Yo les bro

Jour 15 du confinement. Aujourd'hui je suis sortie pour la première fois depuis quinze jours pour aller faire mes courses. C'est un peu bizarre comme situation.

Cet os est écrit un peu différemment des autres, j'espère que ça ne dérangera pas trop votre lecture. Il n'a pas de but mais je l'aime bien.

Harry Potter et son monde est à J.K Rowling, le reste est à moi.

Tchou


Octobre 1997

Bibliothèque de Poudlard

Samedi 5

10h12

Pourquoi moi ? Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il a fallu que ça tombe sur moi ? Je suis quand même une élève exemplaire depuis que je suis rentrée dans cette école.

Je n'ai jamais rien fait de répréhensible, j'ai toujours suivit les ordres, fait mes devoirs, j'ai rapporté des points à ma maison de temps à autres, j'ai des amis et je m'entends bien avec les gens des différentes années de ma maison. En somme je suis plutôt une chouette élève. C'est vrai quoi j'ai jamais emmerdé un professeur et je ne me suis jamais battu avec un de mes camarades alors pourquoi on me puni comme ça ?

Pas la peine de me regarder comme ça hein... Je sais que pour vous devoir donner des cours de soutien au gars le plus populaire de notre école est une bénédiction et non une malédiction mais je me vois obligée de vous dire que moi je ne partage pas votre avis. Non mais c'est vrai quoi ils pouvaient pas me laisser tranquille ? C'est la dernière année que je passe ici et ils sont obligés de me mettre le roi de l'école dans les pattes. J'en veux pas moi et je le refile à qui le veut. Je crois savoir que Hannah Abbot, une fille de mon année serait intéressée et si monsieur ne veut pas il peut toujours se rabattre sur Cho Chang, la fille qui le suit comme un petit caniche depuis qu'elle s'est faite larguée par Cédric Diggory. Ce que j'aurai pas aimé à sa place puisque juste après la rupture il a commencé à sortir avec Théodore Nott (pas de commentaires les gars je sais que vous aussi ça vous donne des frissons mais bon que vous voulez vous, ils s'aiment…).Et d'ailleurs pour info ils filent toujours le parfait amour, du moins c'est ce que j'ai entendu dire. J'ai rien contre les garçons qui s'aiment, ni les filles d'ailleurs. Je dis juste que si mon mec se rend compte qu'il préfère l'autre sexe en sortant avec moi ça me ferait mal à l'égo.

Enfin bref tout ça pour dire qu'il n'y a vraiment aucune bonne raison qu'ils aient fait appel à moi pour aider notre héros de Quidditch. Il y a des tas de gens qui peuvent le faire à ma place, non ? Apparemment pas pour eux vu que je suis en ce moment même à la bibliothèque, attendant patiemment que l'autre abruti arrive. Quoi ? Je ne l'aime pas je vais pas lui lancer des fleurs en plus, non mais oh. Comment ça les Poufsouffles sont censés être gentils ? Je t'en ficherai de la gentillesse moi…

S'il arrive pas dans cinq minutes je m'en vais. Je suis pas à son service non plus.

Je m'ennuie. Pourquoi j'ai dit cinq minutes j'aurais pas pu dire une minute et trente secondes comme ça je serais déjà partie.

Je parie qu'il va me faire le coup de j'arrive dix secondes avant que tu décides de t'en aller.

S'il fait ça je le tue. Je vous jure je le tue. Vous savez que j'en suis capable. Enfin non vous savez pas mais je vous le dis.

Sacrebleu, il m'a même fait perdre mon pari. Il est arrivé trois secondes avant que je me barre. C'est définitif, je le hais.

- Salut. Désolé je suis en retard… Tu m'attends depuis longtemps ?

- Tiens t'es là, je t'avais pas remarqué. On devait se voir ?

- Ok. Tu m'en veux mais j'ai déjà dit que j'étais désolé, j'étais sur le terrain de Quidditch…

- Ecoute moi Potter tes excuses tu…

- C'est Harry.

- …

- Mon prénom. Mon prénom c'est Harry.

- Ecoute moi Potter tes excuses tu te les gardes maintenant soit tu t'assois et tu écoutes ce que je vais tenter de t'apprendre soit tu te barres et tu reviens plus jamais me voir pour avoir des cours de soutien. Compris ?

