On m'a déjà dit que j'étais la définition d'inattendu, et bien BAM ! Une nouvelle fic. Bon "nouvelle", en vrai c'est un projet qui a plus d'un an et demi mais xD... Bref, c'est un projet énorme pour moi et je me sens de commencer à le publier ! (Le confinement, ça rend créatif mine de rien). J'avais un peu laissé tomber l'écriture (pour ne pas dire complètement) mais la parution du nouveau chapitre de la sublime fic qu'est À l'ombre de tes yeux de Molly Phantomhive m'a reboosté de ce côté-là !

Si d'ordinaire je préfère écrire de l'humour avec plein de quiproquos, cette fois, ce sera du drama et du sérieux ! Bon, Denki est le personnage principal donc il y aura toujours des conneries ne vous en faîtes pas.

Je pense que cette intro est déjà assez longue, alors bonne lecture et on se retrouve en bas !

Prologue

« Quel est votre nom ?

Telle était la question simple et pourtant lourde d'importance que la femme habillée d'une casaque verte lui posa, la voix légèrement étouffée par le masque en papier qui recouvrait son nez et sa bouche. Ses mains revêtues de gants blancs très fins étaient pointées vers le plafond et, derrière elle, le jeune adulte pouvait, malgré la position peu propice à une observation globale de son entourage dans laquelle il se trouvait, distinguer les silhouettes de cinq autres médecins.

Le jeune homme dont la touffe de cheveux blonde était, comme celle du personnel médical, cachée sous une charlotte à la couleur bleue-verte immonde répondit à cette question simpliste d'une voix lasse, trahissant son angoisse, son appréhension, mais plus que tout une certaine forme de résiliation.

- Denki Kaminari, articula-t-il lentement.

Du même ton monocorde que lorsqu'elle lui avait posé sa première question, la chirurgienne poursuivit :

- Bien, nous pouvons commencer.

Tout en disant cela, elle se positionna à la droite de la table d'opération, non sans quitter des yeux le patient qui y était allongé sur le ventre, la tête tournée vers la gauche, ses bras tendus sur deux extrémités amovibles de la table accrochées à cet effet.

Imitant sa démarche, un autre chirurgien se déplaça pour se poster près du billard, à gauche de celui-ci cette fois, du côté où était tourné le visage du blond. L'homme en blouse verte tira à lui une machine à laquelle était relié un masque qu'il disposa avec une délicatesse discutable sur le visage de celui qu'ils s'apprêtaient à opérer.

- Ce n'est que de l'oxygène, ce n'est pas ça qui va vous endormir. Pensez à quelque chose d'agréable et détendez-vous, lui intima-t-il d'une voix grave, ferme et dénuée de toute empathie.

Disons que, là tout de suite, elle ne lui inspirait pas l'envie de penser à quoi que ce soit de ce genre. Ça lui donnait plutôt envie de se barrer en courant oui !

Mais bon, ce n'était pas comme s'il en avait la possibilité. S'il s'était s'agi d'une opération normale, il aurait sûrement encore pu tout faire stopper, tout arrêter, repartir comme si de rien n'était. Mais en même temps, s'il avait véritablement eu le choix, il n'aurait même pas signé le consentement d'opération.

C'était bien ça le problème, aujourd'hui, il n'avait plus le choix. Plus personne ne l'avait.

Qu'il le veuille ou non, il allait être anesthésié puis opéré. Et quand il rouvrirait les yeux, plus rien ne serait jamais pareil dans sa vie. Ce détail était bien loin de l'aider à se détendre et à penser à quoi que ce soit d'agréable.

Quoique, peut-être qu'il n'ouvrirait tout simplement plus jamais les yeux. C'était possible. Il en avait parfaitement conscience. On l'avait averti des innombrables risques qu'il encourrait. Toute opération avait sa dose de risque, il était vrai. Mais celle-là plus que les autres. Malheureusement, il s'agissait de risques qu'il était obligé de prendre. Pour lui-même. Et pour quelqu'un d'autre.

C'est alors qu'une pensée agréable prit enfin place devant ses yeux. Celle-ci était si forte qu'elle commença à atténuer efficacement le tourbillon d'angoisse qui l'assaillait jusqu'à lors, le réduisant à une simple bourrasque.

Car ce qu'il voyait était un sourire. Et il ne s'agissait pas de celui de n'importe qui.

Non, devant ses yeux se trouvait une personne bien particulière un garçon, de son âge. Qui était en réalité plus jeune que lui de quelques mois d'ailleurs, même si quand ils étaient tous les deux ce dernier avait toujours l'air d'être le plus âgé.

Mais bien sûr, ce qui attirait le plus l'œil chez lui, par-dessus sa musculature, son physique élancé et son corps d'Apollon taillé au couteau, c'était bien sûr sa chevelure d'un rouge écarlate presque éternellement dressée en pic. Même si son grand sourire éclatant allant d'une oreille à l'autre et dévoilant ses dents pointues était sans aucun doute une des choses que Denki préférait regarder.

