ATTENTION : Cette fanfiction contient des scènes de sexe explicites entre hommes. Vanille agrémentée d'un rapport légèrement fétichiste (purement intellectuel) au shogi.

L'histoire est entièrement écrite depuis longtemps, je la publie pour apporter un peu de distraction en cette période de confinement, et se compose de cinq chapitres qui seront publiés au rythme d'un par semaine.

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Cette histoire commence pendant l'épisode 16 de la saison 2, qui correspond au chapitre 77 du volume 8. Pour info, la série est actuellement disponible sur Netflix.

Résumé : Rei Kiriyama est un jeune joueur professionnel de shogi introverti qui se bat contre la dépression. Il a longtemps été très solitaire, pour ne pas souffrir ni faire souffrir les autres. Mais depuis quelques mois, il s'est lié d'amitié avec les trois soeurs Kawamoto, Akari, Hinata et Momo qui, comme lui, ont connu des tragédies familiales. Grâce à elles, il apprend à s'ouvrir aux autres.

Après avoir gagné le tournoi des débutants, Rei a joué pour la première fois contre le Meijin Toji Soya, le meilleur joueur de shogi actuel, lors d'un match commémoratif dans la ville de Morioka. Bien qu'il ait perdu, Rei a énormément apprécié cette rencontre.

Alors qu'ils rentraient chez eux, leur train a été interrompu par un typhon à Sendai. Rei s'est alors aperçu que Soya était sourd, ce qui explique son comportement parfois bizarre. Il l'a aidé à sortir de la gare et à aller jusqu'à un hôtel où ils ont chacun pris une chambre.

Le président de l'Association de shogi Jinguji-san a alors appelé Rei, inquiet, pour prendre des nouvelles de Soya. Ils ont ensuite parlé de ce dernier, des similitudes entre son style de jeu et celui de Rei, et de la façon dont le jeune homme prend soin des autres quand ils sont en difficulté.

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Descriptions physiques : Rei Kiriyama a 18 ans, il n'est pas très grand et plutôt frêle (il ne mange pas assez), il a les cheveux noirs un peu désordonnés, les yeux verts et des grosses lunettes rectangulaires. Toji Soya a environ 35 ans mais il fait plus jeune, il est à peine plus grand que Rei, il a des cheveux gris clair et lisses, des yeux gris foncés et de fines lunettes.

Une jolie illustration se trouve à l'adresse suivante : wallpapercave (point) com (slash) w (slash) wp4088543

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Vocabulaire :

Shogi : jeu de stratégie proche des échecs. On parle aussi du shogi de quelqu'un pour désigner sa façon de jouer.

Shogiban : plateau de jeu.

Meijin : titre du vainqueur du tournoi de shogi le plus prestigieux (dans le monde réel il y en a un autre équivalent mais il n'est pas présent dans le manga). Il est utilisé soit après le nom de la personne, "Soya Meijin", soit seul, "le Mejin".

Kami : esprit, divinité.

Seiza : position assise traditionnelle, à genoux, les fesses posées sur les talons.

Suffixe -san : marque de respect, utilisée quasiment systématiquement à propos d'une personne plus âgée, soit après leur nom, soit après certains mots comme papa et maman.

Suffiche -chan : marque de familiarité, utilisée surtout entre jeunes ou à propos d'eux. Réservé à la famille et aux amis très proches.

Au Japon, il n'y a que les amis proches ou les membres d'une famille qui s'appellent par leur prénom, et encore il peut arriver que des amis s'appellent par leur noms de famille, surtout entre adultes. C'est pour cette raison que la plupart des personnages sont désignés par leur nom de famille.

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Note : Même si le terme n'est pas mentionné dans l'oeuvre d'origine, je considère qu'au moins un des personnages, Rei, est neuroatypique, probablement asperger ou AHN, car je trouve qu'il en a les caractéristiques (je suis moi-même neuroatypique). Cela a une influence sur sa façon de penser et son comportement qui paraîtront peut-être un peu trop analytiques et pas assez spontanés aux neurotypiques.

