GENRE : Un One-Shot, un drabble, romance. Post-Deuxième guerre.
RATING : T
PAIRING : Fred Weasley / Hermione Granger ( Fremione )
« Je t'ai dit que c'était du crin de licorne, TROIS crins de licornes, plus précisément, que tu devais mettre dans la potion. POURQUOI tu as mis une griffe de boutefeu chinois? »
« Parce que c'est ce que je croyais que tu me disais de faire! »
« EN QUOI, LES MOTS «CRIN DE LICORNE» ET «GRIFFE» SE RESSEMBLENT? »
« T'as fini de gueuler, oui? »
Fred roula des yeux, descendant les escaliers en poussant un soupir, n'accordant même pas un regard pour Hermione qui le suivait, rouge de colère. Depuis que leur chaudron avait explosé – par chance, les effets de la potion avaient été neutralisé très rapidement par Slughorn – la préfète-en-chef n'avait cessé de souligner l'idiotie du jumeau.
La plupart des professeurs du collège de Poudlard éprouvait beaucoup de difficulté à gérer leur classe de septième année : ces dernières avaient pratiquement toutes doublées en nombre d'élèves, dû au retour de plusieurs élèves. Certains enseignants, comme Horace Slughorn, avait en plus l'harassante difficulté d'enseigner à une classe qui comptait quatre Weasley. Il était constamment en train de créer de nouveaux binômes, vaine tentative afin de faire régner l'ordre dans sa classe.
Il avait commencé son cours, ce matin, en annonçant les nouveaux changements, qui commençaient à être plus difficile à effectuer, au fil des semaines qui passaient. Ainsi, Fred s'était retrouvée avec une Hermione, furieuse, craignant – à juste titre que le jeune homme ne prendrait pas au sérieux le cours.
« À cause de toi, j'ai raté ma potion! Je vais me retrouver avec un D! JE N'AI JAMAIS EU DE D. »
« Si t'as un D, je vais en avoir un, aussi, et est-ce que je hurle? Non! »
Elle commençait sérieusement à l'agacer. Hermione n'avait même pas remarqué les nombreux regards qui se posaient sur eux, face à leur dispute. Et ce n'était pas comme si c'était la première.
« Tu n'as que ça des Désolants et des Trolls, ça ne fera pas changement! »
Hermione tapa du pied, sous le dégoût que lui inspirait la crétinerie que pouvait faire preuve le rouquin devant elle, avant de fusiller le dos du jeune homme, pour une énième fois, n'ayant pas le loisir de voir son visage.
Le jeune homme termina de dévaler les escaliers, arrivant ainsi au rez-de-chaussée et secoua la tête. Bien qu'il savait que c'était principalement l'anxiété d'Hermione face à ses notes qui parlaient, il commençait à prendre personnel ses propos.
Pourtant, Fred et Hermione s'étaient beaucoup rapprochés au cours de l'été, la jeune femme l'ayant veillé lorsqu'il s'était retrouvé à Ste-Mangouste, à la suite de ses blessures subies durant la bataille de Poudlard, et ensuite elle lui avait tenu compagnie quand il avait été cloué dans son lit. Rapidement, une complicité s'était tissée entre eux et ils avaient appris à se connaître, hors des considérations qu'ils avaient toujours eu, l'un pour l'autre : la meilleure amie trop sérieuse de son petit frère et l'un des jumeaux trop farceur de la famille Weasley.
Plus l'été avançait, plus que Fred commençait à vraiment apprécié la meilleure amie de son petit frère. Et rapidement, deux formes de communication s'installa entre eux : l'ironie et la dispute. Bien sûr, c'était sans oublier, les remarques qui se voulaient séduisantes de Fred et la sollicitude habituelle d'Hermione.
George s'était chargé de faire remarquer à son frère ses agissements, ce qui l'avait confronté sur les sentiments qui commençaient à développer à l'égard de la lionne. Il n'avait pas l'habitude de devoir séduire une fille comme Hermione. Et, définitivement, il s'y prenait mal (selon son jumeau).
Ce dernier, lui avait nommé, pas plus tard qu'hier, qu'il devait arrêter d'essayer de séduire Hermione avec cette piètre tactique – celle du gamin qui tirait les cheveux d'une fille pour pouvoir attirer son attention. Il fallait être aveugle pour comprendre que la préfète-en-chef entrait dans le jeu de Fred et qu'aucun des deux ne faisaient un mouvement vers l'autre, par orgueil.
