Bonjour à tous ! J'ai enfin décidé d'écrire cette histoire qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps. Elle suivra Harry Potter et son frère Alistair.
Il y aura donc deux protagonistes.
Alistair est un personnage OC, si cela ne vous intéresse pas, je comprends. (Peut-être juste essayer de lire le prologue ? On sait jamais...
Vous pourriez être éblouis par mon style...XD)
Bon sinon, ce n'est pas pour tout de suite mais l'un des frères sera avec LV et l'autre, eh bien je me laisse le temps de voir, même si j'ai déjà mes idées. Evidemment cela n'empêchera pas d'autres petites découvertes avant.
C'est donc un Slow Burn. Et un slash (pour plus tard). Il y aura d'autres relations aussi, pas que du slash.
J'ai énormément d'idées pour cette fic, mais n'hésitez pas si vous en avez aussi. Surtout n'hésitez pas à laisser une critique (positive ou négative).
Je déteste les incohérences ou les fautes d'orthographes dans mon texte, mais je reste humaine et je n'ai pas de bêta reader donc il y en aura peut-être.
Si quelqu'un veut devenir ma/mon bêta reader, c'est avec plaisir.
Bon, vous avez peut-être remarqué mais je blablate beaucoup, voilà enchantée...
Résumé : Harry et Alistair Potter sont deux frères orphelins. Seuls contre une famille qui ne les aime pas, ils vont vite comprendre qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Seulement, quand un nouveau monde s'ouvre à eux, mais que l'un est un héros et l'autre un inconnu, les choses ne peuvent que changer.
Avertissement : Pour l'instant, on est tranquille, mais la fic passera en M.
Disclaimer : Je ne suis pas JK Rowling, Harry Potter et son univers ne sont pas à moi et je ne reçois pas d'argent pour écrire ça.
En revanche, les personnages que j'ai crées m'appartiennent, ainsi que l'histoire et son déroulement.
Bref, pour ceux qui auront lu tout ça, bonne lecture !
PROLOGUE
Lentement, ses yeux s'ouvrirent sur le plafond...
Il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose pour ces fissures. Une de plus et le plafond allait finir par leur tomber de – merde ! Pourquoi pensait-il à ces conneries ? Il se redressa brutalement et grogna. Le noir envahit sa vision et ses oreilles se mirent à siffler.
Merlin, qu'est-ce qu'il détestait ça.
Quand tout se calma, la première chose sur laquelle son regard se posa fut le vide. Ses yeux se tournèrent vers la droite puis vers la gauche, mais il n'y avait rien. Personne.
Son cœur s'accéléra dans sa poitrine. Pourquoi était-il seul ?
Sûrement il ne s'était pas assoupi si longtemps ? Il n'avait fermé les yeux que quelques secondes !
Pourtant, le manque de gazouillis était une réponse claire en soi. Pendant qu'il dormait, son petit lion en avait profité pour s'échapper !
Il traversa le salon le plus rapidement possible pour se diriger vers la cuisine. Son cœur battait toujours aussi fort. Il était impossible pour un enfant si jeune de disparaître si vite non ?
Son petit lion était un farceur. Il fallait dire que c'était pratiquement dans ses gènes. Mais quand même ! Fausser compagnie à son propre père ? Ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire et ses yeux s'illuminèrent.
Quand il entra dans la cuisine, des spaghettis recouvraient le sol et le mur semblait avoir changé de couleur tellement il était maculé d'éclaboussures. L'hésitation le prit soudain à la vue d'un tel foutoir.
Son regard se posa alors sur sa femme. Il essaya de se contenir mais ses épaules se mirent quand même à trembler. C'était infaisable pour lui de rester de marbre devant la scène qu'il avait sous les yeux.
Lily était entièrement couverte de sauce, à tel point qu'il n'arrivait même plus à faire la différence entre le rouge de la tomate et celui de ses cheveux.
D'ailleurs, il soupçonnait fortement une des longues mèches d'être en réalité une pâte un peu trop aventureuse.
Cependant, avant qu'il puisse confirmer son hypothèse, sa femme l'apostropha, ''Si tu es venu pour te moquer de moi James, que Dieu ait pitié de toi, parce que je te jure que j'en aurai aucune !''
Ses yeux s'écarquillèrent et James se mordit la langue pour ne pas laisser échapper le rire fou qui menaçait de sortir. Il tenait bien trop à la vie, merci pour lui !
''Je suppose que tu as quelque chose à me dire, si tu n'es pas venu pour...ça'', lui dit-elle en présentant la situation avec une spatule. Il put observer sa paupière tressauter quand elle vit ce qu'elle tenait dans la main. Avec violence, elle balança la spatule dans l'évier.
Une douce chaleur se répandit dans sa poitrine. Il ne l'avait jamais autant aimé.
Il se retint de l'embrasser. Avant, il devait trouver son chenapan de fils.
Discrètement, il fit un pas en arrière, puis après avoir pris une grande inspiration, il lui demanda :
''Ma chérie, aurais-tu vu Harry par le plus grand des hasards ?'' Il attendit un peu, mais quand il vit qu'elle le regardait sans répondre, il fit encore un pas en arrière. On était jamais trop sûr.
''Comment ça je sais où est Harry ? Tu n'étais pas avec lui ?'' lui demanda-t-elle d'un ton hésitant. Lorsqu'il baissa la tête, James put apercevoir la main de Lily se fermer et s'ouvrir, comme si celle-ci se souvenait de la présence de...quelque chose.
Une spatule peut-être ?
''Heu...non, sinon je ne te poserai pas la question'' répondit-il doucement pour ne pas la brusquer. D'un regard discret, il évalua la distance entre elle et lui.
Quand il remonta ses yeux vers elle, et qu'il croisa les siens, il détourna rapidement le regard puis pesta intérieurement, il espérait que le geste ne l'avait pas fait paraître trop coupa ––
''JAMES FLEAMONT POTTER !''
Oups, loupé...