Note 2 : Je ne connais rien au shogi. J'essaye d'utiliser quelques termes que j'ai lu dans le manga ou sur Wikipédia mais il est probable que ce ne soit pas cohérent. Si vous savez jouer au shogi, vos suggestions de corrections sont les bienvenues.

Note 3 : Je n'ai pas trouvé de betalecteur/rice, je m'excuse d'avance pour les fautes et coquilles.

POV Rei.

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La nuit du typhon

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J'avais fait une sieste dans l'après-midi et je m'étais réveillé en début de soirée. Les nuages avaient été tellement sombres toute la journée qu'il n'y avait pas vraiment de différence de luminosité. Un typhon de cette intensité alors que l'automne avait commencé, c'était rare. Je sortis mes provisions pour dîner dans ma chambre.

Les paroles de Jinguji-san, le président de l'Association de Shogi, tournaient dans ma tête. J'avais toujours eu l'impression d'être mauvais pour m'occuper des autres et pourtant il m'avait qualifié de mère-poule. Quand j'avais accompagné Shimada-san à Kyoto, je l'avais aidé sans y réfléchir. C'est normal d'aider les personnes qui sont malades, non ? D'autant que Shimada-san m'accueillait dans son atelier de shogi, je lui étais redevable.

Soya-san aussi avait été en difficulté aujourd'hui. Etait-ce la même chose ? Je n'en avais pas l'impression. Quand j'étais auprès du Meijin, j'avais le sentiment qu'il m'emmenait avec lui dans son monde de perfection et se sérénité. Peut-être était-ce prétentieux, mais comme le disait Jinguji-san, j'avais, pendant notre match, senti que nous étions sur la même longueur d'onde, que nous partagions le même mode de pensée.

Découvrir qu'il souffrait de surdité discontinue m'avait surpris. Mais il avait dit à Jingi-san qu'il aimait le silence et je comprenais son point de vue : le bruit pouvait être si dérangeant. En fait je me demandais si, comme moi, il n'était pas neuroatypique. J'avais été diagnostiqué quand j'étais enfant et à l'époque j'avais fait quelques recherches sur le sujet. Les troubles de l'audition, permanents ou passagers, pouvaient faire partie des symptômes de l'autisme. Le peu de ce que j'avais perçu de lui corroborait cette hypothèse. Si nous pouvions nous comprendre sans nous parler, c'était sans doute parce que nos deux cerveaux partageaient la même divergence de fonctionnement.

J'en était à ce point de mes réflexions quand on frappa à la porte de ma chambre d'hôtel. Je me levai pour ouvrir. Soya Meijin se tenait debout dans l'embrasure et je l'invitai à entrer. Je fus un instant gêné en me rappelant que je n'étais vêtu que d'une chemisette et d'un short de pyjama avant de réaliser qu'il n'était pas plus habillé que moi.

Je le regardai d'un air interrogateur auquel il répondit :

— Excuse-moi de te déranger. Je n'ai pas pris assez à manger.

Je fus alors heureux d'en avoir acheté en excès quand nous étions passé à la supérette. Nous nous assîme par terre et je déballai les restes de mon butin. Il mangea silencieusement et je grignotai quelques fruits séchés en dessert afin de l'accompagner.

Quand il eut fini, il resta où il était et me regarda. Je savais ce qu'il attendait. Je sortis de mon sac le fin shogiban pliable que j'emmenais toujours en voyage et je disposai les pièces. Il les réarangea immédiatement. Ses mains bougeaient de façon à la fois délicate et précise. La configuration était celle d'une situation de jeu particulièrement ardu. Je compris qu'il ne me proposait pas simplement un problème à résoudre pour s'entraîner : il voulait que nous réfléchissions ensemble aux développements possibles. J'étais surpris et flatté : après tout, j'étais à une distance infinie d'atteindre son niveau.