Enfin, il devait être honnête, il pourrait rester des heures à le contempler tout entier.

Et encore, il n'avait pas encore abordé ce qui dépassait le physique chez lui ! Car sur cet aspect du rouge, il pouvait devenir complètement intarissable.

S'il y avait bien une personne entre les mains de laquelle il pouvait placer sa vie, il s'agissait de Kirishima Eijirou. Ce dernier était son meilleur ami depuis maintenant bien plus de 10 ans. C'était long, dit comme ça, « 10 ans ». Mais à ses côtés, tout était passé en un éclair.

Et dire qu'il y avait peu, ils étaient encore des lycéens insouciants. Ils avaient bien changé depuis. En même temps, il n'était pas les seuls. Le monde tout entier s'était mis à tourner autrement.

Alors que ses angoisses menaçaient de revenir à la charge, les paroles de leur promesse lui revinrent en mémoire.

« Tombe. Tombe autant de fois que tu le voudras mon pote. Je serai là pour te rattraper, je te le promets. »

Un sourire serein prit enfin place sur ses lèvres. L'écho de la voix de celui auquel il tenait plus que tout au monde était parvenu à le convaincre que tout irait bien. Qu'il n'était pas seul, quoi qu'il arrive. Que le pire pouvait bien arriver, ils le surmonteraient quand même.

Eijirou était là, il était à ses côtés, il pouvait compter sur lui. Il était non loin, à quelques dizaines de mètres au-dessus de lui l'estimait-il, dans sa chambre d'hôpital, à l'attendre en se faisant sans aucun doute du mauvais sang pour lui. Peu importe combien Denki s'était montré confiant et positif devant lui, il était parfaitement conscient du fait qu'il avait été incapable de le rassurer complètement.

L'anesthésiste sembla juger que le patient devant lui était paré pour l'anesthésie, car il s'assit sur un tabouret situé juste à côté de la table et vérifia un coup le cathéter avant de se munir de la seringue de produit pour l'endormir.

- On va pouvoir commencer. Allez, comptez doucement jusqu'à trois.

Kaminari savait pertinemment qu'il était une totale catastrophe désespérée et désespérante en mathématiques (Bakugou et ses professeurs le lui avaient assez souvent répété), mais cette fois l'exercice était assez facile pour qu'il puisse le faire sans difficulté. Du moins… Le pensait-il.

À peine eut-il atteint le chiffre « un » qu'une douleur intense le traversa de part en part. Celle-ci lui arracha d'abord une grimace, puis un cri douleur qu'il ne put simplement pas retenir. Une sensation de brûlure aussi vive que déchirante lui transperçait le bras gauche en remontant jusqu'à son buste et sa poitrine.

Il se mordit la lèvre par réflexe, essayant d'étouffer un deuxième cri de douleur. Son regard était tourné vers son bras qui lui faisait si mal mais qu'il ne parvenait déjà plus à bouger. Dans son champ de vision la seringue de l'anesthésiste faisant pénétrer le produit dans son corps par l'intermédiaire de la perfusion.

La douleur lui sembla incomparable à celle qu'il avait déjà ressenti lors de combats contre des vilains, car elle irradiait de l'intérieur de son corps, dans tout le haut de son corps désormais. Il voulut supplier d'arrêter ça, de tout stopper, de faire quelque chose. Mais aucun mot ne parvint à franchir la barrière de ses lèvres. Il n'entendit même qu'à moitié un membre de l'équipe médicale lui dire que c'était normal, que ça allait passer, que ce n'était que passager.

Sur le coup, il n'arrivait pas à y croire. De son point de vue, ce qui dura quelques secondes tout au plus lui sembla durer une éternité.

Mais en effet, d'un coup, la douleur s'en alla brusquement, comme elle était venue. Mais toutes ses sensations s'en allèrent en même temps, les voix autour de lui se firent distinctes et lointaines, sa vision se troubla jusqu'à se brouiller entièrement. Ne restait que le froid mordant de la salle d'opération l'ayant fait frissonner jusque-là, mais même celui-ci s'estompa progressivement.

Et là, subitement, il se sentit tomber.

Tomber.

Dans une chute libre qui paraissait être sans fin. Belle métaphore de sa situation, n'est-il pas ?

De toute façon, il ne pouvait plus reculer. C'était trop tard. La machine était engagée. Quoi qu'il puisse se passer pendant cette opération, qu'il en meure, qu'il en devienne infirme, qu'il en réchappe, dans tous les cas, c'était une importante et intégrante partie de lui qui allait mourir aujourd'hui. Ce côté de lui qui faisait sa fierté et incarnait parfaitement son côté altruiste allait disparaître, avant-même son réveil.

