« HEIN ? Comment ça, j'suis pas invitée ?! » S'indigna Maja, assise sur son bureau, les ongles plantés dans celui-ci de rage. Encore une soirée où elle serait la reniée du groupe ? Pas question.
« J'suis désolé, Maja, j'ai fait d'mon mieux, mais les gars ne veulent vraiment pas que tu viennes ! T'sais j'ai pas un passe-droit ouvert à tous, hél- » Le jeune homme albinos qui parle avec Maja se nomme Gilbert, et il venait de baisser la tête en sentant quelque chose plaqué contre son entre-jambe. « Eh ? » C'était la chaussure de cette pimbêche de Polonaise. « Je crois que tu ne comprends pas bien, Gil-chou. Si je n'entre pas à cette fête, tout le monde saura ce que tu as fait dans les vestiaires des filles ; Et crois moi, toutes tes chances avec Eli' seront… Pfiou. Évanouies. » Maja argumenta ses dires en soufflant dans le creux de sa main après avoir serré très fort. Un petit à-coup fut donné, du bout de son pied, contre le paquet de Gilbert qui recula rapidement. « Du chantage ?! Je marche pas, Maja ! Personne te croira de toute façon. Je suis trop génial pour que les gens pensent du mal de moi.»
De l'autre côté de la classe, presque vide, une tête brune prit la parole, alors assise sur le rebord de son bureau, pianotant sur son téléphone. « Maja, ton chantage ne marche pas pour une raison toute simple ; tout le monde sait que Gilbert vient s'astiquer le palmier dans les vestiaires des filles. Eli le sait aussi bien que toi d'ailleurs. C'est sûrement pour ça qu'il n'a jamais pu obtenir ne serait-ce qu'un rendez-vous. » L'albinos émit un bruit aigu de frustration. « Sofia, sérieux ? » La nommée Sofia haussa simplement les épaules et se leva de son bureau, passant juste derrière Gilbert et Maja qui tout deux la suivait du regard. Elle passa rapidement sa main sur l'épaule de Gilbert, pour lui chuchoter un petit « Bon courage. », avant de partir et tortillant du derrière.
« Elle a raison. » Dit Maja, en croisant à nouveau ses bras, une fois la brune sortie de la salle. Gilbert enchaina directement « Tu devrais pas te montrer si sûre de toi, Maja, c'qu'elle a dit était pas à ton avantage. 'Fin, dans tous les cas, j'ai fait mon possible, désolé ! Aller moi j'file hein ! » Un nouveau bruit, mais celui-ci sembla plus proche d'un tchip sorti directement des lèvres rosées de la polonaise. « Ouais, c'est ça, barre toi. »
La pièce était à nouveau silencieuse. Maja gardait ses bras croisés sur sa poitrine inexistante. « Tu sais, ce n'est pas plus mal si tu n'y vas pas… Je me doute que la drogue et l'alcool tournent pas mal dans ce genre de soirée… Alors... » Il s'agissait de la voix presque effacée de Toris, assit aux côtés de la blonde. Il était l'un des nouveaux, pourtant bien connu de Maja, et pour cause ; ces deux-là étaient amis depuis bien longtemps. « Toris, sérieux, je crois que tu te rends pas compte. Les gens de notre classe qui sont pas invités, et je te rappelle que TU en fais parti, ce sont les paria de la socitété. Même Matthew le muet a été invité ! Pour nous, c'est la loose. Je hais ce stupide Headboy. En plus d'être sacrément laid, il est détestable, genre, vraiment. » Toris, qui avait le visage enfoui dans une écharpe malgré le temps chaud, jeta un simple petit regard à Maja avant de souffler. « Natalia non plus n'est pas invitée... » Dit il, plus pour lui-même qu'autre chose. Seulement, Maja avait bel et bien entendue, et elle se tourna alors vers lui avec un large sourire qui en disait long. « Aah, Natalia hein ? Je savais bien que tu finirais par avouer que tu es totalement fou d'elle. »
Cela eu l'effet d'un médicament qu'on avale de travers, Toris manqua de s'étouffer avec sa propre salive. « Hein ? Non mais n'importe quoi Maja… Vraiment... » « Mhmh, enfin dis bien ce que tu veux, je sais deux choses ; De un, tu es amoureux de Natalia, et de deux, ce soir, on sera à cette fête. Même que je porterais, genre, la robe la plus éblouissante de toutes celles qu'on verra. » Un dernier petit souffle s'échappant des lèvres de Toris conclut la fin de la dicussion.
