Hello camarades !
C'est la première fois que je me lance dans le fandom de la série, grâce aux Nuits du FOF.
Le texte a donc été écrit en une heure avec pour thème Unanime.
Attention spoiler si nous n'avez pas vu la série jusqu'à la fin de la saison quatre, même si je ne révèle pas tout, il vaut mieux avoir vu toutes ses saisons pour comprendre.
Bonne lecture,
Tout avait changé en l'espace de quelques secondes.
Elles étaient toutes ici pour différentes raisons, pour différents motifs, tous plus ou moins graves, pour longtemps ou non. Et il fallait faire avec. Non, il fallait survivre, il fallait vivre avec et c'était dur.
Se retrouver en prison c'était juste horrible. Pour certaines, la prison était un concept, quelque chose dont elles avaient entendu parler, qu'elle connaissaient vaguement mais qui leur était si lointain qu'elles n'avaient jamais imaginé se retrouver un jour dedans. Alors quand elles avaient réalisé qu'elles étaient désormais privées de liberté, qu'elles devaient payer pour leurs actions et être enfermées, ça avait été dur, très dur. Certaines avaient pleuré pendant des jours, des nuits entières pour finalement, comme beaucoup d'autres, se résigner et faire ce qu'il fallait en attendant le jour libérateur de la sortie, si il arrivait un jour.
Pour d'autres la prison était une réalité, voir même une étape normale, presque obligatoire de leur vie. Après tout à quoi devaient-elles s'attendre, quand on menait une vie comme la leur, quand on vivait au milieu des gangs, des mafieux, de la drogue et des armes à feu ? Quand la société ne vous donnait pas les mêmes chances qu'à d'autres, tout simplement parce qu'on était pas blanche, parce qu'on ne vivait pas dans le bon quartier, qu'on avait pas le bon métier ou qu'on était pas née au bon endroit, dans le bon pays ?
Les résidentes de Lietchfield avaient toutes leurs raisons pour avoir été enfermées dans cette prison et avaient appris à faire avec et les plus anciennes essayaient d'aider les nouvelles à faire de même, c'était la moindre des choses.
C'est ainsi que certaines s'étaient vu devenir les « mamans » des groupes, par exemple Taystee Jefferson, à son plus grand étonnement, était devenu la maman des noires et ça n'était pas plus mal, après cette horrible Vee, Taystee apparaissait comme un modèle de raison et on pouvait discuter des problèmes qu'on avait avec les autres sans craindre de se pendre un cadenas en pleine poire ou de se faire poignarder. Elle était encore jeune mais elle semblait être une des plus raisonnables du groupe et elle était assez appréciée.
Il y avait aussi celles qui semblaient n'avoir besoin de personne comme Chang, mais ça c'était une autre histoire.
Cette histoire de mamans, tout le monde l'avait compris, gardiens compris et ces derniers avaient aussi parfois recours à elles quand ils devaient régler certains problèmes ou quand les plus pourris d'entre eux essayaient de menacer les autres.
Et Red était en train d'en faire les frais. La mafieuse russe était devenue le bouc émissaire de Piscatella et jusqu'à maintenant, personne n'y avait trouvé à redire. Il y avait cette histoire de gardien mort retrouvé dans le potager et aucune des prisonnières n'avait envie d'être soupçonnée. Etre soupçonnée ça voulait dire être harcelée par les gardiens et les nouveaux étaient bien plus vicelards que les anciens, bien plus que Pornstache, biens plus tordus et ils sortaient presque tous de l'armée ou on les avaient dégotés parce qu'ils ne savaient rien faire de leur vie. Et être soupçonnée c'était aussi prendre le risque de voir sa peine rallongée.
Aussi fermaient-elles les yeux sur l'acharnement presque sadique que Piscatella exerçait sur Red. Si elle avait survécu à cette pétasse de Vee, elle pouvait bien supporter ce salopard de gardien, non ?
