Auteur : Mangafana

Disclaire : Rien ne m'appartient.

Bonne lecture.

Ce jour là, John était en train de s'habiller pour aller à la clinique. C'était une période creuse, il n'y avait pas d'enquête et pendant ces temps de « loisirs », comme les appelait Sherlock, il travaillait comme chirurgien consultant dans une clinique pour se faire un peu d'argent.

Contrairement à son colocataire, il ne pouvait pas se permettre d'être oisif et de ne pas travailler. Il lui fallait bien gagner de quoi élever sa fille.

John eut un petit sourire en pensant à sa poupée blonde. Poupée qui avait maintenant 10 ans et qui le grondait à chaque fois qu'il l'appelait par ce surnom.

Sa fille avait dormi chez son amie Suzie cette nuit et elle passait la journée avec elle, ce qui expliquait qu'il n'était pas si pressé ce matin que les autres matins.

John finissait de faire ressortir le col de sa chemise sous son pull lorsqu'un bruit d'explosion se fit entendre. Ne cherchant pas à se poser de questions, John couru en direction du bruit. Il savait que l'explosion venait de la cuisine, là où son infernal colocataire avait profité de l'absence de sa fille pour prendre possession de la table à manger et faire ses expériences.

-Sherlock ?

En arrivant sur place, John ne vit rien du tout. Une épaisse fumée envahissait l'espace.

John couru vers les fenêtres du salon pour assainir l'air et remercia le ciel que Mme Hudson soit partie rendre visite à sa sœur, sinon elle leur aurait encore crié dessus.

Se retournant pour chercher son colocataire et s'assurer qu'il allait bien, John fut coupé dans sa course par un bruit étonnant … un bruit qu'il n'avait plus entendu depuis bien longtemps.

Cherchant la source de ce bruit tout en battant des bras pour essayer de dissiper la fumée, John tomba sur un spectacle qu'il n'aurait jamais pensé voir. Devant lui, assit par terre et pleurant à chaude larme se trouvait une version enfant de son colocataire.

Le bambin ne devait pas avoir plus de 4 ans mais il portait un haut de pyjama d'adulte en soie. John l'examina de plus près et eut bien du mal à se remettre de son étonnement. L'enfant avait une peau très pâle, des lèvres charnues et des pommettes saillantes. Il avait au sommet du crâne une touffe de cheveux noirs, bouclés et indisciplinés.

John s'approcha encore d'un pas et demanda, empli de doute :

-Sherlock ?

L'enfant cessa de pleurer brièvement et tourna la tête vers lui. John n'avait alors plus aucun doute, les yeux bleus presque limpides de l'enfant ne pouvaient mentir, c'était Sherlock. Mais sur quoi pouvait bien bosser ce crétin ? se demanda John.

L'enfant, voyant que l'adulte qui l'avait appelé le regardait sans réagir, reprit là où il s'était arrêté, c'est-à-dire qu'il recommença à pleurer.

Rapidement, John prit l'enfant sous les bras et le porta sur le canapé du salon pour l'éloigner de la fumée puis, alors qu'il retournait dans la cuisine pour ouvrir la fenêtre et ainsi faire courant d'air, il envoya un rapide message à son supérieur à la clinique pour lui dire qu'il serait absent. C'était un accord entre eux. Il pouvait s'absenter quand il le voulait, mais quand il était présent, il commençait à 8h00 et finissait ses journées à 23h00 ou minuit. C'était sa contrepartie pour ses absences parfois très longues.

Enfin, une fois son message envoyé, il appela quelqu'un.

Ce numéro l'appelait quelque fois mais jamais, au grand jamais, lui n'avait fait le moindre appel ou le moindre message. C'est pourquoi son interlocuteur décrocha immédiatement, sans doute saisi par l'étonnement.

- Ramenez-vous ici tout de suite, c'est urgent.

Puis il raccrocha sommairement.

Il ouvrit la fenêtre puis retourna vers mini-Sherlock.

L'enfant s'était un peu calmé et regardait autour de lui, intrigué.

-Sherlock ?

-Tu es qui ?

-Tu ne te souviens plus de moi ?

-Touche pas mon kiki !

-Quoi ?

-Touche pas mon kiki, j'ai dit !

-Mais, je ne veux pas …

-Ah ? T'es qui alors ?

-Je suis John.

-Ou sont papa et maman ?

-Tu ne te souviens de rien ?

-De quoi je devrais me souvenir ?

-Euh …je … Tes … tes parents sont partis en voyage. C'est moi qui te garde ici.

-Je ne m'en souviens pas. Dit le petit en boudant.

John s'assit à côté de lui sur le canapé, mais pas trop près, puis lui demanda :

-Dis, ce que tu as dit tout à l'heure …

-Quoi ?

-Qu'il ne fallait pas que je touche ton kiki … quelqu'un à déjà essayé ? Demanda John, presque effrayé de poser la question et de la réponse à venir.

-Non.

Soulagement extrême de John.

-Alors pourquoi tu as dit ça ?

-C'est ce que maman m'a dit. Que personne n'a le droit de toucher mon kiki.

-Et ta maman a bien raison. Il n'y a personne à part toi et les docteurs mais seulement dans certains cas. Et plus tard, c'est toi qui décideras.

-Ah bon ? Mais ce n'est pas pour toujours ?

John sentait bien qu'il dérivait vers une conversation qui avait déjà été assez éprouvante à avoir avec sa fille alors avec la version miniature de son colocataire, non merci.

-Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ?

Sherlock haussa les épaules et dit :

-Chais plus.

-Mais tu te souviens de ton papa et ta maman ?

-Ben oui.

-Et de quoi d'autre ? C'était quoi la dernière leçon que tu as apprise à l'école ?

-J'vais pas à l'école, les autres ils sont méchants et bêtes. Toi aussi t'es bête.

-Moi ? Tu ne me connais pas, comment tu pourrais le savoir ?

-C'est Mycroft qui m'a dit ça, que les autres étais tous bêtes à part nous.

-Et ben bravo l'éducation. Dit John tout doucement.

-Quoi ? Demanda Sherlock qui n'avait pas entendu.

-Rien, rien. Mais tu sais, tout le monde n'est pas bête. Il y a juste des gens qui ont plus de connaissances que d'autres et d'autres qui sont plus doué dans un domaine particulier, c'est tout.

-Ah bon ?

-Oui. Toi, tu es intelligent !

-Je suis un génie ! S'exclama Sherlock.

-Au temps pour la modestie. Dit encore tout doucement John. Puis tout haut : Oui, tu es un génie, mais tu vois, ta chemise. Elle est très jolie. Tu saurais en faire une pareille ?

-Ben non.

-Et bien celui qui a fait cette chemise est un génie de la couture. Tu vois, il y a plein de génies différents.

-Et toi, tu es un génie de quoi ?

-Je suis médecin. Je ne suis pas un génie mais ce que je sais suffit un peu pour soigner les gens.

-Comment tu t'appelles ?

-Oh, je m'appelle John.

-Tu vis ici ? C'est joli.

-Oui, je vis ici avec ma fille Rosie et mon …. Et c'est tout.

Sherlock fit la moue.

-Quoi ?

-J'aime pas les filles.

-Pourquoi ?

-Elles pleurent tout le temps et elles ne veulent pas jouer avec moi aux énigmes.

-Ne t'inquiète pas, quand Rosie reviendra ce soir, tu pourras jouer avec elle, elle ne pleure pas souvent et elle est très forte en énigme.

En même temps, se dit John, avec un parrain comme Sherlock qui s'était occupé d'éveiller l'esprit de Rosie, la petite fille faisait clairement partie du haut du panier en terme de maturité et d'intelligence … toute modestie mise à part, bien sûr.

-Pourquoi tu te dandines, comme ça ?

-Il faut que j'aille faire pipi.