Il a pas répondu, ça y est je me suis faite respectée. Tchek ça mon frère. Ah non… En fait il regardait juste dehors pour voir ses amis s'installer au bord du lac. Je sens que je vais bien m'amuser moi. C'était de l'ironie au cas où vous n'auriez pas compris... Non mais il est sérieux là ? Je suis pas venue ici pour le regarder en train de regarder ses amis qui prennent du bon temps. J'ai autre chose à faire moi. Bon d'accord, ça ne presse pas mais quand même je perds mon temps là.

- Eh oh Potter, je suis là.

- Ah oui, excuse moi. J'ai tendance à me laisser facilement déconcentrer.

- Ouais, bah je m'en fou, tu fais un effort sinon moi je m'en vais.

- ...

- Bon on s'y met ?

- Oui, oui...

- Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- Rien... Enfin, je peux te poser une question avant qu'on commence ?

- Si ça t'amuse.

- Tu m'aimes pas hein ?

- ... T'as trouvé ça tout seul ? Bravo. Mes félicitations Potter.

- Pourquoi ?

- On avait dit une question maintenant on commence.

J'aime quand les gens me prennent au sérieux. Regardez le qui sort docilement sa plume et ses parchemins, on va peut être pouvoir en faire quelqu'un de bien finalement.

Octobre 1997

Bibliothèque de Poudlard

Samedi 5

13h47

Je retire ce que j'ai dit. On ne pourra jamais faire de cette veracrasse ambulante quelqu'un de bien. Jamais. Ok, il a été attentif à tout ce que je lui ai raconté mais punaise, qu'est ce qu'il est lourd. Je me demande comment tout Poudlard fait pour l'apprécier. Mais bon, maintenant que c'est fait je suis débarassée de lui. Je dois reconnaître qu'il a une capacité d'assimilation plutôt importante du coup un seul cours de soutien suffit, mais c'est tout ce qu'il a pour lui... Bon ok, ses yeux verts émeraude sont pas dégueus mais c'est tout. Il faudrait pas que je mette à l'apprécier non plus.

- Bon voilà, c'est fini. Je m'en vais moi maintenant.

- Ouais, moi aussi. C'était sympa non, de travailler ensemble ?

- Pas vraiment.

Aller vite, je me barre. Si je reste trop longtemps à côté de lui je vais peut être être touchée par sa connerie congénitale. C'est quoi ça ? Pourquoi je me suis arrêtée ? Ah, y'a un truc qui me retient le bras... Ce truc, c'est une main. La main de qui, vous me demanderez. Je vous le donne dans le mille, la main de l'autre abruti ! Qu'est ce qu'il me veut encore ? Pourquoi il me regarde comme ça lui, comme si je l'amusais et c'est quoi ce sourire stupide collé sur son visage ?

- Qu'est-ce que t'as Potter ?

- Merci, pour m'avoir aidé.

- J'étais un peu obligée hein...

- Merci quand même.

- Ouais. Tu peux me lâcher maintenant ?

- Pourquoi tu m'aimes pas Astrid ?

- Pourquoi tu veux savoir ?

- Je voudrais savoir ce qu'il faut faire pour que ça change.

- ... Je sais pas.

- Tu sais pas quoi ?

- Je crois que je ne t'aime pas, parce qu'il faut bien quelqu'un qui le fasse.

- Juste pour ça ?

- Bon écoute, j'en sais rien Potter mais toujours est-il que je ne t'aime pas donc arrêtes de m'emmerder et laisses-moi partir. A cause de toi j'ai rien mangé à midi et maintenant j'ai faim. Alors tu seras gentil de lâcher mon poignet.

Qu'est ce qu'il est lourd ce garçon et puis c'est quoi cette question ? Pourquoi je l'aime pas mais parce que c'est tout. Non mais oh ! Voilà je suis énervée maintenant.

Le principal c'est qu'il m'ait lâché. Je vais pouvoir aller m'empiffrer. J'ai un repas de retard et j'ai faim. Pourquoi il me suit l'imbécile ? C'est pas possible ça. Il me regarde. Il a un sourire stupide accroché au visage. Non mais c'est que j'ai l'impression qu'il se fiche de moi ! Respire Astrid. Tout va bien se passer. Vous allez bien devoir prendre des chemins différents et avec un peu de chance un de ces foutus escaliers qui bougent tout le temps vont vous séparer. Ah bah non. C'est raté.