C'étaient ce qu'elles pensaient. Mais ce soir là, alors qu'elles étaient toutes réunis pour le repas, elles virent ce qu'il lui avait fait. La si fière, si féroce Red leur semblait bien faible, si diminuée… les premières inquiètes étaient ses filles, ses filles d'adoptions. Mais les autres, même celles qui ne l'aimait pas se sentirent un peu peinée et surtout toutes ressentirent cette tension, ce malaise. Les menaces de Piscatella.
Pour certaines, comme Brook Soso, elles ne se sentirent que plus en colère. La prison les détruisaient déjà assez, il n'y avait pas besoin que les gardiens s'y mettent en plus. D'accord elles avaient commis des crimes mais elles restaient des êtres humains. Ce n'était parce que eux ils étaient libres qu'ils valaient mieux qu'elles, au contraire. Tiffany ou Maritza pouvaient en témoigner.
Puis soudain, en l'espace de quelques secondes, tout avait changé. Il l'avait poussée. Elle était tombée à terre et elle leur paru encore plus faible.
Et c'est en cet espace de quelques secondes que tout changea. Marre. Marre de tout, marre d'être enfermées, marre d'avoir pris plus cher qu'elles n'auraient du parce que la justice était raciste, marre d'être humiliées, marre de devoir partager sa douche, de ne pas avoir de tampons quand on avait ses règles, marre de devoir sucer les gardiens pour avoir le droit à quelques cachets, de devoir se plier à leurs jeux sadiques, marre d'êtres traitées comme des déchets de l'humanité, d'être encore plus stigmatisées, d'êtres envoyées au trou parce qu'on était trans et que le monde ne l'acceptait pas ou qu'on avait dansé avec sa copine. Marre.
Et Piscatella venait de commettre un geste qui devait lui coûter cher. Les violences commises en prison étaient monnaie courante, presque normales mais elles n'étaient pas visibles. On fermait les yeux, même quand on soupçonnait un gardien d'avoir abusé de la détenue. Ils avaient au moins la décence ou la lâcheté plutôt de se cacher, de ne pas laisser de preuves. De se donner une certaines contenance, une image.
Mais pas Piscatella. Il ne se cachait pas, il s'assumait tel qu'il était, mauvais et méprisant envers elles, supérieur parce qu'il pouvait sortir de cette prison, parce qu'il avait un pouvoir sur elles toutes.
Le porc.
La première à réagir fut Bianca et comme elle l'avait déjà fait il y a quelques temps, monta sur la table en signe de protestation. Elle était prête à rester debout et à se pisser dessus une nouvelle fois si c'était pour que cet enfoiré dégage. Puis Piper suivit le mouvement, puis Taystee puis une par unes, toutes ensemble se levèrent, jetant leurs plateaux rageusement à terre, en signe de protestation.
Il souriait narquois. Red observait la scène, médusée.
Elles étaient toutes différentes, elles étaient des êtres humains après tout. Elles ne s'aimaient pas toutes, voir se haïssaient, se méprisaient. Mais elles étaient toutes unanimes sur une chose, Piscatella devait partir, il était allé trop loin.
Il devait partir, ils devaient partir. Tous. Et elles resteraient ici, debout, unies, tant que ces bourreaux qui se faisaient appeler gardiens resteraient ici.
oOo
Tout avait changé en l'espace de secondes. Mais pas pour le meilleur.
Oh non.
Tout avait changé pour le pire.
Mais ça n'avait plus d'importance. Que pouvait-il leur arriver de pire. Elles étaient déjà en prison.
Ils allaient les entendre, qu'ils le veuillent ou non.
Taystee s'en était fait la promesse.
Ça faisait un moment que je voulais écrire sur la série mais aussi un moment que je l'ai vu du coup j'ai peut-être oublié deux ou trois trucs qui s'y étaient déroulés, veuillez m'en excuser.
