Il n'aimait pas les « boîtes ».
Il n'aimait pas les bars parce qu'il y avait vu trop d'ivrognes.
Il n'aimait pas les « pubs » parce que c'était trop bruyant.
Il n'aimait pas danser parce qu'il se trouvait ridicule.
Alors les « boîtes » vous pensez bien… Il ne les aimait guère plus…
C'était beaucoup trop bruyant. On ne pouvait pas avoir un bon visuel des lieux avec la pénombre et les effets de lumière étaient plus gênants qu'autre chose. Et il y avait plus de viandes saoules à se trémousser n'importe comment sur les pistes que dans les bars … Sans parler de tout ce qui circulait sous le manteau en toute illégalité…
Mais ça, ce n'était pas l'affaire de Justice. Il appartenait certes à l'armée de l'Union du Système Stellaire, mais les dealers ce n'était pas son rayon. Non, le sien c'était le grand banditisme spatial. En un mot : les pirates !
Et son objectif était de capturer la plus renommée d'entre eux. Celle qui osait se faire appeler la Pirate légendaire qui règne sur les Sept Mers Cosmiques : Elsie Crimson !
Personne ne connaissait véritablement son apparence ni où la trouver. Plusieurs signalements étaient revenus au service de renseignement mais ils ne concordaient pas entre eux. Tantôt petite brune boulotte, tantôt grande blonde borgne , voir une rousse à forte poitrine… Aucune info fiable…
Un agent sous couverture avait donc été envoyé en mission pour infiltrer les pirates qui obéissaient à cette sorcière de l'espace.
Et c'était là, la raison de sa venue dans cette « boîte ». Il devait rencontrer l'agent en question…
Le « Blue Skulls » était un assez grand nightclub. Conçu dans un style « gothique » franchement dépassé au goût du jeune homme. De multiples squelettes bleus luisants de différentes espèces ornaient les colonnes de soutien, les banquettes, les tables et même l'immense verrière pensée en squelette de dragon. Sur l'estrade centrale, un DJ visiblement sous psychostimulant gérait la musique épouvantable du lieu. Deux bars bordaient la piste au sol, tandis que de nombreuses pistes « privées » flottaient dans les airs, très occupées par des danseuses chargées de mettre l'ambiance ou par des « invités VIP ». A l'étage des alcôves avaient été disposées au bord des balustrades et étaient visiblement toutes utilisées.
Heureusement pour Justice : son « contact » savait à quoi il ressemblait et devait venir le trouver au bar. Alors sans plus attendre, il se dirigea vers le plus proche et s'y installa tant bien que mal.
Dieu qu'il espérait ne pas avoir à attendre trop longtemps. Il détestait vraiment ce genre d'endroit. Il commanda un alcool léger et patienta.
Le barman était un androïde pensé comme un majordome des temps anciens. Jusqu'au cheveux artificiels bien plaqués avec une raie sur le côté. Cela le fit sourire. Pourquoi tous les androïdes barmen étaient conçus comme ça ?
De nombreux usagers en tout genre défilaient au comptoir et repartaient aussi vite qu'ils étaient venus avec leur bouteilles. Deux danseuses non humaines « dansaient » à chaque extrémités du bar tandis qu' une troisième, une humaine rousse, s'entortillait sur une bar de pole dance en lévitation au dessus du comptoir.
Bon sang, pourquoi ce contact avait choisi un tel lieu pour ce rendez-vous ? Impossible de parler dans ce boucan. Et il doutait que les alcôves à l'étage le permettent…
Bon ! Son supérieur lui avait recommandé de « se fondre dans la masse » . En attendant, il allait essayer. N'étant pas vraiment habile au jeu de la drague il fit mine d'être, comment dit-on déjà ? Ah oui ! En chasse ! Et observa donc tout ce qui passait à portée de ces yeux.
Il soupira. Ce qu'il voyait lui échappait tellement… Des gens éméchés, d'autres surexcités, des bousculades en tout genre, sans parler de ce qui se passait dans les toilettes inter-espèce… Et puis l'odeur… Un mélange de tabac, d'alcool et d'autres choses dont il préférait ne pas se soucier… Il ne s'était jamais sentit à sa place dans des ambiances comme celle-là. La rigueur voir l'austérité militaire lui convenait mieux.
Il reporta son regard sur les danseuses.
Celle à sa droite appartenait à une espèce qu'il ne connaissait pas. Assez étrange d'ailleurs… Mais combien diable avait-elle de tentacules sur sa tête ? On aurait dit d'énormes dreadlocks en forme d'anguille violette...
Celle à sa gauche appartenait à une espèce velue et friande d'accouplement sauvage. Il préférait s'en tenir éloigné…
Au moins la troisième au dessus de lui était humaine. Cela dit, il était bien placé pour savoir que les humains pouvaient parfois être pire que les non humains…
Du rouge passa devant ses yeux. Surpris il releva la tête et vit la danseuse humaine suspendue à sa barre la tête en bas. Son immense et intense chevelure rouge, et non rousse en fait, se balançait doucement au rythme de son corps. Plutôt jolie. Mais bon s'il passait son temps la tête en l'air il louperait son contact. Il ramena donc son attention sur le bar et ses environs...
Quatre heures il attendit, discret au comptoir. Et toujours pas de contact…
L'ambiance avait un peu changé. En pire ! Il y avait plus de monde et l'affreuse sensation d'être piégé lui prenait la gorge. Et les danseuses avaient changé en plus. La jolie rousse avait été remplacée par une autre humaine mais modifiée artificiellement. Au moins la rouquine était naturelle, elle.