Il a intérêt à vite enlever ce satané sourire sinon je sens que je vais devenir violente. Je suis jamais violente. Sauf quand on essaie de me voler ma nourriture. Me regardez pas comme ça, c'est sacré la nourriture.

Aller, encore trois couloirs et j'y serais. La félicité est à portée de main.

- Madame Astrid !

- Bonjour Winky. Comment vas-tu aujourd'hui ?

- Winky va bien madame Astrid. Est-ce que vous êtes venue pour manger ?

- Tu as visé dans le mille Winky.

- Vous partagerez votre repas avec Monsieur Harry ?

- Monsieur Harry ?

Oh punaise. Il est toujours là l'autre. C'est pas possible ça, il est encore plus collant qu'une sangsue. Pourquoi il m'a suivi ? J'ai pas envie de manger avec lui moi. Il va me gâcher mon moment. Déjà qu'il a gâché ma matinée...

- Tu devrais pas penser aussi fort, tu laisses transparaître toutes tes émotions sur ton visage.

- Et toi tu devrais pas ouvrir la bouche pour parler et pourtant tu le fais quand même.

- Tu sais quoi Astrid ?

- J'ai pas envie de le savoir. Tais-toi et manges. T'es pas venu ici juste pour me polluer l'air, alors tais-toi et manges.

Et revoilà son sourire débile. Je vais pas tenir longtemps. Mais bon au moins il se tait. Il a dû comprendre qu'il valait mieux m'écouter. Pas si irrécupérable que ça le Potter.

Il va falloir que j'arrête de penser ça sinon je vais finir par m'en convaincre. J'ai pas envie de devenir gentille avec lui, moi. Il mérite pas ma gentillesse. De toute façon, il a déjà tout pour lui. Ce mec c'est un chanceux de nature. Il a des parents géniaux, un parrain formidable, des amis adorables, des notes passables, un don pour le Quidditch, un avenir fabuleux tout tracé alors ma gentillesse je peux bien me la garder... Je suis pas jalouse. Je suis juste réaliste. On fait pas parti du même monde et j'ai pas envie de trop m'exposer à sa vie rayonnante de joie. Je veux pas être comme Icare. Je veux pas me brûler. J'ai déjà vu où ça mène de se brûler et moi j'irais pas là-bas. Ça, c'est clair et net.

- Bon... Je vais y aller.

- Cool ta vie.

- Tu viendras demain ?

- Te parler ? Non. On est pas potes Potter.

- Au match de Quidditch.

- Poufsouffle ne joue pas. Je vois pas pourquoi j'irais.

- Pour me soutenir ?

- T'as déjà le soutien du monde entier. T'as pas besoin du mien.

- J'en ai pas besoin, peut-être, mais si je le veux quand même ?

- On a pas toujours ce qu'on veut Potter. C'est ce qui se passe dans la vie réelle. On est pas dans un conte de fées.

Sur ce, je me casse. Il est pas possible ce garçon. Il est lourd. Qu'est-ce qu'il a pas compris ? Je veux rien avoir à faire avec lui, moi. Je veux qu'il me laisse tranquille. Ma vie est bien mieux sans lui.

Octobre 1997

Gradins du terrain de Quidditch

Dimanche 6

14h27

Si ma vie est bien mieux sans lui, est-ce que quelqu'un peu m'expliquer pourquoi je suis là ? Pourquoi, ô Merlin, suis-je assise sur les gradins du stade de Quidditch à attendre que les joueurs arrivent sur le terrain ? Bon d'accord, je ne rate jamais un match de Quidditch et si j'ai dit à Potter hier que je ne viendrais pas, c'était clairement juste pour le faire suer et lui montrer qu'il ne m'avait pas dans la poche, mais j'aurais pu vraiment ne pas venir. S'il me voit il va forcément se demander si je n'ai pas des problèmes dans ma tête. Ou alors il va se foutre de moi. Oui, ça il sait très bien le faire. Je l'ai bien vu hier.