Fred ralentit le pas, comme s'il voulait, ainsi, qu'elle le rattrape. Ce qu'elle fit, se plaçant à côté de lui, la bouche pincée, toujours furieuse. Il lui lança un regard moqueur, avant d'enrouler son bras autour de sa taille fine.
« Hermignonne, ce n'est pas une potion ratée qui va te faire rater tes ASPICs. Redescends de tes hippogriffes! »
« Lâche-moi! Lâcha-t-elle, tâchant de s'échapper de son emprise. Ce n'est pas parce que tu te fous de tes ASPIC que c'est la même chose pour tout le monde! »
« Sérieux, Granger, tu fais exprès pour être aussi emmerdante, ce matin? »
Sa mâchoire se contracta face au ressentiment qui l'envahissait. Le jumeau détestait qu'on voie seulement chez eux leur propension à la blague : Fred et George avaient seulement une intelligence qui ne cadrait pas avec la manière qu'on enseignait. Il fallait être sacrément intelligent, après tout, pour mettre au point des inventions, aussi, merveilleuses. Hermione, le savait et le reconnaissait, mais par orgueil le dépassa et entra dans la Grande Salle, sans s'excuser et reconnaître ses torts.
Ils rejoignirent leurs amis, s'assoyant à leur place habituelle, bien décidé à s'ignorer chacun de leur côté. La jeune femme écouta d'une oreille distraite la conversation qui se concentrait sur le Quidditch et sorti un livre de son sac qu'elle entreprit la lecture, en même temps de manger le morceau de quiche aux épinards dans son assiette.
« Alors, Herminione, comment tu gères ta première potion complètement ratée? » demanda George, terriblement amusé par la situation.
L'interpellée releva la tête de son livre, le temps de lui jeter un regard courroucé. Elle s'abstint de commenter et se versa du jus de citrouille dans le gobelet posé devant son assiette.
« À ce que je vois, très mal. » répondit-il en éclatant de rire.
« Tellement mal, qu'elle a passé son temps à insulter mon intelligence. » lança Fred, en roulant des yeux. « Comme si c'était juste de ma faute. »
« Ce qui est le cas. » contra-t-elle, du bout des lèvres. « Tu es pathologiquement imbécile, Fred Weasley. »
Un énième échange de regards noirs.
La mâchoire de Fred se contracta, alors qu'Harry et Ron lâchèrent un rire devant la situation, qui était devenue habituelle. Ginny posa une main sur l'avant-bras de son petit-ami, voulant lui faire comprendre que ce n'était pas du tout le moment de rire.
« On peut changer de sujet? » s'exaspéra Ron, qui était tout de même ravi de ne plus être celui qui subissait le courroux d'Hermione. « Ce n'est pas que le sujet est inintéressant, mais... En fait, oui! Il l'est! Complètement! »
Sa sœur se pencha vers lui pour le frapper derrière la tête et il se plaignit, aussitôt. Ces deux-là étaient décidés à aggraver la situation, ou quoi?
« Ce n'est pas parce que je ne suis pas toujours en train de lire des briques, comme tu le fais, que je suis un abruti! » s'opposa Fred, qui ne prit pas en considération le commentaire de son frère.
« Ah oui? » dit Hermione, qui fit mine d'être étonnée. « Tu devrais le montrer au monde entier, dans ce cas! Et arrêtez de faire rater les potions des autres! »
George, bien décidé à profiter de la situation, se frottant les mains comme s'il préparait un plan machiavélique :
« Pour qu'on clore le sujet, je vous suggère un petit défi! »
Ainsi, le défi fut lancé.
Il était bien simple, et Hermione était certaine de le remporter. Ce serait même du gâteau. Fred suivait trois cours, ayant obtenu que trois BUSE : métamorphose, potion et défense contre les forces du mal. Ainsi, ils avaient convenu que celui qui obtiendrait les meilleures notes dans les deux prochains devoirs de chacune de ces matières gagnerait le défi.
Hermione avait profité de cette occasion pour assouvir son rôle de préfète-en-chef, de cette manière si c'était elle, qui gagnait, et elle était certaine de son coup, les jumeaux ne pourraient plus vendre leurs inventions dans Poudlard. Or, si Fred remportait ce défi, elle allait devoir accepter d'être sa petite-amie pendant une journée complète.