-Pourquoi tu ne l'as pas dit avant ? Viens avec moi, je vais te montrer la salle de bain.

John se leva et par réflexe, tendit la main. Sherlock se leva et saisie la main tendue.

Alors que John avançait lentement, il jeta un œil à Sherlock et ne pu s'empêcher de sourire. Le petit garçon était vraiment très mignon. Il n'avait jamais eu assez d'imagination pour essayer de se représenter son ami enfant, pourtant, à le voir comme ça, si naïf et croyant tout ce qu'un adulte lui disait, Sherlock était vraiment craquant.

-Les toilettes sont là. Tu sauras te débrouiller ?

L'enfant le regarda alors d'un regard méprisant et glaçant, même pour un enfant, et rentra dans la salle de bain en fermant la porte au nez de John.

Ne pouvant s'en empêcher, John eut un petit rire. S'il avait encore eu le moindre doute, cette fois, il n'en avait plus. Cet enfant était bien son meilleur ami.

John, pour ne pas troubler l'enfant, décida de ne pas rester devant la porte. Il rejoignit donc la cuisine et essaya de comprendre sur quoi travaillait son meilleur ami. Malheureusement, comme souvent, les travaux sur la table dépassaient de très loin son niveau. Il décida pourtant de ne pas toucher aux différents éléments car cela serai sans doute nécessaire pour faire redevenir son ami.

Il entendit la chasse être tirée et les robinets s'ouvrirent puis se fermer et enfin, l'enfant réapparu devant lui.

-Dis ?

-Oui ?

- Si c'est mon papa et ma maman qui m'ont emmené ici pour que tu me gardes, pourquoi je n'ai pas mes vêtements ? Pourquoi j'ai qu'une chemise de grand ?

Aïe ! En même temps, Sherlock était un génie et il le restait même enfant donc John n'aurai pas dû être étonné. Pourtant … maintenant, il ne savait pas quoi dire.

Heureusement, la porte d'entrée s'ouvrit et se referma en claquant, empêchant John de répondre, pour son plus grand soulagement.

Mycroft passa alors la porte de l'appartement :

-John, que me vaut … Sherlock ? Demanda, interloqué, Mycroft en avisant l'enfant.

-Mycroft ? S'écria Sherlock. Mais … t'es super grand et gros !

Mycroft plissa son nez et dit :

-Je ne suis pas gros ! Et toi, que t'est-il arrivé ?

-Euh … Mycroft ! S'interposa John.

-Mais pourquoi tu es devenu vieux ?

-Sherlock, est-ce que tu peux aller lire un peu, s'il te plait ? Je dois parler avec Mycroft.

-Mais …

-Sherlock … Tiens, voici un livre de ma fille Rosie. Le but, c'est de trouver Charlie, tu vois, ce personnage, là. Est-ce que tu veux bien le chercher, s'il te plait ? Tu me les montreras quand tu les auras tous trouvés, d'accord ? Demanda John en lui tendant le fameux livre.

Sherlock gonfla ses joues puis prit le livre et parti bouder sur le canapé.

Mycroft le suivi des yeux puis se tourna vers John :

-Quel est cette farce ?

-Vous pensez vraiment que je n'ai que ça à faire, d'élaborer des blagues comme ça ?

-Mais que s'est-il passé ?

-Je n'en sais rien. Je me suis réveillé, j'ai vu Sherlock dans la cuisine sur une expérience, je lui ai dit bonjour et comme toujours, il ne m'a pas répondu. Je suis allé prendre ma douche et m'habiller dans mon ancienne chambre et c'est là que j'ai entendu l'explosion.

-Une explosion ?

-Oui. Je suis arrivé rapidement et la pièce était remplie de fumée. J'ai ouvert toutes les fenêtres et … quoi ?

En effet, pendant son récit, John avait vu Mycroft le scruter intensément.

-Je me demandais si c'était la fumée qui était la cause de son rajeunissement. Mais comme vous y avez également été exposé et que vous ne semblez pas plus jeune, j'imagine que ce n'est pas le cas.

-Dîtes tout de suite que vous me trouvez vieux ! S'exclama John un peu vexé.

-Certainement pas vieux, John, vous êtes plus jeune de quelques années que moi et je ne me considère pas comme vieux, quoi qu'en dise Sherlock.

John eu un petit rire et reprit :

-Oui enfin bref, j'ai ouvert les fenêtres et j'ai trouvé Sherlock … enfant, pleurant par terre. Je ne l'ai pas examiné mais il ne semblait pas blessé donc je pense qu'il a juste eu peur d'être dans un environnement étranger et il à aussi peut-être eu peur du bruit de l'explosion.

-Mais sur quoi travaillait Sherlock ?

-Aucune idée. J'ai essayé de comprendre mais Sherlock ne prenait pas de notes et c'est trop compliqué pour moi.

-Je peux jeter un œil mais je ne me suis jamais spécialisé dans les sciences.

-Il y a un liquide renversé sur la table, est-ce qu'il vous serait possible de faire un prélèvement et de le faire analyser ?

-Je peux le faire analyser mais je ne saurai pas faire de prélèvement sans corrompre l'échantillon.

-Je m'en occupe. Déclara John en se dirigeant vers la cuisine.

Il prit un tube à essai et un petit racloir stérile. Mycroft le suivi et le regarda faire tout en surveillant Sherlock du coin de l'œil. L'enfant semblait absorbé par le livre.

-Pensez-vous qu'il travaillait sur un remède contre le vieillissement ? Cela ne lui ressemble pas.

-Je ne pense pas. Je pense que c'est un effet secondaire non désiré.

-Comment a-t-il pu en arriver là ?

-Aucune idée. Dit John en lui tendant le tube à essai plein de substance inconnue.

-Merci. Je fais analyser ça et je vous tiens au courant. Bon courage, John. Dit Mycroft en se retournant.

Avant qu'il n'atteigne la porte, John avait mit une main sur son épaule et l'avait retourné :

-Où comptez-vous aller, comme ça ?

-Eh bien …

-Ne croyez surtout pas que je vais m'occuper de Sherlock tout seul.

-N'est-ce pourtant pas ce que vous faîtes depuis des années ?

-Je m'occupe d'un adulte qui a quelque fois un comportement d'enfant. Pas d'un enfant avec le QI d'un adulte ! Et puis c'est votre frère, occupez-vous en. Où confiez-le à vos parents.

-Impossible, ils sont en voyage.

-Vraiment ? C'est ce que je lui ai dit quand il m'a demandé où était ses parents. Ravi de ne pas avoir menti.

-En tout cas, je ne m'occuperai pas de lui, je suis occupé, j'ai du travail.

-Ah parce que moi j'enfile des perles, peut-être ? Moi aussi j'ai du travail. Et j'ai dû prendre ma journée pour régler ce problème. Mais demain, je dois être au boulot. Contrairement à une connaissance commune, je ne peux pas me permettre de ne pas travailler, j'ai des factures à payer. Encore plus vu que Sherlock n'est pas opérationnel et que je n'aurai plus la ressource de partager la moitié du paiement de la résolution de ses enquêtes.

-Si c'est l'argent le problème …

-Non, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est que je dois élever ma fille et que je n'aurai ni la patience ni le courage d'élever Sherlock en plus. Alors il va falloir que vous y mettiez du vôtre.

-Je me suis déjà occupé de Sherlock lorsqu'il était enfant.

-Génial, puisque vous savez faire, vous vous en sortirez très bien.

-Ce que j'allais dire, si vous ne m'aviez pas interrompu, c'est que j'ai déjà aidé à l'éduquer une fois et que je n'ai aucun désir de recommencer.

-Et bien c'est bien dommage parce que si vous me faîtes faux bon, je n'hésiterai pas …

-Oui ? À quoi ? Je serai curieux de connaître votre menace ! Vous êtes trop bon et vous aimez trop Sherlock pour l'abandonner où lui faire du mal.