''Es-tu en train de me dire que depuis je ne sais combien de temps, notre fils de un an un mois et un jour, est tout seul dans cette grande maison ? Maison, qui je me sens obligée de te le rappeler car j'ai l'impression que tu as oublié, sur deux étages avec des escaliers ! Que soit dit en passant sont longs ! Longs et DANGEREUX !''
Même couverte de sauce tomate – et d'une pâte ou deux – sa femme parvenait à imposer le respect.
Une véritable lionne. Tout aussi inquiète pour sa progéniture d'ailleurs.
''Ne t'inquiète pas mon amour, je vais le trouver rapidement. C'est juste un grand aventurier, tu sais, comme son papa. Intrépide et sans peur. Un vrai Gryffondor en devenir ! Lui et Alistair feront un duo explosif parmi les Lions à Poudlard, je peux déjà le voi...''
''JAMES ! Moins de projection dans le futur et plus d'action dans le présent tu veux ?!'' lui dit-elle d'un ton qui laissait croire qu'il valait mieux pour lui qu'il obéisse. Intérieurement, il leva les yeux au ciel.
Oui, votre Majesté. Tout ce qu'il vous faudra votre Majesté.
''James ?!''
''Oui, oui j'y vais.''
C'est pas parce qu'il avait dit oui qu'il devait être content de le faire.
Avec un dernier sourire narquois en direction de Lily qui plissa les yeux mais ne répondit pas, il sortit de la cuisine et parcourut la maison.
Il espérait juste maintenant trouver Harry rapidement et sans une égratignure, dans le cas contraire, Lily lui ferait la peau à coup sûr. Mais quel curieux son Harry quand même. Encore plus qu'Alistair, et autant dire que ce n'était pas rien. Son premier était insatiable, toujours à la recherche de nouvelles sensations. Harry, quant à lui, avait l'air plus motivé par la découverte en elle-même, comme si tout valait la peine d'être regardé, apprécié. Rien n'était inintéressant à ses yeux.
Il tient ça de sa mère le petit bougre !
Lily avait toujours été...ouverte. Mais c'était ce qui l'avait attiré sans aucun doute.
Cette conviction qu'il avait pu lire dans ses beaux yeux verts. Cette dévotion à la magie que beaucoup d'élèves de sang-pur ou de sang-mêlé élevés par leur parent magique avaient perdue ou simplement laissée de côté.
Bien trop sûrs que la magie leur était due, qu'elle leur appartenait. Alors qu'en réalité, rien n'était plus faux.
Élèves dont il faisait partie. Dont il avait fait partie. Lily l'avait changé. Et pour le meilleur, parce qu'il l'aimait et qu'elle méritait le plus beau qu'il puisse lui donner. Si ce n'était pas pour elle, il serait encore ce morveux arrogant, qui s'amusait à lancer des sorts sur les autres juste parce qu'il le pouvait. Oui, elle lui avait fait voir la vérité. La vérité sur qui il était vraiment.
« Ça m'étonne que ton balai arrive encore à décoller avec une tête aussi enflée. Tu me fais VOMIR ! »
Sirius se payerait sûrement sa tête s'il savait qu'au souvenir de cette phrase James ressentait une intense nostalgie. Mais ce n'était pas de sa faute. En fermant les yeux, il pouvait sentir la brise du vent de cette journée dans ses cheveux, il pouvait entendre les rires de ses amis, ou même les cris de Snivellus qui lui ordonnait – lui suppliait plutôt – de le libérer du maléfice.
Il monta à l'étage le sourire aux lèvres, ne pouvant s'empêcher de se remémorer les nombreux débats sur la magie qu'il avait eus à Poudlard avec sa moitié. Car Lily, qui avait été élevée dans le monde Moldu, avait parfois des idées bien différentes des siennes, elle qui n'avait pas grandi avec certains – a priori.
Une fois à l'étage, après avoir pris les escaliers – les fameux – pensa-t-il en rigolant, il regarda les chambres et les placards mais son fils ne s'y trouvait pas. Pareil pour la salle d'eau.
Génial.
Harry je t'en prie, dis-moi que tu n'as pas transplané sur le toit ou quelque chose dans le genre, parce que là, c'est pas dans l'autre monde qu'elle va m'envoyer, c'est dans une autre dimension .
Attend – le toit ! Mais oui, bien sûr ! Bon sang, je sais où tu es petit démon !
D'un pas assuré, James se dirigea vers le bureau. Une fois à l'intérieur, il voulut sortir sa baguette de la poche de son pantalon pour ouvrir la trappe qui menait au cellier, mais celle-ci était vide.
Évidemment elle n'était pas là. James n'était pas le sorcier le plus précautionneux que ce monde ait porté après tout.
Il soupira d'exaspération et se frotta l'arête du nez avec les doigts. Ses lunettes lui laissaient des empreintes sur cette zone et cela appuyait désagréablement sur son os.
C'est quand il voulait, il la gardait sur lui. Rémus n'avait pas intérêt à prendre connaissance de ça. Il ne pourrait pas s'empêcher, avec un air désapprobateur et les sourcils froncés, comme si James était un enfant désobéissant, de lui faire la réflexion que pour un membre de l'Ordre du Phénix et quelqu'un de recherché, c'était un oubli vraiment stupide.
Ah ! mais l'incertitude et le danger, voilà ce qui l'attirait ! Il ricana. Il admettait bien volontiers qu'il avait beau être un excellent sorcier, il n'était pas vraiment connu pour sa profonde réflexion.
« Profonde ? Ce n'est pas qu'elle n'est pas ''profonde'' ta réflexion, c'est qu'elle est inexistante plutôt. »
Il eut un reniflement moqueur. Il pouvait parfaitement imaginer la tête de Rogue lui disant cela.
Raaa pourquoi fallait-il qu'il pense à cette saleté de Snivellus encore. Putain de Serpentards avec leurs airs supérieurs.
Mais outre les Serpentards et leur attitude insupportable, il fallait qu'il ouvre cette trappe.
Heureusement, il se souvenait du mécanisme dissimulé en plus pour l'ouvrir.
