ Je … je peux plus…
_ De ?
_ Le sang… humain ! Je t'en prie éloigne-les ! Haleta t- elle.
_ Que … éloigne-les ! Partez ! Ordonna t- elle aux gardes.
Et lorsqu'ils furent partis, Rose put enfin respirer normalement. Elle avait eu chaud cette fois !
_ TU as je crois énormément de choses à me dire Rose Mattews ! Fit sévèrement son amie en prononçant son nom de jeune fille.
_ Je… quand j'ai fuit avec Ian et Adriano, là où nous sommes allés m'a beaucoup changé !
_ Je vois ça dit –elle continu…
_ Je suis plus la même, j'ai rencontré quelqu'un là-bas qui m'a « enseigné » les bonnes manières. Les humains ne sont pas nos ennemis Maria ! Et j'ai eu un mal fou à me le dire.
L'autre porta ses mains à sa bouche horrifiée d'entendre de tels propos. Rose semblait fatiguée.
_ Chérie tu es épuisée, peut –être que si tu allais te reposer…
_ Non ! S'exclama Rose, je crois que je ne suis plus amoureuse de Ian, Maria ! C'est horrible ! J'ai rencontré un autre homme à Forks !
_ Comment est-ce possible Rose ? S'indigna l'autre
_ Je ne sais pas, c'est étrange. Mais ce n'est pas le pire.
Rose baissa la tête honteuse.
_ Quoi ?!
_ C'est un de nos ennemi mortel Maria, un loup modificateur… j'aime un Quileute c'est horrible je mérite la mort pour cette trahison !
Maria déglutit difficilement. Cette nouvelle était dure à avaler.
_ Voila pourquoi Ian n'est pas avec toi aujourd'hui, ni Adriano. Qu'est ce qui t'amène ici Rose ?
_ Je veux que tu m'aides à intégrer le cercle privé d'Aldarick. J'ai une affaire d'urgence à régler.
_ Mais tu as complètement perdue la tête ma parole ! Aldarick ? Cela fait quelques mois que je ne veux plus de contacts avec lui et je pensais que tu le savais.
_ Je n'ai plus que toi ici Maria, je ne sais plus qui sont mes amis et mes ennemis. Les Volturis corrompent tout le monde. Même en venant ici aujourd'hui je ne savais pas si tu m'accepterais chez toi fit Rose peinée.
_ Ne dit pas n'importe quoi voyons, je serais toujours avec toi ! Répliqua Maria en la prenant doucement dans ses bras une nouvelle fois.
_ Je suis activement recherchée par les Volturis, ils convoitent mon don… Ma chère amie, vas-tu m'aider ?
La requête de Rose était suppliante. L'autre semblait hésiter.
_ Pourquoi veux-tu voir Aldarick ? Qu'as- tu à régler avec lui qui soit si important à tes yeux au point de vouloir risquer ta vie ?
_ Il est de mon devoir d'aider le loup, Aldarick a tué ses parents jadis, je lui ai fait une promesse Maria. Je dois m'en tenir.
_ Tu vas risquer ta peau pour ce loup ? Tu dois vraiment avoir un attachement profond pour lui. Je ne te reconnais plus Rose, tu as étrangement changé. Je ne pensais pas que ce voyage serait aussi…
_ J'ai juste adopté un autre mode de vie… Ian ne le sait pas et je pense qu'Adriano s'en doute…
_ J'ai du mal à croire qu'après tout ce temps, tous ces siècles, tu rejettes Ian, lui qui t'a tout donné…
_ Tu sais, j'ai déjà du mal moi-même à le supporter, je lui serais éternellement reconnaissante ! Mais tu sais Maria je ne le quitterai pas. Je continu de penser qu'il est celui qu'il me faut et puis même attirée par un autre je pense que ma vie sans Ian est impossible. C'est très étrange mais j'ai l'impression que si je ne suis plus avec lui ma vie sera un fardeau. Il est mon pilier. Dit Rose péniblement.
_ C'est seulement qu'une part de toi s'accroche encore à ton amour pour lui Rose, cinq siècles ça ne s'oublie pas tout de même !
_ Certes mais il y a ce loup qui quand il me regarde je sens comme mon cœur mort palpiter. Son regard de braise me traverse tellement profondément que je n'ai qu'une envie, lui sauter au coup, l'embrasser passionnément jusqu'à ne plus avoir de souffle. Toucher sa peau halée et délicieuse. Humer son odeur si enivrante, que ses mains m'attrapent encore par la taille, qu'il me colle à lui comme si j'étais la chose la plus précieuse au monde. Que toute la chaleur de son corps m'entoure mais surtout qu'enfin il me donne ce que je convoite tant chez lui… son sang. Avec lui je me sens vierge fit Rose en baissant la tête.
Rose était dans ses songes lorsqu'elle dit cela. Elle pensa à chaque souvenir avec Paul, il y en avait des tas.
_ Tu n'as pas encore goûté son sang ? Demanda Maria perplexe.
_ Non fit Rose en baissant la tête, il me résiste, il déteste ma race, notre race plus que tout et de plus il doit me détester encore plus maintenant.
_ Pourquoi ? Dis –moi ? Intima Maria en lui prenant une main rassurante.
_ Adriano l'a pratiquement tué, il la massacré car il m'a vu avec lui… je me sens si mal Maria… ma vie est un cauchemar, je veux mourir oh si tu savais comme je voudrais être six pieds sous terre !
Maria fit une moue et lui serra fort sa main. Effectivement, sa vie ne devait pas être toute rose en ce moment.
_ Je suis sûre qu'il y a une solution, à chaque problème il y a forcément une résolution.
_ Si tu le dis … mais et toi, qu'est –il arrivé à ton manoir ? Lui si beau jadis ?
Maria commença son récit sombrement.
_ Comme tu t'en doutes les Volturis sont passés par là… Mickaelo a trépassé car il s'est opposé à eux. Nous nous avons subit, nous n'avons pas eu la même chance que vous de nous enfuir. De plus nous ne connaissons pas Carlisle, certains de chez nous sont partis rejoindre les Volturis. Les autres comme moi attendent les ordres d'Aro, mais je te promets Rose que jamais je ne combattrai contre toi. Plutôt mourir ! Mais ici c'est chez moi, c'est ma maison, mon héritage je ne pouvais tout abandonner !
_ Je te crois mon amie !
_ Bien veux- tu te débarrasser et te décrasser du voyage ?
_ Ce n'est pas de refus répondit Rose poliment en se levant et suivant son amie.
Chapitre XIII
Rose dans une chambre somptueuse se faisait pomponner par les servantes personnelles de son amie. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu droit à ce privilège. Ca faisait du bien d'être propre. Maria lui avait donné une de ses robes. Quel plaisir ! C'était une magnifique robe bleu indigo avec des dentelles plus sombres, presque pourpres. Son corset mettait parfaitement sa poitrine généreuse en valeur. Elle put refaire son chignon favori avec quelques mèches qui tombaient élégamment dans son cou si blanc. Le far à paupière sombre contrastait parfaitement avec le rouge si vif de ses lèvres. Un dernier coup d'œil dans la glace et elle se trouva parfaite.
Cela faisait du bien de se revoir dans cet état. Rose se sentait à présent elle- même.
Elle descendit voir son amie et la vit en grande discussion avec ses anciens amis. Tous furent surpris de la voir aussi resplendissante.
_ Et bien, l'air du Nord te fait un sacré bien dit donc !
_ Je suis heureuse de vous revoir mes amis !
_ Rose, ils sont venus nous aider pour ta mission lui dit gentiment Maria
_ Non ! J'irais seule ! Je ne veux pas vous impliquer c'est suicidaire !
_ Tu sais bien que nous sommes déjà mort depuis fort longtemps Rosi fit une jeune fille ayant l'air d'avoir à peine seize ans.
_ Nous devons d'abord établir un plan alors, ce serait effectivement suicidaire d'y aller sans plan ni idée précise de ce que chacun devra faire. Expliqua Rose.
Tous se mirent alors autour de la table. Rose les inspecta du regard un par un, elle était vraiment heureuse d'avoir encore des gens sur qui compter à Florence.
Les heures passèrent et tous n'étaient pas toujours d'accord, il était vrai que le repère d'Aldarick n'était pas le plus simple à infiltrer. Alors ils continuèrent encore et encore jusqu'à trouver un terrain d'entente, heureusement qu'ils ne ressentaient aucunement la fatigue, tout était déjà assez pénible comme ça.
Pendant ce temps là, à la réserve, Paul venait juste de se lever. Il s'étira péniblement dans son lit et bailla de toutes ses forces. Il n'aimait pas les matins. Mais il avait décidé depuis quelques jours de suivre son programme à la lettre. D'abord un petit échauffement constitué de musculation et ensuite course sur la plage.
Il enfila un débardeur, mit un short, ses baskets, son bonnet et parti sous l'œil amusé de Sam, il aimait voir Paul ainsi. Il reprenait du poil de la bête. Le tout était de ne pas avoir pour l'instant de contact avec les vampires. Il allait mieux mais ce n'était qu'un début.
En réalité Paul ne pensait qu'à elle, que faisait –elle là-bas à la villa ? Pensait- elle à lui même une seconde ? Bien sûr il se doutait que non mais espérait un peu quand même. Elle devait trop être occupée à s'occuper de son fiancé.
Il était si loin de la réalité.
Paul chassa ses idées et se mit en route, il courut surtout sur la plage après avoir traversé la forêt. L'air était frais mais il lui fit du bien. Il se sentait vivant et déconnecté. L'air s'infiltra dans ses poumons et il sourit. Cependant l'image de Rose lui revint en mémoire. Il aimerait tellement l'emmener ici, la plage de la Push offrait un couché de soleil formidable, un des plus beau de la côte. Il émit un grognement. Jamais il ne pourrait s'enlever son image de la tête. Elle était trop ancrée.
Il décida de rentrer par la route nationale. Il fit seulement quelques pas. De loin il aperçut une voiture sur le bas- côté, elle devait être en panne. Il courut aussi vite qu'il le put et vit enfin une jeune fille d'origine indienne essayant de comprendre tout le charabia sous son capot. Paul s'approcha doucement, il ne voulait pas lui faire peur.
_ Excusez- moi ? Demanda t-il gentiment.
Elle se retourna vivement avec un sursaut. Portant la main à son cœur elle lui sourit.
_ Bonjour, vous m'avez fait peur ! lui dit-elle en rigolant.
_ Je suis navré fit Paul, avez- vous besoin d'aide ? Je suis garagiste je peux peut-être regarder ce qui ne va pas proposa t-il gentiment.
La fille parut soulagée. Enfin la chance lui souriait.
_ Quelle chance alors ! Oui ce n'est pas de refus, elle refuse de redémarrer, je ne sais pas ce qu'il se passe. Expliqua t- elle alors à Paul.
Paul se mit alors à l'œuvre, enfin depuis quelques jours il servait à quelque chose. Ce n'était pas grand-chose, il réussit non sans mal à trouver ce qui clochait.
_ Allez –y essayez pour voir ce que ça donne ! Lui cria Paul de sous le capot
La jeune fille remit le contact et la voiture après un drôle de ronronnement redémarra normalement. Paul fut fier de lui. L'indienne sortit de la voiture et le remercia infiniment.
_ Combien voulez- vous ? Dit –elle en commençant à sortir son porte-monnaie.
_ Rien du tout ! Je ne l'ai pas fait pour ça lui assura Paul gentiment en posant une main sur le portefeuille.
_ Oh d'accord …
Elle semblait si naïve que c'était presque amusant. Il avait tellement eut l'habitude de voir de forts caractères ces derniers jours.
_ Accepteriez –vous un café alors ? Lui proposa t- elle.
Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu de conversation normale avec quelqu'un de normal derrière une tasse de café fumante.
Il accepta alors l'invitation et proposa à la jeune fille de conduire. Elle ne connaissait pas le coin, ça lui laisserait le temps d'explorer.
Paul se mit au volant et appuya sur l'accélérateur. Il aimait conduire vite mais d'un coup tourna la tête, la jeune fille semblait crispée. Il se traita mentalement.
_ Pardon, j'ai une conduite assez sportive s'excusa Paul.
_ Il n'y pas de mal, je ne savais seulement pas que ma voiture pouvait aller à cette vitesse dit la jeune fille en rigolant.
Et Paul en fit autant. Ca lui fit un bien fou. Tout le reste du voyage il garda le sourire. Il se gara alors et l'invita à sortir. Paul connaissait bien le patron, avec les autres ils venaient souvent ici ou avant ils venaient lorsqu'ils étaient encore une meute en entier. Ils s'installèrent à table et un serveur vint prendre leur commande.
_ Un café crème avec une pointe de miel, nappage chocolat et crème chantillit et le petit gâteau qui va avec s'il vous plaît.
Paul avait les yeux ronds comme des soucoupes. La jeune fille leva son regard vers le sien et rit face à la tête de Paul.
_ Un expresso pour moi s'il vous plaît.
Lorsqu'il fut partit Paul ne put s'empêcher de faire une petite réflexion.
_ Je vois que vous avez une grosse faim !
_ Je roule depuis longtemps et je n'ai pas eu l'occasion de m'arrêter lui répondit –elle avec un grand sourire.
Un magnifique sourire pensa Paul. Cette fille était vraiment belle. De longs cheveux noirs soyeux, des yeux sombres et une bouche pulpeuse. Elle avait l'air gentille et elle lui souriait sincèrement. Le cœur de Paul se serra. Trop de souvenirs douloureux lui revenaient. Il baissa la tête.
_ Quelque chose ne va pas ?
Paul la releva aussitôt. Il voulait arrêter de tout gâcher à cause d'elle. Maintenant il devait apprendre à vivre sans elle.
_ Si pas de soucis. Et si on se tutoyait ? Je pense pas qu'on soit encore assez vieux pour se vouvoyer. Plaisanta Paul
_ Ouf ! Je ne savais pas comment te demander ! S'écria t- elle soulagée
Elle était vraiment très charmante surtout quand elle riait. Le serveur vint leur apporter leur commande et Paul se moqua.
_ On dirait un gâteau de mariage ton truc là !
_ Oui mais c'est surement le meilleur gâteau de mariage de la terre alors ! Fit –elle avant de plonger son doigt dedans et le mettre derechef dans sa bouche.
Paul lui sourit. C'était agréable de passer du temps avec quelqu'un de normal.
_ C'est quoi ton nom ? Dit –elle la bouche pleine.
Paul lui tendit une serviette secoué d'un fou rire.
_ Soit je suis extrêmement drôle, soit tu te fou complètement de moi depuis tout à l'heure enchaina la jeune fille boudeuse.
_ Non ! Ca fait longtemps que j'ai pas rit comme ça. Ca fait du bien lui avoua t- il
_ Oh… reprit – elle avec un air grave.
_ T'inquiète pas c'est du passé tout ça répondit –il en lui faisant son plus beau sourire.
_ Moi c'est April dit –elle en lui tendant une main
Paul la lui serra chaleureusement. L'autre fut surprise de la chaleur de son corps.
_ Enchanté, moi c'est Paul !
_ Paul… Lahote ?
_ Oui fit Paul surpris, comment connais –tu mon nom ?
_ Mon cousin me parle souvent de ses amis répondit- elle, j'ai tenté ma chance, j'aurais eu l'air bête si ça n'avait pas été toi !
_ Effectivement fit Paul en plaisantant, mais c'est qui ton cousin ?
Paul était réellement surpris, surtout qu'un des leur fasse venir sa famille en temps de guerre. C'était franchement irresponsable.
_ Embry ! Je viens en renfort si tu vois ce que je veux dire.
Elle regarda en arrière pour voir si personne ne les regardaient. La voie était libre.
_ Je suis comme vous. Expliqua t- elle.
_ Tu es une louve ? Dit –il en murmurant
Elle affirma derechef d'un coup de tête.
_ Wah c'est une surprise ! Je ne pensais qu'il n'y avait juste Leah, c'est incroyable ! Dit Paul
_ Je suis contente que mon arrivée te fasse cet effet !
_ Un loup de plus ne fait pas de mal à la réserve tu sais. Et je suis contente que ce soit une louve, Leah commençait à s'ennuyer.
_ Je me doute lui répondit –elle avec un clin d'œil
Paul regarda sa montre. Mince, la réunion allait commencer.
_ Que penses- tu de rencontrer tous les autres ? Ils seront aussi contents que moi je pense. Tu avais prévu ta venue ?
_ Non c'était une surprise pour mon cousin dit –elle en se relevant également.
_ Et bien c'est parfait ! Je t'emmène ? Doucement bien sûr !
Paul était joyeux à cette idée. April accepta tout aussi euphorique que lui, Paul pensa qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes. Il se remit au volant et roula en direction de la maison de leur Alpha avec leur nouvelle recrue.
_ Non les hommes vous passez par les égouts !
_ Pourquoi c'est à nous ?
_ Parce que nous nous sommes des femmes et Aldarick aime les femmes pas les hommes. Je te signal que nous aurons la mission la plus stressante ! Je ne sais pas comment il va réagir. Il ne va pas se souvenir de toi Rose, je te présenterai comme ma cousine qui veut intégrer son cercle.
Il va surement être attiré tout de suite par toi.
_ Qui ne le serait pas ? Fit un de ses amis en souriant.
Rose lui répondit gentiment avec un sourire.
_ Une fois dans sa suite, tu devras je le crains au moins te déshabiller et t'approcher de lui. Il voudra boire ton sang, c'est un peu un pacte qui signal que tu es à lui.
Rose paraissait horrifiée, se faire mordre par un autre vampire ? C'était dégouttant ! Non elle espérait ne pas avoir à aller jusque là. Elle le tuerait de ses propres mains. Il mourrait pour avoir volé la vie d'un petit garçon si innocent. Si tout ça ne c'était pas passé, il aurait peut- être été comme Seth, le brave petit loup aimant les vampires. Elle soupira. Paul lui manquait atrocement, elle en souffrait tellement qu'elle préféra se retirer prétextant vouloir être seule. Elle pensa à lui, avait –il vu son mot ? Elle espérait que oui, qu'il saurait qu'elle ne l'avait pas abandonné loin de là. Même pour Ian, jamais elle ne s'était mise en pareil danger.
Cette mission relevait de la folie. Elle mit sa tête dans ses mains et se promit que si elle en ressortait vivante elle apporterait la tête d'Aldarick à Paul, et qu'elle affronterait la colère d'Adriano et la tristesse de Ian. Tout ce qu'elle voulait c'était que l'âme de Paul vive enfin en paix.
Une fois la guerre terminée, elle rentrerait avec ses deux acolytes et tout serait terminé, tout rentrerait dans l'ordre. Ou presque… Pourrait –elle l'oublier aussi facilement ? Bien sûr que non. Elle avait eu du mal à se l'avouer, elle pensait au début que c'était une simple attirance mais au final elle s'était bien vite faite piéger. Oui elle l'aimait, elle l'aimait à en crever. Elle pensait qu'il n'y aurait jamais que pour Ian qu'elle aurait pensé ça mais elle se trompait. A ce moment elle aurait tout donné pour lui ! Elle était même prête à donner son corps et son sang à un vampire répugnant et tout ça pour lui.
_ Rose, on finit de tout préparer et après on attaque. Tu sais ça peut prendre des jours, on ne sait jamais ce qu'il peut se passer là-dedans.
Rose releva la tête péniblement, elle semblait tellement fatiguée. Maria s'approcha d'elle, s'assit à ses côtés et lui caressa les cheveux.
_ Chérie, ça va bien se passer je te le promets.
_ Je te fais confiance mais est ce que j'y arriverai ? C'est une mission suicide ! Je n'arrive plus à réfléchir correctement. J'ai soif déclara Rose de but en blanc.
_ Il faut te nourrir Rose, tu ne peux pas rester comme ça.
_ Je ne peux plus boire à la source Maria, c'est impossible.
_ Tu dois vraiment l'aimer ton loup Rose…
_ Si tu savais fit Rose le cœur lourd
Un de ses amis franchit le pas de la porte avec trois poches de sang dans les mains.
_ Et les poches de sang ça le fait pas ? Elles viennent de l'hôpital, c 'était des gens consentant après tout…
Rose huma l'air, et retroussa ses babines. Voilà trop longtemps qu'elle avait attendu de se nourrir, si elle ne le faisait pas maintenant elle risquait de devenir folle. Ses yeux devinrent menaçants. Le rouge de ses prunelles montrait son désir de planter ses crocs dans cette poche.
Son ami l'a lui lança et sans demander son reste Rose l'attrapa au vol et planta ou plutôt déchiqueta la poche. Sentir ce liquide si délicieux descendre dans son gosier lui fit tellement du bien qu'elle aurait pu jouir de plaisir.
_ Une autre ! Fit –elle en trance
Ses amis lui sourirent, enfin ils retrouvaient leur Rose. Il lui en lança une seconde qu'elle bu d'une seule et même traite. Après s'être rassasiée elle s'essuya vivement et se remit debout. Elle ressemblait à une bête.
_ Bien ! Dans deux jours nous mettrons notre plan à exécution. Je suis prête désormais !
Les deux autres approuvèrent d'un hochement de tête et tous redescendirent en bas. Il leur restait des choses à mettre au clair. Rose était stressée et elle se demandait toujours s'il avait lu son petit mot.
Cela faisait déjà cinq jours qu'elle était partie de Forks. Et tout lui manquait là- bas même la villa. Aujourd'hui elle voulait revoir son manoir. Là où tout avait commencé pour elle. Il lui manquait. Elle avait énormément de souvenirs là-bas. Peut-être quand y retournant, son amour pour Ian reviendrait. Elle l'espérait du moins.
Elle s'habilla plus légèrement et remit sa cape sur sa tête. Elle devait passer le plus inaperçu possible. Elle était persuadée que les Volturis n'étaient pas si loin et qu'ils surveillaient tous les périmètres.
Les deux demeures n'étaient pas si loin l'une de l'autre mais il lui semblait que le voyage dura un siècle. Longeant un dernier mur, elle vit une des capes symboliques. Avec une cape des Volturis elle pensait qu'elle pourrait peut-être passer plus inaperçue. Elle décida de s'approcher de lui. Il était jeune, ça fit mal au cœur de Rose de tuer un de ses semblables mais elle devait le faire.
_ Salut ! Dit Rose avec un sourire carnassier
L'autre n'eut pas le temps de voir ce qu'il se passait que déjà sa tête et ses membres jonchaient le sol. Elle l'avait démembré assez facilement. Si tout pouvait être aussi simple pensa t- elle.
Elle le ramena dans son manoir. Tout était resté aussi majestueux que lorsqu'ils l'avaient laissé précipitamment. Grand, avec ses quatre tours rondes. Elle soupira et entra en poussant les deux grandes portes en chêne toujours avec sa dépouille dans les bras. Le hall était toujours pareil avec au loin son grand escalier où elle avait l'habitude de descendre resplendissante car elle savait qu'encore une fois c'est au bras de Ian qu'elle serait toute la soirée. Elle sourit. Elle continua dans le petit salon avec sa grande cheminée. Elle décida de mettre la pauvre dépouille du jeune vampire dans la cheminée et d'allumer un feu.
Voilà, quelques secondes plus tard, il n'était plus rien et elle, avait une cape toute neuve rouge et noire.
Tous les cadres photos lui rappelaient des souvenirs douloureux. Ian la prenant par la taille lors d'une partie de croquet. Ce jour là, il avait fait exprès de la laisser gagner. Et elle l'avait disputé pour ça. Elle aimait bouder avec lui, elle savait qu'il culpabilisait toujours et venait la voir pour se réconcilier. Elle adorait les réconciliations.
Elle reposa le cadre. Sur un autre il y avait son amie Maria. C'était lors d'une grande réception. L'anniversaire d'Adriano, ses huit cent vingt ans. Ca commençait à faire de l'âge tout ça.
Encore et encore des cadres avec Ian et elle dessus. Elle aimait les regarder. Tous ces petits moments à eux, lui manquait. Plus rien n'avait été pareil depuis leur fuite. Elle monta le grand escalier. Ses pas la menèrent directement dans leur chambre à coucher. Les gros rideaux pourpres étaient tirés. Cette pièce manquait de chaleur. Rose les étira et découvrit tout leur terrain. Ces hectares de jardin, de forêt… Jamais plus elle n'avait pensé les revoir. Dans un élan de nostalgie, Rose alla s'allonger sur son lit et se recroquevilla comme une petite fille. Elle prit le coussin de Ian dans ses bras et le renifla, il sentait encore son odeur. Une odeur qui lui manquait mais pas autant pourtant que celle de son loup et c'est bien ça qui la dérangeait.
Elle grogna, elle était venue ici pour retrouver ses souvenirs et voilà qu'elle s'amusait à vouloir en créer d'autres. Elle ferma les yeux et se reposa. Elle en avait besoin. Tout ça était éprouvant.
Elle se réveilla ou plutôt rouvrit les yeux quelques heures plus tard. Tout ça lui avait fait du bien. Demain tout le plan qu'ils avaient échafaudé se mettrait en marche. Elle décida de rentrer chez son amie. Ils devaient se tracasser de son absence un peu trop longue. Elle enfila la cape des Volturis et sortit. Elle baissa la tête tout de même, elle était ici susceptible d'être reconnue. Tout le monde la connaissait.
Elle entendit des voix non loin d'elle. Elle paniqua, il fallait qu'elle parte et vite. Empruntant une autre rue, elle réussit non sans mal à les contourner. Ce n'était pas évident. Elle aurait tellement voulu que Paul soit là, avec elle. Tout lui aurait semblé plus simple. Elle avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps. Dans quelle histoire elle avait pu s'embarquer…
Elle ne se doutait absolument pas que Paul de son côté ne souhaitait qu'une chose, l'oublier. Il s'entendait de mieux en mieux avec la jeune April. Sam était heureux pour lui, ça lui faisait réellement du bien de ne s'occuper que de choses de loup. C'est Paul qui était chargé des entrainements de la louve. Même pour lui, c'était enrichissant. Il sentait ses forces se décupler. Voilà une semaine qu'il n'avait pas vu Rose et il se sentait bien. Bien sûr il l'aimait toujours autant mais tout s'estompait doucement. Il faudrait du temps mais il avait tout son temps.
April le frappa soudain à l'épaule.
_ Alors chef ! Tu dors ? Fit –elle en riant
_ Alors toi tu vas voir, on ne frappa pas Paul le redoutable ! Lui cria t- il en se lançant à sa poursuite
Elle riait tellement qu'il la rattrapa aisément. L'attrapant par la taille, il la fit tourbillonner dans l'air.
_ Arrête je t'en prie ! Je vais vomir !
_ Tant pis fit Paul avec un haussement d'épaules.
_ Je ferais en sorte que ce soit sur toi beau gosse !
Paul lui fit une belle grimace auquel elle répondit en lui tirant la langue. Ils ressemblaient vraiment à des gamins ces deux là mais ils aimaient ça. Paul était vraiment bien avec elle, cela se voyait.
_ Que dis –tu d'un restau rien que tous les deux ce soir lui proposa Paul amicalement.
Toujours dans ses bras, la jeune fille ancra son regard profondément dans le sien.
_ Tu me proposes un rendez- vous ?
_ Peut- être fit Paul avec une moue adorable.
_ Alors je dis oui répondit –elle en enroulant ses bras autour du cou du jeune homme.
Satisfait il la porta telle une princesse jusqu'aux voitures. Il ne savait pas comment tout ça se terminerait, il n'était pas amoureux d'April, pourtant elle l'attirait c'était indéniable. Il pensait que s'il sortait avec elle, il arriverait peut- être à oublier Rose. Pourtant il en était incapable. Il le savait. Il l'aimait comme jamais il n'avait aimé personne et ça, ça le tuait.
Chapitre XIV
_ Mais enfin, Alice n'as- tu pas une idée d'où elle a pu bien partir ? S'écria Ian
Il perdait littéralement patience. Cela faisait une semaine qu'il n'avait pas de nouvelles de Rose et Ian devenait une boule de nerfs.
_ Je ne comprends pas ce qui a pu lui arriver. C'est la première fois qu'elle me rejette ainsi de tous ses projets.
_ Ian, calme- toi je t'en prie ! Lui ordonna son frère.
_ Je n'y arrive pas, le simple fait de l'imaginer quelque part sans défenses…
_ Elle n'est pas sans défenses Ian, Rose est forte, plus forte que tu ne le crois, elle n'est pas une petite fille.
_ Certes mais je ne peux m'empêcher d'imaginer les pires scènes. Je t'en supplie Alice si tu sais quelque chose il faut me le dire.
_ Je te jure que je ne sais rien Ian, nous sommes amis, si je la croyais en danger je te l'aurais dit forcément !
Ian ne pouvait rester là sans rien faire. Il préféra sortir et s'aérer l'esprit. Si seulement il avait une piste… Il irait la chercher.
Adriano vint s'asseoir à ses côtés, son frère semblait tellement triste qu'il ne pouvait le laisser comme ça. Il devait lui dire, Ian devait savoir.
_ Mon frère, j'ai une piste enfin plutôt un aveu qui pourrait te mener à une piste… commença doucement Adriano
_ Je t'écoute…
Ian avait peur de ce que son frère avait à lui annoncer. S'il savait quelque chose sur Rose, pourquoi ne pas lui avoir dit avant ?
_ Je crois que Rose est partie à cause du loup que tu lui as interdit de voir.
_ Quoi ? Comment ça ? S'écria presque le beau vampire
_ Cela fait des jours et des jours que je la surveillais, sauf ton respect mon frère, elle a énormément changé. Ce loup l'a pervertie, je l'ai retrouvé seulement vêtue d'un de ses affreux et puants pulls dans la forêt avec lui. Et je ne te parle pas de toute l'odeur qui reste ancrée chez lui.
Ian ne sut quoi dire, il aurait voulu lui dire qu'il ne le croyait pas seulement il avait toujours eut confiance en son frère, tout ce qu'il lui disait était pour le protéger. Il ouvrait et refermait sa bouche comme un poisson. Il avait toujours eut une confiance aveugle en Rose. Elle qui plus tôt dans la semaine était restée à son chevet tout ce temps ? Tout cela n'était qu'une mascarade ?
_ C'est pour cela que tu as voulu tuer le loup ?
Adriano approuva.
_ Je ne comprends pas. Cela fait si longtemps que nous sommes ensemble, elle n'a jamais manqué de rien avec moi… Je l'ai toujours faite passer avant quiconque. Je suis sûr qu'il y a une explication ! Elle ne peut pas être partie comme ça sans raison… Nous devons savoir où elle se cache et le pourquoi de tout ça !
_ Mon frère les Volturis rodent partout, ils se rapprochent toujours plus prêt. Aro finit de constituer son armée. L'heure est grave…
_ Je ne peux pas l'abandonner ! J'ai toujours était là pour elle et je le serais encore éternellement ! Je lui ai fait la promesse d'être toujours là pour elle et je tiendrai cette promesse Adriano !
_ Même si elle t'a délibérément abandonné ?
_ Tais –toi !
Et Adriano se tus, Ian ne se mettait pas souvent en colère mais lorsqu'il l'était mieux valait ne pas le croiser.
Ils rentrèrent tout deux et allèrent voir Alice encore une fois.
_ Assis- toi ma jeune amie l'invita Ian gentiment.
C'est ce qu'elle fit en pensant qu'elle allait passer un sale quart d'heure.
_ Est-ce que Rose t'a dit quelque chose sur ce loup ?
_ Non. Répondit Alice catégorique.
Adriano scrutait son regard pour voir s'il la trahissait.
_ Tu mens ! Explosa Adriano
Alice déglutit difficilement. Oui elle mentait mais elle ne pouvait trahir son amie.
_ Je sais bien des choses mais ce n'ai pas elle qui me les as dites.
_ Dans ce cas je ne pense pas que tu la trahis puisque ce sont des choses qu'elle ne t'a pas dites jeune Alice lui dit Ian avec sa voix impérieuse.
Elle abdiqua, de toute façon elle ne pouvait rien contre eux.
_ Tout d'abord sachez que tout ce qui arrive n'est pas la faute de Rose. Lorsqu'elle est venue ici avec vous, elle n'a pas choisi ça, ça lui est tombé dessus sans qu'elle ne le veuille.
_ Dis –nous le supplia Ian.
_ Connaissez –vous les légendes Quileutes ?
Bien évidemment ils lui firent non de la tête. Alice soupira.
_ Les indiens de la réserve Quileute on quelque chose de différent de nous. C'est ce que l'on appelle « l'imprégnation ».
_ Qu'est- ce que cela ? Demanda Adriano
_ Une magie très puissante qui regroupent deux âmes-sœurs ensemble.
_ Un coup de foudre ?
_ Non c'est beaucoup plus que ça, même si tu aimes, cet amour d'un seul coup ne compte plus. Il n'y a plus que ton âme- sœur à tes yeux, et tu as beau faire tout ce que tu peux rien ne changera. Il n'y aura toujours que lui pour toi, même si tu as aimé des siècles entiers, tout cela est révolu.
_ Ce sont des sottises s'écria Adriano
_ Chut mon frère, et… Rose ?
_ Je crains que Paul ne se soit imprégné de Rose malheureusement. Et je vous promets qu'elle y résiste et encore maintenant elle résiste à cet amour. Ian elle s'accroche comme elle peut à toi. Je n'ai jamais vu ça ! Lui dit Alice mortellement sérieuse
_ Mais tôt ou tard Alice si tu dis vrai, il faudra bien qu'elle se rende à l'évidence qu'elle ne m'aime plus dit Ian le cœur serré.
Adriano lui passa une main dans son dos.
_ Elle t'aime toujours Ian, elle t'aimera toujours mais son adoration pour Paul sera et est en ce moment même plus forte.
Les mâchoires de Ian étaient crispées.
_ Nous n'aurions jamais dû venir ici répliqua Ian, perdre Rose n'est pas possible, jamais je ne pourrais supporter de vivre sans elle ! C'est impossible ! Tu dois te tromper Alice dit Ian la voix tremblante.
_ Je suis désolée répondit Alice en baissant la tête.
_ Pas autant que moi dit Ian en faisant des allers retours entre son fauteuil et la fenêtre.
_ Le sait- elle ? Demanda Adriano
_ Non… je ne lui ai jamais dit et je ne pense pas que Paul lui ai dit non plus. Je ne suis même pas sûre qu'il sache que lui- même est imprégné.
_ C'est bon ça ! Dit Adriano, il s'agit de ne rien dire chacun de notre côté et de repartir ensemble une fois cette guerre terminée.
_ Tu oublies un détail mon frère, Rose n'est pas là et nous ne savons pas où elle se trouve.
_ Le loup le sait peut- être ! Je pense qu'une petite visite s'impose n'est ce pas Ian ?
_ Adriano tient toi tranquille cette fois !
_ Je ne te promets rien, s'il me provoque je ne pense pas être aussi clément que la dernière fois et puis ton soucis serait résolut.
Les deux hommes se mirent alors en route. Paul rentrait justement chez lui. Pour cette soirée spéciale avec April il voulait se mettre sur son trente et un. Il passa d'abord sous la douche. Il déglutit difficilement, la dernière fois qu'il avait prit une douche, elle était avec lui presque nue s'abandonnant dans ses bras. Inutile de s'éterniser ça ne servait à rien de ressasser les souvenirs. Il se dépêcha, dans la chambre enfila son plus beau jean et mis une petite chemise blanche mettant parfaitement ses muscles en valeur. Il se parfuma un peu, se coiffa avec une petite crête et redescendit. Sa maison était en bordel et c'était peu dire. Demain il viendrait faire le ménage. Ses yeux balayèrent la pièce et il tomba sur une feuille pliée qui était par terre. Paul eut juste le temps de la mettre dans sa poche que sa porte se fracassa sous ses yeux ahuris. Dans l'embrasure de la porte se tenaient les deux italiens et ils ne semblaient pas contents.