Que le meilleur gagne.
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« T'es sûr de toi, Gred? »
Les jumeaux avaient profité de leur après-midi de libre pour travailler dans leur dortoir sur une nouvelle pastille qu'ils incluraient dans leur boîte à flemme, une fois qu'ils auraient assez d'argent pour mettre en place une nouvelle boutique. Elle consistait, globalement, à recréer les symptômes de la dragoncelle.
À la fin avril 1998, une grande partie du Chemin de Traverse avait été détruit lorsqu'un dragon, un Pansedefer Ukrainien, avait surgit de Gringotts. Une autre avait subi la rage de Voldemort lorsqu'il réalisa que la coupe d'Helga Poufsouffle avait été enlevée du coffre-fort de Bellatrix Lestranges. Le magasin de Fred et George n'avait pas survécu à ces deux événements et rien n'avait pu être récupéré après le passage du dragon et du Seigneur des ténèbres.
Après la fin de la guerre, les deux frères avaient pris la décision de retourner à Poudlard, terminer leurs ASPIC, au grand plaisir de leur mère. Ils avaient décidé, sous conseil de Lee, qui avait une carrière dans la finance, de placer le reste de leur argent dans des investissements afin qu'ils fructifient. En attendant, ils avaient pris la décision de retourner compléter leur septième année.
Fred éclata de rire pendant qu'ils annotaient les ingrédients utilisés dans leur invention, jusqu'ici.
« Aussi sûr qu'un Bertie Crochue au citron! » déclara Fred.
« J'espère, parce que je n'ai pas envie de perdre la majorité de notre clientèle. »
« Et moi, j'ai bien envie de voir ce que ça fait avoir notre rat de laboratoire préféré comme petite amie. »
« Tu ne peux pas essayer de la séduire comme une personne normale? Comme lui amener des chocolats, des fleurs? C'est trop simple pour toi? »
George râlait, mais son jumeau n'y fit pas attention. Fred afficha un sourire goguenard.
« Ce n'est pas ça. Tu oublies qu'Hermignonne n'est pas une personne normale. Tu la vois s'extasier sur des chocolats ou des fleurs? Et, j'ai envie de lui prouver que je suis aussi intelligent qu'elle. »
Il voulait lui prouver, d'une certaine manière, qu'il était, en réalité, digne d'elle. George lui frappa gentiment le bras.
« En attendant, t'as intérêt à faire ton devoir de défense, de demain, Roméo! »
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Hermione fut rapidement prise au dépourvu par ce maudit défi.
Elle pesta contre elle-même. Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter un tel défi, par Godric! Fichu orgueil!
Au début, la jeune femme avait cru gagné sans aucune difficulté : elle n'avait perdu que deux points dans le devoir de défense contre le mal qui leur fût remis, quelques jours plus tard. Avec surprise, elle avait blêmi lorsqu'elle avait vu le résultat de celui de métamorphose et elle était devenue livide quand celui de potions tomba.
Comment avait-il fait?
Depuis sa première année, Hermione Granger était habituée à obtenir la meilleure note dans chacune des matières suivies, sauf peut-être en défense contre les forces du mal, où Harry la surpassait. Là, en plus d'être en train de perdre lamentablement ce maudit défi – de malheur – elle perdait, aussi, sa réputation de première de classe.
La préfète-en-chef entra dans la classe de métamorphose, Fred sur les talons. Deux semaines étaient passées depuis que le défi avait été lancé et chacun savait qu'aujourd'hui, ils obtiendraient le résultat du second devoir de métamorphose. Le jeune homme prit place à côté d'elle, alors qu'elle fit une grimace – surtout pour la forme. Elle sortit ses outils de travail, les posant soigneusement sur le bureau, comme si sa plume, son encrier et ses livres avaient une place prédéterminée.
Le jumeau la regarda faire, se questionnant réellement, sur les raisons qui l'amenaient à faire tout ce travail pour obtenir son attention. Elle était obsessive, sérieuse, pointilleuse. Toutes des choses, qu'il n'était pas. Cependant, le jeune homme ne pouvait s'empêcher d'aimer ces caractéristiques chez elle. George lui avait même fait remarqué, qu'il ne portait même plus attention aux autres filles qui pouffaient de rire – comme des idiotes, à son avis – sur le passage des célèbres jumeaux, tellement elle accaparait son attention.