Ils n'étaient pas si mal ces Moldus, s'ils étaient capables de penser à des détails de ce genre. Depuis que lui et sa famille se faisaient passer pour des Moldus pour leur sécurité, il avait pu découvrir plein de choses d'un monde qui lui était totalement étranger. Après ce n'était pas vraiment intéressant par rapport à leurs objets à eux, mais bon, on ne pourrait pas lui reprocher d'être fermé d'esprit.
Et puis, il fallait reconnaître que sa femme faisait souvent preuve d'originalité. Il espérait d'ailleurs que ses fils puissent profiter d'un peu de cette différence.
Enfin, à petite dose car...
Moldus d'accord mais Pétunia Dursley jamais.
L'idée que l'un de ses fils puissent interagir de quelque manière que ce soit avec cette horrible femme fit remonter des frissons désagréables le long de son dos.
Il n'arrivait pas à comprendre comment sa douce colombe, si forte et si extraordinaire pouvait avoir le moindre lien (encore moins de parenté!) avec Pétunia.
Le peu de fois où il avait eu l'immense plaisir de s'entretenir avec elle, il avait bien compris qu'il n'était pas le bienvenu, lui et sa « monstruosité » comme il l'avait entendue marmonner quand elle pensait que James ne pouvait pas l'entendre.
Il avait vu qu'elle semblait effrayer par sa présence. Chaque réunion familiale avait été tendue et bien que Lily s'acharnait à le nier, il pouvait sentir la jalousie et le ressentiment sous la peur et le dédain.
Quant au mari...eh bien, James manquait de mots pour qualifier ce qu'il – était. Un mariage étrange entre un troll miniature et une de ces créatures énormes que Lily appelait élé – éléphant ? Il marqua un temps d'arrêt, impossible de se souvenir si c'était le bon mot.
Mais cela avait peu d'importance. Certains Moldus ne s'approcheraient jamais de ses fils !
D'ailleurs tout ceci lui faisait penser à Arthur Weasley. Lui aussi était proche des Moldus. En tout cas, lorsque ça lui arrivait de le croiser de temps en temps au cours des réunions de l'Ordre, l'homme n'avait que ça à la bouche.
Quel était le nom de son département déjà ? Il se mordit la lèvre et ses sourcils se froncèrent. Encore quelque chose dont il n'arrivait plus à se souvenir.
James haussa les épaules. Pour sa défense, personne ne gardait des informations inutiles. Son département était certainement un truc bien ennuyant en plus.
''Et un peu perdu aussi'', dit-il sans le vouloir. Il ricana en entendant ses mots. Ils sortaient du cœur.
Certes, c'était vraiment prétentieux de penser de cette manière, mais aussi, il fallait reconnaître que tous les services ne bénéficiaient pas du même prestige. Comme le Bureau des Aurors par exemple.
James voulait vraiment postuler pour être Auror. Il savait pertinemment que c'était extrêmement dur dans devenir un. Mais James était puissant et particulièrement fort en métamorphose et en potion. Il avait toutes ses chances. Et puis il n'avait que vingt-deux ans. Il avait le temps encore.
Il était sûr que cela intéresserait Sirius aussi. Il pouvait déjà les imaginer tous les deux, arrêtant les mages noirs et combattant les criminels !
Il y avait également le Bureau des Sports. Il avait toujours excellé au Quidditch et il avait pensé à une carrière de professionnel.
Auror Potter ou joueur professionnel de Quidditch. Les deux sonnaient bien à ses oreilles.
Seulement pour l'instant...pour l'instant ce n'était que des projets. Des rêves pensa-t-il avec aigreur.
Il haïssait tellement cette situation.
Pris au piège comme des oiseaux en cage, lui, sa femme et Harry se voyaient obligés de rester ici dans cette petite maison. Quoique confortable, elle n'avait rien du manoir Potter qu'ils avaient été forcés de fuir dans l'urgence lors de la deuxième grossesse de Lily.
Et comme si cela ne suffisait pas, ils étaient traqués comme des bêtes par les sbires de Voldemort, à tel point que seul le charme de Fidelitas pouvait les protéger.
Le seul qui échappait un peu à cet enfer était Alistair. Presque personne ne connaissait son existence puisque Lily avait accouché de lui alors qu'elle sortait tout juste de Poudlard. Quelle surprise cela avait été pour James ! En même temps, Lily avait caché à lui et à tous leurs amis sa grossesse pendant les cours. Personne n'avait remarqué quoi que ce soit. Sauf Dumbledore évidemment. Il fallait dire que rien ne lui échappait aussi.
Sauf les Maraudeurs...Quoique...
Mais même si son aîné pouvait sortir un peu avec son parrain, lui et sa femme ne pouvaient pas.
Merde ! Son fils aîné fêtait ses trois ans mais il ne pouvait même pas être avec lui !
Le sentiment d'injustice qu'il ressentît à cette réflexion était si fort qu'il fît remonter la bile dans sa gorge.
Car non seulement, il était privé de liberté et de la joie de profiter de sa famille pleinement, mais en plus les circonstances faisaient qu'il en était venu à douter des gens qu'il aimait le plus.
Depuis combien de temps n'avait-il pas vu Moony ?
Son cœur se serra à la pensée de son ami. Cette méfiance entre eux était une insulte à leur amitié.
Il s'en souvenait comme si c'était hier, de cette soirée du 31 Octobre 1975, où les quatre Maraudeurs avaient accepté et juré de se suivre et de se protéger jusqu'à ce que la mort les sépare.
Mais voilà où ils en étaient...plus aucune nouvelle depuis que Sirius pensait que Rémus pouvait être le traître.
Il comprenait que Sirius soit soupçonneux. Lui-même pensait qu'il y avait un traître au sein de l'Ordre. Mais de là à penser que le mouchard soit Rémus ?
– Honnête, respectueux des règles Préfet – Rémus ? Qui avait souffert une vie de solitude et de préjugés plus immondes les uns que les autres à cause de son problème de fourrure...
Non. James n'y croyait pas.
Dans le silence de la maison, James soupira.
Parfois, il se prenait à rêver qu'il était encore à Poudlard. À vrai dire, il donnerait tout pour que les choses soient aussi simples que là-bas.