Il avait bien été abordé par plusieurs femmes mais toutes venaient le trouver pour la même chose. Il avait donc du les rembarrer. Qui plus est, quand bien même il aurait voulu passer le temps avec l'une d'entre elles, aucune ne lui plaisait. Il avait toujours préféré des partenaires féminines humaines et aussi naturelles que possible. Il détestait la sensation de toucher une poitrine artificielle. Et puis deux seins c'est suffisant. Il ne comprendrait jamais ceux de ses hommes qui préféraient les femmes à trois voir quatre seins…
Il soupira. Voilà qu'il en arrivait là dans ses réflexions…
Plus que deux heures et ce lieu de débauches étaient sensé fermer. Quand arriverait donc ce contact bordel ? Il soupira de frustration et de mécontentement. Deux heure encore là-dedans ça allait être long…
Il se tourna vers le comptoir et repassa commande. Heureusement que son organisme métabolisait rapidement les alcools légers.
Puis, un pied dans un talon aiguille noir apparu devant sous nez. Et, en remontant du regard la jambe remarquablement longue de sa propriétaire, il vit réapparaître la jolie rousse.
Il sourit. Légèrement.
Finalement ça n'allait peut être pas être si long que ça…
Sous cet angle, il eu tout le loisir de contempler les formes plus qu'agréables de la danseuse. De ces cuisses fuselées au joli galbe de ses fesses sans omettre, une généreuse poitrine…
Jolie n'était peut être pas le bon mot finalement…
Toutefois il ne pouvait pas bien voir son visage. Dommage.
Soudain la musique changea. Pour quelque chose de différent. Plus… langoureux.
Il haussa un sourcil. Comment donc allait elle danser là dessus ?
Elle saisit sa barre, qui l'éleva un peu dans les airs. La barre s'allongea pour lui fournir plus d'appui et c'était partit. Tournoyant autour, agilement, gracieusement… Sensuellement…
Il déglutit.
Il devrait peut être pas la regarder danser finalement…
Mais ce fut plus fort que lui. Ces yeux ne pouvaient se détacher de son body noir en dentelle. En dos nu, et largement ouvert en cercle sur le centre de sa poitrine, le vêtement ne laissait aucune place à l'imagination…
Et ces jambes… Si longues… Si athlétiques…
Ses cuisses qui enserraient fermement la barre de pole dance…
Et ce corps… Si souple… Si tonique…
Un élancement le titilla. Il s'en mordrait presque la lèvre.
Il secoua la tête. Il devait se reprendre. Il n'était pas venu pour ça ! Il ferma les yeux et expira longuement.
Lorsqu'il les rouvrit, la chevelure tentatrice apparut de nouveau devant lui. Il n'eut même pas à redresser la tête que lentement le visage de la danseuse descendit à son niveau.
Ah !
Certes la lumière n'était pas optimum mais son minois n'avait rien à envier à la plastique parfaite de son corps. Un petit nez, de grands yeux noirs qui le regardaient sans ciller et une très très jolie bouche rouge carmin. Un sourire naquit sur les lèvres de la demoiselle, lui donnant un petit air espiègle.
Non. Jolie n'était vraiment pas le bon mot. Tentatrice, séductrice voir magnifique. Mais pas juste jolie.
Toujours yeux dans les yeux, il la vit ouvrir la bouche. Et doucement, elle dit :
- I want to break… My ba-by.
Puis la barre la souleva de nouveau dans les airs, le privant de ce contact visuel qui l'avait réchauffé plus sûrement que les verres qu'il avait descendu…
« I want to break my baby ? Pourquoi elle m'a dit ça ? » se dit-il.
Puis il percuta. C'était le refrain de la chanson diffusée dans la boîte.
Il souffla. Et maintenant ? Il se perdait dans la contemplation de cette démonette ? Ou il se recentrait ?
C'est avec un gros effort de concentration qu'il choisit de se recentrer sur la mission qui l'amenait. Tout en se privant pas quelques regards de temps en temps sur la demoiselle… Ça ne coûtait rien ! Et ça n'engageait à rien !
Et heureusement qu'il le fit ! Sans quoi il n'aurait jamais vu lui arriver dessus un des talons de la danseuse. Il l'attrapa au vol, de justesse.
Surpris, il la regarda interrogateur. Perchée sur sa barre, elle lui sourit et mima un petit « oups ».
Il ne lutta pas et sourit à son tour. Il y avait trois lanières à cette chaussure. Elle n'était pas tombée « par accident ». Madame voulait qu'on s'intéresse à elle.
D'une pirouette, elle se laissa glisser encore une fois tête en bas jusqu'à son niveau.
Arrivée à sa hauteur, elle lui lança:
- Tu pourrais rester jusqu'à la fermeture ? Je viendrai la récupérer comme ça…
Hum ? Pourquoi pas… Si son contact ne se montrait pas, au moins la nuit pourrait se terminer plus agréablement qu'elle n'avait commencé.
Avec son sourire en coin, il hocha la tête. Elle sourit. De ce sourire espiègle terriblement séduisant…
Et elle repartie dans les airs une troisième fois.
Et il resta jusqu'à la fermeture…
Finalement son contact ne l'avait pas abordé. C'était un problème. Les infos qu'il aurait eu à lui communiquer étaient capitales. Mais il n'était pas venu. Ou alors la pirate l'avait démasqué. Dans tous les cas il devait prévenir ses supérieurs. Utilisant un communicateur extrêmement discret, il envoya rapidement l'information à son officier de liaison sur le terrain. C'était quand même fâcheux…
Mais au moins il était sorti de cette maudite boîte ! Il respirait enfin l'air pur de cette planète. Même s'il n'était pas en pleine nature, c'était toujours mieux que les relents viciés du nightclub… Et dieu qu'il avait hâte de pouvoir prendre une douche et de se décrasser. L'odeur du tabac et de la sueur imprégnaient ses vêtements et ses cheveux. Ecoeurant !
Toutefois, il n'attendait pas dehors pour rien. La chaussure féminine dans sa main, il se demandait si sa propriétaire allait vraiment venir.
Avisant le talon aiguille, il s'interrogea sur la praticité de telle chaussure. Ça devait forcément faire mal au pied ce truc là… Tiens, elle faisait seulement du 39 ? Elle lui avait parut plutôt grande pourtant…
- Tu peux l'essayer si tu veux, fit une voix féminine amusée.