Il ne s'attendait pas du tout à ça. Cette fois- ci il était prêt, il ne se laisserait pas faire.
_ Adriano, je t'avais dit de…
_ Qu'est-ce que vous faites là ? Fit Paul les yeux noirs.
_ Tu sortais ? Lui dit Adriano en rigolant et en se rapprochant doucement de lui.
Paul ne bougea pas, il l'affronta plutôt du regard. Cependant le fait que l'autre fiancé soit là, l'intriguait.
_ Oui et je suis assez pressé donc faites vite. Fit –il piqué au vif
_ Olala il n'y a rien qui presse dit Adriano en fouinant et touchant à tout ce qui se trouvait sur son passage.
Ian percevait parfaitement l'odeur de Rose partout dans cette maison, son frère ne lui avait pas menti. Il commença à ressentir la colère monter à l'égard de ce jeune imprudent.
_ Où est Rose ? Lui demanda subitement Ian perdant patience.
Paul fronça les sourcils. Comment ça où était Rose ?
_ J'en sais rien, je m'en fou ! Répliqua Paul
C'était faux pour la deuxième partie mais il ne fallait pas trop jouer avec le feu. Adriano l'attrapa brusquement par le col et le colla brutalement au mur le plus proche.
_ Ne nous parle pas comme ça le loup, tu ne veux pas finir dans nos assiettes n'est- ce pas ?
Adriano avait susurré tout ça. Paul vit rouge, il prit alors le poignet de son adversaire et d'un mouvement sec le plia en deux sous la grimace du plus vieux.
_ Ne me touche plus jamais bête puante !
_ Cesse de faire ton malin avec nous d'accord ? Nous voulons juste savoir où est Rose ? Répéta Ian agacé.
_ Mais j'en sais rien ! Allez emmerder quelqu'un d'autre bordel ! Commença à s'énerver Paul.
Seulement, il était inquiet. Elle n'était pas avec lui, ni avec eux alors où pouvait- elle bien être ?
_ Elle est assez grande pour aller se promener deux heures sans vous non ? Continua Paul toujours en se dirigeant vers la porte
Ian rit d'un rire jaune et barra le passage au loup avec son bras.
_ Mon cher ami, cela fait une semaine que Rose n'est pas rentrée et que nous n'avons plus de nouvelles. Ca ne lui ressemble pas !
Ian perçut aisément l'inquiétude qui se lisait dans les yeux du Quileute ainsi que son cœur qui s'emballait. Il ne put le supporter et explosa soudain.
_ Comment as – tu pu morveux t'approprier mon aimée, le seul être au monde pour lequel je vis ! Ca me dégoûte ! Tu es répugnant ! Hurla Ian devant un Paul surpris.
_ On n'a jamais été ensemble ! Pigé ? J'en n'ai rien à foutre de ta sangsue de copine alors retourne dans ta grotte de cadavres et dégage de chez moi !
Paul tremblait de rage.
_ Tu l'aimes ?
Il ne répondit pas, cela ne servait à rien de répondre. Tout dans ses gestes et ses regards le trahissaient.
_ Bien sûr que oui que tu l'aimes c'est évident. Tu crèverais pour elle ! Fit Ian avec dédain.
_ Pour répondre à ta question, j'ai aucune idée d'où elle peut- être. Dit Paul en changeant de sujet sachant que celui- là était glissant.
Ian perdait délibérément patience. Il se retenait de lui foutre son poing dans la figure c'était évident.
_ La prochaine fois, mettez lui une laisse vous risquerez pas de la perdre dit Paul avec un clin d'œil après s'être installé au volant de sa voiture.
_ T'es mort le loup, fais gaffe à tes arrières, c'est un conseil.
Et Paul rit avant de partir chercher April chez Embry. Mais lorsqu'il fut assez loin il put enfin laisser court à ses émotions. Son cœur battait la chamade. Il était tétanisé. Rose partie ? Depuis une semaine ? Et lui qui s'imaginait des scènes … Elle était partie après son départ à lui de chez les Cullen c'était certain. Mais qu'est-ce qu'elle était partie faire ?
Finalement il n'avait plus trop envie de sortir. Cette altercation lui avait tout cassé. Mais il avait promit à April et la pauvre n'y était pour rien. Il se gara devant la grande maison et sortit un peu précipitamment. Elle l'attendait impatiemment. Elle avait mit pour l'occasion une petite robe bustier rose pastel. Le sac et les chaussures étaient assortis. Elle était resplendissante.
_ Tu es magnifique lui dit –il encore sous le choque et en lui prenant une main.
_ Merci lui répondit –elle en rougissant.
Durant le trajet pourtant, Paul ne parla pas beaucoup et la jeune fille essaya silencieusement d'en deviner la cause. Il était stressant d'avoir quelqu'un à la mine sombre avec soit. A table ils parlèrent de tout et de rien, de la pluie du beau temps, des prochains entrainements, de la guerre qui se préparait. Paul était encore dans ses pensées et elle le remarqua.
_ Quelque chose te tracasse Paul, qu'est-ce que c'est ? Lui demanda t- elle gentiment
_ Rien, rien ne n'inquiète pas fit –il honteux d'avoir été démasqué.
En même temps, c'était tellement simple.
_ Ca c'est à cause d'une fille lui dit –elle avec un petit sourire
_ Comment tu sais que… ? Non mais laisse …
_ Explique – moi je suis là pour t'écouter tu sais. On est amis non ?
_ Non vraiment, je n'ai pas envie d'en parler, ça ne ferait que gâcher cette belle soirée.
_ Très bien fit – elle plus joyeusement finalement heureuse qu'il ne lui parle pas d'une conquête.
Cela changea un peu les idées de Paul. Cette fille était incroyablement étonnante et adorable ! Mais malheureusement pas autant que sa Rose. D'ailleurs où errait –elle à ce moment ? Avec qui était –elle ? Elle avait déjà trompé son fiancé une fois avec lui, elle pouvait très bien recommencer avec un autre… Paul se faisait du mal, bien sûr qu'elle serait incapable de recommencer avec quiconque. Rose n'était pas une catin !
Deux heures et demie plus tard Paul ramena April chez elle. Il avait fait écourter la soirée, il n'était vraiment pas d'humeur et fort heureusement April n'avait pas répliqué jusqu'à là. Il était exténué et n'avait qu'une envie, dormir.
Seulement elle n'avait pas décidé de le laisser partir aussi vite. Elle avait quelque révélation à lui avouer. Sachant que ses efforts seraient vains elle se lança tout de même.
_ Tu me plais Paul, tu me plais énormément et … et je pense que tu l'as vu par toi –même ces derniers jours…
Paul ne bougea plus d'un pouce. Voilà que le problème qu'il redoutait, commençait.
_ J'aimerais que tu me dises si pour toi c'est pareil… je sais que ça ne fait qu'une semaine que l'on se connaît mais c'est arrivé si vite…
_ April, t'es une fille géniale tu sais… commença t- il.
_ Je saurais te la faire oublier lui fit –elle déterminée pour le convaincre.
_ Pardon ? Fit Paul incrédule
_ La fille qui t'a brisé le cœur répondit –elle pour s'expliquer, j'arriverai à te la faire oublier.
Paul ne répondit pas. Alors, April se mit sur la pointe des pieds et déposa doucement ses lèvres sur celles de Paul. Elles étaient sucrées et délicieusement douces pourtant pas autant que celles de Roses. Il n'eut pas ces palpitations qu'il avait lorsque Rose l'embrassait.
Il passa un bras derrière le dos de la jeune fille et répondit à son baiser. Après tout si ce qu'elle lui avait dit était vrai, il voulait bien tenter le coup.
Elle se décolla de lui satisfaite.
_ A demain Paul dit – elle avant de refermer la porte.
Et il resta là sans bouger durant quelques secondes avant de finalement reprendre la route. Sur le chemin il ne fit penser qu'à ça. Cela faisait une semaine qu'il était bien, qu'il avait réussit à un peu l'oublier mais tout avait refait surface à cause d'eux ! Il rentra et fit le moins de bruit possible, Emily et Sam devaient être couchés à cette heure- là. Il se mit dans le lit et recommença à penser. Puis son regard dévia vers sa poche de jean qu'il avait posé sur une petite chaise en bois.
Il se releva et prit le bout de papier qu'il avait ramassé chez lui. Lorsqu'il le lut c'est tout son corps qui fut secoué d'un spasme douloureux. Il ne pouvait pas le croire, c'était impossible !
Chapitre XV
« Paul, lorsque tu liras ceci je serais déjà loin, très loin de toi. N'essaie pas de me rechercher. Je reviendrai peut- être, ou pas. Je ne supportais plus toute ta froideur envers moi, de ne plus avoir tes sourires et tes yeux de braise rien que pour moi. Je suis partie en gardant espoir qu'en revenant tu ne m'en voudras peut- être plus. Nous ne pouvons être ensemble et tu le sais bien seulement une part de moi te réclame chaque minute, chaque seconde et mon cœur mort souffre ainsi. Je suis partie te venger, j'ai retrouvé la trace d'Aldarick. Toi seul, tu n'aurais eu aucune chance contre tous ces vampires. Je ne reviendrai qu'après avoir réussit ma mission. Je serai peut- être seule, je ne sais plus en ce temps de guerre qui sont mes amis et qui ne le sont pas ou plus. Cette lettre est peut- être un adieu alors sache Paul que je ne te déteste plus, que j'ai appris à connaître une personne magnifique au fil des jours. Une personne entière et extrêmement sensible.
Je ne cesserai jamais de penser à toi crois- moi. Et crois aussi en ça, je n'ai pas eu le courage de te le dire en face et je crois que je ne l'aurais jamais, mais je t'aime et ce du plus profond de mon être. »
Paul ne pouvait le croire, c'était une blague ! Quelqu'un se moquait de lui. Il relit encore et encore la lettre. Rose était partie depuis une semaine le venger car enfin elle s'était rendue compte et acceptait son amour pour lui. Et lui tout ce qu'il trouvait à faire était de l'ignorer et d'essayer de l'oublier avec une autre ? Il se trouvait répugnant, ce Ian avait raison. Cependant lui –même n'avait aucune piste sur l'endroit où elle avait bien pu aller ! Et il ne pouvait rester là les bras croisés alors que chaque secondes elle risquait sa peau pour lui. Juste pour lui, elle risquait sa vie. Paul n'aurait jamais crut ça possible, qu'un vampire fasse ça pour lui un jour.
Il ne put dormir cette nuit là. Il fallait la retrouver, il voulait la retrouver avant qu'il ne lui arrive malheur. Elle n'avait trouvé que ça pour qu'il arrête de lui faire la tête. Mais si elle savait qu'au moindre effleurement, au moindre regard il pouvait lui sauter dessus et que jamais il ne pourrait lui en vouloir.
Paul était ce matin d'une humeur massacrante. Tout le long de son petit déjeuner, Sam le regarda de biais.
_ Ton rendez- vous s'est bien passé ? Demanda t-il innocemment en se servant une tasse de café
_ Impeccable répondit le jeune homme la mâchoire crispée.
_ Rose c'est l'heure ! Nous devons y aller. Lui annonça Maria.
_ Bien fit la jeune vampire en se levant de sa coiffeuse.
_ Tu es magnifique lui dit l'autre avec un petit sourire
Elle aurait tellement aimé que ce soit de la bouche de Paul que sortent ces paroles.
_ Merci.
Vêtue d'une robe rouge vif aux fils et broderies d'or, elle avait fait ses plus belles boucles et avait mit un petit pendentif en or également représentant un loup. Elle l'avait trouvé dans une bijouterie la veille. Il lui rappelait Paul et la raison de sa présence ici.
Elle posa sa main dessus et suivit son amie. Une calèche les attendait.
_ Si les choses tournent mal rappelez –vous que c'est chacun pour soit, on se barre d'ici fit un des vampires.
Tous hochèrent de la tête. Rose s'en voulait de les entrainer dans cette histoire mais elle leur serait éternellement reconnaissante.
Elle monta en voiture avec Maria et une autre et ils se mirent en route pour la petite réception d'Aldarick. Il était un des seuls à faire la fête en ces temps de guerre. Rose appréhendait mais elle ne pouvait faire d'erreur. C'était sa dernière ligne droite. Ils s'engagèrent dans d'étroites petites rues pour enfin déboucher sur une grande cours éclairée. Des centaines et des centaines de voitures modernes ou non y étaient garées. Un homme lui prit la main et la fit descendre. Rose gardait la tête droite et le menton relevé. Elle avait un nom à porter. Elle était une dame de la haute et ne devait l'oublier.
La demeure était magnifique, de grands lustres parsemés de pierres précieuses décoraient le plafond aux peintures de la Renaissance, la foule était joyeuse. Bref ça aurait pu être une bonne soirée si elle n'avait pas à ce qu'elle devait faire.
Maria l'entraina à travers les nombreux convives. Elle se fraya un chemin jusqu'à la salle de bal là où allait bientôt apparaître Aldarick. Rose en gardait l'image d'un homme répugnant sur tous les points. Elle espérait de pas avoir trop de mal à exécuter son plan à cause de ça.
Après les applaudissements, l'homme apparut, vêtu d'un superbe costume noir à queue de pie et d'une canne où l'on pouvait voir trôner un serpent sur le bout d'une boule en Crystal. C'était effrayant. Et il avait peu changé, il s'était quelque peu amélioré. Le vampire descendit de l'estrade et comme à son habitude commença à saluer tout le monde. Lorsque ce fut au tour de nos dames il fut surpris de voir Maria.
_ Ma chère amie, vous ici ! Quelle agréable surprise ! S'éclaffa t-il
_ Votre congrès annuel, je ne pouvais rater ça. Répondit Maria poliment.
_ Et vous n'êtes pas venue seule à ce que je vois lui dit –il en ne cessant de scruter Rose.
_ Effectivement, je vous présente mes cousines de Venise, Natalia et Roseria
Les deux filles firent une révérence. Déjà Aldarick n'avait d'yeux que pour Rose. Pour l'instant le plan se passait à merveille.
Aldarick tendit une main à Rose qui fit mine de la prendre timidement, il la releva.
_ Ma chère enfant, comment trouvez- vous la soirée ?
_ Très joyeuse, j'en ai rarement fait des comme celles- ci.
L'autre rit.
_ Alors amusez- vous autant qu'il vous plaira, excusez –moi mes dames je vais saluer mes hôtes.
Et il se retira, Rose souffla intérieurement. Elles partirent se servir un verre et essayèrent de s'amuser au mieux.
Pendant ce temps- là, les hommes passaient par les égouts. La cuisine avait une entrée secrète. Ces fêtes réservées seulement aux filles devraient être prohibées. Il devait se faire plaisir le bonhomme. Il y avait des gardes partout, preuve qu'il était paranoïaque à souhait et il pouvait bien vu la surprise qu'ils lui réservaient.
Rose dansait avec ses amies lorsqu'Aldarick revint vers elles.
_ Ma chère accepteriez –vous d'être ma cavalière ?
_ Oh ce serait un si grand honneur fit Rose timidement en baissant la tête.
Il lui releva le menton en souriant dévoilant ses horribles dents qui avaient du arracher tellement de chaire. Elle jouait son rôle à merveille. Il était presque dans sa poche. Ils se mirent en position sur la piste de danse. Des soirées comme celles-ci elle en avait fait des tonnes avec Ian. Il était un excellent danseur, un des meilleurs de Florence. C'était un réel plaisir de danser avec lui. Pas comme avec cette espèce de brute.
Et durant des heures entières il la fit tourbillonner. Elle crevait d'envie de l'achever sur place mais devait attendre encore et encore le bon moment. Elle riait faussement à toutes ses tentatives de blague. Lui, lançait des regards qui en disaient longs sur ses intentions sexuelles. Elle avait envie de vomir rien qu'en y pensant.
_ Que diriez- vous de découvrir un peu plus la demeure ma chère enfant lui dit –il au creux de l'oreille.
Cette phrase lui arracha un frisson. Voilà enfin on y était.
_ Je pense Monsieur que c'est une proposition tout à fait acceptable. Dit joyeusement Rose.
_ Alors suivez –moi lui dit –il en lui donnant une main que Rose s'empressa de prendre.
Elle jeta un dernier coup d'œil à Maria qui lui fit un hochement de tête. Tout se mettait en marche.
Il lui fit visiter les diverses pièces de la demeure. Elle devait avouer qu'elle était sublime
_ Manifico s'exclama Rose lorsqu'elle vit la grande chambre à coucher.
On aurait dit celle d'un roi. Tout était orné d'or.
_ Cet endroit est magnifique vraiment dit Rose en inspectant tous les coins.
_ Tout comme vous lui répondit –il
Elle se retourna et il était dans son dos. Il passa ensuite ses mains sur ses hanches.
_ Comment se fait-il qu'un ange tel que vous soit encore si seule ?
_ Je n'ai hélas pas encore trouvé chaussure à mon pied. Lui dit –elle en ancrant son regard timide dans le sien.
_ C'est tellement dommage pour les autres répliqua t-il en riant.
_ Certes, je suppose. Mais je ne m'en formalise pas. Je préfère attendre et me donner à un homme, un vrai répliqua t- elle.
Il leva un sourcil inquisiteur.
_ Cela ne doit pas faire longtemps que vous êtes des nôtres mademoiselle. Sachez qu'être un vampire c'est jouir de tous les corps. Vous pouvez faire ce que vous voulez lui dit –il en levant sa coupe de champagne et allant se poser sur son lit.
Rose telle une prédatrice s'approcha de lui et il lui sourit. Ces mots avaient toujours leur effet. Elle vint s'asseoir à califourchon sur lui et ramena ses cheveux sur le côté pour pouvoir avoir accès à son cou si blanc et si sale. Il puait la débauche et Rose en eut le vertige. Elle espérait pouvoir mettre son plan à exécution avant d'avoir à se déshabiller entièrement. Ou pire. Son corps, elle ne voulait plus qu'on y touche sans sa permission. Elle se contredisait mais elle aurait tellement voulu que sous ses fesses ce soit Paul qui s'y trouve. Elle l'avait vu nu dans la douche et c'était un spectacle des plus appréciables. Tout d'un coup imaginer Paul lui donna des frissons et aussi le pouvoir de continuer et d'avoir plus d'assurance. Elle commença à déboutonner la chemise d'Aldarick qui se laissa faire. Elle devait paraître débutante. Enfin n'était-ce pas ce qu'elle était ? Ian avait toujours été très « poli » en matière d'ébat sexuel. Elle ne connaissait pas grand chose. Et cet homme là, la répugnait c'était atroce.
Penser à Paul était la clé de tout. Pense à Paul, pense à Paul. La chemise partie par terre. Il était d'un blanc presque effrayant. Rien à voir avec le corps musclé et la peau halée de Paul.
_ Vous devez avoir trop chaud ma chère… accepteriez –vous que je vous débarrasse ?
Voilà ça arrivait. Il se colla à elle et délassa tous ses rubans un à un en lui mordillant la peau. Elle priait Dieu pour ne pas qu'il la morde. Ce serait le coup de trop et elle ne pourrait plus se retenir. Doucement il fit glisser sa robe à terre. En sous-vêtements devant cet être ignoble, elle crut qu'elle allait mourir. Son corset lui semblait d'un coup trop serré et c'est comme si son cœur allait exploser.
_ Vous êtes tellement parfaite…
Elle ne répondit pas et le poussa de façon à ce qu'il soit totalement allongé sur le lit. Elle voulait se la jouer coquine et l'autre sembla aimer ça. Elle descendit plus bas, toujours plus bas et Aldarick sembla s'en amuser.
_ Apparemment ne jamais juger trop vite les jeunes vierges dit –il en fermant les yeux de plaisir.
C'était le moment, Rose ne pouvait plus reculer. Alors d'un seul et même mouvement et rageusement elle lui arracha ses deux jambes qu'elle envoya balader de l'autre côté de la pièce. C'est un cri perçant qu'elle entendit et qu'elle tenta de masquer en l'étouffant avec un coussin. De ses bras il la griffa et Rose souffla. Il lui entailla toujours plus la peau. Ca lui piquait atrocement. Elle lui bloqua un bras toujours en maintenant sa tête avec le coussin. Elle l'entendait feulait en dessous. De l'autre bras elle lui arracha un autre bras qui vint rejoindre ses autres membres. Il se débâtait de plus belle. Ce n'était pas aussi simple qu'elle l'aurait voulu. Se retournant quelque peu il réussit à la mordre et Rose hurla. Elle arracha presque son bras de la bouche de cet homme répugnant et un bout de peau parti avec.
Elle se mordit les lèvres si fort, qu'elles s'ouvrirent. Et le sang commença à se répandre sur l'oreiller. Elle devait continuer avant qu'il n'alerte tout le monde, si ce n'était pas déjà fait.
Elle devait réussir à aller le plus vite possible pour la tête. Tout le temps qu'elle était maintenue à son tronc il pouvait crier.
Elle avait presque réussit à tuer Aldarick et déjà elle sentait la victoire proche.
_ C'est la fin mon cher fit Rose avec sa voix de tueuse.
Et en tenant toujours le coussin aussi fort qu'elle le pouvait elle enroula ses bras autour de sa tête. On aurait dit une bête qui se débâtait pour tuer son bourreau. Mais Rose était plus forte. Et elle lui arracha la tête en la secouant de gauche à droite. Elle voulait qu'il souffre comme Paul avait pu souffrir. Elle voulait le voir à l'agonie, qu'il puisse voir devant ses yeux toutes les horreurs qu'il avait pu accomplir dans sa deuxième existence.
Après ceci plus rien ne serait comme avant. Bon nombre avait essayé de le tuer et tous avaient échoués et périt. Rose y était presque et rageusement, elle lui déchiqueta la tête.
C'était finit et elle était en trance. C'était le deuxième vampire qu'elle tuait et c'était assez déroutant.
Il ne fallait pas perdre de temps. Elle se rhabilla aussi vite qu'elle le put et rassembla les morceaux de dépouille qu'elle jeta au feu, dans la cheminée au fond de la chambre. Elle garda juste la tête en signe de victoire qu'elle mit dans un sac et qu'elle garda sur son épaule.
Il y avait de l'agitation en bas. Et c'était peu dire. Ce fut une véritable guérilla qui se déroula devant ses yeux. Les gardes avaient sonné l'alarme. Les Volturis n'allaient pas tarder. Il fallait partir et vite. Mais toutes les issues étaient bloquées. Ils n'auraient peut –être pas du intervenir maintenant. Rose vit Maria de loin tenter de se battre contre un géant. Elle ne pouvait laisser son amie ainsi. Déposant dans un coin la tête du vampire, elle courut aussi vite qu'elle le put et sauta sur l'armoire à glace. A deux elles réussirent tant bien que mal à le maitriser et le tuer.
Jamais Rose n'aurait pensé faire ça un jour. C'était incroyable. Et tout le monde qui courait dans tous les sens, tout ça stressait. Elle se fit bousculer de gauche à droite, elle perdit pied.
_ Rose ! Par là lui dit son amie en la tirant par le bras.
_ Attends ! Lui cria Rose
Elle devait récupérer sa preuve ! Elle courut aussi vite qu'elle le put au milieu de cette assemblée assourdissante et vit son sac jonchant le sol au loin manquant à chaque instant de se faire piétiner. Elle y était presque ! Mais lorsque son bras se tendit pour attraper l'objet, elle se fit violemment éjectée. Rose hoqueta sous la violence du choque et fracassa un double vitrage. Ses yeux s'ouvrirent au maximum, ils étaient exorbités. Doucement elle se releva et poussa un cri perçant. Plusieurs morceaux de vitre étaient méchamment plantés dans son dos et elle ne pouvait les attraper. La moelle osseuse devait être touchée. Rose sentit son sang couler doucement et elle eut un frisson qui lui déchira l'échine, ça piquait.
_ Les Volturis ! cria quelqu'un en panique.
Et Rose se dit que sa fin approchait et qu'elle était imminente. Elle resta immobile autour de tous ces gens qui couraient et hurlaient à la mort. Ce fut comme un film au ralentit. Rose vit sa vie déferler devant elle. Sa naissance sur terre, ses frères et sœurs jouant au lac avec elle, sa première poupée, son travail sur les terres du seigneur et ce plus de 15 heures par jours, la maladie de sa mère, la mort de son père ivrogne préférant se souler que de supporter une femme malade, la mort de sa mère lui laissant en charge tous ces frères et sœurs, son chagrin inconsolable. La jaunisse, la peste, et autres maladies mortelles qui emportèrent un à un ses frères et sœurs, ses pleurs et encore ses pleurs. Sa descente aux enfers. La main tendue de Ian qui lui souriait gentiment. Sa renaissance, son premier baiser avec Ian, sa vie de riche noble, la première fois qu'elle avait fait l'amour, son premier meurtre envers un humain, ses premiers bals, sa vie paisible et répétitive, ses fous rire avec Maria et Alice, son accrochage avec Jane, La découverte de son don, l'annonce de la guerre, son départ de Florence, sa première rencontre avec Paul, leur première joute verbale, leur premier combat, lorsqu'il la embrassé… Rose était en état de choque total.
_ Rose ! Rose je t'en prie lui hurlait Maria en essayant de la tirer comme auparavant.
Elle tirait sur sa robe de plus en plus fort et un pant craqua sous le choque. Maria était terrifiée ! Pour elle aussi c'était nouveau tout ça. Personne n'osait se frotter contre les Volturis. Tout le monde le savait qu'Aldarick était comme un partisan non pratiquant. Ils avaient peut –être fait une erreur. Même s'ils étaient venus nombreux soutenir la cause de Roseria et qu'ils savaient qu'ils n'en ressortiraient pas tous, aucun de voulait mourir.
_ Rose ! Oh mon Dieu, Rose !
Elle ne bougeait toujours pas. Maria ne voulait pas abandonner son amie, pas après tout ce qu'elle avait fait. Elle devait réussir !
_ Pour ton loup, Rose, pense à lui !
Le loup, Paul, la cause de toute cette catastrophe. Les débris volaient en éclat autour d'elles, certains les percutèrent mais elles s'en fichaient ! Rose sembla sortir de sa léthargie et jeta des yeux inquiets à son amie.
_ Qu'est-ce que j'ai fait … souffla Rose au bord du précipice.
_ Pas le temps de t'en formaliser ma belle lui dit Maria ne voulant plus perdre une seconde.
Les Volturis étaient déjà là et bien sûr en premier plan on pouvait apercevoir la belle et dangereuse Jane. Ce que Rose pouvait la détester. Elle avait un sourire carnassier signe qu'elle allait aimer ce qui allait se passer.
_ Mon sac ! S'exclama Rose
_ Je l'ai ! Viens !
Rose suivit son amie en toute hâte, il était de plus en plus difficile de passer. Elles atteignirent l'escalier qui était encore à peu près intacte. Rose glissa à cause de ses talons aiguille et se frappa violemment le menton sur le marbre. Elle souffla et se releva aussi vite qu'elle le put, son dos la torturait. Elle avait peur. Pour la première fois de sa vie, elle eut peur et se rendit compte qu'elle pouvait très bien mourir comme un humain.
_ Je ne veux pas mourir dit – elle tout bas
_ Quoi ? Lui cria Maria toujours en l'aidant du mieux qu'elle le pouvait.
_ Je ne veux pas mourir hurla t- elle
Elle se fit soudain attraper par le pied et rechuta. Derechef et vivement elle se retourna sur celui qui avait osé. Félix l'attendait en bas de l'escalier. Rose lui feula dessus aussi fort qu'elle le put. Ses canines étaient longues et fines. Elle voulait faire un meurtre.
_ Ma très chère Roseria, quel plaisir de te revoir parmi nous. Tes vacances se sont –elles bien passées ?
Mais elle n'eut pas le temps de répondre qu'elle entendit un cri monstrueux lui déchirer les tympans. Maria s'affaissait au sol anéantie. Fabriccio, un de leurs alliés venait de recevoir un coup fatal. Démétri semblait fier de lui et arracha vulgairement le cœur du pauvre vampire avant de le démembrer toujours sous les yeux de maria qui pleurait de rage. Elle voulut y aller mais Rose l'en empêcha en la rattrapant.
_ On ne peut plus rien pour lui Maria lui dit Rose sombrement.
_ Certes répliqua Félix mais ne vous inquiétez pas, vous allez bientôt le rejoindre !
_ Non Aro veut celle-ci déclara froidement Jane en arrivant, se plaçant à côté du bourreau et en pointant Rose du menton.
Rose était toujours devant Maria tentant de l'empêcher de faire une bêtise. Félix baissa la tête en signe de soumission.
_ Enfin on se retrouve toi et moi, et pour une fois tu ne fais pas la fière !
_ Jamais Aro ne m'aura presta Rose résignée.
_ Il ne te demande pas ton avis fit Jane agacée.
_ Laissez là ! S'interposa encore une fois Maria
Rose leva les yeux au ciel et se retourna imperceptiblement.
_ Chut, Maria écoute court ! Va t- en ! Ramène mon sac aux Cullen, je t'en supplie ne fais pas de folies ! Je te rejoindrai … fit Rose en grimaçant.
_ Tu n'y arriveras jamais Rose, non je reste avec toi ! Tu es blessée !
_ Ce n'est rien dit Rose la voix tremblante.
Des goûtes de sueur commençaient à perler sur son front. Maria abdiqua à contrecœur et partit à toute vitesse à l'étage sous les yeux indifférents des Volturis. Ils s'en fichaient bien d'elle, elle n'était pas si importante.
_ C'est à cause de toi si je ne suis plus avec Adriano le sais-tu petite sotte ? Lui fit Jane en se rapprochant dangereusement.
Rose ne savait pas de quoi elle parlait.
_ Son adoration pour son frère a toujours été plus forte que tout et tu sais ce qui compte le plus pour son abruti de frère ? Lui fit Jane doucereuse
_ Moi ? Tenta Rose presque sûre d'elle.
_ Exactement, Adriano ne cesse jamais d'avoir les yeux posés sur toi car il ne veut pas que son frère souffre…
Rose baissa les yeux.
_ Mais c'est déjà arrivé n'est-ce pas ? Railla Jane
Elle rit et Rose la fusilla du regard. Ca ne la regardait pas !
_ Ou tout simplement, Adriano ne te supportait plus déclara Rose d'une voix qu'elle espérait forte.
Jane grimaça tellement que l'on pu croire que sa mâchoire allait se déboitait. Il était évident qu'après cette petite « discussion » Jane ne se soit un peu trop dévoilée. Elle aimait Adriano encore à l'heure actuelle même avec son amour passionnel pour son frère. Alec n'arrivait donc pas à combler tous ces vides en elle ?
_ Souffre déclara seulement Jane en la tuant du regard.
Rose se cambra brusquement et hurla de douleur sous le coup. Tout son corps se plia et c'est comme si elle fut secouée par un long et douloureux spasme. Cette douleur était comme si on lui arrachait les membres un à un. Que l'on l'entaillait doucement de haut en bas. Que l'on arrachait son cœur. Rose en avait marre de souffrir. Elle voulait en finir. Elle tremblait, de rage, de fatigue, d'énervement. Jane quant à elle prenait un certain plaisir à torturer sa victime, elle adorait ça...
Elle arrêta le processus et Rose pu enfin se remettre normalement mais Jane recommença de plus belle et Rose recommença à hurler. Son cri était effrayant. Elle ne se rappelait pas avoir autant souffert un jour. C'était tellement affreux.
_ Arrête …
_ Quoi ? Je n'ai pas entendu ? Lui fit Jane en souriant de plaisir.
Elle se délectait de la scène.
_ Laisse –moi ! Cria t- elle avec le peu de force qui lui restait.
_ Personne ne peut t'entendre, et tient d'ailleurs où es ton sauveur, le noble et précieux Ian ?
Jane n'était pas décidée à lui accorder cet honneur. Elle s'amusait comme une petite fille avec sa nouvelle poupée. Elle arrêta et recommença pendant encore un certes temps qui sembla durer une éternité pour Rose.
Elle allait bientôt craquer. Ses yeux se fermaient doucement. Mais l'image de Paul lui apparut brusquement en tête. Son sourire, il lui souriait. Ian était à côté de lui et lui tendait les bras. Rose voulait tellement les rejoindre. Elle aurait tout donné pour s'éclipser.
Une haine monta en Rose, tellement vite qu'elle explosa sans que Jane ne puisse prédire le coup. Rose sauta sur ses pieds d'un bon et d'un geste canalisa toute l'énergie qui était encore en elle et se concentra sur son don. Ca faisait un moment qu'elle ne l'avait pas utilisé, les occasions manquaient ces temps-ci.
_ Toi souffre ! Lui hurla Rose du haut de l'escalier avant de tout repousser loin d'elle.
C'est comme si elle senti toute énergie sortir de son corps et que ses batteries se vidaient. C'était une sensation vraiment étrange. Elle eut un sursaut et releva la tête. Tout avait volé en éclat dans la maison. Elle avait réussit à tout repousser. Jane et les autres étaient tous à présent par terre. Elle sourit fière de son œuvre. Elle devait faire vite à présent. Elle était bien blessée mais devait sortir d'ici au plus vite. Elle se retourna et s'accrocha solidement au peu de rambarde qui restait. Elle grimaça sous chaque pas. Jane l'avait presque tuée. Elle monta les marches une par une et courut comme elle put dans une des pièces qu'elle ferma à clé. Cela ne servait à rien mais c'était mieux que rien. Elle s'adossa à la porte. Le verre était toujours solidement planté dans son dos. Elle retenta encore une fois de les enlever mais ne put s'y résoudre. Elle feula de colère. Elle se remit en marche.
Ils arrivaient. Cet intense sentiment de peur s'empara de nouveau d'elle. Sur le rebord de fenêtre haut de 30 mètres de haut, elle ne sut si elle allait y arriver.
_ Rose, t'es un vampire ! Tu peux le faire s'encouragea t –elle.
Et après un dernier regard en arrière elle sauta les étages. Elle atterrit lourdement sur le toit d'une des calèches qui s'effondra en milliers de morceaux. Rose avait raté son coup mais au moins elle était dehors. Les chevaux s'excitèrent de panique et commencèrent à remuer en tout sens. Eux aussi avaient peur. Rose se releva dans les débris. Elle était encore plus amochée qu'avant et pesta sauvagement. Elle détestait le bois !
Brusquement elle entendit des crissements de pneus. Elle releva la tête et vit se diriger droit vers elle un magnifique coupé sport noir. Les phares l'éblouirent et elle mit un bras devant ses yeux pour se protéger.
_ Rose monte ! Lui hurla une voix familière.
Elle ne réfléchit plus et rapidement monta en voiture. Piège ou pas elle voulait s'en aller d'ici au plus vite ! Sur le siège enfin assise, elle souffla bruyamment alors que déjà le véhicule repartait en arrière à vive allure. Son conducteur ne perdait pas de temps et maitrisait parfaitement la conduite de cet engin. Rose se sentit pour la première fois depuis de longs jours en sécurité et ferma les yeux de bien-être. Cette histoire était derrière elle, pour l'instant du moins.