-… ce n'est pas faux… alors je n'hésiterai pas à venir tous les jours au club Diogène pour vous harceler en parlant fort !

John se senti puérile devant cette menace ridicule et il le vit bien en voyant le sourire goguenard se former sur les lèvres de Mycroft.

-Et je le dirai à vos parents quand ils rentreront de voyage.

Là, Mycroft ne souriait plus du tout.

-Sérieusement ?

-Très sérieusement. Je vous rappelle que je sais où ils habitent.

-Bien … puisque vous le prenez ainsi. Je vais vous communiquer mon adresse, vous n'aurez qu'à venir quand vous aurez fait vos bagages.

-Euh … non, je ne pense pas. C'est vous qui allez venir ici.

-Moi ? Et en quel honneur ?

-Si je pars, je payerai un loyer pour rien, ce qui est inenvisageable. De plus, mon travail se trouve à deux pas ainsi que l'école de Rosie et je ne veux pas lui faire changer d'environnement.

John vit Mycroft sursauter.

-Vous n'avez tout de même pas oublié que j'avais une fille … n'est-ce pas ?

-Non … non, c'est juste que je n'avais pas pris en compte que …

-Que quoi ? Que j'allais partir avec elle ? Vous voulez quoi, que je l'abandonne ici pendant que je viens vivre chez vous pour élever votre frère ? Demanda John totalement ahuri par la réflexion de Mycroft.

- Non, bien sûr, pardonnez-moi, John. Dit doucement Mycroft.

-Donc c'est décidé, vous veniez vivre ici le temps que l'on résolve ce problème.

-Et quand vous dîtes ici, ou l'entendez-vous ? Parce qu'il n'y a que 2 chambres et nous serons 4.

John haussa les épaules et dit :

-Les enfants peuvent dormir dans la même chambre, à l'étage et vous prendrez la chambre de votre frère. Je dors sur le canapé lit depuis que j'ai réaménagé ici avec Rosie alors ça ne change rien pour moi.

Mycroft considéra son interlocuteur quelques instants puis acquiesça :

-Très bien. Je m'occupe de faire livrer ici un deuxième lit une place qui sera monté dans votre ancienne chambre ainsi que ma garde robe qui sera installée dans la chambre de Sherlock pendant que vous allez lui acheter des vêtements.

-Vendu. Dit John en lui tendant la main.

Mycroft soupira puis lui serra la main.

-Je ne vous savais pas si fin négociateur, John.

-Cela fait presque 15 ans que je côtoie votre frère, j'ai appris quelques trucs. Ricana John.

Mycroft hocha la tête et se retourna vers la porte en lançant :

-A ce soir mon cher Watson, et bon courage.


Bon courage, ruminait John. Tu m'étonnes que ce sadique lui ait souhaité bon courage. Il savait très bien qu'il se réservait la partie la plus drôle, faire livrer un lit et des fringues, ce n'était rien. Lui, ça faisait 2 heures qu'il écumait les magasins de vêtements pour le petit Sherlock.

L'enfant était aussi pointilleux et exigeant sur la qualité de ses vêtements que sa version adulte.

John avait commencé par nettoyer la table pour que l'enfant ne se coupe pas dessus ou n'ai pas l'idée de mélanger les ingrédients. Puis il l'avait laissé 5 minutes le temps d'aller acheter des slips, un pantalon et un teeshirt au magasin du coin.

Ne connaissant pas sa taille, il avait prit des vêtements trop grand et ça avait été la croix et la bannière pour les faire porter à l'enfant. Même avec l'argument que ce n'était que des vêtements provisoires en attendant d'aller en acheter des neufs parce que ses parents avaient oubliés de les lui donner en leur confiant leur enfant, Sherlock n'en voulait pas. Il se plaignait que le slip le grattait et que les teeshirts étaient pour les plébéiens.

Après plus de 30 minutes de négociations acharnées, les deux hommes étaient enfin dehors à chercher un magasin qui vendrait des chemises pour enfant et des slips en satin.

Jamais, au grand jamais John n'aurait pensé qu'il pouvait être si difficile d'habiller un enfant. Dire qu'il se plaignait quand Rosie l'entrainait dans un magasin de vêtements pour filles et lui demandait de rester dehors le temps qu'elle choisisse et qu'elle ne l'appelle que pour payer. S'il n'insistait pas, il n'avait même pas le droit de regard sur ces vêtements. Mais en fait, John se rendait compte que sa fille lui épargnait bien des peines.

Ce que Sherlock ne faisait pas. Et cela faisait des heures qu'ils faisaient des essayages et changeaient de boutiques. John avait bien essayé d'être ferme et de dire à Sherlock que maintenant, il fallait choisir et rentrer mais comme avant, il avait suffit qu'il le regarde avec ses grands yeux bleus et un froncement de sourcil et John avait cédé. De plus, Sherlock était tellement désagréable et même sans sa capacité infaillible de déduction, Sherlock faisait des suppositions fondées et avait fait pleurer 2 vendeuses. Le seul moment où Sherlock avait été gentil, c'était quand il avait demandé à John s'il pouvait lui acheter une peluche pour dormir.

Même avant, John avait toujours été incapable de lui dire non, mais avec cette petite moue mignonne, John savait qu'il était perdu. Il avait bien sûr acheté la peluche avec plaisir et avait changé de boutique pour trouver les vêtements qui conviendraient le mieux au garçon.

Finalement, ils s'étaient enfin arrêté dans un tailleur qui avait accepté de faire des costumes sur-mesure sur Sherlock et l'enfant avait enfin souri et été gentil.

John avait failli s'étouffer dans sa salive en voyant les tarifs mais il s'était dit qu'il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait être tranquille.


En revenant des courses en fin d'après-midi avec plusieurs paquets en main, John et Sherlock eurent la surprise de voir Mycroft penché sur un ordinateur, installé sur la table de la cuisine.

-Déjà là ? Demanda John.

-Oui et bien je voulais être sûr que mes costumes arriveraient en bon état.

-Je vois. Dit John en posant ses paquets par terre. Et le lit ?

-Installé dans la chambre du haut ainsi qu'une penderie.

-Parfait. Sherlock, et si tu montais tes nouveaux habits ?

L'enfant le regarda en haussant les sourcils puis alla s'asseoir à côté de Mycroft. Le grand frère adressa un sourire ironique à John qui soupira et alla se laver les mains.

-Bon, alors, tu me dis comment tu es devenu si vieux d'un coup ?

Cette fois, c'était John qui adressa un sourire à Mycroft mais le sien voulait dire « démerdez-vous ».

-Je ne suis pas devenu vieux, je suis devenu adulte.

-Mais tu fais plus vieux que Lucien.

-Lucien … le vieux poivrot qui était toujours assit devant le bar du village, une pinte à la main ?

Sherlock fit oui de la tête et Mycroft répondit tout en grinçant des dents :

-Charmant.

Il entendit John ricaner derrière lui puis dit :

-J'ai quel âge, déjà, pour toi ?

-Tu as 15 ans.

-Ah oui, ça c'est un sacré coup de vieux. Dit John en riant.

-Au lieu de vous moquer, un peu d'aide ? Demanda Mycroft, un peu à court d'idée.

John prit une chaise et s'installa à la table avec eux :

-Quand certaines personnes atteignent 15 ans, elles sont atteintes d'une maladie. C'est la maladie de Benjamen Button à l'envers et ils vieillissent d'un seul coup pour s'arrêter à l'âge adulte. Ils trouvent alors un travail et sont considérés comme des adultes par tout le monde.

Le petit garçon fronça les sourcils et demanda :

-Qu'est-ce que tu en sais ?

-Je suis docteur.

-C'est vrai ?