Il redressa la tête et la vit arriver, pieds nus, les cheveux relevés dans un chignon fait à la va vite et vêtue d'un pardessus noir qu'il trouva un peu court.
A la lumière du lampadaire il put mieux la détailler. Ses cheveux étaient vraiment rouge sang et elle avait accordé son rouge à lèvre à cette couleur. Ses yeux n'étaient pas exactement noirs. On y notait quelques nuances brunes ou violettes. Difficile à dire. Et sa peau pâle, presque sans défauts, faisait ressortir la couleur de ses cheveux et de son vêtement. Elle était belle. Vraiment belle. Et terriblement tentatrice avec ce sourire provocateur…
- Mais c'est peut être pas ta pointure, ajouta-t-elle le regardant de haut en bas. Lourdement…
Un petit rictus fendit ses lèvres. Et elle avait le sens de l'humour en plus…
- Mal aux pieds ? Fit-il, avisant la deuxième chaussure dans la main de la danseuse.
- Un peu partout en fait. Je rêve d'une bonne douche et… D'un bon massage….
Ah carrément…
- Mais… Dit-elle en faisant une moue chagrinée, je doute que ma colloc veuille bien m'aider à cette heure.
Oh si c'était que ça, il pouvait peut être se proposer… Non ?
Elle s'approcha, tendant la main inoccupée pour récupérer sa chaussure.
- Merci d'être resté en tout cas. Je ne t'aurai pas retrouvé si tu étais revenu ici.
- Tu ne m'aurais pas retrouvé ? Ah il y a tant de monde…
- Rien à voir.
Elle dévia son regard. Il haussa un sourcil.
- Les patrons… apprécient moyennement que leur danseuse… disons, « échappe » leur chaussure sur les clients.
Elle ramena son regard sur lui, penaude. Mais souriante malgré tout.
Elle avait été virée ? Merde…
Il lui rendit « l'arme du crime », qu'elle saisit, puis elle avança la main en direction de la poche de sa veste, où se trouvait la clef holographique de sa chambre d'hôtel.
- Le Fairy ? Connais pas , fit-elle.
- Moi non plus . Mais la douche est plutôt grande de ce que j'en ai vu.
Elle le fixa, un sourire mutin se dessinant lentement sur sa jolie bouche.
- Ça t'éviterait de réveiller ta coloc, fit-il suggestif…
Le sourire s'étendit franchement.
- D'accord !
Et c'est ainsi, que Justice ne rentra pas seul à son hôtel. Certes sans informations mais… Finalement pour cette nuit ce n'était pas si grave. Il aviserait plus tard.
Arrivés dans la chambre elle fila directement dans la salle de bain en s'exclamant : « Salle de bain privative ! Le pied ! Oh génial c'est une douche à l'italienne comme il faisait dans le temps ! »
Il sourit. Ce côté mutin qu'elle avait le séduisait de plus en plus. Rapidement il consulta son communicateur : un message venait de lui être adressé par son officier de liaison. L'extraction aurait lieu dans 6 heures. On lui recommandait même de se reposer.
Un bruit lui fit tourner la tête. Dans l'encadrement de la porte, il vit la main de la jeune femme tenir son body à bout de doigts, qui glissa doucement au sol tel un voile…
Il déglutit. Se reposer ? Inenvisageable…
Il posa sa veste noire dans la penderie lavante, ainsi que son pantalon bleu marine et son haut noir sans manches, et entra à son tour dans la salle d'eau.
Elle était déjà sous l'eau, dos à lui, fredonnant un : Do I wanna know… langoureusement. Pour couronner le tout, elle accompagnait ses fredonnements d'un discret mouvement de hanches qui changeait le ruissellement de l'eau sur son corps.
Il resta là, fasciné par ses mouvements. Fasciné par la sensualité qui émanait de cette femme. Naturelle, elle assumait visiblement son corps et ses envies. Sans vulgarité, sans en faire trop…
Non, non. Il n'allait sûrement pas se reposer les prochaines heures…
Elle se tourna légèrement vers lui, et avec son sourire espiègle elle lui tendit le petit flacon de shampoing de l'hôtel.
- Tu me filerais un ptit coup de main ? Mes cheveux sont trop longs...
Irrésistible.
Très bien. Puisqu'elle avait initié son désir, il serait celui qui la ferait languir…
A son tour il entra dans la douche et saisit le flacon. Satisfaite, elle se tourna dos à lui.
Il ne touchait pas son corps pour l'instant. Pas encore…
Il saisit sa lourde crinière, qu'il souleva légèrement pour accéder à sa nuque. C'est là que, de la base vers le sommet de son crâne, il fit lentement glisser sa main, ouvrant peu à peu ses doigts au sein de sa chevelure. Massant doucement la racine de ses cheveux, il eut alors la satisfaction de l'entendre soupirer un « huuuuum » appréciateur… Les yeux fermés, elle bascula la tête en arrière.
Il s'approcha légèrement et poursuivit son massage. Ses doigts déliaient les cheveux plein de mousse et il en profita pour les repousser sur une épaule laiteuse, dégageant de nouveau sa nuque et accédant à une partie de son cou. Doucement, il caressa d'un doigt mousseux, l'épaule dénudée, les muscles de son cou, pour finalement redescendre, du dos de ses doigts, le long de sa colonne vertébrale… Très... Lentement… Elle soupira.
Une fois arrivé à la limite de son postérieur, il retira sa main.
Un claquement de langue se fit entendre. Mécontente, elle recula un peu plus et vint caler sa tête sur son épaule à lui. Ses épaules touchaient son torse et ses fesses, autre chose… De ses lèvres entrouvertes, elle murmura un « encore » à son oreille, d'un ton ton si suave qu'il en frissonna légèrement.
