Hello, mes petits boursouflets!

Voici une petite histoire sans prétention de 8 chapitres qui transpose les personnages de la saga Harry Potter à l'époque du Moyen-Âge.

C'est un univers non magique basé principalement sur Severus Rogue ainsi que sur un personnage original qui se nomme Amaryllis Potter et qui est le pendant féminin de Harry en quelque sorte.

L'histoire est très courte et je ne fais que m'inspirer de la période moyennageuse. Donc, si vous trouvez des anachronismes ou des erreurs, veuillez me pardonner, je ne cherche ni l'exactitude ni la rigueur historique^^ Je vous propose simplement un petit récit pour vous évader un peu ;-)

Bonne lecture, les ami(e)s!


Le goût amer de la vengeance

Chapitre 1

« Oh, s'il te plaît, papa ! Laisse-moi aller au village avec Beth et Mary ! suppliait une petite fille de dix ans aux longs cheveux bruns aux reflets roux et aux grands yeux d'un vert émeraude.

- Amaryllis… soupira son père, las. Tu es fille de seigneur. Quand te décideras-tu enfin à te comporter comme telle ?

- Mais Beth et Mary sont mes amies… lui opposa la fillette en fronçant ses sourcils bruns, troublée.

- Ce ne sont que de pauvres petites paysannes. Leurs parents et elles sont sous mon joug et travaillent tous pour moi.

- Mais, au château, je n'ai personne avec qui jouer…

- Nos gens sont là pour ça.

- Ce n'est pas la même chose. Ils n'ont pas dix ans et ils sont obligés de faire ce qu'on leur dit. Mary et Beth, elles, veulent réellement jouer avec moi. »

James Potter observa sa fille dans les yeux durant de nombreuses secondes, poussa un soupir puis répondit finalement, résigné :

« Très bien… Vas-y… Mais sois à l'heure pour le souper !

- D'accord, papa ! Merci, merci ! » répondit-elle en lui sautant au cou avant de l'embrasser sur la joue puis de partir en courant vers les deux fillettes qui patientaient un peu plus loin.

L'homme la regarda s'éloigner à vive allure en compagnie des deux petites paysannes en esquissant un léger sourire en coin et en secouant légèrement la tête de gauche à droite.

Décidément, plus elle grandissait, plus cette petite ressemblait à sa mère, songea-t-il.

Non seulement elle avait hérité de ses yeux et de sa beauté mais aussi de son caractère bien trempé, de sa gentillesse, de son mépris des titres et des richesses ainsi que de son impulsivité délicieuse…

Jamais Amaryllis n'avait connu sa mère puisqu'elle était morte en la mettant au monde et pourtant elle lui ressemblait tellement…

Sa fille était de loin le bien le plus précieux qu'il possédait et il éprouvait toujours une certaine appréhension à la laisser partir comme cela, loin de lui…

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Amaryllis courait sur le petit chemin de terre, entourée de ses deux amies, pour rejoindre le village mais surtout la ferme des parents de Beth où la chatte Gribouille avait donné naissance à une portée de quatre adorables chatons.

« Attends-moi ! cria Mary qui s'était laissée distancer.

- Oui, ralentis ! Je n'en peux plus ! souffla Beth, alors qu'elles étaient presque arrivées chez elle.

- D'accord. Pardon, consentit la fillette en ralentissant la cadence.

- Ouf ! Merci bien… soupira Mary en les rattrapant et en posant ses mains sur ses genoux pour reprendre son souffle.

- Je ne peux pas rester très longtemps. Mon père m'a seulement donné jusqu'au souper. C'est pour ça que je me dépêche, se justifia-t-elle alors, contrite.

- Allez ! Rejoignons vite la grange, dans ce cas ! » déclara Beth en prenant la tête de leur groupe, attendrie par la plus jeune.

Amaryllis lui sourit, reconnaissante, avant de la suivre et Mary se remit en route en grommelant un peu, épuisée par leur course effrénée.

Elles arrivèrent bien vite à la ferme et, après avoir salué les parents de Beth, les fillettes se rendirent dans la grange afin de jouer avec les petits chatons sous l'œil attentif et protecteur de leur mère à quatre pattes.

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« Sir ! Sir ! hurla soudain un homme d'armes en pénétrant brusquement dans les quartiers de son maître.

- Quoi ? Que se passe-t-il ? rétorqua aussitôt James en se levant de son siège, une grande ride d'inquiétude barrant son front.

- Le village est attaqué, Sir ! Les hommes du seigneur Rogue ont envahi la place ! Ils brûlent les maisons, pillent les greniers, volent le bétail, tuent tous ceux qui s'opposent à eux et font des prisonniers ! expliqua-t-il rapidement, paniqué, ses joues rougies par sa course.