Chapitre XVI
Quelques heures plus tôt dans la magnifique villa des Cullen. Chacun vaquait à ses occupations lorsque de l'étage on entendit un énorme bruit sourd.
Nombreux furent ceux qui se précipitèrent que ce soit des loups ou des vampires. Alice venait d'avoir une vision. Tous attendaient cette vision avec impatience. L'alerte avait été donnée. Tous étaient sur le qui-vive. Ian fut celui qui arriva en premier aux côtés d'Alice déjà escortée par Jasper et Edward.
Alice lisait tranquillement lorsqu'elle vit l'impossible. Elle ne pouvait croire ceci, Rose avait vraiment perdue la tête cette fois-ci.
_ Alice ! Dis- nous je t'en pris qu'as –tu vu ? S'écriait Ian
Il la secouait comme un prunier. Ses nerfs depuis plusieurs jours étaient mis à rude épreuve et il perdait tout self-control. Jasper lui mis une main sur son épaule pour lui intimer de se calmer.
_ Elle… elle se bat… à mort finit par dire Alice tétanisée d'effroi
_ Quoi ? S'étrangla Ian
Tous étaient stupéfaits mais où pouvait –elle bien être bon sang ? Même Jacob semblait consterné. Bella lui dit d'emmener Renesmée dehors, elle ne voulait pas que sa fille assiste à ça. Il partit sans rechigner, Seth lui raconterait la suite.
Alice continua de parler les yeux dans le vague.
_ Elle est en Italie, je vois les Volturis, partout, du sang, des morts…
Ian crut qu'il allait s'évanouir.
_ Mais qu'est-ce qu'elle fait en Italie bordel ! Explosa Adriano à la place de son frère
_ On ne peut pas la laisser renchérit Emmet
_ C'est trop tard dit Alice d'une voix rauque après que son regard ait dévié sur l'énorme horloge, ça commence.
Ian s'épongea le front.
_ Je dois y aller dit Ian en chevrotant. Mon aimée seule là-bas je ne peux concevoir une telle chose !
_ Non ! Lança Adriano catégorique, tu arriverais trop tard
Ian fusilla son frère du regard. Etait –il en train d'insinuer qu'il devait laisser Rose ?
_ Tu veux que je la laisse mourir ? Fit Ian d'une voix doucereuse
_ Alice ne la pas vu mourir mon frère, calme –toi. Et puis on ne sait même pas où elle est en Italie.
_ S'il y avait les Volturis elle devait surement être à Voltera !
_ Non je ne pense pas qu'elle soit aussi sotte pour aller se jeter dans la gueule du loup et puis quelles motivations l'aurait poussée à aller là-bas ?
Alice se mordit les lèvres. Cette fois-ci elle se tairait. Si elle révélait les motivations de Rose à supposer que c'était vraiment ça… Paul aurait du fil à retordre avec les deux italiens qui se ferait un malin plaisir de venir le voir une deuxième fois.
Et Paul ne savait rien, quoique…
_ Je suis désolée, je ne sais rien de plus avoua Alice en baissant la tête.
Ian se releva et fit les cents pas.
_ Comment pouvons- nous savoir dès qu'un vampire entre sur le territoire ? Demanda Adriano aux autres
C'est Seth qui répondit avec un petit sourire.
_ Nous les loups le savons. C'est notre instinct. Je vais aller prévenir les autres. Comme ça dès qu'un vampire rentrera sur le territoire nous serons tous prêts ! Déclara t- il joyeusement.
_ A supposer qu'elle rentre déclara Adriano.
Brusquement il se fit plaquer violemment par son frère. Ian était menaçant à souhait. Ses yeux lançaient des éclairs, un seul regard et il aurait pu le tuer.
_ Mon frère, tu es bien pessimiste aujourd'hui.
Seth s'éclipsa alors laissant les vampires régler leurs problèmes. Il devait d'abord tout raconter à Jacob et c'est ce qu'il fit dès qu'il fut dehors. Jack approuva et demanda aux plus jeunes d'être sur leur garde. Les Volturis ne seraient peut –être pas loin. Et comme il fallait s'en douter, Jack envoya Seth voir « l'autre meute » pour leur annoncer la nouvelle.
Le jeune loup se transforma dans un nuage de poussière et partit aussi vite qu'il le put à travers les hautes herbes de la forêt. Il n'avait qu'un seul but en tête, trouver Paul. Comment réagirait –il en sachant qu'elle était partie et qu'au moment même où ils parleraient, elle serait en plein combat à mort. Paul était excessif dans toutes ses réactions, on ne savait jamais vraiment ce qu'il pensait. Mais Seth connaissait bien son frère et il savait que Paul serait une vraie furie.
Lorsqu'il déboucha sur le territoire Quileute, il eut une certaine appréhension. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas vu les autres et surtout Sam. Cet endroit dans lequel il avait grandit lui sembla beaucoup moins familier qu'avant, il s'y sentait mal à l'aise et cela le peina.
Emily était dehors, elle étendait le linge. Plus loin on pouvait voir Sam qui coupait du bois. Lorsqu'il vit Seth s'approchait doucement il ne dit rien et le fixa doucement.
Le jeune garçon se retransforma et enfila un short avant de courir vers son ancien Alpha. Seth était comme gêné, il l'avait lâchement abandonné des jours auparavant.
_ Seth ? Que ce passe t-il ?
Il n'y avait aucune once de colère dans sa voix et cela rassura le garçon. Il avait tellement envie de le serrer dans ses bras.
_ Sam j'ai une requête à te demander de la part des Cullen.
L'autre sembla se rembrunir. Ainsi il n'était pas venu comme ça juste pour pardonner sa fuite chez les Cullen. Sa venue était intéressée.
_ Je parie que Jacob t'a envoyé …
Ce n'était pas tout à fait vrai.
_ Je me suis proposé, j'avais envie de te revoir Sam avoua le garçon en baissant la tête.
Quelques secondes passèrent ainsi sans qu'aucun des deux ne prennent la parole. Puis Sam s'avança et prit chaleureusement le garçon dans ses bras. Ils en avaient besoin tous les deux.
_ Seth tu nous manque énormément tout comme les autres…
_ Je sais répondit Seth mal-à-l'aise.
_ Bon quelle est la requête cette fois ? Dit Sam pour changer de sujet.
Les sentiments et tous ces trucs de filles n'étaient pas vraiment leur tasse de thé.
_ Rose, est partie il y a une semaine. Nous devons surveiller toutes les allées et venues des vampires dans le secteur mais les alerter en cas de son retour.
_ Il se passe quoi avec elle ? Demanda Sam un peu trop fort.
Seth fut surprit d'une telle question mais ne lui répondit pas.
_ Demande à Paul fit le jeune homme avant de repartir en sens inverse.
Ledit Paul devait être sur la plage, il y passait ses journées depuis quelque temps, avec cette fille qui le suivait comme son ombre. Seth n'aimait pas ça, car il était convaincu que Rose et lui devait être ensemble et l'autre n'était qu'un frein à tout ça. Lorsqu'il déboula sur la plage il vit le spectacle auquel il s'attendait. April était encore là ne cessant de regarder Paul. Lui, semblait encore plus absent que d'habitude.
Seth s'approcha doucement du « couple » et attendit que Paul le remarque. Il se releva d'un coup lorsqu'il le vit faisant sursauter son « amie » et Seth lui fit un signe de tête lui intimant de le suivre dans la forêt. Paul ne protesta pas, Seth devait avoir quelque chose d'urgent à lui dire et lorsqu'ils furent assez loin, il alla droit au but.
_ J'ai de mauvaises nouvelles à t'apprendre Paul...
Paul ne disait toujours rien.
_ Rose est partie il y a plus d'une semaine en Italie, Alice vient d'avoir une vision. Nous ne savons pas où elle est.
_ Je sais déclara juste Paul d'une voix morte.
Stupéfait, Seth ouvrit grand les yeux.
_ Tu sais ? Comment est-ce que c'est possible ?
Paul sortit un petit morceau de papier froissé et le tendit à son frère. Seth le lut d'une traite, il y avait du bon et du pas bon là-dedans.
_ Au moins elle t'aime, c'est pas comme si elle jouait avec toi.
_ Elle a joué avec moi, maintenant c'est différent. Je t'écoute, qu'est-ce que tu sais que je ne sais pas ? Demanda Paul curieux
_ Au moment où nous parlons elle se bat à mort, les Volturis sont intervenus. Nous ne savons pas si elle va en réchapper.
C'est comme si le monde autour de Paul s'effondrait tout entier. Son cœur fit une chute de 20 étages et se fracassa en mille morceaux à l'arrivée.
_ T'es pas sérieux…
_ C'est tout ce que tu trouves à dire ? T'es là à rien foutre en train de siroter un cocktail pendant que la femme que t'aime se fait massacrer par des vampires tout ça parce qu'elle veut te protéger ! T'a perdu la tête ma parole ? Même Ian avait envie de tout défoncer tout à l'heure !
A l'évocation du fiancé de Rose, Paul commença à trembler de rage.
_ Tu ne peux savoir l'état dans lequel je suis depuis hier Seth ! Je ne rêve et ne pense qu'à une chose ! La retrouver mais je ne sais pas où elle est. Je suis pas fou ! Comme elle l'a écrit, moi tout seul dans un repère de vampire je ne passerais pas une nuit… dit Paul les mâchoires crispées. Même si je voulais la sauver à supposer que j'arrive à temps, y arriverais-je hein ? Je suis peut- être un loup mais je ne suis pas un surhomme !
_ Personne ne sait où elle est. Tout le monde pensait qu'elle était à Voltera mais non ça aurait été suicidaire surtout qu'Aro convoite son pouvoir depuis très longtemps exposa Seth sérieux.
Il y eu un silence de mort.
_ J'ai été voir Sam, les loups vont surveiller le périmètre plus que d'habitude. On la reverra Paul j'en suis sûr !
_ Moi pas…
Ils se turent durant quelques secondes.
_ Elle t'aime gros bourreau des cœurs ! Même les vampires t'arrive à les choper t'es vraiment pas croyable dit Seth pour le taquiner et lui changer les idées.
_ Oui enfin elle croit m'aimer pourtant elle dit clair et net qu'on peut pas être ensemble… Si elle m'aimait vraiment elle laisserait tout tomber dit Paul amèrement.
_ C'est pas simple pour elle, ça fait 5 siècles qu'elle vit dans la richesse et le luxe, laisse lui le temps…
_ Alors c'était ça fit une voix fluette tapis dans l'ombre.
Paul se retourna et fronça les sourcils, il n'aimait pas que l'on épie ses conversations, surtout lorsqu'elles concernaient Rose.
_ La fille qui t'a brisé le cœur c'est Roseria De Lante Rodriguez ?
_ Tu la connais ? Fit Seth surpris.
_ Elle est mondialement connu dans le monde de la nuit. T'a jamais lu les carnages qu'elle a fait au cours de ces siècles, une vraie dingue malgré le fait que son fiancé la maintenait en laisse.
Paul fit non de la tête. Il ne la croyait pas ou plutôt ne voulait pas la croire. Il est vrai que lorsqu'ils se sont rencontrés elle aimait hardiment le sang humain mais jamais elle n'avait fait de folies.
_ Crois- moi c'est une dingo de sang humain. Ce vampire est fou ! Il existe des livres entiers sur ses meurtres. Mes ancêtres, nos ancêtres on longtemps essayés de la tuer…
Paul recommença à trembler. Le simple le fait que quelqu'un veuille la tuer lui était devenu insupportable et il ne pouvait s'empêcher de montrer les crocs dès que l'on évoquait la destruction de Rose.
_ C'est pour ça que t'es là ? Lui demanda soudain Paul en plissant les yeux.
_ Pardon ?
Seth assistait à la scène avec un petit sourire victorieux.
_ Etrange n'est-ce pas que l'on n'ait jamais entendu parler de toi avant. Et comme par hasard Rose s'en va et toi tu viens…
_ Pure coïncidence répliqua la jeune fille sans se démonter.
_ Tu crois ? Fit Paul suspicieux
_ Tu deviens parano Paul et c'est très vexant. J'ai toujours été sincère moi avec toi.
_ Tu insinues que je ne le suis pas ?
La colère commençait à monter étrangement en lui.
_ Pas avec toi, tu n'es pas honnête avec toi-même et c'est bien dommage, tu passes à côté de pleins de choses. Crois- moi tu t'attaches pas au bon vampire, pas à la bonne personne. L'amour qu'elle porte à son amant est incommensurable. Personne ne peut casser ça… C'est écrit !
_ Sauf l'imprégnation s'écria Seth qui trop longtemps s'était tus.
April sembla se liquéfier sur place.
_ T'es imprégné d'une sangsue ?
_ Ne la nomme pas comme ça ! Dit Paul d'une voix étrangement menaçante.
Paul était tendu. April baissa la tête.
_ Bien, salut fit – elle avant de partir.
_ Wouh comment tu l'as envoyé promener ! S'exclama Seth avant de s'avancer vers son ami et de lui tapoter gentiment l'épaule.
_ Laisse, je vais, j'ai envie d'être seul Seth, excuse – moi…
_ Je comprends, je rentre, je t'informe si y'a du nouveau !
Paul resta là, sans parler à prier le ciel que Rose lui revienne vivante s'il pouvait se permettre de le dire. Les paroles d'April lui restèrent dans la tête, des livres parlant de Rose ? Il n'y avait jamais pensé. Il s'en voulait un peu pour April, tout ce qu'elle voulait, c'était le protéger… Un loup entiché d'un vampire n'était pas commun. C'était normal qu'elle ne le conçoive pas, lui même avait eu du mal…
Paul se transforma. Une seule larme s'échappa malgré lui, il aurait tellement voulu que tout ça soit fini. Il étouffait. Il courut encore et encore à perdre haleine. Enfin il atteint le sommet de la montagne la plus haute de toute la région. A quatre pattes sur le haut de la falaise sa tête vers le ciel, il hurla tout le chagrin qui depuis trop longtemps l'animait.
_ Rose je te promets que nous arriverons bientôt. Laisse- moi faire je t'en prie.
_ Non dit Rose faiblement, il n'y a que le Docteur qui peut.
_ Mais ils s'enfoncent toujours plus dans ton corps Rose, dans ton cœur bientôt…
_ J'ai plus de cœur, et ça fait bien longtemps répondit Rose avant de refermer les yeux.
Maria ne savait plus quoi faire. Son amie refusait délibérément toute aide. Elle voyageait déjà depuis deux jours, l'état critique de Rose n'était pas pratique, Maria espérait que son amie réussisse à tenir tout le voyage. Rose n'avait pas quitté son sac. Elle le tenait fermement contre elle. Assises à terre dans la soute du bateau elles n'avaient pu faire autrement. Elles n'avaient pas prévu de partir si vite. Rose n'avait pas d'argent sur elle. Et puis avec leurs robes en lambeaux, pendantes et déchirées, sale, leur corps recouverts de marques, surtout Rose avec ses bouts de verres dans le dos, sa morsure et coups et griffures elles ne passaient pas inaperçues. Maria avait posé la tête de Rose sur ses genoux et lui caressait les cheveux tout en lui chantant une berceuse d'époque.
_ Je me souviens cette chanson fit Rose doucement, ma maman me la chantait toujours avant que je ne m'endorme.
_ Rose tient bon fit son amie en la serrant plus contre elle.
Elle avait si peur.
_ J'ai bien vécu Maria, ne t'en fait pas.
_ Tu n'as pas le droit d'abandonner maintenant !
_ Qu'est-ce qu'il se passera après Maria, ma vie est un enfer murmura Rose.
Elle ressemblait tellement à ce moment là à la petite fille qu'elle paraissait être. Alors Maria continua de lui caresser les cheveux et de chantonner lentement tout le reste du temps.
Le voyage s'acheva. Le bateau arrivait dans le port. Il fallait qu'elles regagnent la voiture. Maria fut obligée de porter son amie. Ses forces s'amoindrissaient. Son don était puissant et le tout accumulé l'avait considérablement affaiblie. Rose se sentait partir.
Seattle. Elles y étaient presque. Maria ne tint pas compte des différents feux ou même des radars autoroutiers ni des lignes blanches interdisant de doubler. Tout ce qui lui importait était de ramener Rose à temps chez les Cullen. Elles avaient finalement réussis leur mission « suicide » elle savait que Rose était très fière. Cependant Maria n'avait cessé de songer à leurs pauvres amis qui y avaient laissé leur peau. Elle n'avait pas tout vu, peut- être certains s'en étaient sortis. Elle l'espérait du moins.
Elle conduisait déjà depuis longtemps lorsqu'enfin elle vit le panneau Forks indiquer qu'elles n'étaient qu'à quelques kilomètres. Maria pianotait impatiemment sur le volant. A plus de 200 kilomètres à l'heure elle ressentait pourtant comme une extrême lenteur. Elle soupira. Puis enfin elle arriva et son cœur se soulagea. Elle regarda sur le côté, Rose avait les yeux fermés et les lèvres entrouvertes. Elles devenaient bleues. Maria déglutit difficilement et appuya de plus belle sur l'accélérateur.
Partout les loups étaient postés. A chaque coin. Soudain un jeune huma l'air et retroussa ses babines. Il aboya et ainsi de suite. Tous se communiquèrent l'arrivée imminente de vampires.
Et chez Cullen on l'avait senti aussi, une voiture roulant beaucoup trop vite pour qu'un humain ne la conduise. C'était forcément en rapport.
_ Seth me dit que l'arrivée de deux vampires est imminente traduit Edward.
Ian se releva derechef et attendit les ordres de son ami.
_ Ian, Edward, Emmet et les loups dehors, tous avec moi déclara Carlisle avant de prendre une mallette.
Seth fit un signe aux autres loups. Tous suivirent le Docteur. Il fallait les intercepter. Ian pria pour que ce soit sa Rose qui arrive en parfaite santé. Les autres loups quant à eux ne bougèrent pas, ils attendaient tous les ordres de leur Alpha qui ne tardèrent pas à venir.
*Allez-y et si ce n'est pas leur vampire tuez- les !*
Des quatre coins de la Push les loups appliquèrent les ordres et se rapprochèrent de la voiture. Paul était le plus pressé, il voulait savoir. Quelque chose lui disait que c'était elle mais il voulait le voir de ses propres yeux. Il était dans un tel état d'excitation qu'il arriva le premier sur la route. Il s'arrêta. La voiture qui arrivait à pleine balle du se forcer à s'arrêter. Maria eut la peur de sa vie, elle appuya tellement fort sur la pédale de frein que celle-ci faillit se tordre. Paul, loup de la taille d'un ours se retrouvait face à une magnifique voiture coupé sport. Il huma l'air. Rose était là, mais ce n'était pas elle qui conduisait. Maria sortit de la voiture, il ne lui faisait pas peur. Après ce qu'elles avaient enduré, plus rien ne lui faisait peur. Maria se rapprocha encore plus de lui et Paul se demanda ce qu'elle lui voulait. Elle le fixait intensément.
_ Pau…Paul ? Tenta t –elle finalement
Mais les autres arrivèrent à ce moment là. Comment savait- elle son nom ? Qui était –elle ? Le Docteur lui aussi arriva au même moment avec forcément, l'autre richou.
_ C'est du bon boulot Paul fit le Docteur gentiment en lui tapotant le poil.
Paul lui fit un signe de tête. Ian passa devant lui et lui fit un regard noir auquel personne n'aurait osé se frotter.
_ Rose ! Mon amour ! S'écria t- il alors
Le cœur de Paul fit un bon dans sa poitrine. La jalousie prit possession de son cœur et intérieurement il voulu tout fracasser.
_ Elle est très faible Ian lui dit Maria
_ Dans quel état êtes- vous ! Qu'avez –vous fait ? S'écria presque Ian
_ Il faut la poser dit Carlisle soucieux de son état.
Emmet s'en chargea, délicatement il prit Rose dans ses bras et la sortit de voiture pour enfin la déposer à terre. Là Paul vit l'horreur sous ses yeux. Jamais il n'aurait crut voir Rose dans cet état. Elle semblait si fragile. On ne comptait même plus le nombre de blessures qui parsemaient son corps. C'était terrifiant. Elle ne tiendrait pas encore longtemps.
*Il lui faut du sang ! déclara Paul*
_ Paul dit qu'il lui faut du sang, je crois qu'il n'a pas tord traduisit Edward les sourcils froncés.
_ Et puis quoi encore fit Ian avec dédain, le sien peut- être ?
_ Il n'y a que celui des Quileute qui peut la sauver Ian, dit gentiment Carlisle. Ne crois- tu pas ?
_ Certes… abdiqua Ian sous les sages paroles de son ami.
Et Paul sans demander son reste se retransforma. Il était nu mais s'en contrefichait. Ian était offusqué. C'était réellement écœurant tout ça. Paul s'accroupit soudain au-dessus du visage de Rose et la contempla quelques secondes. Qu'est-ce qu'il donnerait cher pour revoir un de ses sourires. Alors avec ses dents il s'entailla la main et porta le tout aux lèvres de la jeune vampire. Pour l'instant elle ne répondait plus de rien. Puis tout doucement, les goutes s'insinuèrent dans sa gorge petit à petit et puis elle commença à boire, à pomper, et brusquement ses canines s'accrochèrent à la blessure. Paul regardait la scène avec une certaine animosité. C'était bien la première fois qu'il faisait ça. Et puis…
_ I…I…Ian murmura t- elle ensuite en relâchant la pression sur la main de Paul.
Paul ouvrit grand les yeux. Il ne s'attendait surement pas à ça.
_ Ian… recommença t- elle les yeux fermés.
Le dit Ian fit un sourire de vainqueur au pauvre Paul et vint s'agenouiller tout près de sa dulcinée après avoir poussé un peu trop fort le loup. Paul secoua sa main endolorit et se releva mort de honte. Dans un bruit d'éclair il se retransforma alors anéantit et persuadé qu'il s'était trompé sur le compte de Rose. C'était évident.
_ Mon aimée je suis là lui dit Ian en lui prenant une main. Tu ne risques plus rien je te le promets fit –il avant de lui baiser la main.
0Chapitre XVII
Elle se foutait vraiment de lui ! C'était pas possible autrement ! Ou alors elle jouait encore le jeu de l'ignorance ! Paul en avait vraiment marre de tout ça ! Qu'est-ce qu'il pouvait la détester, sa haine enfouie profondément resurgit brutalement. Il avait accepté de lui donner son sang, pendant quelques secondes il avait réussit à mettre son aversion de côté, mais elle avait encore tout gâché.
Il fallait qu'il se calme. Il avait tout arrêté pour elle. Sa méchanceté gratuite envers ses semblables, ses insultes envers elle, sa haine, il avait donné son sang et arrêté le sexe aussi. Il avait eut tant envie de fondre en elle en lui faisant l'amour. Il se répugnait de nouveau. Sa peau l'attirait inlassablement, il voulait la toucher, la caresser et l'embrasser ... Il secoua de la tête comme pour chasser ses pensées et rentra chez lui.
Il avait tellement changé pour elle, il était un coureur de jupons, il n'aurait surement aucun mal à retrouver une copine dans les vingt-quatre heures mais est-ce qu'il en avait envie au moins ? Bien sûr que non mais il savait que s'il retrouvait quelqu'un elle serait morte de jalousie et il aimait cette idée. Il n'en était pas certain mais à de nombreuses reprises elle le lui avait prouvé. Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres, il se les humidifia en passant sa langue dessus et réfléchit intensément. Il ne voulait pas se servir d'elle mais quelle meilleure revanche que de l'effectuer avec une "amie". Demain il irait s'excuser auprès d'April et entamerait son plan diabolique.
_ Ah ... j'ai mal !
_ Mon aimée, je t'en prie essaie de ne pas trop bouger. Lui dit Ian en murmurant
_ Où suis-je ?
Elle tenta d'ouvrir les yeux mais la lumière du jour l'aveuglait. Elle les plissa en grimaçant et put apercevoir son amant qui lui souriait tendrement. Rose voulut lui rendre son sourire mais il ressembla plus à une grimace. Ian rit de bon cœur, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas rit. Il était tellement heureux que Rose soit vivante. Il avait bien faillit tout défoncer lorsqu'il avait vu qu'elle avait été mordue par un autre vampire mais Carlisle l'avait rassuré en lui expliquant que ça devait être durant son combat. Tous attendaient son récit et le pourquoi elle était partie. Maria avait ramassé et mis le sac en sécurité. Personne à part elle ne savait où il se trouvait et c'était mieux ainsi. Seul son loup devait voir ce qu'il y avait dedans.
_ Dans notre chambre, chez Carlisle.
Elle répondit plus par un grognement qu'une affirmation.
_ Je suis là depuis combien de jours ?
Elle posa un bras sur sa tête, on aurait dit qu'un orchestre bruyant s'y été logé. Elle tourna ensuite la tête vers la fenêtre, il pleuvait et c'était déprimant. Ian lui prit une main et y déposa un petit baiser.
_ Mon amour, cesse tes questions, elles ne font que te tourmenter.
_ Ian... le supplia t- elle
Il ne pouvait jamais résister à cette voix là suppliant son nom aussi passionnément.
_ Une semaine. Carlisle devait extraire le venin du vampire qui t'a mordu, ça à prit pas mal de temps car il était déjà bien mélangé dans tes veines.
Rose tressaillit et tenta de se lever.
_ Ne bouge pas je t'en pris… Tu es très faible Rose lui dit –il
_ J'ai quelque chose à t'avouer Ian déclara t- elle brusquement.
Elle mourait d'envie de lui dire, elle devait le faire. Cela ne pourrait que lui soulager le cœur. Pour son salut elle devait tout avouer à Ian, malgré tout, malgré les prochaines conséquences. Elle ne savait pas où cela la mènerait mais elle devait alléger son poids dans sa poitrine. Elle devait lui dire de suite ! Elle n'en aurait peut- être pas le courage ensuite.
_ Je t'écoute Rose fit Ian gentiment en s'asseyant à ses côtés.
_ C'est très important et pas très plaisant continua t- elle d'une petite voix.
Elle commença violemment à stresser. La réaction de Ian déterminerait tout. Il n'était pas violent de nature mais et si jamais là, c'était plus fort que tout ?
_ Tu sais mon amour, tu n'es pas obligée de tout me dire tout de suite si ton cœur ne le veut pas. Je peux attendre et il n'y a pas que moi qui attend tes explications rien ne presse.
Il lui tapotait doucement la main.
_ Il ne s'agit pas que de ça… Ian je … je suis partie pour Paul. Il était la raison de mon départ, de ma quête...
Ian devint blanc comme un linge. Il ne saisissait pas encore tout à fait où elle voulait bien en venir.
_ Le loup ? Mais pourquoi ? L'interrogea t -il
_ Je crois que… non je suis sûre que j'ai de très forts sentiments à son égard. Continua Rose d'une toute petite voix.
Elle baissa ensuite la tête. Elle était honteuse et ne voulait surtout pas voir la tête de son amant se décomposer. Longtemps elle avait réfléchit à comment lui annoncer. Le plus tôt lui semblait le mieux. Elle n'arrivait plus à vivre avec ce poids sur la conscience. Elle aimait Paul, elle voulait le dire à Ian qu'importent les conséquences.
_ Est-ce une façon déguisée pour me dire que tu es tombée amoureuse d'un clébard Rose ?
Elle garda la tête baissée et ne répondit pas. Lui, avait ses mâchoires crispées.
_ Nous touchons le fond. C'est une catastrophe !
_ Je suis tellement navrée Ian…
_ Depuis combien de temps ton petit jeu dure t- il ? Lui demanda t- il sèchement.
Jamais il ne lui avait parlé ainsi. Le cœur de Rose se serra. Elle devait forcément s'attendre à une réaction pareille.
_ Je ne sais pas avoua t- elle.
_ Pardon ? S'étrangla t- il alors.
_ J'ai beaucoup lutté Ian, je te le jure !
_ Mais apparemment tu as abandonné trop vite, tu as baissé les bras ! Cria t- il en se levant
_ Ce n'est pas aussi simple ! Ne crie pas s'il te plaît le supplia t- elle.
_ Ne pas crier ? Tu bafoues cinq siècles de passion pour une amourette avec un débauché et tu veux que je reste calme Rose ? Mais comprends- moi !
_ Je te comprends Ian, jamais je n'ai voulu avoir ces sentiments, oh Ian je veux les rejeter mais je n'y arrive pas ! Il n'y a pas un seul jour qui passe sans que je ne pense à lui... au début je croyais que mon instinct de traqueur s'était mis en place dès qu'il m'a provoqué dans cette forêt mais au fil du temps j'ai bien compris que c'était bien plus...
_ Je t'en supplie Roseria épargne moi tes détails, je m'en contre- fiche la coupa t- il.
"Roseria" il y avait bien longtemps qu'il ne l'avait pas appelé ainsi. Rose aurait voulu être six pieds sous terre à ce moment là. Que pouvait- elle dire ? Elle était de toute manière en tors et seule au monde.
_ Je ne veux plus te voir pour l'instant va t- en ... lui dit- il d'une voix fatiguée, dos à elle une main posée sur le mur gelé.
Rose ne bougea pas comme paralysée. C'était la fin et elle le savait. Jamais elle n'aurait imaginé vivre ça un jour. Etait- elle en train de rêver ? Ou plutôt cauchemarder ? De toute manière elle n'avait que la conséquence de ses actes.
_ Je...
_ C'est un ordre Roseria !
Et elle ne discuta plus et partit en vitesse. Lorsqu'elle descendit et arriva dans le grand vestibule elle sut que tout le monde les avaient entendu, c'était si évident. Ce sentiment de honte s'insinua encore plus en elle. Seul Seth lui fit un petit sourire gêné auquel elle ne répondit pas. Son visage n'affichait aucune émotion, il était impassible, pourtant au fond d'elle, elle bouillait. Elle devait partir. Elle étouffait dans cette maison. Et une fois dehors, elle craqua. Elle éclata en violents sanglots et se mit ses mains sur son si beau visage. C'était tellement horrible qu'elle ne sut si elle s'arrêterait un jour.
_ Tout va s'arranger Rose… j'en suis certain lui dit une petite voix derrière elle.
Elle ne releva pas la tête. Il ne pouvait savoir dans quel état elle était ça s'était sûr.
_ Mon existence est un enfer bébé loup dit –elle après quelques secondes.
_ Viens, je vais t'emmener dans un endroit où tu seras bien accueillit tu verras… Lui dit Seth gentiment.
_ Chez des loups ? Demanda t- elle en reniflant.
Elle était pathétique. Voila qu'elle acceptait tout et n'importe quoi des loups.
_ Ma mère est humaine mais je crois que ça te pose plus trop de problèmes.
_ Certes fit –elle tristement.
_ Alors vient, tu as besoin de joie. J'irais chercher tes affaires plus tard. Lui dit –il joyeusement.
Rose se sentait si mal de dépendre d'un bébé loup… Mais qui avait – elle au final de son côté ? Elle ne savait plus qui pouvait être ses amis. Une seule chose lui vint en tête, que faisait Paul ? Où était –il ? Il n'était même pas venu la voir une seule fois, même en prétextant une excuse…
Rose suivit lentement Seth, plus ses pas l'éloignait de la villa plus son sentiment de vide en elle s'intensifiait. Seth la mena à une petite maison semblable à celle de Paul, un peu mieux entretenue. C'était l'œuvre d'une femme c'était évident. Elle avait l'air chaleureuse. Lorsqu'elle arriva, Rose enleva sa cape sombre et Seth la posa sur le porte –manteau. Elle n'était pas du tout à son aise. Ses yeux ne cessaient de vagabonder en tous sens.
_ Seth ?
_ Oui maman, je suis rentré lui cria t- il du salon.
Une magnifique femme indienne sortit de la cuisine et ne fut absolument pas surprise de voir Rose. La jeune fille n'y lu aucune peur ou moquerie et quoique ce soit d'autre du genre. Son cœur put enfin se soulager un peu.
_ Oh serait- ce ton amie vampire dont tu m'as beaucoup parlé ? Demanda Sue Clearwater gentiment.
_ Oui, Rose je te présente ma mère.
_ Je suis enchantée Madame, c'est un plaisir de rencontrer la génitrice d'un enfant si brave et courageux dit Rose en s'inclinant légèrement.
La femme lui sourit avec malice. Rose dégageait une Aura de noblesse sans pareille. Et le fait qu'elle dise autant de bien de son fils, mit Sue totalement en confiance avec Rose.
_ Voulez –vous quelque chose à boire ? Demanda tout naturellement Sue à la jeune fille.
Rose baissa la tête et sourit de la maladresse humaine.
_ Je vous remercie mais ce n'est pas la peine.
_ Maman… la gronda Seth en secouant sa tête.
_ Oh navrée, j'avais complètement oublié dit – elle en rigolant bêtement de sa bêtise.
_ Ce n'est rien Madame Clearwater lui répondit gentiment Rose avec un grand sourire.
Lequel on pouvait y voir ses deux longues et pointues canines. Elle se tourna vers Seth ensuite.
_ J'aimerai voir Paul lui chuchota t- elle.
Et là l'expression du visage de Seth s'assombrie. Il ne voulait pas lui dire trop vite mais il savait que tôt ou tard il devrait lui expliquer la situation.
Lorsqu'elle vit l'expression de Seth Rose sut que quelque chose n'allait pas. Que son réconfort n'était pas prévu pour bientôt.
_ Je ne voulais pas te le dire trop vite Rose, Paul a retrouvé quelqu'un depuis que tu es partie. Je l'aime pas du tout mais Paul semble être bien avec elle. C'est une louve, la cousine d'un des nôtres.
Ce fut au tour de Rose de voir son visage se décomposer instantanément. Paul avoir retrouvé quelqu'un ? Comment ? Comment était-ce possible ? Elle savait qu'il était irrésistible, elle en avait fait les frais mais comment avait –il pu la remplacer si vite ?
_ Qui est- elle ? Fit Rose d'une voix meurtrière et tremblante.
_ Elle s'appelle April… sans arrêts elle lui disait qu'elle arriverait à lui faire oublier ton souvenir, j'ai peur qu'elle n'y arrive, malheureusement.
_ Personne ne peut effacer mon existence dit –elle les dents serrées. Il n'est pas venu me voir chez les Cullen ?
_ Ca aurait été un peu difficile avec l'altercation que Paul a eut avec les deux italiens… Depuis que tu es partie, tout est beaucoup trop tendu des deux côtés.
_ Comment ? Fit Rose d'une voix étranglée
D'un coup elle sentit toutes ses forces la lâcher. Son monde déjà en ruine s'effondrait un peu plus à chaque révélations.
_ Adriano a tout balancé à Ian et ils sont venus le trouver chez lui. Partout ton odeur y était incrustée, c'était dur pour Paul de leur mentir. Il ne leur a pas tout dit mais assez pour qu'ils le laisse. Il en avait marre de tout ça, tu sais Paul désir juste une vie tranquille.
_ Je suis désormais complètement seule dit Rose, mais il faut que j'aille voir Paul c'est impératif !
_ Il doit être avec cette peste fit Seth avec dédain. Si tu l'as croque un peu moi je dirais rien fit –il en lui faisant un clin d'oeil.
Rose commença à trembler et ses yeux reprirent leur couleur rouge flamboyant. Au menu ce soir ? Peut- être une louve grillée, Paul était sa propriété, personne n'avait le droit de le toucher.