Après un temps de réflexion, je proposai un mouvement. Il prit son menton dans une main et l'examina de son air paisible habituel avant d'hocher la tête et de lui-même déplacer son général d'argent. A première vue, cela le mettait en difficulté et il me fallut longtemps pour comprendre où il voulait en venir. Je répliquai alors.

Nous jouâme ainsi pendant une bonne heure, ramenant souvent les pièces à leurs positions antérieures afin d'explorer d'autres possibilités. Le typhon faisait toujours rage dehors mais je me sentais bien, entouré par son aura blanche de kami du shogi.

A un moment, j'abaissai avec hésitation une pièce vers le plateau quand il me saisit la main pour la rediriger doucement vers une autre case. Je me figeai de stupeur et rougis furieusement. La peau de sa main était très douce.

Ses yeux, jusque-là tournés vers le shogiban, se levèrent vers moi et se plantèrent dans les miens. Il m'examina avec calme, comme il examinait le plateau avant de jouer. Il me tenait toujours. Sa deuxième main vint rejoindre la première pour entourer la mienne et il la caressa doucement. Je sentis une vague de chaleur remuer dans mon ventre et mon souffle s'accélérer. Je ne voulais surtout pas qu'il me lâche, sinon j'allais me noyer.

C'est pourtant ce qu'il fit, replaçant ses mains sur ses genoux. Il me regardait toujours et attendait. Il me laissait l'initiative. Sans me lever, je contournai le shogiban afin de m'approcher de lui. Je ne savais pas exactement quoi faire. Imperceptiblement, il retint son souffle.

Son visage. J'avais envie de toucher son visage, si lisse qu'il semblait sans âge, et si pâle. Mais l'accepterait-il ? Je tendis la main et la posai sur sa joue. Il sourit, fermant partiellement les yeux, et il inclina la tête pour renforcer le contact entre nos deux épidermes.

Je m'approchai encore. Il leva un doigt pour m'interrompre tout en souriant. Avant que j'ais pu bafouiller des excuses, il enleva précautionneusement mes lunettes, puis les siennes, et les posa sur le shogiban. Il reposa ses mains sur ses genoux et m'invita silencieusement à reprendre là où j'en étais.

Complètement terrifié, je me penchai vers lui en fermant les yeux. Nos lèvres se rencontrèrent dans un baiser hésitant. Il entrouvrit la bouche et je sentis son haleine où persistait la saveur sucrée du beignet qu'il avait mangé un peu plus tôt. J'avais envie de le goûter. Lui aussi : je sentis la pointe de sa langue venir caresser mes lèvres. C'était doux et léger comme une danse de colibri. Ma propre langue alla à la rencontre de la sienne.

Alors que nous échangions des baisers timides, nous picorant mutuellement, il plaça délicatement ses bras autour de ma taille. Ils m'effleuraient à peine, comme si j'étais un objet précieux et fragile qu'il ne voulait pas briser. Etais-je fragile ? Sans doute, tout comme lui. Voilà pourquoi nous avancions tous les deux avec prudence.

Pour lui signifier que tout allait bien, j'enlaçai sa nuque. Ses mèches de cheveux effleuraient mes mains. Elles avaient l'air très douces, j'avais envie de les caresser. Plus tard. Mon geste l'avait encouragé et il m'attira à lui. Il était assis en seiza et nos genoux constituaient un obstacle. Je me plaçai à califourchon sur les siens.

Il brisa notre baiser et nicha son nez dans mon cou tout en me pressant contre lui. De loin, il évoquait la neige, le froid, mais son contact s'avéra tiède et agréable. Je n'entendais plus le bruit de la pluis sur la fenêtre. J'étais entré dans sa sphère de silence. Je plongeai enfin ma main dans sa chevelure, des milliers de fils de soie d'un gris hivernal. Il tressaillit à ce toucher dont il n'avait probablement pas l'habitude.