-Bien sûr que c'est vrai. Soutint John sans sourciller. Et maintenant, va ranger tes affaires dans la penderie vide de la chambre de l'étage sinon je t'inocule la maladie et toi aussi tu vieilliras d'un coup.

Sherlock fit un hoquet surpris et se précipita vers les paquets pour les saisir et monter les escaliers en courant.

-Bravo. Je ne vous aurai jamais cru capable d'un tel chantage, encore moins envers un enfant. Et cette histoire est ridicule.

-En attendant, je vous ai sorti du pétrin et il m'a obéi. "Merci" est le mot que vous cherchez et "de rien" est ce que je vous réponds. Dit John en lui souriant et en se levant.

Il s'approcha alors du frigo et l'ouvrit pour en regarder le contenu.

-Je vais commencer à préparer le repas. Rosie ne devrait pas tarder à rentrer.

Justement, à ce moment là, la porte d'entrée claqua contre le mur et un pas rapide et léger montait les 17 marches menant à leur appartement.

-Papa, je suis rentr …ée. S'écria Rosie avant de finir sa phrase plus doucement en apercevant Mycroft. Oh … bonsoir.

-Bonsoir ma chérie.

John regarda sa merveilleuse petite fille. Rosie avait déjà 10 ans et elle ressemblait de plus en plus à feue sa mère. Que ce soit physiquement ou dans son caractère, elle avait tout prit d'elle sans même la connaitre. Quelque fois même, alors qu'il discutait avec elle, il croyait revoir ses attitudes et expressions. Il vénérait sa fille et il la connaissait par cœur. De fait, il savait très bien que Mycroft avait toujours beaucoup impressionné la petite fille qui ne savait jamais comment s'y prendre avec lui. Après tout, ils n'avaient que peu d'interaction. Le peu de fois où elle l'avait vu, il ne parlait presque exclusivement qu'avec son parrain et ne faisait pas attention à elle alors le voir installé dans sa cuisine devait beaucoup la surprendre.

-Bonjour mademoiselle Watson.

-Monsieur Holmes.

-Allons, nous allons tous habiter ici pendant un certain temps donc je pense que vous pouvez vous tutoyer et vous appeler par vos prénoms.

Sa fille eut l'air terrorisée par cette perspective tandis que Mycroft soupirait et disait :

-Oui, je pense que c'est de circonstance. Au reste, j'ai toujours trouvé ridicule de vouvoyer une petite fille. Bien, Rosie, pendant mon séjour ici, soyons amis et tutoyons nous. D'accord ?

-Vous … vous allez habiter ici ? Demanda la petite fille presque terrorisée.

-Rosie chérie, assieds-toi, il faut que je t'explique quelque chose.

John débarrassa sa fille de son sac et la conduit jusqu'à une chaise.

-Tu vois, ton parrain faisait une expérience qui a mal tourné. Il a rajeuni. Il a maintenant 4 ans. Pour m'aider à l'élever, Mycroft va rester avec nous jusqu'à ce qu'on trouve une solution pour le faire vieillir à nouveau.

-… C'est une blague ?

-Non chérie. D'ailleurs, tu vas devoir partager ta chambre avec lui. Mais ne t'inquiète pas, j'ai mis un paravent entre vos lits pour que vous ayez chacun votre intimité. Il ne se souvient de rien, il ne se souvient pas d'avoir été adulte. Je compte sur toi pour prendre soin de lui, l'aider à s'habituer à sa vie ici et jouer avec lui, d'accord ? Et bien sûr, tout ce dont nous venons de parler doit rester secret. Pour lui, ses parents sont en vacances et ils me l'ont juste confié pour quelques temps.

Rosie mit quelque temps à intégrer toutes ses informations puis demanda à Mycroft

-Mais où vous … tu vas dormir ?

-Je vais prendre la chambre de mon frère. D'ailleurs, je te remercie de partager ta chambre avec lui.

-Et toi papa ?

-Moi ? Comme d'habitude, sur le canapé.

-Mais ce n'est pas juste que tu n'aies pas le droit de prendre le lit alors que Mycroft vient seulement d'arriver. Tu devrais dormir dans le lit et lui sur le canapé.

John était mal à l'aise et n'osait pas regarder Mycroft qui se racla la gorge.

-Oui… et bien … je suis habitué au canapé, tu sais. Et puis Mycroft est notre invité et on doit toujours faire en sorte que les invités se sentent bien, quitte à leur laisser notre lit.

Mycroft sembla soulagé et John lui fit un petit sourire.

-Alors pourquoi est-ce que vous ne dormez pas ensemble ? Demanda innocemment Rosie.

-Pardon ? S'exclama Mycroft.

-Ben oui. Je vous ai vu, je sais très bien que vous vous aimez bien. Vous vous regardez toujours quand vous croyez que l'autre ne le voit pas. Avec parrain, on a parié sur combien de temps vous mettrez à vous en rendre compte. Mais comme il n'est plus là, je pense que ça ne compte plus. Parrain avait parié sur jamais mais moi je me suis dis que vous seriez quand même plus dégourdis que ça.

-Merci pour ce vote de confiance, Rosamund. Grinça Mycroft tandis que John, rouge coquelicot, regardait partout sauf dans la direction de l'autre homme.

Heureusement, ils furent coupés par une cavalcade dans les escaliers et l'arrivée dans la cuisine d'un petit garçon aux cheveux bruns bouclés et costume cintré.

-Ah, Sherlock, pile au bon moment… enfin je veux dire … vient donc ici, que je te présente ma fille. Bafouilla John.

Il se leva de table et s'approcha vers le petit garçon.

-Sherlock, voici Rosie. Rosie, voici Sherlock, que ses parents nous ont confiés.

-Salut.

-Salut.

Les deux enfants semblaient assez distants et peu enchantés de se rencontrer.

-Alors … hum … je vais faire à manger. Qui veut du rôti avec des haricots pour ce soir ?

-Beurk. S'écria Sherlock.

-Oh non. Dit Rosie.

-Génial, ravi que le menu vous plaise et que vous vous entendiez déjà si bien. Dit John ironiquement tandis que Mycroft gloussait derrière lui.

Le plus petit des hommes se tourna vers son nouveau colocataire et dit :

-Ne m'aidez pas, surtout.

-Vous vous débrouillez tellement bien, John, je ne fais que vous admirer. Dit Mycroft en se penchant pour avoir une meilleur vision de la scène.

John grogna et se tourna vers les enfants :

-Bien, et si vous alliez dans votre chambre pour jouer pendant que je prépare le dîner.

-J'ai pas faim. Déclara le petit Sherlock.

- ça, ce n'est pas mon problème, bonhomme. Tu mangeras comme tout le monde un point c'est tout. Dit John qui se fit la réflexion que ce serait peut-être le bon moyen pour remplumer un peu son ami. Allez, montez, maintenant.

Sherlock et Rosie se tournèrent et alors qu'ils montaient, John entendit Rosie demander :

-Tu connais le tableau périodique des éléments ?

-Non.

-T'inquiète, je vais t'apprendre. Si tu ne connais pas ça, tu as raté ta vie. Dit sérieusement Rosie en singeant ce que lui avait dit son parrain alors qu'elle n'avait que 6 ans.

John soupira et se passa une main dans les cheveux, vraiment las de sa journée.

-Alors comme ça, vous me regardez, John ?

La voix de Mycroft était curieuse et onctueuse. John se senti à nouveau rougir et s'abstint de le regarder à nouveau.

-Ben … je … oui, non … peut-être …

-Moi aussi, je vous regardais, John. Vous êtes vraiment charmant. Je n'avais cependant pas déduit que je pouvais aussi vous plaire.

-… Et bien …

-Cependant, je pense que vous conviendrez qu'il est encore trop tôt pour partager un lit.

