L'heure du couvre-feu allait bientôt tomber mais cela avait l'air de peu importer aux deux adolescents qui s'embrassaient à en perdre haleine dans l'un des couloirs du septième étage. De temps en temps un éclat de rires leur échappait, ricochait sur les murs du château et se perdait au loin. Le jeune homme murmurait des choses à l'oreille de sa compagne qui la rendait aussi rouge que sa cravate, elle se vengeait en lui répliquant des choses bien pires avec un regard aguicheur, le mettant dans une situation plutôt inconfortable. Non loin de là un tableau qui commençait à être dérangé par ces messes basses peu catholiques les interpella.

«Hey là! Vous pourriez aller faire ça ailleurs, il y a des gens qui ne veulent pas profiter de vos ébats! De plus le couvre-feu va bientôt tomber!»

Pris en faute les deux jeunes gens se mirent à bafouiller des excuses et des promesses de ne plus recommencer.

«Allez, allez, ce n'est pas grave. Filez maintenant! On dirait vos parents au même âge, toujours à s'embrasser dans les coins sombres quand ils pensaient que personne ne les voyait.»

Interloqués nos protagonistes voulurent interroger plus le tableau, mais un miaulement lointain qui n'augurait rien de bon les en dissuada. Ils partirent tous deux en courant, l'une vers a tour Gryffondor, l'autre vers les cachots. Sir Nicolas qui passait par là interrogea le tableau:

«N'est-ce pas Miss Weasley et Monsieur Malfoy que je vois détaler comme des lapins ?

- Oh si c'est bien eux!

-Et bien, soupira le fantôme, il y a des choses qui ne changent pas malgré les années à ce que je vois. Les générations se suivent et se ressemblent.

- A qui le dites-vous Sir Nicolas, à qui le dites-vous...»

Sur ces mots l'ectoplasme se dit que suivre les deux adolescents seraient une bonne chose pour être sûr qu'ils ne rencontrent pas le concierge au passage. Cela lui fit penser à cette époque plus de vingt ans auparavant où c'était le jeune Draco Malfoy et la jeune Hermione Granger qu'il filait dans les couloirs pour leur éviter bien des ennuis.

Le lendemain les Gryffondor et les Serpentard avaient cours de potion ensemble avec le professeur Slughorn. Rose Weasley et Scorpius Malfoy étaient tous les deux sur la même paillasse mais étaient loin d'avoir la tête à leur potion. Tous deux n'arrêtaient pas de penser à ce que le tableau leur avait dit la veille. Soudain Rose releva la tête:

«Tu penses qu'ils parlaient vraiment de ton père et de ma mère le tableau hier?

- J'en sais rien, répondit Scorpius d'une voix aussi traînante que celle de son père. Mais je dois avouer que cela m'intrigue. Surtout que ce n'est pas la première fois, l'autre jour le Baron Sanglant m'a dit après nous avoir vu et que mon père aussi avait un penchant pour les Gryffondor. Sauf que mon père hait les Gryffondor.

-Décidément… Je me demande si… commença Rose, mais elle fut interrompue par le professeur de potion.

- Et bien jeune gens surveillez donc votre chaudron au lieu de bavarder!»

En effet la potion avait pris une drôle de couleur verdâtre alors qu'elle aurait dû être violette. Rose s'empressa de rattraper ça pour éviter d'avoir une mauvaise note. Le reste du cours se passa dans le silence. Mais les cerveaux de Scorpius et Rose fonctionnaient à plein régime, leurs parents avaient donc eu une relation. Ce qui pour eux ne collaient pas, c'est qu'aujourd'hui rien de tout ça ne transparaissait entre eux, comme si cela était un secret que le château avait décider de ne pas taire.

En sortant de cours, notre couple fut rejoint par Albus Potter qui les regardait étrangement.

«Dites-moi tous les deux, y a quelque chose qui ne va pas ? dit-il en attrapant sa cousine par les épaules. Vous en faites une tête !

- C'est que... commença Scorpius, il chercha ses mots quelques secondes. Quelque chose nous intrigue, d'après les rumeurs des tableaux et des fantômes, nos parents, mon père et la mère de Rose auraient eu une relation. Mais c'est impossible !

- En effet, c'est complètement absurde, répondit Albus avec véhémence, mais cela fait un super mystère à résoudre ! On va pouvoir fouiner partout !»

À ce moment-là le jeune Potter sautillait partout les yeux brillants rien qu'à l'idée de tout ce qu'il faudrait faire pour découvrir la vérité. Et Rose devait bien s'avouer qu'elle aussi trouvait cela très excitant, sa curiosité n'avait d'égale que celle de sa mère et il lui fallait l'assouvir. Seul Scorpius restait un peu à l'écart. Et si rien de bon ne ressortait de cette histoire ? Si leurs parents n'avaient rien dit à personne à l'époque c'était sûrement qu'il y avait une raison. Mais devant l'air joyeux de sa petite amie, il laissa ses interrogations de côté. Au fond de lui, lui aussi voulait savoir.

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Minerva McGonagall scella le parchemin qu'elle venait de terminer avant de le poser sur un coin de son bureau. Elle l'enverrait un Ministère de la Magie plus tard dans l'après-midi. En attendant, elle avait bien le droit à un petit moment de détente, le poste de Directrice et ses cours de métamorphoses lui prenaient tout son temps et elle n'avait plus un instant à elle. Peut-être devait-elle embaucher un nouveau professeur de métamorphose pour soulager son emploi du temps ? Elle se prépara un thé et se posta devant les portraits des anciens directeurs de Poudlard.

"Alors Albus, dites-moi, qu'elles sont les bruits de couloirs cette semaine ?"

Les ragots c'était le péché mignon de la Directrice, bien qu'elle ne l'aurait avoué sous aucun prétexte, soyez en sûr.

"Oh comme chaque semaine, les histoires se font et se défont, les adolescents découvrent les maux qu'amour inflige, mais il y en a deux qui m'intéressent tout particulièrement.

-Ah bon ?

-Ils me rappellent leurs parents à une époque…

-De qui parlez-vous Albus ? s'impatienta la Directrice.

- Du jeune Malfoy et de Miss Weasley. D'après les fantômes et les tableaux, on les voit s'embrasser aux quatre coins châteaux, de plus aucun de leurs amis ne semble au courant de leur relation. Sauf peut-être le jeune Potter..., répondit le Albus peint."

Minerva ne sembla pas étonnée par cette nouvelle, en effet elle avait cru les apercevoir au détour d'un couloir. Aussi discret que leurs parents. Quoique le jeu fut plus difficile à jouer pour leurs aînés dans le contexte de l'époque. Hermione Granger et Draco Malfoy avaient tellement à perdre...

"À croire que certaines passions se trouvent dans les gènes Albus. Cette discrétion c'est sûrement à cause des différents ancestraux entre leur maisons. Ou peut-être à cause de Weasley père qui ferait un esclandre s'il savait qu'un Malfoy osait poser ses mains sur sa fille."

La Directrice et l'ancien Directeur rirent en cœur rien qu'à l'image d'un Ron Weasley rouge de colère devant un Scorpius Malfoy penaud et une Rose paniquée. Le silence retomba dans le bureau et Minerva se perdit dans ses pensées. Elles la ramenèrent des années et des années plutôt dans les cachots où elles les avaient surpris. C'était pendant l'une des fêtes de Noël du professeur Slughorn. Hermione avait vraisemblablement échappé à la fête et errait dans les couloirs…

«Granger attend !

- Malfoy ! Je pensais que tu étais réparti dans ton dortoir.

-Non. J'avais besoin de te parler, lui dit-il d'une voix dure. McLlagen ? Sérieusement ?

-Il fallait bien que j'y aille avec quelqu'un, puis ça ne te regarde pas, répondit Hermione tranchante.»

De sa cachette celle qui n'était alors que professeur de métamorphose, pouvait les voir distinctement. C'était vraiment indigne d'une femme de son âge de commérer ainsi, mais c'était plus fort qu'elle. Les deux adolescents se défiaient du regard. Il semblait se jouer quelque chose, mais Minerva ne savait pas quoi.