Il souleva ensuite légèrement mon t-shirt afin de caresser mon dos. Ses doigts glissaient sur ma peau, semblables à des plumes. C'était tellement étrange. Après tout, je n'avais eu que très peu de contacts physiques avec d'autres humains dans ma courte vie. J'avais envie de faire pareille, de le toucher, mais cela me semblait difficile d'atteindre la base de son t-shirt en passant par-dessus ses bras.

Finalement, après avoir caressé quelque temps le haut de son dos, je m'écartai légèrement de lui. Il releva la tête et j'aperçus pendant une fraction de seconde un air d'incompréhension dans son regard avant qu'il ne ferme à nouveau les yeux quand je posai les mains sur son torse. Je n'osais pas bouger. Ce que j'avais envie de faire ma paraissait… impudent. Comment les autres personnes arrivaient-elles à trouver l'audace d'agir dans ce genre de situation ? Soya-san se pencha pour m'embrasser à nouveau et cela me donna le courage nécessaire.

Je passai les mains sous le tissu et pu enfin toucher la peau de son ventre. C'était tout chaud. Mes doigts trouvèrent le creu de son nombril et je jouai avec. Je sentis ses muscles abdominaux se contracter. Je ne savais pas si c'était parce que cela le chatouillait ou si c'était une manifestation de plaisir. Je connaissais à peine mon propre corps alors décrypter les mouvements d'une autre personne était un véritable défi.

Je finis par conclure que ce devait être du plaisir quand il rendit notre baiser plus hardi. Nos dents s'entrochoquèrent légèrement avant que nous trouvions la position adéquate pour approfondir le contact entre nos langues. Des vagues de chaleur montaient à l'intérieur de moi. Je voulais plus. J'étais assoiffé et il était la source fraîche à laquelle je m'abreuvais.

J'enlevai son t-shirt pour embrasser son torse pâle. Mais j'eus peur d'être allé trop loin. Je relevai la tête et il me sourit.

— Oui, murmura-t-il.

Je me penchai alors à nouveau et fit courir ma langue sur sa clavicule. Quel est le goût de la neige qui scintille au soleil ? Est-ce aussi délicieusement doux ? Je dus, à regret, m'éloigner quand il entreprit de déboutonner ma chemise. Il me poussa ensuite gentiment et nous nous retrouvâmes allongés côte-à-côte sur le sol, le shogiban rejeté dans un coin de la pièce.

Je me collai contre lui et, sans vraiment m'en rendre compte, je commençai à onduler des hanches pour me frotter à lui. ses yeux s'écarquillèrent de surprise mais il ne me rejetta pas, au contraire, il ressera notre étreinte. Je réalisai alors que nos deux sexes commençaient à gonfler à l'intérieur de nos shorts et cela me fit rougir. Comment en étais-je arrivé là ?

Il sentit mes questionnements et il s'immobilisa pour me regarder dans les yeux. Il me demandait ce que je voulais faire. Je rassemblai mes esprit. Que désirais-je ? Je ne savais pas si ce que nous faisions était bien ou mal, je n'avais jamais pensé qu'une telle chose pourrait arriver un jour, mais je n'avais pas envie d'arrêter. Je hochai la tête avec détermination.

Il m'embrassa à nouveau puis enleva son short, se dévoilant à moi. Sous la lumière artificielle de la lampe d'hôtel, sa peau blanche était aveuglante. Je ne pouvais pas le laisser être le seul à être nu, c'était malaisant, alors je m'empressai de finir de me déshabiller moi aussi.

Une pensée impromptue envahit mon esprit. Nous risquions de salir le sol. Nous n'étions pas dans un love-hôtel, alors je supposai que ce serait très malpoli. Peut-être pourrions-nous aller sur le lit ? Mais il n'y avait qu'une place, l'un de nous pourrait tomber. J'eu alors une idée.

Je posai un doigt sur la poitrine de Soya-san et je lui dit, en articulant du mieux que je pouvais dans l'espoir qu'il comprenne :

— Je reviens tout de suite.