- Astrid, tu devrais arrêter de froncer les sourcils, tu vas être aussi ridée que ma grand-mère.

Sympa la pote. Mais elle a raison. Je vais arrêter de me prendre le chou mordeur avec moi-même et profiter de ce match. Ça ne sert à rien de penser à Potter. Il n'est pas mon ami et je n'ai rien à lui offrir. Stop Astrid. On arrête les pensées négatives et on se concentre sur le match. Tiens les joueurs sont déjà sur le terrain. Il manque Potter. Ah non, le voilà. Il aime se faire attendre celui-là. Il est vraiment insupportable.

Merlin je vous en prie, faites qu'il ne me remarque pas.

Octobre 1997

Gradins du terrain de Quidditch

Dimanche 6

15h56

Merlin.

Je te déteste.

Il m'a vu. Il m'a vu dès la première minute. Il m'a vu dès la première minute et il n'arrête pas de me regarder. Il me regarde et c'est gênant. Presque tout le stade s'est rendu compte que quelque chose ne va pas avec lui. Il n'est pas du tout comme d'habitude. Les membres de son équipe doivent faire attention à ce qu'il ne se prenne pas de cognard dans la tête parce que lui ça semble être le dernier de ses soucis. Il faut vraiment qu'il arrête de me regarder, ça devient insoutenable là.

Oh ! Par le caleçon de Merlin ! Mais qu'il est con celui-là ! Regarde devant toi sinon tu vas vraiment finir par tomber de ton balais !

- Bon Potter, t'arrêtes les conneries là ! Tu me trouves ce vif d'or et t'arrêtes de rêvasser. Ça commence à bien faire là.

Pourquoi tout le monde me regarde ? J'ai encore dit ce que je pensais tout haut ? Vu la tête de Susan, il y a peu de chance que j'ai gardé ça pour moi. Pourquoi il se marre l'autre abruti sur son balais ? C'est de sa faute si je me suis foutue la honte. Potter je te jure que je vais trouver des moyens pour te maudire pour le restant de tes jours.

- Potter prend de la vitesse. Il semble avoir aperçu quelque chose. Le coup d'éclat d'Astrid, la Poufsouffle au sang chaud, a l'air d'avoir réussi à le faire sortir de son état de transe. Et il se rapproche... Mais oui c'est bien le vif d'or ! Attention, l'attrapeur de Serdaigle s'est remis de ses émotions et le suit. Potter est devant. Tout le monde retient son souffle. Potter attrape le vif d'or ! Gryffondor gagne 270 à 150 !

Bon. Il a gagné. J'irais pas le féliciter. Le match était nul. Maintenant je vais m'en aller, ni vue, ni connue et je vais m'enfermer dans mon dortoir jusqu'à demain matin.

- Astrid !

Je connais cette voix. C'est Potter. Je me retournerais pas. Je suis sûre que tout le monde nous regarde. Je déteste être le centre de l'attention. Et puis j'ai pas envie de voir sa tête à ce nigaud. On pari qu'il a sourire bête accroché au visage ? Ouais je sais. Pour le savoir il faudrait que je me retourne. Je veux pas. Oh et puis bordel, c'est pas le petit Potter qui va me faire peur !

- Potter. Qu'est-ce que tu me veux ?

- J'ai un truc pour toi.

- J'en veux pas.

- C'est dommage alors. J'étais sûr que ça te plairait.

Et il s'en va. Il s'en va ce con. Je le rappellerais pas. J'ai de l'honneur moi. Pas beaucoup, c'est pour ça que j'y tiens. Les gens chuchottent autour de moi. Qu'ils s'occupent de leurs affaires, c'est pas de ma faute à moi si Potter va pas les voir. D'ailleurs moi, c'est décidé, je veux plus le voir Potter.

Octobre 1997

Tour d'Astronomie

Dimanche 6

21h49

Et voilà que ça recommence. Je veux pas le voir et qui est-ce qui a la bonne idée de venir en haut de la tour d'astronomie alors qu'elle est déjà occupée ? Potter le chevelu. C'est dingue ça. En deux jours je l'ai plus vu et parlé qu'en sept années. Si j'étais un peu parano je dirais qu'il y a acromentule sous racine. Tant qu'il ne vient pas me parler on va dire que j'accepte de partager cet espace avec lui.

