J'aime beaucoup les possibilités qu'offre la relation familiale très particulière de Mal et Hadès, surtout quand cela se passe dans le troisième film, où on peut plus-ou-moins dire que tout se finit à peu près bien.


Le père aux cheveux de feu

1. Nonchalance.

Cela était certainement troublant de voir, dans la cour de l'école d'Auradon, Mal rire. Non pas que cela n'arrivait jamais mais cette fois-ci était tout de même différente des autres : Mal riait non pas moqueusement ou méchamment, mais avec sincérité.

Cela devait avoir un rapport le dieu des Enfers à ses côtés, qui souriait avec fierté comme s'il venait de raconter une blague hilarante à sa fille. Sous les regards incrédules de tous, ils passèrent leur chemin comme si de rien n'était, bras dessus bras dessous.

Non, les étudiants d'Auradon ne s'habitueraient sans doute jamais que Hadès soit le père de leur reine.

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2. Baiser d'amour sincère.

Comment Mal s'était-elle retrouvée dans le rôle de la princesse endormie ? Personne ne saurait le dire, même si certaines rumeurs parlaient d'un fuseau maudit contre lequel elle se serait piquée, par mégarde…

Il fallait donc la sortie de cette fâcheuse situation, grâce à la méthode qui fonctionnait à tous les coups : un baiser d'amour sincère.

Hadès fut le premier à se proposer : c'était sa fille, qu'il aimait par dessus tout – même s'il l'avait assez mal montré jusque là. Sauf que cela ne fonctionna pas. Lorsque Hadès embrassa son enfant sur le front, Mal resta endormie.

Ben fut alors réclamé pour arranger cela et bien que le pauvre garçon paraissait au bord de la crise d'angoisse tellement il s'inquiétait pour le bien être de l'amour de sa vie et craignait d'échouer à la réveiller, il l'embrassa.

Quand Mal ouvrit les yeux et sourit à son prince charmant – enfin… roi charmant, plutôt –, Ben était presque certain qu'il allait se faire tuer par le regard noir que lui lançait le dieu des Enfers.

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3. Danse père-fille.

Les instants de danse père-fille ennuyaient Mal au plus haut point. Elle avait appris à respecter et apprécier le père de Ben , mais il restait son beau-père. Son père, lui, ne proposerait jamais de danser, surtout pas sur ces musiques classiques faites pour endormir les gens.

— Hé bien, Mali ? Tu n'accordes pas de danse à ton père ?

Evie, Jay et Carlos n'en crurent pas leurs yeux lorsqu'ils virent Hadès, portant un costume noir élégant, danser une valse avec sa fille. Tout cela sans provoquer le moindre désordre, se fondant presque – il faudrait qu'ils aient des couleurs de cheveux plus traditionnelles pour se confondre avec les autres et cela n'était pas près d'arriver – dans la masse des duos de danseurs.

Quand, plus tard, le bal dégénéra et se transforma en un karaoké à cause de Mal et son père, ses amis trouvèrent ça beaucoup plus logique. Provoquer le chaos, cela leur ressemblait déjà plus.

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4. Le dieu des Enfers.

Mal avait conscience qu'avoir un dieu pour père était assez… unique en son genre. Outre ce que cela impliquait pour elle – comme l'éventualité d'être une demi-déesse, ce qui pouvait conférer quelques avantages – cela lui faisait surtout se poser bien des questions sur le fonctionnement du monde.

— Donc… Si c'est toi qui gère les Enfers… Comment cela se passait pendant que tu étais sur l'Île de l'Oubli ? Un dieu qui gouverne une partie du monde, ce n'est pas censé être… essentiel ? Ils ont pu te remplacer, sur l'Olympe et dans les Enfers ? Est-ce qu'il peut y avoir des dieux de substitutions ?

— Euh…

Hadès ne savait pas vraiment quoi répondre à cela. Déjà qu'il était étrange qu'il ait été envoyé sur l'Île de l'Oubli plutôt que dans le Tartare…

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5. Le panier de fraises.

Hadès regarda avec suspicieux les fraises dont sa fille semblait se régaler. C'était comme ça que Ben avait conquis sa fille… en lui offrant des fruits ? Drôle d'époque.

Il en piqua une du panier qui siégeait à côté de Mal et la goûta.

— Ce n'est pas mauvais.

Mal écarquilla les yeux.

— Ne me dis pas que tu n'as jamais mangé de fraises avant ?

Hadès haussa les épaules.

— Ce n'est pas vraiment ce qui pousse le mieux aux Enfers ou sur l'Olympe.

— Ou sur l'Île de l'Oubli… ajouta distraitement Mal.

Ils repensèrent aux « repas » qu'il y avait sur l'Île de l'Oubli et frissonnèrent. Hadès vola une autre fraise en douce puis demanda nonchalamment :

— Et sinon ? Qu'y-a-t-il d'autre de bon à manger, chez les gentils ?

— Est-ce que tu connais le chocolat ?

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6. Surveillance.