«Si Granger, après ce qu'il s'est passé, ça me regarde un peu !

-Malfoy, c'était une stupide erreur, d'accord ? s'emporta Hermione. J'étais en colère à cause de Ron et de sa greluche et toi tu étais ivre et perdu !»

Ivre, dans le château ? pensa Minerva. Il serait peut-être judicieux de faire un petit tour chez les Serpentard pour voir qui cachait de l'alcool.Ou en parler à Rogue. Quoique, il s'en moquerait. La voix du jeune homme la sortit de ses pensées.

«Bien sûr Granger, ladite erreur s'est reproduite plusieurs fois, non ? On peut même plus dire que ça en soit vraiment une.»

Le jeune Malfoy avait dit la dernière phrase plus doucement et s'était rapproché de la jeune fille. Hermione avait le dos contre le mur de pierre tandis que le Serpentard avait plaqué une main près de son visage et était penché vers elle.

«Malfoy, murmura Hermione, tu sais très bien que l'on ne peut pas... Nous sommes en train de faire une erreur dans le sens où tout ça ne peut que mal finir.»

La main plaquée sur le mur formait désormais un poing et Draco fermait les yeux comme en proie à une vive douleur. La Gryffondor leva la sienne vers le visage du jeune homme et le caressa délicatement tandis qu'il baissait un peu la tête.

"Draco..." Il frissonna quand elle prononça son prénom.

Minerva n'en croyait pas ses yeux, si un jour on lui avait dit qu'elle assisterait à une scène comme celle-là, elle aurait ri et envoyé ce "on" à Sainte Mangouste !Son élève préférée et le jeune Malfoy entretenait une relation, qui plus est en ces temps troublés. Les pauvres jouaient à un jeu très dangereux.

«Granger, je le sais tout ça. Si quelqu'un apprenait que... Je n'ose même pas imaginer ce qu'il adviendrait de nous. Mon père, le Maître… Tu te ferais tuer ou pire et moi avec.

- Alors si tu le sais, pourquoi on continue comme ça ? Dis-moi, parce que toute Miss-je-sais-tout que je sois, pour une fois je ne sais pas, je ne comprends pas..."

Drago s'éloigna un peu d'elle, un sourire sans joie flottant sur ses lèvres.

"Granger, Granger, Granger... soupira-t-il. On sait toi et moi de quoi il en retourne, mais on ne le dira pas, pas vrai ?"

Hermione hocha tristement la tête. De son côté Minerva avait très bien compris de quoi il en retournait et elle se sentit infiniment triste pour eux.

La Directrice sortit de ses pensées et finit sa tasse de thé.

"Bon Albus, je vous laisse. Je dois préparer mon cours de cet après-midi. Les Serpentard et les Gryffondors de 6e année. Je vais pouvoir observer à loisir Monsieur Malfoy et Miss Weasley."

Le portrait d'Albus sourit, il savait que cette histoire piquerait la curiosité de Minerva.

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Quelques jours avaient passés, Albus Potter déambulait sans but dans les couloirs de Poudlard. Il avait décidé de laissait un peu d'intimité à sa cousine et à son meilleur ami. Si tant est qu'ils puissent en avoir quand dans ce château où chaque fantôme et chaque tableau les observaient et les comparaient à leur parent. Le dernier en date était Sir Nicolas qui trouvait que Scorpius regardait Rose de la même façon que Draco regardait Hermione. Ça en devenait gênant. Albus était au courant depuis longtemps pour la relation qu'entretenait les deux jeunes gens, il était même le seul à l'être. Une Gryffondor et un Serpentard ça en aurait fait un sacré bruit. Par-dessus tout l'héritier des Malfoy et la fille des héros de guerre. Albus savait pertinemment que malgré tout ce qui avait pu se passer pendant la guerre, la famille de Scorpius Malfoy restait très influente dans le monde sorcier et celle de Rose encore plus. Enfin le fond du problème, ce n'était pas vraiment ça, mais plutôt son oncle Ron qui en aurait fait une syncope. Et à la lumière des derniers bruits de couloirs les réactions de sa tante Hermione et du père de Scorpius étaient plus qu'incertaines. En parlant d'eux, il se demandait bien où il pourrait trouver des réponses. Pas que cela le concernait spécialement, mais ça piquait sa curiosité et puis comme son père dès qu'il pouvait se fourrer dans les ennuis, il n'hésitait pas. C'est alors qu'une idée lui vint, l'endroit idéal pour cacher quelque chose à Poudlard se trouvait au 7e étage en face de cette stupide tapisserie : la salle sur demande. Il fit demi-tour pour prévenir ses amis. Ils iraient y faire une petite escapade.

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Le cours de métamorphoses était enfin terminé. Nos trois compères n'étaient pas malheureux d'en sortir. McGonagall avait encore passé les deux heures à les observer minutieusement comme si elle cherchait quelque chose. Ça avait d'ailleurs mis la puce à l'oreille de Rose que s'était dit qu'elle savait sûrement quelque chose et bien plus. Elle était Directrice après tout. Plutôt dans l'après-midi Albus les avait prévenus pour la salle sur demande et d'un commun accord ils se mirent d'accord que ce serait mieux d'y aller après le repas. Ils se retrouvèrent donc devant la salle sur demande peu après 19h. Rose passa devant le pan de mur trois fois en pensant très fort au fait qu'elle voulait des réponses sur la relation entre sa mère et Draco Malfoy. Soudain une porte se dessina sur le mur. Les trois amis se jetèrent des regards furtifs puis poussèrent la porte. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'attendaient pas vraiment à ce qu'ils avaient sous les yeux. La salle sur demande ressemblait à une petite chambre aux couleurs de Serpentard et de Gryffondor. Au fond de la pièce un grand lit trônait. Il était défait comme si on venait tout juste de le quitter. Une cravate verte et argent avait été oubliée sur un petit bureau sur la droite. La pièce était chaleureuse, accueillante, un havre de paix. Il n'y avait pas de fenêtres vers l'extérieur, comme si ceux qui avaient créé cette pièce ne voulait pas voir le jour se lever. Rose, Scorpius et Albus laissèrent tomber leur mâchoire d'étonnement quand ils comprirent ce qu'avait fait la salle sur demande. Elle leur montrait comment Draco Malfoy et Hermione Granger l'avait laissée la dernière fois qu'ils l'avaient utilisée. Quelque peu gênée Rose détourna le regard du lit et dans un coin de sa tête une petite voix lui souffla que cette pièce ressemblait pas mal à celle qui apparaissait quand elle et Scorpius venaient y faire un petit tour. Ce dernier dû avoir la même idée car il tourna un regard effaré vers sa petite amie. Sentant que la gêne commençait presque à prendre une forme physique tellement elle était palpable, Albus sortit la première chose qui lui passa par l'esprit :

"Bon et bien vous vouliez des réponses, en voilà au moins une... Même si je doute que vous vous posiez la question. Vos parents s'envoyaient en l'air dans la salle sur demande."

Rose et Scorpius se retournèrent d'un seul homme vers lui pour le fusiller du regard. Ils n'avaient pas vraiment besoin qu'il énonce ce fait à haute voix.

"Pas besoin de me regarder comme ça, c'est un fait ! Puis vous faites pareils, alors bon..."

Rose se frappa le front du plat de la main tandis que son compagnon se passa nerveusement la main dans ses cheveux blonds. Bon sang qu'Albus pouvait être cru parfois. Il était bien comme sa mère tient.

"Par Salazar Albus ! Tu pourrais pas te..."