Saisissant de nouveau sa chevelure, il recommença le procédé de l'autre côté de son cou. Elle soupira de nouveau. Elle revint se caler contre lui et, saisissant ses mains, elle les posa sur ses propres hanches. Tournant la tête vers lui, elle murmura tout contre son menton :
- Pas de chance… Maintenant que tu as commencé il va falloir tout savonner maintenant…
Il pencha son regard sur elle. Ses yeux étaient entrouverts tout comme ses lèvres dans un sourire coquin… Une invitation au baiser terriblement tentatrice...
Elle passa alors ses bras derrière sa nuque à lui, et embrassa l'arrête de sa mâchoire.
Être aguiché de la sorte par une femme pareille était grisant pour lui. Mais combien de temps tiendrait-elle à ce petit jeu ?
Il lui répondit d'un sourire en coin et lentement il fit courir ses doigts sur la douce peau de son ventre, de ses bras, de ses épaules, de son dos… Puis de nouveau son ventre, le haut de ses cuisses, ses fesses si délicieusement courbées et il s'arrêta pile sous sa poitrine, qu'il prit garde à ne pas toucher.
Elle gémit, les paupières closes quémandant la suite. Lentement il fit passer le bout de ses doigts pile entre ses seins pour finalement venir refermer une de ses mains sur son cou et une autre sur un sein charnu et offert.
Fébrile, elle gémit un « s'il te plaît » suppliant auquel il ne résista pas. Dès qu'il commença à caresser sa poitrine, elle respira plus bruyamment.
Seigneur ! Dire que sa main était loin de suffire pour englober un seul sein ! Il rapprocha sa bouche de l'oreille de la danseuse, et de ses lèvres, il en caressa le bord, murmurant : tu es si douce, si belle…
Elle expira bruyamment et commença à frotter ses fesses le long de son érection.
Ah ! Il fallait qu'il enchaîne ou elle allait l'avoir à se trémousser comme ça…
Il abandonna son cou, pour que ses deux mains dorlotent sa poitrine et elle se cambra légèrement. Il délaissa alors un sein pour descendre vite, très vite à son entrejambe frémissant. Et lorsqu'il toucha les parties les plus sensibles, les gémissements qu'elle poussait moururent dans sa gorge et elle battit l'air d'une main, à la recherche de quelque chose à saisir. Ce fut la paroi de la douche. Et une fois attrapé, elle se cambra d'avanatage contre lui.
Il continuait de murmurer à son oreille, tandis que réajustant sa position, il chercha du bout des doigts LA zone la plus sensible. Lorsqu'elle hoqueta, il sut qu'il l'avait trouvé…
Il sourit. Quel tableau délicieux que de la voir ainsi offerte à lui, les yeux fermés, bouche entrouverte…
Il s'employa alors à lui faire pousser toute sorte de gémissements de ses doigts habiles, savourant l'exquise vision de son abandon contre lui et la sensation plus qu'agréable de ses fesses contre son membre durci.
Ses gémissements devinrent irréguliers, son souffle aussi. Ses sourcils se froncèrent par moment et il sentit, dans son corps, qu'elle était proche.
- Nom de… Tu…
C'est tout ce qu'elle parvint à dire, avant de se cambrer plus fort, inspirer à fond et crier sa jouissance.
La voir tendue de plaisir était un régal, mais la voir tremblante et soudainement s'abandonner complètement le fut plus encore.
Elle re-bascula en avant et faillit tomber. Il la soutint. Un magnifique sourire s'étendit sur les lèvres de la jeune femme, qui penchée en avant, reprenait le contrôle de son souffle.
Elle était penchée… Juste devant lui. Un coup de rein et elle était sienne. Il se retint de justesse. Se connaissant, il irait pas de main morte et ils tomberaient tous les deux.
Elle se redressa et c'est toujours avec le même sourire radieux qu'elle l'attrapa par la nuque et l'embrassa à pleine bouche.
- Hum toi alors tu me plais de plus en plus, fit-elle.
- Oh ? Vraiment ?
- Tu as fait passer mon plaisir en priorité… jusqu'au bout. Peu d'hommes auraient fait ça.
Il sourit.
Toujours collée à lui, elle l'embrassa de nouveau, caressa son torse de ses mains et c'est tout contre ses lèvres qu'elle lui demanda :
- Tu aurais pu me prendre contre ce mur, pourquoi tu ne l'as pas fait ?
Il la regarda intensément. Du pouce il caressa sa bouche et lui répondit :
- Je ne suis pas un sauvage avec les femmes.
Elle sourit. Elle saisit le savon et doucement, commença à le savonner lui. Il se laissa faire bien volontiers.
- Alors tu respectes les femmes.
- Suffisamment pour ne pas me casser la gueule dans la douche avec elle.
Elle rit et passa derrière lui pour s'attaquer à son dos et reluquer ses fesses par la même occasion lui sembla-t-il.
- Et tu es prévenant…
Il garda le silence. Inutile de surenchérir. D'autant que la sensation de ses douces mains frottant les muscles de son dos était fort agréable...
Elle s'attaqua à ses cheveux blancs, puis doucement elle vint se coller contre lui et susurra à son oreille :
- Tu voulais me dominer pas vrai ?
Un sourire en coin apparu.
- Et j'ai réussi, fit-il sans détour.
Elle éclata de rire. Puis, sans ambages elle saisit alors son membre durci.
Il se raidit.
Oh ? Ça allait être son tour ?
Les lents mouvements de va vient qu'elle faisait avec sa main confirmèrent son idée.
De nouveau elle se pencha à son oreille et murmura :
- Qui domine qui maintenant ?
Il grogna. Un rire de gorge sensuel au possible lui répondit.
Elle repassa devant lui et tout en continuant sa petite « torture » elle l'embrassa de nouveau. Leur lèvres se séparèrent à peine qu'il l'attrapa par les cheveux et la plaqua contre lui dans un baiser passionné qui la déstabilisa. Elle gémit de nouveau et se détacha de lui.
- Non non non! C'est à toi de te laisser faire maintenant, fit-elle en le repoussant.
Mais lui il était pas d'accord. L'avoir contre lui pendant qu'elle s'occupait de lui s'était bien aussi !