Par Merlin, il serait même prêt à accepter pour encore un peu – juste un peu – la vue de Snivellus et de son gros nez.
Il passa sa main dans ses cheveux puis sourit. En effet, le geste, qui était devenu un réflexe maintenant, avait fait ressortir un souvenir qu'il avait oublié.
Toutes ces fois où il s'était passé la main dans les cheveux pour avoir l'air de descendre de son balai, et où il avait regardé en arrière pour voir si les filles le regardaient.
Jusqu'à ce qu'en 7ème année, ce soit le regard de Lily qu'il croise.
Sa Lily. Sa magnifique Lily qui avait enfin accepté de sortir avec lui alors que cela faisait deux ans qu'il lui demandait. Sa précieuse femme qui lui avait donné deux magnifiques fils alors même que sa propre mère s'était résignée à ne jamais avoir d'enfant.
Oui, des souvenirs précieux qu'il chérissait à chaque instant de sa vie.
– Ah ça y est, il s'en souvenait ! C'était le Service des Détournements de l'Artisanat Moldu. Merlin, certainement le truc le plus chiant au monde.
Ce service appartenait au Département de la Justice magique, cela concernait tous les objets fabriqués par les Moldus et qui ont été ensorcelés. Arthur devait probablement s'occuper de les neutraliser si jamais ils revenaient dans des magasins ou des maisons de Moldus.
James secoua la tête en pensant à Arthur et sa famille. Les Weasley étaient vraiment – peu ordinaires.
Lorsqu'il mit enfin les pieds dans le cellier, il trouva tout de suite son fils. Celui-ci était assis, en face de la vitre, en train de regarder à travers.
La Lune sans doute. C'est vrai que cette nuit, le ciel était particulièrement dégagé. Il avait dû être attiré par cette belle lumière, si forte et brillante.
Le ciel était bien noir aussi, aucune lanterne ne venait perturber l'obscurité.
Grâce à la clarté de la Lune, James voyait presque tout dans le cellier, pourtant habituellement si sombre sans la lueur d'un Lumos.
Il appela son fils, qui tellement absorbé par la vue, n'avait pas remarqué sa présence.
Maintenant qu'il y songeait, Alistair aussi avait une certaine fascination pour la nuit.
Comme une attraction irrésistible pour un monde si particulier, si différent du jour. Il avait remarqué que les deux enfants semblaient plus calmes et plus rassurés dans cette couverture d'obscurité.
Pourtant il avait cru penser que les enfants en général étaient effrayés une fois la nuit tombée. Qu'ils ne pouvaient pas dormir à moins d'avoir un peu de lumière avec eux.
En tout cas c'est ce que lui avait dit la mère Weasley.
Mais en regardant son second, il savait que cela ne serait pas le cas. Ses fils étaient différents des autres enfants. Il était sûr de ça.
''Harry ? Fils, que fais-tu dans le cellier ? Il fait froid ici.''
Son bébé tourna la tête vers lui. Harry commença alors à agiter les mains et à babiller. Il affichait un sourire joyeux. Il paraissait heureux de le voir, mais surtout il semblait vouloir qu'on le prenne aux bras, vu son agitation.
''Oui, oui je vais te porter. Merlin, tu es bien le fils de ta mère, petit lion, à vouloir que les autres se plient à tes désirs. Je vais t'appeler Son Altesse si ça continue. Entre toi et Lily, je vais passer mes journées à faire des courbettes dis donc !''
Heureusement qu'Alistair était là. Quoique, lui, au vu de son caractère, dans quelques années, James allait finir par l'appeler « Maître ».
Son fils n'avait pas l'air de comprendre un traître mot de ce qu'il disait mais bon, James commençait à avoir l'habitude. Par contre, maintenant qu'il était en hauteur, il ne put s'empêcher d'exprimer son excitation. Il gigota dans tous les sens.
''Tu veux regarder encore un peu cette belle boule blanche lumineuse c'est ça ? Elle est si jolie n'est-ce pas ?''
Harry ne s'arrêta pas de gigoter. En fait, il redoubla d'efforts. À cause de ça, il échappa de peu aux mains de James qui pesta, son cœur battant la chamade dans sa poitrine.
''D'accord, j'ai compris, calme-toi petit démon ! On va retourner sous la vitre, alors arrête d'essayer de te suicider en t'agitant dans toutes les directions hein ! Je suis pas ton fidèle hippogriffe non plus !''
Harry n'en fit rien.
''L'enfant continua de remuer, il se moquait éperdument de ce que lui racontait son père. En revanche, il trouvait que celui-ci était bien lent à se mettre en action. S'il avait pu parler, il lui aurait dit « plus d'action dans le présent veux-tu James ? J'ai pas toute la nuit »'' refit James d'une voix sarcastique comme pour imiter quelqu'un.
''Hein entité démoniaque, c'est ce que tu penses là actuellement ? J'en suis sûr ! Merlin, comme ta mère je te dis.''
''Et par la barbe de Dumbledore ! Arrête de bouger ! C'est bon, elle est juste là ta très chère Lune'' grommela James, à moitié exaspéré et à moitié amusé par le comportement de son fils.
''Tu n'as pas à t'inquiéter. S'il y a bien quelque chose qui ne risque pas de disparaître, hormis les affreuses robes bariolées de ledit moustachu, que je te souhaite vivement par ailleurs à ne jamais avoir à fixer plus de quelques minutes au risque de finir aveugle, c'est bien elle et le Soleil.
Personne n'a trouvé le bon sort encore. Mais je te jure démon infernal, que si tu continues à bouger comme ça, je pourrais bien être son inventeur !'' gronda James. Son fils tourna sa tête vers lui. Tous deux se regardèrent.
Une fierté soudaine envahit James. Peut-être avait-il enfin réussi à se faire écout ––
Puis l'enfant se mit à rire. Et il essaya de toucher le visage de James. Certainement que la grimace sur son visage laissait transparaître ses émotions. C'est-à-dire qu'il ne savait plus quelle émotion choisir et le mélange improbable semblait beaucoup faire rire son fils. Plus clairement, Harry se moquait de lui. James leva les yeux au ciel si fort qu'il crût qu'ils allaient se détacher de leurs orbites. Mais en même temps, c'est lui qui se moquait des autres d'habitude ! Pas l'inverse !