Après tout ce qu'elle avait fait pour lui…
_ Rose, bonne chance lui dit Seth avec son petit sourire.
Ce loup était réellement un gars bien. Rose remit sa cape sur son dos et mit sa capuche. Arborant son air de démon, elle sentit une montée de colère la submerger. Elle voulait tout fracasser. Elle avait osé mettre ses sales pattes sur ce corps qui ne lui appartenait qu'à elle.
Plus elle avançait plus elle sentait l'odeur répugnante de la louve. Rose plissa le nez de dégoût et continua sa route.
Rien que l'idée qu'il ait pu lui faire l'amour à elle et non à Rose lui donnait envie de vomir. Cette fille n'était qu'une trainée, une fille de bas-peuple.
Elle frappa doucement après s'être donné tout le courage qu'elle pouvait. C'est Paul qui vint lui ouvrir. La surprise qui se lut sur son visage était indescriptible. Il ne dit mot. Rose était immobile seuls ses yeux menaçant étaient visibles.
_ Surprise dit –elle seulement toujours sans bouger.
_ Rose… fit –il toujours incrédule.
_ Oui c'est moi, tu ne m'invites pas à entrer ?
Bien sûr que non, il ne le ferait pas, pas tant que cette louve était là.
_ Ce n'est pas le bon moment et nous n'avons rien à nous dire.
_ Pardon ? Dit Rose d'une voix un peu trop aigue.
Il se foutait complètement d'elle ! Rien à se dire ? Elle part le venger risquant sa peau des milliers de fois à l'autre bout du monde, lui rapportant la tête du tueur de ses parents et rien ? Il ne voulait plus la voir ? Un truc devait lui avoir échappé.
_ As –tu reçu mon mot au moins ?
_ Oui… fit –il hésitant
_ C'est tout ce que tu trouve à me dire ? Je t'ai avoué bien des choses louveteau commença t- elle à s'énerver.
Il lui faisait délibérément perdre patience. Elle se racla la gorge.
_ Paul fit une voix fluette à l'autre bout de la maison.
Rose se raidit et tourna la tête vers celle qui était devenue sa proie. Rose pencha la tête pour l'inspecter du regard. La louve seulement vêtue d'une chemise bien trop grande pour elle, devant appartenir à Paul fronça les sourcils à la vue de la jeune vampire.
_ Roseria De Lante Rodriguez…
Personne ne l'avait appelée comme ça depuis des années. Quel secret cachait –elle ? Qui était –elle ?
_ Qui es –tu ? Lui fit Rose sans se démonter.
_ Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Oh très bien, elle voulait jouer. Un sourire carnassier s'élargit ses les lèvres rouges de Rose.
_ Rose je t'ai déjà dit que je ne voulais plus te voir. Je pense avoir été assez clair non ? Je veux que tu partes de ma vie, pour toujours. Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi. Fais comme si je n'existais pas… Dit Paul avant de refermer sa porte sur elle.
Rose estomaquée resta sans voix devant le sourire victorieux de la louve. Quelle honte. Elle ne put décrire l'état dans lequel elle était. A ce moment, elle s'aperçut que son monde était vraiment mauvais. Sans les bonnes personnes elle n'était plus rien. Elle avait envie de tout casser, n'importe quoi, n'importe qui ! Elle secoua sa tête, elle avait faim, faim d'être humain. Toute cette colère qui s'insinuait en elle la poussait vers sa nature d'origine. Non elle ne pouvait pas… Ses veines lui faisaient mal. Calme, il fallait se calmer. Rose souffla mais n'y arrivait pas. C'était plus fort que tout. Elle s'éloigna un peu et poussa un cri perçant de désespoir. Paul tressaillit en l'entendant. Un long frisson descendit dans tout son dos.
Rose mit son poing dans le pauvre arbre le plus proche qui vola en million d'éclats. Elle voulait que cet endroit souffre comme il l'avait faite souffrir depuis qu'elle le connaissait. Elle ne se souvenait pas d'avoir été aussi malheureuse de toute son existence.
_ Elle est ridicule … Dit April en rangeant une pile de journaux à sa place.
Mais Paul ne pouvait la trouver ridicule. Tout était puissance et magnificence chez elle. Il soupira et alla s'enfermer dans la salle de bain. Il ferma la porte à clé ne voulant être déranger et ouvrit le robinet à fond. Qu'était –elle venue lui dire au final ?
Rose décida finalement après quelques heures à ruminer, de rentrer chez elle. Enfin plutôt chez Seth. Il était devant la télé et semblait plongé dans son émission. Elle se sentait toujours aussi mal à l'aise et ne voulait pas le déranger. Alors elle attendit qu'il finisse.
Lorsqu'enfin deux heures plus tard il se leva il s'aperçut qu'elle attendait dans l'entrée.
_ Rose ? Qu'est-ce que tu fais dans l'entrée ? Ca fait longtemps que tu attends ?
_ Non ne t'inquiète pas mentit- elle.
_ Tu veux quelque chose ?
_ Pas spécialement.
Drôle de réponse pensa Seth. Tout ne devait pas s'être passé comme prévu. Ils montèrent et il lui montra la pièce dans laquelle elle pourrait rester aussi longtemps qu'elle le voudrait. Elle le remercia encore et encore mais ne bougea pas du seuil ce qui interpela Seth qui allait rebrousser chemin. Rose baissa la tête.
_ Tu peux rester avec moi un petit peu s'il te plaît ?
_ Bien sûr répondit Seth avec un grand sourire. Tu veux qu'on parle ?
_ Oui mais pas ici fit Rose en chuchotant et en pénétrant dans la chambre.
Elle était assez petite avec un grand lit qui prenait presque toute la pièce. Une petite commode trônait dans le coin de la pièce et juste à côté du lit il y avait une table de nuit avec une lampe pour seule lumière. Au dessus du lit Rose vit un attrapeur de rêves et sourit. Paul avait le même.
Rose s'assit sur le lit et invita Seth à faire de même. C'est ce que fit le garçon après avoir soigneusement fermé la porte.
Rose était nerveuse. Elle fixa Seth de ses yeux brillants, dans la pénombre, il paraissait plus mat et plus jeune que d'habitude. Il ne perdait pas son petit sourire habituel auquel pour une fois Rose ne répondit pas.
_ Je t'écoute Rose dit –il comme pour l'encourager.
_ Je… je l'ai jamais dit à personne, c'est très bizarre surtout avec un loup mais je n'ai plus personne à qui me confier… Une part grandissante en moi me dicte de te faire confiance Seth. Commença doucement Rose.
_ Et tu peux lui assura t- il.
Et elle se lança alors. Elle savait qu'il l'écouterait et ne la jugerais pas.
_ J'ai quitté Ian dès mon réveil car je ne supportais tout ça… Je me sentais coupable envers lui. Je me détestais. Je suis partie tout ce temps car je voulais venger Paul, je lui avais promit et je tiens toujours mes promesses. J'ai retrouvé la trace d'Aldarick, celui qui a tué ses parents i peu près un mois et j'ai sauté sur l'occasion. Il fallait être malin et seules les femmes sont réellement admises près de lui.
Elle fit une grimace de dégout.
_ J'ai donc après de longs jours à cogiter des plans, infiltré sa demeure à Florence. Et je l'ai tué.
_ Ca a l'air simple quand tu dis ça comme ça…
_ Je t'ai épargné les détails, j'ai presque du coucher avec lui pour avoir ce que je voulais, c'était répugnant. Mais lorsque j'ai réussit, les Volturis sont arrivés et j'ai combattus pour survivre, pour espérer un jour pouvoir lui redonner cet espoir. J'ai faillit mourir de fatigue à cause de Jane. J'ai pu sauver quelques uns de mes amis mais d'autres n'ont pas eut la même chance… fit –elle en baissant la tête.
Seth lui tapota gentiment l'épaule.
_ Ils sont morts à cause de moi car ils ont participé à une quête qui ne leur appartenait pas. Je m'en veux tellement. Maintenant tout est perdu, Paul ne veut plus de moi…
_ Mais si, seulement il appréhende.
_ Mais de quoi ? Je suis tout à lui désormais, j'ai quitté un amant de cinq siècles pour lui, c'est ça qui m'écœure le plus !
_ C'est compliqué … est-ce qu'il le sait que tu as quitté Ian ?
_ Je n'en ai pas eu le temps fit Rose en reniflant.
Chapitre XVIII
Seth détestait voir Rose ainsi, dans cet état, et sincèrement, il l'appréciait réellement ! Alors tout doucement il l'attira à lui et la prit dans ses bras pour lui faire un câlin. Rose fut extrêmement surprise de ce geste intime. Elle tenta de se reculer un peu mais il resserra sa poigne.
_ Chez nous, les câlins amicaux ça fait un bien fou lui chuchota t-il tout en appuyant sur le terme « amicaux ».
_ Je lui ai avoué que je l'aimais avant de partir, je lui avais laissé un mot, mais ses sentiments ne doivent pas être réciproques surement. Je suis las de tout ça Seth, je veux que tout s'arrête. Dit- elle en se laissant bercer par le rapide tambourinement du cœur de son « ami ».
_ Crois- moi ses sentiments sont bien pareils mais je le soupçonne d'avoir peur.
_ De moi ?
_ Non des autres, il n'avait jamais réussit à accepter les vampires, c'était sa carapace. Mais il t'aime soi en sûre.
Rose ferma les yeux et se laissa aller. Elle avait vraiment changé, jamais auparavant elle n'aurait laissé un inconnu la toucher de la sorte, il serait mort au moindre geste. Mais là, cette étreinte était réconfortante et elle avait besoin de tendresse. Elle osa alors passer un bras autour de la taille du plus jeune qui fut surpris de la voir répondre à son geste.
_ Dommage que tu sois trop jeune bébé loup lui fit –elle sur le ton de la plaisanterie.
_ Et toi déjà amoureuse d'un autre déclara t-il sur le même ton.
Au fond de lui son cœur s'emballa et il soupira. Seth était peut –être un loup mais il n'en restait pas moins un homme avec des sentiments et peut- être s'attachait t- il trop à la mauvaise personne. Paul n'était qu'un abrutit de laisser passer une femme comme elle. Surtout qu'il restait persuadé qu'ils étaient imprégnés, c'était de fait évident.
Rose se sentait mieux et lorsqu'il la relâcha elle lui fit un magnifique sourire.
_ Je ne pensais pas en venant ici que je changerais autant dit –elle avec un petit rire.
_ Tu es quelqu'un de bien Rose ne laisse jamais personne t'en dissuader.
_ Tu es bien trop naïf, j'ai fait dans ma vie des horreurs que tu n'aurais jamais cru possible d'exister.
_ Je me doute bien avec ce que l'autre nous a dit…
_ Quoi ? Fit Rose surprise
_ Elle dit qu'il y a des livres entiers sur tes exploits sanguinaires. Et je ne sais pas si Paul y croit fit Seth songeur.
_ Oh il devrait puisque tout ceci est vrai cependant cela fait bien longtemps que j'ai arrêté d'être traquée par les chasseurs.
_ Tout ça n'a plus d'importance puisque je sais que tu as changé, l'important est le présent.
Elle ne répondit pas mais médita ces paroles. Après cette discussion, Seth décida qu'il était temps pour lui d'aller se coucher. Demain, il y en avait un qui allait se faire botter le cul violemment.
Paul était furieux. La vision de son frère, son meilleur ami enlacé avec celle qu'il aimait était impossible. Jamais il n'aurait fait ça et pourtant ? Ce n'était peut –être rien mais depuis quand étaient- ils aussi proches ? Il ne lui avait jamais dit ! Paul se sentait trahit. Il rentra en claquant la porte. Prit une bière dans le frigo et s'installa devant la télé.
_ Ca va ? Lui demanda April étonnée de ce soudain changement d'humeur.
_ Qu'est-ce que ça peut te faire ? Lui fit –il sans même lui jeter un seul regard
_ Ouh cette fille est vraiment pas croyable, elle revient et tu deviens exécrable.
_ Ne parle pas d'elle.
_ Oui n'en parlons pas c'est sûr c'est pas grave, elle bousille notre couple Paul, je veux vivre quelque chose avec toi, tu mérites quelqu'un comme moi, quelqu'un de sain !
_ Arrête de te mettre toujours en avant, t'es pas dieu, ça se saurait.
Il était vraiment énervé. Et cela mit April en rogne. Elle détestait cette attitude. Elle préféra donc s'éclipser.
_ Je vais me coucher.
_ Ouais fit –il toujours sur le même ton.
La jeune femme soupira et monta à l'étage. Installée dans le lit elle se dit qu'elle aurait tôt fait de mettre son plan en marche. Pour le bien de tous les loups, elle allait bientôt exterminer tous les vampires. Mais c'était son petit secret et personne n'était au courant. Quelques heures plus tard lorsqu'il vint se coucher il la prit pas dans ses bras et April eut un pincement au cœur. Etaient –ils vraiment imprégnés ? Elle espérait que non mais la réaction de Paul témoignait du contraire.
Le lendemain Seth attendit que la louve parte pour avoir le champ libre. Il n'imaginait pas une seule seconde que derrière les murs de la jolie maisonnette se cachaient une véritable tempête. Il y alla les mains dans les poches et frappa naturellement. Paul lorsqu'il le vit referma vite fait la porte, pas d'humeur. Le plus jeune ne comprit rien à ce qui venait de se passer. Il refrappa mais rien. Alors il décida d'entrer par lui-même. Il fit attention à ce que son ami ne l'attende pas derrière pour tenter de l'assommer. La voie était libre et Paul était dans le garage vaquant à la mécanique de ses engins à moteur.
Il était allongé sous sa mustang et savait que Seth était là pourtant il ne bougea pas. Le plus jeune perdait patience.
_ C'est quoi encore ton problème Paul ? Lui demanda t-il alors.
Pas de réponse. Il attendit encore dix minutes et décida de se baisser pour attraper la planche à roulette sur laquelle était allongé Paul. Ce-dernier grogna d'être ainsi déranger et se releva ensuite péniblement.
_ Alors tu m'expliques vieux ? Réessaya Seth agacé.
_ Y'a rien. Point. Déclara Paul froidement.
_ Tu m'as jamais parlé comme ça Paul, alors je sais qu'il y a quelque chose fit le plus jeune en venant lui toucher l'épaule.
Paul s'écarta violemment du loup et Seth fut extrêmement surpris de ce geste. Il ne reconnaissait plus son frère depuis qu'il était avec cette fille.
_ T'es plus le même, c'est triste fit Seth en tournant les talons.
_ Et toi, tu te tapes les ex des autres ? Hein ? Dit Paul sauvagement.
Il lui était impossible de garder sa langue dans sa poche décidément.
_ Quoi ?!
_ Je t'ai vu enlacer Rose hier ! Depuis quand êtes vous si proches ? Hein ? Et qu'est-ce qu'elle faisait chez toi ? Tu croyais pouvoir garder ça pour toi ? Je croyais qu'on était frères ! Ragea Paul
_ C'était donc ça ? répondit Seth avec un sourire
_ Ne sourit pas où je t'explose la tête ! Rugit Paul
Il commençait à trembler de colère et ce n'était pas bon signe.
_ A l'aide d'une clé à molette ? Il en faudrait plus quand même plaisanta t-il
Mais Paul n'était pas d'humeur à plaisanter. Le fait de voir Rose avec un de ses frères l'avait amené à un stade de jalousie non descriptible.
_ Il ne s'est rien passé avec elle puisque je connais vos sentiments à tous les deux. Je l'ai simplement consolé espèce d'abrutit ! Fit Seth d'une voix forte
_ Consoler ? Hum…
_ Oui nigot, elle a quitté Ian pour toi, elle a tout avoué à son ex fiancé. La raison de son départ et elle m'a expliqué ce qui s'était passé là-bas en Italie… et crois-moi si tu savais ça mon vieux tu l'épouserais sur le champ ! Elle t'a dans la peau et toi hier comme un con tu l'as rejeté !
Paul resta interdit quelques instants. Elle avait quitté Ian ? Enfin ? Pour de vrai ?
_ Où est- elle ? Le questionna t- il seulement.
Son cœur se mit à battre la chamade. Il ne pensa plus à rien d'autre qu'au fait de l'embrasser sauvagement et la serrer contre lui aussi fort qu'il le pouvait.
_ Chez moi, je n'aurais pas eu long à te convaincre dit donc…
Mais Paul se lançait déjà en courant en écoutant plus ce qu'il disait. Heureusement il n'y avait personne chez les Clearwater, cependant, oui il n'y avait vraiment personne… où était –elle ? Il avait tellement rêvé de ces retrouvailles… Son souffle était désordonné. Quand il la verrait peu importe l'endroit, il lui arracherait ses vêtements et lui ferait l'amour comme longtemps il en avait eut l'envie. Mais elle n'était pas là et Paul se sentit ridicule lorsqu'il revint. Seth l'attendait toujours.
_ T'as fait vite j'trouve mon vieux ! Dit Seth en se moquant.
_ Elle était pas là dit –il la mine déconfite.
_ Surement à la chasse, j'ai pas eu le temps de te le dire ! T'es parti comme une flèche !
_ Ouais … là je vais m'entrainer, ensuite je vais au taff, tu peux lui dire de passer en fin de soirée ? Ce serait gentil…
Il essaya de dire ça normalement mais sa voix était trop emplie d'émotion.
_ Et April ? Qu'est ce que tu vas en faire ? Moi je veux bien mais faut t'en débarrasser !
_ Hein ? S'écria Paul
_ Mais non la quitter pas la tuer ! T'es toujours aussi intelligent toi ! Rit Seth
_ Mouarff, vu son caractère ça va pas être de la tarte fit Paul essoufflé d'avance.
_ Tu peux t'en prendre qu'à toi-même, t'avais qu'à pas t'enticher d'elle dès le départ lui répondit Seth sérieusement.
_ T'inquiète pas ce ne sera pas nécessaire.
Les deux garçons se retournèrent d'un seul mouvement et virent April les bras chargés de courses surement pour toute la semaine. Les yeux en larme elle lâcha tout pour ensuite s'enfuir à toutes jambes. Comment pouvaient –ils parler d'elle de cette manière alors qu'ils étaient de la même race ? Alors que cette vampire était traitée comme une princesse ? C'était dégoutant.
_ Bon bah voila c'est régler dit Seth joyeusement et en plus t'a le repas gratos fit –il en ramassant une pomme et en croquant dedans.
_ Arrête, je me sens mal, elle a toujours été gentille avec moi, elle méritait pas une rupture comme ça, j'aime pas passer pour un salaud avec les filles…
_ Bon aller, je te laisse, bonne chance mec… tu l'as sacrément vexée hier ta Rose… Elle a énormément de choses à te dire fit l'autre avec un clin d'œil.
Paul fit un sourire en coin avant de s'essuyer ses mains pleines de cambouis sur son marcel blanc.
_ Depuis quand tu es devenu la meilleure amie des vampires toi ?
_ Depuis que tu les laisses tomber. Répliqua t-il du tac o tac.
Une fois son ami parti, Paul ramassa les sacs par terre et les mis de côté, il ne voulait pas y toucher. Il n'aimait pas se servir des autres. Il lui enverrait un message pour les lui rapporter. Ainsi il pourrait lui parler même s'il se doutait qu'elle ne serait pas clémente à l'entendre.
Deux légers coups à la porte et cela suffit à mettre Paul dans un état de stresse le plus intense. Rose se tenait là, à deux mètres de lui. Ils étaient simplement séparés par une porte. Il avait essayé de se mettre bien pour l'occasion et avait revêtu une chemise légèrement écrue avec un pantalon noir. Il savait que Rose comme à son habitude serait magnifique dans une de ses nombreuses robes coûteuses. Lorsqu'il ouvrit elle fut surprise de le voir dans cet accoutrement. Il était sublime et elle crut qu'elle allait défaillir à la vue… Et lui aussi resta sans voix. Ils devaient juste se voir mais cela sonnait plus comme un rendez vous. Ils ne savaient pas vraiment comment s'y prendre, c'était tellement bizarre. Cette fois il n'y avait plus rien pour les retenir, pour les empêcher de faire quoique ce soit… Plus de fiancé, de différences de races...
_ Tu… tu es magnifique Rose dit –il maladroitement en prenant la cape de la jeune femme dans ses mains imposantes.
Elle lui fit un petit sourire mais ne répondit pas. Elle se méfiait de tout désormais, elle avait été trop déçue tant de fois.
Il ne bougeait pas, Paul voulait être sûr de ce que lui avait dit Seth, jamais il ne remettrait les paroles de son frère en doute mais tout ça était si irréel… Il ne pourrait rien tenter, rien faire s'il ne savait pas.
_ Hum… je t'ai invité car je voulais parler avec toi de certaines choses. Lui avoua t-il
Il eut alors toute l'attention de la jeune fille. Elle ne lui mentirait pas, ne lui mentirait plus du moins.
_ As-tu réellement quitté ton vampire parce que tu veux être avec moi ? Dit- il d'une voix étrangement rauque.
Rose cligna plusieurs fois des yeux. Elle se doutait qu'ils auraient tôt ou tard cette conversation.
_ Effectivement, hier lorsque je me suis réveillée, je lui ai avoué que j'avais de très forts sentiments à ton égard. Je lui ai raconté la raison de mon départ et il n'a pas supporté.
_ Tu es partie ?
_ Seth m'a gentiment invité à rester chez lui, je n'avais nulle part ou aller.
Paul contracta sa mâchoire, il n'arrivait toujours pas à s'y faire. Rose le constata et lui fit un petit sourire en coin.
_ Tu es jaloux ?
_ Pas du tout ! S'écria t- il derechef
_ Vu ta réaction, je dirais que tu mens…
Il y eut un silence.
_ C'est mignon dit –elle soudain gentiment.
_ Non… enfin un peu.
Il y eut un nouveau silence. Rose aussi avait une question qui lui brulait les lèvres pourtant elle savait parfaitement la réponse. Tout ce qu'elle voulait c'était l'entendre de sa propre bouche.
_ Paul, est-ce que tu t'es reproduis avec elle ?
Rose baissa instantanément la tête. Elle ne voulait pas voir le regard remplis de culpabilité de son loup.
_ Rose, regarde- moi. Lui ordonna t-il d'une extrême douceur.
Elle gardait obstinément la tête vers le sol. Paul vint lui prendre doucement le menton et elle ferma les yeux. Rien que de sentir sa peau si chaude sur la sienne si froide lui donna des sueurs froides. Il lui releva et l'obligea à le regarder. Ce qu'elle fit avec difficulté.
_ Fais attention à ce que tu dis, tu ne sais pas de quoi est capable un vampire mortellement jaloux. Déclara Rose
_ Je te l'avoue deux ou trois fois nous l'avons fait. Mais elle ne représente rien pour moi. J'ai cru que … que tu ne voudrais jamais de moi Rose, tu m'as rendu fou !
Rose tressaillit. Deux ou trois fois ? Elle n'avait même pas osé une seule fois. Quelle trainée ! Son envie de meurtre s'accentua.
_ Je suis désolé Rose.
_ On n'était pas ensemble dit –elle plus pour se convaincre elle- même.
_ Ca veut dire que là on l'est ? Fit Paul en se rapprochant d'elle.
_ Je ne sais pas.
Et comme pour couper court à cette discussion un peu trop gênante, Paul lui proposa de passer au salon. Elle le suivit et fut étonnée de voir qu'il l'avait rangé, nettoyé et surtout vaporisé de façon a ce que l'on ne sente plus aucunes odeurs à par la sienne. Elle le remercia intérieurement de cette charmante attention.
_ J'ai l'impression de redécouvrir l'endroit fit –elle très doucement.
_ Ca te plaît ? Dit –il timidement.
Elle se retourna et constata qu'il se tenait dans son dos. De fait ils furent très proches l'un de l'autre. Paul la fixait de toute sa hauteur avec ses grands yeux noirs.
_ C'était stupide de partir pour moi chuchota t-il comme pour créer une ambiance intime.
_ Je te l'avais promis et je tiens toujours mes promesses Paul
_ Oui c'est ce que j'ai vu.
Il lui prit les mains et en porta une à sa bouche.
_ Pardonne- moi pour tout Rose.
Elle frissonna au contacte de sa bouche avec sa peau.
_ Tu n'as pas à t'excuser, tu as aussi été une victime Paul, je n'ai jamais voulu que tout ça se passe comme ça.
_ Tu ne me voulais pas que du bien au début rit –il doucement.
_ Seulement, j'ai appris à te connaître mais dès le commencement j'ai été attiré par toi ! Se justifia t- elle derechef.
Il encra son regard dans le sien, il voulait la pénétrer du regard, partir jusqu'à son âme.
_ Laisse –moi t'embrasser Rose, j'en rêve tellement…
Elle lui fit une moue incroyablement adorable qui voulait surement dire oui. Et Paul approcha son visage de celui de Rose qui fit de même. Lentement leurs lèvres se touchèrent puis s'épousèrent parfaitement dans une folle danse. Paul remua puis rendit le baiser langoureux en voulant y insérer sa langue. Le baiser s'intensifia. La fièvre prenait possession de leur corps. Paul suffoquait presque de la beauté de Rose à cet instant, jamais il n'aurait cru ça possible un jour. Jamais personne ne lui avait produit autant d'effets de toute sa vie. Elle avait été si inaccessible tout ce temps qu'il s'en était rendu malade. Paul lut du désir intense dans les yeux de son imprégnée et cela lui fit chaud au cœur. Elle ne le repousserait pas. Rose se laissa guider comme la dernière fois et enroula ses bras autour de son cou pour approfondir au moins le baiser qui commençait à être relativement fougueux.
La respiration du jeune homme s'accéléra et ses mains devinrent moites. Une sensation au ventre envahie Paul ce qui ne fit qu'accentuer son désir déjà fulgurant. Rose sentait la pression des mains chaudes de Paul sur ses hanches et tout son monde s'écroula. Elle lui appartenait, elle était sienne pour le restant de ses jours. Elle voulait que Paul la possède entièrement et maintenant.
_ Tu as peur ? Lui demanda t- elle les yeux brillants
_ J'ai peur que tu repartes loin de moi Rose déclara t-il seulement après une certaine hésitation.
_ Je t'appartiens Paul, mon corps et mon âme ne sont rien que pour toi désormais, je te le jure !
_ Je te crois dit-il en venant reprendre possession lentement de ses lèvres si rouge.
Elle était complètement ravie, envoûtée, possédée par l'envie de l'embrasser encore et encore. Elle ne voulait pas que cela s'arrête. Tous les deux voulaient assouvir leur envie, leur besoin, leur caprice. Après une petite hésitation, Rose caressa la nuque du jeune homme dans une infinie douceur.
_ Paul le supplia t- elle, fais- moi l'amour…
Et tout le corps du jeune homme s'embrasa instantanément rien qu'à ces quelques mots. Il ne se fit pas prier deux fois et la souleva de terre telle une poupée de chiffon. Elle enroula derechef ses jambes autour des hanches du jeune homme mais ne cessa pas de mordiller et titiller ses lèvres. Paul était trop serrer dans son pantalon cela devenait vraiment horrible à porter. Ses mains tenant fermement ses fesses il put se caler dans le coin d'un mur pour mieux la caresser. Il ponctua ses caresses avec de tous petits baisers dans le cou de Rose qui émit des petits gémissements. Ce n'était pas grand-chose mais Paul se délectait de l'impacte qu'il avait sur elle. Elle le rendait fou comme il la rendait folle. Trop longtemps ce désir avait été enfoui.
Il était bestial, tout comme sa nature. Il voulait fondre en elle, ne faire plus qu'un ! Elle haletait… Tentant de le repousser elle posa ses deux mains sur ses joues brulantes.
_ Paul, promets – moi ! Plus de secrets entre nous je t'en pris ! Dit –elle entre plusieurs soupirs de contentement.
_ Oui… oui ! Répliqua t-il distrait en l'embrassant encore et encore partout où sa peau était visible.
La décollant du mur, il entreprit de monter les escaliers aussi vite qu'il le put, ce qui devenait difficile puisque Rose s'attelait à le déshabiller. Elle enleva sa chemise qui fut lâchée violemment en route. Sans quitter sa bouche et tenta de s'attaquer à sa ceinture. La bosse qui y était formée l'intrigua. Elle n'en avait jamais vu d'aussi grosse. Ce qui se cachait en –dessous devait être énorme. Elle se sentait comme une jeune vierge.
_ Quelque chose ne va pas ? S'inquiéta le jeune homme
Il semblait inquiet surement de se prendre un énième refus. Il ne voudrait pas la brusquer.
_ Si si répondit –elle hésitante seulement, j'ai un peu peur …
_ Tu tue des loup-garou, tu bois du sang humain et tu as peur de te laisser aller au plaisir…
_ Les plaisirs de la chaire me sont inconnus Paul, tu as plus d'expérience que moi, je … je n'ai jamais vraiment fait ça…
Paul comprenait très bien. Mais jamais il ne se moquerait. Il irait doucement avec elle car il en avait l'envie.
_ Mon cœur ne cesse de battre pour toi, Rose, l'idée que tu sois malheureuse me rend dingue. C'est arrivé comme ça, on n'a pas pu le contrôler et je te jure que je ne te ferais aucun mal lui déclara Paul mortellement sérieux.
Il ponctua sa phrase avec un autre baiser auquel elle répondit avec fougue. Elle était tellement ridicule !
Enfin dans la chambre à coucher, Rose se décrocha du cou du jeune homme et se laissa tomber sur le dos. Paul avait opté pour des yeux de prédateurs. Tout ce qu'il voulait à ce moment était son corps qu'il avait tellement voulu conquérir ! Il l'inspecta du regard, elle était encore beaucoup habillée à son goût. Elle lui fit un regard carnassier et lui fit signe d'approcher avec son doigt. Paul monta de par et d'autre des jambes de la jeune fille et reprit possession de ses lèvres. Doucement il passa une main dans son dos et comme l'autre fois dans la douche, il entreprit de lui dégrafer son soutien-gorge. C'est d'une main experte qu'il le fit sans problème et Rose se trouva vite torse-nu devant lui. Il fixa ses seins avec avidité et admiration, ils étaient magnifiques. N'y trop gros, n'y trop petit. Cela la gêna un peu et lui fit remarquer.
_ C'est… je tu regardes toujours les poitrines de cette manière ?
Paul émit un petit rire et vint poser ses mains imposantes et brulantes sur les deux bouts de chaire qui l'attendaient, qui l'appelaient.
_ Tu es sublime Rose, tu es la femme la plus belle que j'ai jamais vu lui déclara subitement.
Il avait envie de lui dire milles et une chose qui selon lui étaient vraies. Celle- là en faisaient partie. Si elle avait pu rougir elle l'aurait certainement fait. C'est avec ses mains hésitantes que Rose entreprit de lui enlever son dernier bout de tissu. Il aimait cette initiative. Elle le voulait nu contre elle. Elle l'avait déjà vu nu un jour à cause de sa mutation prématurée et elle devait avouer qu'il avait tous les attributs masculin souhaitable pour une femme, il n'était rien qu'à elle.
Paul se délectait du moment, la voir totalement soumise à lui, ne touchant que lui, ne regardant que lui, il était aux anges. Et personne ne pourrait empêcher ce moment, non rien ni personne.
D'un geste presque rageur, il arracha le dernier bout de tissu de Rose qui sursauta de surprise. Là en la voyant ainsi en tenue d'Eve Paul partie en trance. Il ne répondit plus de ses gestes. Il voulait la toucher encore et encore. Lentement il caressa ses seins, puis descendit sa main sur sa hanche puis plus bas sur ses cuisses dans son entrejambe. Rose haletait, elle appréhendait. Il lui prit une de ses mains et entrelaçât ses doigts avec ceux de la jeune femme.
Dans une infinie douceur il commença à la préparer à la suite de son programme. Rose fit de minuscules petits couinements et Paul la trouva adorable. Il n'avait pas quitté son sourire. Depuis très longtemps, enfin il pouvait dire qu'il était heureux. Après un certain moment, il arrêta et se mit en position entre les jambes de Rose. Il lui caressa encore et encore les hanches. Elle n'avait plus peur, cela se voyait dans son regard. Non il n'y avait plus que du désir. Un désir fulgurant rien que pour lui.
_ Je t'aime Paul lui dit –elle après lui avoir caressé la joue de sa main gelée.
_ Enfin chuchota t- il avec soulagement avant de plonger en elle.
Rose cria de plaisir instantanément. Il était directement parti au fond et elle ne s'y attendait pas. Cette sensation de bien qui la saisit fut nouvelle pour elle. Et lorsque Paul commença ses vas et vient elle ne se retint pas et cria aussi fort qu'elle le pouvait. Il voulait la faire monter au septième siècle, et il y arriverait il se le jurait. Il accéléra encore et encore et brusquement les lattes du lit cédèrent sous la pression mais ils ne s'en formalisèrent pas. Ils continuèrent leurs ébats sans se soucier de rien. Rose avait les yeux brillants. Les mains dans le dos de Paul, elle s'agrippa si fort par moments qu'elle lui fit de profondes marques rouges.
Il se repencha ensuite sur elle et tenta de l'embrasser à nouveau, il voulait toucher toutes les parties de son corps. Il mordilla ses lèvres joua avec tout en continuant ses coups de bassins toujours plus fort. Rose était en pleine extase.
_ J'ai envie de changer lui dit –il alors, essoufflé.
_ De ? Tu n'aimes pas ? Fit –elle en toute innocence
_ Bien sûr que si cria t-il presque, de position, ma préférée, tu veux que je te montre ?
Elle voulait tout apprendre et lui fit un petit signe affirmatif de la tête. Il la guida et elle se mit alors dos à lui à quatre pattes. Repoussant ses cheveux sur le côté elle tourna la tête. Et il la pénétra de nouveau dans cette position.
_ Tiens –toi bien ma belle lui dit –il sensuellement.
Et c'est ce qu'elle fit lorsqu'au premier coup sa tête s'enfouie dans l'oreiller. Elle s'agrippa au rebord du lit qui céda sous la pression au fur et à mesure. Paul avait adopté un rythme et jouissait du plaisir qu'il lui donnait. Il la savait complètement bercée par ces sensations nouvelles et au combien appréciables.
Il lui donna un dernier petit baiser dans son dos et après un long râle que Rose trouva parfaitement virile, Paul déversa sa semence en elle et s'écroula de fatigue. Après un effort surhumain il roula sur le côté et s'allongea. Rose ne dit mot et le fixa. Il venait de fermer ses yeux et elle le contempla quelques secondes avant de venir se blottir contre lui. Instantanément Paul enroula son bras dans son dos et l'attira encore plus vers lui, elle posa sa tête sur la poitrine du jeune homme et ferma les yeux. Ce moment qu'elle venait de passer était certainement le plus magique et le plus érotique de toute son existence et elle le remerciait intérieurement de l'avoir partagé avec lui.
Elle comprenait à présent toutes ces femmes qui attendaient son appel, qui devaient être folles à l'idée qu'il les ait largués à la seconde même où elles avaient franchis sa porte.
Elle décida d'enrouler son bras autour de la taille du jeune homme et le serra de peur qu'il ne parte. C'était évidemment ridicule.
_ C'est contre-nature ce que l'on vient de faire…
_ Hum répondit –il seulement
_ Un loup et un vampire quel méchant mélange plaisanta t- elle
_ Et tu trouves que c'est mal ? Lui demanda t- il toujours les yeux clos.