- Clothilde ! cria alors le sieur Potter. Clothilde ! »

Une femme d'une cinquantaine d'années arriva précipitamment dans la pièce, déboussolée, et, avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, Lord Potter l'interrompit dans son élan en l'interrogeant, fébrile :

« Amaryllis est-elle rentrée ?

- Non, mon Seigneur, pas encore, répondit la femme, ignorant complètement ce qui se passait à l'extérieur des murs du château, en secouant négativement la tête.

- Alertez tout le monde ! Rassemblez vos hommes et repoussez-les ! ordonna-t-il alors en reportant son attention sur son lieutenant.

- Sir, ils sont bien trop nombreux… Jamais nous ne…

- Je m'en moque ! le coupa-t-il en hurlant. Battez-vous pour repousser cette vermine ! » ordonna-t-il encore avant d'ajouter aussitôt : « Je viens avec vous ! Je dois retrouver ma fille !

- Mais, Sir, nous ne…

- Ça suffit ! Exécution ! »

James Potter, après avoir revêtu sa cote de maille, son armure ainsi que son heaume et avoir emporté son épée, courut vers les écuries et partit au grand galop vers le village en feu avec une poignée d'hommes pendant que son lieutenant rassemblait tous les guerriers qu'il pouvait trouver.

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Amaryllis, Beth et Mary s'étaient cachées dans la grange parmi le foin. Elles étaient terrifiées par les cris assourdissants des victimes et des assaillants, le bruit des combats, l'odeur métallique du sang et aussi la fumée et la chaleur que produisaient les flammes qui étaient en train de consumer la grange.

« Il faut sortir d'ici, sinon nous allons brûler vives ! déclara soudain la fille du seigneur Potter en se redressant, résolue.

- Si nous sortons, les soudards nous tueront ! répliqua Mary, le visage baigné de larmes, affolée.

- Pas forcément ! lui opposa Amaryllis en secouant la tête.

- On pourra peut-être leur échapper… approuva Beth, qui était la plus âgée, songeuse.

- De toute façon, si on reste ici, on va mourir ! Il faut sortir et vite ! décréta la plus jeune, déterminée, en courant vers la porte de la grange.

- Mary, viens ! exigea Beth en tirant sur son bras.

- Non ! Je ne veux pas ! refusa-t-elle en lui résistant.

- La grange va s'effondrer ! Venez ! » cria encore Amaryllis avant de sortir vivement de là en toussant.

Une fois à l'extérieur, après s'être éloignée de plusieurs dizaines de mètres, la fillette reprit une grande goulée d'oxygène puis elle se figea face à l'horreur du spectacle qui s'offrait à sa vue. Partout, elle ne voyait que chaos et désolation. Les chaumières brûlaient, les bêtes s'étaient enfuies de leurs enclos, les villageois couraient en hurlant et des centaines d'hommes entièrement vêtus de noir les pourchassaient, les transperçant de leurs lames, les capturant, mettant le feu aux bâtiments, renversant tout sur leur passage…

Alors qu'elle était perdue dans la contemplation de ces scènes d'horreur, Amaryllis sursauta vivement lorsqu'elle entendit un grand craquement et qu'elle sentit le sol trembler sous ses pieds. Le feu avait rongé la charpente de la grange et le toit venait tout juste de s'effondrer…

« Non ! Mary ! Beth ! » cria-t-elle en voulant courir vers l'édifice en ruines qui continuait de brûler.

- Mais, alors qu'elle s'apprêtait à retourner vers la grange, elle vit une dizaine de cavaliers noirs se dresser entre elle et ce lieu. Promptement, la fillette changea de direction et fit volte-face pour leur échapper, priant Dieu et tous les Saints pour que ses petites jambes lui permettent de fuir loin de là et de les semer.

Amaryllis courait aussi vite qu'elle le pouvait, évitant des corps couchés au sol, contournant des obstacles qui se dressaient sur son chemin et se faufilant parmi la foule qui fuyait le village, ses poumons brûlant dans sa poitrine. Elle se retrouva rapidement au beau milieu d'un groupe de villageois qui tentait de s'échapper par tous les moyens mais, malheureusement, leur groupe se fit encercler par les guerriers noirs qui les forcèrent à s'arrêter.

Dès qu'ils eurent pris le contrôle de leur troupe, les hommes du seigneur Rogue attachèrent leurs mains puis ils les lièrent les uns aux autres avant de les faire avancer et de les escorter jusqu'au domaine de leur maître sous bonne garde, tandis que le reste de leurs compagnons s'occupaient de raser le village et d'emporter avec eux tout ce qui pourrait leur être utile.

Lorsque le seigneur Potter arriva avec ses gens, il était déjà bien trop tard et il ne put que contempler la désolation qui régnait sur ses terres…

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Dans son château, Severus Rogue attendait patiemment le retour de ses guerriers.

Cela faisait près de douze ans qu'il préparait sa vengeance et, aujourd'hui, il était certain d'avoir porté un grand coup à son ennemi de toujours, celui qui lui avait ravi le cœur de la seule femme qu'il avait jamais aimée, Lily Evans.