Quand le regard d'Harry se posa de nouveau sur la Lune, James vit le sourire disparaître des lèvres de son fils.
Maintenant qu'il était plus proche, Harry tendit la main pour essayer de l'attraper mais il ne pouvait pas. James pinça ses lèvres. Pourquoi cet intérêt pour l'astre ?
Était-ce cette clarté si intense dans ce ciel si noir qui le fascinait ? Peut-être était-ce qu'il voulait faire sienne cette lumière ? Ou devenir elle ? Devenir la flamme dans la nuit de quelqu'un, la lumière dans ses ténèbres. Comme Lily avait été la sienne ? Comme il l'avait été pour Sirius ? Pour Rémus ?
Il aperçut les paupières d'Harry qui commençaient à se fermer doucement. Il devait être si fatigué après ce long périple.
James s'imagina que les yeux fermés, son fils pouvait voir le reflet de la Lune sur ses paupières, comme si elle avait décidé qu'elle ne le laisserait jamais seul, même dans son sommeil.
Il appréciait l'idée, il trouvait même ça réconfortant. Un protecteur de plus pour cet enfant du Destin.
Sur ces pensées, il ne fit pas attention à son fils qui s'endormit sur son l'épaule, juste avant d'entendre ses mots.
''Au fait Harry, comment tu es arrivé jusqu'ici ? Même moi qui connaissait le mécanisme pour dérouler l'escalier derrière la trappe, j'ai eu du mal.''
Il ne reçut aucun gazouillis en guise de réponse, ni même aucune réaction.
''Harry ?''
Lorsque James regarda son fils, il remarqua les paupières closes et la moue paisible.
Il était temps de sortir d'ici et de rassurer Lily. Si jamais celle-ci lui demandait, non il n'était pas un père irresponsable et oui, il n'avait pas laissé l'escalier vers le cellier déroulé.
D'ailleurs comment un bébé, d'un peu plus d'un an était parvenu jusqu'ici ? Peut-être que lui ou Lily avait emmené Harry une fois ici alors qu'il était dans leurs bras. Cela expliquerait qu'il connaisse l'endroit. Mais le moyen d'y parvenir ? Impossible qu'il puisse s'en souvenir ou même enclencher le mécanisme.
Non, ça ne laissait qu'une seule explication.
Magie.
Du coin de l'œil, alors qu'elle finissait de préparer – de recommencer – cette saleté de pâtes à la bolognaise, Lily aperçut son mari entrer dans la cuisine. Leur fils dans ses bras.
D'un coup, son souffle se relâcha et ses épaules se décontractèrent. Elle sourit à son mari, soulagée de voir leur fils sans aucune blessure. Même pour un enfant magique, c'était bien trop dangereux de laisser Harry seul longtemps sans surveillance.
''James nous allons passer à table. Tu sais où en sont Sirius et Alistair ?'' elle demanda. Ses épaules détendues se contractèrent de nouveau.
''Cela fait plusieurs heures qu'ils sont partis, j'espère qu'il ne s'est rien passé. Et puis Sirius n'est pas l'adulte le plus responsable de notre entourage ! Pourquoi on l'a choisi lui pour être le parrain de notre bébé déjà ?''
Honnêtement, entre son bébé et Sirius, elle ne savait pas lequel était censé être l'enfant...
Sirius était un membre de la famille mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait une mauvaise influence sur Alistair. Son bébé, son petit premier, sa chair et son sang.
Lily adorait éperdument ses deux fils. Mais Alistair avait été le premier qu'elle avait porté dans son ventre alors qu'elle-même venait tout juste de devenir adulte.
À la naissance de son fils, quand elle a posé les yeux sur lui, qu'elle a vu ses cheveux aussi rouges que le sang et ses yeux gris, elle a su tout de suite que sa vie serait difficile. Peut-être même encore plus que celle de son frère, elle réalisait aujourd'hui.
Car Lily avait trompé le Destin, elle avait désobéi aux règles, et elle savait que son fils pâtirait de ses décisions. Il était à la fois un miracle et une damnation pour elle.
Alors elle priait. Elle priait pour la sécurité de ses enfants, pour leur bonheur. Et elle essayait de profiter au maximum de ces moments avec sa famille car elle pouvait sentir le malaise dans l'air.
Elle pouvait sentir que bientôt, rien ne serait plus comme avant.
S'arrêtant un instant dans sa préparation, elle fixa le mur, l'esprit vide. Puis inconsciemment, elle amena sa main jusqu'au niveau de son cœur et sera le médaillon qui était là. Caché sous ses vêtements, derrière le Notice-me-not charme le plus puissant qu'elle pouvait lancer.
''Ah, ma Lily ! Laisse les garçons s'amuser un peu, aujourd'hui est un jour spécial. Et puis Sirius n'est peut-être pas l'adulte le plus responsable mais tu ne peux pas trouver meilleur garde du corps dans toute l'Angleterre ! Sauf moi, évidemment.''
Elle sursauta brusquement quand James s'adressa à elle. Elle s'était perdue dans ses souvenirs. Elle se rendit alors compte où sa main s'était posée et la retira violemment comme si elle avait été brûlée.
Ses dents se fermèrent alors coléreusement sur sa langue. Le goût de fer envahit sa bouche mais elle n'en avait que faire. Elle méritait cette punition.
Puis enfin les paroles de son mari parvinrent à elle et Lily se retourna brutalement en lançant un regard perçant à James lorsqu'elle l'entendit se bidonner derrière elle.
''Pour le meilleur garde du corps de toute l'Angleterre, tu ne fais pas un très bon travail lorsqu'il s'agit de garder un enfant dans ta vue. Un enfant d'un an à peine. Qui ne sait pas marcher.'' siffla-t-elle sarcastiquement.
Elle le vit grimacer. Elle savait que ses mots avaient fait mouche. Mais bon, si Lily voulait préserver au moins son second, il fallait agir maintenant avant qu'il ne soit trop tard.