_ Plus maintenant.
Et Paul s'endormit, tout ce qu'elle pouvait faire était de le regarder. Il ressemblait à un ange. Jamais elle n'avait vu pareille beauté chez un homme. Même Ian ne lui arrivait pas à la cheville.
Ian… que pouvait- il bien faire à l'heure actuelle ? S'en mordait- il les doigts ? De toute façon elle s'en fichait bien.
Chapitre XIX
Il dormit bien dix heures, pendant lesquelles Rose ne bougea pas. Elle avait réfléchi à tant de choses que cela lui fit presque mal à la tête. Il y en avait une particulièrement qui lui avait fait un petit pincement au cœur, elle devait lui en parler.
Il remua et plissa les yeux à cause de la lumière du soleil berçant déjà la pièce dans une vive lueur banche. Grognant un peu sous l'amusement de la jeune vampire il voulu se tourner lorsqu'il s'aperçut du poids qui était posé sur lui. Ouvrant de suite les yeux ce n'est que lorsqu'il se reconnecta à la réalité qu'il comprit.
_ Tu es là, tu es restée marmonna t-il
_ Oui je te l'ai dit, je ne partirai pas Paul déclara t- elle avec un large sourire.
_ Parfait dit –il en l'enlaçant avec amour.
_ Paul je dois te parler de quelque chose.
_ Que se passe t- il mon ange ? Lui dit –il ensommeillé
Un flot de petits papillons traversa en elle à cette appellation au combien adorable.
_ Paul, es –tu conscient de ce que tu veux ?
_ Bien sûr pourquoi ? Lui dit –il en arrêtant ses petits baisers dans son cou
_ Et bien tu ne pourras jamais avoir d'héritier. Déclara t- elle alors avec une petite voix.
Un silence de mort s'installa dans la pièce, il ne s'attendait surement pas à ce qu'elle lui dise ça. Elle se voyait déjà si loin dans l'avenir avec lui ? Même en ne lui ayant pas expliqué les raisons de leur amour, elle l'acceptait et se voyait éternellement avec lui… Il ne pouvait pas à ce moment être plus heureux que ça.
_ Rose, ce n'est pas ça qui compte le plus pour moi, tout ce que je demande c'est que tu sois auprès de moi aussi longtemps que tu me le permettras.
_ Je suis tienne Paul lui dit –elle en lui embrassant une main.
_ Jamais je n'aurais cru un jour que tu me dirais ça
_ Moi non plus
Il y eut un silence que Rose brisa après quelques secondes qui lui parurent plutôt longues.
_ Que vas –tu faire aujourd'hui ?
Il réfléchit un instant, depuis « l'accident » survenu avec l'ex beau-frère de vampire, il s'entrainait tous les jours et il avait fortement développé ses capacités à se battre. Il devait persévérer et bientôt il serait aussi puissant que le vampire. Il comptait bien prendre sa revanche un jour, Paul ne s'avouait jamais vaincu ça c'était sûr. Mais le dirait-il à Rose ? Bien qu'enfin elle s'offre à lui, pouvait-il cependant avoir une confiance infinie en elle ? Bien souvent elle l'avait trahit.
_ Je vais m'entrainer comme tous les jours. La bataille finale approche à grands pas, les loups doivent être prêts. Déclara t-il alors
_ Je peux venir avec toi ? Si on s'entrainait ensemble ?
Il n'hésita pas une seule seconde. C'était une superbe occasion de tester sa force.
_ Oui il n'y a pas de problèmes.
Rose en fut heureuse. Une demi-heure plus tard, ils étaient sur le terrain. Tout le long de l'après- midi, il ne l'a quitta pas des yeux. Elle se prenait vraiment au jeu et elle dut constater indéniablement que Paul était redoutable. Sa musculature déjà assez conséquente et impressionnante avant son départ avait doublé de volume depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu.
L'entrainement se passa bien, il fut même meilleur avec l'intervention de Rose, il semblait plus réel même si bien souvent on put voir que tout était faux.
Après un long moment d'hésitation, le loup vint se placer derrière Rose qui fut extrêmement surprise et passa ses bras autour de sa fine taille. Il déposa ensuite doucement sa tête dans son cou et huma l'odeur de la jeune fille. Après avoir fermé les yeux, il sourit de bien-être.
Rose ne savait pas comment s'y prendre alors elle posa juste ses deux mains sur celles de Paul. Il savait que ça n'allait pas être simple tous les jours mais au moins, elle serait là. Sa présence lui était devenue indispensable désormais. Il ne concevait plus sa vie sans elle.
_ J'ai quelques petites choses à régler Paul je dois y aller fit –elle en essayant de se dégager de l'emprise du loup.
Il écarquilla les yeux et la laissa faire. Parfois elle avait dans ces moments –là comme une profonde gêne et préférait stopper toutes les attentions. Ca le blessait un peu puisqu'il avait déjà pu assister aux élans d'attention qu'elle n'avait réservé qu'à son vampire richou mais il devait lui laisser du temps. Rien que le fait qu'elle l'ait laissé la toucher et lui faire l'amour était un pas énorme ! Il ne pouvait pas tout avoir du jour au lendemain.
_ Rejoins –moi ce soir Rose sur mon toit j'ai quelque chose à te montrer.
_ Quoi ? Me demanda t- elle curieuse en plissant les yeux
_ Surprise ! Aller file lui dit –il tout en ponctuant sa phrase avec une tape sur les fesses.
Il rit à la mine outré de la jeune fille et elle partit le laissant seul au milieu de la clairière. Il avait encore énormément de chose à faire au boulot, il devait réparer la vieille Rolls d'un client assez pointilleux. Il devrait y mettre toute sa concentration et non penser à Rose. Ca n'allait pas être simple du tout !
Il ne pensait pas qu'elle savait que c'était grâce à lui qu'elle allait mieux aujourd'hui. Il lui avait donné son sang devant toute cette assemblée vampirique… devant lui ! Et elle lui avait mortellement foutu la honte de sa vie. Il soupira, il en voulait encore un peu à sa belle de ce petit écart de conduite mais après tout… ils n'étaient pas encore ensemble. « Encore ensemble » ce qui voulait dire que là ils l'étaient ? Il n'en savait rien à vrai dire. Il aimerait dire oui mais trop de questions restaient sans réponses.
Rose, vampire de son état, manipulatrice, sadique mais aussi douce et sensible c'est ainsi qu'il comprit la valeur de son prénom. Lui c'était juste Paul, un loup, pauvre, vivant dans la modeste maison de ses parents décédés jadis. Tout les séparait en y pensant mais au final un simple lien les avait rapprochés de la plus agréable des manières.
Rose marchait, enfin à sa manière, elle devait voir Maria. Elle avait sa tête et elle savait qu'elle avait sa confiance et réciproquement. Elle devait la récupérer et la donner ce soir à Paul. Après tout elle n'avait pas fait tout cela en vain.
Une boule se forma soudain au creux de son ventre. Là- bas il y avait une horde de vampires sans âme et sans cœur. Arriverait – elle à subir leurs protestations et critiques ? Elle se sentait forte mais sans Paul à ses côtés elle pensait qu'elle ne valait plus grand chose.
Et Ian, serait –il là ? Rose s'en voulait tellement, jamais elle n'aurait voulu que tout se termine ainsi entre eux. Elle s'attendait à quoi au final ? Qu'il la comprenne et qu'il lui donne sa bénédiction ? Jamais il n'aurait accepté une telle trahison. Alors elle le comprenait et aurait fait la même chose à sa place…
_ Rose ?
Elle se retourna vivement. Ian… Quand on parle du loup… enfin du vampire, bref. Il la regardait sans aucune méchante émotion dans les yeux. Le cœur de Rose se relâcha instantanément.
_ J'allai faire vite, je ne voulais pas venir t'embêter lui dit –elle assez rapidement.
Ian soupira en s'essuyant la bouche du revers de sa manche, ses lèvres étaient encore rouge du sang tout frais qu'il venait d'ingurgiter. Rose se mordit les lèvres. Cela faisait plusieurs jours qu'elle ne l'avait pas vu et le voir ainsi, dans son costume noir et blanc impeccable et légèrement décoiffé lui donna des frissons. Rose aimait les belles choses et Ian en faisait parti. Elle ne bougea pas lorsqu'il s'approcha d'elle. Elle ne le fit encore moins lorsqu'il prit ses mains avec celles de la jeune vampire. Elle se sentait drôle.
Comme si elle le redécouvrait. Il était magnifique avec ses yeux bleus légèrement en amandes.
_ Tu me manques lâcha t- il enfin.
Le cœur de Rose loupa un battement.
_ Toi aussi murmura t- elle
_ Je crains avoir fait une erreur Rose en te congédiant de la sorte mais je me sentais si mal et trahis …
_ Je te comprends Ian, je me sentais mal également pour ce que je te faisais lui avoua t- elle en baissant les yeux.
_ Rose, ti amo, reviens –moi je t'en supplie l'implora t- il armé de yeux brillants à faire fondre l'or.
Ces yeux là avaient marchés bon nombre de fois. Rose avait le choix, et le plus simple serait de reprendre sa vie d'avant et de laisser l'erreur de côté.
Mais non, Paul avait besoin d'elle et elle de lui, elle ne pouvait lui faire ça. Pas après tout ce qu'elle avait enduré. Elle était sûre et certaine de l'aimer !
_ Ian, je… je ne peux plus faire marche arrière !
_ Je ne te reconnais plus Rose, où est la femme que j'aime ?
Il souffrait inévitablement.
_ Elle est morte je crois déclara t- elle d'une voix grave.
_ Moi je pense plutôt qu'elle se cache et qu'elle a peur. Seul moi connaît la vraie Rose ne l'oublie pas …
_ Jamais je ne l'oublierais dit Rose avec fermeté.
Il lui fit un pauvre sourire et vint tout doucement lui baiser la main. Rose ferma les yeux quelques secondes et lorsqu'elle les rouvrit il n'était plus là… Avait – elle rêvé ?
Une chose était sûre, elle venait bel et bien de choisir Paul contre Ian.
Elle avait donné rendez –vous à Maria et qu'elle fut la surprise de la jeune vampire lorsqu'elle la vit arriver au bras d'Adriano. Rose l'interrogea du regard mais l'autre fit comme si elle n'avait rien vu.
Elle tenait bien son paquet dans ses bras. Bien, au moins elle l'avait.
_ Qu'est-ce que ? Maria ?
_ Excuse –moi, j'espère que ça ne te dérange si Adriano est là…
Rose ne répondit rien. Elle voulait en finir et vite, elle étouffait trop ici.
_ Peux- tu me donner mon sac s'il te plaît Maria ?
Maria regarda Adriano qui lui fit un petit sourire malsain. Rose se mit sur le qui-vive. Qu'est ce qui allait encore se passer maintenant ?
_ Maria ? Donne moi ce sac… fit Rose en tendant un bras mais toujours en restant sur la défensive.
_ Sympa ce que tu fais pour ta conquête Roseria.
Elle fit la grimace, ce n'était pas souvent qu'on l'appelait ainsi.
_ Cela ne te regarde pas Adriano ! Fit la jeune fille piquée au vif
_ Oh la calme –toi jeune éperdue, est-ce si précieux à tes yeux ?
Il prit le sac d'une main et l'inspecta de haut en bas. Se pouvait –il qu'il ne soit pas au courant de ce qu'il y avait à l'intérieur ?
Rose en douta un instant mais sentit la colère monter en elle comme une flèche. Il ne fallait pas qu'elle s'énerve. Rester calme était la clé de tout.
_ Oui ça l'est dit –elle en serrant les dents.
En même temps aller risquer sa peau pour quelque chose, encore heureux qu'ensuite il était important. Elle ne le referait pas tous les jours…
_ Et tout ça pour ton clébard ?
_ Ne parle pas de lui ainsi ! Tu ne sais rien.
En deux secondes Adriano fut près d'elle une main lui serrant le menton pour qu'elle le regarde.
_ Imprudente ! Tu es devenue une demie –cervelle ! Bonne à devenir fille de joie ! Répliqua t- il avec une grimace de dégoût.
_ Je ne suis pas une prostituée ! Fit –elle sévèrement.
_ Bien sûr que si, mais en même temps, tu n'avais pas vraiment de sang royal, il était à prévoir qu'un jour ta nature te rattrape. Je me demande toujours ce que mon frère te trouve fit –il froidement.
L'instant d'après, Rose feula de toutes ses forces et arriva à se défaire de la poigne du jeune homme.
_ Tu ne sais rien répéta t –elle avec une envie meurtrière dans les yeux.
_ J'en sais déjà trop Roseria déclara t- il avant de la gifler violemment.
Le coup bien trop violent au goût de Rose l'envoya quelques mètres plus loin dans un nuage de poussières.
_ Tu me le paieras je peux te le jurer pesta – elle en se relevant et s'époussetant.
_ En attendant, prépare –toi, la grande finale approche, bientôt tous ne seront que des fantômes, ton loup y comprit, prépare ses arrières.
Et sans un autre regard, ils partirent. Rose s'avança et récupéra la tête non sans les insulter de toutes les insultes italiennes qu'elle connaissait. Elle rageait, Maria aussi était contre elle. Elle lui avait pourtant promis d'être toujours là pour elle.
Rose soupira, elle n'avait donc plus personne.
Elle décida de rentrer chez Seth pour se changer. Lorsqu'elle arriva, ils étaient tous à table. Ainsi qu'un homme qu'elle n'avait encore jamais vu. Elle se sentit soudain de trop. Ils étaient tous en famille et elle venait les troubler. Lorsqu'elle la vit, la mère de Seth vint tout de suite lui sauter dessus.
_ Ma chérie ! Où étais –tu cette nuit ? Tu n'es pas rentrée ? S'inquiéta t –elle.
Seth mit ses mains sur sa tête et leva les yeux au ciel. Rose quant à elle, sourit, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eut la protection bienfaisante d'une mère. Cette attention particulière la rendit heureuse quelques instants.
_ Maman, Rose ne dort pas voyons.
Rose sourit et remercia la mère de Seth pour sa grande bonté.
_ Rose je te présente Charlie, le papa de Bella que tu as surement dû déjà voir.
Rose fit une affreuse grimace sous les yeux amusés du plus jeune loup. Poliment elle fit un hochement de tête et intima Seth pour qu'il la suive.
C'est ce qu'il fit en silence. Il marcha dans ses pas jusqu' à sa chambre. Lorsqu'elle se retourna il était seulement à quelques centimètres d'elle. Ce garçon était vraiment étrange. Ils s'assirent tous les deux sur le lit et elle lui montra son bien. Seth fit une grimace horrible.
_ Tu m'interromps dans mon déjeuner pour me montrer ça ?
Il fit mine de vomir ce qui amusa la jeune fille.
_ Je te fais rire ?
Il arqua un sourcil à sa question. Elle reprit sa face impassible en un rien de temps.
_ Oui un peu, tu es amusant bébé loup.
_ Bébé loup… je suis plus grand et plus fort que toi je te signal ! Fit –il boudeur
_ Même pas en rêve dit –elle en se relevant et lui faisant un sourire.
Un magnifique sourire pensa t- il. Rose était sublime, gentille avec assez de caractère mais aussi sensible. Il rêverait d'avoir une copine comme elle.
_ Tu as un très beau sourire Rose lui déclara t- il soudain.
Arrête ça Seth, c'est l'imprégné de Paul se disait –il. Ce n'était pas bon ! Ca n'enclencherait que des conflits. Mais parfois Seth se disait qu'elle était trop bien pour son ami qui détestait les vampires. Pas comme lui.
Et ça n'y manqua pas, il l'avait troublé.
_ Je… je vais y aller… Paul m'attend fit –elle seulement.
_ Passe lui le bonjour dit naturellement Seth comme pour arranger le coup.
Elle lui fit un signe rapide de la tête et partie aussi vite qu'un coup de vent. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Rose secoua sa tête et tenta de ne plus y penser. Faire tourner la tête d'un deuxième loup n'était pas dans ses projets.
Lorsqu'elle déboula sur le sentier menant à la maison de Paul, elle put constater que seulement l'extérieur était allumé. Elle sourit, le grand Paul voulait se la jouer romantique ? Elle sauta agilement près de lui et attendit qu'il lui parle.
_ Ne fais pas ta timide Rose, tu as l'air crispée depuis que tu m'as quitté ce matin.
_ Un peu lui avoua t- elle, je ne suis pas habituée, c'est étrange.
Paul lui sourit et se leva pour la prendre dans ses bras. Elle se laissa faire et ferma les yeux. Elle aimait toutes les petites attentions qu'il lui donnait. Il était bien plus grand qu'elle et de ce fait il pouvait l'entourer aisément. Elle se sentait en sureté avec lui même si d'un côté cela ne servait pas à grand chose pour elle.
_ Tu voulais me dire quelque chose je crois Paul ? Lui dit –elle gentiment.
_ Oui… enfin ce n'est rien mais pour moi c'était important, tu te rappelles la nuit où tu es revenue d'Italie ? Que nous t'avons trouvé ? Enfin que je t'ai trouvé lui énonça t-il doucement.
Rose fit un oui de la tête. C'était lui qui l'avait trouvé en premier ? Elle sourit intérieurement.
_ Je … j'ai fait une chose que je ne suis pas bien sûr que tu te souviennes Rose.
Ils étaient toujours enlacés et Rose adopta une mine incompréhensive. Non elle ne comprenait pas du tout où il voulait en venir. Il fallait avouer qu'elle était très faible ce jour là. Le manque de sang, la souffrance à cause de Jane. L'épuisement aussi car elle avait été obligée d'utiliser son don pour se protéger.
_ Je…
Il n'arrivait pas à le dire. Avait –il honte ? Il cherchait ses mots et au final pourquoi ne pas y aller au plus direct ?
_ Je t'ai donné mon sang pour que tu survives au moins jusque chez les Cullen. Lui avoua t-il timidement.
Rose écarquilla les yeux de stupeur ? Jamais elle n'aurait cru être aussi surprise de sa vie ! Mais une question lui brula les lèvres.
_ Par obligation ou parce que tu en avais envie ? Lui demanda t- elle d'un ton tranchant qui dérouta le jeune homme.
Il ne réfléchit pas et répondit derechef.
_ Les deux … je n'aurais pas supporté te voir mourir Rose et même si c'est quelque chose qui avant me répugnais, je sais qu'avec toi c'est différent. J'en avais envie. Je voulais te savoir rétablit grâce à mon sang, un sang réparateur.
Rose fit une moue. Elle n'en croyait vraiment pas ses oreilles. Ce qu'il venait de lui dire dépassait tous ses rêves. Elle ne se rappelait même plus depuis combien de temps elle désirait son sang. C'était si improbable que Paul, ce loup à l'âme déchirée donne son sang un jour à un vampire. Et il l'avait fait pour elle. Elle n'avait plus de mot pour dire ce qu'elle ressentait. Mais le seul problème à tout ce beau tableau était qu'elle ne s'en souvenait pas. Le goût qu'il avait. Elle ferma les yeux. Il ne fallait pas qu'elle pense à ça. Ses crocs furent en appel. Ses pupilles se dilatèrent. Oh non ! Rose tenta de sa retourner. Mais elle ne le put à cause de lui. Elle pesta, elle ne voulait pas qu'il la voit ainsi. Si dépendante de sang chaud humain.
Il la tint fermement. Et l'obligea à le regarder. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il ne put que constater la couleur rougeâtre de ses yeux. Etrangement, il ne prit pas peur et se prit même à lui sourire. Ce garçon était décidément bizarre.
_ Fais –le Rose… lui dit –il sensuellement.
C'est comme si le pouls de la jeune fille s'accéléra, il lui avait donné son consentement. Et ça, c'était vraiment le plus beau cadeau qu'on lui ait jamais fait. Elle essaya de scruter son visage pour voir où serait le piège mais il n'y en avait pas apparemment.
Alors Rose tout doucement, même si ses pulsions lui dictait presque de lui dévorer la gorge, s'avança près du jeune homme qui ne bougeait pas d'un pouce. Rose se leva sur la pointe des pieds et avança son visage non pas près de la jugulaire de son amant mais de son visage. Tout doucement elle vint poser ses lèvres sur celles de Paul. Le loup lui répondit avec fièvre et le serra plus fort encore dans ses bras. Lorsque sa langue rencontra les canines de sa belle, il ne recula pas, au contraire, il approfondit le baiser encore plus. La poitrine de Rose était gonflée de désir. Réellement, elle n'avait jamais ressentit ça pour personne. Comment pouvait –elle encore douter de son amour pour lui ? Elle rouvrit les yeux et l'observa. Il était magnifique. Il faisait jeune mais elle s'en fichait bien ! Elle vint poser une main sur son visage et lui caressa doucement la joue.
Puis tout en continuant ses baisers, elle commença par lui mordiller le lobe de l'oreille. Elle sentit les frissons qu'elle lui procurait. Elle sourit et il le sentit. Puis continua jusqu'à poser ses lèvres dans son cou. Elle pouvait sentir son pouls qui s'accélérait de plus en plus.
Il resserra encore plus son étreinte autour de la fine taille de Rose. Il appréhendait un peu à vrai dire. Et Rose continuait ses caresses comme pour lui apaiser le cœur.
_ Je t'aime Paul … lui chuchota t- elle avant de planter ses crocs dans la veine de son partenaire.
Il n'eut pas mal, il pouvait sentir en lui le plaisir que prenait Rose à lui prendre son bien le plus précieux. Et il était certain d'être ainsi un privilégier avec elle. Certains liens sont très forts.
Rose n'en pouvait plus, jamais elle n'aurait crut pouvoir planter ses canines avec son consentement. Mais il fallait qu'elle s'arrête ! Elle sentait les forces du jeune homme s'amoindrir. Encore un peu et il perdrait connaissance. Mais elle ne pouvait plus bouger, sa bestialité avait l'espace d'un instant reprit le contrôle de son corps. Elle ne se contrôlait plus. Elle l'avait tellement désiré.
Et Paul qui ne l'arrêtait pas. POURQUOI ? Peut –être voulait –il voir si elle était digne de sa confiance ? Rose ne devait pas échouer à ce jeu alors avec une détermination farouche et après un effort surhumain qui lui avait fortement couté, elle se redressa. La première chose qu'elle fit fut de s'essuyer la bouche, elle ne voulait pas vraiment qu'il prenne peur.
_ Je vais m'asseoir un peu lui dit –il avant de reprendre sa place dans son fauteuil.
Elle s'en voulu instantanément. Certes elle avait pu s'arrêter, mais elle aurait dû le faire bien avant.
_ Je suis désolée …
_ Ne t'en veux pas Rose, je le voulais.
_ Tu dois certainement bien m'apprécier pour te laisser faire …
Elle n'en revenait toujours pas. Et lui, il lui fit un petit sourire. Cela faisait plusieurs fois qu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Et lui ?
_ Effectivement.
C'était déjà un bon début. Paul l'aimait, certes d'un amour irrévocable mais aurait –il assez de courage en lui pour lui dire ? S'il lui disait, il était fichu ! Il voulait d'abord voir si tout était sincère et durable. Il ne voulait pas subir une énième humiliation… Il ne le supporterait pas. Surement sa nature lupine prendrait parfaitement position sur l'ensemble de son corps. Et seul dieu sait ce qu'il serait capable de faire, et à qui.
Et également, ses légendes, elle ne les savaient pas et ne risquait pas de les savoirs pour l'instant. Comment réagirait –elle si elle savait qu'elle était liée à lui à cause d'une magie ancestrale ? Au final l'imprégnation qui juste approfondir et décupler des sentiments qui serait né ou qui résident déjà dans le cœur de la personne. Rose avait de forts sentiments à son égard, elle le lui avait déjà avoué un jour.
Il sourit et elle s'assit à côté de lui. Tout deux étaient silencieux et regardaient le soleil se coucher au loin mourant dans la forêt. Soudain Paul sans la regarder lui prit une de ses mains. Jouant avec il entrelaçât ensuite ses doigts avec ceux de la jeune fille qui ne broncha pas.
_ Je t'écoute Rose, tu avais quelque chose à me dire je crois. Dit –il d'une voix aussi douce que le vent qui balayait les longs cheveux corbeaux de la jeune fille.
C'était le moment où elle devait déballer son sac aux sens propre comme figuré. Elle prit une profonde inspiration silencieuse et commença son récit en n'oubliant aucuns détails. Parfois Paul fronçait les sourcils mais ne disait rien, il voulait la laisser parler sans l'interrompre. Et lorsque vint la partie la plus sombre un grognement se fonda dans sa gorge. L'idée qu'un autre ne la touche le dégoutait et lui donnait une rage incomparable. Qu'il l'ait vu dénudée ou pire lui donnait des envies de meurtre. Rose tenta de le calmer en lui faisant une douce caresse de son pouce. Ses tremblements s'atténuèrent. Paul fit une grimace et s'autorisa un seul commentaire.
_ Te savoir dans les bras d'un autre, m'est insupportable…
_ Dis- le moi Paul, j'en ai besoin…
_ Je ne peux pas, je dois attendre répliqua t-il en baissant le ton.
_ Je ne te comprends pas, vu tout ce que tu fais pour moi, il m'est impossible de croire que tu ne m'aimes pas.
_ Je n'ai jamais dit ça ! Se défendit- il
_ Mais tu n'as pas non plus dit ce que tu ressentais fit –elle blessée.
_ Pardonne –moi ! C'est trop tôt Rose…
_ Oui après –tout nous avons l'éternité pour nous aimer fit –elle dans un soupir.
_ Sois patiente Rosa dit –il en venant lui baiser une main.
Parfois Ian lui faisait la même chose. Elle chassa de suite ces images d'un secouement de tête.
Ce fut suivit d'un long silence que Rose brisa quelques minutes plus tard s'étant résolut à son mutisme.
_ Je n'ai pas fini, Paul si je suis là aujourd'hui devant c'est bien que tu te doutes que j'ai réussis ma mission. Voilà, je t'ai apporté un présent.
Rose lui tendait le paquet de forme douteuse qu'il prit avec un peu d'hésitation et lorsqu'il ouvrit le sac après avoir doucement tiré sur la ficelle, c'est une énorme grimace de profond dégoût qui se dessina sur son beau visage. Elle l'avait fait, pour lui ! Elle avait risqué sa vie pour lui. Tant de siècles accumulés qu'elle sacrifiait ! Une boule se forma dans la gorge de Paul et il ne put plus parler. Ce cadeau qu'elle venait de lui faire, était le plus beau de tous les cadeaux ! Personne ne pourrait jamais rivaliser, c'était impossible. Se levant brusquement il lui attrapa les mains et la fit se lever. Et après quelques secondes il la serra fort dans ses bras. Tellement fort que Rose malgré sa grande force crut étouffer.
Enfouie dans son cou il ne cessait d'alterner les baisers et les paroles de gratitude. Il avait envie de pleurer tellement il était heureux !
_ Comment ais-je pu être aussi bête Rose ? Comment ne pas t'aimer ? C'est vraiment la plus belle preuve que tu aurais pu me faire !
_ Tu… m'aimes ?
_ Oui Rose, je t'aime du plus profond de mon être dit –il en venant poser son front contre celui de sa dulcinée.
_ Enfin dit –elle en venant prendre possession des lèvres charnues de Paul.
Des milliers de sensations les traversèrent. Cet instant était magique jusqu'à ce que Seth arrive en courant à quatre pâtes.
Lorsqu'il se métamorphosa en homme Paul lui fit les gros yeux.
_ Effectivement t'es pas un bébé Seth lui dit la jeune vampire en restant bloquée sur son entre-jambe.
Paul vint derechef cacher les yeux de sa belle.
_ Ca va pas Seth ? T'es pas bien ou quoi ? S'exclama le jeune Quileute outré par l'attitude de son frère de meute.
_ Faudra bien qu'elle s'y habitue mec ! Mais y'a plus urgent pour l'instant ! Rose … j'ai une terrible mauvaise nouvelle pour toi…
Seth était à bout de souffle signe qu'il avait courut très vite.
_ Quoi ? S'exclama t- elle commençant légèrement à paniquer.
Que pouvait –il d'y avoir pire que sa vie en ce moment ?
_ L'i…l'italien, Ian est en train… de mourir ! Annonça t-il sombrement après avoir prit une grande inspiration.
Chapitre XX
Rose resta immobile. Tout venait de se passer trop vite, Comment cela était –il possible ? Ian ? Mourir ? Mais comment ? Elle se tourna vers Paul qui n'avait aucune émotion sur le visage. Il restait impassible.
_ On y va souffla t-il avant de commencer à se déshabiller sous le regard courroucé de son aimée.
_ Je ne veux pas te forcer Paul fit –elle d'une voix étranglée tandis qu'il enlevait sa veste.
Oui, elle ne voulait pas plus qu'il ne souffre mais c'était important pour elle et il devait bien s'en douter. Elle le remercia car cela ne devait pas être simple pour elle.
_ Qui lui a fait du mal ? Un vampire ne peut pas mourir ainsi, seulement de fatigue, de soif ou démembré ?! S'écria Rose tandis que les deux loups couraient à ses côtés.
Ils ne pouvaient pas parler avec elle cependant Seth percevait parfaitement les idées meurtrières de son ami. Quelque chose lui disait qu'ils n'allaient pas passer de bonnes minutes. Rose arriva en trombe dans la villa des Cullen. Elle était silencieuse, tout le monde semblait choqué de cette nouvelle mais la question qui revenait le plus souvent était : pourquoi ?
Cette histoire était incompréhensible !
Elle ne franchit même pas le pas de la porte qu'une main forte l'arrêta dans son élan. Elle sursauta et resta sous le choque.
_ Adriano laisse- moi passer je t'en pris ! L'implora t- elle.
_ Non ! Répondit –il d'une voix qu'elle ne lui connaissait pas.
Et alors elle comprit ce qu'il pensait et la colère s'empara d'elle subitement.
_ Tu penses que c'est ma faute n'est- ce pas ?
_ Tous les malheurs qui nous tombent dessus arrivent depuis que tu es partie pour ce batard ! Explosa t-il laissant vaquer toute la colère qui l'habitait.
Rose recula d'un pas. Adriano le redoutable explosait de fureur. Ce fut le moment que choisi les deux loups pour rentrer. Paul s'avança vers le vampire et grogna férocement en montrant ses dents ! Comment osait –il s'attaquer à Rose ?
_ Tiens, ton chien-chien est venu avec toi ? Preuve de ta culpabilité et surtout de ton manque total d'émotion ! Mon frère meurt ! Explosa t-il laissant son chagrin l'emporter.
_ Mais ce se passe t-il ici ? Demanda Alice qui descendait doucement les escaliers.
Rose courut dans sa direction et lui attrapa vivement les mains, ses yeux étaient exorbités.
_ Alice, explique- moi je t'en supplie ! Que se passe t-il ? Ian, où est –il ?
Alice détourna son regard comme gênée et son regard se posa sur celui de Paul.
_ Il est dans le bureau, il ne cesse de répéter ton prénom Rose.
Et sans demander son reste, Rose monta quatre à quatre les marches, elle les monta tellement vite que certains chapeaux de cérémonie tombèrent des tableaux accrochés au mur. Elle ne voulait pas arriver trop tard.
Là-haut, il y avait beaucoup d'activité, tout le monde courait, criait, et Rose fut perdue. Elle ferma les yeux et se concentra, une faible voix retentit parmi tant d'autres et Rose se dirigea vers elle.
_ Ian … fit –elle bouleversée en le voyant dans ce lit si grand pour lui.
Ils lui avaient aménagé une vraie chambre de malade et c'est à ce moment que Rose réalisa les paroles de son ami. Ian mourait et pas des plus douces manières, il avait tant souffert, tant crié qu'à présent il n'avait plus assez de forces pour lutter. Un mal intérieur le ronger de tout son être, son éternité disparaissait et même le docteur n'en trouvait pas la cause.
Elle n'osait approcher. Le docteur avait les traits tirés, habituellement, il savait tout soigner ! Alice la poussa presque à l'intérieur.
_ Si tu n'entres pas le voir Rose, tu le regretteras. Lui murmura t- elle.
Rose commençait à avoir les yeux qui lui piquent sauvagement. Signe des prémices de larmes ne tardant pas à tomber sur ses joues porcelaine. Elle se croyait dans un de ses cauchemars les plus fous…
Comme un robot, sans vie, elle avança alors à travers la foule oppressante. Plus elle se rapprochait de ce corps en apparence sans vie, plus son cœur se serrait. Elle sentait qu'elle allait étouffer. Arrivé à sa hauteur, elle n'imaginait pas le voir ainsi, c'était pire que tout. Sa peau si belle, si blanche, était devenue d'une couleur verdâtre, de profonds cernes lui entouraient les yeux et la souffrance lui creusait les joues. Roseria ne pensait pas voir cet homme si magnifique, si majestueux un jour dans un tel état et ça la tuait.
Il ne bougeait pas, seuls ses yeux restaient ouverts, peu à peu ils se voilaient d'un blanc nacré. Elle lui prit une main et constata qu'elle était encore plus froide qu'accoutumée et surtout qu'elle était rêche. Elle renifla bruyamment et seulement à ce moment on prit conscience de sa présence.
_ Rose… No piangere…
Cette phrase, il lui avait dit tellement de fois déjà… elle avait toujours sut rester plus ou moins forte mais là, cela dépassait tout ce qu'elle avait pu endurer et c'était la goutte d'eau en trop.
_ Ian, pardonne- moi, je t'en pris, ne pars pas me croyant aussi mauvaise ! Je t'ai toujours aimé comme une femme aime son amant ne doute jamais de mon amour !
Il lui fit un pauvre sourire. Légèrement elle tourna la tête, Paul se tenait près de la porte. Il écoutait. Voulait se rassurer. Mais elle n'avait pas la force de contrôler ses mots, elle devait lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur.
_ Tu es mes plus beaux souvenirs sur cette terre, tu m'as été ce dont j'avais de plus précieux, tu m'avais promis de ne pas m'abandonner Ian… beugla t- elle n'arrivant plus à parler tellement sa gorge était nouée.
Paul était tendu, elle percevait sa colère en elle comme si c'était la sienne. C'était frustrant.
_ Emporte avec toi tous ces beaux souvenirs du passé que nous avons partagé avec amour…
Elle ne pouvait pas le laisser partir, il ne pouvait s'en aller ! Son pilier dans ce monde s'écroulait lamentablement. Le docteur vint alors lui poser une main sur son épaule en signe d'encouragement.
_ Je n'oublierais rien de nous Rose, tu es mon meilleur souvenir. Tu es le plus beau de mes rêves, tu as été la référence de mon existence, la marque de mon esprit et toute la beauté de mon âme...
_ Non... ne meurs pas Ian, je t'en pris reste avec moi ! J'ai besoin de toi ! Criait- elle comme une hystérique.
_ Je m'en vais, j'ai déjà bien assez vécu, je t'en prie, soi heureuse...
_ Pas sans toi renifla t- elle en posant sa tête dans une des mains faibles de Ian.
_ Il le faudra bien, Rose...
_ Ti amo Ian, crois- moi, je t'ai toujours aimé...
