Disclaimer : Game of Thrones est l'oeuvre de George R.R Martin, de DB Weiss et de David Benioff, cet écrit est un écrit de fan, je ne gagne rien, sinon des reviews et les reviews ne permettent pas d'acheter des spaghettis.
Résumé : La relation entre Sansa et Yara vivait selon un rythme terciaire.
Note de l'auteur : Ceci est une réponse à la foire aux prompts de Bibliothèque de Fictions, une foire mise en place pour occuper les auteurs pendant le confinement. Dans les commentaires, les gens proposaient des prompts et on pouvait piocher dedans. J'ai choisi de combiner les prompts suivant: écrire une fiction titrée trois nuits par semaine, écrire un UA et écrire sur le couple YaraxSansa. Modern UA. Donc, couple lesbien. Lesbophobes, passez votre chemin, j'ai autre chose à faire. Genre trier mes classeurs Lancel. J'en ai trois remplis.
Trois nuits par semaine
Trois nuits par semaine.
C'était tout ce que Sansa s'accordait. C'était tout ce que Yara pouvait lui offrir. Sansa s'en contentait, déjà heureuse de pouvoir avoir trois nuits dans une semaine entière.
Trois nuits par semaine.
Ces trois nuits-là, Sansa parvenait à oublier la tristesse de sa situation, sa vie de couple morbide, le goût de l'amertume de sa vie rêvée face à sa vie réelle. Elle s'était vue mariée, heureuse, mère de famille, vivant sa vie avec un seul et même homme. Elle en était à son troisième homme. Son premier était mort après avoir brisé les fiançailles, un soulagement pour elle, c'était une ordure avec un ego démesuré. Le second, ça n'avait été que pour être protégée du premier, la bague à son doigt ne valait pas grand chose. Mais il l'avait bien traitée. Une fois Joffrey mort et leurs noms lavés de tout soupçon, ils avaient retiré leurs alliances. Elle en était à son second mari, elle n'avait pas encore fêté ses vingt-cinq ans. Et ce troisième homme était de la trempe du premier, à la violer sous la bénédiction de la société qui croyait encore au devoir conjugal des femmes, qui la blessait dans sa chair. Alors oui, trois fois par semaine, Sansa s'accordait le droit d'oublier sa vie de merde, le fait que la vie était une pute, dans les bras d'une femme.
Trois nuits par semaine.
Trois nuits par semaine, Ramsay la croyait partie pour un club de broderie ou une autre connerie du genre. Ce n'était pas faux en soi, c'était bien lors d'une soirée qu'elle avait rencontré Yara et les trois nuits par semaine où leur amitié se cimentait, c'était lors de sorties cinéma, de nuits marathons devant Netflix. Dans son malheur, Sansa avait la chance d'avoir un époux qui la laissait un minimum libre afin de paraître comme un bon mari aux yeux du monde. Il était loin de se douter que désormais, au mot Netflix, les deux femmes avaient rajouté « and chill ».
Trois nuits par semaine.
Trois nuits par semaine, sa romance adultérine s'épanouissait. Sa découverte personnelle aussi. Elle admirait les hommes, avait cru les désirer, mais les caresses de Joffrey comme de Ramsay l'avaient laissée de marbre alors que celle de Yara l'embrasait. Selon la fille de la mer, c'était parce qu'elle n'avait jamais eu d'amant respectueux. Sansa était persuadée du contraire. Avec le temps, en y réfléchissant, elle avait admiré les hommes, elle avait admiré les femmes, mais à l'heure où les hormones réveillaient les sens des adolescents, une étreinte de Cersei, si codifiée et formelle fusse-t-elle, lui faisait plus d'effet qu'un baiser de son premier fiancé. Et dans le silence de la nuit, honteuse, elle ne pouvait s'empêcher de découvrir son corps non pas à la pensée de celui qu'elle croyait aimer mais à celle qu'une dame aux courbes généreuses. Elle ne l'avait jamais dit, élevée dans la croyance qu'une femme épousait un homme, un seul dans toute sa vie, qu'elle offrait à ses parents la joie d'être grands-parents.
Trois nuits par semaine.
Trois nuits durant lesquels Sansa sentait son courage monter en elle autant que l'orgasme alors que Yara lui faisait l'amour. Elle se sentait alors capable de tout, même de faire face à Ramsay, de demander le divorce, quitte à subir les quolibets. La belle Sansa, deux maris, une annulation, un fiancé mort et une séparation, pour aller dans les bras d'un garçon manqué. Quitte à subir la colère de sa mère, elle qui regardait avec condescendance sa sœur, qui avait été enceinte adolescente, alors que c'était presque trente ans auparavant. Oui, trois nuits par semaine, à chaque baiser de sa maîtresse, Sansa se sentait plus brave, plus fière et plus forte que quiconque.
Trois nuits par semaine.
Durant ces trois nuits, Yara consolait sa louve, martyrisée par un sadique et qui désormais portait en elle sa descendance. Trois nuits où elle essayait de la soulager, elle qui oscillait entre avorter en secret, parce qu'elle avait peur de ne pas réussir à aimer son enfant à cause de son père, ou le garder, parce qu'avant d'être l'enfant de Ramsay, il était surtout le sien. Trois nuits durant lesquelles Yara luttait contre ses envies de meurtres, trois nuits pendant lesquels elle complotait secrètement pour se débarrasser de celui qui avait osé faire tant de mal à sa reine.
Et enfin une nuit, une nuit dans la semaine où Sansa l'appela, la voix solennelle, mais le fond de l'âme en fête.
Le karma avait rattrapé ce salopard et il avait trouvé la mort lors d'une rixe dans un bar, sans aucune intervention de la part de la Greyjoy.
Sansa était veuve.
Sansa était libre.
Les trois nuits par semaine devinrent des sept jours sur sept où les deux femmes construisaient une vie à deux, puis à trois avec la naissance de Minisa Stark-Greyjoy.
Mais, même si elles restaient chez elles, le couple s'arrangeait pour faire trois nuits spéciales.
Trois nuits par semaine pendant lesquelles elles se souvenaient du chemin parcouru, de leur histoire, pour mieux savourer leur fin heureuse.
FIN