-Oui, tout à fait. Dit John avec soulagement.

-Mais rien ne nous empêche de profiter de cette mésaventure pour faire réellement connaissance.

-… Avec plaisir. Dit un John très rouge en commençant à préparer le repas du soir.

Pendant que John cuisinait, Mycroft avait continué à travailler en silence puis à la fin de la cuisson du rôti, il s'était levé et avec rangé la table pour y poser les couverts.

John avait été agréablement surpris. Il avait craint que Mycroft ne se fasse servir comme Sherlock en avait l'habitude.

Une fois le plat sur la table, John avait appelé les enfants qui avaient déboulés en trombe des escaliers.

-Alors, vous vous êtes bien amusés ?

-Rosie m'a montré le tableau des éléments. Je le connais déjà par cœur.

-Génial mais est-ce que tu sais à quoi ça sert ?

-Ben … il ne faut pas juste l'apprendre ? Demanda Sherlock en ouvrant de grands yeux innocents.

John rit et fit asseoir les enfants.

-Je t'expliquerai plus tard. Assied-toi et mange, Sherlock.

-J'ai pas faim.

-Je sais que tu as un petit appétit. C'est pour ça que tu vois que je t'ai servi moins que les autres. Mais je tiens quand même à ce que tu manges ce que j'ai mis dans ton assiette, d'accord ?

Sherlock regarda son assiette, bouda un peu et dit :

-D'accord.

-Génial, merci.

Tout le monde s'installa et commença à manger.

-Alors, j'ai envoyé un mail à la directrice de l'école de Rosie et elle accepte de prendre Sherlock à l'école à partir de demain matin donc demain, levé à 7h00 pour tout le monde, d'accord ?

-Je vous demande pardon ? C'est hors de question. Déclara Mycroft.

-Vous vous levez à l'heure que vous voulez, je parlais des enfants. Dit John ébahi par cette saillie.

-Je ne parlais pas de cela. Sherlock à toujours étudié à la maison et c'est le mieux pour lui.

-Oh … donc vous allez rester à la maison avec lui pour lui faire cours ? Parce que ne comptez pas sur moi pour ça.

Mycroft fut vexé qu'on lui dise non et répondit :

-Très bien. Dans ce cas, je vais employer un professeur qui viendra lui faire cours ici.

-Ici, seuls tous les deux ? Certainement pas. Ce n'est pas sécuritaire pour Sherlock.

-Vous avez peur que le professeur fouille vos affaires ?

-Non, mais laisser un enfant seul avec un adulte que l'on ne connait pas … sans vouloir être alarmiste, je préfère ne pas tenter le diable. De plus, il est important que Sherlock se sociabilise avec d'autres enfants.

-Billevesée. Nous n'avons jamais fréquenté d'autres enfants et …

-Et vous vous en sortez tellement bien, c'est vrai. Tous les deux, isolés, peu d'amis, pédants et asocial. Quelle belle réussite. Ironisa John.

-Cela nous a bien réussis, en attendant. Se vexa encore plus Mycroft. Et Sherlock est un génie, il a besoin de plus que ce qu'une école peut lui fournir.

-L'école de Rosie à une section spéciale pour les enfants qui ont un QI supérieur à la norme. Ils ont des enseignants spécialisés et font beaucoup d'activités. Ce n'est plus comme à votre époque où aucune structure n'était adaptée. Sherlock y sera très bien, j'en suis sûr.

-J'en doute.

-Faisons au moins un essai, d'accord ? Je n'ai pas d'autres solutions pour demain, de toute façon, je dois retourner travailler.

Mycroft grogna alors son accord.

-Et sinon, ce repas ? Demanda John à la cantonade.

-J'avoue être très agréablement surpris par vos talents, John. Je ne savais pas que vous cuisiniez.

-En parlant de ça, avec mon … ancien colocataire, nous cuisinions un soir sur deux. C'est votre tour, demain.

Mycroft le regarda d'un air condescendant et lui dit :

-Vous ne me ferez jamais croire une telle chose, John …

-… Dommage, j'aurai tenté. Dit John en faisant la grimace.

Les enfants rirent de la tête de John, même si Sherlock n'avait pas tout compris.

Malgré tout, Mycroft lui fit un clin d'œil et lui dit :

-Je prendrai un repas à emporter demain en rentrant.

John lui souri et rougi légèrement devant le regard de Mycroft.

Après le repas et la toilette des enfants, John monta dans leur chambre.

Les deux enfants étaient sur le point de se coucher quand John s'adossa au montant de la porte.

-Vous êtes prêts pour la nuit ?

-Oui !

-Une histoire ?

-Oh oui ! Cria presque Rosie.

John ri de son enthousiasme. Malgré ses 10 ans, sa petite fille adorait toujours autant qu'il lui lise son histoire du soir.

John replia le paravent qu'il a mit entre les deux lits et s'installa sur le bord du lit de Rosamund.

Sa fille lui tendit un livre de conte et John choisi de lire Rapuntzel.

La petite fille vint se blottir contre son flan tandis qu'il s'éclaircissait la gorge.

-Alors …

-Et moi ?

-Quoi et toi, Sherlock ?

Le petit garçon ne dit rien mais John reconnu le regard jaloux qu'il lança à Rosie. John souri alors et tendit sa main.

-Vient t'asseoir sur mes genoux, si tu veux. Et demain, je m'assiérais sur ton lit, d'accord ?

Sherlock hocha la tête et prit sa main pour venir s'installer sur ses genoux, sans oublier sa peluche.

John sourit en serrant dans ses bras le petit garçon qui fut son meilleur ami et qui lui-même serrai contre son torse la peluche de chien qu'il lui avait offert. Il se pencha pour embrasser le sommet du crâne de sa fille et commença sa lecture.

Il lisait son histoire depuis 10 minutes et n'allait pas tarder à finir quand il entendit du bruit dans les escaliers.

Il leva les yeux et sourit à Mycroft qui venait d'arriver. Il fini son histoire et les deux enfants retournèrent chacun dans leur lit.

-Quelle est cette horreur ? Demanda Mycroft avec une moue dégoutée.

John regarda la direction du regard et vit qu'il regardait Sherlock.

-Mon chien ? Demanda Sherlock.

-Oui … ça …

-Et bien c'est un doudou, de quoi ça à l'air, selon vous ?

-Un doudou … les Holmes n'ont pas d'objet transitionnel, ils n'en ont pas besoin. Dit Mycroft avec la claire intention de se saisir de l'objet de son dégoût.

John s'interposa et dit :

-Ah bon, et pourquoi ? Ce n'est pas assez bien pour eux ?

-Exactement. Nous n'avons pas besoin de ça. Nous sommes assez forts sans ça.

-Vous réagissez vraiment comme dans l'ancien temps. Maintenant, tous les enfants ont des doudous et si c'est assez bien pour ma fille, alors c'est assez bien pour Sherlock aussi, vous m'entendez ? A moins que vous estimiez que je n'éduque pas bien ma fille ?

L'air de défi de John apprit à Mycroft qu'il était sur un terrain clairement glissant et que s'il tenait à sa vie … où à ses parties, il devrait opérer une retraite rapide.

-Non, bien sur que non … Sherlock peu garder son doudou.

Mycroft entendit John marmonner un « encore heureux » pendant qu'il se penchait pour poser un baiser dans les cheveux de sa fille. L'homme politique allait partir lorsqu'il fut interpellé par John.

-Vous comptez aller où, comme ça ?

-Me coucher dans ma chambre, pourquoi ?

-Venez ici et faîtes un bisou aux enfants pour leur souhaiter une bonne nuit.

-Je ne FAIS pas de bisous aux enfants.

-Vous ne FAISIEZ pas. Maintenant, vous vivez avec deux enfants alors si, vous en faîtes.