Alors les deux amis se dirigèrent vers la sorti de la classe, pour ensuite se rendre à la caféteria. Toris et Maja mangeaient toujours en tête à tête. Au début de l'année, Toris avait beaucoup mangé avec Feliciano et Laura. Ces deux élèves étaient arrivés avec lui, tout simplement car ils avaient été choisi parmis les 200 élèves ayant perdu leur établissement de banlieu, pour obtenir une bourse leurs permettant de rejoindre un lycée riche et connu. Des fois, Toris se demandait ce qu'il serait advenu de lui s'il n'avait pas râté son bus, ce matin là, lorsque l'établissement s'est ecroulé en emportant avec lui 500 élèves et professeurs... Il serait mort, évidemment.
Ce n'était pas des repas très calmes, mais tout de même bien différents de ceux avec Maja. Maja s'asseyait toujours avant de poser son plateau. Elle remettait ses cheveux derrière ses oreilles, replaçait ses excessives barettes dans ses cheveux fins et blonds. Puis elle prenait sa fourchette, de sa main gauche manucurée, et commençait à déblaterer sans but préçis à propos des ragots tournant dans ce lycée bien trop bavard au goût de Toris. Et lui, il l'écoutait parler pendant une heure entière, sans vraiment pouvoir placer un mot. Pas qu'il le souhaitait, cependant. Toris avait toujours été silencieux, et c'est surement cela qui a mener Maja à être si bavarde, déjà petite. Parfois Toris se perdait dans son regard vert pomme, ou bien dans son assiette. Maja et lui ne mangeaient pas énormément, surement pas pour les mêmes raisons cependant. Toris avait un petit estomac habitué au manque de nourriture, Maja, quant à elle, disait devoir faire un « régime » alimentaire pour sa futur transition. Ah, sa transition. Maja pouvait en parler à longueur de journée, loin des oreilles qui trainaient un peu partout dans ce lycée. Toris trouvait cela fascinant. Il trouvait cet engouement fascinant lorsque Maja parlait de ses futurs seins qui seront pas trop gros, mais assez pour qu'ils soient remarqués, lorsqu'elle parlait des hanches qu'elle aura après tout cela, du fessier d'enfers égalant et surpassant celui de Nicki Minaj. « Sauf que le miens, il sera pas fait en plastique. » Retorquait elle à chaque fois en faisant tournoyer sa fourchette entre ses doigts. Parfois, lorsqu'elle parlait, il se demandait « Comment peut-on vouloir tant que ça changer de sexe ? » et des fois il se disait que réflechir à cela ne servait à rien. Après tout, il savait qu'il lui serait impossible de ressentir tout ce que représentait la disphorie, lui même n'en souffrant pas.
Le repas d'aujourd'hui ne fut cependant pas si routinier. Maja parlait, en expliquant à Toris, d'un air passionné, pourquoi ses ongles étaient en gel et qu'elle ne portait pas de faux ongles « Tu ne comprends pas, ça peux, genre, détruire entièrement tes ongles si tu les enlève ! Puis la colle, on en parle de la colle ? C'est de la merde ce truc ! ». Tout cela, Toris le savait déjà, mais il hochait la tête d'un air amusé. C'était amusant la façon qu'elle avait de toujours être sur la défensive lorsqu'elle défendait, même contre quelqu'un qui était de son avis, une opinion à laquelle elle tenait énormément. Sauf qu'à un moment, le brouhaha régulier et ambiant de la salle fut brisé par des paroles peut-être dites trop fort.
« Bah ouais il paraît qu'y'à un trans dans notre classe ! » Cela eu comme effet instantanné de glaçer le sang de Maja qui crispa sa main autour de sa fourchette, dans une grimace. « J'comprendrais jamais comment un gars peut vouloir devenir une nana, j'veux dire, c'est trop bien d'être un mec ! Ou- ou même une meuf qui veux devenir un mec, c'est chelou nan ? »
La voix du danois un peu trop bruyant sembla mettre en pause absoluement toutes discussions ayant lieu dans la pièce. Le seul bruit qui se fit entendre quelques secondes après ses mots fut un bruit de claque, suivit d'un « Aïeuh ! ». Alfred venait de plaquer fortement sa main dans la nuque de son meilleur ami. « Sérieux Mat', ta gueule... » rétorqua Alfred, semblant particulièrement touché par les mots de son meilleur ami.