Je retire ce que je viens de dire. C'est pas possible ça. La tour est vide et il trouve quand même le moyen de venir s'asseoir à côté de moi. Heureusement qu'il a l'air triste sinon je l'aurais déjà engueulé. Qu'est-ce que je raconte, ça change rien qu'il ait l'air triste ou non. Je m'en fiche moi. Ça m'intéresse pas qu'il soit triste.

Bon. Ça commence à devenir gênant là. Pourquoi il parle pas ? Quoi ? Vous allez dire que je suis bipolaire parce qu'il y a deux minutes je voulais qu'il se taise mais là, je vous jure, c'est chaud comme silence. Je suis pas à l'aise moi.

- Pourquoi t'es pas en train de fêter ta victoire ?

Wow. C'est bizarre. C'est la première fois que je vois Potter avec un visage aussi sérieux. J'aime pas ça. Je prefère quand il sourit. Enfin non. J'aime pas son visage souriant. Je l'aime pas, ok !

- Il n'y pas grand chose à fêter ce soir. J'ai joué comme une vieille chaussette aujourd'hui.

- C'est bien que tu le reconnaisses. T'étais vraiment nul.

Je crois que Potter est malade. Je viens de l'insulter et lui il rigole. Je comprendrais jamais ce garçon. De nous deux, c'est lui le plus étrange. Au moins j'ai le don de le faire rire. Il avait l'air d'en avoir besoin. Pas que ça m'intéresse mais si je peux rendre service, je suis là. Quoi ? Mais non, c'est pas vrai, je veux pas lui rendre service à cet urluberlu.

- J'aurais dû venir te parler bien plus tôt Astrid, t'es plutôt marrante comme fille.

- Je suis pas drôle. Je suis franche.

- C'est bien ça, la franchise.

- Tout le monde n'apprécie pas.

- Moi, ça me plaît.

- Si tu le dis.

Il est calme Potter. J'aime bien être au calme. C'est peut-être pas si terrible que ça, de partager un moment avec lui. Enfin, juste aujourd'hui hein. Et encore, que ce soir.

- Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

- Je vois pas en quoi ça te regarde.

- Je pensais qu'était venu le moment des confidences. J'ai dû me tromper.

- Tu le fais souvent.

- Je peux te poser une question ?

- Tu viens de le faire.

- C'est difficile d'avoir une discussion constructive avec toi.

- Je sais.

- C'était pas une question.

- Je sais.

J'ai pas envie qu'il me pose sa satanée question. Je sais déjà ce qu'il va demander et je sais que je vais pas avoir de réponse qui tienne la route. Je sais pas pourquoi je l'aime pas ok. C'est juste que... Je suppose que c'est plus facile de détester quelqu'un que d'apprendre à l'apprécier.

Il peut toujours courir pour que je lui avoue ça.

- Si je te dis un secret sur moi, tu me diras pourquoi tu m'aimes pas ?

- Essaies toujours, on verra bien si ça marche.

- Ok. Je...

- T'es sérieux là ? Tu vas me dire un truc secret sans même me faire jurer de le répéter à personne ? T'es bien trop téméraire Potter. J'appellerais presque ça de la bêtise.

- Je sais que tu diras rien. Je suis pas le seul à être connu dans cette école, toi aussi tu l'es Astrid. Tu es celle qui écoute et assimile. Tu es celle qui se tait et apprend. Tu es celle qui garde les secrets, des plus inutiles aux plus profonds et sombres.

- Super réputation.

- Fais pas la tronche, ça se voit comme un hyppogriffe au milieu d'une colonie de niffleurs que tu es ravie.

- Dépêches-toi de le dire ton secret, ma patience a des limites.

- Je veux pas faire carrière dans le Quidditch.

- Il est nul ton secret.

Oups. Je crois que j'ai dit ça tout haut. Il va falloir que je commence à faire attention. Il manquerait plus que ça arrive pendant les cours ou pire un examen et là je serais foutue.

- Je suis nul en potion sauf depuis que j'ai trouvé en sixième année un livre appartenant au prince de sang-mêlé. On peut dire que je suis un tricheur du coup. Ou un opportuniste.