Mais il s'arrêta net en avisant une petite commode dans le fond de la pièce. Ce qui avait attiré son attention c'était premier tiroir d'ouvert où quelque chose semblait briller. Il s'en approcha prudemment et l'ouvrit en grand. Il en sorti un parchemin sur lequel était enroulé un fin collier en argent. Rose le rejoignit à son tour et ouvrit le second tiroir d'où elle sortit des photos prises avec un appareil-photo magique. Elles avaient toutes été prises dans cette pièce. Hermione riant aux éclats, Draco dormant, Hermione tout échevelée avec la chemise et la cravate de Draco en train de marcher dans la chambre, Draco souriant, Hermione portant le collier sur le parchemin, Hermione étudiant en fronçant les sourcils, Draco allongé sur le lit regardant le plafond. Que des photos banales, mais une attira particulièrement Rose, sa mère endormie dans les bras de Draco. Il semblait l'avoir prise à bout de bras et regardait Hermione comme la 7e merveille du monde. Rose passa la photo à Scorpius qui l'examina à son tour, puis la retourna pour lire l'inscription au dos :

"Au cas où j'oublierai."

Scorpius se dit qu'à la façon dont il regardait Hermione il n'avait sûrement pas pu l'oublier. Jamais il n'avait eu un tel regard pour Astoria, Scorpius en était sûr. Un drôle de silence régnait dans la pièce, même Albus, habituellement très bavard, ne disait rien. Au bout d'un moment Rose finit par murmurer :

"Qu'est-ce qui a bien pu se passer entre ces deux-là ? Il y avait la guerre je le sais et ils n'étaient pas dans le même camps, c'est un secret pour personne, mais ils semblaient s'aimer tellement…

- On le saura peut-être en lisant le parchemin, suggéra Albus curieux.

- Sûrement oui, mais c'est personnel, je ne sais pas si c'est vraiment bien de l'ouvrir, répondit Scorpius soudain pris de remord.

- Écoute Scorp après les photos et le lit défait je penses qu'au niveau "choses personnelles" on atteint un bon niveau, répondit Albus."

Scorpius tandis alors le parchemin à Rose qui le défit du collier qu'elle tendit à son petit ami et commença à lire.

"Draco,

Ce soir était le dernier soir. Je préfère partir pendant que tu dors encore, comprend moi, mon courage de Gryffondor m'abandonne quand il s'agit de te laisser. Mais ta mission, quelle qu'elle soit, tu vas devoir bientôt l'accomplir, et toi comme moi savons que cela mettra un point final à notre histoire. Je préfère la finir sur un bon souvenir que sur des larmes. Je t'aime Drago et t'aimerai toujours quoiqu'il advienne. Il y avait cet accord tacite de ne pas se le dire, pour éviter de rendre ça trop réel sûrement. Mais tu me l'as dit cette nuit croyant que je dormais, alors je te le dois bien. Au moment où je t'écris tu dors paisiblement, tu as l'air si tranquille que cela me brise de te faire ça.

Draco, merci pour le doux rêve que tu m'as offert cette année. Si je te rendais vivant, toi tu m'as montré que j'étais autre chose qu'un rat de bibliothèque et une Miss-je-sais-tout. Merci, Draco, merci pour tout.

Je te rends le collier, malheureusement, je ne pourrais jamais plus le porter. Laisse le ici, dans cette chambre, je pense qu'il y a sa place.

Au revoir Malfoy,

Granger."

Sur la fin la voix de Rose s'était brisée. Sa mère avait aimé Draco Malfoy, de toute son âme, et Rose était convaincue qu'un amour comme celui-là ne pouvait mourir. Elle leva des yeux embués vers Scorpius. Leurs regards s'ancrèrent l'un à l'autre quelques secondes. Albus rompit cet échange muet en disant :

"Au vu de la date, c'était la veille de la mort d'Albus Dumbledore et du début de la guerre à proprement parler."

Tous les trois restèrent assis là, silencieux dans cette chambre qui avait vu vivre et mourir l'histoire d'amour la plus triste que Poudlard ait connu. Soudain Rose sursauta :

"Les garçons ! Le couvre-feu !

- Merlin... Rusard !

- Et Peeves ! "

Pendant une fraction de seconde les trois compères envisagèrent de rester ici. Mais jugeant que cela était inapproprié vu ce qu'avait accueilli cette pièce, ils sortirent dans le couloir. Sans trop savoir pourquoi Scorpius emporta le collier. Il aimait le pendentif, le lion et le serpent mêlés, ça lui faisait penser à Rose et lui.

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Nos trois amis avaient dû se séparer pour échapper à Peeves. Albus avait filé vers les cachots en utilisant quelques bons vieux passages secrets tandis que Scorpius avaient décidé de raccompagner Rose à la tour Gryffondor. Décision on ne peut plus illogique mais il ne voulait pas la laisser seule. Ils parcouraient les couloirs en silence sous le regard bienveillant des tableaux qui parfois à leur passage chuchotaient entre eux des choses sur les amours d'Hermione et Draco. Soudain alors qu'ils traversaient lentement un couloir pour ne pas faire de bruits Miss Teigne apparu devant eux et se mit à miauler. Par réflexe Rose sortit sa baguette puis stupéfixa l'animal d'un informulé. Manque de chance Rusard était devant eux écumant de rage. Ils se mirent à courir mais le vieil homme avait plus d'un tour dans son sac, il hurla à tue-tête : "ÉLÈVE HORS DES DORTOIRS ! ", en les poursuivant. Arrivé près du couloir des Gryffondor, Rose ne pût entrer dans son dortoir à cause de Peeves qui avait bloquer le tableau de la Grosse Dame avec des armures. Cette dernière pestait de toutes ses cordes vocales. Tant pis Scorpius attrapa Rose par la main et il se dirigèrent vers les cachots, en essayant de ralentir Rusard en lançant à qui mieux mieux des sorts innofensifs sur les objets alentour. Mais décidément, ils jouaient de malchance, c'est la Directrice qui les trouva.

"Miss Weasley, Monsieur Malfoy ! Dans mon bureau ! "

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"Stupéfixion de Miss Teigne, destruction de biens de l'école, agression sur Monsieur Rusard ! Pouvez-vous me dire ce qu'il vous ait passé par la tête ?"

Les deux adolescents regardaient leurs chaussures et attendaient avec appréhension la sort qui leur serait réservé.

"Je me vois dans l'obligation de convoquer vos parents. Je veux vous voir dans mon bureau à 10h pile. Maintenant retournez dans vos dortoirs. Sir Nicolas et le Baron Sanglant vous raccompagneront."

Scorpius et Rose sortirent du bureau sans demander leur reste et retournèrent à leurs dortoirs accompagnés des fantômes qui leur expliquèrent qu'ils auraient bien voulu leur donner un coup de main mais il était trop tard. Les deux adolescents haussèrent les épaules en les remerciant. Ils n'avaient qu'une seule pensée en tête, ils allaient devoir expliquer ce qu'ils fichaient si tard dans les couloirs et ce devant leurs parents.

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Le lendemain Draco Malfoy et Hermione Weasley-Granger attendaient impatiemment leurs enfants en compagnie de la Directrice. Ron n'avait pas pu venir car il était en mission pour le bureau des Aurors et Astoria étaient malheureusement convalescente depuis plusieurs jours. C'était la première fois depuis des années que c'est deux-là se retrouvaient. Chaque fois qu'ils avaient été convoqués pour les bêtises des uns et des autres ils avaient toujours pu éviter d'être présents ou alors pas seul. Mais les circonstances avaient voulu qu'ils se retrouvent et malheureusement pour eux ils n'étaient pas au bout de leurs surprises.

Scorpius et Rose avançaient comme des condamnés allant à la potence vers le bureau de la Directrice. Le jeune homme enroulait et déroulait nerveusement le collier autour de son index. N'arrivant pas à dormir il avait passé une partie de la nuit à l'observer sous toutes les coutures. Le serpent et le lion étaient très détaillée malgré leur taille miniscule et une émeraude représentait l'oeil du reptile tendant que le félin avait des yeux de rubis. De plus le garçon était quasiment sûr qu'il était magique, le métal était toujours froid malgré qu'il l'ait tripoté pendant des heures. Pourtant, depuis quelques minutes il commençait à être tiède. Scorpius s'arrêta brusquement et Rose se tourna vers lui interloquée. Il leva alors le collier de façon à ce qu'ils puissent l'observer tous les deux de plus près et ce qu'ils virent les figea sur place. Le serpent semblait s'enrouler encore plus autour du lion tandis que celui-ci rugissait en bougeant la queue. Les deux adolescents le fixèrent surpris pendant au moins une bonne minute avant de reprendre leur route.