Il lui sourit et tenta de lui caresser la joue. Seulement, il était déjà trop tard et sa main n'attint jamais sa cible. Elle devint dure comme tout le reste de son corps, comme s'il se momifiait sur place. Rose fut choquée de cette vision, jamais au grand jamais elle n'aurait crut voir Ian mourir. C'était invraisemblable. Elle se dit qu'elle ne le reverrait jamais et cela l'a mis dans une colère noire, ses yeux étaient meurtriers. A ce moment là, elle aurait voulu tout détruire sur son passage !
Elle sentit une énergie mortelle la submerger. Elle voulait hurler toute sa rage. Elle était aveuglée par son désir de vengeance, de tuer !
Elle se leva et se retourna vivement faisant sursauter les vampires les plus proches. Cette lueur incandescente ne leur disait rien qui vaille.
_ Ian a je le crains été empoisonné et si j'en crois les diagnostiques, ce produit peut tous nous tuer. C'est quelque chose que je n'avais jamais vu de mon existence. La question qui reste à élucider est d'où vient- il ? Qui a pu lui administrer ? Ian n'était pas un simple d'esprit, sa sagesse était connu de tous pourtant il était impitoyable avec ses ennemis et ceux qui voulaient du mal à sa famille. Celui ou celle qui a fait ça, le connaissait bien malheureusement, je pense qu'il s'est fait trahir dit le docteur sombrement.
Et comme par hasard toutes les têtes convergèrent d'un seul et même mouvement vers Rose qui pâlit subitement.
Elle ouvrit et referma tout de suite la bouche, la simple idée qu'on puisse la soupçonner de la mort de Ian lui fut insupportable.
Un prit la parole puis un autre eut le courage de se mesurer à elle et c'est toute la foule dans son ensemble qui l'accusa de toutes les manières possibles. Elle chercha Adriano des yeux espérant qu'il la soutiendrait car jamais en cinq siècles elle n'avait voulu faire du mal à Ian et encore moins aujourd'hui…
Elle essuya des larmes rageuses et voulu partir. Un la retint.
_ Etrange qu'il meurt lorsque tu le quittes pour ton batard n'est-ce pas ?
_ Coïncidence siffla Rose.
_ Tu voulais t'en débarrasser car tu savais qu'il serait un frein pour ton amourette ?
_ Je…
_ Dégage d'ici, tu n'es pas digne d'être une des nôtres !
_ Mais …
On la poussa sauvagement et Paul voulu de suite intervenir. Mais on le bloqua également. Et sans un mot de plus, Rose écarta tout le monde et partit en courant hors de cette villa devenue bien trop étouffante à son goût. Elle ne regarda même pas Paul en sortant ce qui blessa profondément le jeune homme qui ne cessait de l'appeler à travers la foule.
Rose courait, encore et encore, elle ne voulait pas s'arrêter ! Elle voulait s'éloigner de tout ça, de cette armée de vaut rien qui ne cessaient de l'accuser d'un meurtre qu'elle n'avait pas commit.
Rose voulait savoir, voulait découvrir qui avait fait ça et pourquoi, dans quel but ! Elle s'assit et fit la liste des personnes susceptibles mais à part son loup et elle ne pouvait le concevoir, personne détestait Ian, au contraire. Seuls les Volturis voulaient leur peau et il était impossible que ce soient eux, ont aurait flairé leur trace aussitôt. Alors elle songea, peut –être que c'était eux par l'intermédiaire de quelqu'un. Elle divaguait, elle voulait tellement trouver l'identité de l'assassin qu'elle en perdait la raison ! Un vampire empoisonné, jamais cela ne c'était produit dans toute l'histoire de l'humanité.
Elle voulait le ou la trouver c'était certain et elle savait qu'il était encore ici.
Après de longues heures passées à débattre intérieurement elle dut se résoudre au fait que seule et en plein milieu de nulle part, elle ne le trouverait pas. La bataille finale approchait à pas fulgurant, pourtant ce ne fut plus sa priorité. Elle avait promit à Renesmée qu'elle serait là pour elle mais Ian passait malheureusement en premier plan. Tous l'avaient abandonné et accusé. Il n'y en avait pas un seul qui avait prit sa défense excepté son loup.
_ Paul … souffla t- elle
Elle l'avait lâchement abandonné là-bas et elle s'en voulait mortellement. Elle décida de rebrousser chemin et se posta devant chez lui. Il était rentré cependant elle percevait son aura complètement dévastée.
Il l'avait sentie arriver pourtant son humeur n'était pas au beau fixe. Il ne savait plus quoi penser d'elle. Dès qu'ils trouvaient un moment propice pour leur amour, quelque chose venait toujours les arrêter.
Quelques minutes plus tard, le jeune homme vint lui ouvrir doucement mais ne laissa passer que sa tête ce qui surprit la jeune fille. Bien. C'était un message codé pour lui signifier qu'il ne voulait pas d'elle, pas la voir pour l'instant. Un de plus.
_ Je n'ai pas ma place ici, dans ce monde, c'est le tient ! Pas le mien ! Je ne m'y sens pas à l'aise, tous me rejette, je vais renter chez moi. Plus rien ne me retient ici désormais. Déclara t- elle en baissant la voix au fur et à mesure que ses paroles la tuaient.
Elle croyait que si elle le devançait, ça serait moins douloureux pour elle.
_ Plus rien hein ? Commença Paul ironiquement.
_ Ian est mort, chacun doit faire son deuil. Il ne me reste plus rien, Adriano ne me parle plus et je le comprends, j'ai pêché bien souvent depuis que je suis ici. Tous me croient coupable du meurtre de Ian et je ne peux supporter de vivre avec des gens qui me croient capable d'une telle horreur !
Paul émit un petit rire faux, il était tendu. Il tenait fermement sa porte entre ses doigts et le bois commençait à craquer sous la pression. Elle n'avait encore rien compris. Et il était fatigué de lui courir sans cesse après. Elle ne savait décidément pas ce qu'elle voulait.
_ Tu peux partir aussi loin que tu le voudras, je ne te retiendrai pas. Et si un jour nos chemins devaient se recroiser Rose, je voudrais que tu me regardes avec des regrets, que nos souvenirs reprennent tes pensées. Que tu te dises au fond de toi que tu ne pourras jamais m'oublier aussi facilement que tu le croyais. Je veux voir dans tes yeux de la peine et de la détresse. J'ai envie que tu ressentes ce que j'ai ressenti pendant tellement longtemps, juste l'espace d'un instant. Je veux que tu souffres comme j'ai pu souffrir, c'est tout ce que j'ai à dire.
Et sans un regard pour sa belle, il referma la porte sur elle la laissant là pantoise ne sachant que faire et que dire. Aurait-elle le courage de partir, de laisser Paul ? Sa vie sans Ian pouvait- elle repartir à Florence ? Elle ne pouvait revenir en Italie, pas avec ce qu'elle avait fait plus tôt, si elle y retournait cela voulait dire qu'elle préparait son cercueil. Et bien souvent en ce moment elle se disait qu'elle en avait marre de vivre, elle était définitivement seule. Elle avait perdu tous ses repères. Peut- être n'était-ce pas une si mauvaise chose que ça de rentrer. Si elle mourrait tous seraient débarrassés d'elle après tout.
Chapitre XXI
Paul, était depuis quelques heures déjà assit dans son canapé, une bière à la main et songeait. Ni la télé ni la radio n'étaient allumées, seul un silence oppressant occupé la pièce. Le Quileute avait les yeux ouverts et fixait un point sans but précis. Parfois il soupirait, parfois il fermait juste les yeux en signe de fatigue ou d'intense réflexion.
Autour de lui sur la table basse du salon figuraient de nombreux documents, parchemins et autres livres poussiéreux qu'il avait put emprunter à la bibliothèque. Tous avaient le même sujet : Roseria De Lante Rodriguez tueuse sanguinaire durant des siècles entiers. Prédatrice sans cœur, sans âme, dénuée de sentiments et pourchassée sur plusieurs continents. Cette Roseria là, Paul ne semblait pas la connaître.
Flash- Back :
_ Bonjour, où puis-je trouver vos documents datant du 16 ème ou 17 ème siècle s'il vous plaît ? C'est important…
La bibliothécaire à l'allure toute aussi ancestrale que ses bouquins lui jeta un regard de biais tout en rajustant ses lunettes sur son nez crochu. Elle l'inspecta grossièrement du regard pour tenter de savoir s'il venait en intrus. Un parasite venu troubler son environnement… Rien de tel ne lui sauta vivement aux yeux puisqu'elle décida de lui indiquer les rayons.
Paul la suivit à travers les allées poussiéreuse et puant le bois moisit. Une fois seul, il put s'affairer à trouver l'objet de ses recherches. Ou plutôt les. Il y avait des tonnes et des tonnes de livres où son nom figurait. Paul avait mal d'avance à la tête. Il les prit tous et commença à s'installer à un table bancale. Il lut une puis deux puis trois et tous les livres en pas moins de quatre heures. Il ne lui en restait qu'un et il put le rapporter chez lui. Il en avait trop lu pour l'instant. Il avait bien faillit vomir ses tripes plusieurs fois en parcourant les pages.
En la regardant, jamais il n'aurait crut possible qu'elle puisse prendre plaisir à tuer des enfants. Ca lui arrachait le cœur. Paul eut la nausée et repartit chez lui.
Elle n'était qu'un monstre à cette époque… et cela le peiné énormément.
Fin du flash-back :
Paul ne pensait pas que Rose avait tué son ex-fiancé, c'était si improbable. Et pourtant… devant lui beaucoup de preuves témoignaient de son sens aigue des affaires à régler d'urgence. Et justement, là n'était pas sa manière de tuer. Elle préférait les morts violentes et sanguinaires à l'effigie de sa réputation.
*Rose…* Il ne cessait de penser à elle. Où pouvait –elle bien être en ce moment ? Que faisait –elle ? Il savait très bien qu'elle n'était pas à la villa des Cullen, pas après tout ça mais il savait de source sûre qu'elle n'avait pas quitté le pays ni même la région. Il espérait que tout irait bien pour elle. En ce moment elle était trop fragile. Malgré sa colère noire contre elle, il ne pouvait la détester. Voila même la preuve de son intérêt pour la disculper, il cherchait la vraie raison du meurtre de son ex-fiancé. Il était sûr et certain que Rose n'y était pour rien. Ils n'avaient pas besoin de la bénédiction de l'italien pour être heureux ensemble. Un bonheur qu'il n'aurait peut- être plus la chance de partager à ses côtés. Il soupira d'agacement. Lorsque cette guerre serait terminée, plus rien ne pourra se mettre entre eux. Tout le monde repartirait chez lui, ils gagneraient contre les volturis et voila, tout rentrerait dans l'ordre.
Chapitre 22
Les livres entiers qu'il lisait, des livres de récits atroces, de témoignages réels de gens crus fou à lier.
Chapitre 23
"C'est un peu la folie à Forks en ce moment, tout le monde s'agite, affolé, pris de panique. Les Volturis sont à moins de deux jours de marche. Peut- être n'auront nous pas à nous battre, peut -être que si. Il y aura surement des pertes lourdes de conséquences à l'issu de cette bataille mais une seule personne ne m'importe... Paul. Vivre sans lui me serait insupportable. Surement me suiciderais-je si je n'arrivais pas à le protéger correctement. Ma Renaissance m'a donné un don, je devais tout faire pour le mettre au profit des autres. J'ai appris beaucoup de choses ici. Comment respecter malgré moi une personne que je considère inférieure à ma personne entre autre. Je voyais Paul ainsi jadis. Cependant je l'ai découvert comme étant la personne la plus entière, sensible et passionnée qu'il ne m'est jamais été permis de voir. Voila pourquoi je donnerais ma vie pour lui. Mon existence toute entière je lui confie même si je sais qu'il n'accepterait pas de me voir partir avant lui. Nous nous battrons ! Nous avons accompli trop de chemin pour tout arrêter d'un seul coup."
« La grande bataille approchait et je savais au fond de moi que tous avaient peur, même les loups avaient une petite appréhension. Les deux meutes s'étaient enfin réconciliées. Jacob avait accepté les excuses de Sam qui avait fait le premier pas. Mais on savait tous qu'Emilie l'y avait poussé… sauvagement.
Je me sens fort aujourd'hui, je sens en moi toute la puissance fruit de mes entrainements conséquents. Rose aime bien me flatter sur ma musculature. Et j'en suis fier ! Si j'avais su que nous finirions ainsi tous les deux… Je veux qu'elle reste près de moi lorsque le combat débutera, rien que l'idée qu'une de ces sangsues italiennes ne la touche et je sais que je ne répondrais plus de moi ! Cette Jane- là, je sais que je n'en ferais qu'une bouchée. Je rêve chaque nuit de les voir morts, démembrés et pourrissant sur nos terres jusqu'à la fin de mes jours.
Et qu'adviendrait –il de nous lorsque tout serait fini ? Je ne cesse de penser que Rose voudrait repartir chez elle, avec les siens. Seule cette bataille l'attache de pied ferme à Forks. Serais-je prêt à quitter tous ceux que j'aime, mes frères ? La meute ? Et s'ils avaient besoin de moi pou une affaire grave ? Je ne pourrais les aider d'Italie ! C'est à l'autre bout du monde ! Je suis perdu, cette fille m'aura décidemment retourné le cerveau ! »
Et en parlant de fille Paul ce jour –là s'était promis d'aller voir April ! Cela faisait quelques jours qu'il n'avait plus eus de nouvelles et depuis leur rupture il ne l'avait pas recontactée. Il s'en voulait un peu d'avoir été si dur. Tout ce qu'elle voulait était de protéger les siens. Venant d'une autre meute que la leur si spéciale, il aurait du se douter qu'elle ne comprendrait pas tout de suite. Et surtout qu'elle serait en colère. Rose lui avait dit qu'elle avait pratiquement avoué qu'elle y était pour quelque chose dans la mort de Ian, Paul voulait le confirmer et surtout lui faire avouer comment elle s'y était prise ! Quel est son secret ? Pourquoi avoir fait ça ? Dans quel but !
« D'une autre meute » _ Ou pas s'écria t- il !
Il souffla bruyamment.
_ Bordel ! Jura Paul
_ Que se passe t-il ? Demanda Rose gentiment en lui passant une main dans le dos.
_ J'arrive pas à réfléchir ! S'énerva t- il
Elle émit un petit rire. A chaque fois que quelque chose le perturbait il ne pouvait s'empêcher de s'énerver et de crier.
_ Dis –moi ce qui te tourmente louveteau fit –elle en contournant le fauteuil et venant s'asseoir sur ses genoux.
Ce surnom elle avait pris l'habitude de le garder. Paul mit instinctivement ses bras autour de la fine taille de Rose qui le fixait avec une attention hors normes. Il savait qu'il avait presque réussit à refaire tout le puzzle, quelque chose manquait.
_ Cette Abhaya tu ne l'as jamais revue n'est-ce pas ?
_ Effectivement répondit Rose en serrant les dents.
_ Et April t'a pratiquement avoué que Ian était le premier d'une grande épidémie…
_ Oui…
_ Pourquoi crois-tu qu'elle s'en est pris à Ian ?
_ Je ne sais pas avoua la jeune fille prenant immédiatement une mine sombre.
Elle était encore fragile quant à cette histoire.
_ Rose, il ne serait pas incertain qu'April soit l'unique descendante de ta fugitive et qu'elle veuille s'en prendre à tous les vampires ! Ian et toi en particulier.
_ Quoi ? C'est…
_ C'est possible Rose, tu ne sais pas ce qu'est devenue cette jeune fille. Les gènes lupins sautent parfois des générations mais elle a pu se renseigner et savoir d'où elle tenait cette particularité. Elle veut continuer la vengeance de son ancêtre ! Rose tu n'es plus à l'abri ici ! S'exclama t- il
Rose se leva vivement et alla se poster devant la fenêtre. Elle tripota ensuite les pans du rideau et réfléchit. Elle était si bête ! Elle aurait du s'en douter ! C'était évident lorsqu'on y pensait.
_ Elle est arrivée lorsque tu es partie mais comme par hasard, vous arrivez après une altercation avec les Volturis et elle déboule quelques jours après.
_ Je vais la tuer ! Siffla Rose les yeux rouges de fureur.
_ Non ! Dit Paul posément en se levant également.
Il contourna le canapé en silence et à la hauteur de Rose, l'a pris par les épaules.
_ Tout ce que tu as à faire Rose c'est de rester ici sagement et de te préparer pour demain. Imagine une seule seconde qu'elle puisse te prendre par surprise et t'injecter le sébum ?
_ Nous ne savons pas comment elle a put le mettre !
_ Justement, je ne veux pas prendre le risque. Je ne l'ai jamais vu au combat, je ne sais pas qu'elle est sa force !
_ Sache jeune homme que je suis forte !
Paul fit un petit sourire.
_ Je le sais Rose mais laisse –moi juste le bénéfice du doute. A moi elle ne me fera rien. Lui assura t- il
_ Je veux pas !
Paul releva un sourcil inquisiteur.
_ Pourquoi ? S'étonna t –il
_ Parce que vous avez déjà… c'est une fille, je sais comment sont les chiennes en chaleur fit Rose le menton levé et l'air hautain.
_ Tu as peur que je tombe dans ses bras ? Mais c'est ridicule ! Rit- il soudain.
_ J'ai confiance en toi mon amour, mais c'est en elle que je perçois tout le mal !
_ N'ais – pas peur je serais vite de retour Rose. Dit –il en venant lui faire un petit bisou sur le front.
Il partit bien vite avant que Rose ne lui fasse une crise. Il aimait ça, sa jalousie. Cela prouvait qu'elle tenait à lui. Par le lien de l'imprégnation il le savait mais le savoir et le voir étaient deux choses différentes. Un sourire naquit sur ses lèvres. Dieu qu'il aimait cette femme. Comment pouvait- elle penser qu'il irait voir une autre ? Rah c'était ridicule.
Bien trop vite à son goût il attint la maison de son frère Embry. Sa cousine… Il lui devait des explications celui-là aussi. Si elle était réellement l'unique descendante d'Abhaya alors leurs liens dits familiaux étaient faux. Et il lui avait menti. Trop de choses coïncidaient. Il descendit de la moto, et d'un pas assuré se posta devant la porte en chêne. Il toqua trois fois. Madame Call vint lui ouvrir.
_ Oh Paul qu'elle bonne surprise ! Cela faisait un bon bout de temps que je ne t'avais pas vue dans le coin ! S'écria t- elle avec un grand sourire maternel.
Paul reçut cet accueil avec chaleur. Il l'embrasse chaleureusement ensuite.
_ Vous allez bien Madame Call ? Demanda t- il
_ Toujours la même habitude. Mais rentre dit –elle en se poussant, j'étais en train de faire une tarte aux cerises.
_ Ma préférée répondit poliment Paul avec un sourire en coin.
_ Tu peux rester pour le goûter si tu veux mon grand, Embry n'est pas encore rentré mais…
_ Ce n'est pas Embry que je suis venu voir, mais April est –elle là par hasard ?
_ Oh oui elle est là haut tu peux monter mais enlève tes chaussures mon grand, je viens de cirer l'escalier répliqua t- elle en retournant à ses fourneaux.
Paul émit un petit rire d'être traité comme un enfant mais à chaque visite elle était comme ça. Doucement il monta les marches après avoir comme d'habitude soigneusement rangé ses chaussures. Il était persuadé qu'April savait qu'il était là. Lentement il tourna la poignée de la porte après avoir entendu un petit « oui » provenant de la pièce. Elle était allongée sur son lit telle que l'aurait pu être une jeune fille normale. Sauf qu'elle ne l'était pas. Il devait rester calme.
_ Salut lui dit –elle en ne relevant pas son nez de l'ordinateur sur lequel elle travaillait.
_ Salut répondit machinalement le jeune homme.
Il y eut un silence terrible. L'atmosphère pesante rendait la tension palpable. Paul était tendu. Il ne parlerait pas tout le temps qu'elle n'aurait pas éteint son machin de malheur. Il ne désirait pas parler à un mur. Ce qu'il avait à lui demander était capital, important. Quand enfin elle se rendit compte du problème, elle poussa l'objet sur le côté et se rassit en tailleur. Elle soupira et posa également ses lunettes sur la table de nuit.
_ Que me vaut l'honneur d'avoir la visite du grand Paul Lahote ? Ironisa t- elle
En lui, un tremblement se fit naître. Ca n'allait pas être de la tarte. Cette fille commençait déjà à le mettre ses les nerfs.
_ Arrête ça. Tu ne sais même pas pourquoi je suis venu. Dit –il d'une voix tranchante.
_ Pour t'excuser de tout ce que tu m'as fait subir ?
Cette phrase le dérouta. Il ouvrit grand les yeux. Il s'avança d'un pas. Il ancra profondément ses yeux dans ceux si noir de la jeune fille. Elle le défiait réellement. Brusquement, coupant court à leur « communication » silencieuse, elle se leva et vint se poster juste devant lui. Paul la surplombant pourtant de deux têtes et demi fut impressionné de sa détermination farouche.
_ Tu devrais avoir peur de ce que je vais te dire jeune imprudente dit doucement le jeune homme.
_ J'encaisserais le coup t'inquiète pas dit –elle méchamment.
_ Es-tu réellement la cousine d'Embry ? Demanda t- il un peu trop sèchement à son goût.
Elle sourit diaboliquement d'abord puis éclata de rire ensuite. Paul ne saisit pas tout. Puis elle vint poser une main chaude contre la joue de Paul qui ne broncha pas. Si elle voulait l'amadouer c'était raté.
_ Si ta sangsue te dit de te jeter d'un pont tu le fais hein ?
_ Tu te moques de moi là n'est-ce pas ? Articula Paul sentant la colère lui monter au cerveau.
Elle le prenait pour un con c'était évident.
_ Je répète puisque tu ne sembles pas avoir tout saisis la première fois ! Es-tu la cousine d'Embry oui ou non ?
_ Cette question est déroutante.
_ Contente –toi juste de répondre April fit –il d'un ton lassé.
_ Et si je ne veux pas ? Répondit –elle avec un ton de défi.
_ Je t'y obligerais !
_ Ah oui et comment ? Ce n'est pas sous la torture que tu obtiendras quelque chose de moi chéri …
_ Tu n'auras rien de plus, nous deux c'était une erreur fit Paul. Tu savais déjà que j'aimais quelqu'un d'autre.
_ Si j'avais pu prévoir que c'était elle ça m'aurait évité bien des soucis fit la jeune fille avec un grand sourire.
_ Alors j'ai raison n'est-ce pas ? Qu'elle est ta couverture April ? Tu as tué Ian avec un espèce de poison pouvant tuer les vampires ?
_ Perspicace le loup mais pourquoi en es –tu venu à la conclusion que c'était moi ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
_ Tu l'as pratiquement avoué à Rose et j'ai fait des recherches sur ta famille.
_ Oh je meurs d'envie d'entre ça s'exclama t- elle.
_ Où est –il ? As- tu le remède ? Dis- le moi
_ Pourquoi te dirais –je une telle chose Paul ? Tu ne mérites pas ma confiance. Tu es des leurs désormais. Un esclave d'une sangsue. Un toutou bon –marché.
Paul s'enflamma de colère et vint brusquement la prendre au cou. Elle ne se débattit pas. La tête fièrement dressée elle n'avait pas peur de Paul. Pourtant elle aurait du.
_ Ne redis jamais ça. Je ne te frapperais pas mais je te foutrais bien une bonne fessée là où je pense. Dit –il impassible.
Elle éclata de rire.
_ Ah on aurait été si bien ensemble Paul.
_ Je crois pas non dit –il froidement.
_ Je t'aurais fait de beaux enfants Paul tu sais jugea t- elle malin de dire.
Paul déglutit et ferma les yeux quelques secondes. Qu'elle se taise donc.
_ Je tuerais ta vampire Paul, c'est l'affaire de plusieurs siècles tu ne peux empêcher ça. C'est mon destin.
_ Je ne te laisserais jamais faire tu m'entends ?!
_ Tu n'auras pas le choix. Ce poison peut tuer tous les vampires, il peut sauver notre race. La rendre supérieur. Faire que les loups soient imbattables ! Tu ne peux comprendre à présent. Il y a une époque où tout aurait été dit autrement de ta bouche.
Certes oui, à une époque il aurait été d'accord mais tout avait changé. Il « respectait » dirons-nous certains vampires. Quelque uns seulement. Pas tous. Bref.
_ Je veux que tu arrêtes ça tout de suite. Ton ancêtre n'est pas toi !
_ Et qu'est ce que tu sais sur moi Lahote ?
_ Bien des choses, tu n'as pas à accomplir une telle mission suicide. Rose n'est pas seule, toi tu l'es. Tu ne pourras rien contre elle. Tu ne confronteras toujours à plus fort.
_ Que sais-tu de ma force ? M'as –tu déjà vu combattre ?
_ Non.
_ Alors ne parle pas sans savoir. Une seule minute réfléchit à ce que tu viens de dire. Ma vie est ainsi, je ne vis que pour servir les intérêts de mes ancêtres ayant échoués avant moi. Je suis prêt du but. Alors jamais tu ne me ferais reculer ! Tu entends ? Jamais ! Elle mourra comme les autres ! Et j'aurais gagné mon droit de repos !
_ Tu as ta vie April, tu es jeune et tu as encore pleins de choses à vivre ne gâches pas tout !
_ Essais-tu de me convaincre de tout lâcher parce que tu as peur pour moi ou parce que seule ta putain de sangsue compte pour toi ? Demanda t- elle d'une voix cassée
_ Tu ne mérites pas de mourir pour des conneries qui ne te concernent pas.
_ Tu ne comprends pas. C'est mon rôle, mon choix, je dois le faire et je le ferais.
_ Pourquoi tiens-tu cela à cœur ? On t'a donné de l'argent ?
_ Pardon ? Tu crois que l'argent est ma seule motivation ?
_ Donc s'en est une ? Qui d'autre est avec toi ? Il est évident que tu ne travaille pas seule. Tu es une fille intelligente April.
_ Tu es perspicace toi. Effectivement seulement, tu ne sauras jamais ! Ne compte pas sur moi pour te le dire.
_ Qui te dit que je n'ai pas ma petite idée de qui se cache là dessous ?
Il avait beaucoup réfléchit à toutes les éventualités. Qui aurait été assez fou pour oser s'en prendre aux trois italiens ?
_ Je serais curieuse d'entendre ça, à qui tu penses chéri ?
_ Chacun de nous à ses secrets. Je me battrais quoi qu'il m'en coûte !
_ Ah l'imprégnation quel beau désordre parfois. Certains ont plus de chance que d'autres. Fit –elle cyniquement.
_ Je ne me plains pas. Dis- le moi !
_ Non !
_ Je le saurais tôt ou tard alors parle.
_ Non, rien ne m'y force.
_ Je pourrais fit Paul en s'approchant d'elle le plus près possible. Te contraindre dit –il en murmurant.
_ Ca ne marche pas avec moi dit –elle d'une voix tremblante.
Elle allait craquer. Il le savait. Mais dans combien de temps ? Ses nerfs à lui aussi étaient mis à rude épreuve.
_ Maintenant laisse- moi je dois y aller fit –elle en le poussant pour atteindre la porte.
Elle partit telle une ombre et Paul resta stupéfait de tant de haine en elle. Seulement, il n'en avait pas finit avec elle ! Il n'avait pas encore dit son dernier moi. La suivant vivement sur ses talons il fit juste un petit au revoir à la mère d'Embry et partit dehors en trombe. Il pleuvait des cordes et un fort orage venait grogner rendant la tension encore plus électrique entre eux.
Il tenta de la rattraper. Elle filait vite la petite. Brusquement il vint lui attraper le poignet ce qu'elle n'apprécie pas. Dans la volée il se prit un coup de poing monumental où sous le choc il recula d'un pas. Après s'être massé la joue endolorie deux secondes, une vague de frissons l'envahit. Non il devait rester calme. Cette femme était décidément une vraie harpie. Qui aurait pu penser que derrière ses allures de petite fille sage se cachait une tigresse pareille ?
_ Ne me frappe plus jamais ! Explosa t –il.
_ Ne me touche plus jamais Lahote, sinon fais tes prières !
_ Tout n'est qu'une question d'argent maintenant hein ? Il n'y a plus d'honneur, de respect entre race ... c'est écœurant, tu me dégoutes.
_ C'est comme ça, le monde se rétrécit, chacun doit y trouver sa place Paul. Tu aurais pu devenir un grand loup !
_ J'ai pas besoin de tes conseils, ma vie me convient parfaitement ! Rugit- il
_ Crie –pas ! Je me fiche de ce que tu penses de toute manière.
_ Bien, alors pars, casse –toi et ne reviens pas ici ! Hurla t- il
_ Sinon quoi ?
_ April dit –il en soupirant, je ne te tuerai pas si c'est ce que tu veux savoir car j'ai encore de la dignité moi !
_ Plus depuis que tu te tapes un vampire mon ami… répliqua t- elle en riant.
Paul grinça des dents, l'envie féroce de la démembrer lui survint. Il voulu s'avancer vers elle mais sauvagement dans un grand grognement elle se transforma sous ses yeux. Une magnifique louve blanche lui faisait face. Paul trempé jusqu'aux os, fut impressionné. Sa robe était magnifique ! Clignant plusieurs fois des yeux, il allait parler lorsqu'elle retroussa ses babines pour lui intimer de ne pas approcher. Elle était diaboliquement effrayante. Elle grognait et arrachait la terre avec ses pattes avant. N'importe qui aurait eut peur. N'importe qui sauf Paul. Il savait tout, toute l'histoire et il en était sur désormais de qui étaient ses complices. Elle s'était trop vendue.
Il la laissa partir, de toute manière ils se reverraient surement le lendemain. Et elle ne serait pas seule. Ses invités également seraient là. Comment avait –elle pu tomber aussi bas à se rabaisser à demander de l'aide à ces gens –là… C'était impensable. Elle avait signé son arrêt de mort !
Paul remonta sur sa Harley complètement énervé. Il aurait aimé se tromper sur toute l'histoire et que ce soit de la simple jalousie entre fille. Le problème aurait été bien plus simple. Ils auraient simplement put rester amis. Mais non à Forks tout était trop compliqué.
La pluie continuait toujours de tomber et Rose n'avait pas bougée de la fenêtre attendant son retour avec impatience. Elle s'était imaginé les pires scénarios.
Paul rentra en claquant la porte faisant sursauter Rose au passage.
_ Que s'est –il passé ? Demanda t- elle un peu trop pressement.
Paul s'effondra sur son canapé et ferma les yeux.
_ On est dans de beaux draps Rose dit –il seulement.
_ Qu'as –tu appris ? Dis-moi Paul… Dit –elle suppliante
_ On avait raison sur elle.
Les yeux de Rose se changèrent instantanément en rouge flamboyant. Ouh si elle pouvait la retrouver, elle se ferait la joie de faire de la bouillie de louve. Elle s'était juré de tous les tuer ! TOUS ! Elle devait acheminer sa vengeance.
_ Où est –elle ?
_ Loin. Pour l'instant.
_ J'y vais fit Rose avant de prendre sa cape.
En un rien de temps Paul fut à se côtés. Une main posée sur son bras.
_ Non. Dit –il sévèrement.
_ Il le faut fit –elle en tirant sur son manteau.
Mais Paul resserra sa poigne.
_ Non ! N'y va pas. Demain tu auras tout le loisir de l'affronter si tu veux.
Bien sûr jamais il ne laisserait Rose se confronter à elle sachant qu'elle avait un poison mortel mais mieux valait qu'elle le croit.
_ Pourquoi ? Quelle différence cela fait si je la tue ce soir ou demain ?
_ Je veux juste passer une soirée tranquille avec toi Rose, laisse –moi au moins ça, s'il te plaît fit –il fatigué.
Rose baissa la tête honteuse. Elle remit aussi vite son vêtement sur le porte manteau et revint au salon suivit de près par Paul.
_ Excuse –moi Paul, j'agis toujours à côté de la plaque…
_ Non mon ange ce n'est pas ça, aller vient fit –il en la prenant dans ses bras.
Rose respira son odeur et se sentit tout de suite plus en paix avec elle –même.
_ Mais je veux quand même savoir qui sont ses complices Paul.
Il se raidit et elle le sentit instantanément.
_ Même si c'est quelque chose qui n'est pas plaisant à dire je veux le savoir. Ian avait tendance à me prendre pour une petite fille fragile mais je ne le suis pas. J'ai réussit à moi seule à repousser les Volturis à Florence ! Je sais me battre !
Et Paul n'en avait jamais douté un seul instant. Il se passa la langue ses sa lèvre inférieure et la regarda droit dans les yeux.
_ Je n'en suis pas sûr bien entendu…
_ Je t'écoute dit –elle en venant lui caresser la joue.
_ Je la soupçonne d'être épaulée par les Volturis eux-mêmes. Lança t-il
_ Co…comment est-ce possible ? Dit –elle tremblante
_ Tous les deux t'en veule énormément. Le poison ne vient pas du saint esprit. Les Volturis sont puissants. Depuis des années ils veulent la peau des Cullen et celle de Ian. A cause de lui, autrefois tu n'as pas accepté leur offre lorsqu'ils voulaient ton don. Ca a du les énerver à un point inimaginable …
Rose écoutait en silence se demandant au passage comment Paul pouvait savoir tout ça…
_ Ils ont du faire des recherches sur toi et tomber sur ton histoire avec cette Abhaya. Il leur était simple de trouver les louves à chaque génération et de les envoyer te tuer contre une grosse somme d'argent. C'est ce qu'April à fait. Elle est sous leur domination. Depuis le début c'est une espionne s'énerva t- il encore une fois. Les louves ont toutes échouées mais April est maline et avec ce sébum elle croit être puissante. Elle a déjà réussit à avoir Ian, qui sera le prochain ? Un Cullen ?
_ Je dois prévenir Adriano déclara seulement la jeune fille.
_ Quoi ? S'étrangla Paul soudain surprit qu'elle ne dise que ça suite à son monologue.
_ Malgré tout il reste de ma famille, c'est compliqué je sais mais son frère n'aurait pas voulu ça. Je dois protéger les miens. Tout ce qu'a fait Adriano durent tout ce temps c'est vouloir protéger son frère… je me dois de lui faire ça.
Malgré tout Paul comprenait.
_ Je t'aime Paul n'en doute jamais fit –elle en le fixant droit dans les yeux. Quoi qu'il arrive demain, croit en nous.
_ Je te protégerais Rose, même si tu crois que tu n'en as pas le besoin, jusqu'à ma mort je ne cesserais de me battre pour toi, pour une vie meilleure ! Ils ne t'auront pas Rose je te le promets.
Chapitre 24
_ Les Volturi ils arrivent murmura Alice.
Les yeux fixant le vide, exorbités part la triste fatalité qu'elle venait de voir. L'heure était venue.
Tout le monde s'était donné rendez –vous à la villa pour plus de précisions.
Bella était un bouclier capable de tous les protéger durant quelques instants. Elle était leur atout majeur. Tous espéraient que Bella serait capable de protéger Zafrina et Benjamin respectivement capable de donner des illusions aux gens et de contrôler les éléments, le feu, la terre, l'eau et l'air. Ils attendaient également beaucoup de la part de Rose, étant télékinésiste sa faculté aigue d'envoyer promener tout ce qu'elle pouvait jouer en leur faveur. Cette histoire devait se finir. Pour les parents de la petite Renesmée tout ce stresse n'était pas gérable. Jacob aujourd'hui surprotégeait encore plus son imprégnée.