- Je croyais que t'avais dit un secret.

Non mais il va se taire oui, je suis pas son journal intime moi ! Je veux pas connaître sa vie, je m'en fiche. Bon c'est vrai que j'aime bien quand les gens me confient leurs petits secrets. J'aime tout savoir de tout le monde. Ma mère m'appelle la concierge. Elle dit que j'ai besoin de tout savoir et ça l'enquiquine, souvent. Mais la vie et les secrets de Potter, il peut se les garder.

- Je déteste la tarte à la mellasse et pourtant ma mère m'en fait à chacun de mes anniversaires. Je mange avec un grand sourire et j'en redemande. Je suis hypocrite et certainement un peu masochiste du même coup.

- Je suis censée te plaindre ?

- Non, m'écouter. Je te livre mes secrets alors tu joues ton rôle et tu m'écoutes.

- Eh oh Potter, tu vas descendre d'un étage tout de suite. Je vais pas rester là à t'écouter comme une greluche si tu me parles comme ça.

- Désolé.

Non mais il se fout de ma gueule celui-là. Il me dérange. Il vient s'asseoir à côté de moi. Il me provoque. Il me force à écouter ses secrets débiles et en plus il me parle mal. Il m'a pris pour qui ? Je suis pas une de ces filles stupides, prêtes à tout pour avoir ne serait-ce qu'un sourire de sa part. Je ne béni pas le sol qu'il foule de ses pieds. Il va pas bien lui.

Ok. Je m'énerve peut-être un peu rapidement. C'est pas de ma faute. C'est Potter. Il a le don pour me faire sortir de mes gonds.

- Je suis un trouillard de première classe. Je suis terrifié quand des gens que je ne connais pas viennent me parler.

Ça c'est étonnant. Potter le trouillard... J'aurais jamais cru. C'est pourtant bien lui qui a décidé en son âme et conscience de participer au tournoi des trois sorciers lors de notre cinquième année, non ? Je comprends rien à ce garçon. Si ça continue je vais avoir une migraine.

- Je peux te dire une dernière chose ?

- Vu comment t'étais parti, ne te gênes pas.

- Ma plus grande peur c'est d'être abandonné. Des fois, je fais des rêves étranges. Je suis moi, sans l'être réellement. Je suis orphelin. Je suis seul, dans un placard, sous un escalier. J'ai froid. J'ai peur. Dans ces rêves, mes parents sont morts. Tout le monde est mort. Dumbledore,Sirius, mon parrain, les professeurs Rogue et Lupin, Fred Weasley, même Hedwige est morte. Dans ces rêves Voldemort est là et il ne souhaite qu'une seule chose, me tuer. Quand je me réveille je suis terrifié. Je déteste ces rêves.

Alors là... Si on m'avait dit un jour qu'Harry Potter faisait des rêves aussi sombres je ne l'aurais pas cru. Il ne se moque pas de moi. Ça se voit sur son visage. Rien qu'en en parlant, il en a peur. Je sais pas ce que j'ai mais je crois que je suis un peu triste pour lui. Personne ne pourrait souhaiter de tels rêves à quelqu'un, même à son pire ennemi. Et Potter n'est pas mon pire ennemi.

- Dans ce monde que je vois en rêve, tu n'existes pas.

Ok... Je dois le prendre comment ? En même temps c'est pas si mal. J'ai pas très envie d'exister dans un monde où Voldemort est encore vivant et n'a pas été défait par l'Ordre du Phénix, où des gens meurent à cause d'un fou furieux qui veut à tout prix imposer son idéologie.

- Tu n'existes pas et ça me terrorise.

Bizarre, je savais pas que je comptais pour lui. C'est pas comme si on était potes... On a des amis en commun, certes, mais on ne traîne pas ensemble. Jamais. On a rien partagé au cours de nos années d'études, si ce n'est le cours d'hier et ce moment, là, en haut de la tour d'astronomie.

- Je suis effrayé par ton absence. Quand je me réveille, la première chose que je fais c'est m'assurer que tu existes. Que tu existes et que n'est pas de ce monde-ci que je rêve.

- Pourquoi ?