Comme son pauvre Alistair. Seulement trois ans et déjà perverti par son père et son parrain.
Elle avait peut-être perdu la première bataille mais pas la guerre. Elle avait juré qu'Harry serait l'enfant le plus calme, le plus réfléchi et adorable qu'on ait jamais vu. Que cela ne tienne !
D'un coup, Lily se sentit plus sereine, plus joyeuse. Elle était avec sa famille, et tout allait bien.
Elle savait que ses lèvres s'étaient étirées dans un sourire, elle pouvait voir du coin de l'œil que James affichait le même, comme pour la provoquer et lui remonter le moral en même temps.
Quand Rémus reviendrait, ce n'était plus qu'une question de temps avec lui à ses côtés. C'était impossible qu'ils perdent. James et Sirius lui avaient pris Alistair, mais elle, elle leur prendrait Harry.
Avant de se mettre à table, elle envoya un dernier regard perçant à l'homme de sa vie, que celui-ci se fit un plaisir de lui renvoyer avec une lueur de défi et ce petit sourire en coin qui la faisait toujours craquer.
Elle voyait bien dans son attitude que lui aussi ne se laisserait pas facilement abattre, Harry était son champion et James n'allait pas la laisser le transformer « en rat-de-bibliothèque ou en je-sais-tout » d'après lui, bien trop effrayer à l'idée d'avoir une mauvaise note ou d'aller en détention pour s'amuser.
Elle ne pouvait pas s'empêcher de lever les yeux au ciel à cette pensée.
Comme si c'était une honte d'avoir des bonnes notes et d'être sérieux en cours...ou même dans la vie pour certains.
N'est-ce pas James ? Ou Sirius.
Pas qu'elle n'avait pas déjà essayé. Non c'était même l'inverse, elle lisait à son fils toutes sortes d'histoires, puis elle essayait de le stimuler avec une multitude d'objets ou de sorts.
Elle voulait qu'il passe autant de temps possible avec Rémus aussi.
Dieu seul sait comme l'homme en avait besoin, lui qui tremblait toujours à l'idée de tenir Harry dans ses bras, car la possibilité même involontaire de blesser l'enfant, le terrifiait.
Lily essayait d'encourager au maximum leur relation. Car derrière son sourire aimable, elle pouvait discerner la douleur de son ami et cela la déchirait. Rémus était l'âme la plus sensible qu'elle connaisse et sa proximité avec Harry ne pouvait que l'aider.
Elle se souvenait encore du jour où elle et James avaient annoncé le parrain de leurs deux fils. Là où Sirius avait explosé de joie, incapable de retenir son bonheur et sa fierté d'être le parrain d'Alistair, Rémus lui avait fondu en larmes tout simplement.
À la fois enchanté et apeuré par la pensée qu'il puisse être digne de partager un lien si fort avec Harry.
Les mots qu'il avait prononcés dans un murmure ce jour-là résonnaient encore dans ses oreilles. Cela avait été un murmure si faible qu'elle l'avait à peine discerné :
« Vous êtes sûrs ? »
Leurs fils auraient besoin de tout le soutien possible pour traverser les épreuves qui les attendaient.
Pas une fois elle n'avait regretté cette décision et elle savait que James était du même avis.
Même si Rémus lui-même ne se sentait pas à la hauteur.
Même si Sirius avait critiqué leur décision, exposant le fait que l'homme puisse être le traître.
Lily en voulait à Sirius d'oser penser ça. Toute sa scolarité à Poudlard, elle avait dû faire face aux préjugés sur les 'sang-de-Bourbe'. Elle savait reconnaître un préjugé quand elle en voyait un.
Même si Sirius n'avait rien contre les loup-garous en temps normal, dans un contexte de tension et de trahison, il pouvait refuser autant qu'il voulait de se l'avouer, mais elle voyait qu'il considérait Rémus comme un traître possible et Lily comprenait parfaitement pourquoi : parce que les préjugés d'une famille aussi vieille et consanguine que la Famille Black étaient difficiles à tuer.
Leur bigoterie était toujours bien vivante et présente dans Sirius, malgré tous ses efforts pour s'affranchir de leur joug.
S'en le vouloir, entouré par l'incertitude et la peur de perdre ceux qu'il aimait le plus, il faisait preuve d'une méfiance innée envers les loups-garous à cause des promesses de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom envers eux.
Et le fait qu'ils aient si peu vu Rémus avant d'aller se réfugier dans la maison de Godric's Hollow n'avait certainement pas aider le cas de l'homme aux yeux de Sirius.
D'un geste de la main, elle essaya de chasser ses mauvaises pensées. Elle regarda alors James qui essayait tant bien que mal de nourrir leur fils même si c'était peine perdue. Harry avait les yeux presque fermés et n'avait pas l'air le moins du monde intéressé par ce que lui proposait son père.
Une douceur chaleur se propagea dans son cœur. Mais l'inquiétude prit elle aussi de plus en plus de place dans celui-ci.
Tout comme son fils, Lily n'avait pas très faim. Comment pouvait-elle quand elle ne savait pas où se trouvait son aîné ?
Sirius pouvait parfois être imprévisible et elle n'avait aucun moyen de savoir si leur retard était dû à une folie de l'homme qui avait décidé au dernier moment d'emmener Alistair dans un endroit imprévu ou si quelque chose leur était arrivée.
Le visage de Lily se rembrunit. La contrariété venait de chasser la joie qu'elle avait ressentie quelques instants auparavant.
Non, James avait raison. Elle pouvait faire confiance à Sirius. Il donnerait tout pour protéger la vie de son filleul.
Pourtant, lorsque ses yeux se posèrent sur une des fenêtres et qu'elle vît le ciel noir sans étoiles, elle ne put retenir le frisson qui traversa sa colonne vertébrale. Comme si elle avait senti la main froide du Destin se refermer sur sa nuque.
Une intuition. Une mise en garde.
Ce qui doit se passer, se passera. Avec ou sans ton consentement.
Oui, elle s'en souvenait maintenant.
La nuit où elle avait donné naissance à Alistair, le ciel avait été aussi noir que ce soir, sans aucune autre lumière autre que la Lune.