Avec un sourire canaille, elle s'approcha de nouveau de lui et posa un doigt sur sa bouche. De sa langue elle parcourut son cou. De sa bouche, elle parcourut son torse. La sensation de ses lèvres sur ses pectoraux le fit frémir. Celle de ses dents mordillant ses abdominaux le fit se contracter et lorsqu'elle l'engloba en elle, il grogna. Un grognement guttural profond...
Il y avait longtemps qu'une femme ne lui avait fait ce cadeau. Il bascula la tête à son tour, le souffle court. Ça datait la dernière fois qu'il avait fait ce genre de chose. Là, maintenant, il n'allait pas tenir très longtemps.
Elle en jouait si facilement. Il se contracta. Il allait devoir l'arrêter sinon ça risquait de trop vite se terminer… Mais il en fut incapable, soumit au plaisir qu'elle lui procurait… Haletant, il chercha un appui à son tour et saisit lui aussi la paroi de la douche.
Il siffla entre ses dents en inspirant.
- Je… Je te préviens… Je vais pas tenir encore très longtemps si tu…
Soudain, elle le lâcha. Il hoqueta.
- Désolé, mais je préfère que tu fasses ça en moi ailleurs que dans ma bouche si tu n'y vois pas d'inconvénients.
Elle eut à peine le temps de finir sa phrase qu'il la plaqua contre le mur. Elle échappa un petit cri. Il bloquait ses poignets et la dévorait littéralement. Elle gémit quand sa bouche s'attaqua à sa poitrine, et se cambra quand il fit râper ses dents contre un sein ferme.
- Oui…, mumura-t-elle haletante.
Il redressa sa tête et se jeta sur sa bouche, lâcha ses poignets et caressa fébrilement son corps. Gémissante elle répondit à son ardeur en passant les bras autour de son cou et leva une jambe sur sa hanche. Lorsque leur bouche se séparèrent brièvement, elle lâcha précipitamment :
- J'ai tellement envie de toi !
Il n'y résista pas. Empoignant les cuisses de la jeune femme, il la hissa sur lui et s'insinua en elle d'un coup de rein. Elle cria et empoigna ses cheveux.
Oh bordel c'était tellement bon !
Brûlante, mouillée et si étroite, elle était exquise. Sans tarder il s'élança dans une fougueuse cavalcade à laquelle elle répondit avec la même ardeur. Ni l'un ni l'autre ne retinrent leur gémissements, leurs cris, leur « oh oui » ou encore des « vas-y »...
Un abandon… Complet…
Vers quelque chose de plus instinctif, de plus sauvage.
Il n'avait pas eu conscience jusqu'ici qu'un tel besoin devait être assouvi. Et elle y répondait avec tant d'énergie...
- T'arrêtes pas ! Fit-elle à bout de souffle.
Il ne le voulait pas. Il pilonna autant qu'il put encore et encore jusqu'à ce que la jouissance le rattrape.
Il crièrent tous les deux.
Et plus rien ne les portèrent l'un comme l'autre. A bout de force il parvint toutefois plus ou moins adroitement à ralentir sa chute à elle. Le souffle court, il finit à genoux au sol, avec elle dans ses bras. Elle se laissa glisser le long de ses cuisses et resta assise par terre, en appui sur lui.
- Mais à part ça, commença-t-elle entre deux essoufflements, tu ne veux pas être brutal avec les femmes ou te viander dans la douche hein ?
Pour la peine, il haussa un sourcil.
- Et à qui la faute hein ? Fit-il sarcastique.
Elle rit.
Ah cette femme ! Au delà de son physique, c'est son charme un peu provocateur qui lui plaisait.
Elle se redressa et vint s'appuyer conte le mur.
- Pfiou, fit elle.
- Déjà fatiguée ?
- J'ai dansé moi Monsieur, dit-elle boudeuse.
- Dommage, fit-il en se relevant
Elle le regarda, amusée et dit :
- Tu as autre chose à proposer peut être ?
Il sourit. Il était sûr qu'elle relèverait.
Il s'installa sous le jet d'eau pour reprendre sa douche et poursuivit :
- Et bien je peux redevenir « prévenant », te porter jusqu'au lit et poursuivre ce que nous avons à peine commencer, fit il en se lavant sans même la regarder.
- « A peine commencer » répéta-t-elle en riant légèrement.
- Ou bien je peux me la jouer grosse brute, ce que tu as l'air d'apprécier d'ailleurs, souleva-t-il avec un regard entendu. Et te traîner jusqu'au lit où j'épuiserai tes dernières forces à te faire crier.
Cette fois-ci elle éclata de rire.
- Toi alors !
Elle se releva à son tour, le poussa hors du jet et lui vola le savon.
-Hey !
- Alors voilà ce que moi je te propose : je vais me re-laver, me sécher les cheveux et aller toute seule comme une grande jusqu'au lit. Et tu auras intérêt à ne pas me tromper sur ce que tu vends, Monsieur-je-sui-sexy-quand-je-me-la-pète !
Amusé, il relança le jeu :
- Hum et c'est parce que je suis sexy que tu m'as balancé ta chaussure au visage ?
Elle rit.
-Non ça c'est parce que tu étais vilain.
-Vilain ?
- Oui ! Je voulais que tu me regardes et tu t'obstinais à détourner tes yeux de moi. Impardonnable !
Ah, son côté espiègle l'amusait tellement !
- Il y avait d'autres humains à ce bar, suggéra-t-il.
- Pas comme toi.
- Hum ? Fit-il intrigué.
- Toi, commença-t-elle en lui rendant le savon après s'être rincé, je t'ai repéré tout de suite.
- Oh ?
Elle devenait énigmatique maintenant…
Il la vit sortir de la douche et attraper une serviette auto-séchante. Elle s'étira longuement avant de passer la serviette sur son corps et d'enrouler sa chevelure dedans.
- Au lieu de me mater, si tu te dépêchais de terminer hum ?