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Pendant dans ce temps, Minerva se sentait de trop dans son propre bureau. La tension était palpable. Hermione ne cessait de regarder sa montre pour éviter de poser les yeux sur Malfoy, alors que ce dernier fidèle à lui-même gardait un visage impassible en fixant un point invisible dans le bureau, mais sa mâchoire crispée ne trompait pas Minerva quant à son état de nervosité. La Directrice était quasiment certaine qu'ils étaient à deux doigts d'exploser. Ce fut au moment où il lui semblait que la situation devenait critique que les deux élèves firent irruption dans la pièce. Ces derniers s'avancèrent devant le bureau de la directrice, leur parent respectif derrière eux.

"Bien, maintenant que vous êtes là et que j'ai mis vos parents au courant de vos actions, vous allez nous expliquez pourquoi vous erriez dans les couloirs après l'heure du couvre-feu."

Scorpius et Rose se jetèrent un regard. Ils ne s'étaient pas accordés sur une version alternative à leur histoire. Surtout que maintenant que Draco et Hermione étaient dans le bureau ils ne pouvaient clairement pas dire la vérité. Scorpius commença à ouvrir la bouche pour gagner du temps et sortit la première chose qui lui vint à l'esprit :

"C'est-à-dire que... Nous étions dans la salle sur demande…

- Oui et nous avons pas vu le temps passer, continua Rose.

- Et que faisiez-vous dans la salle sur demande ? questionna la Directrice pas dupe pour une noise de ce qui se passait régulièrement là-bas.

- Nous..."

Mais Rose ne finit jamais sa phrase. Comme un signe du destin le collier avait échappé des mains de Scorpius et avait atterri aux pieds de son père. Ce dernier se pencha pour le ramasser et se figea net en voyant le pendentif en mouvement. Puis il jeta un regard à Hermione qui venait de s'asseoir sur un fauteuil près du bureau en reconnaissant l'objet. Le temps se figea quand leurs yeux se croisèrent. Ils avaient de nouveau 16 ans dans la salle sur demande.

Draco venait de se réveiller et regardait Hermione dormir paisiblement près de lui. Si belle, elle était si belle. Il se leva discrètement ramassa son pantalon et fouilla dans la poche pour en sortir une petite boîte. Il se remit dans le lit et caressa doucement les cheveux de sa bien-aimée de ses longs doigts fins. Cette dernière se réveilla doucement en papillonnant des yeux.

«Hey, dit-il.

- Hey, lui répondit-elle en se frottant les yeux comme une enfant.»

Draco sourit à cette vision tandis qu'elle se redressait.

«J'ai un cadeau pour toi, l'informa-t-il en lui tendant le paquet.

- En quel honneur ? dit-elle en l'attrapant.

- J'ai manqué Noël, lui répondit Draco laconique.»

Hermione déchira doucement le papier malgré son impatience. Elle découvrit un écrin en velours noir qu'elle ouvrit. À l'intérieur, lové dans un coussin de soie, un collier un argent avec au bout un pendentif d'un lion et d'un serpent mêlés se mouvaient doucement. Hermione en resta bouche bée tellement c'était jolie. Leurs yeux d'émeraude et de rubis luisaient doucement sous la lumière des bougies. Hermione caressa l'objet du bout des doigts et fût surprise par sa tiédeur.

«Mais... Comment... ?

- C'est de la belle magie. Le collier est lié à nous, quand le serpent bouge, c'est que je pense à toi et inversement. Ils réagissent aussi en fonction de nos humeurs. D'ailleurs ils ont l'air plutôt heureux.»

En effet, le serpent s'était lové autour du lion couché, qui avait les yeux mi-clos de contentement.

«Merci Drago, je ne sais pas trop quoi te dire, j'ai rien pour toi...

- Pas besoin d'avoir quoi que ce soit, rit le jeune homme blond. Ta présence me suffit crois-moi je pensais pas en avoir autant déjà.»

Sur ces mots il s'empara du collier et lui intima de se tourner dos à lui pour pouvoir lui mettre. Une fois cela fait Hermione se retourna tout et l'embrassa. S'en suivit une matinée torride jusqu'au début des cours.

Quand ils revinrent à la réalité et qu'ils réussirent à détacher leur regard l'un de l'autre, Drago demanda à son fils d'une voix rendue rauque par l'émotion :

«Comment l'avez-vous trouvé ?»

Scorpius resta muet, ne sachant comment lui dire la vérité. C'est finalement Rose qui répondit :

«Nous avons demandé à la salle d'apparaître.

- Rose, on sait parfaitement comment fonctionne la salle sur demande. Comment avez-vous fait pour que ce collier apparaisse ? précisa Hermione.»

Minerva quant à elle observait la scène sans comprendre, d'où sortait ce collier et quel rapport avec Hermione et Draco ? Ils fixaient leurs enfants, avides de réponse. Minerva sentit l'air devenir électrique et allait intervenir quand Rose parla :

«On voulait savoir. Les tableaux, les fantômes, ça murmurait sur notre passage, ils disaient des choses...

- Sur vous, finit Scorpius. Alors nous sommes allés à la salle sur demande et nous y avons découvert...

- Une chambre. Avec des photos, une lettre, le collier, une cravate de Serpentard traînait là et le lit...»

Rose allait continuer sur sa lancée mais Scorpius lui jeta un regard qui lui intima de se taire. Un regard noir d'orage dont Hermione savait qu'il avait hérité de son père. Mais ce qu'Hermione vit surtout c'était la complicité entre les deux. Ils se comprenaient en un regard, finissaient les phrases de l'autre, même leurs mouvements étaient coordonnés. Hermione regarda étrangement sa fille. Elle et le fils de Draco, ensembles. Le destin avait parfois le sens de l'humour.

De son côté Draco commençait lui aussi à rassembler les pièces du puzzle. Il regardait tour à tour Rose puis Scorpius et se dit que franchement le sort s'acharnait sur lui.

«Bon, fit Draco en s'asseyant à son tour sur un fauteuil. Vous n'auriez pas pu faire comme tout le monde et ne pas écouter les divagations des fantômes et des tableaux de Poudlard ?

- Sauf votre respect Monsieur Malfoy, au vu de ce que l'on a découvert ce ne sont pas des divagations, lui répondit Rose véhémente.»

Malfoy père sourit. Le même caractère qu'Hermione, son fils avait décidément bien choisi, lui qui lui ressemblait tant, il n'allait pas s'ennuyer avec elle.

«Rose ! s'insurgea Hermione. Je te pris d'être plus polie s'il te plaît.

- Mais...

- Il n'y a pas de mais jeune fille, je ne t'ai pas élevée comme ça, clôtura Hermione.»

Un silence tendu régna de nouveau dans le bureau. Draco jouait avec le collier de la même façon que son fils auparavant en réfléchissant, Hermione regardait ses chaussures, les deux adolescents gigotaient nerveusement et Minerva observait tout ce petit monde en se demandant comment toute cette histoire allait finir. Soudain Draco leva les yeux vers la Directrice et lui demanda :

«Professeur, je sais que ça ne fait pas de demander ça, mais pourriez-vous nous laisser quelques instants. Je crois que ces jeunes gens et nous avons des choses à nous dire avant de discuter de leur sanction.»

Minerva énervée de se faire pour ainsi dire virer de son bureau, faillit lui rétorquer qu'elle était déjà au courant pour eux. Mais elle se tut trouvant plus judicieux de sortir, ils se sentiraient sûrement plus libre de parler hors de sa présence et le tableau d'Albus qui faisait actuellement semblant de dormir, lui rapporterait le fin mot de l'histoire.Décidemment avec un tel comportement elle se fit la réflexion que plus les années passaient plus elle avait des comportements serpentesques. Sûrement la mauvaise influence du portrait de Severus Rogue un peu loin dans le bureau avec qui elle discutait parfois. Enfin c'était un peu de la mauvaise foi, mais elle préférait ça qu'admettre que sa curiosité dépassait les limites du raisonnable.

