La franchise et l'univers de Frozen ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent aux studios Disney.
Il s'agit ici d'une Fanfiction.
L'histoire prends place quelques mois après la fin des évènements du deuxième volet.
Zakuro Ruby Kagame
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Ce Secret entre nos Mains Glacées
Cela faisait maintenant plus de trois mois que j'avais pris mes fonctions en tant que nouvelle Reine d'Arendelle. L'excitation des premiers jours s'était très rapidement évaporée pour ne laisser place qu'aux tâches ingrates et ennuyeuses qui remplissaient aisément une à une mes journées. Je ne trouvai plus le temps de m'amuser, courir dans cet immense château, parler aux portrait. Je ne pouvais même plus chanter. J'avais aussi du dire adieux aux grasse matinées. Le changement avait été si radical. Entre mes occupations de reine et les préparatifs du mariage, je ne savais plus où donner de la tête. Comment Elsa avait-elle fait pendant ces trois dernières années ? La réponse était tellement facile. Elle était juste sérieuse. Bien plus sérieuse que moi, en tout cas. Elsa, ma très chère sœur qui avait choisit de vivre dans la forêt enchantée. Elle m'avait littéralement abandonnée. Du moins, c'était ce que je me racontais lorsque les journées, beaucoup trop longues, avaient raison de moi. Elle non plus ne devait pas avoir de temps pour elle, aimais-je me rassurer. J'arrivai à l'imaginer avec le peuple de Northuldra, elle devait sans doutes... Non, mais que racontai-je ? Je l'imaginai, oui, très parfaitement vagabonder sur le dos de son cheval glacé, s'envoler avec l'esprit du vent, profiter de tous ces instants de liberté qu'elle s'offrait. C'était injuste, terriblement injuste. Encore plus quand moi, j'étais coincée ici. Trop, c'était trop. En plus, depuis combien de temps n'était-elle pas rentrée ? C'était mauvais, voila que je m'inquiétais. Non, plus que ça, je paniquai. Je me levai de ma chaise et me mis à faire les cents pas, à tout imaginer.
« - Calme-toi, Anna, me répétai-je. »
Elsa allait bien, pour quelle raison aurait-ce pu en être autrement ? Elle était certainement très occupée, c'était forcément ça, sinon pourquoi n'aurait-elle pas répondu à la grue que je lui avais envoyée ? Seulement occupée. Je me tapotais rapidement les joues avant de me rasseoir et de reprendre le traitement de toutes les demandes du peuple, lorsque ma plume quitta mes doigts pour rouler sur la table.
« - Et si elle était blessée ? »
Je bondis de ma chaise pour la seconde fois, me tournai vers la fenêtre, balayai la pièce, et refis les cents pas. Elle avait peut-être fait une affreuse chute sur le dos de Nokk ? Non, non, Courant d'Air m'en aurait certainement informé. Et si les esprits étaient trop occupés ? Je devenais blanche d'inquiétude, je ne pouvais pas rester là.
Je me précipitai dans ma chambre et retirai cette robe qui semblait m'étouffer. J'attrapai ma tunique, une paire de botte et ma cape mauve qui me couvrait désormais. J'étais prête ! A moins d'avoir oublié quelque chose ? Devais-je prendre des vêtements pour Elsa ? Quelle idée, elle s'habillait de glace, étranges habitudes... Mais si elle avait perdu ses pouvoirs ? Elle n'aurait rien pour lui tenir chaud ? Seigneur, je divaguai.
Je dévalai les nombreuses marches de l'immense escalier du hall de ce très grand château et passai les portes qui restaient maintenant en permanence ouvertes. Je devais faire vite. Je remarquai le traîneau de Kristoff qui venait d'arriver, avec Olaf, à ses côtés.
« - Kristoff ! l'interpelai-je aussitôt. Je peux t'emprunter Sven ? Je dois aller voir ma sœur.
- Euh... hésitait-il en me voyant si intenable. Oui. C'est si soudain, tu veux que je t'accompagne ?
- Non, ça ira, fis-je en déposant un baiser sur la joue parfaitement rasée. Sven connait le chemin. »
Et sans plus attendre, sans un seul mot de plus, je montai sur le dos du renne tout souriant et heureux à la seule pensée de retrouver ses autres camarades à quatre pattes. Comme une fusée, je disparaissais devant les yeux ébahis de mon très compréhensif fiancé.
