Pas à pas

Note de l'auteur: Les personnage principaux de cette fic appartiennent à Lucasfilm et Disney.

Alors je me lance cette fois dans le domaine de l'univers alternatif. C'est une première pour moi donc soyez indulgents! Cette fic est en cours d'écriture donc je posterai dès que les chapitres seront finalisés. Bonne lecture !

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Des bruits de pas précipités se firent entendre depuis le couloir et trois coups furieux retentirent bientôt contre la porte. Amylin Holdo releva la tête du mail qu'elle était en train de rédiger sur son ordinateur. Sans qu'elle ait seulement eu le temps de prononcer le mot « entrez », une petite brunette au visage poupin fit irruption dans la pièce et vint se planter, les poings sur les hanches, devant son bureau.

-Je jette l'éponge ! Ah non mais là, c'est la goutte d'eau ! J'en peux plus ! Ce type est odieux ! Ce n'est pas parce qu'il est célèbre et qu'il joue dans des blockbusters qu'il est autorisé à traiter les autres comme des chiens !

Amylin remonta du bout de l'index, les lunettes qui avaient glissé sur son nez. On était lundi matin, et elle sentait déjà la migraine s'insinuer inexorablement le long de ses tempes jusqu'à son front.

-Rose, voyons, je suis sûre que…

Mais la jeune femme ne lui laissa pas l'occasion de poursuivre.

-Au moment pile où je rentrais dans sa chambre, il a balancé son ordinateur portable contre le mur et j'ai failli le recevoir en pleine tête !

-Rose, je…

-Non, non, non, il n'y a pas de Rose qui tienne ! Snap a tenu trois jours, Kaydel cinq, et moi ça fait une semaine que je supporte sans rechigner la mauvaise humeur de Môssieur Solo ! Vous me connaissez, Amilyn, je suis quelqu'un de patient mais là, c'est trop. Il est antipathique au possible, il met de la mauvaise volonté à faire certains exercices, jamais un merci, jamais un bonjour… Je sais que Leia Organa et vous, êtes très proches, mais bon sang, son fils est un vrai crétin ! En plus, je suis épuisée. Cela fait un mois que Dopheld est parti et que je m'occupe de la moitié de ses patients ! Vous aviez dit que lui trouver un remplaçant serait un jeu d'enfant !

Voilà, le mal de tête était là, bien installé à présent. Aussi, la quinquagénaire aux cheveux mauves et au tailleur impeccable soupira longuement en pinçant les lèvres.

-Rose, je le sais et je suis désolée. Je me suis trompée, trouver quelqu'un de vraiment compétent et fiable s'avère être plus compliqué que prévu.

La petite brune leva les yeux au ciel et vint poser les deux mains à plat sur le bureau de sa supérieure. Amylin aimait beaucoup Rose. C'était une jeune femme compétente, honnête, passionnée par son métier et qui avait le cœur sur la main.

-Vous et moi savons très bien quelle serait la solution à notre problème, docteur Holdo. Vous devez essayer de convaincre Rey à nouveau.

-Ce n'est pas si facile, Rose.

-Oh si ça l'est. Allez la voir. Parlez-lui. C'est vous la psy après tout.

-Et vous êtes sa meilleure amie…

Ce fut à présent au tour de Rose de soupirer.

-Mais c'est vis-à-vis de vous qu'elle se sent coupable. Et malgré tout ce que Poe, Kaydel et moi avons pu lui dire, elle est rongée par la culpabilité, même si ce qui s'est passé n'est, en aucun cas, de sa faute.

-Bien sûr qu'elle n'y est pour rien ! Je le lui ai répété des centaines de fois. Nous devons lui laisser le temps de…

-ça fait quatre mois, Amylin ! Rey est la meilleure kinésithérapeute que je connaisse. Elle doit revenir travailler ici. Pour son bien et pour celui du service.

Rose avait raison. Holdo en était tout à fait consciente.

-OK, je vais retourner la voir.

Le visage rond de la jeune asiatique se para enfin d'un grand sourire.

-Parfait ! En attendant, il est hors de question que je nettoie le bazar qu'a mis Kylo Ren dans sa chambre, claironna-t-elle en sortant d'un pas joyeux du bureau de la directrice.