Une fois seuls les quatre protagonistes ne disaient toujours rien. Au grand étonnement de tout le monde c'est Hermione qui ouvrit les hostilités :

«Tout d'abord, que ce soit bien clair pour tous les deux, si jamais l'un de vous parle de cette histoire à qui que ce soit, je jure que je vous lance un sort d'oubliette. Et vous qui aimez tant farfouiller dans le passé, vous vous apercevrez bien vite que je suis très douée pour ça ! menaça Hermione.

- Granger ! Jamais tu ne lanceras un sort d'oubliette à mon fils !

- Si ça peut éviter que Ron ne soit au courant de cette histoire, soit sûr que je le ferais sans hésiter, le défia Hermione.

- Pour éviter qu'il ne soit au courant, peut-être que cela n'aurait jamais dû arriver, vociféra Draco Malfoy.

- En effet, lui répondit l'ancienne Gryffondor sur le même ton.»

À ce stade de la conversation Scorpius et Rose ne savait plus très bien s'ils parlaient des événements de la veille au soir ou de leur relation passée. Peut-être un peu des deux. Les deux adultes se fusillaient maintenant du regard et les deux adolescents ne savaient plus où se mettre. Scorpius finit par se racler la gorge ce qui les fit sortir de leur duel muet. Ce qu'il regretta aussitôt quand son père porta son attention sur lui pour lui demander :

«Mais dis-moi Scorpius, que faisiez-vous tous les deux pour que les fantômes et les tableaux vous parle de nous ?»

La question était purement inutile, Hermione et Drago connaissaient parfaitement la réponse, il voulait juste les mettre dans l'embarras.

«Comment dire ? Rose et moi nous...

- Vous ? l'incita à continuer Hermione en levant un sourcil.

- Et bien...» Scorpius regardait alternativement son père et Hermione et trouvait leur expression étrangement similaire. À croire qu'ils s'étaient implicitement ligués contre eux.

«- Arrête de tourner autour du chaudron, fils.

- Nous sommes ensembles, finit par lâcher Rose.»

Draco se tourna vers elle pour l'observer. Elle était le portrait craché de sa mère, en roux avec les yeux bleus. Elle avait les mêmes expressions, les mêmes mimiques, tout était identique jusqu'à sa voix. Pas étonnant que les fantômes aient commencé à jaser, ils étaient le portrait craché de leurs parents. Une copie conforme du couple qu'ils avaient été. Une vague de nostalgie envahit Draco à cette pensée. Les souvenirs affluaient et tout aussi impassible qu'il pouvait paraître, il sut en croisant le regard d'Hermione, qu'elle n'était pas dupe. La même nostalgie se reflétait dans ses yeux. Décidément ils n'étaient pas préparés à cette matinée.

«Bien...» dirent Draco et Hermione au même instant, ils essayèrent de faire abstraction de ce signe évident de complicité, mais ce n'était pas évident avec les deux élèves qui les regardaient avec des yeux ronds comme des soucoupes. Premièrement ils ne s'attendaient pas à une réaction aussi blasée et deuxièmement ils avaient parlé en même temps, dans une synchronisation parfaite qui aurait fait pâlir de jalousie leurs conjoints. Pour sortir de cette situation de gène Draco reprit aussitôt :

« Bon fils, Miss Weasley, nous allons nous mettre d'accord sur une version à sortir à Astoria et Weasm...ley, se reprit-il sous le regard noir d'Hermione. Officiellement il n'y a rien eu entre Granger et moi, comprenez que nous préférerions qu'il en reste ainsi. Donc...

- Vous direz que vous batifoliez ou enfin le mot que vous voulez, dit-elle en voyant sa fille lever les yeux au ciel. Dans les couloirs. Vous ne ferez pas mention de la salle sur demande. Jamais.

- Est-ce clair ?

- Très clair, répondirent les deux adolescents en chœur.»

Ils se jetèrent un regard complice en retenant un sourire. Les mêmes, oh oui les mêmes. Puis Scorpius se tourna vers son père :

«Et pour le collier ?

- Il ne vous appartient pas. De plus...

- On ne peut pas vous le donner, finit Hermione. Il retournera dans sa boîte, dans la salle sur demande.

- Ce n'est pas ça, dit Scorpius. Pourquoi est-ce qu'il bouge ?

- Eh bien par magie, éluda Draco.

- Ça d'accord, mais il ne bougeait pas lorsqu'on l'a trouvé. Il s'est mis à le faire sur le chemin pour venir ici,» précisa Rose bien consciente de la piètre tentative de son beau-père pour passer à autre chose, tel père, tel fils.

Hermione et Draco échangèrent un regard, embarrassés. Rose, elle, riait intérieurement, quelque part elle se doutait que le collier avait un lien étroit avec eux. Draco se racla la gorge, mais c'est Hermione qui parla :

«Ça ne vous regarde pas. Contentez-vous donc de faire profil bas et de ne pas farfouiller dans les affaires des autres, cela vous aurait évité les ennuis de la nuit dernière.»

Draco la regarda en haussant un sourcil moqueur, la mauvaise foi ne l'étouffait visiblement pas. À une époque, elle était championne pour s'attirer tous les ennuis du monde en fouinant partout où il ne fallait pas. C'était d'ailleurs ce qui leur valait leur présence dans ce bureau. Si elle ne s'était pas incrustée dans sa vie, il ne serait certainement pas tombé amoureux d'elle et ils n'en seraient pas là. Rose baissa la tête en signe de soumission, elle décida qu'il n'était pas judicieux de pousser sa chance aujourd'hui. Elle tenterait plus tard, ça c'était sûr. Scorpius lui étaient déçu de ne pas avoir de réponse et il savait pertinemment que son père ne lui dirait rien. Frustré, il jeta un coup d'œil à Rose qui ne sembla pas plus inquiète que ça, ce qui le rassura. Il saurait sûrement plus tard. La petite tirade d'Hermione semblait avoir fait taire la curiosité des deux jeunes gens aussi Draco déclara :

«Bien les enfants. Sortez maintenant et allez chercher la Directrice. Nous devons parler de la sanction qui incombent aux jeunes gens fouineurs comme vous.»

Ils filèrent sans demander leur reste et les deux adultes se retrouvèrent seuls dans le bureau.

«Alors comme ça on conseille de ne pas farfouiller dans la vie des gens Granger, pourtant je crois me souvenir qu'à une époque tu étais très douée pour ça... Ça d'ailleurs ce qu'il nous vaut d'être ici, déclara Draco avec nonchalance.»

Hermione sourit légèrement.

«Je n'ai pas fouiné dans ta vie, je voulais juste savoir pourquoi tu avais l'air si triste. C'est Mrs Weasley maintenant, Malfoy.

- Malheureusement. Pour moi ce sera toujours Granger, dit amèrement Draco. »

En disant cela il s'était approché d'elle. Ils étaient maintenant debout face à face, le regard métallique de Draco rivé aux yeux chocolat d'Hermione. On pouvait y lire tellement de tristesse. Hermione s'était promis de ne jamais regretter le choix qu'elle avait fait ce soir-là, mais quand il la fixait comme ça c'était tout bonnement impossible. Elle leva une main vers son visage afin de le toucher, ça faisait tellement longtemps…

«Draco je...»

Mais elle ne finit pas sa phrase, la Directrice et les deux adolescents entraient de nouveau dans le bureau interrompant son geste et les faisant sursauter. Ils reprirent malgré tout vite contenance.

«Bien, commença la Directrice, au vu de vos actes et de ce qui les a motivés, vous serez collés tous les soirs 2h jusqu'à la fin du moins avec Monsieur Rusard.

- Je refuse, protesta Hermione, ma fille est en 6e année, elle ne peut pas perdre 2h à récurer le château avec R.. Monsieur Rusard. Je demande donc une punition plus éducative.