Maja avait eu peur, l'espace de quelques seconde. D'ailleurs, c'était pour cela qu'elle avait lançé un regard à Gilbert, assit à la même table que les deux garçons bruyants. Celui ci lui jeta un regard interrogatif, et Maja comprit alors que ce n'était pas elle dont parlait Mathias. Personne n'était au courant hormis Toris et Gilbert. Seulement, Toris était son meilleur ami depuis toujours, et n'avait jamais rigoler avec ce sujet. Maja aurait pu douter de Gilbert, mais elle savait qu'il était incapable de mentir, ni par des mots, ni par des regards, et ses yeux inquiets et curieux Maja les avait bien remarqués. Alors ou Mathias racontait des conneries, ou quelqu'un l'avait démasqué, ou bien… Ou bien, quelqu'un était dans la même situation qu'elle.
C'est dans un bruit de chuchotement incessant que le repas prit fin pour tout le monde. Maja fut bien silencieuse, et lorsque Toris lui proposa d'en parler, elle lui assura que tout allait bien, et qu'elle ne souhaitait pas en parler maintenant. Cette histoire donnait une raison de plus à la blonde de vouloir accéder à la fête de ce soir. L'alcool délie les langues, n'est-ce-pas ?
L'heure de la fin des cours sonna plus rapidement que prévue. Maja n'avait toujours pas trouver de plan pour se rendre plus aisément à la fête sans l'accord des organisateurs. Mais elle allait se rendre compte que certaines personnes peuvent être bien plus malignes qu'elles ne le laissent penser.
En descendant les énormes marches de l'entrée de l'établissement, le soleil tapant encore sur les têtes et cette air de vacances arrivant à grands pas, ni Toris ni Maja ne firent attention à la personne se glissant derrière eux. Et c'est pourquoi Toris ressentit un énorme frisson lorsque cette personne prit la parole, juste derrière son oreille.
« Je peux vous aider à entrer à la fête de ce soir. »
C'est ainsi que les deux amis se rendirent compte que là, juste derrière eux, se tenait Natalia, la grande perche biélorusse, bras croisé sous sa poitrine et l'air toujours aussi froid. Mais Maja eu un léger sourire, pour deux raisons. Tout d'abord, elle lança un regard à Toris qui était aussi gêné que lors de son premier jour ici, et ensuite parce que… « Natalia, comment tu veux nous aider à y rentrer si toi même tu n'y es pas invitée ? ». Le regard de la blonde ne changea pas, tellement que Toris avait parfois cette impression que Natalia était une poupée de procelaine. « Hin. Ca je le sais, merci. Mais ne t'inquiète pas. J'y serais. Et si vous m'aidez, vous y serez aussi. Tous les deux. » « Ok. Tu nous intéresse, Natalia. On veux bien t'écouter ! »
C'est ainsi qu'un peu plus loin, sous le pont, là où plus personne ne passait à cette heure-ci, Natalia commença à détailler son plan.
« Je veux mettre hors jeu Wang. Cet enfoiré met en péril ma relation avec mon frère. » « Oulah, oulah on veux pas être liés à un meurtre nous, hein, genre, c'est pas vraiment notre délire ! » Coupa Maja, en levant les mains devant elle. « Pff. Tu crois que je t'en aurais parlé, à toi, la pipelette de la classe, si j'avais voulu comettre un crime ? Je veux dire, je peux pas promettre que ça n'arrivera pas, mais ce jour là tu ne sera pas au courant. » Grogna la biélorusse qui faisait frissonner Toris d'une angoisse étrange. « GHB. Vous connaissez ? » Toris ouvrit grand ses yeux lorsqu'il vu la petite fiole de liquide que tenait Natalia entre son pouce et son index. « C'est la drogue du violeur ça ! » Dit Maja en ouvrant ses yeux en grand, impressionnée. Toris regarda l'une après l'autre les deux demoiselles. « Ces deux filles sont folles. » Pensa t-il. « Natalia ! Comment tu t'es procurée ça ?! » Toris parla plus vite que son cerveau ne le voulu. La poupée bielorusse fit bouger sa tête d'un geste robotique et rapide, ainsi son regard glaciale se planta dans celui du brun, horrifié. « Oh, il parle lui. » Grogna Natalia. « Il y a deux dealers qui trainent dans le coin. Le gars qui tient le kebab au bout de la rue en fait parti, mais cette fois-ci, je me suis tournée vers le frère de Laura. Il est rapide, même si ses prix sont plus élèvés que ceux du turc. » Le « cette fois-ci » fit pousser un petit cri inaudible à Toris.
