Hello, lecteurs de FF ! Bienvenue dans "Under" , nouveau univers alternatif My Hero Acadamia !

Cette histoire a germé en regardant les épisodes en rapport avec le festival, elle n'est sûrement pas originale, mais cette fan est surtout là pour ne pas rouiller, avant la reprise de YBM, en pause pour quelques mois ! Celle-ci ne sera donc pas spécialement complexe dans son déroulement, et courte en terme de mots, même si comme souvent avec moi, préparez-vous à plusieurs changements, paring possible et de la nudité^^"

Si des lectrices, lecteurs de YBM, atterrissent ici, ravi de vous retrouver !

Bonne lectures à tous et toutes ! N'hésitez pas à me donner des avis ;)

Les personnages de l'univers MHA appartiennent à Kohei Horikoshi, bien entendu !


Under


Chapitre 1 : Moment décisif


- Deku ! appela la voix de ma meilleure amie, tu es prêt ?

Je n'avais pas envie de me rendre à cette soirée à laquelle elle suppliait, ou plutôt obligeait ma présence. Son petit ami nous avait conviés à la découverte d'un bar assez chic, ouvert récemment, pas loin de l'université où nous étudions la médecine depuis trois ans. Entre nous, ce fut un coup de foudre dès les premières secondes de notre rencontre, lorsque nos yeux s'étaient cherchés puis accrochés. Je l'aimais plus que je ne pourrais jamais lui dire, elle m'apportait tant au quotidien... sa joie de vivre, son sourire rarement défait de son visage poupin et rose... toutes ces choses qui lui appartenaient devenu d'emblée lumières de mon existence.

Très vite, elle se précipita dans ma chambre et ne retint pas un soupir d'exaspération en me voyant emmitouflé sous la couette.

- C'est pas croyable ! s'exclama-t-elle, tu vas déprimer encore longtemps ? Ça va faire une semaine ! Tu veux bien l'oublier pour une soirée ?

Non. Je ne pouvais pas. Un soir, une semaine, un mois, un an, une éternité entière, ça ne se ferait jamais. J'avais beau souffrir le martyre depuis notre rupture, il restait l'homme de ma vie, pour toujours. L'effacer c'était comme... perdre une partie de moi.

Elle s'avança vers moi et tira la couverture sans douceur. Je me repliais sur moi-même, mon corps presque dénudé secoué de frissons glacé.

- T'es même pas habillé, constata-t-elle, la voix aiguë, on a rendez-vous dans une heure, je te signale !

- Laisse-moi tranquille... bougonnai-je, je n'ai pas du tout envie d'y aller.

Je rabattis la couverture sur moi d'un geste rageur. Je voulais à tout prix être seul, cependant le radar infaillible de cette demoiselle me scannait avec la précision d'un chirurgien prêt à opérer. J'étais un livre ouvert pour elle.

- Une rupture n'est jamais facile, Deku, s'enfermer dans la solitude n'est pas sain.

Une évidence, bien entendu, néanmoins, j'avais perdu la personne que je pensais être mon unique amour. Nous avions une relation si parfaite durant deux années... un bonheur. Et un beau jour, sans additionner les signes avant-coureurs qui s'étalaient devant mes yeux clos, tout s'était écroulé, tel un château de sable noyé par la vague. Je croyais notre édifice inviolable. Maintenant réduit à néant, je n'avais nulle part où me réfugier, dans mon monde triste et gris. Je désirais la solitude, ne plus sentir le vide de mon coeur que provoquait cette absence.

- Allez ! pressa Ochaco en me tirant par le bras, lève-toi et file à la douche !

J'offris ma plus belle moue en guise de réponse, sans succès, elle pouffa de rire, lâchant sa prise.

- Ça ne marche pas sur moi, tu le sais bien ! déclara-t-elle, en faisant un signe de croix avec les siens, à part te rendre encore plus irrésistible à mes yeux.

Je lui souris. Je ne la connaissais pas avant ses vingt-trois ans, mais cette Ochaco disait tout ce qui lui passait par la tête et j'adorais ça.

- J'ai promis à Tenya de te faire sortir de ta chambre, reprit Ochaco avec sérieux, il ne le montre pas, mais il est inquiet pour toi. Je ne te demande pas de rester toute la soirée, même cinq minutes suffisent. On veut juste que tu t'aères un peu.

Tenya Iida et Ochaco Uraraka formaient un duo passé trois mois de notre insertion universitaire. Le brun à lunettes vénérait la demoiselle dès les présentations, lors de la cérémonie d'entrée, toutefois, le coup de foudre ne fut pas réciproque et notre ami avait bataillé dur pour se faire une place dans le cœur de son élu. Leur couple résistait, malgré tout, du propre aveu d'Ochaco, si elle tenait réellement à son amoureux, la flamme n'était pas aussi brûlante de son côté. Si je soupçonnais Tenya de s'en douter, cela ne paraissait pas le gêner outre mesure.

- D'accord, capitulai-je en soupirant, je viens. Mais je ne reste pas.

Ravie d'avoir gagné cette manche, Ochaco leva les bras en signe de victoire.

[*]

La musique d'un groupe à la mode se fit entendre au travers des enceintes, ce qui suffit à ma meilleure pour se dandiner en rythme sur sa chaise. Son petit ami habitué aux ambiances studieuses faisait de son mieux pour camoufler une gêne pourtant de plus en plus visible. Il avait fait un effort pour moi, m'assurant son soutien en silence. Pour cette raison, je me sentais autant touché que coupable de m'amuser de son trouble.

