Chapitre 1 : "Fake it, till you make it" ?


Les talons des escarpins icônes de la Maison Louboutin claquèrent fort contre le sol dur en marbre. Sasuke sut qu'elle arrivait avant même qu'elle ne traverse la porte de son bureau. C'était le début de semaine et comme d'habitude, Sakura Haruno, jeune diplômée d'état en technique de communication et accessoirement folle des chaussures de marques, avait fait du shopping dans sa boutique préférée de Tokyo.

C'était devenu une sorte de passe-temps pour Sasuke. Reconnaître quels talons sa secrétaire particulière mettait était très divertissant. Avant même de s'en rendre compte, il était tellement pris dans le jeu qu'il ne pouvait plus faire marche arrière. Il était complètement obsédé par ses escarpins de différentes couleurs et de différents designs qu'arborait fièrement la rose. D'ailleurs, c'était la seule excentricité qu'elle se permettait d'avoir puisqu'elle ne s'habillait au tout et pour tout que d'un costume/pantalon 3 pièces noir taillé sur mesure. La rumeur disait qu'elle en avait au moins 31. Tous de la même couleur et un pour tous les jours du plus long mois de l'année.

Sasuke secoua sa tête devant cet amas d'ineptie. Ce serait fou. Si c'était vrai, évidemment. Mais la femme prenait tellement à cœur son travail que ça ne le surprendrait pas autant qu'il le pensait au final. La porte s'ouvrit en le tirant de sa rêverie. Sakura entra dans toute la ponctualité et l'efficacité qui la traduisait. Les yeux charbons de l'homme migrèrent directement au Sud de la silhouette.

« So Kate », fut la première chose que le brun pensa. Le modèle à bout pointu était réalisé en PVC Loubicraft avec un savoir-faire au rendu « trash » par la maison mère Louboutin. La paire était faite en pièces de boîte de souliers de la marque ainsi que de leurs sacs shopping. La tige décolletée était ensuite déposée sur un talon aiguille de 120 mm.

Comment Sasuke le savait ? Il avait tout simplement écumé tous les modèles de chaussures féminines que proposait le magasin préféré de la femme. Rien de bien extraordinaire pour un homme tel que lui, doté d'une fantastique capacité de mémorisation. Et ce n'était surtout pas parce qu'il avait des troubles obsessionnels que ses parents avaient légèrement banalisés depuis son enfance.

Non.

Absolument pas.

— Bonjour, Sasuke-sama, le salua-t-elle toute souriante.

Elle posa l'énorme classeur qu'elle tenait entre ses mains sur la table en chêne de son bureau. Sasuke haussa les sourcils face à la montagne de papiers.

— Ce sont les documents de la semaine qui requièrent ma signature ? demanda-t-il en essayant de cacher le petit grain d'espoir dans sa voix.

Sakura sourit de toutes ses dents blanches.

— Non. Ce sont les documents que vous devez impérativement traiter avant demain après-midi, Sasuke-sama.

C'était exactement l'une des raisons pour lesquelles il avait personnellement décidé d'embaucher la femme aux longs cheveux roses. Elle disait toujours ses mots, sans gêne, avec un sourire permanent aux lèvres et ce, indifféremment du grade de son interlocuteur. En bref, elle faisait son travail de secrétaire ; un excellent travail. Après une petite inclinaison de la tête, elle se tourna pour s'en aller dans le cliquetis reconnaissable de ses hauts talons.

Et Sasuke fut subjugué.


Il se l'était admis le mardi matin de la première semaine du deuxième mois après qu'elle ait commencé à travailler comme secrétaire chez Uchiwa Corp. La précision de cette date ne faisait que démontrer son admiration pour elle. Sakura Haruno était totalement son type. Elle était grande et ne se gênait pas pour le montrer du haut de ses talons vertigineux. Elle avait de longs cheveux qu'elle attachait toujours en une queue-de-cheval haute très particulière dont il soupçonnait l'esthétique de venir de Chine. Son visage était un mixte familier mais étranger tout à la fois ; sûrement dû à sa double nationalité qu'elle avait héritée de son père japonais et de sa mère chinoise — oui, il s'était renseigné. Et, bon Dieu ! Elle avait des fossettes ! D'adorables petites fossettes qui ne se révélaient que quand elle boudait ou se plaignait des incapables ayant une fois de plus envoyé les mauvais documents sur son bureau. Elles apparaissaient également lorsqu'elle faisait à de très rares occasions quelques remarques espiègles sur les gourdasses qui remplissaient l'étage en dessus du leur et dont le seul travail, autre qu'éditrices de leurs lignes éditoriales, semblait se résumer à colporter les ragots dans toute l'entreprise.