Pendant douze ans, il n'avait pas ménagé ses efforts, il avait recruté des milliers d'hommes et constitué la plus grande armée, désireux de faire payer à Potter la disparition de son amour, tandis que lui s'endormait sur ses lauriers, croyant que rien ne pourrait jamais l'atteindre… Ce dernier s'était cru le plus fort, le meilleur et le plus malin mais il était désormais manifeste que ce n'était pas le cas.

La bouche de Severus s'étira en un sourire en coin à cette pensée et il braqua soudainement ses yeux noirs comme la nuit sur l'homme qui venait à l'instant de pénétrer dans la pièce.

« Seigneur Rogue, le salua le soldat en s'inclinant respectueusement devant lui.

- Parle. Je t'écoute, ordonna-t-il après lui avoir fait un bref signe de tête.

- Nous avons agi selon vos ordres, Messire : plus aucune maison ne tient debout. Nous avons tué tous ceux qui s'opposaient à nous et nous vous avons ramené des prisonniers qui pourront servir d'esclaves, expliqua-t-il brièvement.

- Bien. C'est parfait, approuva-t-il, visiblement satisfait. Et Potter ?

- Il n'a même pas eu le temps de se rendre compte de ce qu'il se passait. Il est arrivé bien après la bataille.

- Hum… Comme toujours », renifla-t-il, méprisant.

Le silence s'installa entre les deux hommes puis le guerrier le rompit en demandant, prudent :

« Heu… Mon Seigneur ?

- Oui. Qu'y a-t-il ? rétorqua-t-il en tournant la tête vers lui tout en haussant un sourcil noir, curieux.

- Nous avons capturé une fillette qui doit probablement venir du château, lui apprit-il avant de s'expliquer en quelques mots. Sa robe est de bien meilleure facture que celles des autres et a été taillée dans un tissu noble à n'en pas douter. En plus, cette petite a la peau bien plus pâle que celle de tous ces gueux.

- Une fillette du château, tu dis ? répéta-t-il, intrigué.

- Oui, je le pense, Sir, acquiesça-t-il.

- Il faut que je m'en assure moi-même, décréta-t-il en se levant. Où sont-ils ?

- Dans la cour, Sir. »

Rogue descendit immédiatement vers la cour de son château, le soldat sur ses talons, et il arriva rapidement devant le groupe de villageois que ses hommes avaient capturés et qui se trouvaient toujours sous bonne garde.

Il détailla toutes ces personnes sans rien dire, dans un silence de mort, chacun sachant combien la cruauté de ce seigneur était légendaire et redoutant ce qu'il avait l'intention de leur faire subir, puis, tout à coup, son regard sombre s'arrêta sur une fillette d'une dizaine d'années qui portait une belle robe pourpre en velours décorée de brocards en fils d'or.

Sentant que le regard de Rogue s'était posé sur elle et la fixait depuis de nombreuses secondes, Amaryllis releva doucement son visage vers lui pour plonger ses yeux émeraude remplis de peur et d'angoisse dans ses onyx glaciales et impitoyables.

Lorsqu'il découvrit l'étonnante couleur de ses iris, Severus n'eut plus le moindre doute quant à l'identité de cette fillette. Il n'avait jamais connu qu'une seule personne avec des yeux comme les siens : Lily Evans, la femme que Potter lui avait volée.

Cette petite aux cheveux bruns, à la peau pâle et aux mains qui semblaient douces d'avoir été épargnées par le travail ne pouvait être que leur fille… C'était encore mieux qu'il ne l'avait espéré. Non seulement il avait ravagé les terres de Potter, avait décimé ses habitants et l'avait humilié mais, en plus, il avait réussi à mettre la main sur sa précieuse petite fille…

Un sourire fugace et cruel étira brièvement ses fines lèvres et il fit signe à l'un de ses hommes de la détacher du groupe et de la mener devant lui.

Une fois à quelques centimètres de lui, quand le soldat eut relâché son épaule et se fut éloigné, Amaryllis releva une nouvelle fois la tête pour croiser le regard sombre et insondable de ce seigneur qui la toisait de toute sa hauteur et continuait de l'observer sans prononcer le moindre mot.

« Annabelle ! appela-t-il soudain de sa voix profonde et basse, faisant sursauter la fillette devant lui, sans la lâcher des yeux.

- Oui, mon Seigneur, répondit immédiatement une jeune femme en accourant auprès d'eux, attentive.

- Conduisez cette enfant à l'étage des invités et installez-la dans la chambre verte », ordonna-t-il avant de se détourner d'elle et de repartir vers le château.


Merci d'avoir lu ce premier chapitre! J'espère qu'il vous a plu et qu'il vous a donné envie de découvrir la suite ;-)

A la prochaine!

Bisous