« Ok. Et nous, on fait quoi du coup dans cette histoire ? » Natalia regardait la blonde impatiente qui sautillait avec hâte « J'allais y venir, idiote. Je ne peux pas me permettre de risquer qu'on me voit faire ça. Alors si vous voulez que je vous donne le moyen d'entrer dans la salle sans vous faire chopper, vous devrez mettre la quantitée souhaitée exact de GHB dans le verre de Wang. Pas une goutte de plus ou de moins. Sinon je vous penderais, toi par les couilles et toi par les pieds. » Toris se glaça sur place. Il était effrayé. « Hein ? Nan, nan, nan ! On ne marche p- » Mais Maja coupa la parole à Toris, posant sa main sur ses lèvres, avec un large sourire ambitieux et des yeux brillants. « On marche ! On marche ! »Lançant un regard exorbité à sa meilleure amie, Toris cru qu'il allait vomir tant l'idée de droguer quelqu'un le retournait.
Maja semblait inconsciente. Après avoir accepté la quête, et s'être donné rendez vous à l'arrière de la salle à 20h exact avec Natalia, Maja et Toris avaient prit le chemin de chez la blonde. Elle dansait joyeusement, Toris savait très bien à quoi elle pensait ; sa magnifique robe qu'elle rêvait de mettre depuis des années et qui rentrait parfaitement dans le thème « années 80 » de ce soir. Mais lui était incapable de penser à autre chose qu'à cette fiole de GHB que leur avait présenté Natalia un peu plus tôt. « Maja, je crois que tu te rend pas compte de ce qu'on va faire ce soir... » Avait balbutié le lithuanien. « Ce qu'on va faire ce soir ?! Baby, on va s'éclater jusqu'à 7h du matin ! On va danser comme jamais et on va boire, boire, boire ! »
Toris roula des yeux, soufflant bruyamment, ce qui n'était pas de son habitude. « On va droguer un élève, qui plus est un délégué de la classe ! Je sais pas si tu connais les conséquences de la prise de cette drogue. Elle peux totalement t'endormir, et te rendre incapable de faire quoi que ce soit si on t'agresse! Ce n'est pas pour rien qu'on l'appele la drogue du violeur, Maja!- … Maja ? »
Cela faisait bien quelques minutes que Maja avait mit ses écouteurs. Elle marchait devant, bras écartés sur ses côtés, semblant s'imaginer reine du dancefloor. Son regard. Son regard semblait si en joie, elle semblait être dans un rêve éveillé. Soudain Toris se souvint de ce que lui avait confié Maja quelques mois auparavant. Aller à l'une de ces fêtes c'était un rêve de gamine qu'elle n'avait jamais pu réalisé à cause de ces idiots d'organisateurs qui lui refusait l'accès depuis le début de l'année, après que Maja ai mit un rateau incroyable à Alfred, le Headboy.
« Sérieux regarde! Elle est somp-tu-euse ! » Maja se dandinait, devant son grand miroir devant lequel, Toris en était sur, elle se coiffait précautionneusement, mettait son savoureux gloss, et s'admriait des minutes durant en se convaiquant qu'elle était la plus belle. A ce, tous les matins, armée de son sourire inoubliable, qui pourrait illuminer n'importe quelle journée triste.
Cette robe était verte aux reflets bleu. Il n'y avait pas de décolleter, cela était trop compliquer dans son cas. Cependant les manches étaient, elles, bien échancrées et laissaient voir une légère partie de son torse, mais pas assez pour que quiconque ne remarque les rembourrages qu'elle y avait disposé pour faire la magnifique et parfaite forme de ses seins de tissus. La robe était à sequin, et… Très courte. Si courte que Toris s'était retenu de pencher la tête pour vérifier qu'on ne voyait pas le début de son derrière. Dans tous les cas, cette robe l'éblouissait. Enfin, Maja l'éblouissait dans cette robe, plutôt. « Ah oui, je trouve aussi. » Non, Toris ne pouvait pas lui enlever cette soirée. « Mais foi, f'as rien à forter en fait. » Répliqua Maja, attachant ses cheveux en un chignon négligé au haut de sa tête, une pince à cheveux entre les dents. « Ah. Non, je n'ai rien... » Mais avant même qu'il ai pu dire qu'il allait simplement s'y rendre en uniforme, Maja s'exclama. « Je vais fouiller dans les affaires de mon père, j'suis sure que je peux trouver un truc à ta taille! »
Et sans pouvoir dire quoi que ce soit, Toris se retrouva habillé d'une chemise bleu et d'un smoking assorti rose pâle, ainsi que d'un nœud papillon de la même couleur que le smoking. « Tu trouve pas que ça fait… Too much ? » Dit Toris, peu à l'aise avec les couleurs qu'il portait. « Too much ? Mais mon coco, c'est ça, les années 80, « too much » ! T'es beau comme un dieu en plus- Bon, un Dieu un peu maigrichon mais bon ! En plus il te fait un bon p'tit cul, ce pantalon. » Toris ne pu empêcher un léger « E-eh... » de gêne, que Maja ne remarqua même pas.