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La clinique privée Westwood était un des établissements de soins les plus prestigieux du Connecticut, avec un service de chirurgie esthétique et d'addictologie réputés. Le centre comprenait aussi un pôle de rééducation motrice et d'orthopédie. Amylin Holdo, la fondatrice et psychologue de formation, avait utilisé la fortune familiale pour créer cet endroit fréquenté essentiellement par des patients au portefeuille bien garni. Stars de cinéma, politiciens, sportifs de haut-niveau, grands patrons, tout ce joli monde appréciait la discrétion et la qualité des soins prodigués dans les locaux high-techs et sécurisés de la clinique. Les bâtiments ultra-modernes s'élevaient au milieu d'un parc arboré de cinq hectares à une dizaine de kilomètres de Greenwich. Et même si les liftings, les liposuccions et les rhinoplasties constituaient la majorité des interventions pratiquées sur les riches New-Yorkaises, – et donc les principales rentrées d'argent- de nombreux donateurs et amis d'Amylin avaient souscrit à son projet de proposer consultations gratuites à des patients défavorisés. C'est pour cela qu'un nouveau dispensaire venait d'être créé au Brookdale Hospital Medical Center au cœur de la ville de New York, dans lequel se relayaient bénévolement les différents praticiens officiant à la clinique.

-OK, Charlie, tu peux assurer la garde de Kaydel à l'hôpital demain, tu es sûr ?

Amylin roulait au pas sur l'allée parsemée d'ornières menant à la propriété de Maz. Au bout de deux heures et demi de trajet, elle était passé devant un panneau rouge et blanc à la sortie de la petite ville de Delmar indiquant que le haras Kanata n'était plus qu'à un kilomètre sur la gauche.

-Super, merci beaucoup Charlie, tu es un amour. Embrasse Marjory et les enfants pour moi. A bientôt, conclut-elle avant de couper la communication sur l'oreillette de son kit main-libres.

Le ciel était gris et menaçant. Il avait cessé de pleuvoir mais Amylin sentait que l'accalmie n'allait pas durer. Elle gara son SUV devant la maison et aperçut Maz qui s'avançait déjà sous le porche.

-Eh merde ! jura-t-elle alors qu'en descendant de voiture, son talon s'enfonçait de cinq bons centimètres dans le sol boueux.

Quelle idée de quitter la clinique et de venir ici sans même repasser par son appartement pour se changer ! Sa paire de Louboutin toute neuve était fichue. Qu'importe. Récupérer Rey était plus important que toutes les paires d'escarpins de luxe de la Terre.

Elle progressa péniblement jusqu'à la maison en évitant les flaques et la gadoue et parvint tant bien que mal à rejoindre Maz sous la véranda.

-Joli tailleur, se moqua la petite femme derrière ses immenses lunettes.

-Ravie de te revoir aussi, Maz, répondit Amilyn en tentant désespérément de se débarrasser de la boue collée à ses semelles. Désolée pour ton plancher…

-Oh t'inquiète ! lâcha la grand-mère en tendant à présent les bras vers la nouvelle venue.

Les deux amies s'étreignirent et Maz proposa à Amylin de troquer ses talons-hauts contre une paire de bottes en caoutchouc.

-Tu viens encore pour tenter de convaincre Rey, n'est-ce pas ? demanda-t-elle tandis que la psychologue finissait d'enfiler le pied gauche.

-Elle est là ?

-Aux écuries. Elle examine notre nouvelle acquisition.

Amylin baissa les yeux, soudain hésitante, et Maz s'empressa d'ajouter.

-J'ai essayé de lui parler moi aussi, tu sais. Je vois très bien que son travail à la clinique lui manque. Elle nous assure qu'elle est parfaitement heureuse de rester ici au haras pour s'occuper des chevaux. Mais elle ne trompe personne et surtout pas moi.

-Tu penses qu'elle est prête à m'écouter aujourd'hui ?

-Quand tu es venue il y a trois mois de cela, tout était encore trop frais. Elle va un peu mieux maintenant. Ça peut marcher.

Amylin se releva en lissant sa jupe crayon et en affichant désormais une mine résolue. Maz ne put réprimer un petit gloussement face à la dégaine improbable de son amie en tailleur Chanel et bottes de pluie. Cette dernière réussit par miracle à descendre l'escalier de la maison sans trébucher et se dirigea sans attendre vers la grange principale.

La psychologue salua un des ouvriers en train de balayer l'entrée du bâtiment et ce dernier lui indiqua que Rey se trouvait dans le dernier boxe sur la droite. Elle se dirigea donc au fond du hangar et découvrit la jeune femme accroupie dans la paille en train de palper le genou d'une splendide pouliche alezane. Elle arborait, comme à son habitude, ses trois petits chignons à l'arrière de la tête et Amylin s'appuya contre le chambranle pour la regarder faire d'un air attendri.