Le regard meurtrier de John fit doucement déglutir le plus âgé qui entra dans la chambre.

-Commencez par Rosie, je borde Sherlock. Lui imposa John en grognant.

Mycroft contourna le lit de Sherlock en faisant la grimace et arriva près de Rosie. La petite fille blonde portait un pyjama rose et ses cheveux mi-longs étaient retenus en 2 petites couettes. Son nounours serré contre son cœur, elle regardait Mycroft depuis son lit. Elle vit Mycroft soupirer, les mains sur les hanches et lui dit :

-Vous ne savez pas comment faire, hein ?

-J'avoue n'avoir jamais eu à border un enfant avant.

-Il suffit juste que vous vous penchiez, que vous me fassiez un bisou sur le front, un bonne nuit et c'est bon, fini.

-… Puisqu'il le faut.

Mycroft soupira encore et se mit sur un genou. Il remonta un peu la couette qui avait glissé puis embrassa la fillette sur le front. Et lui murmura un « bonne nuit » en murmurant. La fillette commença à papillonner des yeux et s'endormit quasiment instantanément.

Mycroft se releva et s'approcha du lit de Sherlock. John était encore en train de parler doucement avec le petit garçon qui hochait la tête. Ne voulant pas s'imposer, Mycroft en profita pour remettre en place le paravent entre les 2 lits puis passa de l'autre côté du lit de son petit frère.

Il prit 2 secondes pour penser à la situation. La dernière fois qu'il l'avait vu aussi petit, lui-même était encore un adolescent. A cette époque, avoir un petit frère n'avait aucun intérêt pour lui. La trop grande différence d'âge entre eux n'avait rien fait pour qu'ils soient proches. Sherlock n'avait commencé à être intéressant pour lui que lorsqu'il avait 15 ans et qu'il avait commencé à toucher à la drogue. Alors, Sherlock n'était pas devenu son frère, mais son problème et depuis, il n'avait jamais vraiment prit la peine de s'intéresser à sa vie ou à ses opinions car il avait été trop occupé à réparer les bêtises de son frère.

Peut-être que cette aventure lui permettra de vraiment prendre soin de son frère et de l'aimer comme il aurait dû le faire avant. Il jeta un œil à son frère et ne pu s'empêcher d'être attendri.

Avait-il été comme ça avant aussi ? Et être élevé par John et lui permettra t'il de faire de lui un adulte différent ? Ses parents les avaient aimés mais sa mère était trop prise par ses études d'astrophysique et son père par les cours à donner pour vraiment s'occuper d'eux à plein temps. Autant essayer d'améliorer l'enfance de son frère.

Celui-ci écoutait attentivement John qui lui murmurait des choses auxquels il acquiesçait. Sherlock remonta sa peluche près de son visage et frotta sa joue ronde contre la peluche douce. Mycroft ne put s'empêcher de le trouver craquant. Pour la première fois de sa vie, il trouva son frère mignon.

John fit un sourire à Sherlock, lissa les draps sur le torse de son frère et se pencha pour lui embrasser la joue. Il se leva ensuite pour lui laisser la place.

Mycroft s'avança et son frère le regarda arriver avec ses yeux bleus ensommeillés. Il s'assit sur le bord du lit et lui dit :

-Tu as passé une bonne journée ?

Sherlock hocha la tête.

-Demain, tu vas aller à l'école, ça ira ?

-Oui, John m'en a parlé. Il a dit que la maitresse était gentille.

-Je suis sûr qu'elle l'est.

-Mais John a dit que je n'avais pas le droit de la déduire et de déduire les autres enfants sinon j'allais pas me faire des amis.

Mycroft fit la moue et allait dire quelque chose mais John se racla la gorge juste derrière lui, lui rappelant qu'il entendait tout ce qu'il disait. Se ravisant, Mycroft dit :

-Je sais que tu veux avoir des amis alors soit gentil, d'accord ? Et je suis sûr que tout le monde t'adorera.

Puis il se pencha vers son frère et l'embrassa sur le front, discrètement, en murmurant, il lui dit :

-Mais si quelqu'un t'embête, tu peux te venger en le déduisant, d'accord ?

Sherlock rit et Mycroft se redressa. En se retournant, il vit John qui levait les yeux au ciel de désespoir. Malgré tout, Mycroft voyait bien qu'il se mordait la lèvre pour le pas rire aussi.

Finalement, les deux adultes éteignirent la lumière et laissèrent la porte entre-ouverte alors qu'ils descendaient les escaliers.

-Pffff, cette journée m'a épuisé. Dit John en se laissant tomber sur le canapé.

Mycroft fit de même sur le siège en face.

-Je suis également éreinté.

John souri et eut un reniflement amusé.

-Plait-il ?

-Rien, je me demandais … Vous ne dîtes jamais rien comme le commun des mortels ?

-Pardon ?

-Je vous rappelle que j'ai rencontré vos parents et je sais qu'ils parlent totalement normalement, sans utiliser des mots de plus de 3 syllabes à tout bout de champ contrairement à vous et à votre frère.

Mycroft lui sourit et dit :

-J'avoue … nous usons de ce dialecte pour nous différencier des autres.

-Pour les écraser de votre supériorité, plutôt.

-Et bien nous faisons parti d'une vieille famille noble. Nos parents ont oubliés leurs origines mais pour mon travail, j'ai dû réapprendre à parler ainsi. Et Sherlock n'avait de cesse de m'imiter, lorsqu'il était enfant, donc …

-Donc lui aussi parle de façon pédante et désagréable.

Mycroft fit la moue en souriant et murmura un « oui » à peine audible.

-J'aime beaucoup … ça vous rend sexy. Affirma John en détournant le regard, le rouge aux joues.

Mycroft ne répondit rien, trop heureux du compliment et ne voulant pas le gâcher en disant un mauvais mot. Il laissa donc un silence confortable s'installer tout en regardant le docteur qui se remettait de son audace.

-Sinon, pour demain, à quelle heure vous levez-vous ?

-Cet appartement est bien plus proche de mon lieu de travail que ma maison. Je pense donc me lever pour 6h30.

-D'accord. Je me lèverai en même temps que vous, cela me permettra de me préparer tranquillement avant de réveiller les enfants à 7h00. Pour demain soir, vers quelle heure finissez-vous ?

-Je fini lorsque le travail se termine. C'est-à-dire jamais.

-Je récupérerais les enfants demain soir mais je ne serai pas en capacité de le faire tous les soirs. Mon patron me fait travailler assez tard pour compenser les jours où je pars sur les enquêtes avec Sherlock.

-J'enverrai quelqu'un les récupérer les soirs où vous êtes indisponibles.

-Certainement pas. Mycroft, vous n'allez tout de même pas laisser ma fille et votre frère entre les mains de parfaits inconnus.

L'air outré de John renseigna Mycroft sur sa réponse, même s'il n'était pas tout à fait d'accord avec ça :

-Non … bien sûr que non. Je me libèrerai pour les ramener ici. En revanche, il sera sans doute nécessaire que je m'absente certains soirs et certains jours pour le travail.

-Je le comprends et nous nous organiserons.

-Parfait. Merci.

-De rien.

-Je pense que je vais aller me coucher, maintenant. Voulez-vous bénéficier de la salle de bain en premier ?

-Non, je vous en pris, allez-y. J'irai quand vous sortirez. Bonne nuit.

-Bonne nuit John.

Ils se sourirent et Mycroft prit congé.


John rentrait avec les enfants après une journée d'école.

-Aller, goûter, devoirs et douche, d'accord ?

Les enfants hochèrent la tête.

-Mais avant toute chose, allez ranger vos affaires dans votre chambre.

Les enfants coururent pendant que John sortait des scones et de la confiture et faisait chauffer l'eau du thé.

Les plus jeunes redescendirent en courant et se jetèrent presque à table.