Il ne pouvait s'empêcher de l'observer. Elle l'envoûtait littéralement…
Puis, la serviette vola en direction du lavabo, libérant sa crinière soyeuse et lumineuse.
Oui. Envoûtante, c'était le bon mot.
Elle se dirigea vers la chambre, et dans l'encadrement de la porte elle se retourna et lui lança un :
- Tu te dépêches ? Avec un sourire goguenard…
Un peu qu'il allait se dépêcher…
Il expédia rapidement sa toilette, s'essuya et enroula la serviette autour de sa taille. Pas besoin de plus de toute façon. Il éteint la lumière et entra dans la chambre. Elle avait mit la main sur le body qu'il avait mit à laver et le portait de nouveau, ainsi que ses talons aiguilles. Allongée sur le ventre, les jambes repliées se balançant doucement d'avant en arrière, elle le fixait de son sourire enjôleur.
La tentation à l'état pur !
Ça lui plaisait. Ça lui plaisait même beaucoup !
Seule la lumière naissante du jour éclairait ses courbes délicieuses. Il vint près d'elle tout en prenant grand soin de ne pas la cacher de la lumière. Les nuances de couleurs qui se répercutaient sur sa peau le fascinèrent presqu'autant que sa chute de rein elle même…
Il s'agenouilla à ses côtés, sous son œil attentif qui observait le moindre de ses gestes.
Il avisa le body.
- Tu l'a remis.
- Bien sûr. Ainsi tu auras tout le plaisir de me l'enlever, susurra-t-elle.
Il sourit. Oh oui il allait se faire plaisir…
D'une main, il l'obligea à déposer ses longues jambes sur le lit. Du revers de ses doigts, il remonta lentement jusqu'à ses fesses. Que le body ne recouvrait pas. On eu plus dit un genre de string raccroché à un dos nu sexy. Trois jolis grains de beauté ornaient sa fesse gauche. Ce fut plus fort que lui. Doucement il fit remonter son nez sur toute la courbe voluptueuse pour venir embrasser le premier grain de beauté, lécher le deuxième et mordre le troisième, le plus gros.
Elle gloussa et se mit à rire.
Il sourit.
- J'aime t'entendre rire, fit-il.
Elle cessa et le fixa. Si intensément qu'il failli la retourner brutalement et lui arracher son vêtement.
- Et moi j'aime quand tu me regardes comme ça, fit-elle la voix et le regard assombri par le désir…
Se redressant, il contempla son dos découvert. De multiples petites taches semblables à celles de ses fesses constellaient sa peau. Il prit grand plaisir à faire courir ses doigts et ses mains au grès des petits points …
Elle ronronnait presque de satisfaction. Et lorsque ses mains effleurèrent la courbe de ses seins, elle hoqueta légèrement… Elle était tellement excitante…
Il avisa le col du dos nu, où se trouvait visiblement la fermeture du vêtement. Il n'y avait ni scratch ni adhésif. Probablement un de ces nouveaux tissus auto-adhérent qui se fixait à la peau dès la fermeture enclenchée. Oh ! Il faudrait qu'il la fasse s'asseoir pour lui retirer.
- Et si tu te retournais, fit-il
Doucement elle s'allongea sur le dos et passa ses bras au dessus de sa tête.
- Je suis toute à toi, répondit-elle provocatrice.
- Parfait, murmura-t-il.
Il joua avec les arabesques de la dentelle, appuyant légèrement sur son ventre, évitant sa poitrine. Elle grogna d'insatisfaction.
Il rit, satisfait de son impatience. Puis soudain, il plongea tête la première sur le rond de peau découvert au milieu de sa poitrine. Il jouait avec sa peau, avec ses courbes et sans ménagement mordit un téton offert à travers le tissu.
Elle se cambra, soudainement haletante.
- Oh toi alors ! Déshabille-moi vite...
Elle avait dit ça presqu'en râlant pour finir dans une supplique.
- Redresse-toi, ordonna-t-il.
Elle obéit, prestement. Et rapidement il défit la fermeture dans son cou. Le tissu s'affaissa immédiatement, dégringolant de sa peau, libérant complètement son corps.
- Regarde-moi !
Elle obéit encore une fois, le souffle court, dans l'attente de ses prochains mouvements…
Il vint s'asseoir à califourchon sur le lit et lui intima de venir s'installer sur ses cuisses.
Elle suivit le mouvement et envoya balader body et serviette. Frissonnante elle se cramponna à lui, tandis qu'il l'embrassait langoureusement. Ses mains parcoururent son corps une nouvelle fois. A croire qu'il ne s'en lasserait jamais. Partout à la fois… Elle gémit :
- Oh j'aime tellement la façon dont tu me touches…
Il sourit contre sa bouche et s'en empara une nouvelle fois. Elle pencha la tête, se livra à lui sans résistance, joua avec sa langue. Tout en elle l'excitait follement. Il saisit doucement ses cheveux et l'obligea à incliner la tête vers l'arrière. Elle ferma les yeux et soupirait sous les baisers qu'ils déposaient. Plus il descendait, plus elle partait en arrière, lui offrant tout son corps à embrasser.
Il la lâcha soudainement et elle retomba sur le lit en glapissant.
Elle le fixa, mécontente.
Pour une fois c'est lui qui lui sourit goguenard. Il saisit une de ses chevilles et mordit l'intérieur de sa cuisse. Elle gloussa de nouveau. Gloussement qui se transforma en gémissement lorsqu'il arriva au niveau de son entrejambe.
- Oh oui… gémit-elle.
Et de sa langue habile il lui prodigua le même plaisir qu'elle eut sous la douche. Lorsqu'il trouva le fameux point sensible, elle cessa de se tortiller et, comme sous la douche, elle agrippa quelque chose. Le dessus de lit en l'occurrence.
- Oh oui juste là oui…
Ah il ne se lassera jamais d'entendre ces gémissements se muer en de petits cris. Rien n'était surfait chez cette femme, elle était authentique. Et tel le plus merveilleux instrument de musique, elle vibrait sous ses caresses.