- Qui n'inclut pas d'envoyer mon fils dans la forêt interdite, précisa Draco qui se rappelait une fâcheuse expérience en première année.

- Je suis parfaitement d'accord avec Monsieur Malfoy, appuya Hermione qui se rappelait la même fâcheuse expérience.»

Minerva soupira en regardant ses deux anciens élèves. Ils allaient vraiment la rendre folle. Finalement heureusement qu'entre eux ça n'avait pas marché, elle n'osait même pas imaginer à quel point leur progéniture aurait été pénible.

«Très bien, je chargerai un professeur de les surveiller durant leur punition, ils travailleront leur cours, mais répareront tout de même les dégâts qu'ils ont causé dans le château. Bien sûr ils seront aussi privés de sortie à Pré-au-Lard.»

Drago allait protester mais c'était sans compter sur l'autorité que la Directrice avait encore plus ou moins sur lui.

«Pas un mot de plus Monsieur Malfoy, je pense avoir était assez indulgente comme ça. Rose, Scorpius vous pouvez retourner en cours. Mrs Weasley, Monsieur Malfoy je vous enverrai un courrier pour officialiser tout ça.»

Sur ces mots elle les congédia d'un regard. Les enfants comme les parents n'en menaient pas large et sortirent rapidement du bureau. Hermione dit au revoir à sa fille et Scorpius salua son père, puis chacun parti de son côté.

Hermione Granger marchait vite pour échapper à la présence de Malfoy qui la troublait beaucoup trop, encore aujourd'hui. Malheureusement pour elle, on n'échappait pas à un Malfoy et elle l'entendit trottiner derrière elle pour la rattraper.

«Granger attend !»

Elle se retourna vers lui, le regard interrogateur. Draco était frustré de leur conversation avortée, mais surtout il était en colère contre lui-même d'avoir tant voulu qu'elle le touche. Il passa outre et dit :

«Je voulais savoir ce que tu allais dire avant que...

- Non, le coupa Hermione, je... C'était pas important.

- Ne mens pas Hermione, je te connais, qu'est-ce que tu allais dire ?

- C'est une erreur, murmura Hermione.»

Mais devant son regard suppliant qui la ramenait tant d'années en arrière, elle finit par dire :

«Bon d'accord, mais pas ici, on pourrait nous surprendre.»

Elle avisa le collier encore dans ses mains :

«Montons à la salle sur demande, on remettra le collier à sa place comme ça.»

Hermione ne croyait pas si bien dire quand elle disait que l'on pourrait les surprendre. En effet deux silhouettes, presque identique aux leurs les suivirent jusqu'au 7e étage dans l'espoir de grappiller des informations.

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Dans son bureau Minerva soupira fortement une fois qu'ils eurent franchis la porte, pas mécontente que cela soit finis. De plus quand elle était revenue avec ses élèves, elle avait bien eut conscience d'interrompre quelque chose. Aussi, elle se tourna vers le portrait d'Albus pour en savoir plus. Elle se rendit compte qu'il n'était plus dans son cadre, elle attendit donc qu'il revienne avant de l'interroger :

«Alors Albus, que s'est-il passé ?

- Ma chère Minerva, je crois pouvoir dire sans me tromper que ces deux-là s'aiment encore. De plus ils sont actuellement en train de monter à la salle sur demande. Ils avaient l'air d'avoir des choses à se dire.»

Albus garda pour lui que Scorpius et Rose les suivaient, ne voulait pas leur attirer d'ennuis.

«Qu'ils s'aiment encore, après toutes ces années ? Il y a certes une certaine tension entre eux, mais on pourrait juste l'attribuer à leur histoire passée, pas spécialement à des sentiments amoureux...

- Ah Minerva, je vais vous raconter la scène.»

Et le tableau lui raconta tout, notamment le moment où ils avaient été seules dans le bureau. Minerva dû en convenir, il devait y avoir un restant d'amour quelque part.

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Au septième étage Hermione Weasley-Granger faisait apparaître la porte de la salle sur demande sous l'oeil attentif de Draco Malfoy. Scorpius dû retenir un gloussement quand il vit à quel point Rose pouvait ressembler à sa mère. Cette dernière lui donna d'ailleurs un coup de coude pour se venger, sachant pertinemment à quoi il pensait. Une fois que les adultes eurent refermée la porte derrière eux Rose dit :

«Bon bah y a plus qu'à attendre. Et arrête de rire toi ! Ton père et toi aussi vous vous ressemblez comme deux gouttes d'eaux ! À croire que ton père s'est cloné !

- Premièrement Miss Weasley, c'est un truc de Malfoy, tous les héritiers se ressemblent. Je soupçonne un sort sur tous les premiers nés de la famille, répondit Scorpius pensif.

- C'est sûr qu'autant de garçons et en plus si semblable c'est pas naturel !

- Hey ! C'est toi la pas naturel Miss-je-sais-tout bis, rit Scorpius.»

Rose croisa les bras à moitié boudeuse tandis que Scorpius tentait de la faire rire en la chatouillant.

À l'intérieur de la salle sur demande, l'ambiance était beaucoup plus tendue. Des années qu'ils n'y étaient pas retournés et la dernière fois n'avait pas franchement était empreinte de joie. Hermione resta figée près de la porte tandis que Malfoy s'approchait de la commode où les trois amis avaient laissées les photos traîner au sol, ainsi que la lettre d'Hermione. Cette dernière suivait son partenaire des yeux, c'était si étrange de le voir de nouveau dans cette pièce après tout ce temps. Elle finit par bouger et par aller l'aider. Ils ramassaient les photos en silence quand l'une d'elle attira son attention, la même qui avait intriguée sa fille la veille. Elle ne l'avait jamais vu. Draco avait dû la prendre à la fin de leur relation. Il la regardait d'ailleurs lui aussi. Hermione, pas la photo. Elle n'avait presque pas changé. Pour lui elle resterait toujours l'adolescente qu'il avait embrassé pour qu'elle se taise, dans cette même salle sur demande, bien que la première fois la pièce fut différente. Il cherchait un endroit tranquille pour se soûler à en oublier son nom, elle cherchait un endroit où se morfondre en paix à cause de Weasmoche. Ils s'étaient retrouvés tous les deux au même endroit, bien obligés puisque la porte avait décidé de ne plus s'ouvrir. Une fois qu'ils eurent fini de se jeter des insultes à la figure et que Malfoy eut bu plus la moitié de sa bouteille de Whisky Pur Feu. Elle commença à lui poser des questions sur ce qu'il faisait là, auxquelles il répondait par d'autres questions, premièrement parce qu'il ne voulait pas lui répondre et deuxièmement parce qu'il voyait bien que ça la faisait enrager. Immanquablement ils avaient fini par se disputer, encore.

Ils étaient face à face le souffle court d'avoir criés. Le visage d'Hermione avait pris une teinte sacrément rouge et Malfoy trouvait ça adorable, sûrement à cause de l'alcool qu'il avait ingurgité. Elle allait de nouveau ouvrir la bouche, mais il l'en empêcha. Il l'avait attiré à lui et avait posé ses lèvres sur les siennes. Il avait essayé de se convaincre que c'était uniquement pour la faire taire, mais tandis qu'il approfondissait le baiser en la rapprochant encore de lui, il sut que c'était bien parce qu'il la désirait. Hermione de son côté d'abord surprise aurait voulu le repousser, mais sa volonté s'était vite étiolée devant l'assaut des lèvres du Serpentard. Et bien loin de se séparer de lui elle lui répondait avec ferveur. Ce déferlement de passion les avait tous les deux prit de court et ils ne savaient pas comment lutter. C'est seulement quand la main de Draco se glissa dans son dos par dessous son chemisier qu'Hermione le repoussa violemment. Le frisson que lui avait provoqué le contact de sa peau lui avait fait peur. Ils étaient de nouveau face à face, essoufflés et complètement désorientés. Hermione avait l'impression d'étouffer alors que paradoxalement un grand vide semblait se former là où il se tenait un instant plus tôt. Sa chaleur lui manquait alors qu'elle venait tout juste d'y goûter. C'est alors que leur regard se croisèrent. Les iris métalliques de Draco, légèrement assombrit par le désir, semblait refléter les mêmes sentiments que celle d'Hermione. Et là ils surent, ça n'en resterait pas là, le manque se faisait déjà sentir. Effrayée par ces sentiments beaucoup trop forts pour elle, Hermione se dirigea en courant vers la porte qui cette fois s'ouvrit sans résistance. Draco était resté seul dans la salle sur demande, les bras ballants, le corps et le cœur en proie à une tornade qui ravageait toutes ses convictions sur son passage.