— Je ne comprends pas. Je croyais qu'elle la détestais. Qu'elle veuille la sauver passe encore mais… pourquoi discutent-elles comme si elles étaient amies ?

Caché dans des buissons – enfin, mal dissimulé à cause de sa grande carrure et ses cheveux bleus –, Hadès surveillait sa fille qui, pour une raison qu'il ne s'expliquait toujours pas, semblait s'être liée d'amitié avec la princesse maléfique qui avait failli la tuer – Audrey, s'il ne se trompait pas de nom.

À côté de lui, Evie sourit.

— Parce que c'est Mal. Vous savez, elle a beaucoup changé depuis son arrivée sur Auradon.

Ce n'était pas ça qui l'empêcherait de s'inquiéter pour Mal. À tous les coups, cette Audrey mijotait un mauvais plan et manipulait sa fille pour arriver à ses fins !

Il savait de quoi il parlait. Après tout, c'était lui le roi des complots, même si ceux-ci avaient tendance à mal finir…

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7. Communication.

Hadès était le dieu des Enfers. Il paraissait donc normal qu'il finisse par devoir reprendre ses fonctions. Surprenamment, Mal avait assez bien accepté cette décision, au lieu de s'énerver quant au départ de l'homme qui commençait à peine à être son père.

Ben comprit pourquoi quand, un soir, il la trouva en pleine discussion, avec un feu de cheminé.

— Mal ? Tout… tout va bien ?

Elle quitta le brasier du regard et sourit au roi.

— Ben ! Tu tombes bien, je parlais de toi à mon père. Tu veux te joindre à nous ?

En s'asseyant près d'elle, il put remarquer que les flammes en face d'eux ressemblaient étrangement à un visage, celui du dieu des Enfers.

Voilà pourquoi Mal n'était pas vexée que son père reparte : parce que celui-ci avait trouvé un moyen de rester en contact avec sa fille.

Cependant, peut-être que Ben devrait leur expliquer que les téléphones portables existaient depuis un bon moment à Auradon… enfin, ils le savent déjà pourtant.

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8. Repas ordinaire.

Mal ne pouvait certainement pas croire une seule seconde que ce dîner était normal.

Adam et Belle discutaient avec Aurore et Philip. Jusque là, il n'y avait rien de bien étonnant. Sauf que dans un même temps, Hadès parlait avec un Ben très mal à l'aise – il tentait, autant que possible, de ne pas fixer les cheveux enflammés du dieu des Enfers – et que Mal elle-même conversait avec Audrey, comme si elles n'avaient jamais été les pires ennemies du monde et qu'elles ne s'étaient pas affrontées quelques semaines plus tôt.

Si, à son arrivée à Auradon, on aurait dit à Mal qu'elle se retrouverait dans une telle situation, elle aurait ri aux éclats.

Aujourd'hui, une telle assemblée lui était familière, même si elle n'avait rien d'ordinaire.

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9. Un incident mineur.

Il y a une chose que Hadès partageait avec sa fille : son dégoût des journalistes qui ne vous lâchaient pas d'une semelle, eux, leurs micros, leurs caméras et leurs questions incessantes.

— Votre Majesté ! Est-ce vrai que Hadès est votre père ?

— Pour votre gouverne, je suis là… fit remarquer le concerné.

— Qu'avez-vous à dire concernant les récents évènements qui sont survenus à Auradon ?

— J'essaye de discuter avec ma fille ! s'exclama Hadès.

— Quelles seront vos prochaines mesures concernant l'Île de l'Oubli, maintenant que la barrière est tombée ?

— ASSEZ !

Par la suite, quand les gens d'Auradon virent à la télévision le dieu des Enfers littéralement s'enflammer de rage en brûlant les caméras les plus proches de lui, Mal eut bien des difficultés à expliquer que non, son père n'était pas dangereux.

Il fallait juste éviter de trop l'énerver.

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10. Mots croisés.

Ben pensait que c'était une bonne idée que Mal se mettre aux mots croisés. Du moins, à la base…

— Un mot en M qui désigne le contraire de l'honnêteté…

Elle regarda son père, qui leva la tête d'un livre qu'il lisait et répondit distraitement :

— Mmh… Malin. Malveillant. Malfaisant. Machiavélique ou bien...

Il pencha la tête vers sa fille et arqua un sourcil.

— Maléfique ?

Mal parut réfléchir un instant avant de sourire avec satisfaction.

— Je crois que c'est le bon mot. Merci papa !

— Tu es la bienvenue, Mali.

Ben fronça les sourcils. Il devrait peut-être trouver d'autres mots croisés à Mal.

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11. Sur l'Île de l'Oubli, ceux qui s'aiment ne disent pas « je t'aime ».

Les méchants ne se disaient pas « je t'aime », même lorsqu'ils le pensaient. Un père et sa fille qui renouaient après des années à êtres séparés ne faisaient pas exception.

— Non, tu ne m'as absolument pas manqué. Je n'avais pas besoin d'un père comme toi.

— Tant mieux. Mon amour t'aurait rendu faible.