Je murmure. Je sais même pas s'il m'a entendu. J'aimerais bien. Je suis curieuse maintenant. Je veux savoir pourquoi il semble tant tenir à moi.

- Tu es la seule personne qui n'existes pas dans cet autre monde. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que mon subconscient n'a pas envie de te confronter à toutes ces ne t'en souviens certainement pas mais tu es la première personne que je ne connaissais pas avant la rentrée à Poudlard qui m'a parlé dans le Poudlard Express. On a échangé quelques mots à l'entrée d'un compartiment. On allait s'asseoir et continuer à parler de ce que l'on voulait le plus voir du château quand Drago, Ron, Neville et Théodore sont arrivés. Ils m'ont embarqué avec eux et je n'ai pas eu l'occasion de retourner te voir. Je ne sais pas pourquoi mais tu m'as fait une grande impression. Après ça tu as comme disparu de ma vie. Tu étais là, en cours, dans la Grande Salle, dans le parc mais jamais avec moi. J'ai toujours eu envie de mieux te connaître.

Ah ouais ? Pas moi. Bon j'avoue que je m'en souviens de cette rencontre et c'est vrai qu'au début de la première année moi aussi j'aurais bien aimé me rapprocher de lui. Il était rigolo et n'avait pas l'air prise de tête mais ça ne s'est pas fait c'est comme ça. Et puis c'est facile de dire ça maintenant mais il avait qu'à venir me voir avant s'il voulait tant que ça me parler.

- Je suis un trouillard je te rappelle.

- Quoi tu lis dans mes pensées maintenant ?

Et voilà, encore un truc qui est sorti tout seul. Je vais finir par croire que moi aussi je suis un peu stupide.

- Tes pensées non, mais ton visage oui.

- Arrêtes de me regarder alors.

- J'aime bien te regarder.

- T'es bizarre Potter.

- Je sais.

- T'es bizarre mais t'inquiètes pas pour tes secrets, je dirais rien.

- Je sais.

Oui bon bah ça va, c'est pas parce que je suis gentille deux secondes avec lui qu'il faut qu'il se mette à sourire comme si je venais de lui dire qu'il a remporté la coupe du monde de Quidditch. D'ailleurs je comprends pas pourquoi je me relâche, je devrais pas être sympa moi. Je suis sûre qu'il m'a fait quelque chose. Il a dû me lancer un sort. Je vois pas comment je pourrais l'apprécier autrement.

- Alors ?

- Quoi ?

- Pourquoi est-ce que tu ne m'apprécies pas ?

- Je vois pas pourquoi je te le dirais.

- En fait tu n'en as aucune idée.

- Bien sûr que si !

- Alors dis-le moi.

- Pourquoi tu tiens tant à le savoir ?

- Parce que moi je t'aime bien Astrid alors je voudrais savoir ce que je dois faire pour que ce soit réciproque.

- Pourquoi tu as besoin que je t'apprécie ? Tout le monde t'apprécies, tu peux bien me laisser râler sur toi toute seule dans mon coin, non ?

- Les autres ne m'intéressent pas.

Ah. Sympa pour ses amis. Que voulez-vous que je réponde à ça ?

- Si je te dis que je t'apprécie maintenant ça ne te suffira pas n'est-ce pas ?

- Bien vu.

- Que c'est compliqué.

- Pas tellement. Si tu n'as rien contre moi c'est parce que tu ne me connais pas alors on a qu'à apprendre à se connaître et après tu pourras te faire ta propre opinion.

- Et si après ça je ne t'aime toujours pas ?

- Alors je redoublerais d'effort.

- Tu es quelqu'un d'étrange Harry Potter.

- J'aurais dit déterminé.

- Harry Potter le trouillard déterminé... Je pourrais faire avec.

Et c'est la vérité. Je pourrais vraiment faire avec. C'est étonnant. Quoique...

- Je te raccompagne ?

- Pourquoi ?

- Pourquoi pas ?

S'il se met à répondre à mes questions par d'autres questions on n'est pas rendu. Pourquoi je souris moi ? Et pourquoi il sourit lui aussi ? Il me tend la main. Je crois qu'il veut m'aider à me relever. Je la prends ou pas sa main ? J'aime pas les mains tendues. J'ai toujours peur que la main que l'on tend se retire quand je me déciderais à la prendre. Celle-là a l'air sûre. Aller Astrid, on rassemble son courage et on prend sa main.

