Un jeune homme d'à peu près quinze ans se baladait dans les rues de Londres. Il avait des cheveux bruns, un peu frisé et les yeux d'un gris glacial, caractéristique de sa famille. Son maintient était aristocrate et sa démarche suintait d'une élégance désinvolte. Un sourire charmeur ornait son visage alors qu'il parcourait les rues de la capitale. Il avait teint les draps de ses parents d'une couleur rouge sang et n'étant pas suicidaire, avait décider de passer la nuit ailleurs histoire d'éviter le massacre de ses tympans qui suivrait sans aucun doute la découverte de leur literie. Il était beau, vraiment beau. Sa beauté était arrogante, enivrante et grâce à elle, il n'avait aucun mal à séduire la gent féminines, son plan était simple, trouver un bar, trouver une fille, séduire la fille et partir le lendemain matin comme un voleur. Il savait que ce n'était pas très gentleman mais bon, qui pouvait le jugé ?

Loin de partager l'insouciance du garçon, un adolescent du même âge tentait vainement de se relever. Sa tentative fut interrompue par une énorme gifle qui le fit se cogner contre le mur. Son père avait, encore une fois, abusé de la boisson et il n'avait trouvé que son fils pour calmer ses nerfs. Un coup de pieds bien sentit coupa sa respiration et lorsqu'il entendit le cliquetis familier d'une ceinture qu'on décroche il eut à peine le temps de lever ses bras que le morceau de cuir le frappa de plein fouet. Son géniteur était vraiment ivre et étant de nature violente, il s'acharna plusieurs minutes sur les bras de son enfant avant de lui empoigner les cheveux et d'approcher son visage à quelques centimètres du siens.

- Tu aimes ça hein ? Petite pute. Il plaqua ses lèvres contres celles de sa progéniture qui ne put retenir un gémissement de peur. Il fallait qu'il s'échappe. Maintenant. Ou alors, il savait très bien qu'il allait le sentir passer.

Il tenta de se reculer mais son père l'arrêta dans son élan et se pressa contre lui, le faisant s'allonger sous son poids. Ses mains calleuses descendirent lentement dans une tentative de sensualité et baissèrent d'un même mouvement son jean et son caleçon. Le plus jeune ne put retenir un frisson de dégout quand l'érection de son père se pressa contre sa hanche. Trop tard.

L'aristocrate cherchait depuis déjà vingt bonne minutes. Il était 22h et le jeune homme commençait à s'impatienter. Il finit par tourner dans une ruelle sombre et humide. Il n'avait jamais vu de quartier pareil. Les immeubles étaient délabrés voir même pour certain en ruine. Des jeunes femmes en tenues très, très légère le regardait comme des prédateurs chassent leurs proies et le brun se força à accélérer le pas. Il finit par tomber sur un pub crasseux et nauséabond. Il y entra lorsqu'il vit la serveuse. C'était une fille d'à peu près son âge, assez maigre et vraiment frêle. Elle avait un teint de porcelaine et ses magnifique cheveux roux, bouclés descendaient en cascade le long de son dos. La tenue qu'elle portait laissait peu de place à l'imagination mais le sorcier finit par se rendre compte que ce n'était rien de plus que l'uniforme du bar. La serveuse croisa son regard et sans la quitté des yeux, l'héritier s'assit sur l'un des tabourets du comptoir et lui fit un clin d'œil enjôleur. Elle se tendit, mal à l'aise.

L'ignoble douleur qui lui déchirait le bassin s'accentua une derrière fois, bien plus fort que les précédente et il ne put retenir un hurlement de douleur. Il avait l'impression que sa gorge était en feu. Ses genoux avaient été râpés par le nid à mite qui faisait office de tabis dans leur minable salon, son dos enflammé par la ceinture de son père et son corps meurtrit par l'homme qui l'avait mis au monde. Son père s'appuya sur ses côtes pour se retirer et l'adolescent serra les dents aussi fortes qu'il le put pour retenir tout sons susceptibles de percer la barrière de ses lèvres, encore gonfler par les tortures que lui avait infligé son géniteur. Le plus vieux caressa les cheveux sales de son fils et se pencha vers lui pour déposer un baiser sur les bouts de chair rosées qu'il avait pris un plaisir fou à malmener. L'adolescent étouffa un sanglot et Tobias lui offrit un sourire cruel.