Paul dans un coin, sourit malgré la tension macabre qu'il y avait dans le salon. Tous les vampires étaient farouchement prêts. Prêts à se battre, tout comme les meutes fraîchement rabibochées.
Les bras croisés il observait la pièce. Pendant ce temps là, Rose était dehors avec son ex beau-frère. Ils devaient parler. Et il la laisserait faire. Il savait qu'elle en avait besoin.
_ Etrange que ton loup nous laisse bavarder dit –il à Rose alors qu'ils marchaient le long de la villa.
_ Adriano souffla Rose, j'ai quelque chose à t'avouer.
_ Laisse –moi deviner, tu as des remords, quant à mon frère, tu t'es enfin rendue compte de ton erreur… ? Fit –il sarcastiquement.
_ Non. J'aimais énormément Ian et tu le sais.
_ C'est pour ça que tu l'as lâchement abandonné ici alors qu'il t'a toujours tout donné. Je n'aurais pas été aussi conciliant à sa place. Fit Adriano.
_ Je ne peux me justifier tu ne comprendrais pas Adriano … Garde seulement en tête que tout ce que j'ai dit à ton frère avant de mourir était vrai.
_ Je sais … avoua t- il malgré lui, ton adoration pour lui même avec ce clébard était amplement visible… C'était étrange, on aurait dit que tu étais victime d'un sort. Je lui en ai même touché deux mots mais il me disait que ce n'était pas possible que c'était ainsi et qu'il fallait s'y faire.
_ Je l'ai rendu très malheureux, je l'ai rendu mauvais aussi alors que tout ça ce n'était pas lui. Je m'en veux énormément. Mais justement aujourd'hui je suis venue te dire que nous avions retrouvé l'assassin de Ian. Et je n'aurais de cesse que de les pourchasser, les tuer.
_ Qui ?! Fit Adriano activement en venant lui serrer le bras
_ Te rappelles –tu d'Abhaya ?
_ Bien sûr, comment l'oublier ? Dit –il ironiquement.
_ Sa descendance est ici même dans cette ville… la louve April, on aurait du s'en douter avant. Elle détient un poison de nos plus grands ennemis…
_ Les Volturis ! S'écria t- il en pensant tout de suite à Jane
_ Précisément objecta Rose lourdement
_ Ainsi donc c'était ça fit –il songeur.
_ Mais pourquoi les Volturi lui auraient –ils donné un sébum capable de les tuer eux aussi ?
_ Ils sont surement trop imbus de pouvoir et trop impatients de me voir morte…
_ Pourquoi venir me le dire ?
_ Je ne souhaite pas que tu meurs Adriano même si j'en aurais des raisons. J'ai promis à Ian de veiller sur toi dit –elle en baissant la tête.
Adriano releva un sourcil inquisiteur. C'était une révélation absolument improbable. S'approchant de la jeune fille, posant soudain une main sur sa hanche, l'autre lui caressant les cheveux ébène, il lui fit un petit sourire suffisant.
_ Tout n'est peut –être pas perdu te concernant finalement Rose.
Paul ne perdant pas une miette de l'échange serra les dents. Combien de temps pourrait –il encore se contenir ? Que ce sale vampire pose ses mains sur elle lui était insupportable. Son envie de meurtre augmenta.
_ Je suis toujours la même Adriano.
_ Non, ça je ne peux te l'accorder. Si tu étais la même mon ange, après la bataille tu repartirais avec moi en Italie et nous saluerons la mémoire de mon défunt frère ensemble. Chose que tu ne feras pas. Pas avec moi et pas dans notre demeure.
_ Certes, je ne peux venir avec toi Adriano, ma vie demeurera près de lui.
Elle n'osait pas dire son prénom, atténuer la chose était préférable. Surtout contre Adriano. Venant prendre possession de la main qui lui enserrait la taille elle la relâcha aussitôt.
_ Mais sache que mon cœur contiendra toujours une part immense du souvenir de Ian.
_ Je te crois princesse mais sache que tu fais une erreur. Ton loup bien que je ne le supporte pas devrait faire des concessions. Ta place n'est pas dans cette prairie humide, tu es une De Lante Rodriguez, notre sang est royal ma chère. Ta place est à Florence, dans ton manoir !
_ Je sais mais tout a changé si vite ici dit sombrement la jeune fille. Si tu le désir je peux abandonner le nom que Ian m'a donné en gage de son amour pour moi…
_ Jamais ! S'écria t- il presque, c'est encore tout ce qu'il te reste de lui. Je veux que tu le gardes à jamais, promets –le moi chuchota –il ensuite en venant lui reprendre une main.
Adriano ne pourrait concevoir quelle porte le nom du loup un jour.
Paul bouillonnait de rage. Etait –il en train de la draguer où était- ce comme cela que se parlait des vampires nobles ? Paul n'en savait rien mais il n'aimait pas ça. Il décida de sortir et de les rejoindre. Aussitôt qu'elle le vit, Rose repoussa Adriano sous le sourire de celui-ci.
_ Tu es bien docile ma chère dit –il à l'adresse de Rose qui faisait les gros yeux.
_ Tu as quelque chose à te reprocher sangsue ? Dit Paul en sifflant.
_ Pas le moins du monde fit l'autre d'un air détaché.
_ Je ne sais ce qui me retient de te foutre ta branlée grogna Paul.
_ Cessez tous les deux, comportez –vous en gentlemen s'il vous plaît ! S'écria Rose exaspérée.
_ Ainsi soit –il se résigna Adriano
_ Pas question ! s'indigna Paul
Rose ouvrit la bouche de stupeur et fronça les sourcils.
_ Paul…
_ L'envie me démange depuis de nombreux jours fit Paul la mâchoire contractée et coupant la parole à Rose.
_ Ouh le petit louveteau se rebelle dit Adriano en commençant à enlever sa veste en lin prêt pour le combat.
A ce moment là, Sam qui de l'intérieur avait entendu toute l'agitation qui se tramait, sortit en courant.
_ Paul qu'est-ce que tu fais ? S'écria –il Ce n'est pas le moment ! Continua t- il de sa voix d'Alpha.
Mais Paul ne l'écoutait plus, tout ce qui l'importait à ce moment même était son désir de vengeance. Il voulait prouver à tous qu'il était le plus fort ! Il avait travaillé dur pour ça ! Il tenait sa chance. Enfin.
_ Alors on n'obéit pas à son maître le chien-chien ? Rit le vampire
_ Ne te déconcentre pas répliqua Paul sans se démonter.
Il commença à se déshabiller sous les désapprobations de Rose.
_ Paul je t'interdis ! Lui criais t –elle
Il avait complètement perdu la tête. Seulement vêtu de son short à présent il regardait Adriano de toute sa hauteur. La tête haute il ne se laissait pas démonter. Il l'aurait ! Et l'autre le supplierait ! Un sourire mesquin vint orner soudain ses lèvres.
_ Paul tu ne…
Mais on n'entendit jamais la fin de sa phrase. Dans un grand grognement, après moult convulsions et un déchirement sonore, telle une bête féroce, Paul se transforma. Rejetant la tête en arrière il rugit tel l'animal qu'il était à présent devenu. Un poil argent sombre recouvrait tout son corps devenu proéminant. Même Adriano pendant un moment eut un air impressionné. Il avait bien grandit. Il était à présent en position semi-allongée, prêt à bondit à tout moment. Son museau se retroussa sur ses crocs et un incroyable feulement monta de sa poitrine colossale. Ses yeux sombres et furibonds étaient fixés sur le vampire.
Adriano lança l'assaut immédiatement désireux d'en finir au plus vite. Les grognements rageurs et les cris désespérés de Rose résonnaient comme le tonnerre. Adriano voulu saisir Paul par la patte mais celui-ci ne lui en donna pas le temps. Abatant l'air avec rage ses griffes vinrent naturellement se planter sur le visage porcelaine du vampire. Paul se recula une nouvelle fois prêt à un nouvel assaut. Rose voulu approcher.
_ Non ne t'approche pas c'est trop dangereux. Paul est en trance, il ne se contrôlera pas ! Lui criait Sam
Son geste resta en suspens et elle se recula pour s'insérer dans la foule. Maria vint se poster à ses côtés. Rose ne lui daigna aucun regard.
_ Tu arrives toujours à te mettre dans des situations impossibles lui dit Maria avec un large sourire.
_ Le monde m'en veut que veux-tu dit –elle doucement.
_ Paul est quelqu'un de bien lui dit l'autre soudain.
Là Rose tourna vivement de la tête. Comment pouvait- elle le savoir.
_ Il est venu me soutirer des informations sur Abhaya il y a quelques jours. Il est bon Rose, un peu trop sur les nerfs mais très charmant. Non déjà sous le charme d'un autre j'aurais pu aisément moi aussi me faire prendre au jeu.
_ Oh et quel est –il je te pris ? Demanda Rose même si elle savait la réponse.
_ Ne joue pas à ça avec moi. Tu sais qu'au plus profond de moi j'ai toujours voué une adoration sans limites à ton frère Rose.
_ Certes, il n'y a eut que cette Jane dans son cœur abîmé fit Rose toujours les yeux fixés sur le combat qui se déroulait sous leurs yeux.
_ J'ai enfin eut une chance Rose. Et je compte bien continuer de le séduire. Tu sais très bien que je l'aime énormément, nous devons arrêter ce combat qui ne mène à rien. Bientôt nous serons face au vrai problème. Calme ton loup par pitié.
Paul aboyait, Adriano rugissait et aucuns des témoins ici présents ne daignaient arrêter ce combat si inhabituel. Paul lançait ses dents acérées et étincelantes à l'assaut de la gorge du vampire. Il avait le dessus sur Adriano qui se débattait comme un beau diable. D'un puissant coup d'épaules, Paul envoya promener son adversaire qui alla s'écraser lamentablement contre la baie vitrée de la villa se fracassant sous l'impact de béton.
Paul avait réussit à énerver le vampire qui feula un bon coup avant de se relever. Se sortant des débris. Il parvint à retourner sur le terrain. Au moment où encore une énième fois ils allaient se sauter dessus, les deux jeunes femmes intervinrent. Rose d'un pas ferme se posta devant un Paul complètement obsédé par sa proie. Il grognait encore et encore ne semblant pas voir Rose.
_ Stop cria t –elle d'un ton tranchant.
Maria de son côté tentait tant bien que mal elle aussi de calmer le vampire. Se faire mettre au tapis n'était pas dans ses habitudes.
_ Calme –toi Paul. Garde tes forces pour tout à l'heure continua Rose d'une voix froide. Nous avons besoin de chacun de vous durant la bataille.
Paul tourna la tête vers elle et sembla enfin la voir. Plantant son regard ténébreux dans le sien si flamboyant, il sembla si perdre quelques secondes. Son souffle se fit moins court et il sembla se calmer. Sa respiration le témoignait. Il secoua la tête et partit à toute vitesse dans la forêt. Rose fit une moue et derechef le suivit à travers les hautes herbes bordant la villa.
Elle le retrouva bien vite nu contre un arbre les yeux fermés. Une chaleur nouvelle submergea soudain la jeune fille. Non elle ne devait pas penser à ça.
_ Paul… mais qu'est ce qui t'a prit voyons ? Lui demanda doucement la jeune fille même si à l'instant présent elle n'avait qu'une envie, le tuer.
Violemment il rouvrit les yeux.
_ On est quitte lui et moi, je ne m'avoue jamais vaincu et je ne reste jamais sur une défaite.
Elle lui redonna ses vêtements et le laissa s'habiller tranquillement. Elle se retourna. Quand enfin il eut finir il vint se poster derrière elle et posa sa tête contre le cou de la jeune vampire. De ses bras musclés il lui enserra sa fine taille et soupira d'aise.
_ Je suis le plus fort ! Fit –il joyeux.
_ La modestie est ta plus grande qualité trésor rétorqua Rose en riant.
_ J'avais juste mes comptes à régler avec lui. Par contre je vais passer un sale quart d'heure avec Sam…
_ Bien fait fit la jeune fille en souriant
_ Sadique !
_ Oui j'aime dit –elle doucement.
_ Tu es incorrigible déclara t- il en venant lui baiser le haut de la tête.
_ Parle pour toi s'éclaffa t –elle
(Twilight Revelation chapter 5 scenes)
Tout le monde pris place dans la clairière, le fameux lieu de rendez- vous. Renesmée était accrochée dans le dos de sa mère. Bella était un petit peu en retrait derrière la ligne de front que formaient Carlisle, Edward, Emmett, Rosalie, Tanya, Kate et Eleazar. A ses côtés, Benjamin, Zafrina et Roseria se tenait prêts l'air hautain et sûr d'eux. Il fallait que Bella les protège le plus longtemps possible. Ils constituaient les meilleures armes offensives. Si les Volturi étaient aveuglés, ne serait-ce qu'un instant, les choses pouvaient changer du tout au tout.
Zafrina était raide et affichait une expression féroce, tout comme Rose, son air mauvais était surtout dû au fait qu'elle allait bientôt revoir cette louve et qu'enfin sa vengeance pourrait être acheminée. Assis par terre Benjamin plaquait ses paumes sur le sol tout en marmonnant à propos de lignes de failles. Rose l'écoutait d'une oreille attentive. Leurs dons cumulés ensemble pourrait faire quelque chose d'intéressant.
La nuit précédente, il avait entassé des rochers, à présent couverts de neige, au fond de la prairie, ils pourraient au moins les distraire.
Les témoins s'agglutinaient à droite et à gauche. Ceux qui s'étaient déclarés en faveur des Cullen étaient les plus proches. Siobhan se frottait les tempes, les paupières fermées, concentrée. Peut- être s'efforçait –elle de faire plaisir à Carlisle en essayant de visualiser une solution diplomatique ?
Dans la forêt derrière les vampires, les loups invisibles étaient prêts immobiles. Ils ne percevaient que leurs respirations lourdes et leurs cœurs battants. Rose percevait celui de Paul. Il battait vivement. Le stresse existait même chez lui. Rose sourit malgré la situation dramatique.
Les nuages se tassèrent, étouffant la lumière au point qu'on aurait pu se croire le matin comme l'après-midi. Edward plissa les yeux, scrutant le lointain, et Bella fut certaine qu'il voyait la scène pour la seconde fois, après l'avoir déchiffré dans l'esprit d'Alice. Ce serait pareil à l'approche des Volturi. Il ne restait plus que quelques secondes maintenant.
Tout le monde se tendit, même Rose qui appréhendait une nouvelle rencontre avec Aro. Soudain une main s'inséra dans la sienne. Surprise elle tourna vivement la tête. Adriano ne la regardait pas mais par son geste il tentait surement de lui communiquer du courage. Lui-même en aurait besoin, Jane n'allait pas le laisser le tranquille. Rose en profita pour également lui serrer sa main. Le vampire émit un petit rire.
_ Nous y sommes princesse.
_ Oui … fit – elle la gorge nouée.
_ N'ais pas peur Rose. Lui dit –il fermement.
_ Je n'ai pas peur pour moi déclara t –elle honnêtement.
Adriano sourit en retour et abandonna la main de Rose.
Sortant des arbres, le gros Alpha roux vint se placer près de Bella. Il devait trouver trop difficile de rester loin de Renesmée alors qu'elle était exposée à pareil danger. La petite entremêla ses doigts dans le poil de l'épaule massive et se relaxa un peu. Près de Jacob, elle était plus calme. Rose aurait aimé aussi que son loup soit près d'elle durant cette épreuve mais il devait rester à sa place près des siens.
Une minute s'écoula et Rose l'a trouva énormément longue. Elle était à l'affut de bruits de pas.
Soudain, Edward se raidit et laissa échapper un sifflement venimeux. Ses prunelles se fixèrent sur le nord. Tous l'imitèrent et attendirent que les dernières secondes s'écoulent. Rose commença à trembler et aussitôt son frère vint lui reprendre la main pour un soutient extrême.
Ils vinrent en grande pompe, avec une espèce de beauté. C'était une formation rigide et formelle. Ils se déplaçaient ensemble, mais ce n'était pas un défilé. Ils émergèrent des arbres en une synchronisation parfaite, tache sombre et unie qui semblait planer à quelques centimètres de la neige immaculée tant leur démarche était déliée.
Le périmètre extérieur du groupe était d'un gris qui fonçait au fur et à mesure qu'on se rapprochait du centre, lequel était d'un noir d'encre. Les visages étaient cachés sous les capuchons. Le frémissement des pas était si régulier qu'il évoquait une mélodie au rythme complexe qui ne faiblissait jamais.
Rose n'avait pas forcément peur, elle était habituée à toutes ces interventions pharaoniques. C'est juste que leur nombre dépassait largement ce à quoi elle s'attendait. Brusquement c'est comme si Adriano allait lui broyer la main.
_ Jane siffla t –il
Son nom dit aussi suavement n'annonçait pourtant rien de bon. La blessure de son frère était encore marquée au fer rouge sur sa peau nacrée. La trahison de la blonde resterait à jamais gravée dans sa tête. Il fit la grimace.
_ Tout ira bien Adriano lui assura Rose.
Ils inversaient les rôles. Rose fixait l'horizon. Ses prunelles devenaient de plus en plus grandes et de plus en plus rouges. Elle sentait un tremblement la submerger.
Ils progressaient avec une détermination lente, sans anxiété. C'était l'avance d'une armée invincible. Ils ne firent pas preuve de surprise ou de désarrois en voyant l'armée de Carlisle face à eux. Une armée qui en face d'eux prenait des allures de ramassis désorganisé, non préparé. Le loup géant qui se tenait au milieu des vampires ne les étonna pas non plus.
Ils étaient en surnombre, voila la triste fatalité. Malgré l'appuie des loups, ils ne feraient pas le poids. Malgré tous les entrainements, malgré toute la volonté dont ils feraient preuve.
_ Toute la garde est là murmura Adriano, même les femmes …
Rose ne répondit pas. Elle devait encaisser le coup. Soudain comme si leur nombre ne suffisait pas, de nouveaux vampires affluèrent derrière les Volturi, qui continuaient d'approcher avec majesté. Contrairement aux troupes italiennes à la discipline glaciale, ceux –là étaient désordonnés, et leur visage trahissait diverses émotions. Le choc, voir l'angoisse, en découvrant la force inattendue que constituait l'armée de Carlisle. Le malaise passa vite, cependant, leur quantité leur assurait la victoire, la présence de la garde implacable aussi, et leur traits reprirent leur expression initiale.
Il était évident que cette horde loqueteuse de plus de quarante individus constituait les propres témoins des Volturi. La plupart des vampires semblaient néanmoins avoir envie de plus que d'une occasion de témoigner, ils désiraient aider au massacre. Inutile de prier.
Même s'ils arrivaient à tuer Démétri, Jacob ne leur échapperait pas. Brusquement Rose fut parsemée d'un tremblement horrible. Paul, elle ne voulait pas qu'il meurt, c'était impossible. Avoir parcourut tant de chemin pour en finir là…
Le désespoir appesantit l'atmosphère du groupe et accrut la tension. Une seule personne dans le camp adverse, paraissait détoner. Irina, au milieu des deux groupes, la démarche hésitante. Elle fixait Tanya, en première ligne, avec des yeux horrifiés. Edward lâcha un grondement, très bas mais féroce.
_ Alistair avait raison, murmura –t-il à Carlisle.
_ Certes mais restons positif nous n'aurons peut-être pas à nous battre …
_ Si seulement tu pouvais avoir raison.
Aro arborait toujours son petit sourire sadique.
_ Faut –il que je leur parle ? S'enquit Carlisle
Edward hésita puis hocha la tête.
_ C'est le moment ou jamais, oui.
Mais c'est Rose qui s'avança doucement vers les adversaires. Paul haussa immédiatement les oreilles et Adriano ouvrit les yeux en grand de surprise. La voir ainsi seule et vulnérable déplut fortement aux deux hommes et Paul remua la terre entre ses pattes hésitant à la rejoindre.
Aro ne sembla pas surpris de la voir ici. Il feinta pourtant le fait. Il ouvrit ses bras en grand comme pour l'accueillir. Rose savait y faire avec Aro, elle l'avait vu tant de fois déjà.
Elle s'arrêta quand même à deux bons mètres de lui. Même si cette distance pour un vampire était bien futile.
_ Roseria, ma chère, très chère enfant, vous ici mais quel agréable et heureuse surprise lui dit –il.
Rose ne répondit pas à ça. Il l'a dégoutait.
_ Où est donc ton fiancé, ce jeune éperdue Ian De Lante ?
Il réduisit toutes ses forces à néant.
_ Il est mort déclara t- elle froidement.
D'un ton tellement glacial que plus aucun bruit ne se fit entendre. Paul bouillonnait de rage de devoir la laisser seule au milieu de ces viandes fraiches. Même Carlisle commençait à douter que tout se finirait bien. Aro avait des mauvaises intentions et rien ne pourrait le faire changer d'avis. Tout était gravé dans son regard.
_ Toutes mes condoléances ma chère amie fit –il.
_ Des paroles tellement sincères fit Rose en tournant la tête.
_ Je vous assure que cela me peine vous étiez tellement attachés.
_ Plus désormais déclara Rose avec raideur.
Une lueur de malice traversa le regard d'Aro.
_ Aro, laissez ces gens tranquilles, c'est moi que vous voulez, la fillette n'est pas un monstre, son cœur bat je vous le jure, je l'ai sentis moi-même.
Rose ferma les yeux et doucement Aro vint apposer ses mains de chaque côté de son visage. Soudain Paul grogna si fort qu'Aro ouvrit subitement les yeux et les plissa de terreur.
_ Certes cette petite semble à demi-humaine mais ce que j'y ai vu est encore plus déroutant ma chère. Vous avec … je ne peux l'imaginer ! S'écria t- il presque horrifié
Rose déglutit difficilement et recula d'un pas. Elle se heurta au torse de Carlisle qui venait d'arriver derrière elle. Il contourna la jeune fille et vint se placer devant elle. Fort heureusement pour elle car à présent elle étouffait.
_ Aro, vieil ami, voilà des siècles que nous nous sommes croisés ! S'exclama le Docteur.
Un silence de plombs s'en suivit. Aro réfléchissait aux paroles de Rose. La tension grimpait au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient.
Aro se détacha du groupe sous les désapprobations de ses sujets et vint se placer devant Carlisle.
_ Etonnant ce que tu me dis Carlisle alors que devant moi se dresse une armée prête à l'assaut pour me tuer.
_ C'est juste des témoins qui sont prêt à te montrer la vérité. Crois- moi Aro cette petite est née naturellement ! Bella la mise au monde le plus naturellement possible.
Aro tressaillit, il ne pouvait concevoir une telle chose. La petite elle –même resserra ses mains dans le poil de Jacob, tout le monde était sous tension. Même Adriano contractait sa mâchoire. Jane ne cessait de le scruter sadiquement de loin, il perdait patience. Il voulait lui faire payer tout ce mal qu'elle avait pu lui faire. Et de voir sa belle- sœur entre les mains d'Aro lui était insupportable. Il voulait avancer vers l'ennemi mais ses jambes lui en empêchaient.
_ Laisse –moi voir la vérité à la source même mon ami et surement te croirai-je, je ne demande pas mieux à vous croire toi et ton assemblée de témoins fit –il avec un regard appuyé vers les vampires adverses.
Carlisle sembla hésiter un moment mais lorsqu'il croisa le regard de son fils il jugea bon d'accepter. C'est Jacob lui-même qui apporta la petite au centre de l'attention, il ne fallait même pas compter sur le fait qu'il l'abandonne aux griffes de ce vampire perfide et immonde.
Et Paul encaissa le coup douloureusement, il avait de plus en plus de mal à rester en place. Sam n'était qu'une voix dans sa tête, une simple voix.
_ Paul, calme –toi, il sait déjà pour ton imprégnation, tu ne ferais qu'envenimer les choses si tu allais la rejoindre.
Paul grogna mais se tint à sa place sous les paroles de courage de ses amis. Rose jeta un regard vers lui et lui fit un petit sourire qui réconforta son cœur. Jamais il n'avait autant stressé, était mal au point de vouloir s'enfuir d'une bataille, avec elle bien sûr. Il ne vivait plus que par elle, ne voyait qu'elle et sa sécurité et là, à ce moment précis elle était loin de l'être. Il aurait tout donné pour la rejoindre, mais il fallait être patient.
Pendant ce temps, la petite était descendue du dos de la bête et avançait tranquillement vers Aro qui lui souriait de toutes ses dents. Elle ne répondit pas à son sourire, elle avait trop peur de lui. Lorsqu'elle avança ses deux mains vers lui plusieurs Volturi firent un pas en avant. D'un geste révérencieux de la main, Aro leur intimèrent la paix et abaissa son visage près des mains de la fillette. Aro put commencer son examen de mémoire et inspecta tout de fond en comble. Cette conversation à deux mais inégale dura assez longtemps pour que la garde commence à se trémousser et à être mal à l'aise.
Des murmurent parcoururent ses rangs, ne cessant que lorsque Caius lança un ordre sec. Jane avançait l'air de ne pouvoir se retenir et Adriano ne cessait de la fixer la provoquant au passage.
Aro se redressa et ouvrit les paupières, vaguement effaré. Il ne lâcha pas la fillette.
_ Tu vois fit Carlisle paisiblement, elle n'est pas une menace.
_ Oui reconnut Aro, qui bizarrement sembla amusé. Je doute que les dieux ou les mortels n'aient jamais vu aussi clairement.
Les soldats disciplinés affichèrent des mines aussi incrédules que les témoins des Cullen.
_ Tu m'as donné matière à réflexion, mon jeune ami, enchaîna l'ancien. Plus que ce à quoi je m'attendais. La justice que nous comptions rendre ici est caduque. Nous avons beaucoup de choses à discuter, et bien des décisions à prendre. Si vous et vos amis poilus voulez –bien nous excuser, chers Cullen je vais m'entretenir avec mes frères.
Au lieu de repartir vers sa garde anxieuse, Aro lui fit signe plutôt de venir le rejoindre. Aussitôt Rose recula et revint à sa place sous l'air soulagé de Paul.
_ Jane est terriblement énervée informa Edward.
Adriano se crispa. Jane était à lui, il la réduirait en poussière, c'était à lui de le faire. Pas à un autre, à lui seulement.
_ Je n'ai jamais vraiment eut l'occasion de te le dire Adriano mais…
_ Je t'en pris Rose ne fait pas ça… la pria Adriano en lui coupant la parole.
_ Si… tu es quelqu'un de fantastique, un peu colérique sur les bords…
_ J'en connais un autre répliqua Adriano avec un sourire en coin.
_ Certes rit Rose mais te connaître est un grand privilège.
_ Je te rends cet honneur ma douce fit le vampire touché.
_ Je ne veux pas le perdre osa t- elle dire.
Au loin Paul leva ses oreilles surpris. Adriano lui prit la main.
_ Il est fort, il survivra mais toi ne meurt pas Rose, je t'en pris tout ça est déjà assez compliqué comme ça.
_ Tu as changé aussi mon frère dit –elle en baissant la tête.
_ A cause de toi ma belle railla t –il mais je ne me plains pas.
Mais Paul n'en pouvait plus. S'il devait mourir aujourd'hui pourquoi devoir la laisser seule devant lui ? Sous les désapprobations de Sam, Paul avança quand même vers sa douce et frotta son museau contre la main froide de Rose.
_ Paul… que fais-tu là ? Fit –elle anxieuse.
Il ne pouvait pas lui répondre mais continua ses caresses. Rose posa une main sur son pelage et commença des petites caresses.
_ Je t'aime lui dit –elle tristement.
Le cœur du loup se serra, il aurait aimé lui dire en retour.
Le temps autour d'eux se dégrada soudain, le vent commença à souffler bruyamment et la pluie à battre doucement. Bella regarda vers le ciel et ferma les yeux. Une bien triste scène qui n'annonçait rien de bon.
Soudain Alice avança vers le groupe en hurlant.
_ Reculez ! Ils n'ont pas l'intention de nous laisser !
Les autres relevèrent la tête et c'est comme si tout se passa en un millième de secondes. Carlisle se retourna derechef vers Aro mais il fut trop tard. L'ancien attrapa le Docteur par le cou et le retourna en lui brisant la nuque.
Un cri strident suivit de plusieurs retentit dans la clairière. Edward devient fou et Esmée tomba au sol anéantie. Les prunelles de Rose comme toutes celles des autres batifolèrent entre la dépouille du Docteur et Edward qui s'élançait déjà seul contre tous. Puis enfin tous semblèrent sortirent de leur stupeur.
Rose vit les vampires courir les uns vers les autres. Voilà on y était. Son cœur accéléra et elle sentit son loup se raidir contre elle.
_ Paul, je t'aime, crois-le je t'en pris ne meurs pas ! Lui dit –elle fébrilement avant de se détacher de lui et de courir rejoindre les autres.
Le loup ouvrit grand les yeux et sous les ordres de Sam partit aider les Cullen également. Tous grognaient seul Jacob manquait à l'appel, il devait mettre la petite à l'abri. Deux vampires le suivirent et il eut un peu de mal à les semer. La petite Renesmée se tenait fort à son poil et fermait les yeux. Elle était terrifiée.
Tous se battaient comme des beaux diables malgré le chagrin. Edward tuait tout sur son passage comme en trance, ce soir il y aurait des pertes énormes c'était sûr, et des deux côtés. Bella faisait de son mieux pour protéger tout le monde mais cela devenait difficile car tous s'éparpillaient dans tous les côtés de la clairière.
Adriano repéra enfin Jane qui s'amusait de son don. Il se jeta sur elle et la fit tomber au sol lourdement. Elle siffla de rage mais se reprit lorsqu'elle vit que ce n'était autre que son ancien amant.
_ Toi ici c'est surprenant n'est-ce pas ? Tu aurais pu être des nôtres.
_ Ma place est près des miens Jane, tu ne fais plus partie de ma vie, c'est finis le temps où j'étais ton jouet, tu as choisis ta vie Jane ! Cria t-il par dessus tout le brouhaha.
Les yeux de la jeune fille devinrent rouges flamboyant et elle se jeta sur lui.
_ Tu es à moi Adriano, depuis toujours alors ne commence pas à me dire tes belles sérénades je n'y croirai pas !
_ Si tu tiens à moi Jane arrête cette folie, il t'écoutera dit –il en parlant d'Aro.
_ Jamais ! Ils doivent tous périr ragea t- elle.
_ Je devrais te tuer Jane !
_ Tu n'oseras jamais mon cher et tendre ami railla t- elle.
Pendant ce temps là Benjamin essaya de canaliser son énergie pour créer une brèche autour d'eux mais il se fit bousculer sauvagement et ne put faire ce qu'il voulait au contraire une brèche se créa mais en plein centre du terrain. Tous hurlèrent. Les yeux du vampire indien s'exorbitèrent. Que venait –il de faire.
Rose hurla et du se raccrocher à ce qu'elle pouvait, c'est à dire un misérable caillou. Elle regarda vers le sol et vit plusieurs Volturi tomber dedans mais aussi des loups et son cœur manqua un battement, elle ne l'avait pas vu mais espérait qu'il n'était pas tombé. Une force immatérielle les poussait dans la brèche. Rose vit Esmée qui tentait tant bien que mal de s'accrocher. Non pas elle pensa t- elle !
Puis elle entendit un hurlement qu'elle aurait reconnu entre mille. Celui de Paul. Le loup hurlait blessé. Elle voulait remonter mais son corps était entrainé vers le vide. Elle soufflait lamentablement, elle ne voulait pas mourir ! Plusieurs étaient dans son cas. Et brusquement Esmée céda et Rose eut une des pires visions de sa vie, elle l'a vit tomber et l'image de son visage restera à jamais gravée dans son esprit. Un visage terrorisé, déformé par la peur. Rose quant à elle tenait bon, résistait, mais ses mains glissaient au fur et à mesure que les minutes passaient.
_ Aidez –moi cria t- elle enfin.
De suite un visage familier se matérialisa devant elle. Elle bénit tous les saints.
_ Je t'en pris Seth aide –moi !
Le loup ne savait pas quoi faire, pauvre petit loup pensa Rose, si jeune… Seth partit en trombe dans la forêt chercher une branche assez grande et costaud et la ramena vers Rose qui sentait ses forces diminuer. Le loup lui envoya un bout tendis qu'il tenait fort l'autre dans sa gueule et lorsqu'elle fut bien attachée il recula encore et encore. Enfin il vit ses mains et bientôt son visage tordu par le chagrin. Le cri de Paul lui restait encore présent dans la tête. Elle remonta et ce qu'elle vit là-haut dépassait tout ce à quoi elle s'attendait. Il y avait des corps partout. Du sang, de loup et Rose prit peur.
_ Merci fais attention Seth lui cria t- elle avant de se jeter dans le combat à nouveau. Elle le cherchait, seulement lui, elle ne pouvait concevoir sa mort. Et elle le vit affrontant Aro du regard, une patte pendante. Rose étouffa un soulagement. Elle courut aussi vite qu'elle le put et se positionna devant le loup qui fut extrêmement surprit de cette initiative suicidaire.
Aro haussa les sourcils.
_ Donc tout est vrai ma chère amie s'exaspéra t- il
_ Oui et je ne laisserai personne lui faire du mal pas même vous ! Hurla t- elle de rage.
Ses yeux venaient de reprendre sa couleur de prédatrice. Devant Paul, il y avait une autre femme. Celle qu'il n'avait pas connu, celle des livres.
Elle montra ses crocs aiguisés et Aro recula d'un pas.
_ Et bien ma chère, vous me semblez très attachée à ce spécimen.
_ Ce n'est pas seulement de l'attachement Aro !
_ Bien bien …
_ Où est votre louve tueuse de vampire très cher Aro pesta la jeune fille.
_ Ainsi donc tu as deviné…
_ Oui et je n'aurais de cesse que de la voir morte à mes pieds jonchant le sol dans son propre sang. D'arracher ses entrailles avec mes dents. Croyez –moi elle a intérêt à se montrer !
_ Je suis là, Roseria fit une voix doucereuse.
_ La louve pesta t- elle, transforme –toi ! Je veux un combat digne !
Aussitôt dit aussitôt fait et la louve le poil hérissé hurla de rage en montrant toutes ses dents.
Paul l'a poussa gentiment et Aro rit.
_ Tout est si étrange ici mes amis rit –il comme un fou.
_ Paul va t-en ! C'est mon combat et tu le sais très bien ! Tout ira bien.
Une dernière caresse et Paul partit aider ses frères.
_ Nous voici enfin l'une contre l'autre murmura Rose.
Elles se considéraient de toute leur force. La louve ne voulait pas perdre, elle se vengerait. Elle avança d'une patte et Rose se mit en position de défense. Elle ne perdrait pas. Elle devait utiliser tous ses atouts, dont son don bien évidemment. April était tellement concentrée sur Rose qu'elle ne vit pas l'énorme rocher arriver droit sur elle. Brusquement elle fut projetée sur le côté et Rose commença son combat. Elle suivit sa proie et arriva bien vite à sa hauteur. La louve jonchait le sol.
_ Tu n'étais qu'une débutante louve immonde, comment as –tu pu oser prétendre être plus forte que moi !
La louve ne répondit pas. Elle se recroquevilla et Rose s'accroupie. C'est alors qu'elle lui sauta sauvagement dessus et Rose tomba au sol sous le choque.