James lui a dit qu'il avait trouvé Harry dans le cellier.
Il regardait la Lune.
Bien entendu, elle avait accusé son mari d'être un père irresponsable et d'avoir laissé la trappe de l'escalier ouverte et celui-ci déroulé. Mais avec un air faussement blessé et les yeux pleins de fierté, il lui avait répondu que non, il n'était pas un père irresponsable et que Harry était parvenu tout seul à entrer dans le cellier.
Par magie. Évidemment.
« On parle de notre fils ici Lily. Notre fils ».
Mais maintenant qu'elle faisait attention, était-il possible que comme elle il y a trois ans, jour pour jour, quand elle donnait naissance à son premier enfant, Harry avait perçu quelque chose ?
Malgré son âge, elle le savait perceptif à ce qui l'entourait. C'était pour ça qu'elle voulait l'intéresser aux plus de choses possibles. Pour cela que Rémus, qui avait beaucoup souffert mais avait tant d'empathie à offrir, était le choix parfait pour son plus jeune.
Son regard se posa à nouveau sur son fils.
Son magnifique bébé qui avait la tignasse de son père mais qui avait ses yeux à elle.
Non, ils étaient encore plus beaux que les siens. Encore plus verts.
Lily était si heureuse d'avoir eu deux si beaux fils. Et quoi qu'il arrive, quoi qu'ils fassent, quel que soit le chemin qu'ils décident de prendre, elle serait toujours fière d'eux.
D'un coup elle se leva, sa chaise protestant bruyamment du mauvais traitement, réveillant Harry qui s'était endormi sur son fauteuil rehaussé.
Elle entendit James qui appela son nom, surpris par son action brusque, mais elle l'ignora pour se rendre devant la fenêtre sur laquelle son regard s'était posé il y a peu.
Une fois devant, elle ferma les yeux et après avoir pris une inspiration suffisante, elle les leva jusqu'à ce qu'ils se posent sur la Lune.
Et son souffle se coupa.
Car la Lune était magnifique.
Mais les choses les plus belles sont souvent les plus dangereuses.
Qu'importe.
Elle était Lily J. Evans-Potter et elle ne craignait rien.
Ni les Ténèbres, ni le Destin.
Ni la Mort.
C'est pour cela, que lorsqu'elle sentit les barrières de protection autour de la maison laissaient passer une présence familière, une présence autorisée, elle sut que ce soir...
…les choses qui étaient, ne seraient plus jamais.
Mais elle n'avait plus peur. Non, elle était déterminée. Son dos se redressa et ses poings se serrèrent.
Si tu veux la paix, prépare la guerre.
D'un coup sec de la main, elle appela sa baguette à elle, et elle se retourna vers le couple qui venait de transplaner dans sa demeure.
Elle sentit tout de suite l'odeur du sang.
Derrière elle, elle entendit James crier le nom de son meilleur ami.
Mais elle n'avait d'yeux que pour l'enfant dans les bras de son parrain. Pour l'enfant qu'elle avait mis au monde, qu'elle avait promis de protéger.
Et pourtant, qu'elle avait trahi avant même sa naissance.
Un jour peut-être il la comprendra. Et alors il lui pardonnera.
Elle s'approcha d'Alistair. Le garçon était choqué mais pas effrayé. Lorsqu'il la vit, il la regarda droit dans les yeux.
Une tempête indomptée et indomptable. Voilà ce qu'elle voyait dans ces yeux gris anthracite.
Il sera la tempête qui secouera ce monde. Elle pouvait sentir au fond d'elle-même que ses fils marqueront ce siècle. Mais que cela soit une bonne ou une mauvaise chose, seul l'avenir pourrait le dire.
Mais pour cela, il fallait qu'ils vivent. L'amour qu'elle ressentît pour eux à cet instant était si fort qu'il lui fît l'effet d'une rivière de lave dans ses veines. Un magma inarrêtable qui laisserait dans la terre une traînée éternelle.
Lily leva sa baguette vers son fils.
''Episkey''
Les blessures se refermèrent petit à petit. Elle se mit à genoux et passa sa main dans les cheveux de son fils. Les cheveux du garçon, ceux qu'il avait hérités d'elle, étaient aussi rouges que le sang qui retournait dans son corps.
Ou alors peut-être était-ce le sang qui était aussi rouge que ses cheveux.
Des cheveux plus rouges que les siens. Des yeux plus verts que les siens.
Quelle étrange sensation que d'être à la fois fière et à la fois envieuse. Que de vouloir sourire tout en ressentant ce petit goût d'amertume sur la langue, comme si quelqu'un lui disait qu'elle avait bien travaillé mais que bientôt, elle ne serait plus utile.
Qu'elle appartiendrait bientôt au passé. À la légende.
Une fois les blessures refermées, elle se tourna vers James qui lui avait soigné Sirius, et qui l'aidait maintenant à se relever.
''Il faut que tu nous dises ce qu'il s'est passé Sirius !'' entendit-elle James demander anxieusement à l'homme qui reprenait lentement son souffle. Malgré sa bonne forme physique, Sirius avait été pris de court. Elle voyait encore les tremblements de ses membres dus à l'adrénaline.
''James les Mangemorts ! Ils ont attaqué le Chemin de Traverse ! Par Merlin, j'étais avec Alistair, on marchait dans la rue, on était entourés par plein d'autres personnes...''
Sirius s'arrêta de parler, il avala sa salive puis se racla la gorge. ''Et puis l'homme devant nous, là juste devant nous. Vraiment à deux bras de distance ! Il a été soufflé par la première explosion ! Et après ça, je ne voyais plus rien avec la fumée, par contre j'ai entendu les cris.
J'ai attrapé le bras d'Alistair mais je ne pouvais pas laisser ces fous tuer tout le monde ! Il y avait beaucoup trop d'enfants avec leur famille ! Du coup, j'ai essayé de renvoyer le plus possible de sortilèges mais avec Alistair c'était difficile d'attaquer et de défendre en même temps. Malgré tout, je te jure James j'ai eu un de ces enfoirés ! Mon sort l'a touché en pleine poitrine. Mais son acolyte a vu que c'était moi qui l'avait lancé. J'ai essayé de lui régler son compte aussi mais quand un de ses Bombarda à fait exploser la pierre de la maison derrière nous et que les éclats ont atteint Alistair, j'ai dû transplaner, ça devenait trop dangereux.''