Pourquoi voudrait-il d'une idiote, s'il pouvait avoir Hermione Granger?
Elle se tourna vers lui, les sourcils froncés.
« Weasley, arrête de me regarder. »
« Tu ne peux pas m'empêcher d'admirer ma future petite-amie en train de placer obsessivement ses livres. »
« Arrête ça. Tout. De. Suite. » grinça-t-elle, de mauvaise humeur.
Le rouquin rapprocha sa chaise de la sienne et poussa du bout de l'index son livre de métamorphose pour qu'il se déplace, exactement, de trois centimètres. Il lui fit un grand sourire, passant son bras autour de sa taille, caressant du bout des doigts le flanc gauche de la jeune femme, à travers sa chemise ce qui la fit frissonner, sans qu'elle puisse s'en empêcher. Les joues d'Hermione rosirent.
« J'aime tellement te regarder faire ça. Tu es tellement mignonne quand tu as ton petit air décidé. »
« FRED! »
« Hermignonne? »
Sous son air railleur, elle échappa un soupir rageur avant de repositionner le livre, sous le regard moqueur de Fred.
« Tu es vraiment un abruti. »
« Oh, Hermignonne, toi aussi tu es irrésistible. » Il remonta sa main, pour détacher le chignon qu'elle avait fait.
« Hé! » lâcha-t-elle en faisant mine de récupérer son élastique, un peu perdue par les agissements du roux.
« T'as l'air d'une lionne comme ça. » commenta-t-il avec un air charmeur, rendant l'épiderme de la jeune femme rouge cerise. « T'es vraiment belle. »
Il lui fit un clin d'œil, enlevant son bras autour de sa taille et se reculant légèrement, tout en jouant avec son élastique. Satisfait, Fred observa les réactions physiologiques de la jeune femme. Il devait se faire confiance, Hermione réagissait au quart de tour quand il s'agissait de lui, alors qu'elle faisait peu de cas d'une autre personne. Il l'avait bien remarqué, lorsque Seamus avait passé son bras autour de ses épaules, ce midi, en racontant une histoire. Geste, qui avait déclenché un pincement de jalousie dans le ventre de Fred. Par chance, pour son sang-froid, la brune l'avait doucement, mais fermement, repoussé.
McGonagall interrompit le fil de ses pensées, en commençant le cours. Il jouait toujours avec l'élastique d'Hermione dans sa main gauche, alors que Fred remarquait qu'elle lui jetait des regards, probablement insatisfaite de ne pas pouvoir attacher sa tignasse. Puis, la directrice des Gryffondors annonça la remise des devoirs, ce qui les fit trépigner sur leur chaise. Quand la professeure atteignit leurs deux bureaux, elle l'observa par-dessus ses lunettes.
« Eh bien, Miss Granger, vous devriez plus souvent lancer des défis à Monsieur Weasley. » lâcha la professeure, avec ironie. « Deux Optimales de suite, Monsieur Weasley, dois-je annoter cette réussite dans les annales ou vous commencez à prendre plus au sérieux votre scolarité? »
« Oh Professeur, ne vous donnez pas cette peine. Une cérémonie pour souligner mes mérites sera suffisant. » rétorqua-t-il, ce qui lui valu un regard noir de la part de McGonagall.
Hermione déglutit, se rendant compte de la portée des mots de McGonagall : dans un premier temps, les professeurs connaissaient leur défi et dans un second temps, cela voulait dire que Fred avait, encore, performer.
Ce dernier prit le parchemin que lui tendit McGonagall et lui renvoya un sourire éclatant, voyant le O rouge vif écrit sur son parchemin. Il se pencha vers Hermione pour apercevoir le parchemin, la mettre lettre sur son parchemin.
Ils étaient à égalité. Tout comme, ils étaient à égalité dans leur défi.
Elle avait obtenu une meilleure note que lui dans les deux cours de défense contre les forces du mal, alors que lui l'avait surpassé dans les premiers devoirs de potions et de métamorphose.
Les paris restaient ouverts, jusqu'à demain, où ils recevraient les résultats de leur devoir de potion.
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QUOI? Elle fulminait de rage assise sur sa chaise. Ses coudes appuyés sur la paillasse que Fred et Hermione partageaient toujours, en potion, elle préféra ne pas le regarder, fixant – avec toute la dignité qui lui restait – le tableau, devant elle.