Rey appuyait tout doucement sur les muscles de l'animal en lui murmurant doucement « ça va aller, BB, tout doux… ». Puis la jeune femme s'aperçut enfin que quelqu'un l'observait.

-Amylin ? s'exclama-t-elle, surprise, en se retournant. Puis elle se releva, épousseta son pantalon alla rejoindre la psychologue devant le boxe.

-Bonjour ma belle, répondit la doctoresse en l'entourant de ses bras pour la serrer contre elle.

-Désolée, fit Rey en s'écartant vite et en désignant ensuite sa tenue de travail, je suis un peu crado.

-Pas de soucis, au point où j'en suis…

Rey la détailla alors de la tête aux pieds, remarqua les bottes en caoutchouc vertes et se mordit la lèvre pour ne pas rire.

-Dis donc, je trouve cette paire de Jimmy Choo très…tendance.

-C'est bon, c'est bon, fit Amylin en levant les yeux au ciel, ta grand-mère s'est déjà bien fichue de moi à mon arrivée.

-Oh, je n'en doute pas une seconde. Alors dis-moi, comment tu vas ?

-Bien, bien…Et toi ?

-Comme tu le vois, je m'occupe des chevaux, répondit Rey en refermant la porte du boxe.

Elle passa ensuite devant son amie pour se diriger vers une petite armoire, l'ouvrir et y déposer ses gants.

La psychologue ne devait pas laisser le silence s'installer. Il fallait entrer dans le vif du sujet et vite, mais sans brusquer ni braquer la jeune femme. Elle allait finalement se lancer quand, contre toute attente, Rey ajouta :

-Rose m'a dit que la clinique marchait bien en ce moment ?

Le ton se voulait détaché mais Maz avait raison au sujet de sa petite-fille ; le boulot lui manquait.

-En fait nous sommes totalement débordés, rétorqua Amylin. Kaydel a démarré son congé maternité la semaine dernière, Dopheld est retourné vivre au Canada et du coup, avec deux kinés en moins, Rose et Snap se retrouvent avec le double de travail à faire.

Rey se contenta de hocher la tête sans dire un mot. Elle évitait toujours de croiser le regard de son amie et s'était mise à déplier et replier des couvertures qui étaient parfaitement rangées au départ sur une des étagères de l'armoire.

-Et j'ai beaucoup de mal à trouver des remplaçants, s'empressa d'ajouter Amylin.

-Je vois.

-Le dispensaire fonctionne bien lui aussi. Nous avons énormément de patients et l'hôpital va peut-être nous permettre de nous agrandir. Là aussi il va falloir trouver des gens pour assurer les gardes.

Les doigts de Rey se crispèrent soudain sur un tartan bleu et vert.

-Amylin…

-Oh et Ethan a essayé sa nouvelle prothèse hier. Cet enfant est fantastique. Il a fait des progrès remarquables mais il continue à te réclamer tous les jours.

-Amylin…soupira à nouveau la jeune femme.

-Rey, j'ai besoin de toi, lâcha enfin la quinquagénaire. S'il te plaît. Il faut que tu reviennes. On a TOUS besoin de toi. Tu es une kinésithérapeute merveilleuse. Tu fais des miracles. Je ne doute pas une seule seconde que les chevaux de ta grand-mère sont extrêmement chanceux de t'avoir, mais tu sais très bien que ta place n'est pas ici.

Rey daigna enfin relever la tête vers elle. Elle avait les yeux humides et ses lèvres tremblaient imperceptiblement.

-Je vais passer un diplôme de physiothérapie équine. Je suis en train de préparer l'examen.

Elle avait beau faire tous les efforts du monde pour paraître convaincante, ses mots sonnaient creux. Il n'y avait aucun enthousiasme dans sa voix et Amylin ne put retenir un sourire triste.

-Rey…tu as toujours voulu travailler avec les gens, pas les chevaux.

La jeune femme essuya alors la traînée d'eau salée qui venait de couler sur sa joue d'un revers de la main.

-On va parler un peu toutes les deux d'accord ? murmura Amylin, qui s'était avancée vers elle et caressait à présent son bras pour la réconforter. J'ai toute la soirée devant moi, je commence à trouver ses bottes très confortables et je meurs d'envie que ta grand-mère me prépare son fameux chili. Tu crois que je peux rester dîner ?

Rey lâcha un hoquet amusé et hocha la tête en reniflant. Amylin passa un bras autour de ses épaules et les deux femmes se dirigèrent ensemble vers la maison.

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