-Doucement les monstres.

Les enfants rirent et commencèrent à se servir.

- Alors, racontez-moi votre journée.

-Et bien moi, la maitresse nous a fait un contrôle de maths. Sh … parrain serai drôlement fier de moi parce que j'ai pas fait une faute.

-Je suis sûr qu'il le serait et moi en tout cas, je suis très fier.

-Merci papa. Et sinon, je me suis disputé avec Emy. Elle est tellement garce !

-Rosie ! Ne parle pas ainsi de tes camarades.

-Mais papa …

-Non ! Tu peux dire que tu t'es disputée avec elle, que vous n'êtes pas d'accord sur plein de choses, mais certainement pas de gros mots. De plus, je te rappelle que tu te disputes avec elle au moins 3 fois par semaine et qu'elle redevient ton amie autant de fois. Vous êtes insupportables, toutes les 2. Et sur quoi portait cette dispute, encore ?

-Elle a dit que je devais tricher pour avoir de si bons résultats mais ce n'est pas vrai, papa, je ne triche pas, c'est elle qui est bête.

-Rosie. Je sais que tu ne triches pas, ma puce, mais Emy n'est pas bête pour autant. Elle a juste plus de difficulté que toi et ses parents la font peut-être moins réviser que moi. En tout cas, au lieu de dire qu'elle est bête, tu devrais lui proposer ton aide.

-Mais papa …

-ça suffit, je ne veux plus t'entendre. Demain, tu lui diras que tu veux l'aider avec la dictée à trou que vous avez pour la fin de semaine, comme ça, elle aura une bonne note, d'accord ?

-Oui papa.

-C'est bien ma princesse. Et toi, Sherlock ? Comment s'est passée ta première journée ?

-C'était trop bien. La maitresse est très gentille et j'ai appris plein de choses. Tu savais que la lune tournait autour du soleil ?

-Oui, j'en avais vaguement conscience. Dit John, amusé. Et tu t'es fait des copains ?

-Oui, il y a garçon qui s'appelle Matthew. Il est très intelligent mais il n'ose pas parler avec la maitresse alors moi je l'ai aidé.

-C'est très bien, Sherlock. Alors l'école te plait ?

-Oh oui. C'est bien mieux que les cours avec mon précepteur.

-J'en suis ravi.

-Il est où, Mycroft ? Demanda Sherlock un peu triste.

-Ne t'inquiète pas, ton frère doit revenir ce soir pas trop tard. Tu pourras lui parler de ta journée quand il viendra te border, d'accord ?

Sherlock hocha la tête, content de retrouver son frère le soir venu.


John rentrait juste du travail. Il était 20h30 et il était fourbu. Cependant, en passant la porte, il constata qu'il n'était pas le seul. Sur le canapé, il découvrit Mycroft dormant alors que les enfants, à l'étage, jouaient en faisant beaucoup de bruit.

John s'approcha discrètement de l'homme assoupi et s'assit à côté de lui. Il admira son profil puis doucement, il posa sa main sur son épaule et le secoua.

Mycroft émergea de son sommeil brusquement et se tourna vers lui :

-Quoi ?

-Vous vous êtes endormi.

-Oh … Oh bon sang. S'exclama Mycroft en se passant les mains sur le visage.

-Dure journée ?

-Éreintante. Et avec les enfants intenables, ça n'a rien arrangé. Comment faites-vous, après une journée de travail, pour avoir l'énergie de vous occupez d'eux ?

-Je n'ai pas le choix.

-Si cela ne tenait qu'à moi, je vous demanderai de ne plus travailler le soir pour ne plus me laisser seul avec eux.

-Mais alors, je n'aurai plus de salaire et cela serai compliqué pour nourrir les monstres.

-Et je comprends tellement pourquoi vous les appelez comme ça.

-Heureusement que nous sommes vendredi. Au moins, s'ils s'endorment tard et qu'ils sont fatigués demain, ça ne sera pas grave.

-Si seulement ils pouvaient être fatigués maintenant. Dit Mycroft alors qu'on entendait les enfants rire après un grand fracas.

-Au moins, ils s'entendent bien et c'est le principal. J'y pense, madame Hudson revient de chez sa sœur dimanche matin. Comment allons-nous lui expliquer l'absence de Sherlock le grand et l'arrivée de Sherlock le petit ?

-J'y ai pensé. Nous lui dirons comme ce que nous avons dit à Lestrade. Que Sherlock le petit est notre cousin, ce qui explique la ressemblance, et que Sherlock le grand est parti pour une mission longue durée à l'étranger.

-D'ailleurs en parlant de ça. Avez-vous enfin reçu les résultats des analyses de la substance qui a causé ce rajeunissement ?

-Seulement les résultats préliminaires et ils ne sont pas concluants. A ce stade, nous ne savons pas si c'est définitif ou temporaire. Mais à priori, ce n'est pas dangereux pour sa santé.

-Heureusement. C'est déjà ça de gagné.

-Oui. C'est un soulagement de savoir que sa santé n'est pas en jeu.

Mycroft se tourna vers John et plongea tout entier dans le regard que John posait sur lui. Doucement, il se pencha et effleura ses lèvres des siennes.

-Papa ? Tu es rentré ? Cria une voix à l'étage, interrompant les deux adultes.

-Désolé. Sourit John.

-Non, ce n'est rien.

-Je … je monte.

-Je ne tiens plus, je pense que je vais aller me coucher tout de suite. Bonne nuit ?

-Bonne nuit. Dit doucement John en se levant pour aller rejoindre sa progéniture.

Au moment où il montait les escaliers, John tourna la tête et surpris Mycroft en train de fixer une zone au sud de son anatomie dorsale. L'homme d'état tourna la tête au moment où il se su découvert et John monta alors qu'une rougeur apparaissait sur ses joues.


John était dans la cuisine en train de faire à manger alors que Mycroft vérifiait les devoirs des enfants.

Cela faisait 4 mois que Sherlock avait rajeunit et autant que Mycroft avait emménagé avec eux.

Une heureuse routine s'était installée dans son foyer et John en était ravi. Autant il adorait son meilleur ami adulte, autant il n'avait jamais aidé à la moindre tâche, qu'elle soit ménagère ou d'éducation. Mycroft faisait venir une personne chargé de l'entretien de leur appartement 2 fois par semaine et il s'occupait de vérifier les devoirs des enfants.

John avait été plus qu'étonné de le trouver si pédagogue avec sa fille, lui expliquant les subtilités des mathématiques que lui comprenait mais ne pouvait expliquer clairement. En revanche, il le trouvait vraiment trop sévère avec son frère, en étant avare de compliment et de conseil.

Heureusement, Rosie appréciait de plus en plus Mycroft, n'hésitant pas à lui parler et à lui raconter sa journée. L'homme politique se montrait attentif et l'écoutait toujours raconter les rivalités d'école, amusé de ces conflits à petite échelle alors que lui devait en gérer de tellement plus gros toute la journée.

Ce rapprochement faisait plaisir à John car lui-même appréciait de plus en plus également l'autre homme et il avait même passé 2 nuits au cours de la dernière semaine, dans son lit avec lui, mais en tout bien, tout honneur.

Il remua les lardons dans sa poêle alors que Mycroft refermait le cahier de sa fille et lui disait :

-C'est bon, Rosie, tes devoirs sont fait, tu peux aller jouer.

-Merci Mycroft ! Dit Rosie avec un grand sourire édenté d'avoir perdu 2 dents côté gauche.

Mycroft lui souri et pendant que la fillette partait jouer dans sa chambre en attendant le dîner, Mycroft passait aux devoirs de son frère.

Il lui fit d'abord réciter ses leçons et il passa à la vérification des devoirs.

C'est là que John fut surpris dans sa cuisson des pâtes par un éclat de voix.