Le bar n'était pas bien grand : un long comptoir, des verres suspendus au-dessus, quelques tables rondes, çà et là où s'entreposaient en face quelques sièges. Une minuscule scène à quelques mètres, les immenses enceintes surélevées par rapport à elle. Tout était calme, malgré le monde et l'excitation de la nouveauté qui se dégageait de l'endroit.

- Il est sympa, ce bar, commenta Ochaco en faisant le tour de la salle des yeux, sans cesser de se balancer, comment il s'appelle ?

- Ground Zero, informa Tenya, en réajustant ses lunettes.

- C'est cool qu'il ne se trouve pas loin de l'université, on pourra s'y rendre souvent, décida la fille aux cheveux châtain clair.

Je préférais éviter. D'ailleurs, je souhaitais retrouver le confort de ma chambre, la requête de ma moitié féminine maintenant exaucée. Je me levais déjà, quand la lumière de la salle s'éteignit. Les acclamations surexcitées s'élevèrent aussitôt, ainsi que quelques applaudissements lorsque la scène fut de nouveau éclairée par un spot violacé, laissant voir des instruments. Un synthétiseur, une batterie, un caisson à basse et des micros.

Avant de pouvoir faire un mouvement vers la sorte, ma meilleure amie me força à me rasseoir d'un geste sec.

- Jeunes gens de tout âge, bienvenu au Ground Zero, retentit une voix d'homme au travers les enceintes. Ce soir, nous allons changer d'ambiance. Applaudissez comme il se doit un groupe qui a bien voulu se produire sur scène ici... Spirit of Hell !

Le tonnerre redoubla, alors que je vis Tenya secouer la tête en soupirant. D'après son visage fermé, il détestait ce nom. Sa petite amie se prêta au jeu et poussa un cri de joie.

Les membres firent leur entrée sous les encouragements et chacun prit place : un cendré s'installa derrière sa batterie sans un regard pour la bruyante audience. Très grand, musclé, un teint un peu pigmenté par rapport au mien, son nez retroussé indiquait une mine dédaigneuse qui laissait largement entrevoir ce sentiment de supériorité qui émanait de lui. Sa tignasse indisciplinée reflétait sans aucun doute son trait de caractère le plus marquant.

Deux jeunes hommes suivirent peu après : le premier assez haut, à la peau et aux cheveux longs ébène, tout de noir vêtu, et un autre blond au faciès plus jovial. Le second se dirigea à la gauche de la perche tenant le capteur de son le plus proche des spectateurs, le premier à sa droite. Quelques secondes plus tard, deux brunes fermèrent la marche. Une taille mannequin au visage très joli sans imperfection se plaça derrière le synthétiseur, tandis que la plus petite alla vers le micro situé au centre de la scène, son instrument branché au caisson, peu après. Elle nous sourit, avant de l'adresser à ses comparses qui hochèrent la tête. Le départ fut donné par le batteur qui entrechoqua ses baguettes l'une contre l'autre.

Et la magie opéra.

J'entrai dans un rêve, ce son inconnu flottant à mes oreilles de la plus belle des façons. Un frisson jamais ressenti pénétra mon corps pour le faire vibrer de l'intérieur. La musique rythmée aux accords mélancoliques, sublimée par la voix volée de la chanteuse, acheva de me convaincre qu'il s'agissait là de la plus magnifique chanson que j'eusse écoutée de ma vie. Les paroles mettaient en avant le vague à l'âme, la solitude, l'envie de retrouver l'être aimé. Les larmes s'apprêtaient à couler quand ma meilleure amie me réveilla en me glissant à l'oreille :

- Le blond avec les cheveux en pétard ne te lâche pas des yeux !

Trop absorbé par ma découverte, je remarquai en verrouillant mes prunelles vertes qu'elle disait vrai. Les sourcils froncés, son regard carmin m'enveloppait de façon insistante, comme pour sonder les moindres recoins de mon être. Pendant un instant, je fus tenté de baisser les paupières, avant de me décider de rendre la pareille. J'ignorai le but de la manœuvre, autant montré que je ne manquais pas de ressources, moi aussi ; s'il voulait jouer, je serais son adversaire.

Et là, une chose étrange, dérangeante, pour le moins inhabituelle se produisit : un désir jamais éprouvé, violent, fit irruption en moi, effaçant presque le visage de celui que j'adorais tellement. Il n'était pas question d'amour ici. Non, c'était autre chose de plus bestial, intense. Je voulais qu'il se soumette à moi aussi fort que je voulais l'être à lui ; qu'il me malmène, me marque de toutes les façons possibles, qu'il explose sans fin de plaisir en moi, en hurlant mon surnom qu'il ne connaissait pas. S'il n'en avait pas, j'en inviterais un, pendant qu'il en redemanderait à son tour. Un que moi seul aurais le droit de prononcer. Il existait déjà, au bord de mes lèvres, que ma voix souffla avec une impatience qui ne me ressemblait pas.

- Katchan...

Nous étions loin l'un de l'autre, toutefois, j'étais certain qu'il m'avait entendu. Un regard suffit. Il le vit, le comprit, le sut... Et le désirait autant que moi.