Hadès et Mal ne se regardaient pas dans les yeux, adoptant la même posture nonchalante. Le dieu des Enfers croisa les bras et fut le premier à rompre le silence gênant entre eux :

— Après… je reconnais que ce n'était pas ma meilleure idée que de te laisser aux bons soins de ta mère. J'aurais bien aimé apprendre à te connaître plus tôt.

— J'aurais beaucoup aimé… déclara Mal avec hésitation, avant de sourire et d'ajouter : mais tu sais, il n'est pas trop tard pour ça.

— Oh, tu as besoin d'un baby-sitter, Mali ? taquina Hadès.

— Pas un baby-sitter, mais d'un père.

Celui-ci fit mine de réfléchir avant de sourire à sa fille.

— Je crois que je peux l'être. Cela ne devrait pas être trop dur pour le dieu des Enfers.

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12. Suspicion.

Aux côtés de sa fille, Hadès observait suspicieusement Ben, occupé à discuter avec ses parents.

— Donc… c'est de ce gringalet quelque peu naïf que tu es tombée amoureuse ?

Mal rit en secouant la tête.

— C'est un peu plus compliqué que ça mais on peut dire que oui. Ben a bon fond, et il est plus intelligent que tu le crois, papa.

Hadès plissa les yeux.

— Si tu le dis.

En tout cas, il ne compterait pas sur ce garçon pour défendre sa fille – même sous sa forme de bête. Pas que Mal ait besoin de quiconque pour la protéger.

Apparemment, à Auradon, c'était plutôt la gente féminine qui se chargeait de vaincre les méchants. Les temps avaient bien changé depuis les demi-dieux roux en jupe et en sandales…

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13. Tel père, telle fille.

Evie sentait que Mal complotait quelque chose. Sa colocataire était trop joviale, avec un sourire malicieux qui ne trompait pas – surtout que la veille, elle râlait contre une énième absurdité proférée par Chad.

Il ne faisait aucun doute que Mal allait lui jouer un mauvais tour. Évidemment, rien de bien grave qui pourrait lui attirer de réels problèmes mais de quoi faire comprendre à Chad qu'il devrait apprendre à surveiller sa langue. Evie se sentirait presque désolée pour Chad, qui était finalement plus bête que méchant.

Quoi qu'il en soit, qu'importe ce que Mal prévoyait, Evie ne s'en inquiétait pas beaucoup. Du moins jusqu'à ce qu'elle la voit en compagnie du dieu des Enfers, tous deux en train de rire d'une manière beaucoup trop diabolique pour que cela soit anodin.

Si Hadès commençait à s'impliquer dans les plans de vengeance de sa fille, il faudrait peut-être sérieusement s'en inquiéter. Non pas que Evie désirait empêcher Mal de passer du temps avec son père mais elle préférerait que ces deux-là évitent de s'attirer de sérieux ennuis…

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14. Une autre fois ?

Les problèmes provoqués par Maléfique lors du couronnement du roi Ben s'étaient beaucoup ébruités, mais peu savaient ce qu'il était advenu de la maîtresse du mal.

Quand il vit son ancienne femme en lézard dans sa cage en verre, Hadès eut presque du mal à y croire.

— C'est elle ? demanda-t-il à sa fille.

— Oui, c'est bien elle, déclara Mal, presque à regrets. Parfois, je me dis qu'il faudrait tenter de lui faire reprendre son apparence normale.

— Elle est peut-être capable de changer… approuva Hadès.

Le silence se fit. Mal et Hadès se dévisagèrent avant que la fée prenne la parole :

— Peut-être une autre fois ? proposa-t-elle.

Hadès hocha la tête.

— Oui, une autre fois.

Ils n'allaient pas prendre le risque que cette femme leur ayant gâché la vie puisse recommencer ses méfaits. Peut-être une autre fois mais certainement pas maintenant.

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15. Nous nous reverrons.

Hadès allait repartir. Il l'avait annoncé, expliquant ses responsabilités en temps que dieu des Enfers. Il était sur le départ mais peinait à faire ses adieux à sa fille. Ils venaient tout juste de se retrouver qu'ils devaient déjà se séparer, probablement pour un bon moment. Comment expliquer cela à son enfant, qui fondait tant d'espoir en lui ?

Hadès soupira et posa ses mains sur les épaules de sa fille.

— Écoute, Mali… Je préférerai rester avec toi, qu'on aille… je ne sais pas, peut-être visiter Auradon et passer de moments moments tous les deux, histoire de se créer des souvenirs de famille. Sauf que je n'ai pas vraiment le choix. Je suis un dieu et…

Sa fille l'interrompit dans son discours en riant et lui rétorqua :

— Et tu dois y aller, termina-t-elle pour lui. Ne t'en fais papa, je comprends. Je sais que cette fois-ci, tu reviendras.

Hadès dévisagea avec surprise sa fille aujourd'hui si indulgente envers lui. Il sourit et l'enlaça, savourant cette dernière étreinte avant une longue séparation.

— Nous nous reverrons bientôt, Mali. Je te le promets.

— Je sais, papa. Je sais.