Comment avait-il fait pour gagner? Il devait avoir triché.
Il avait triché.
Ça ne pouvait pas être autrement.
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« Tu es tellement de mauvaise foi, ma belle. »
Hermione ragea lorsqu'elle sentit une envolée de papillons venir prendre possession de son estomac, quand il l'appela ma belle.
« Ne m'appelle pas comme ça. »
« Mon cœur? Mon amour? Ma petite fleur? Qu'est-ce que tu préfères? Après tout, demain tu seras ma petite-amie pour la journée complète. »
Fred fanfaronna, face à elle, assis à la table des Gryffondors dans la Grande Salle. La jeune femme lui envoya un regard noir, ayant une envie particulière de le frapper. Hermione pencha la tête vers l'arrière, échappant un petit gémissement qui ressemblait à une supplique de découragement.
« Tu es la personne la plus énervante que je connaisse. »
« Que veux-tu, j'ai eu des meilleures notes que Madame-Parfaite et en plus, j'ai gagné un défi, c'est sûr que je suis heureux. »
Son sourire éclatant lui donna l'impression qu'elle était en train de perdre tous ses moyens et lui fit l'effet d'une bombe en plein cœur. Elle détestait d'avoir perdu et plus encore, elle détestait qu'il ait cet effet sur elle.
Il lui fit un clin d'œil. Fred se leva pour monter sur sa chaise.
« FRED WEASLEY REDESCEND DE TA CHAISE, TOUT DE SUITE. » s'écria furieusement Hermione.
Sans aucun étonnement, le roux ne l'écouta pas une seconde et posa ses mains autour de sa bouche, comme s'il voulait avoir un porte-voix. Déjà, que la plupart des regards dans la Grande Salle affluaient vers lui, en plus du petit cri de désespoir d'Hermione.
« Excusez-moi, messieurs dames, gens de Poudlard. » cria-t-il, fort. « Je tiens à vous préciser, si vous ne le saviez pas déjà, j'ai eu trois meilleures notes qu'Hermione Granger! » Fred fit une pause. « Hermignonne. » Il se tourna vers elle. « J'espère que t'es prête à être ma petite-amie d'une journée. »
Sur ces mots, il fit une petite révérence, faisant rire la plupart des personnes présentes et reçu un énième regard meurtrier de la part de la préfète-en-chef.
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La jeune femme s'arrêta net, lorsqu'elle aperçut Fred appuyé contre le mur, devant la porte menant aux chambres des préfets-en-chef. Le jeune homme était bien décidé à lui prouver qu'ils étaient faits pour être ensemble, sans toutefois oublier son côté exubérant.
Le rouquin l'observa, son sourire s'agrandit lorsqu'il vit qu'elle avait coiffé ses cheveux de manière à qu'ils soient détachés. Est-ce que c'était fait exprès? Bordel, cette fille arrivait toujours à le surprendre et il adorait ça. Fred prit sa main, ses doigts vinrent croiser les siens, naturellement. Ils commencèrent à marcher vers la Grande Salle, mais Hermione tira son bras pour le freiner. Elle l'observa, sourcils froncés.
« Fred. » chuchota-t-elle, mal à l'aise. « Je ne veux pas que tu, que nous... » Elle se gratta l'arrière de la tête. « Je ne veux pas, tu comprends, qu'on... Que nous... »
« Tu ne veux pas qu'on s'embrasse? » devina-t-il.
La préfète hocha la tête, alors que le roux se sentit fondre face à la jeune femme qu'il trouvait complètement mignonne en ce moment. Elle ne pouvait pas mieux porter son éternel surnom d'Hermignonne, à ses yeux.
« Si un jour, on s'embrasse Hermione, et je suis certain que tu t'apercevras que ça devrait arriver bientôt, ce sera parce que tu le souhaites et pas parce que je t'ai forcée à faire semblant d'être ma petite-amie. » dit-il, confiant.
Après tout, le but du défi, pour Fred était surtout, lui souligner qu'ils avaient du potentiel, ensemble.
Ses propos firent écarquiller les yeux de la Gryffondor, un sourire s'afficha sur les lèvres du farceur, qui pour lui, était évident qu'il venait de percuter quelque chose chez la jeune femme, bien qu'il ne savait pas quoi exactement.