- Bonne nuit Severus. Murmura-t-il d'une voie remplie de luxure avant de sortir du salon et de se diriger d'un pas lourd vers sa chambre.

Severus, car s'était bien lui, tenta de se relever. Ses jambes flanchèrent et il ne masqua pas sa grimace de douleur quand ses fesses rencontrèrent le parquet froid de l'appartement. Il ramassa ses vêtements qui étaient éparpillés un peu partout dans la pièce, se rhabilla et sortit de l'appartement sinistre où il vivait. Il boita laborieusement jusqu'au bar où travaillait Emilie et lorsqu'il entra dans ce dernier, la forte odeur de tabac et d'alcool le prit au ventre et lui fila la nausée. Quand Emilie se rendit compte de sa présence et lui fonça dessus et le prit dans une étreinte d'ours. Il se cambra et se retint à grande peine de hurler. La rousse le relâcha aussitôt et lui lança un regard désespérer.

- Non Severus, ne me dis pas que…

Le brun était toujours accoudé au bar, sirotant un cocktail plutôt fade quand il entendit la porte du bistrot s'ouvrir. Il regarda l'inconnu et se figea en reconnaissant ce dernier. Qu'est ce que Rogue foutait là ? La jeune fille qu'il avait repérée un peu plus tôt remarqua le Serpentard et lui sauta littéralement dessus pour le prendre dans ses bras ce qui laissa l'héritier pantelant. Cependant, la suite ne laissa pas non plus de marbre. Sa Némésis qui avait pourtant un tel contrôle d'elle-même laissa plus qu'apparaître la souffrance sur son visage. La rouquine se décala aussitôt et regarda le brun les yeux exorbités. Elle murmura quelque chose et Rogue hocha la tête avant de prendre à son tour la parole. Sirius essaya de lire sur ses lèvres mais ne comprit que les mot « Ivre » « violent » et « Ne t'inquiètes pas. ». Sous les yeux incrédules de Black, le potioniste embrassa le front de la jeune fille avant que cette dernière ne lui montre le comptoir et que le serpent se dirige droit sur lui.

Severus adorait Emilie, elle était l'une des rares qui pouvait réellement le comprendre et qui ne le jugeait pas. Elle connaissait ses problèmes familiaux et était toujours là quand le jeune homme en avait besoin. Il lui embrassa tendrement le front et elle lui fit un sourire timide en lui montrant le bar.

- Va t'asseoir, j'arrive avec des boissons. Il acquiesça et se dirigea vers les tabourets.

Tout à coup il se figea. Sirius-crétin-Black était là, assit au comptoir et le fixait comme si une troisième tête lui avait poussé. Il pensa un instant à fuir mais ce dit que de toute façon sa journée ne pouvait pas être plus horrible qu'elle ne l'était déjà et qu'une Xième humiliation de Black ne changerait pas grand-chose. Il s'assit le plus loin possible du lion et se mit à fixer le plafond avec un intérêt tout particulier. C'était sans compter la motivation du cabot qi se leva pour s'asseoir juste à coté de lui. Ils se regardèrent pendant quelques secondes avant que Black ne demande d'une voie tremblante qui ne lui ressemblait pas.

- Bah alors Snivelus, Qu'est ce que tu fous ici ?

Bon, il fallait l'avoué il y avait plus fin comme approche mais bon, il n'était pas vraiment connu pour son tact implacable. L'adolescent tourna la tête vers lui et Sirius beuga. Une ecchymose jaunâtre s'étendait sur la pommette droite du garçon, ses lèvres étaient gonflées et l'une d'elle éclatée et il abordait maintenant un œil au bord noir qui l'empêchait de fermer sa paupière.