Il ne me fallut que quelques heures pour rejoindre la forêt enchantée en longeant les montagnes escarpées. Je n'avais ni pouvoir ni cheval magique pour traverser la mer, à ma plus grande déception, contrairement à certaine. Elle n'avait vraiment aucune excuse pour ne pas être revenue, à moins qu'elle soit... Non, non, certainement pas. Je n'allais pas me laisser envahir par d'affreuses pensées. Mais je savais que ce n'était pas la première fois que ma sœur aurait pu minimiser ou me cacher son état. J'avais encore de parfaits souvenirs de mon premier anniversaire passer en sa compagnie.
Lorsque j'aperçu enfin le village des Northuldra, je descendais de Sven et le laissait aller profiter des autres rennes dont s'occupait Ryder. Ce garçon était très agréable, il s'entendait très bien avec Kristoff, et le comprenait parfaitement. Mais je n'étais pas venue pour lui, même si le garçon et sa sœur, Honeymaren, s'étaient montrés fort accueillant la première fois. Peut-être même trop accueillant ? Car que faisaient maintenant les mains de cette femme dans celles de ma sœur ? Je fronçai les sourcils et m'aventurai entre les grandes tentes en tissu.
« - Elsa ! criai-je presque lorsque je me trouvai assez prêt.
- Anna ? s'étonna la jeune femme qui se précipitait vers moi. Mais que viens tu faire ici ?
- Je m'inquiétais, figure toi ! »
Je croisai les bras et pris mon expression contrariée, comme chaque fois que j'avais du la prendre lorsqu'Elsa avait prit des décisions stupides, quelques mois plus tôt. Elle semblait aller parfaitement bien. Et la brune aux allures métissée également. Pourquoi avaient-elles l'air si proche ? J'avais loupé quelque chose ?
« - Tu t'inquiétais ? Tu n'avais aucune raison, regarde autour de toi, tout va parfaitement bien, s'exclama t'elle en tendant les bras et tournant presque sur elle même.
- Oui, en effet. Peut-être même trop bien, pensai-je à haute voix.
- Anna ?
- Pourquoi n'as-tu pas répondu à mon dernier message ?! l'interrogeai-je maintenant. Et tu as raté la soirée devinette de vendredi dernier !
- Un message ? Je n'ai reçu aucun message, soupirai maintenant la reine de glace.
- Mais oui, tu étais très certainement trop occupée à t'amuser pendant que je remplissais de la paperasse pour me répondre.
- Anna... »
Ma sœur attrapa mes épaules pour me rapprocher d'elle. Je n'aimais pas cette expression triste qu'affichait son visage, comme si ce n'était vraiment pas sa faute. Pourtant, Gale n'avait jamais égaré un seul message, enfin, pas jusqu'à maintenant. La brise vint soudain danser autour de nous, comme pour nous faire sentir sa présence alors que je voyais voler la grue entre les feuilles rougeâtres.
« - Tu vois... soupira le cinquième esprit en tendant la main dans le souffle du vent.
- Inutile de le lire, maintenant que je suis là ! »
J'attrapai presque sauvagement le morceau de papier avant ma sœur. Bon, peut-être n'avait-elle pas eu ce message, finalement. Ou bien l'esprit avait-il fait en sorte que... Non, je devais rêver. Je m'étais sans doute emportée pour rien. Je m'étais d'ailleurs peut-être un peu trop emportée. Je devais m'excuser, mais les yeux de ma sœur m'accusaient maintenant d'un regard que j'avais beaucoup de mal à supporter.
« - Je... Je n'aurais pas du venir. »
Je me retournai, serrai les dents, bien incapable de demander pardon alors que j'avais cette impression de suffoquer ici. Ce peuple vivait si différemment du notre, enfin, du mien... Elsa se sentait tellement à sa place ici. Elle semblait si heureuse depuis qu'elle avait quitté le château. C'était terriblement douloureux.
« - Je rentre à Arendelle.
- Attends, Anna ! »
Sa main attrapa mon bras alors que je sentais la présence de la blonde me brûler le dos. C'était tellement paradoxale alors qu'elle ne contrôlait que la glace. Peu importait, j'avais fais une erreur, ou plutôt deux, ou plus encore ? Je ne les comptais même plus. Je l'ignorai, et m'en allai.