Quelques secondes plus tard je ramenai de la salle de bain quelques serviettes que j'étalai par terre. Soya-san contempla mon ouvrage et manifesta son assentiment. Rasséréné, je me rallongeai et il me rejoignit. Nous étions de nouveau enlacés et nous avions recommencé à nous caresser. Je traçai du bout des doigts la forme de ses omoplates, de sa colonnes vertébrale, tandis que lui effectuait des cercles avec l'une de ses paume dans le bas de mon dos. Son autre main se promenait sur mes flancs. Quand elle toucha mes côtes, il se releva légèrement et les regarda d'un air curieux.

— Je ne suis pas le seul qui oublie parfois de manger, dit-il avec un petit rire.

J'étais un peu gêné qu'il ait ainsi remarqué à quel point j'étais maigre. Quoi qu'il en dise, il l'était moins que moi. Mais cela n'avait pas l'air de le gêner. Je me fis la réflexion que si Akari-san nous invitait tous les deux à manger, elle préparerait de la nourriture pour un régiment dans le but de nous remplumer.

Mes pensées furent bien vite ramenées à la situation présente quand sa main descendit dans le creu de mes reins puis vers mes fesses. Mon corps entier frissonna à ce contact si intime. Je m'agrippai à ses épaules et ne pus m'empêcher de presser mon sexe contre le sien. Il laissa lui aussi échapper un halètement. Je voulais me frotter plus vite et plus fort contre lui mais notre position sur le côté ne facilitait pas les choses.

Soya-san semblait en être arrivé à la même conclusion. Il roula sur le dos en m'attirant au-dessus de lui. Je contemplai son visage lunaire. Un peu de transpiration faisait luire son front et sa respiration était rapide mais il rayonnait. Il avait été touché par la grâce des kamis et je le tenais entre mes bras, je n'arrivais pas à y croire.

Comme s'il devinait les élucubrations qui me passaient par la tête, il m'adressa un sourire indulgent et il m'attira à lui afin de mordiller mon oreille. Là aussi c'était une première pour moi. J'avais entendu dire que c'était une zone érogène, je savais maintenant que c'était vrai. Sa langue descendit ensuite dans mon cou et c'était tout aussi délicieux.

Pendant ce temps, je m'étais remis en mouvement. Mon sexe glissait contre son ventre et le sien faisait de même. J'entendais de plus en plus de gémissements mais je ne savais pas s'ils venaient de lui ou de moi.

Ses mains, après avoir exploré mon dos encore et encore, caressaient de nouveau mon postérieur. Il effleurait, dessinait des figures avec la pointe de ses doigts, chatouillait le pli entre les fesses et les jambe, zone que je découvris très sensible. Puis ses gestes se firent de plus en plus appuyés, massant et agrippant ma chair.

Tellement de sensation. Sa bouche, ses mains, nos sexes l'un contre l'autre. Tout cela me faisait tourner la tête, ma vision se troublait. Quand il se cambra pour accentuer encore la friction entre nous, j'atteins ma limite. Je m'appuyai sur mes avants-bras pour mieux enfoncer mon sexe dans son ventre et je jouis. J'avais les yeux pleins de larme tellement l'orgasme m'avait dévasté de l'intérieur.

La curiosité me poussa à me soulever afin de regarder vers le bas. Là je vis mon sperme qui souillait son corps magnifique et j'en ressentis de la honte. Pis, je m'étais égoïstement interrompu alors que lui n'était pas encore venu. Mais quand je relevai le visage vers lui, je le vis qui souriait d'un air réjoui.

Il dirigea alors sa main vers son propre sexe afin de finir ce qui était commencé. Mais je m'en emparai avant : je voulais lui donner du plaisir. Il avait sans doute vu mon visage dans l'extase, je voulais voir le sien. Il me laissa faire.

La peau soyeuse de son sexe était humide de nos fluides respectifs. Je tatonnai quelques instant pour trouver la meilleure prise et je commençai à le masturber. Bientôt, sa bouche s'entrouvrit et ses traits se crispèrent. J'eus peur de lui avoir fait mal et je voulu ralentir mais il plaça une main impérieuse sur la mienne pour que je continue. J'accélérai le mouvement, encore et encore, jusqu'à ce qu'il fût pris de soubresauts. Il arqua le dos, ouvrit grand les yeux et, dans un cri silencieux, il atteignit à son tour la jouissance. C'était sublime.