Il avait dû se perdre dans ses souvenirs un peu trop longtemps parce qu'Hermione le regardait étrangement. Il reprit contenance devant son regard interrogateur et ils finirent de ranger les objets dans la petite commode. Un fois cela finit, un silence pesant s'installa dans la pièce. Draco finit par le rompre :

"Pourquoi tu m'as laissé ce soir-là Hermione ? Pourquoi tu n'es pas battue pour nous ? De nous deux, c'était toi la courageuse Gryffondor !

- Draco, tu le sais très bien, on nous aurait tué sur le champ si ça avait été découvert. Quand bien même on ne se serait pas fait attraper ensemble, imagine que quelqu'un s'en soit rendu compte, de mon côté ça aurait été l'incompréhension totale et du tien..." elle frissonna "Du tien il t'aurait torturé et tué pour avoir osé toucher et aimer une Sang-de-Bourbe. M'aimer aurait été la pire traîtrise que tu aurais pu commettre. Je l'aurais pas supporté que tu meurs à cause de moi tu sais. J'en serais morte moi-même.

- Et après ? Après la guerre, pourquoi tu n'es pas revenue me chercher ? Répliqua-t-il douloureusement.

- Et toi, Malfoy, pourquoi tu l'as pas fait ?"

Un ange passa, Hermione était au bord des larmes.

"À cause de Weasley, tu avais l'air heureuse avec ce rouquin de malheur. Je vous ai vu vous embrasser après la bataille dans la grande salle et...

- Et tu as pensé que je t'avais oublié, que je n'avais plus aucun sentiment pour toi, finit Hermione ces paroles reflétant le même sentiment qu'elle avait eu.

- En même temps, je suppose que de toute façon t'afficher avec moi après la guerre n'aurait pas été facile. L'héroïne de guerre Hermione Granger et Draco Malfoy l'ancien Mangemort grand partisan du Seigneur des ténèbres. Ça aurait fait tâche. Weasley était un bien meilleur parti de ce point de vu là, répliqua Draco froidement."

Hermione sentit la colère monter en elle.

"Et toi alors ? Tu t'es bien empressé d'épouser Greengrass à ce que je sache ? Nous n'avions pas encore enterré tous nos morts que l'annonce de tes fiançailles faisaient les gros titres de la Gazette du Sorcier !! Admet plutôt que tu avais bien trop de fierté pour revenir me chercher ! "

Accusant le coup Draco ne répondit d'abord rien. Elle avait visé parfaitement juste. Puis il lâcha d'un ton sans appel :

"Et toi tu étais trop lâche pour admettre que tu m'aimais encore."

Hermione ouvrit la bouche sous le coup de l'offense. Cependant ce qui lui fit le plus mal ce n'était pas qu'il l'ait traitée de lâche, non, c'était qu'il avait eu parfaitement raison. Chacun se mura dans le silence, blessé dans son orgueil. Ils se fixaient, les yeux dans les yeux, dans l'espoir que l'autre céderait en premier. Mais aucun des deux ne semblaient disposé à se soumettre à l'autre. Hermione se souvenait très bien comment se jouait ces petites batailles d'orgueil à l'époque. Après s'être jeté les pires horreurs à la figure, et s'être défiés du regard comme des enfants, ils finissaient invariablement par s'embrasser et par faire l'amour. Une manière pour eux de se demander pardon. Cette fois-là ne différa pas totalement des autres. Draco finit par s'avancer vers elle, lentement, comme il s'approcherait d'un petit animal craintif. Il ne voulait pas qu'elle fuit. Il leva sa main et posa délicatement ses doigts sur la joue d'Hermione et les fit descendre doucement jusqu'au creux de sa gorge, appréciant au passage la douceur inchangée de sa peau. Il se rappelait tout en suivant des yeux la courbe que ses doigts traçaient, à quel point il aimait cette sensation, à quel point il connaissait chaque centimètre carré par coeur jusqu'au plus petit grain de beauté. Désormais il n'était plus sûr de la connaître tant que ça. La guerre et le temps avaient dû y laisser leurs marques impitoyables. Hermione n'avait pas bougé, elle l'observait en appréciant son touché. Une alarme dans sa tête lui disait que tout cela n'était pas bien et pouvait déraper d'une seconde à l'autre mais elle l'ignora royalement. Elle était beaucoup trop concentrée sur la main de Draco qui était maintenant passée derrière sa nuque et rapprochait doucement mais fermement sous visage du sien. Le coeur d'Hermione manqua un battement quand il plaça son autre main au creux de ses reins. Son corps ne réagissait plus comme la femme qu'elle était mais comme l'adolescente qu'elle avait été. Elle n'en pouvait plus d'attendre ce baiser beaucoup trop long à venir à son goût. Elle prit donc le col de chemise de Draco et l'attira à elle. Quand ses lèvres vinrent s'échouer sur les siennes, le temps paru reculer. Elle n'était plus elle, il n'était plus lui. Ils étaient en 6e année et venait encore de se disputer pour quelque chose de stupide. Hermione ne put que se demander comment elle avait tenu toute ces années sans lui. Draco lui avait cessé de penser, avec sa tête en tout cas. Son corps pensait pour lui, se souvenant parfaitement des gestes qui la faisait frémir. Le baiser devenait plus profond, plus fougueux, presque avide. Draco, dans un élan de passion, descendit ses lèvres jusque dans le cou de la Gryffondor qui laissa échapper un soupir de satisfaction.

"Draco... On… On devrait pas, murmura Hermione tant bien que mal"

Mais il semblait ne pas l'entendre et ses lèvres revinrent à l'assaut de celle de son ancienne amante. Entre deux baisers fiévreux, elle tenta de nouveau sa chance, tant que sa raison de l'avait pas encore quittée :

"Draco... Ce n'est pas bien..."

Un autre baiser la coupa, cette fois sa raison risquait réellement de se faire la malle. Surtout s'il continuait à faire glisser ses mains sur elle de cette manière, comme si elle était la plus belle femme qu'il ait jamais touchée. Il avait quand même épousé Astoria Greengrass, certains la soupçonnaient d'être un peu vélane tellement elle était belle.

"Drago... Ron... Astoria... On n.…"

Draco s'était brusquement éloigné d'elle. Astoria, oui, sa femme, il ne pouvait pas lui faire ça. On pouvait attribuer tous les vices à Draco Malfoy, mais il n'était pas infidèle. Il avait fait un serment à Astoria le jour de leur mariage et il n'était pas homme à le rompre, qu'importe que son coeur appartienne à une autre et lui ait toujours appartenu. Au regard désespéré que lui jeta Hermione, il sut qu'il en allait de même pour elle.

"Oui tu as raison. Il..il ne faut pas. Nous avons eu notre chance. Maintenant nous sommes mariés, avons une vie, des enfants...

- Des enfants qui sortent ensembles, renchérit Hermione narquoisement.

- En effet... sourit Draco."

Plus aucun ne dit rien, jusqu'à ce qu'Hermione pense à une chose à laquelle elle aurait préféré ne pas penser.

"Bon sang Malfoy ! J'espère bien que ton fils n'entraîne pas ma petite Rose ici pour y faire ce que nous y faisions !"

Drago partit dans un grand éclat de rire.

"Sérieusement Granger, tu penses à ça dans un moment pareils ? Ceci dit c'est un Malfoy, je te garantis rien. Enfin je crois bien me souvenir que tu n'étais pas la dernière pour nous entraîner ici, alors si Rose en comme toi, Scorpius doit pas avoir trop de mal à la convaincre. Je soupçonne même que ce soit à elle de le convaincre.

