Titre: Isobel.
Fandom: Grey's Anatomy.
Disclaimer: Les personnages utilisés pour écrire cette Fanfiction ne m'appartiennent pas. Ils appartiennent à ABC Studios, ShondaLand et the Mark Gordon Company. Je ne suis donc pas rémunérée pour cette production écrite. Ma seule paie, ce sont les reviews. N'hésitez pas à me donner vos avis, qu'ils soient négatifs ou positifs.
Personnages: Alexander Karev; Isobel Stevens.
Rating: K+ (+9).
Nombre de Mots: 2010.
Résumé: Au cours de la saison seize de la série, Alexander "Alex" Karev disparaît en disant rendre visite à sa mère dans l'Iowa. Par la suite, Josephine "Joe" Karev et Meredith Grey découvrent qu'il n'est jamais arrivé à destination. Qu'est-ce qui peut bien le retenir tout ce temps ? La réponse est dans le titre.
Il faisait nuit noire sur la rocade.
Alexander Karev se gara sur le parking d'une épicerie sans prétention dans l'espoir de s'y désaltérer. Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, elle permettait au voyageur comme lui de prendre une pause sur la route avant de repartir de plus belle.
Il avait roulé bien des heures depuis Seattle avant de s'arrêter à quelques kilomètres à peine de la ville où il avait grandi.
Sa mère avait besoin de lui coûte que coûte.
Il n'avait pas d'autres choix que de tout quitter, de tout laisser derrière lui, pour la rejoindre au plus vite dans l'Iowa. Sa santé se dégradait de jour en jour et elle commençait à représenter un danger à la fois pour les autres, mais aussi, et surtout, pour elle-même.
Leur relation n'était pas des plus faciles mais il ne pouvait pas pour autant se permettre d'abandonner sa mère à son propre sort. Il était bien trop généreux pour oublier son rôle de protecteur. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était plus fils mais père. Du moins, c'était le sentiment qu'il avait eu quasiment toute son enfance, bousculé entre un père alcoolique et une mère souffrant de schizophrénie.
Aujourd'hui encore, son passé le rattrapait.
(Et c'était peut de le dire…)
Il avait les épaules larges. Il le fallait bien. Tant de responsabilités commençait sérieusement à lui peser. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher malgré tout. Il ne savait pas faire autrement. C'était ainsi qu'il était. Même avec ses plus proches amis, il avait ce rôle de protecteur qui lui collait à la peau. Il n'arrivait pas à s'en défaire. La plupart du temps, c'était plus fort que lui.
Pressé de retrouver sa mère au plus vite, il commanda un café serré au comptoir et demanda à l'emporter. Il comptait le boire en voiture, pendant ces derniers kilomètres qui le séparaient de sa famille. Il laissa un pourboire à l'étudiant de service pour la nuit, compatissant, et s'apprêta à faire demi-tour jusqu'à son automobile de location.
En ce qui concernait sa pauvre mère, il n'y avait pas grand-chose à faire malheureusement. Il ne pouvait pas la prendre avec lui. Elle ne le voulait pas, de toute manière. Elle refusait d'être un poids pour qui que ce soit. Encore moins pour ce fils qui avait grandi bien trop vite à son goût, torturé entre ses deux fardeaux de parents…
En se retournant pour partir, il ne prêta pas la moindre attention à la jeune femme au corps élancé située droit devant lui.
Son café encore fumant à la main, il fonça droit sur elle sans même en prendre vraiment conscience.
Au même moment, toute aussi distraite de son côté, l'inconnue pivota dans sa direction.
Le choc fut inévitable.
Leurs corps se heurtèrent sans un bruit.
Il renversa un peu de son café sur le chemisier de notre Jane Doe.
Visiblement sur la défensive, la jeune femme se mit à le réprimander.
Alexander voulut grommeler des excuses peu sincères afin de régler cette histoire au plus vite mais aucun mot ne sortit de sa bouche lorsqu'il posa enfin le regard sur les traits de ce visage si familier.