Nous étions désormais allongés côte-à-côte, en train de reprendre notre souffle. Il se tourna et posa une main sur ma poitrine tout en approchant son visage du mien pour me regarder de près.

— Est-ce que ça va ? me demanda-t-il.

— Oui, murmurais-je.

Je ne savais pas trop quoi répondre d'autre. C'était bien plus… j'étais beaucoup plus… il n'y avait pas de mots pour décrire ce que je ressentais. Le seul qui me vint fut :

— Kami…

Cela m'avait échappé dans un souffle. Il l'avait lu sur mes lèvres et cela le fit rire. C'était un son merveilleux et chaud. Je me sentais privilégié. Les personnes qui l'entendaient devaient être rares.

Il se releva avec élégance et me tendit la main pour m'aider. Nous étions poisseux de semance et la sentation n'était pas très agréable mais il m'entraina immédiatement dans la minuscule salle de bain de ma chambre d'hôtel puis dans la douche encore plus minuscule. La raison aurait dicté d'y entrer l'un après l'autre mais Soya-san ne semblait pas de cet avis.

Serrés l'un contre l'autre, nous fûmes d'abord gelés, puis ébouillantés, avant qu'il réussisse à régler la température de l'eau à la bonne température. Je me dis que la surdité n'était pas la seule responsable de sa fameuse maladresse et que ce n'était pas pour rien que Jinguji-san l'avait qualifié de "tête de linotte". Enfin, au moins, nous ne risquions pas de tomber vu le manque de place.

Il entreprit de me savonner avec entrain. Lui qui était toujours si calme, il avait un comportement presque enfantin. J'avais l'impression qu'il n'avait pas souvent l'occasion de s'amuser et qu'il en profitait. Quand il me nettoya l'aine, je sentis mon désir se réveiller. Je fus encore plus troublé quand ses doigts glissèrent entre les orbes de mon fessier. Mais la cabine de douche n'était vraiment pas un lieu adapté alors je me controlai pour faire redescendre mon érection naissante.

Je le lavai à mon tour et malgré ma résolution, je ne pus m'empêcher de le caresser à nouveau. Les gouttes d'eau qui ruisselaient sur sa peau nacrée m'hypnotisaient. Tandis que je lui frottais le dos, je déposai un baiser sous sa nuque. Il se retourna et m'embrassa à pleine bouche.

Tout ceci était tellement incongru. Mais je m'y habituais déjà et je n'avais pas envie que cela cesse. Pourtant nous sortîmes et nous nous séchâmes avec des serviettes propres - heureusement l'hôtel en fournissait en quantité suffisante. Dans la chambres, nous remîmes nos pyjamas.

Soya-san restait debout, incertain. Je lui fis signe qu'il pouvait se coucher sur le lit et il s'y rendit en titubant presque de sommeil. Je crois qu'il s'endormit à l'instant où sa tête toucha l'oreiller. J'hésitai entre m'allonger sur le sol et le rejoindre. Le lit n'était vraiment pas large. Mais je choisis quand même la première option et je me blottis contre lui sous la couverture. J'étais bien, entouré de sa douce chaleur, et le sommeil m'emporta rapidement moi aussi.

Le matin, il était parti. Je n'en étais nullement surpris : il avait des obligations qui l'attendaient. Jinguji-san m'avait dit qu'il devait préparer la 7ème manche du tournoi du gyokusho.

Arrivé à la réception je découvris qu'il avait payé la note de ma chambre. Il ne s'agissait pas d'un simple remerciement, je savais ce qu'il voulais me dire : nous avions partagé cette chambre, cela avait bien eu lieu et ce n'était pas quelque chose d'insignifiant. Nous étions appelés à nous revoir. Le monde du shogi était petit.

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