Il fut enfin l'heure pour les deux amis de se rendre à l'arrière de la salle des fêtes. Finalement, Maja avait décidé de laisser ses cheveux détachés, et de les ondulés un peu à leurs pointes. Elle portait de hauts talons transparents, alors que Toris, plus petit sur ses chaussures d'uniforme, s'était attaché ses cheveux en petite queue de avait porté à sa poche de veston une petite fleur que Maja avait arraché à l'un des pots qui regnaient à ses fênetres. Toris était descendu dans le salon un peu plus tôt. Il avait réflechit, cette soirée devait être parfaite pour sa meilleure amie ; c'était ce qu'elle méritait. Ayant prit son appareil photo qu'il trainait toujours partout avec lui, dans ses mains, Toris se plaça en bas des escaliers et fut paré à jouer au paparazzi. Lorsque Maja commença à descendre, Toris pu l'entendre grace au bruit que faisaient ses talons en claquant contre le bois. « Et voici la nouvelle star dont tout le monde parle ! Connue pour son sourire faisant chavirer tous les coeurs, pour ses yeux de biches qui font palirent d'envie Ariana Grande et son corps de rêve qui rendent Rihanna et Nicki Minaj folles de jalousie, veuillez acceuilir… Maja Lukasiewicz! La foule est en délire ! » Toris commença à prendre en photo les jambes apparentes de Maja qui descendait en se prenant au jeu, se faisait désirer, ondulant des hanches et clignant de ses yeux. « Ahah, oui je sais je sais, vous m'aimez tous mais je ne peux pas signer tout ces autographes en une soirée ! »
Le fou rire que Maja prit en arrivant en bas des escaliers ne fut que passager lorsque face à elle s'ouvrit la porte d'entrée. Maja devint directement pâle, et Toris tourna son regard vers la porte où se tenait les parents de sa meilleure amie. Au lieu de se rejouir de voir Toris, ce qu'ils auraient dû faire comme à leur habitude, ceux ci prirent une mine dégoutée. La mère, gênée, fit demi tour, mains à son visage. Quant au père, il sembla chavirer au rouge en une demie seconde. « FELIKS ! Co robisz Nie widzisz, że zawstydzasz swoją matkę! Jesteś niedorzeczny. » Ses parents ne parlaient pas un traitre mot d'anglais, mais Toris n'eu pas de mal à comprendre, ayant prit l'habitude de parler autant polonais que lithuanien chez lui. « Feliks, qu'est ce que tu fous là ?! Tu es ridicule. Tu fais honte à ta mère. », voici ce que comprit Toris. Maja, nommée Feliks par son père baissa la tête, mordant sa lèvre. Au lieu de fondre en larme comme elle le faisait d'habitude, elle s'élança vers son père, passant à côté de Toris. Celui-ci ressentit d'ailleurs sans problème la tension et la colère qui émanait de son corps.
« Nie obchodzi mnie, co mówisz, Ojcze. Tu viens Toris ? On bouge. Śmierdzi tutaj transfobią. » Cracha elle, après avoir reniflé d'une manière exagérée pour que son père le voit bien. Toris, un peu perdu et anxieu par rapport à la situation, hocha la tête, puis la baissa, et accourut à la suite de sa meilleure amie. Maja marchait vite sur ses talons, Toris, lui, était plus lent, surtout lorsqu'il marcha à côté de la mère qui semblait dévastée. Si Toris avait été de leur côté, partageant leurs idéaux dépassés, il aurait surement dit « Pardon ».
Une fois arrivée à la petite porte du jardin, Maja, bras croisés, regarda Toris, alors que ses yeux tournaient au rouge.
« Tu vois ? Tu vois c'est à cause de ça, à cause d'eux que je DOIS me rendre à cette fête, pour leurs foutre les morts et leurs prouver qui je suis. Je sais que dès demain j'aurais plus de maison, mais j'en ai tellement rien à foutre. Aller, viens. »
Non. Toris ne pouvait officiellement plus la priver de cette soirée. Même si pour cela il devait accepter de droguer le délégué de la classe.