Cette partie dont il était question, c'était le héros Chargebolt. Il allait être détruit, réduit à néant, forcé à tirer en ce jour sa révérence. Il s'y était préparé depuis le temps. Il marchait juste dans les pas d'une foule innombrable de héros passés par là de force avant lui.

Mais ce qu'il ignorait cependant, c'était que de la même manière, Kaminari Denki lui-même n'allait plus devenir que l'ombre de lui-même.

Alors qu'il avait toujours l'impression de tomber, une foule de visage commença à défiler dans sa tête. Earphone Jack, Pinky, Cellophane, Creaty, Present Mic, Midnight, Mount Lady, Grappe Juice, Tailman, et des dizaines et de dizaines d'autres héros qu'il connaissait et qui avaient été à sa place avant lui déjà. Contraints eux aussi de renoncer à une part intégrante de ce qu'ils étaient, forcés de délaisser leur costume de super-héros.

Ils étaient tous dans le même bateau. Ou plutôt, dans la même chute libre. Et aucun d'eux ne pouvait en prédire l'issue à l'avance. Peut-être les menait-elle vers cette société plus équitable et stable que leur vantaient les nombreuses associations, l'opinion publique et surtout le Ministère de Réglementation des Alters. Ou peut-être qu'ils allaient tous s'écraser violemment sur le sol et que tout ne ferait que s'effondrer encore plus autour d'eux.

Mais sur ce point, bizarrement, Denki n'avait pas peur. Au contraire, il avait parfaitement confiance. Ça pouvait paraître absurde, mais c'était bel et bien le cas. Il n'avait pas peur des chutes, ou du moins il n'en avait plus peur.

Pour la bonne et simple raison que dans cette nouvelle chute vers l'inconnu, il n'était pas tout seul. Loin de là. Car en plus de ses nombreux anciens camarades, professeurs et équipiers, il savait qu'Eijirou serait là, quoi qu'il puisse lui arriver. Et c'était la raison pour laquelle il avait autant confiance en l'avenir. Même s'il était au fond totalement terrifié par ce qu'il pourrait bien se passer dans un futur aussi proche que lointain.

Il avait l'habitude de tomber. Il avait l'habitude de chuter. Alors qu'il tombe ! Qu'il chute ! Quoi qu'il puisse arriver, il avait confiance.

Grâce au sourire de Kirishima qui continuait de stagner devant ses yeux clos.

Tout irait bien. Peu importe ce que l'avenir lui réserverait, peu importe où cette chute, qui était pourtant la plus longue et la plus terrifiante de celles auxquelles il avait déjà du faire face, le mènerait, il ne tomberait jamais complètement jusqu'au bout au point de s'écraser.

Car Red Riot, bien qu'ayant déjà dû dire adieu à sa carrière de super-héros il y avait de cela de longs mois, resterait toujours son héros à lui. Les valeurs qu'il incarnait, son altruisme, sa dévotion, son courage et son abnégation étaient toutes autant de raisons qui faisaient de lui ce genre de personne qui ne peut tout simplement pas ne pas être le héros de quelqu'un.

Quoi qu'il puisse arriver, il le rattraperait dans cette nouvelle chute. Comme il l'avait déjà fait et comme il avait promis de le faire.

Et à cette simple pensée, la chute s'arrêta. Pour laisser cette fois place à un paysage fixe.

A ce qui semblait être des centaines de mètres en dessous de ses pieds s'étendait une immense étendue d'eau, cernée par les flancs de nombreuses montagnes dont la cime s'élevait vers le ciel froid d'un bleu métallique, enseveli de moitié sous des nuages.

Il connaissait cet endroit. Il l'avait déjà vu.

C'était là que tout avait commencé pour lui, il y avait de cela 25 ans. A cette époque-là, il n'avait encore que trois ans.

Il lui sembla un instant qu'il remontait le temps et qu'il retournait à ce soir-là, qu'il le revivait. D'ailleurs, c'était peut-être bel et bien le cas. Mais, au fond, qui aurait cru que se souvenir à ce moment précis du premier de ses rêves ne ferait qu'illustrer le cauchemar qui allait commencer dès qu'il se réveillerait ?

Dans tous les cas, maintenant qu'il était plongé dans l'inconscience, les cartes de son avenir étaient entre les mains des médecins. Et les dés étaient déjà tirés pour lui.


Voilà pour ce prologue ! Qu'en avez-vous pensé ? Vous êtes intrigués ? Dîtes-moi tout en review !

J'ai au moins trouvé un bon côté à mon temps passé au bloc et en salle de réveils ces derniers mois, mes descriptions sont plus réalistes qu'au début ! Il faut souffrir pour ses fics parfois, c'est dingue xDDD.

Le chapitre suivant est censé être prêt, donc suivant l'avancée de celui d'après j'instaurerai un rythme de parution ! En attendant, je vous dis à la prochaine !