Touché-coulé.
« Donc. » reprit-il, l'œil pétillant de malice. « J'étais sérieux, hier. Qu'est-ce que tu préfères comme surnom? »
« Peu importe ce que je vais dire, tu vas en faire juste à ta tête, Freddie. » capitula-t-elle, ses joues rougirent à l'utilisation du surnom.
Fred la regarda en coin. Il aimait bien comment sonnait le surnom dans sa bouche. Par Merlin, qu'il aimait son caractère, sa répartie, sa façon de le prendre toujours au dépourvu, elle.
« Tu as raison. » acquiesça le jeune homme, en riant. « Ce sera, alors... Hm, je dirais... Arf, ma lionne. Surtout, avec tes cheveux comme ça. »
« Ok. » dit-elle, l'œil brillant, amusé.
Hermione eut un air mutin qui, provoqua des saltos à l'estomac de Fred, et elle se releva sur la pointe de ses pieds pour venir poser un baiser sur sa joue, garnie d'une petite barbe de quelques jours.
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La Gryffondor se rendit rapidement compte qu'être la petite-amie d'une journée de Fred Weasley n'était pas si difficile. En réalité, Hermione se demandait – presque – pourquoi elle avait autant été amère, la veille, d'avoir perdu le défi. Sa réaction n'avait été que dictée par son orgueil et sa propension à détester être deuxième dans quoi que ce soit.
Ils étaient arrivés, ensemble, dans la Grande Salle, main dans la main sous les regards amusés de tout le monde – et surtout d'Harry, de Ron, de Ginny et de George. Les quatre trouvaient que leur couple était une évidence et ils avaient seulement hâte de savoir s'ils allaient autant se chamailler en couple qu'ils pouvaient le faire, amis.
Ça allait rendre l'atmosphère, chez les Gryffondors, beaucoup plus calme.
Et, toute la journée, leurs amis sourirent, amusés, en les observant. Ils étaient si complémentaires!
Pendant leur petit-déjeuner, Hermione avait mangé un croissant, tout en faisant ses mots croisés, comme à son habitude. Fred, avait enroulé son bras, comme il le faisait toujours pour avoir son attention, autour de sa taille, parlant avec George. Parfois, il jetait des coups d'œil à la jeune femme pour simplement lui dire des âneries pour la déconcentrer, la faisant rire. Ensuite, il l'avait accompagnée jusqu'à son cours d'arithmancie et, lorsqu'ils se séparèrent, elle lui avait demandé s'il allait être là, lorsqu'elle finirait, ce à quoi tout étonné par sa demande, il avait acquiescé. La jeune femme, rouge de gêne, lui avait donné un baiser sur sa joue avant de s'enfuir dans la salle de cours.
Ils avaient discuté de cette matière à laquelle, Fred ne comprenait pas grand-chose, quand il était venu la rejoindre où ils se rendirent dans leur cours de défense contre les forces du mal. Ils ne s'étaient pas assis ensemble, mais les pensées de la brune n'avaient, sans cesse, tourner en la direction du roux assis plus loin.
Ainsi, pour la première fois, Hermione fut complètement distraite des propos du professeur Rogue, qui avait repris l'enseignement de cette matière. Elle pensa à tous les points qui différenciaient Fred de George et comment elle appréciait davantage le premier. La chauve-souris des cachots l'avait rapidement ramené à l'ordre en la priant, devant toute la classe de cesser de soupirer d'amour pour Monsieur Weasley.
Si elle avait pu, la jeune femme aurait apprécié pouvoir s'enterrer vivante.
Sans surprise, la Gryffondor avait passé l'heure du déjeuner à la bibliothèque, seule, où Fred était venu la rejoindre, après une quarantaine de minutes, lui demandant si elle avait mangé. Il l'avait pratiquement contrainte de force à abandonner ses livres pour qu'elle aille se nourrir, arguant qu'elle allait tomber dans les pommes, vu son cerveau qui fonctionnait à plein régime, tout le temps.
L'après-midi s'était déroulé de la même manière que la matinée. Lorsqu'elle sorti de son cours de botanique, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir que son charmant petit-ami d'un jour et son cher jumeau avaient mis en place une plaisanterie digne de ce nom. Ils avaient orchestré une partie de Quidditch dans la salle commune des lions, et ils utilisaient, comme balles, des bombes de couleur qui éclataient lorsqu'ils touchaient le sol, les murs ou une personne. Fred avait usé de tout son pouvoir de séduction – et Hermione comprit à quel point elle y était foutrement sensible – pour qu'elle allège leur retenue.