Un regard de victoire trancha les prunelles de la louve qui semblait se délecter du moment. Rose tenta de la retourner mais April claquait ses mâchoires et poussait de toutes ses forces. Rose se concentra alors ferma les yeux et se dégagea de son emprise grâce à son don. Elle lui sauta rageusement dessus et entoura ses bras autour du flanc de la jeune louve et hoqueta surement de surprise. Rose sans ménagement et avec un cri de rage appuya de toutes ses forces sur la louve pour la paralyser. Un cri d'horreur s'éleva alors dans toute la clairière. Rose ne répondait plus de ses actes, il n'y avait que la vengeance qui l'a motivait. Elle laissa le corps de la louve retomber par terre et d'un coup sec laissa tomber le rocher sur sa tête ce qui finit de l'achever. Son sang se répandit bien vite jusqu'à elle. C'était finit. Elle l'avait tué et la menace pour elle était enfin anéantie. Une once de bonheur vint la submerger hélas pourtant pas pour longtemps. Une douleur incomparable la traversa. Rose baissa la tête et vit la lame lui transperçant le flan. Elle s'écroula soudain. Une terrible douleur s'empara de tout son corps. La jeune vampire hurla à la mort et le temps sembla suspendu.
_ Une lame empoisonnée murmura t- elle ensuite.
Personne ne s'occupait d'elle, elle jonchait le sol inerte sentant sa vie la quitter. Elle ouvrit doucement les yeux, c'était un carnage, des tonnes et des tonnes de corps tombaient à terre. Une larme coula de long de sa joue, elle ne voulait pas quitter cette vie. Elle avait trop souffert pour abandonner.
_ Be…lla appela t- elle difficilement
_ Bella… répéta t- elle une dizaine de fois.
Bella se précipita vers elle et lui prit doucement la tête.
_ Nous devons… les arrêter maintenant…
Rose toussa et cracha un caillot de sang sous le regard inquiet de Bella qui hocha positivement de la tête.
Bella aida Rose à se relever et la jeune vampire blessée enleva avec un cri strident, la lame qui traversait son corps. D'un coup sec elle tira dessus et étouffa un nouveau cri. Elle arriva avec un peu de mal à tenir debout. Bella à côté d'elle ne cessait de lui jeter des regards. Elles devaient en finir et vite… avant que d'autres victimes ne périssent.
D'un accord commun et silencieux elles unirent leurs forces mentales. Bella s'activa à protéger tous les leurs qu'il restait encore et Rose joignit ses mains. Cela allait lui demander toute son énergie, elle risquait de ne pas y survivre surtout avec ce venin qui commençait à lui pourrir les entrailles à petit feu. Elle rassembla toutes ses forces, elles les sentaient venir à elle. Elle ouvrit brusquement les yeux arrivée au summum et lâcha soudain tout ce qu'il lui restait. Elle cria de rage et son cri retentit dans toute la clairière. Elle repoussa l'ennemi qui fut projeté à l'autre bout du terrain. Elle les maintenait alors pour ne pas qu'ils reviennent. Bella commençait à perdre aussi ses forces. Seul Aro avide de vengeance s'avançait vers les deux jeunes femmes. Les cris des Volturis retentirent tendis qu'ils tentaient de se frayer un chemin et de contrer les pouvoir des deux jeunes femmes. Rose tremblait, elle n'en pouvait plus. Edward comprit aussitôt qu'elles avaient fait ça pour leur donner une chance de s'en sortir. Seul Aro avait été protégé seulement pour être seul, séparé des siens, quelle belle ruse. Edward ainsi que les vampires restant s'avancèrent vers le chef et d'un accord commun le démembrèrent sauvagement sous les yeux horrifié de ses propres soldats. Pour certains c'était finit et plusieurs battirent en retraite. D'autres comme Jane son frère Caïus restaient pour voir l'horrible scène qui se déroulait sous leur yeux sans qu'ils ne puissent rien faire d'autre.
Tétanisés ils suivirent alors leurs soldats et la garde se précipita pour partir dans une envolée précipitée de capes rouges.
Un feu fut préparé alors pour bruler la dépouille du chef Italien et Rose arrêta enfin son don et s'écroula au sol. Ses yeux se fermèrent et elle n'entendit plus rien. Seulement une voix douce mais inquiète qui l'appelait. Sa voix…
_ Paul…
Chapitre 26
Malgré l'atmosphère pesante et la tragédie des pertes nombreuses du côté des Cullen, plusieurs se précipitèrent vers leur sauveuse. Paul le premier encore lucide malgré le choc. Lui aussi était blessé mais il s'en formalisait absolument pas. Rose devenait de plus en plus blanche, son teint s'éclaircissait à devenir translucide. Elle paraissait fragile, comme une poupée de porcelaine.
Allongée elle souriait, ils avaient gagné, Paul pourra vivre en paix désormais. Les yeux du loup vagabondaient, le Docteur Cullen n'était plus là, comment allaient –ils faire ?
_ Je ne vais pas t'abandonner Rose lui disait –il désespérément. Il y a forcément un remède !
Il lui serrait les mains à s'en faire mal. Seth lui posa une main sur son dos. Paul se retourna et fit un pauvre sourire à son frère. D'un coup de tête il sut ce qu'il voulait. Paul osa se relever et s'écarter de quelques pas.
_ Allons le chercher ce remède, je suis sur qu'il doit être quelque part chez Embry et ne lui en veux pas je t'en pris, il disait que c'était vraiment sa cousine car elle l'est, elle a était adopté par sa famille, une famille de loups comme par hasard mais il n'y est pour rien Paul.
Paul était énervé, triste en clair diverses émotions l'assaillait et il étouffait.
_ Je dois juste vérifier que…
_ Plus tu perds du temps plus tu risques de la perdre alors…
_ Allons y ! S'écria t-il avant de jeter un regard vers le corps de Rose.
Les deux loups malgré la tristesse, malgré la douleur, malgré tout, partirent en toute hâte vers la maisonnette de leur cousin. Ils espéraient secrètement que la mère d'Embry ne serait pas là, sinon ils devraient lui expliquer la situation et surtout prendre une douche avant de pénétrer dans la maison. Par chance la fenêtre de la chambre de la louve était ouverte. Ils s'y engouffrèrent avec agilité et commencèrent leur inspection, aucun des deux ne parlaient. Ils avaient le cœur lourd, il y avait de réelles et douloureuse pertes, certains avaient vu leur frères mourir mais espéraient que les pertes n'étaient pas plus importantes. Ils redoutaient tous deux la triste heure où ils se rassembleront. Au moins ils savaient Jacob sain et sauf à des kilomètres du cauchemar. Peut –être reviendrait –il un jour, peut –être pas. Paul avait l'estomac contracté, il devrait être soulagé, tout était enfin finit. Pour l'instant du moins, surement les Volturis décideraient de venger la mort de leur maître bien aimé. Paul grimaça et s'activa de nouveau. Il contourna, retourna, balança le tout avec acharnassions. Il ne pourrait vivre sans elle, c'était impossible, autant se donner la mort, se serait moins douloureux.
_ Si j'étais une fille, où pourrais-je cacher un remède ? Chuchota Paul en plissant les yeux.
La chambre était tout ce qu'il y avait de plus normale… Un lit, une commode, un bureau que Seth avait déjà fouillé trois fois…
_ Je me demande si… commença Paul tout en réfléchissant, elle avait un collier hideux dont je m'étais souvent moqué, le genre préhistorique appartenant à ton arrière arrière grand mère. Mais je suis persuadé qu'il pouvait s'ouvrir et donc contenir quelque chose d'assez petit.
_ Une fiole par exemple continua Seth attentif aux paroles de son ami.
_ L'avait –elle sur elle tout à l'heure ?
_ Je ne pense pas qu'elle aurait eu le courage de s'en séparer si ?
_ Au contraire, si elle l'avait perdu lors de l'affrontement elle n'aurait pas supporté.
_ Alors il est ici, dépêchons nous.
Et le plus simplement du monde même si Paul n'y aurait jamais crut, le pendentif fut dans une de ses boîtes à bijoux.
_ Pas très maligne hum remarqua le jeune homme.
Il empoigna fermement le collier dans sa main, le mit autour de son coup et l'ouvrit, il y avait bien un petit flacon à l'intérieur. Il se senti de suite revivre, ses espoirs renaissaient… Rose pourrait vivre. Seth le pressa un peu plus. Ensemble ils repartirent en courant sous forme lupine, courant à perdre haleine. Paul retrouva sa douce auprès des siens. Adriano essayait de la maintenir éveillée. Paul se précipita vers elle et écarta tout le monde. Délicatement il prit et ouvrit la fiole et avec précaution il déposa le rebord sur les lèvres de la jeune femme, déjà très faible. Une main derrière la tête, l'autre lui tenant le flacon il l'intima à boire, d'une voix tellement douce que plusieurs malgré la scène morbide se permirent de sourire. Ils n'avaient jamais vu leur Paul agir ainsi.
Rose avait la gorge sèche, elle peinait à revenir à elle, elle se sentait couler, partir mais sa voix l'appelait, lui criait de ne pas l'abandonner, pas encore. Elle fit des efforts surhumains pour se maintenir en vie. Le liquide qu'elle ingurgitait était brulant, elle faillit tout recracher mais on l'obligea à tout garder en bouche.
_ Rentrons à la maison…
Paul haussa les sourcils, rentrer à la maison, oui… bientôt tout serait finit. Lorsqu'elle referma les yeux, il la prit délicatement dans ses bras et tous quittèrent le champ de combat. Certains restèrent tout de même pour tout nettoyer, il serait embêtant que les humains tombent sur tous ces corps.
Ils rentrèrent à la villa guidés par Edward et Bella. Tout le monde était silencieux, la maison leur semblait bien morne à l'heure actuelle. Edward guida Paul qui installa Rose dans une des chambres à l'étage. Il lui fit un tendre baiser sur le front et descendit avec les autres.
Les survivants étaient tous dans le salon. Aucunes émotions n'étaient visibles sur leur visage sauf les loups, dans leur coin. Ils avaient perdu des recrues, Leah avait combattue avec hargne, Collin n'avait pas survécu non plus… Seth pleurait dans un coin de la pièce. Sa sœur était souvent pénible mais il semblait seulement réaliser qu'il ne la reverrait plus jamais … Accroupi, la tête sur ses genoux il pleurait en silence. Paul tourna la tête, tous les Cullen étaient en vie excepté le docteur et Esmée. Personne ne savait si Jacob s'en était sortis. Le destin de la petite reposait sur ses épaules. Le cœur de Paul se serra subitement. Sam manquait à l'appel ! Une goute de sueur perla sur son front. Il ne pouvait concevoir que son Alpha soit mort, c'était impossible !
Mais il pointa le bout de son nez. Il était en piteux état et Paul respira bruyamment. Aussi vite malgré sa douleur à lui alla épauler son alpha.
_ Je suis tellement heureux de te revoir Sam !
_ Aurais-tu un trop pleins d'émotion Paul ? Lui fit remarquer avec humour et grimace son alpha
Paul sourit pourtant et l'aida à aller s'asseoir. Le reste des vampires rentrèrent également silencieusement. Ils venaient de gagner une bataille mais pas encore la guerre. Leur nombre avait baissé et aucun n'osaient se regarder.
Edward revint au salon avec le visage fermé.
_ Jacob s'en est sorti…
Une lueur d'espoir naquit dans les yeux des survivants.
_ … il s'est fait poursuivre par plusieurs vampires mais a réussit à les semer ou tuer. Ils sont à présent à l'Est du Canada. Mes amis je vous remercie tous du fond du cœur d'avoir participé à cette guerre qui n'était pas la votre.
Sa voix se cassa. Emmet lui passa une main dans le dos.
_ Vous avez subit des pertes lourdes tout comme nous. Nous allons devoir vivre désormais éternellement avec ça mais ils peuvent être fiers de ce que nous avons accomplis. Plus jamais je l'espère nous aurons à nous battre ainsi encore merci… finit –il avant d'aller prendre Bella dans ses bras.
La perte d'Esmée et Carlisle leur était terrible. Jamais plus leur vie ne pourrait être comme avant.
Les meutes avaient perdues également des recrues. Les plus jeunes Colin et Brady étaient morts, leur mémoire resterait à jamais gravée dans la tête et le cœur des Quileutes. Ils s'étaient battus vaillamment c'étaient des braves loups. Et Leah… tuée par Jane, terrible perte pour la famille Clearwater qui peu de temps avant avait déjà subit la perte d'un être cher. Ils allaient tous devoir être forts.
Seth pleurait toujours en silence. Paul s'approcha de lui et le prit dans ses bras.
_ Je suis terriblement désolé Seth, tu ne méritais pas ça !
Le jeune loup releva ses yeux emplis de chagrin vers son ami et laissa court à d'autres sanglots. Paul bouleversé l'étreignit avec force. Lui à part Rose n'avait personne et elle avait survécue grâce à l'antidote.
Après plusieurs minutes à réconfoerter au mieux son ami il décida de monter voir Rose. Il entendit des voix provenir de la chambre. Il s'arrêta avant d'atteindre la porte.
_ Je suis fier de toi ma belle aujourd'hui tu m'as prouvé que tu étais digne d'être des nôtres. Je m'en veux pour tout le mal que je t'ai fait dit Adriano en lui prenant une main
_ Merci dit faiblement Rose les yeux mi-clos.
_ Ian serait également de mon avis.
Le cœur de la jeune fille se serra brusquement. Le souvenir de son ex amant la hanterait pour le restant de sa vie.
_ Reviens avec moi à Florence je t'en pris recommençons tout…
Rose fut surprise de ce qu'il venait de dire.
Paul ne comprenait pas non plus pourquoi il lui disait ça. Il trembla tant il fut stressé de la réponse de Rose.
_ Je ne peux partir sur un coup de tête, je ne peux laisser Paul il a besoin de moi ici et j'ai besoin de lui désormais Adriano …
_ Ta maison est à Florence, les tiens aussi
_ Je le sais bien, cette maison me manque affreusement mais tout a changé
_ Tu le sais Rose que ta place n'est pas dans ce monde … nous ne sommes pas du même milieu qu'eux tu ne t'y feras jamais
_ Qu'en sais-tu ? fit –elle sur la défensive
Adriano soupira
_ Nous reprendrons cette conversation en privé dit-il en appuyant bien sur le dernier mot, ton chien nous écoute dit –il en se levant.
Il passa devant un Paul à la mâchoire contractée et parti en coup de vent.
_ Paul tu es là… fit Rose avec un petit sourire
_ Oui… désolé de vous avoir épié fit-il en baissant la tête.
_ Ce n'est pas très grave
_ Tu vas partir ?
Cette question dérouta la vampire. L'intonation de la voix de Paul était mortellement sérieuse.
_ Florence est trop près de Volterra c'est ce qui me fait peur je ne veux plus avoir à faire aux volturis.
Paul ne sut pas si c'était une bonne réponse.
_ Les autres s'en vont. Cette guerre aura coutée chère.
_ Adriano à tout tenté pour sauver la louve Clearwater tu sais… Il voulait Jane morte.
_ Seth n'est vraiment pas bien, il avait déjà perdu son père il y a peu de temps…
Rose fit une moue contrariée et bougea pour se lever...
_ Tu es sûre ? Tu es en état ? dit Paul en l'aidant à se relever.
_ Je ne suis pas en sucre Paul rit –elle doucement
Et sous nombreuses grimaces elle se remit debout et s'aida des rambardes pour marcher. Elle était terriblement faible mais ne voulait pas l'avouer. Cependant rester dans un lit de mort n'était pas ce qu'elle préférait.
Paul avait une drôle d'impression, il ne savait pourquoi mais un fossé se creusait entre eux et il n'aimait pas ça.
Rose arriva dans le salon et tous la dévisagèrent gravement. Elle n'avait pas l'air en bon état non plus. Mais elle se dirigea machinalement vers le fond de la pièce sous tous les regards et vivement vint prendre Seth dans ses bras. Le jeune loup ne comprit pas cette initiative comme le bon reste de l'assemblée. Même Paul resta dubitatif quant à cet échange…
Elle le serra fort et l'autre étouffa un soupir. Lentement elle se décolla de lui et lui fit un magnifique sourire. Les yeux du loup étaient incompréhensifs.
_ Je sais ce que cela fait de perdre des êtres très chers. Tu vas devoir être fort pour ta maman Seth. Je suis navrée pour ta sœur. Je te fais le serment que je serais toujours là pour toi mon ami.
_ Merci Rose dit –il touché profondément après quelques secondes.
Elle avait bien changée depuis son arrivée. Et tous le remarquèrent. Elle se releva ensuite et fit face à l'assemblée éberluée.
_ Prenez –soin de votre famille et de vos amis. Ce n'est pas encore finit, ils reviendront dit- elle gravement.
Tous savaient qu'elle avait raison malheureusement.
Les témoins étaient repartis depuis trois jours sauf Adriano qui tentait de convaincre toujours Rose de revenir avec lui. Paul commençait à perdre patience, et ses crises de jalousie perturbaient Rose.
_ Et tu ne peux pas lui dire une bonne fois pour toute de repartir seul ?
Une énième dispute. Rose perdait patience.
_ Paul, Adriano est grand il sait ce qu'il doit faire. Tu m'ennuies avec ta jalousie je dois te l'avouer.
Paul gonfla sa poitrine de colère.
_ Si je suis jaloux comme tu dis c'est qu'il y a des raisons Rose… il nous gâche notre vie.
_ Cela me fatigue Paul de toujours me disputer avec toi à ce sujet, pourquoi ne pas l'ignorer ?
_ Tu ne comprends rien Rose…
_ Pardon ? J'ai crut mal comprendre ! Tu devrais te remettre en question tu me surprotèges trop, je ne suis pas une petite fille je te l'ai déjà dit.
Mais en réalité c'était autre chose qui perturbait la jeune fille. Elle avait des affaires à régler à Florence. Apaiser les tensions reconstruire une vie. Elle n'arrivait pas à dire à Paul qu'elle allait partir. Adriano n'essayait pas de la convaincre, il l'attendait, ainsi que Maria.
Son frère avait raison, jamais elle ne pourrait s'adapter ici, sa vie était en Italie dans son pays natal. Elle ne savait comment le dire à Paul… Elle l'aimait elle en était sûre mais c'était plus fort qu'elle. Sa nature la rattrapait. Elle avait crut que se serrait facile de vivre avec un loup le parfait amour. Mais leur destin était depuis le début erroné.
_ Rose je m'excuse mille fois de te blesser mais je veux juste pouvoir commencer à vivre avec toi tranquillement comme nous le méritons.
Il était tellement attachant. Intérieurement elle bouillonnait. Elle ne pouvait lui faire ça… Mais il ne méritait pas ça et elle ne le méritait pas. Elle savait désormais qu'ils étaient imprégnés mais elle devait le laisser vivre la vie qu'il méritait d'avoir. Une femme, des enfants… elle ne voulait pas lui enlever ce bonheur.
Alors pour son bien elle allait partir. Elle ferma les yeux et s'approcha de lui. Doucement telle une caresse elle mit ses mains de chaque côté du visage de Paul et amoureusement vint poser ses lèvres sur celles si attirantes du loup. Elle l'embrassa pour la dernière fois. Elle y réfléchissait depuis trois jours maintenant mais ne savait toujours pas comment lui dire.
Elle ne voulait pas lui briser le cœur pourtant c'est ce qu'elle allait faire à l'instant. Elle ne voulait que son bonheur se répéta t -elle.
_ Paul… je m'en vais dit –elle d'une traite.
Le Quileute ouvrit grand les yeux comme sortit de sa léthargie.
_ Qu…quoi ?
_ Je pars avec les miens. Je rentre chez moi. Enchaina t- elle
_ Mais…c'est ici chez toi… fit –il incompréhensif
Elle ferma les yeux, ça allait être plus dur qu'elle ne l'imaginait.
_ Tu ne peux pas partir, tu peux ne pas me laisser ! Qu'est-ce qu'il t'a fait ! Fit –il en commençant à trembler.
_ Il ne m'a absolument rien fait Paul, c'est ma décision.
_ Mais nous sommes imprégnés tu n'as pas le droit de m'abandonner ! Après tout ce que nous avons vécus ! C'est impossible !
Le grand Paul Lahote se vit le regard embué et bientôt une larme s'échappa de ses beaux yeux encore sous le choc d'une telle annonce !
Rose se mordit la lèvre elle ne supportait pas de le voir ainsi, c'était une torture.
Elle se recula et se cogna à une petite commode.
_ Je t'en pris Paul, tu ne me mérites pas, je ne veux que ton bonheur… tu as droit au bonheur d'avoir des héritiers, je ne suis pas celle qu'il te faut. Cette imprégnation était une erreur. Je ne serais jamais heureuse ici. Je t'en pris considère ma décision comme la seule faveur que tu pourrais m'accorder.
_ Mon bonheur est de te savoir avec moi.
Il était blessé en lui, elle le tuait. Il ne pensait pas qu'elle avait conscience encore de la valeur de l'imprégnation. Jamais ils ne pourront être heureux chacun de leur côté.
_ Rose…
_ Stop, Paul je t'aimerais toujours sois en sûr mais ma place n'est pas ici je te l'ai déjà dit … Adieu
Et dans un clignement d'yeux du loup elle fut partie. Il n'en croyait pas ses yeux, ses oreilles elle l'avait abandonné !
Il se dépêcha de sortir et se transforma elle ne pouvait partir comme ça avec de vulgaires excuses bidons !
Il courut à perdre haleine jusqu'à la villa Cullen. Edward était dehors.
_ Paul ?
Il ne se retransforma pas.
*Où est-elle ?!*
_ Elle vient de partir à l'instant mon ami répondit le vampire gêné.
Paul ne répondit pas à l'heure actuelle elle devait déjà être loin. Il tenta tout de même de la rattraper. Et courut en sens inverse.
Les trois vampires avançaient rapidement. Rose ne parlait pas elle avait le cœur lourd et les deux autres savaient très bien qu'elle allait mal.
Partir de Forks aussi précipitamment elle ne l'aurait jamais crut après tous les événements. Et Paul, son cœur souffrait de cette séparation hâtive.
Mais elle pensait avoir fait le bon choix pour eux. Il reconstruirait sa vie avec une femme aimante et de beaux enfants lui ressemblant. Un grognement sortit de sa gorge en pensant au simple fait qu'une autre le touche. Maria et Adriano l'observait doucement. Le combat intérieur qu'elle affrontait ne devait pas être simple.
Paul courait encore et toujours mais au bout d'une heure perdit leur trace. Il hurla de désespoir et au loin Rose tressaillit.
_ Nous ferions mieux de nous dépêcher mesdames déclara t-il impassible.
La gorge de Rose se noua et elle redoubla de vitesse. Le cri de son loup lui était insupportable. Le savoir malheureux était pour elle la pire des tortures.
Ils traversèrent le pays et arrivèrent bien vite à New York où ils prirent le bateau jusqu'en France. Rose n'avait toujours pas dit un mot. Alors qu'elle était sur le pont accoudée en regardant les étoiles Adriano vint la voir.
Il se posa près d'elle mais elle ne bougea pas d'un pouce.
_ Je t'en pris parle –moi Rose…
_ J'ai choisi de rentrer mais un vide immense se crée en moi, pourrais-je jamais un jour enterrer ma douleur ?
_ Je ne sais pas princesse, moi-même je n'ai jamais vraiment effacé Jane de mon cœur malgré toutes les horreurs qu'elle a faite.
Seuls ses cheveux bougeaient au gré du vent. Elle scrutait l'horizon comptant chaque mètres et chaque seconde qui l'a séparait de Paul.
Adriano lui passa une main dans le dos.
_ Tu as fait le bon choix Rose, tu le sais au fond de toi.
_ Je n'ai pensé qu'à moi répondit- elle tremblante.
_ C'est un bon gars il s'en remettra dit Adriano
_ Je ne pense pas, leur imprégnation est importante pour eux et moi-même je la ressens. C'est comme si j'avais arraché une part de mon âme et que je l'avais perdue là-bas. Je sais que moi jamais je n'oublierai.
_ Certes je ne sais pas ce qu'est l'imprégnation je ne peux juger.
_ N'en parlons plus je t'en pris, il y aura des sujets à ne point aborder désormais.
_ Je te fais le serment de ne plus t'importuner à ces sujets.
_ Merci fit –elle seulement
La traversée de la France se fit rapidement et bientôt ils arrivèrent à la frontière italienne. Une certaine appréhension se fit alors qu'ils franchissaient le seuil. Mais ils étaient forts ! Puis après quelques heures de marche le manoir leur apparut. Rose souffla, la dernière fois qu'elle était venue ici elle y avait tué un vampire et avait broyé du noir sur la mémoire de Ian. Cela n'allait pas être facile de vivre sans lui avec tous ces souvenirs. Mais peut-être aurait-ce était pire s'il avait été vivant…
Elle franchit la porte en dernière et partit directement à l'étage. Leur chambre… semblait froide.
Elle fit le tour et abaissa tous les cadres de Ian, elle ne pouvait le regarder. Cela lui fit penser qu'elle n'avait aucune photo de Paul. Son cœur se serra de suite, que faisait-il en ce moment ?
Non il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'elle soit partie. Et il ne voulait pas embêter la meute avec ses problèmes. Chacun se remettait doucement du combat et Seth était la dernière personne qu'il voulait déranger. Mais il imaginait qu'à un instant elle ouvrirait la porte en disant que c'était une farce.
Il était ridicule. Elle était partie pour de bon.
Elle pensait réellement qu'elle ne le méritait pas ? Elle était de loin tout ce qu'il admirait chez une femme. Certes jamais ils ne pourraient avoir d'enfants mais le plus important n'était pas d'être avec elle ? Mais Paul voulait des enfants… Et elle croyait lui permettre ce bonheur en le quittant. Tout était encore une fois si compliqué avec elle et sa tête allait exploser d'autant de soucis. Elle ne voulait pas vivre à la Push elle n'y serait jamais chez elle… Et lui ? Que lui restait –il ici ? Sa famille n'était plus depuis longtemps… Rien à part la meute ne le retenait. Et serait –il prêt à tout quitter pour elle et de vivre dans un château italien comme un noble qu'il n'était surement pas ?
Pour elle il ferait le monde, il ne voulait que son bonheur. Il savait qu'elle allait mal, il le ressentait car lui aussi ressentait ce vide. Deux âmes-sœurs ne pouvaient vivre séparées c'était comme ça…
Il prit surement la plus grosse décision de sa vie et devait être fort. Le loup allait quitter sa tanière. Allait vivre dans un repère de buveur de sang. Il souffla un bon coup, comment l'annoncer aux autres qu'il allait partir ? Bien sûr il ne quittait pas la meute, ne renierait jamais ses origines mais il avait besoin d'elle et il espérait que les autres le comprendrait.
Il fit son sac et n'oublia pas son passeport. Il avait une certaine appréhension. Il avait donné rendez-vous à tous les loups chez lui. Un par un ils vinrent tous avec cette même mine d'étonnement. Leur regard dévia vers le sac de voyage. Sam fronça les sourcils. Une fois tous présents il soupira un bon coup pour se donner du courage.
_ On n'a pas eut vraiment le temps depuis la bataille de faire le point sur les meutes… enfin la meute annonça t-il
Certains baissèrent la tête d'autres froncèrent les sourcils. Les événements étaient trop proches encore, trop frais dans leur tête…
_ Explique –nous la raison de notre présence chez toi Paul dit Sam calmement.
_ Comme vous avez du l'apprendre, Rose, mon imprégnée est rentrée chez elle en Italie…
Sa voix s'éteignit vers la fin de la phrase comme s'il ne voulait encore se l'avouer. Tous hochèrent de la tête.
_ J'ai décidé d'aller la rejoindre, de partir.
Il n'y eut aucun bruit. Seth le fixait intensément sans broncher attendant surement une quelconque réaction de leur Alpha. Mais rien ne vit et Paul attendit patiemment.
_ Nous nous doutions que tu ferais une chose pareille dit finalement Quil
_ Mais jamais on aurait crut que notre Paul tomberait fou amoureux d'un vampire rit Call
_ Paul… je ne veux que ton bonheur, vous êtes ma famille dit Sam, seulement promets-moi que tu reviendras nous voir… c'est ton choix j'espère que tu ne le regretteras pas après je peux te l'assurer on ne peut lutter contre l'imprégnation.
Paul fut touché des paroles de son Alpha. Seth était le seul qui n'avait toujours rien dit. Paul le regarda à son tour.
_ Seth…
_ Ne lui fait pas de mal Paul, prends –soin d'elle et de toi et soyez heureux annonça t- il doucement
Paul savait les sentiments de son frère pour sa belle, il ne les digérait toujours pas totalement mais ne fit pas d'histoire. Il l'étreignit avec chaleur.
_ Je vous promets que je reviendrais dit –il
_ Pleure pas Paul le taquina Embry avant de lui sauter dessus suivit de près par les autres.
Ils s'enlacèrent tous pour lui donner du courage. Le loup quittait sa tanière. Et après avoir soigneusement fermé la porte de sa maison natale se mit en route.
Seth l'emmena jusqu'à la gare prendre le train de Seattle jusqu'à New York c'est-à-dire mille changement de train et des heures et des heures d'attente sans rien faire.
Puis il prit le bateau jusqu'en France tout comme sa belle quelques jours auparavant. Plus il s'approchait et plus le stresse montait. Il ne savait pas du tout ce qui l'attendait là-bas.
FLORENCIA
Il resta bloqué quelques minutes devant le panneau. Quelques minutes le séparaient de Rose désormais. Il avança d'une allure sûre lorsqu'il passa les allées italiennes. Il avait repéré beaucoup de vampires depuis son arrivée. Personne ne disait quoique ce soit c'était un début. Ils semblaient vivre comme tout le monde.
Puis il repéra un vieil homme qui sans nul doute pourrait lui donner son chemin.
_ Excusez- moi monsieur pourriez-vous m'indiquer la route pour aller au manoir De Lante Rodriguez ?
Le vieil homme le toisa quelques secondes avant de masser sa proéminente barbe. Il bougea sur sa chaise et lui dit d'approcher. Paul méfiant tout de même avança son oreille au niveau du vieil homme.
_ Ce n'est pas le meilleur endroit pour un loup jeune homme, mais si tu tiens vraiment à y aller alors continu tout droit jusqu'à la fontaine et à droite ensuite continu jusqu'au pont et suit l'allée tu y verras le manoir derrière les arbres.
_ Comment vous…
_ Ton odeur mon petit ton odeur
_ Oui bien sûr fit Paul avec un petit rire sarcastique
_ Bonne chance fit –il avant de se remettre droit comme un « i » et de fixer un point invisible.
Quel drôle de personnage se dit Paul. Et il se remit en route en tachant de n'oublier aucune info du vieux vampire. D'ailleurs il se demandait vaguement quel était l'intérêt de mourir pour devenir vampire à cet âge là.
Florence était une ville magnifique mais pas autant que les plages de la Push, ses magnifiques forêts... il commençait déjà à avoir le mal du pays ce n'était pas bon.
Il reprit sa route vivement et après quelques minutes s'inséra sur l'allée de terre battue. Bientôt il vit apparaître les tours du manoir.
_ Ce n'est pas possible fit Adriano en reniflant l'air, il n'aurait pas osé ajouta t-il avec un petit sourire en coin.
Rose n'avait pas quitté la chambre depuis la semaine qui la séparait de son loup. Elle pensait sans arrêts à lui finalement elle regrettait amèrement son choix même si Adriano essayait tant bien que mal de lui changer les idées. Elle imaginait Paul partout, elle imaginait sa voix, son odeur comme dès à présent, près de la fenêtre elle ferma les yeux et l'imagina encore devant elle puis plissa le nez, l'odeur devenait de plus en plus forte. Brusquement elle ouvrit les yeux et l'impossible se matérialisa sous ses yeux. Paul arrivait au manoir. Ce ne pouvait être possible, elle rêvait. C'est ça une semaine qu'elle se s'était pas nourrit et elle commençait à avoir des hallucinations.
Mais cela semblait trop vrai pour être un simple rêve !
A la vitesse de l'éclair elle fut en bas. Adriano l'y attendait avec toujours son sourire en coin. Appuyé nonchalamment contre une statue, il rit. Rose lui lança un regard incompréhensif
_ Non mon ange ce n'est pas moi qui l'ait appelé il est venu de lui-même. Il est plus intelligent que je ne le pensais.
Rose lui lança un regard de reproche et tremblante ouvrit la porte d'entrée dans un fracas.
Paul fut surprit d'abord et se reprit vite. Il posa son sac à terre tellement heureux de la revoir mais attendant une réaction de sa part lui signifiant qu'il n'avait pas fait tout le voyage pour rien…
Cinq mètres les séparaient. Rose le regardait les yeux dans le vide ne comprenant pas ce qu'il faisait là mais son amour fut plus fort que tout. Sauvagement elle se jeta dans ses bras et l'embrassa comme si sa vie en dépendait. Paul répondit avec fièvre à son étreinte leur corps se formant plus qu'un.
Il avait envie de pleurer tant il était heureux. Mais pour sa virilité ça lui était formellement interdit. Ils arrêtèrent pour que Paul puisse reprendre son souffle et il posa sa tête dans le cou de la jeune fille lui parsemant de petits bisous. Rose lui caressa les cheveux et sourit. Elle le repoussa d'elle et puis le regarda. Il était tellement magnifique.
_ Paul… que fais –tu ici voyons ? Lui demanda t- elle de sa voix cristalline
_ J'ai décidé de faire le tour du monde répondit –il bêtement
Rose sourit à sa bêtise ainsi qu'Adriano qui était resté dans l'embrasure de la porte à regarder la scène qui quelques semaines avant l'aurait répugné.
_ Je plaisante, je ne peux pas vivre loin de toi, vivre sans toi Rose… J'ai décidé de te rejoindre, ma vie est avec toi …
_ Tu as quitté la meute pour… moi ? S'étrangla t- elle
Quelle preuve d'amour … Elle en était estomaquée.
_ Je t'aime Rose rien n'y changera quoique ce soit et je suis prêt à accepter de ne pas avoir d'enfants, rien ne m'importe d'autre que toi.
_ Oh mon dieu fit –elle en venant reprendre possession de ses lèvres.
Elle lui murmura des milliers de je t'aime entre ses lèvres.
_ Tu es fou ! S'écria t- elle
_ Fou de toi dit –il en la prenant par les hanches.
_ Hum hum fit quelqu'un en se raclant la gorge.
Il ne fallait tout de même pas exagérer. Il pouvait supporter bien des choses mais quand même. Adriano s'approcha de Paul qui de suite perdit son sourire. Arrivé à sa hauteur à la bonne surprise des deux amants le vampire tendit sa main au loup.
_ Bienvenu chez toi louveteau mais ne t'étale pas trop je tiens à mon intimité
Paul choqué lui serra sa main et hocha positivement de la tête. Rose était estomaquée et elle se mit en tête de remercier son frère.
Finalement tout commençait bien pour leur nouvelle vie. Rien ne pourrait les séparer désormais. Et si un jour on avait dit à Paul qu'il finirait par aimer un terrible vampire sanguinaire et vivre avec elle dans son repère il se serait surement tué.
Ils s'étaient tous les deux rendus fou, fous d'amour et ils étaient la preuve vivante que même les pires ennemis pouvaient s'aimer autrement que par la haine. Entre l'amour et la haine, c'est bien connu il n'y a qu'un pas.
FIN