-Mon pauvre Sherlock, tu es vraiment le plus bête de toute la famille.

John se retourna à cette phrase, très étonné.

-Comment peux-tu t'être trompé sur cette notion des plus élémentaires ? Seul un idiot comme toi peut faire cette erreur, c'est inadmissible.

-Mycroft ! S'écria John par réflexe.

L'interpelé se retourna vers lui, étonné d'avoir été interrompu dans sa tirade. Sherlock se tourna aussi un peu et John pu voir qu'il était sur le point de pleurer.

-John ? Questionna l'aristocrate.

-Enfin, ça ne va pas ? On ne parle pas comme ça à un enfant !

-Je ne fais qu'exposer un fait ! Sherlock est stupide et il l'a toujours été. C'est le plus lent de nous tous.

-Mycroft !

John se tourna vers Sherlock et lui dit :

-Monte dans ta chambre, Sherly, je viendrais te voir tout à l'heure, ton frère et moi, on doit parler.

Il attendit que l'enfant ait reniflé et ait monté les escaliers pour se tourner vers Mycroft, furibond, en lui disant :

-On ne parle pas ainsi à un enfant, Mycroft !

-Je ne fais que dire la vérité.

-Quoi, parce qu'il s'est trompé ? Tout le monde se trompe, Mycroft.

-Pas mon frère, il n'en a pas le droit, c'est un Holmes.

-C'est un enfant. Et il est inadmissible que vous vous adressiez à lui comme ça !

-Mais …

-Vous ne parlez pourtant pas sur ce ton à Rosie.

-Rosie n'est pas une Holmes, c'est une enfant moyenne et elle a donc d'assez bons résultats au vue de son patrimoine génétique moyen.

-Mycroft, déjà, n'insultez pas ma fille, de plus, la façon dont vous parlez à Sherlock est inadmissible. Je ne l'admettrais pas sous mon toit.

-Mais …

-Tant que vous ne déciderez pas de mieux parler à votre frère, je veux que vous quittiez ma maison.

-John …

-Maintenant ! Dit John dans une voix sans appel.

Mycroft, prit au dépourvu, ne sut comment réagir. Il se leva, prit son manteau sur le porte-manteau et sorti dans la nuit londonienne.

En colère contre Mycroft, John se tourna pour voir la casserole de pâte débordant sur la gazinière.

Éteignant le feu, il égoutta les pâtes et y mélangea sa sauce carbonara. Il appela les enfants et après avoir installé Rosie, il prit à part Sherlock avec lui dans le salon.

-Sherlock, tu sais que ce qu'à dit Mycroft est faux, pas vrai ?

-Non, il a raison. Je suis bête.

-C'est faux. Je ne sais pas pourquoi il dit ça mais j'en ai parlé avec ta maitresse et elle te trouve brillant. Elle dit que tu es son meilleur élève. Le plus vif et le plus intelligent.

Sherlock releva un peu la tête, avec un petit sourire.

-Et moi aussi, je te trouve brillant. Ne fait pas attention à ce qu'il dit, d'accord ?

-Mais …

-Eh ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, ton frère n'a pas toujours raison. Dit John en serrant Sherlock dans ses bras.

L'enfant, qui pourtant n'aimait pas trop les câlins, se bouinna contre lui et passa ses bras autour de son cou.

John déposa un baiser sur la tempe du petit garçon et caressa son dos de haut en bas dans un geste d'apaisement puis ils rejoignirent Rosie à table.


John passa la semaine suivante seul avec les enfants. Mycroft ne se présenta plus, n'envoya pas de message et n'appela pas non plus.

John était à la fois en colère contre lui et contre l'autre homme. Pourquoi ne venait-il pas s'excuser … pourquoi ne venait-il pas le voir ?

Son frère avait donc si peu d'intérêt pour lui ? Et lui, si peu d'attrait ?

A la colère se mêlait l'amertume de l'abandon. Comment osait-il ?

Et puis finalement, le dimanche, en fin de journée, alors que les enfants dessinaient tranquillement sur la table basse du salon et que John lisait une revue médicale, la porte de la maison s'ouvrit. John reconnu immédiatement le pas de Mycroft dans les escaliers. Il eut un sourire puis se fit violence pour l'effacer de son visage et prendre un air sévère.

La porte s'ouvrit et John tourna la tête en fronçant les sourcils. Mycroft se tenait dans l'encadrement de la porte, tout penaud. Du coin de l'œil, John vit Sherlock se tendre, aussi il se leva pour aller vers le nouvel arrivant :

-Vous voulez quoi ? Demanda John d'un ton peu commode.

-… Vous présenter mes excuses.

-A moi ? Vous ne m'avez rien fait.

-John … vous devez comprendre … Je …

Fatigué d'avance, John soupira et invita d'un geste Mycroft à s'asseoir.

-Asseyez-vous, je vais nous faire du thé, nous serons mieux pour discuter.

-Merci, John … Votre thé est le meilleur que je n'ai jamais goûté.

-On me l'a déjà dit, oui. S'enorgueillie John.

-Il m'avait manqué … votre thé… et pas que lui. Dit doucement Mycroft.

John eut un petit sourire puis reprit son sérieux et dit :

-Vous disiez que vous veniez vous excuser ?

-Oui … John, il faut que vous compreniez que je suis déjà passé par là … après le départ de Euros, mes parents nous ont totalement abandonnés, accaparés par leur chagrin. J'ai donc élevé Sherlock … mais je n'avais que 11 ans de plus que lui et je ne savais pas comment me faire respecter d'un enfant hyperactif comme lui. J'ai donc dû me montrer blessant. Cela avait bien fonctionné la première fois, je n'ai pas l'impression de l'avoir traumatisé alors …

-Pas traumatisé ? Sherlock ? L'autoproclamé sociopathe de haut niveau incapable de comprendre les sentiments humains car n'ayant jamais reçu d'affection étant enfant ? Vous trouvez vraiment qu'il était un adulte équilibré ?

-Et bien j'ai fais de mon mieux.

-Et étant donné que vous n'aviez que 11 ans de plus que lui, c'était déjà bien, mais là, la situation est différente. Vous êtes bien plus âgé et sage et Sherlock a besoin de vous, Mycroft.

-Et moi, j'ai besoin de vous, John.

-…

-Cette semaine loin de vous et des enfants a été très difficile pour moi, je dois l'avouer. Je n'étais pas concentré, toujours à me demander ce que vous faisiez, comment vous vous sentiez, … si vous pensiez à moi.

-La réponse est oui … je pensais à vous. Mais je ne vous veux toujours pas sous mon toit si vous vous comportez ainsi avec Sherlock.

-Je vais tout faire pour changer, John, à votre contact.

John rougit à cette déclaration et Mycroft fut très troublé de cette vision. Il reprit contenance en s'éclaircissant la gorge.

-Au fait, j'ai eu des nouvelles du labo.

-Pour les analyses de la substance ?

-Oui.

-Et bien ?

-Il semble que ce soit définitif.

-Vraiment ?

-La substance ne semble pas se désagréger d'elle-même ou muter pour revenir en arrière. Son rajeunissement est définitif mais il grandira normalement, selon les scientifiques.

-Bien … alors charge à nous d'en faire l'homme le plus intelligent existant sur terre tout en lui donnant les qualités sociales nécessaires à tout humain.

-Je compte sur vous pour cette partie, John…Tout comme j'espère m'améliorer aussi à votre contact. Dit Mycroft en tendant sa main à travers la table pour la poser sur celle de son vis-à-vis.

John la serra et lui fit un sourire radieux. Oui, ensemble, ils allaient élever Sherlock pour en faire l'homme ultime et s'ils pouvaient trouver le bonheur l'un avec l'autre par la même occasion, alors c'était tant mieux.

FIN

J'espère que vous avez apprécié.