Bonsoir à tous et à toutes,

Après un long moment d'absence, me revoici avec une nouvelle fanfiction. Je n'ai pas mis de côté l'écriture de fanfictions, mais je travaille beaucoup sur mes récits originaux (des romans pour être plus précise) et, pour être bien honnête avec vous, l'inspiration était moins présentes. Cependant, les circonstances étant ce qu'elles sont en ce moment... Je devais écrire un peu et quoi de mieux qu'une fanfiction.

Avant d'écrire une introduction plus longue que le texte en lui-même, je vous souhaite une belle lecture

Tout va bien aller, bisous,

Jess-Lili


L'incertitude et les doutes faisaient partie intégrante de sa vie depuis qu'elle avait décidé de rester à Londres. Fleur Delacour n'était pas de celles qui doutent et pourtant… Aujourd'hui, plus que n'importe quel jour, elle n'était certaine d'absolument rien. Chaque soir, elle s'endormait tard dans la nuit, son cerveau créant mille et un scénarios plus improbables les uns que les autres. Chaque soir, elle rêvait qu'un Mangemort ou Voldemort lui-même s'en prenait à sa mère, à son père et à sa sœur. Chaque soir, elle cauchemardait en imaginant William, se tortiller sous les sortilèges les plus féroces. Chaque soir, en fermant les yeux, elle voyait les êtres chers à son cœur, torturés devant elle. Mutilés, déchirés, croulant sous les jets de lumière, et elle ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait qu'assister, impuissante, à leur descente en enfer. Morgane savait que la jeune semi-Vélane n'aimait pas rester inactive et démunie. À tour de rôle, ils l'accusaient :

"Tu ne fais rien pour nous aider." Disait son père.

"Tu avais promis de protéger ta sœur." Lui reprochait sa mère.

"Tu m'as livré à eux, sans pitié. Tu les regardes, impassible. Toujours impassible." Renchérissait William.

Chaque soir, depuis des jours, Fleur se réveillait en sueur. Chaque soir, depuis des semaines, Fleur se réveillait en hurlant, le souffle erratique. Chaque soir, depuis des mois, elle se réveillait en pleurant. Chaque soir, elle cherchait les bras réconfortants de William. Cependant, à de trop nombreuses reprises, elle trouvait son lit affreusement vide. Elle ne se faisait pas au silence de son appartement. En peu de temps, elle s'était habituée à la présence tranquille de son fiancé. Elle s'était habituée à entendre son rire et à se réveiller en croisant aussitôt le sourire du jeune homme. Elle appréciait presque la présence des Weasley. Elle la tolérait simplement pour ne pas affronter le silence de son espace personnel.

Même son fiancé n'était pas là pour la rassurer. William n'était pas là, pour lui murmurer que tout allait bien et qu'elle ne devait pas avoir peur. Il était en mission avec Nymphadora Tonks. La jeune femme avait bien remarqué le regard plein d'espoir que Molly avait posé sur le duo, avant leur départ. Elle espérait tant que son fils choisisse une autre femme que Fleurk. Même devant ce regard éloquent, Fleur n'avait pas tremblé. Non, elle avait rejeté ses longs cheveux blonds vers l'arrière et avait affiché un sourire mièvre, avant d'envoyer un baiser soufflé au rouquin. Hermione et Ginny avaient soupiré. Molly avait levé les yeux au ciel. Ron et Harry l'avaient regardée avec adoration. Mais elle s'en fichait. Le regard amoureux de William lui avait suffi. La jeune Française était tout simplement partie. Elle n'avait pas pleuré. Elle n'avait pas tremblé. Elle avait montré une indifférence trompeuse. En elle, bouillonnait pourtant un amalgame d'émotions. La colère, d'abord, puis venait ensuite la peur, omniprésente et flottante dans les airs. Puis finalement, elle était revenue à l'indifférence. Elle avait refoulé ses larmes et avait serré les poings. Elle n'allait pas craquer. Surtout pas à cause de sa belle-mère. Elle était plus forte que cela. Elle n'était pas le genre de fille à s'effondrer en public. Cependant, dans la noirceur de sa chambre à coucher, c'était une autre chose. Elle était seule avec ses pensées. À ce moment seulement, elle pouvait se permettre cette faiblesse, celle de pleurer.

Fleur n'avait jamais eu aussi peur qu'en ce moment. Pourtant, elle avait participé au Tournoi des Trois Sorciers. Elle avait déjoué une dragonne, des strangulots, des araignées géantes et puis plus encore. Pas une seule fois, elle n'avait tremblé. Elle s'était sentie agitée et elle avait eu peur, lorsque le vieux directeur fou avait mis Gabrielle au fond du Lac Noir. Cependant, elle n'avait pas tremblé. Elle s'était composé un faciès impassible et elle avait tout affronté, sans broncher. Elle avait flanché lors de la deuxième tâche et lors de la mort de Cédric Diggory, le jeune champion de Poudlard, mais elle n'avait pas tremblé.

Fleur ne tremblait jamais, non. Fleur restait de marbre. Il n'y avait que le soir qu'elle permettait à ses petits tremblements de terre de faire surface. Devant les autres, elle montrait une façade. Elle dupait tout le monde. Elle en venait même à croire que tout allait bien. Qu'elle n'avait pas l'impression de tomber à chaque tremblement. Qu'elle n'avait qu'à se raisonner. Que tout arrêterait. Pourtant, la nuit était invariablement accompagnée par ses acolytes les tremblements de terre. Les tremblements de son être tout entier, qui lui donnait la sensation d'être sur un sol qui se fissure et qui, à tout instant, allait l'engloutir.

Cependant, devant tous les autres, Fleur ne tremblait pas. Elle restait imperturbable. Elle participait aux rares missions que l'Ordre du Phoenix lui donnaient. Elle faisait ce qu'on lui demandait, sans protester. Elle participa même à la bataille des sept Potter. Elle avait protégé ce gamin, au péril de sa propre vie. Elle avait eu peur, mais elle n'avait pas tremblé. Elle ne tremblait jamais en présence d'autrui. Elle était plus forte que cela, Fleur. Jamais elle ne montrait ses faiblesses.

Ce soir-là, Fleur trembla. Elle en avait cure de la présence des autres. Ce soir-là, elle trembla lorsqu'elle se posta devant un Mangemort qui avait osé interrompre son mariage. Ce soir-là, elle avait le regard dur, les poings serrés et le corps entier qui tremblait de rage. Ce soir-là, elle se battit comme jamais elle ne l'avait fait. Elle dansait entre ses ennemis, lançant des sorts et utilisant même ses membres pour désarçonner les Mangemorts.

Ce soir-là, après un combat acharné, elle se laissa tomber, tremblante, dans les bras de son nouveau mari. Ce soir-là, elle en avait eu assez de tout garder pour elle. À l'abri, dans les bras de William, elle avait pleuré. Elle avait tremblé. Elle avait partagé un peu de ses tremblements de terre avec le rouquin.

Elle avait oublié qu'elle n'était pas seule. Qu'elle pouvait toujours partager une partie de ses tremblements avec quelqu'un. Pour un jour, s'en délester, elle l'espérait.