Son souffle s'accéléra. Ses gémissements aussi et le même cri libérateur lui indiqua sa jouissance.
Elle retomba, les yeux clos, moite, alanguie, un sourire flottant sur sa jolie bouche.
Elle ouvrit lentement les yeux et lui tendit les bras.
- Viens, murmura-t-elle.
Il ne se fit pas prier et se délecta au passage de la voir ainsi.
Elle le serra dans ses bras et referma ses cuisses autour de lui. Dans un même mouvement, il vint tout naturellement en elle. Prenant le temps au passage, de savourer l'exquise sensation qu'elle lui procurait. Arrivé au bout, il se figea, la tête en arrière, les yeux clos.
C'était…
- Tellement bon… fit-elle
- Oh putain oui, s'entendit-il dire.
Il la regarda et doucement recommença. Encore, et encore…
Et encore…
De plus en plus vite…
De plus en plus fort…
Elle attrapa de nouveau le dessus de lit d'une main et planta ses ongles dans une épaule de l'autre. La vison d'elle haletante, réduite aux gémissements voir au cris, l'excita d'autant plus. Elle n'était pas du genre à se cacher derrière ses mains, non ! Elle répondait à ses coups de rein en calquant les mouvements de son bassin. Il en redoubla de vigueur. En appui sur ses mains, bras tendus, il ne pouvait plus s'arrêter. Une harmonie parfaite qui leur procurait un plaisir si intense à tous les deux…
Sauf que s'il continuait comme ça, ça allait vite s'arrêter. Il ralentit, souhaitant changer de position. Mais elle en profita pour reprendre la main et inversèrent leur position.
Essoufflée mais souriante, elle murmura :
-A mon tour de te rendre fou…
Et lentement, elle le reprit en elle, et s'ingénia à lui faire perdre la raison. En ac-coup rapides ou au contraire dans une terrible lenteur, en jouant juste avec l'extrémité ou en balançant ses hanches alors qu'il était tout entier en elle… Elle le plongeait dans une folie de plaisir dans laquelle il perdit pied. Les mains rivées sur les hanches de la jeune femme, il ne pouvait que suivre ses mouvements. Soudain elle se pencha en avant, prit appui sur lui et partit dans un rythme endiablé.
Il se crispa. Il était proche, très proche. Elle aussi à en juger son souffle désordonné…
Quand brusquement, ses mains se refermèrent tel des serres, griffant la peau de ses pectoraux. Plus aucun son ne sortit de sa bouche jusqu'à ce qu'un râle puissant reprenne le relais. Elle retomba sur lui légèrement tremblante, à bout de souffle…
Lui même demeurait immobile, les bras grand ouvert sur le lit. Évidemment elle l'avait emmené avec elle. Mais en même temps… Elle avait été… renversante…
- Donne-moi… 5 minutes… et je serai… de nouveau… toute à toi…
Pour le coup, il rit franchement. La serrant dans ses bras, il déposa un baiser sur son front en ajoutant :
- Madame est insatiable…
Elle rit.
- Et toi tu es toujours dur.
Ah ça, il allait le rester un moment…
Où est-ce qu'ils trouvèrent encore l'énergie pour continuer ? Il ne le savait pas. En revanche, ce dont il était sûr c'est que tant qu'il le pouvait il continuait à se perdre avec elle. Il ne se lassait pas de son espièglerie, de son corps, des délices qu'ils atteignaient ensemble. Il voulait se noyer en elle et surtout avec elle. Elle l'envoûtait, le fascinait, l'emmenait toujours plus loin. Elle s'abandonnait à lui en toute confiance, sans pudeur, libre… L'espace de quelques heures, il s'oublia lui-même et la suivi sans aucune restriction dans cette folle et intense passion qui lui fit tout oublier… Absolument tout...
Vers la fin, elle lui murmura que jamais aucun homme ne lui avait tant donné. Quand il voulut lui demander ce qu'elle voulait dire, elle lui fit le plus doux et le plus triste des sourires. Mu par un élan de tendresse, il la serra dans ses bras le plus délicatement qu'il put. Elle murmura un timide merci. Et se blottie contre lui, prête à basculer dans le sommeil.
Épuise, il sombra à son tour bien vite...
Deux heures plus tard, il dormait toujours d'un sommeil de plomb. D'un sommeil si lourd, qu'il ne sentit même pas son amante d'une nuit pousser son bras pour quitter le lit. Pas plus qu'il ne la vit s'habiller rapidement et trouver son communicateur qu'il avait pourtant bien caché. Pas plus qu'il ne sentit la main de sa belle lui caresser les cheveux et l'embrasser une dernière fois. Pas plus qu'il n'entendit les derniers mots qu'elle lui murmura à l'oreille, avant de filer sans un bruit, sans laisser aucune traces, tel un rêve éphémère…
Seul demeura à son réveil, l'entêtant souvenir d'un « Merci Justice » murmuré délicatement, bien que cela lui parut impossible… Puisqu'il ne lui avait jamais dit son nom...
Plusieurs mois plus tard :
Justice touchait au but ! Des mois que lui et toute son escouade traquait la flotte d'Elsie Crimson, et enfin elle était à sa portée ! Les éclaireurs avaient fait du bon travail. A présent les vaisseaux renégats étaient à portée de tir . Il n'y avait plus qu'à lancer l'assaut…
- Où en est le chargement du « marteau » ? Demanda-t-il de son fauteuil de commandement.
- Deux minutes et il sera opérationnel ! Fit un de ses subordonnés.
- Parfait !
L'instant était crucial. Il ne fallait pas laisser le temps à la flotte ennemie d'utiliser le fast travel.
- 1 minute 45 secondes !
Enfin !
-On reçoit une communication !
- D'où ?
- Leur vaisseau-mère on dirait !
- Quoi ?
Une tentative pour gagner du temps ?
- Affiche moi-ça !