Il avait enfin décider de transplaner. Mais l'idée aurait été bien meilleure s'il avait transplaner avant que son fils soit touché.
Lily était agacée. Elle connaissait Sirius mais il fallait que l'homme se rende compte qu'il y avait des priorités dans la vie ! Surtout quand on a à sa charge un enfant de trois ans.
« Meilleur garde du corps de l'Angleterre ». Après James évidemment.
Dans ses rêves plutôt.
Heureusement que son fils était arrivé en un seul morceau sinon Lily n'imaginait pas ce qu'elle lui aurait fait. Ce qu'elle leur aurait fait.
D'ailleurs celui-ci n'avait pas bougé depuis son arrivée. Il était toujours assis par terre. Il regardait sa main. Elle s'approcha et la prit dans la sienne pour vérifier, peut-être avait-elle oublié quelques petites blessures.
Seulement, lorsqu'elle l'examina, elle ne vit rien. Même pas de sang ou de saletés qui auraient pu attirer l'attention.
Perplexe, elle se mit à genoux et s'adressa au garçon pour lui demander ce qui l'obnubilait à ce point mais Alistair garda les yeux sur sa main. Il ne fit même pas attention à elle.
''Alistair ? Mon ange, réponds-moi s'il te plaît.''
Mais il ne bougeait toujours pas. Lily ne comprenait pas. Lui qui était d'ordinaire si vivant, si réactif, il semblait...perdu
Elle se releva et se dirigea vers Sirius. L'homme s'était assis sur un des fauteuils du salon, il continuait probablement de raconter plus en détails l'histoire à James.
Lorsqu'il la vit, il s'arrêta dans son récit. Elle voyait qu'il pouvait sentir sa contrariété, il s'était redressé brusquement dans son siège.
''Sirius, lors de l'attaque, as-tu remarqué quelque chose d'étrange à proximité d'Alistair, quelque chose qu'il aurait pu toucher ?''
Peut-être n'y avait-il pas d'explication au comportement de son fils, mais s'il y avait une chance, elle voulait savoir. Cette attitude était bien trop inhabituelle. Même si la plupart du temps c'était un trait plus prononcé chez Harry que chez Alistair, son fils était bien trop perceptif pour ignorer son entourage à ce point. Quand elle avait regardé ses yeux, elles les a vus fixes, comme ancrés dans une scène qui se déroulait seulement dans son esprit.
''Sa main ? J'étais sur sa gauche quand on marchait. C'est laquelle dont tu me parles ?''
''La droite. Il n'en détourne pas le regard depuis que je l'ai soigné.''
''Sa main droite ?'' demanda Sirius en fronçant les sourcils. ''Non Lily, je t'avoue que je ne sais pas. Quand l'attaque a commencé, j'ai concentré mon attention sur les Mangemorts, je n'ai rien vu de …''
D'un coup, l'homme écarquilla les yeux. Elle vit une lueur de compréhension passer dans son regard avant que son visage ne se ferme. Elle comprit qu'il savait.
''Je – je suis désolé Lily. L'homme devant nous, quand on marchait, il tenait la main d'une petite fille. Je me souviens qu'elle essayait de se détacher de lui et avec son bras, elle – elle essayait de toucher Alistair.''
Cette fois-ci, ce sont ses yeux à elle qui s'écarquillèrent quand elle comprit l'informulé derrière les mots de Sirius. Elle se retourna vers son garçon, toujours assis par terre, et elle comprenait maintenant ce qu'il voyait.
La petite fille lui tendant la main, et disparaissant dans le souffle de l'explosion une seconde après.
Même si la scène avait dû se dérouler très rapidement, elle visualisait bien l'image gravée dans l'esprit de son fils. Et son cœur se serra à cette idée.
Avoir un aperçu de la mort si jeune. Si tôt.
Lorsqu'elle regarda la fenêtre, elle y vit des gouttes de pluie qui commençaient à tomber. Elle n'avait pas dû faire attention aux nuages à cause de l'opacité du ciel tout à l'heure.
Son seul espoir fut alors que comme la pluie qui allait nettoyer le sang sur les pavés du Chemin de Traverse, qui allait effacer les traces des personnes qui étaient mortes ce soir, le temps effacerait les souvenirs de l'esprit de son enfant.
Que le Soleil, qui allait se lever au matin, allait chasser la nuit et le froid, et qu'il brillerait encore longtemps sur sa famille.
Mais quand elle regarda son petit premier et qu'elle croisa ses yeux, elle sut que rien n'était moins sûr.
Voilà ! J'espère que cela vous a plu. Ce n'était que le prologue mais le machin fait quand même 7200 mots...
J'ai un peu trafiqué la timeline de Harry Potter, si vous n'avez rien remarqué tant mieux. Mais en réalité Lily et James finissent Poudlard en 1978, alors que dans cette histoire c'est en 1977. C'est pour ça qu'ils ont vingt-deux ans.
Aussi, je passe mon temps à lire des fics en anglais, donc quand j'écris les noms des persos et surtout des sorts/sortilèges, ils me viennent dans cette langue. C'est pratiquement un automatisme. J'espère que cela n'est pas trop dérangeant. Si vous voulez que je change, dites-le moi.
Charme Notice-me-not = 'ne me remarque pas', un charme qui permet de détourner l'attention des autres de l'objet concerné.
C'est ma première fic, il y aura peut-être des problèmes avec le format.
Je cherche donc une/un bêta reader. Si possible quelqu'un qui maîtrise son subjonctif imparfait parce qu'il faut croire que moi non XD. Non, en vrai, peu m'importe, j'apprécierai beaucoup l'aide dans tous les cas.
Sinon, laissez-moi une review si cela vous dit, je n'en serai que plus heureuse.
A la prochaine fois.