Je m'installai aux pieds de la cascade qui avait récemment vu le jour dans la forêt enchantée. J'avais besoin de me calmer, une heure ou deux, avant de repartir. Je devais bien laisser Sven s'amuser, pour au moins ne pas avoir l'impression d'être venue pour rien. Je me sentais si mal, si seule, devant le merveilleux spectacle qui s'offrait à mes yeux. Autrefois, l'eau de la rivière ne s'écoulait pas de la sorte. Ce magnifique paysage avait prit forme lorsque j'avais causé la destruction du barrage, et levé la malédiction qui régnait sur la forêt. Elsa et moi avions encore une fois, ensemble, risqué nos vies, et cela nous avait tellement rapproché. Pourtant, aujourd'hui, elle vivait de son côté, et moi du mien, et cette réalité m'était devenue insupportable. Ne plus voir son visage, chaque matin, ne plus voir son sourire chaque soir, entendre sa voix, si douce à mes oreilles, me manquaient terriblement. Et pas une seule fois, je n'avais pu lui dire. Non, pas une seule fois. En avait-elle au moins conscience ?
« - Anna ? »
Je me retournai sur l'expression triste qu'affichait maintenant mon visage, et peut-être sur les quelques larmes qui s'étaient échappées dont je débarrassai rapidement mes joues.
« - Anna... chuchotait la jeune femme qui vint s'asseoir près de moi. »
Son bras passa sur mes épaules avant qu'elle ne me rapproche assez d'elle pour poser ma tête sur son épaule. Je pouvais sentir ses doigts caresser mes cheveux. C'était tellement agréable. Cette habitude aussi, me manquait. Elle avait toujours si bien prit soin de moi, ces trois dernières années. Je devais cesser de me comporter comme une enfant.
« - Elsa... osai-je enfin. Est-ce que tu vois cette fille ? »
Le silence de ma sœur parlait pour lui. Ca, mais surtout son expression gênée. Elle pouvait me le dire, non ? N'était-ce pas le genre de chose que l'on confiait à sa famille ? Ou peut-être avait-elle appréhendé ma réaction ? Etais-je si possessive que ça ? Peut-être, oui.
« - Est-ce que tu es en colère ?
- Non... Oui ?! Enfin... Peut-être... »
J'avais l'amère impression que ma très chère sœur allait peu à peu m'oublier, pour finir par ne plus jamais penser à moi. Et maintenant que je savais qu'il se passait quelque chose - ou allait se passer - avec Honeymaren, cette peur me donnait l'impression de vivre un véritable cauchemar. Mais que pouvais-je y faire, après tout ? Je n'avais aucun droit sur sa vie. Elle avait le droit de la vivre comme elle l'entendait. Mais à cet instant, j'aurais préféré dix fois affronter Hans, cent fois lever le brouillard magique, et milles fois avoir le cœur gelé. Car mon cœur... Me faisait horriblement mal.
« - Je suis juste un peu jalouse, finis-je par avouer.
- Anna... »
Les choses étaient ainsi. Et puis, ce n'était pas comme si je me retrouvais seule, non, j'avais Kristoff. Alors pourquoi cette seule pensée me fit soudain un nœud à l'estomac ?
Elsa m'avait invitée à passer la nuit ici. Après tout, le soleil s'était couché bien plus rapidement que prévu, et je ne pouvais faire la route ainsi. En plus, ce n'était pas comme si j'avais vraiment besoin d'une quelconque invitation, non ? J'avais moi aussi sauvé la forêt.
« - Voila, c'est ici que je dors, s'exclama l'ancienne renne d'Arendelle en me montrant sa modeste demeure. »
Très modeste demeure en fait. C'était bien loin de ce à quoi j'étais habituée.
« - C'est... très différent de ton immense chambre au château, riais-je presque.
- Anna, me réprimanda la plus grande.
- Désolée. »
Je me jetai sur son lit. Ce n'était pas si inconfortable. Son odeur était partout, c'était vraiment agréable. Je passai un moment, tel un animal, à renifler les couvertures dans lesquelles Elsa s'était certainement blottie. Je m'exaltai sur son odeur, particulièrement sur le fait de ne sentir que la sienne. Ce qui une fois encore, me rappela à l'ordre.
« - Tu devrais te coucher, tout le monde doit déjà dormir maintenant. »
Me coucher ? Non, je n'arriverai probablement pas à fermer l'œil alors que je me retrouvai enfin seule avec elle, après des jours à attendre. De très, très longues journées. Je me relevai, la rejoignis.
« - Elsa... soufflai-je en lui attrapant le bras. »
Je ne pouvais plus quitter ses yeux aussi bleus qu'un ciel dégagé. Et ses cheveux dorés, parfaitement libérés délivrés de la coiffure qu'elle avait tant de fois arboré. Elle était vraiment magnifique. Je sentis mon cœur s'emballer.
« - Je... J'ai peut-être menti un peu tout à l'heure.. En fait, je suis vraiment jalouse... »
Mes yeux se perdirent dans son regard empli d'incompréhension, puis sur ses lèvres, à peines ouvertes, qui ne savaient probablement quoi répondre. Mes doigts effleurèrent sa joue.