- Il t'es arrivé quoi Rogue ?! S'horrifia-t-il.

- Rien qui te concerne Black. Sa voie était amère mais ses yeux totalement inexpressifs. L'héritier sentit un horrible malaise le prendre par la gorge. Il déglutit péniblement tout en continuant de fixer le potioniste.

C'est à ce moment-là que la belle serveuse revint avec sur son plateau une bouteille de vodka et ce qui semblait être une bonne demi-douzaine de shot remplis d'un liquide ambré.

- Tiens Sev. Elle déposa le contenu de son plateau devant lui. Ça te fera du bien.

- Merci Em's.

- C'est cadeau de la maison. Elle lui fit un clin d'œil joueur avant de repartir vers les autres clients.

Si on avait dit à Sirius qu'il verrait un jour Severus Rogue boire une demi-douzaine de shot de tequila sans siller comme si tout cela était parfaitement normal, il aurait envoyé l'homme à St Mangouste d'urgence et pourtant, c'est bien ce qui se déroulais sous ses yeux. Quand il vit que le Serpentard était sur le point d'ouvrir la bouteille de vodka il lui prit le poignet et hurla presque

- Nan mais t'es complètement barjot ?! T'es mineur je te rappelle.

- Je t'en pris Black, oses me faire croire que tu n'as jamais pris une cuite de ta vie. L'aristo vira au rouge brique. Je suis épuisé Black, alors pitié, épargnes moi tes leçons de morale car là, je n'ai vraiment pas la force de t'écouter. Vis ta vie de ton coté et fout moi la paix. Le brun se servit un grand verre qu'il ne tarda pas à vider cul-sec.

- Pourquoi tu bois autant ?

- Pour oublier.

- Oublier quoi.

- Mon existence. Le silence plana quelques minutes avant que le Gryffondor se lève et jette une poignée de pièce sur la table. Il se dirigea vers la sortit mais se retourna une dernière fois vers le sorcier.

- Tu sais, l'alcool n'effacera pas tes problèmes.

- Oui, mais l'eau et le lait non plus.

L'aristocrate resta hébéter devant la remarque de son homologue. Les yeux de ce dernier étaient devenus un peu plus vitreux prouvant que l'alcool faisait son effet.

- Tu sais, tout va s'arranger. Tenta le brun. Le serpent eut un rire amer.

- Qu'est-ce que t'en sais ? Rogue se frotta les yeux avec ses mains.

- Rien n'est insurmontable. Il n'y a aucunes raisons valables pour que tu te détruises la santé. Tu veux crever ou quoi ? Severus se leva, furibond.

- Et pourquoi pas ! Hurla-t-il. C'est pas comme si j'allait te manquer. T'es bien sympa avec tes grandes phrases mais tu connais rien de la vie Black ! T'as des amis, une famille, de l'argent, tu manges quand tu veux. Je n'ai aucuns amis, la seule que j'avais vous me l'avez prise. Ma mère est morte mon père me hait, je dors sur le parquet de ma chambre et je mange non pas quand je veux mais quand je peux et crois-moi que ça arrive rarement. Tu veux savoir pourquoi je bois. Pour oublier que mon père vient de me violer sur le sol du salon sans aucuns état d'âme et que je n'ai même pas été foutu de me défendre ! Le serpent ramassa son manteau, termina son verre et sortit du bar laissant Sirius seul et remplis de questions.

Fin.

Et voilà j'espère que cet OS ne vous aura pas rendus trop dépressif. Cette histoire trottait dans ma tête depuis un moment et je me suis dit que j'allait la coucher sur papier. Soyons d'accord, ça m'a retourné l'estomac. J'espère que ça vous a plu. J'ai hâte de voir ce que vous en pensez.