Isobel « Izzie » Stevens.
Cela faisait bien longtemps qu'il ne l'avait pas vue. Il ne pensait pas avoir la moindre chance de tomber à nouveau sur elle. À vrai dire, il avait même pensé, à un moment donné, qu'elle n'était plus de ce monde, elle qui l'avait si lâchement ghostée pendant toutes ces années.
Il l'avait aimée comme un fou, encore plus peut-être que la prometteuse Josephine « Joe » Wilson, qui était aujourd'hui son épouse.
Il s'était battu corps et âme pour que leur couple fonctionne.
Et puis un jour, elle était partie sans un mot.
Quelque part, il ne l'avait pas oubliée.
Il ne le pouvait pas.
D'ailleurs, Isobel n'avait jamais été un sujet tabou avec sa femme.
Ils en avaient discuté maintes et maintes fois, sans pour autant se montrer véritablement nostalgique de cette époque aujourd'hui révolue.
Il pensait à elle, parfois. Ce serait mentir que de dire le contraire.
Il se demandait ce qu'elle était devenue.
Qui elle était. Avec qui elle était. Ce qu'elle faisait.
Où vivait-elle aujourd'hui ?
Exerçait-elle encore la pratique de la médecine ?
Avait-elle tout comme lui trouvé l'amour de sa vie ?
Avait-elle eu l'occasion de mettre au monde un nouvel enfant ?
Toutes ces réponses, il en avait rêvé. Il avait imaginé ce à quoi pouvait ressembler sa vie. Et puis, il avait placé tout cela dans un coin de sa tête, comme ça, se disant que jamais, ô grand jamais, il n'obtiendrait la moindre confirmation à ses théories diverses.
Et voilà qu'elle était là.
Face à lui.
Un léger sourire aux lèvres.
Elle semblait intimidée, et même confuse de le trouver en ces lieux.
Elle lui donna l'impression d'avoir envie de fuir.
De prendre ses jambes à son cou.
Elle se sentait comme prise aux pièges.
Elle avait envie de faire comme si elle ne l'avait pas vu.
Comme si elle ne l'avait pas reconnu.
Elle aussi avait le sentiment que son passé la rattrapait.
Elle avait refait sa vie, du moins elle avait essayé de le faire.
Elle avait construit quelque chose de nouveau, de plus doux, dans ce coin perdu si loin de Seattle, qui l'avait pourtant chérie.
Elle était enfin en paix avec elle-même et, pour cela, elle avait eu besoin de faire une croix sur sa vie d'avant, quitte à s'éloigner d'un bon nombre de personnes qu'elle considérait comme des proches.
Après un long soupire, Alexander choisit de briser le silence.
– Bonsoir Izzie, dit-il d'une voix rauque.
– Bonsoir Alex, répondit-elle aussitôt, dans un murmure.
Elle jeta un rapide regard derrière elle, comme si elle cherchait quelque chose. Alexander se dit qu'elle scrutait peut-être la sortie, pour éviter cette confrontation qu'elle avait sans doute tant redouté.
Elle semblait pressée, du moins en donnait-elle l'impression. Et pourtant, lorsqu'Alexander lui posa la question, elle lui répondit par la négative. Elle avait tout le temps qu'il lui fallait devant elle.
Alexander n'en croyait pas ses yeux.
Après tout ce temps, elle était là.
Il avait envie de la serrer dans ses bras mais il savait qu'il n'en avait pas le droit. Ce n'était pas une bonne idée, après tout. Il y avait des limites à ne pas dépasser. Il ne pouvait pas se permettre de laisser ses émotions prendre le contrôle de ses actions à venir.
La vie les avait séparés et ce n'était pas sans raison.
Ils se regardèrent longuement dans le blanc des yeux sans mot dire.
– Tu vas bien ?, finit par demander Isobel d'une voix fluette, après un long moment d'hésitation, comme si elle luttait contre elle-même.