- Malfoy ! S'indigna Hermione.

- Et bien quoi ? Je crois me souvenir d'un certain nombre de fois où juste un regard nous a amené ici.

- Stop je veux plus t'écouter. Ma petite Rose avec ton fils. Je ne veux même pas y penser...

- Ça va, ce n'est pas si terrible, s'exclama Malfoy.

- Pardon, le tempéra Hermione. Ce que je voulais dire c'est que c'est encore une petite fille."

Drago leva un sourcil moqueur devant cette remarque purement mère poule et histoire d'enfoncer le clou ajouta :

"Ça je ne crois pas, si elle a suivi les pas de sa mère, elle ne l'est plus depuis quelques temps.

- Raah tais-toi ! Malfoy je te hais, s'écria-t-elle en pointant sur lui un doigt accusateur.

- Calme-toi ma belle, on sait toi et moi que c'est faux, répliqua-t-il son éternel sourire en coin accroché à ses lèvres."

Comprenant qu'il avait dit ça uniquement pour la faire enrager, elle lui sourit en retour. Oh ça non elle ne le haïssait pas, mais il valait mieux ne pas le dire. De toute façon elle n'avait pas besoin de le faire, il savait, tout comme elle savait. Le collier pouvait en témoigner.

"Bon aller on y va ? Demanda Malfoy.

- On y va, répondit Hermione."

Elle réajusta sa tenue et sortit à suite.

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Rose et Scorpius qui se chamaillaient gentiment sursautèrent en entendant s'ouvrir la porte de la salle sur demande. Ils rejoignirent rapidement une cachette d'où ils pourraient voir et entendre la conversation qui allait suivre.

"Bon et bien c'est là que nous nous séparons, dit la mère de Rose la voix pleine de tristesse.

- Il faut croire, répondit Draco sur le même ton. Au revoir Granger.

- Au revoir Malfoy."

Il commençait partir mais à peine avait-il fait trois pas qu'il se retourna vers elle. Elle n'avait pas bougé. Il rebroussa chemin et se planta juste devant Hermione. Soudain sans prévenir il se pencha vers elle l'embrassa de nouveau. Si les baisers précédents avaient eu le goût des retrouvailles, celui-ci avait le goût des adieux. Peut-être était-ce pour cela que c'était le meilleur qu'ils n'aient jamais échangé. Tout semble meilleur quand c'est la dernière fois. La dernière chocogrenouille du paquet avait toujours meilleure goût que les autres.

Rose avait porté une main à sa bouche béattement ouverte en voyant ça, tandis que Scorpius était figeait dans une expression de stupeur absolue. Son père était en train d'embrasser Hermione Granger comme jamais il n'avait embrassé sa mère. Son père était entrain actuellement de tromper sa mère. Inutile de dire que Rose pensait exactement la même chose et que nos deux malheureux espions ne savaient pas quoi faire de cette information. Cependant au lieu de fuir ils restèrent là, beaucoup trop curieux de savoir ce qui allait se passer maintenant.

Dago et Hermione finirent par rompre le baiser, à bout de souffle. Front contre front ils s'observèrent encore quelques secondes puis Drago souffla :

"Adieu Hermione."

Celle-ci ferma les yeux pour ne pas pleurer puis replongea ses orbes chocolat dans le métal du regard de l'ancien Serpentard.

"Adieu Draco."

Il se recula doucement, fit quelques pas à reculons sans lâcher Hermione des yeux, puis partit. Cette fois sans se retourner. Ils avaient mis un point final à leur histoire.

Scorpius et Rose, toujours sous le coup du choc durent se rappeler comment bouger pour éviter que la mère de cette dernière ne les repères. Ils se tassèrent encore plus dans leur cachette quand elle passa devant eux puis en sortirent une fois qu'elle fut hors de vue.

«Par Merlin..., souffla Rose

- Par Salazar, Godric, Rowena, Helga et tous les autres..., compléta Scorpius. On vient vraiment de les voir s'embrasser ?»

Tous les deux plantés au milieu du couloir méditaient ce fait.

«Tu crois qu'ils vont se revoir ? Demanda soudainement Rose.

- Non je ne pense pas, lui répondit Scorpius songeur. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils ont l'air de beaucoup trop s'aimer pour ça.

- Que veux-tu dire ?

- Et bien si mon père essayait de récupérer ta mère et inversement, cela ferait plus de mal qu'autre chose. De toute façon leur amour appartient à Poudlard.»

Rose acquiesca.Ils restèrent plantés là dans le couloir à regarder la porte disparaître du mur.

La Directrice venait de quitter son bureau quand Albus Potter sortit enfin de sa cachette, peu mécontent d'enfin se dégourdir les jambes. Il enleva sa cape d'invisibilité et sauta prestement au sol quand une voix l'interpella:

«Monsieur Potter!

-Professeur Dumbledore, lui répondit Albus en souriant.

-Ce n'est pas bien d'espionner les conversations comme ça, le gronda gentiment le tableau.

-Promis vous ne m'y reprendrez pas, dit Albus en croisant les doigts.

- Filez maintenant!»

Albus commença à se diriger vers la porte quand le portrait l'arrêta une dernière fois:

«Au fait si j'étais vous j'irais faire un tour au septième étage, vous devriez y voir quelque chose d'intéressant.»

Le fils du Survivant lui sourit et sortit du bureau sous le regard bienveillant du tableau.

Albus Potter arriva au septième étage au moment où Draco Malfoy et Hermione Granger sortaient de la salle sur demande, aussi il assista à la même scène que ses camarades mais sa réaction fut bien différente. Il regarda cet amour tragique prendre fin et espéra que leurs héritiers ne finiraient pas de la même manière. En parlant du loup Rose et Scorpius sortirent de leur cachette, complètement abasourdis, après que les adultes soient partis. Albus écouta leur discussion, et trouva que Scorpius avait raison. Il allait signaler sa présence quand ce dernier repris la parole:

«Tu sais Rose, je ne ferais pas la même erreur que mon père…

-C'est-à-dire?

-Je ne laisserai pas passer ma chance. Regarde comme ils sont malheureux finalement, notre petite escapade n'a fait que leur rappeler qu'ils avaient fait le mauvais choix. Moi, elle m'a appris autre chose qu'il faut pas laisser tomber quand on aime. C'est une connerie monumentale. Du coup Rose je tiens à te faire une promesse...»

A ce stade Albus avait la mâchoire au sol, jamais son meilleur ami n'avait aligné autant de mots dans la même phrase, surtout pour parler de ce qu'il ressentait.

«… Je ne laisserai jamais tomber, toi et moi. Je ne suis pas mon père et… Je t'aime Rose.»

Rose, à l'image de son cousin planqué, était muette de stupeur. Aussi il se passa quelques secondes avant qu'elle ne réagisse. Scorpius ne disait jamais «Je t'aime». Il le montrait mais jamais il ne le disait. Aussi ces mots avaient énormément d'impact et comptaient beaucoup pour la Gryffondor. Elle ne lui répondit pas, elle s'approcha de lui et se hissa sur la pointe des pieds pour sceller ses lèvres aux siennes. Nul besoin de mots le serpent compris le message.

Dans son coin Albus les regarda avec tendresse. Il n'y avait pas à dire, ils étaient faits l'un pour l'autre. Pas parce qu'ils ressemblaient à leurs parents, mais justement parce qu'ils se différenciaient d'eux. Au bout d'un moment le fils du Survivant en eu marre de les voir s'embrasser langoureusement, surtout que franchement ça commençait à devenir indécent. Et vu qu'ils n'étaient pas très loin de la salle sur demande, il se dit qu'il allait sûrement y avoir deux absents en cours cette après-midi. Il sauta sur ses pieds et sorti d'une des poches de sa robe de sorcier un vieux parchemin sur lequel il jura solennellement que ses intentions étaient mauvaises. De nouvelles aventures l'attendaient et en particulier une jeune Serdaigle qu'il avait rencontré en Histoire de la Magie.