- Allons-y.

Il va vraiment me raccompagner. C'est qu'il serait un gentleman le Potter. Il me lâche pas la main. J'ai pas envie de lacher la sienne non plus vous me direz. Elle est chaude sa main, c'est pas mal, moi qui ai toujours froid. Elle est rugueuse aussi. Ça me plaît.

- J'ai un truc pour toi.

Ah ouais ? Et il attend d'être devant la porte de ma maison pour me le dire ? D'ailleurs comment il sait que l'entrée pour aller à Poufsouffle est là ? C'est bizarre ça.

- Si tu dis que tu veux m'embrasser je te frappe Potter.

- Tiens c'est une bonne idée ça. Plus tard peut-être.

Mais qu'il est con. Je veux pas l'embrasser moi. Pourquoi j'y ai pensé alors ? Sortez de ma tête, pensées impures !

- Tends ta main.

- Pourquoi ?

- Fais-moi confiance Astrid. Il va bien falloir commencer à un moment pour que l'on devienne amis.

- Je veux pas être ton amie moi.

- Ne sautons pas les étapes veux-tu.

Que... Quoi ? Pardon ? Il est en train d'insinuer que je veux être plus que son amie ? Mais il est maboul lui ! Il faut le soigner le garçon, ça va pas du tout.

Après c'est vrai que ça pourrait être agréable... Hein, non mais redescends sur terre Astrid ! Arrêtes de rêver, ça va plus du tout là. Va dormir.

- Tends ta main. C'est cadeau.

C'est froid surtout et tout petit. C'est un vif d'or. Je suis prête à parier que c'est celui de cet après midi. Pourquoi je souris comme une bécasse moi ? Bon, c'est vrai que c'est gentil. Et c'est plutôt rare que les gens me fassent des cadeaux juste comme ça mais là ça vient de Potter. C'est pas censé me faire plaisir.

Tiens où il est passé ? Ah, il est déjà parti. Je lui ai pas dit merci... Je ferai ça demain.

Décembre 1997

Salle sur Demande

Jeudi 25

8h30

Pourquoi je suis réveillée aussi tôt ? Tout ça c'est de la faute de Potter. Pourquoi je suis à Poudlard pendant les vacances de Noël ? Encore la faute de Potter. Pourquoi je me retrouve dans la Salle sur Demande entourée par des gens que je considère comme mes amis ? Toujours à cause de Potter. J'ai froid. Je savais que j'aurais dû mettre un pull, Neville me l'avait pourtant conseillé.

- Tiens, tu peux prendre mon pull.

Merlin bénisse Potter. J'ai vraiment l'impression qu'il lit dans mes pensées par moments. Oui je le béni. Il s'en est passé des choses depuis octobre.

- On doit encore attendre Drago, Théodore et Luna. Ils sont passés par les cuisines.

- Vous auriez pu nous le demander à Neville et moi.

- Tu crois qu'on vous aurait laissé en charge de la nourriture ? Tu aurais tout dévoré avant d'arriver ici.

- Sympa Potter. Merci pour la confiance.

- Je te fais confiance. C'est justement pour ça que je ne t'ai rien demandé. Tu aurais certainement oublié.

- Fais attention à toi ou sinon tu peux oublier ton cadeau.

- Des menaces en l'air Astrid, toujours des menaces en l'air.

- Je peux savoir pourquoi je reste avec toi ? T'es si stupide comme garçon.

- Parce que tu m'aimes Astrid.

Bon. C'est foutu. J'avoue. Il a raison. J'y peux rien moi. C'est arrivé tout seul. Vous croyez qu'à force de le fréquenter je suis devenue bête et que c'est pour ça que je l'aime bien ? Je vois pas comment j'aurais pu autant changer d'avis autrement. C'est vrai quoi, il y a trois mois je ne l'aimais pas et là... Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il a fallu que je tombe amoureuse de ce sombre nigaud ?

- Je t'aime aussi.

- Je t'ai rien demandé.

- Je sais. Je voulais juste que tu le saches.

- Tu me le répètes tout les jours Potter, je crois que je l'ai compris.


J'aime les chats et vous ?