« - Ne plus t'avoir avec moi... »
Sa main attrapa la mienne qu'elle posa entièrement sur sa peau, puis elle sourit. Elle était si réconfortante, alors pourquoi avais-je autant envie de pleurer ?
« - Elsa, tu sais que je t'aime, n'est-ce pas ?
- Moi aussi je t'aime, petite sœur, souriait-elle encore plus.
- Tu ne comprends pas... »
Mes doigts quittèrent sa main pour longer sa mâchoire jusqu'à son menton, pour remonter lentement sur sa bouche entre-ouverte qui exprimait maintenant la surprise. Ou peut-être la gêne. De l'embarra ? Ou du dégout ? Peu importait, elles étaient douces...
« - Anna... »
Le souffle chaud qui s'échappa de ses lèvres était très agréables sur le bout de mes doigts. C'était étrange, sa peau n'était pas du tout froide, contrairement à ce que tout le monde pouvait croire. Mon cœur accéléra dans ma poitrine sur un pincement désagréable. Je n'arrivai plus à me détacher d'elle.
« - Que fais tu de Kristoff ? demanda-t-elle subitement.
- J'aime Kristoff, évidemment. Mais... mais... articulai-je difficilement. La façon dont je t'aime, est... différente.
- Evidemment, je suis ta sœur, m'apprenait-elle.
- Non ! rétorquai-je. Enfin, si, bien sûre que je t'aime comme ma sœur. Mais, je. Enfin... »
Je posai ma main sur mon front, fronçai les sourcils. Je commençais à m'emmêler les pinceaux. N'avait-elle vraiment pas comprit ? Devais-je lui faire un dessin ? Ou bien une devinette ? Non, elle était bien trop nulle à ce jeu pour lui expliquer de cette façon.
« - Ce que j'essaie de te dire c'est que... »
Mais je ne pus finir ma phrase que je sentis les doigts de ma grande sœur passer sur ma joue, et ses lèvres se poser sur les miennes. De la plus délicate des façon. J'écarquillai les yeux dans un premier temps, refusant d'y croire, avant de les fermer.
« ... j'ai besoin de toi. »
L'expression de son visage était si dure à regarder. Je devinai sa détresse, ses angoisses, et ses craintes. Toutes ces questions qu'elle se posait, que je me posais. Cet amour, qui nous était interdit, immoral. Et toute la peur que cela engendrait. Je ne le connaissais que par cœur. Mais pour ma part, je n'étais pas capable du moindre retour en arrière.
Je passai mes doigts sur la main de la blonde, encore sur ma joue, puis lui entourai le poignet avant de la ramener vers moi pour prendre possession de ses lèvres à mon tour. Après tout, elle avait commencé, je pouvais bien continuer... Je les pressai timidement, jusqu'à ce que ma langue ne s'égare, les effleurant. Cet échange me fut bientôt rendu, alors que je serrai ma sœur dans mes bras. Je sentais mon cœur battre si fort dans ma poitrine, ou peut-être était-ce le sien. Ses mains agrippèrent mes vêtements, je lui ôtai les siens. Cette robe blanche faite de cristaux de neige tomba sur le sol. Je la poussai sur le lit avant de me débarrasser de mon carcan étouffant.
« - Anna... soupirait la blonde avant que je ne me retrouve au dessus d'elle. Tu sais qu'on ne devrait pas faire ça...
- Je sais. »
Mais il était trop tard pour moi, ma conscience s'était déjà tût. Elle pouvait toujours changer d'avis, me repousser, si elle en avait eu la force. Mais elle n'en fit rien. Même au contraire, quand ses mains m'invitèrent à la rejoindre en me tirant vers elle, et que ses yeux me supplièrent de la rassurer. Je caressai sa joue, passait mes doigts sur ses lèvres que je redessinai, avant des les embrasser de nouveau. Je pouvais sentir son corps chauds, entièrement nu, contre le mien. Je découvrais la moindre parcelle de sa peau si parfaite pour la toute première fois dans un échange fait de murmures et de soupirs, à peine inaudibles. Mes mains se baladaient, parfois dansaient, sur ces premiers plaisirs que je lui offrais. Je la faisais mienne, et lui faisait don de cette première nuit que moi aussi, je découvrais, qu'on partageait, de la plus secrète des façons.
Personne ne pouvait juger de l'immoralité de nos sentiments insidieux.
Ce pêché était seulement le notre. Il nous appartenait.
Et même s'il fallait rester cachées,
D'aucuns ne sauraient nous en priver.
