Cet OS a été écrit à l'occasion de la cent-vingtième nuit du FoF et rédigé en une heure sur le thème « Ésotérique ». Pour plus d'informations, contactez-moi par MP.
Sorry it's kind of all over the place but you kno. Kuroaka good. Tiens c'est cadeau Liuanne
Akaashi est une science, mais une science occulte, de celles qu'on n'enseigne pas aux non-initiés.
Kuroo se reprend. Ce n'est pas tout à fait juste. On n'enseigne les choses, pas les gens. On enseigne des lettres et des nombres et des façons de penser. On enseigne des significations, on élabore des théories, on en tire des conclusions. Étudier Akaashi est une tâche trop importante. Infaisable, sans doute. On n'apprend pas la chimie en une semaine, même pas en une vie. Alors étudier Akaashi, ça paraît ridicule. C'est gigantesque, presque effrayant.
Parce qu'Akaashi ne se laisse pas étudier.
Certains le disent froid, imperturbable, d'autres timide. Ceux qui le connaissent le trouvent un peu étrange, sous ses airs impassibles, mais Kuroo, lui, n'est d'accord avec aucun d'entre eux. Akaashi n'est pas le premier à afficher ses sentiments, c'est vrai. Ses expressions ouvertes et sincères sont des événements rares, mais elles ont toutes un équivalent étouffé, microscopique. Un reflet trop prononcé au fond de ses yeux. Ses doigts qui craquent alors qu'il regarde dans le vide. Ses sourcils, brièvement froncés, et des lèvres plus fines qu'à l'ordinaire. Un orchestre à peine audible, néanmoins existant. Et si Kuroo ne reconnaît pas toujours le morceau, rien ne l'empêche de s'y essayer.
Akaashi n'est pas timide. Et il n'est pas muet non plus. Personne ne commettrait l'erreur de le qualifier de bavard, sauf Bokuto — oui, Bokuto le trouve bavard, parfois, il le lui a dit il y a un moment, Akaashi, tu sais, quand on le lance, on ne l'arrête plus. Pas une erreur, alors. Un mystère à éclaircir, à rajouter à la longue liste de ses incompréhensions.
Il n'a rien d'étrange. Enfin, pas vraiment. Il n'est pas facile d'accès, voilà. Mais il y a, derrière ses yeux, tout un tas de pensées mélangées en petits paquets soigneusement scellés et hermétiques, inaccessibles. Il ne pourrait pas les ouvrir avec les meilleurs outils du monde. Pourtant, Kuroo sait qu'il existe une logique — peut-être inhabituelle, mais une logique quand même. Il ne trouve pas ça étrange. Il trouve ça énigmatique, captivant, attrayant, parfois. Il aimerait pouvoir les deviner, juste pour savoir. Mais quand il essaye, ses pensées à lui se fondent en une seule, un nom, en fait, et il ne peut plus réfléchir à quoi que ce soit d'autre.
Quel genre de scientifique perd ses moyens devant son sujet d'étude ? À moins, bien sûr, qu'il se trompe sur toute la ligne. Après tout, rien ne dit qu'il soit le seul à observer. Des petits paquets scellés, c'est peut-être son nom à lui, dix fois, cent fois, ou peut-être juste un espoir trop grand.
Ce n'est pas seulement la curiosité qui pousse Kuroo à l'inviter à sortir, juste une fois, un soir, loin de Fukurodani et loin de Nekoma, dans un petit caché propice aux découvertes. Ce doit être la curiosité qui conduit Akaashi à accepter.
Ça ou autre chose.
Autre chose, si possible.
La première vraie pensée que Kuroo parvient à formuler est : Ah, c'est vrai qu'il est bavard. Plus que bavard, il est ouvert. Il répond aux questions, et il y répond de façon complète. Si Kuroo lui demandait de tout lui expliquer, de lui fournir le guide, il le ferait peut-être. Il parlerait pendant des heures et des jours et des nuits — des nuits, si seulement — et des mois et des siècles. Alors seulement, Kuroo saurait tout. Il recevrait un prix Nobel pour avoir résolu la plus grande question de l'univers, et puis il tomberait en cendres. Que lui resterait-il d'autre à faire ?
Il ne lui demande rien, pourtant, rien d'autre que des trucs idiots et sans intérêt. Tout ce qu'il veut, c'est entendre sa voix. La façon dont elle tremble quand il a envie de sourire, dont elle s'apaise quand il finit par le faire. Il l'a beaucoup entendue, mais pas souvent écoutée. Probablement jamais donné l'attention qu'elle mérite. Akaashi a une belle voix, posée. Une voix qui peut calmer les animaux sauvages ou soulever les tempêtes. Il l'écoute si bien qu'il oublie parfois de lui donner du sens. Quand Akaashi l'appelle par son nom, ce dernier s'écrase contre son cœur, l'obligeant à s'arrêter net.
Il est peut-être agacé. Il fait craquer ses jointures, une fois, deux fois. Il le fait souvent, aujourd'hui, et il le refait dehors, quand ses yeux déjà sombres sont rendus noirs par la nuit, quand ses cheveux dansent sous l'effet du vent.
Ils sont là, en silence, à attendre il ne sait quoi. Akaashi est si proche de lui qu'il peut examiner les plus petits détails de sa peau. Ses microexpressions sont d'autant plus flagrantes. Il voit ses yeux se plisser légèrement — une hésitation. Ses lèvres entrouvertes pour laisser échapper un soupir. Il esquisse un mouvement vers l'arrière. Il renonce. Bien sûr.
Akaashi est le premier à l'embrasser. Il est le premier à l'embrasser, alors Kuroo pense qu'il n'y a peut-être rien à comprendre, au fond.
Il ne sait pas à quoi il ressemble, après ça. Il n'entend plus que les battements de son cœur dans ses oreilles, ne sent plus que la chaleur de sa peau sous la paume de sa main. Akaashi esquisse ce qui pourrait être un sourire, ou qui n'en est pas un. Il l'accueille lorsque Kuroo se penche vers lui, magnanime, et s'il ne lui donne pas les clés qu'il recherche encore, il lui offre au moins un peu de temps.
Et le temps, se promet Kuroo, le temps ne manquera pas.
idk what i wrote