Malheureusement pour elle, fuir n'était pas toujours la solution… Elle ne pouvait plus faire machine arrière, à présent. Elle se devait de lui faire la conversation de façon claire et concise, pour que les choses se passent le plus rapidement possible. Échanger des banalités étaient ce qu'il y avait de plus aisé dans les rapports sociaux.
– J-je vais bien, oui, bégaya-t-il, comme s'il cherchait ses mots. Je ne travaille plus au Seattle Grace, qui ne porte plus ce nom depuis bien longtemps par ailleurs. C'est le Grey Sloan Memorial Hospital. Je me suis spécialisé dans la chirurgie pédiatrique. J'ai eu un véritable coup de cœur pour cette branche spécifique de la médecine grâce au meilleur des mentors qu'il puisse exister en ce monde. J'ai acheté un hôpital sur un coup de tête, également. Me voilà maintenant chef parmi les chefs ; je ne sais toujours pas si Bailey est fière de moi ou verte de rage à la simple idée de me compter parmi ses égaux.
Il lui retourna la question sans attendre.
– Rien d'aussi intéressant que ton propre parcours, semble-t-il..., répondit-elle dans un souffle. J'ai enchaîné bon nombre de petits boulots avant de me tourner vers le service à la personne. La médecine et moi, cela fait bien longtemps que c'est de l'histoire ancienne.
Un peu comme eux finalement, se dit Alexander, sans pour autant oser le dire de vive voix de peur qu'elle ne prenne cela comme une attaque.
Mais il était évident qu'Isobel pensait exactement la même chose.
Il le lut dans son regard. La jeune femme se contenta de sourire sans un mot. Ils n'eurent pas besoin d'en échanger davantage sur ce sujet.
Alexander proposa de lui offrir un café.
Isobel haussa les épaules, pesant subtilement le pour et le contre.
Elle jeta un nouveau regard en arrière et fit la grimace.
Visiblement, quelqu'un ou quelque chose l'attendait là-dehors.
Elle ne semblait pas avoir davantage de temps à lui accorder…
– Un seul café, trancha-t-elle. Et on retourne à nos vies après ça.
Elle serra les bras sur sa poitrine en signe de défense.
Pour toute réponse, Alexander hocha la tête de bas en haut. Il passa sa commande à sa place. Heureusement pour lui, elle n'avait pas changé ses préférences après ces dix ans passés hors de l'État de Washington.
Alexander tendit son gobelet à la jeune femme qui se contenta de sourire pour le remercier de son geste.
Ils s'adossèrent à l'extérieur sans se consulter.
Isobel fixa les yeux sur un point précis.
Alexander essaya de poser son regard sur ce même point, sans le trouver. Il faisait bien trop sombre pour y voir quoi que ce soit.
– Tu as quelqu'un ? le sollicita Isobel, en soufflant sur son café.
Alexander sortit son portefeuille et lui montra une miniature du jour de son mariage qu'il gardait auprès de lui en toute circonstance.
– Elle s'appelle Joe, dit-il avec fierté. Elle travaille elle aussi au Grey Sloan. C'est la petite protégée de Meredith depuis un moment maintenant. Elle est plutôt douée, je dois l'avouer. C'est une chouette fille, qui plus est. J'ai beaucoup de chance de l'avoir dans ma vie.
– Elle est jolie, répondit Isobel. Vous faîtes un très beau couple.
C'était bizarre de parler de tout cela après ce qu'ils avaient vécu.
Elle aussi avait été son épouse, à une autre époque.
Alexander voulut lui retourner la question mais il n'eût pas le temps d'ouvrir la bouche que la réponse vint soudain se présenter à lui.
Les yeux de la jeune femme suivirent la venue d'un gamin d'une dizaine d'années, Nintendo Switch scotchée à la main, la capuche enfoncée sur la tête, comportement digne du petit rebelle de service.
La porte de l'épicerie s'entr'ouvrit, accompagnée de sa fidèle clochette.