Et sur l' écran holographique de communication, apparut une femme, assise dans un fauteuil, les jambes croisées et dont la chevelure rouge carmin n'était que trop familière au militaire…
- Bien le bonjour mes chers traqueurs, fit-elle de sa voix de velours. Je suis Elsie Crimson.
La stupéfaction sidéra Justice. Des mois que sa « danseuse » du Blue Skulls hantait ses rêves et ses fantasmes… Et tel un cauchemar, elle apparaissait devant lui en pirate de l'espace.
Les yeux ronds, figé dans son fauteuil il ne put que murmurer :
- C'est… Pas vrai…
Il entendit vaguement certains de ses subordonnés siffler voir Victory sortir un : « plutôt canon ».
- Le moins que le puisse dire c'est que vous êtes obstinés à m'attraper. Mais je n'en n'ai guère envie vous comprenez bien.
Le même petit air effronté, elle n'avait pas changé. Si ce n'est la présence d'un bandeau sur son œil droit…
- J'aurais donc un message pour votre chef si… Persévérant…
Les mêmes intonations…
Puis soudain l'évidence le frappa : l'agent infiltré qui n'était jamais venu, ses paroles sibyllines comme quoi lui, elle l'avait repéré… Elle l'avait attendu dans cette maudite « boîte » !
Elle se pencha en avant et de ce sourire espiègle qui l'avait tant séduit autrefois elle lança :
- Voilà ce que moi je te propose…
Un souvenir dans la douche de l'hôtel l'assaillit…
- Attrapes-moi si tu peux ! Fit-elle avec un clin d'œil.
Ses mains se crispèrent sur ses accoudoirs. Non seulement elle l'avait bien roulé dans la farine mais en plus elle osait le narguer de la sorte devant ses hommes ! La colère activa son ether gear et il la vit sourire de plus belle pour disparaître dans la seconde qui suivie.
- Activez ce putain de marteau ! Hurla-t-il.
Mais il était trop tard. Usant du fast travel les navires de la flotte ennemie disparurent…
- Ma parole, elle nous a bien… Fit l'un de ses seconds
Ah ça oui elle les avaient bien eu ! Profitant de l'effet de surprise, elle avait gagné suffisamment de temps pour s'enfuir. Elle savait ce qu'elle faisait !
Et une autre réalité soudain le frappa : elle savait aussi à qui elle s'adressait…
Bien loin de la flotte de l'Union du Système Stellaire, la pirate la plus renommée du Cosmos Sakura savourait sa victoire.
Marchant dans les couloirs de son navire, elle était plutôt satisfaite d'elle même. Griller l'anonymat de son visage ne l'avait pas plus contrarié que cela. Tôt ou tard ça aurait fini par arriver. Et ainsi, ils avaient pu échapper à ses traqueurs. Et pas n'importe lequel : Justice !
Ah comme elle avait ri quand elle avait découvert son nom. Ça lui allait si bien ! Lui qui était droit comme la justice… Il devait sûrement moins rire lui par contre. Oh elle se doutait qu'il lui en voudrait sûrement. Et doublement ! Mais tant pis. Quelle satisfaction elle avait eu de le revoir.
Lorsqu'elle l'avait vu s'installer au bar, des mois plus tôt le soir de leur rencontre, elle su immédiatement qu'il était l'officier qu'elle cherchait. Son air sérieux et coincé transpirait la rigueur militaire. Elle avait joué avec le feu cette nuit-là. Peut-être s'en mordrait-elle les doigts plus tard. Mais quand elle avait vu son air blasé et revêche elle ne put réprouver la terrible envie de le titiller. Histoire de savoir jusqu'où allait le balai qu'il semblait avoir quelque part… Mais quand elle avait croisé son regard alors qu'elle dansait, elle sut. Elle sut que lui non plus n'était pas forcément ce qu'il semblait être…
Leurs ébats qui avaient suivis avaient été mémorables. Et même encore aujourd'hui elle n'avait aucun regret. Au delà du plaisir sensationnel, il avait aussi été merveilleusement attentionné avec elle. Capable de douceur, respect, donnant autant qu'il prenait. L'espace d'un instant elle avait oublié même qui elle était. Elle ne fut plus qu'une femme qui s'était sentie choyée par un homme…
Cette proximité qu'elle avait eu avec lui avait certainement été de trop, compte-tenu de son train de vie. Mais pour rien dans tout l'univers elle n'avait voulu y mettre un terme. Cela ne se reproduirait probablement pas et il ne lui pardonnerait sûrement jamais mais…
Quel plaisir ce fut pour elle de voir sa tête quand elle communiqua avec son vaisseau ! Elle s'était toujours demandé comment il réagirait en apprenant sa véritable identité. Et elle n'avait pas été déçue du voyage ! Son ether gear était même apparu sur son visage, colorant ses cheveux aussi blanc que la neige en un troublant bleu roi. Il était sexy au diable !
Oui ! Sexy ! C'était le bon mot…
Jouer au chat et à la souris dans tout le cosmos Sakura pourrait peut être s'avérer amusant finalement… Même si lui ne cherchait plus qu'à lui passer les menottes désormais.
Ah les menottes… On peut faire plein de choses avec, se dit elle songeuse.
Elle rit d'elle même. Elle était peut être un poil trop lubrique dès qu'il s'agissait de l'officier Justice de l'armée de l'Union du Système Stellaire !Mais c'était plus fort qu'elle. Elle n'était pas du genre à se mentir à elle même. Elle savait qu'elle mourrait d'envie de retrouver ses bras et sa troublante délicatesse...
Un appel, toutefois, la détourna de ses pensées. Un de ses éclaireurs avait du nouveau pour elle.
- Je t'écoute, fit-elle dans son communicateur.
- Il y a du nouveau sur la planète Granbell.
- C'est à dire ?
- Il l'a quitté. En compagnie d'une b-cubbeuse en direction de Blue Garden.
- Bien.
Le temps était visiblement venu, de restituer l'Edens Zero, à son propriétaire légitime...