Lors du dîner, la préfète était très anxieuse à l'idée que cette comédie se termine. Elle aimait la proximité du rouquin. C'était tellement facile d'être avec lui! Bien plus qu'avec Viktor, avec qui elle avait été en couple pendant quelques mois, en quatrième année. Il n'essayait pas de vouloir la changer, comme certains garçons qui s'étaient intéressés à elle et semblait l'accepter avec toutes ses qualités et ses défauts. Et par Merlin! Elle aimait son bras autour de sa taille, l'intensité de son regard, leur complicité. Elle s'était sentie aimée et complète durant toute la journée et la jeune femme savait que c'était dû à cette situation.
Il la raccompagna au dortoir des préfets-en-chef, en silence, main dans la main. Chacun, légèrement anxieux face à demain, où ils allaient devoir reprendre leurs bonnes vieilles habitudes. Hermione avait l'impression que son cœur battait tellement fort à l'idée de se séparer du roux que ce dernier pouvait l'entendre. Arrivée devant le portrait, ils s'arrêtèrent et se regardèrent en silence.
« Ce n'était pas si pire, finalement? » demanda le rouquin, se grattant l'arrière de la tête, inconfortable par la situation.
« Non, c'est vrai. » dit-elle, aussi à l'aise que lui.
Un silence prit forme entre les deux, chacun se balançant, ne sachant pas trop comment agir. C'était tellement bizarre! Hermione avait l'impression qu'elle tremblait, tellement elle sentait son cœur bondir dans sa cage thoracique et sous l'anxiété.
« Eh bien, bonne nuit, ma lionne. » dit-il avec un clin d'œil, comme s'il ne sentait pas la froideur de la situation.
« Bo-Bonne nuit, Freddie. » réussi-t-elle à dire.
Les mains moites, elle les frotta ensemble, avant de prendre l'initiative de s'approcher de lui, au départ pour lui faire un câlin.
Sur la pointe des pieds, ses bras vinrent entourer ses épaules larges et les bras de Fred vinrent s'enrouler autour d'elle, la coinçant contre lui, pour l'étreigner. Instinctivement, Hermione releva son visage vers le sien et ce dernier vint combler la distance, en venant l'embrasser. Au début, le baiser fut incertain, comme s'il lui laissait la chance d'échapper à son contact.
La jeune femme entrouvrit la bouche pour venir approfondir le baiser, tandis que les mains de Fred vinrent encadrer son visage, leur langue dansant un ballet effréné, rendant leur respiration saccadée. Les mains d'Hermione montèrent à ses cheveux, et elle mordilla légèrement sa lèvre inférieure, le faisant grogner de surprise. Il la plaqua contre le mur de briques, dont la température contrastait avec celle de son corps. La bouche du jeune homme quitta sa bouche pour venir déposer plusieurs baisers papillons sur chaque endroit de son épiderme qu'il pouvait atteindre, rendant sa respiration davantage erratique.
Les mains de Fred étaient appuyées sur le mur, encadrant la tête d'Hermione. Elle était belle, les yeux brillants de désir, les lèvres gonflées parce qu'elle l'avait embrassé, lui, et ses joues rouges. Il était enivré par elle.
Complètement. De a à z.
« Hermione Granger. » dit-il, sa voix rauque envoya des frissons d'électricité dans toutes les veines de l'interpellée. « Accepterais-tu l'évidence qu'on va bien ensemble? »
« Peut-être, espèce d'abruti. »
Abruti parce qu'il était pathologiquement sous son charme, oui.
« Hé! J'ai prouvé que je ne l'étais pas, hier. »
« Fred. » dit-elle caressant sa mâchoire du bout du nez. « Ça fait belle lurette que je sais que tu es diablement intelligent. Tu n'avais pas besoin de ce défi pour le… Me le prouver. »
Il ouvrit, la bouche pour répliquer quelque chose devant son aveu. Cependant, sans réfléchir, elle le fit taire en l'embrassant de nouveau.
Manière, qu'elle allait probablement utilisée à outrance pour le faire cesser de parler, désormais.