Isobel leva les yeux au ciel, irritée par le comportement du jeune garçon.
Alors, Alexander fit le lien. C'était lui qu'elle guettait chaque fois qu'elle tournait la tête vers l'extérieur.
La jeune femme tendit son café à son ex-petit-ami en gonflant les joues d'agacement. Alexander le saisit sans mot dire, spectateur impuissant de ce curieux manège qui se déroulait sous ses yeux.
Isobel attrapa l'enfant par la capuche de son sweat shirt pour le retenir. Il était hors de question pour elle de le voir s'aventurer dans le magasin sans autorisation, d'autant plus qu'elle lui avait intimement ordonné de l'attendre quelques minutes dans la voiture.
– Une boisson chaude pour moi aussi, c'est tout !, grogna-t-il, en se dégageant de l'emprise de la jeune femme. Je ne demande pas la lune !
– Tu n'iras pas loin sans argent de poche, Kiddo. Pour ma part, il ne me semble pas avoir entendu une seule fois le mot magique.
Isobel lui somma de faire demi-tour jusque l'automobile.
L'enfant fit volte-face, la capuche de son sweat shirt à motif posée sur son épaule et les cheveux ébouriffés, comme s'il s'était battu pour sa vie plutôt que contre les recommandations de sa mère.
Alors, Alexander découvrit son visage.
Ce regard insolent.
Ces cheveux châtains.
Ces yeux en amande.
Cette peau légèrement hâlée.
Alexander n'eut pas besoin d'interroger Isobel au sujet de son identité.
La réponse se lisait sur le visage du pré-adolescent.
Isobel avait gardé une partie de lui avec elle pendant toutes ces années.
Son fils.
Leur fils.
Alors, comme pas mal de personnes sur ce site, je le sais, je ne sais pas attendre la diffusion française de nos séries favorites pour visionner les épisodes les plus récents. Je suis donc via les diffusions américaines, ce qui fait qu'actuellement, je suis en train de suivre la saison seize de Grey's Anatomy. Comme certains le savent déjà, Justin Chambers, qui interprète le rôle d'Alexander "Alex" Karev depuis le tout premier jour, a pris la décision de quitter la série pour raisons personnelles.
Dans le dernier épisode diffusé, à savoir l'épisode quinze, on apprend qu'Alex a menti et qu'il n'est pas auprès de sa mère dans l'Iowa.
D'après la psychologie du personnage, il ne peut y avoir que deux raisons à cela. La première : la théorie de l'accident. Je considère que nous avons perdu suffisamment de personnages de cette manière... et qu'Alex Karev ne mérite clairement pas un destin aussi funeste ! Arrive ensuite ma deuxième théorie. Isobel "Izzie" Stevens. Ce serait la seule raison pour laquelle Alex abandonnerait tout, à mes yeux.
Dans ce One Shot, c'est cette seconde piste que j'ai décidé d'explorer, peut-être à tort.
Ici, Alex n'a pas menti : il est effectivement allé jusque dans l'Iowa pour faire placer sa mère, devenue ingérable malgré son traitement, et tombe par le plus grand des hasards sur celle qui lui aura causé sa plus grande peine de cœur dans toute l'histoire de la série. Il découvre, comme vous l'avez lu un peu plus tôt, qu'il est père d'un enfant. Je considère que c'est vraiment la seule chose qui aurait fait qu'il aurait renoncé, au-delà de son amour pour Joe, à son amitié pour Meredith.
Le désir de paternité.
Alex est clairement le papa de la série. Ou plutôt le grand-frère qui prend les plus faibles sous son aile. Cela changerait tout.
Alex ne pourrait pas retourner à Seattle comme si de rien n'était en sachant qu'il a là un enfant qui aurait peut-être besoin de lui un jour.
Edit : Ce texte, qui devait à la base être un One Shot s'est transformé en Fanfiction sur plusieurs chapitres ! À suivre...