Ce qui le ramenait au problème auquel il faisait face. Il était descendu audit étage pour parler à son éditeur en chef et accessoirement meilleur ami, Naruto Uzumaki, lorsqu'il avait entendu un bout de conversation de trois pipelettes avec des bracelets Swarovski étincelants accrochés autour de leurs poignets.

— Oui, je parle bien de Sakura, la Sakura Haruno, je te jure ! s'exclama la blonde numéro 1, comme il la nomma intérieurement.

Le nom de sa secrétaire ne pouvait que le faire ralentir. Puis s'arrêter. Non, il n'admettrait jamais s'être caché derrière le pot de plante tropical près de l'espace de repos où étaient installées les femmes pour pouvoir espionner la discussion. Jamais.

Un coup d'œil rapide de la salle le confirma que le bureau était vide à cette heure un peu avancée du déjeuner.

— Tu sais, Trévor, l'étranger qui nettoie leurs bureaux ! poursuivit-elle bruyamment en se poudrant le nez, les jambes croisées. Il m'a dit qu'il avait fait le test et que c'était vérifié !

De son emplacement de choix, Sasuke vit la blonde numéro 2 lever les yeux au ciel, ne croyant visiblement rien de ce que son amie racontait.

— On parle de Sakura Haruno, dit-elle. Une paire de ses chaussures vaut mon salaire, et elle en change chaque putain de matin donc non, ta théorie ne tient pas. Celle de ton « Trévor » non plus.

Sasuke fut de plus en plus intrigué par le sujet de la conversation. Il jeta un coup d'œil rapide à sa Rolex et fit un rapide calcul mental. Il avait cinq minutes de marge. Naruto l'attendrait bien encore un peu…

— Genre, il remarquerait ça, s'immisça la dernière femme, une brune cette fois-ci. Ton histoire sent le fake.

— C'est elle qui est fake ! s'exclama blonde numéro 1 en déposant furieusement son pinceau sur le bureau. Même si son costume est de marque, elle se balade avec le même toute la semaine ! C'est franchement dégueulasse !

Sasuke se contenta de hausser un sourcil parfaitement sculpté.

— Tu ne peux pas y croire tout de même ! Tu sais combien elle vaut à chaque pas qu'elle effectue ? Le bruit inexistant des diamants de sa dernière paire de boucles d'oreilles Bvlgari me hante jusqu'à aujourd'hui…

La brune afficha un air rêveur, synonyme qu'elle se rappelait des mouvements réguliers des magnifiques bijoux en or jaune de 18 K et pavés de diamants sur les bords. Les boucles d'oreilles étaient de la collection privée BZero1. Inspirée du Colisée, l'amphithéâtre le plus connu au monde, la collection BZero1 Rock incarnait le symbole innovant de la vision créative de Bvlgari teintée d'une touche d'insolence. Sasuke avait apprécié l'essence même de l'esthétique joaillière de sa spirale originale réimaginée avec des picots en or pour rehausser l'esprit visionnaire et audacieux de l'icône du design de la marque de luxe. Il était bien informé… C'était lui qui le lui avait offert pour son anniversaire, deux mois plus tôt, sous couvert d'une gratification pour services rendus aux frais de l'entreprise. Sasuke ne savait pas si elle avait gobé l'histoire mais le sourire qu'elle lui avait adressé après que les reflets dorés provenant de la petite boîte aux allures princières lui aient caressés le visage, fut suffisant pour comprendre qu'il avait fait le bon choix. Il se rappela avoir un peu hésité avant de passer la commande.

...

Juste un mois...

— Je suis d'accord, soutint la blonde numéro 2. Elle ne peut pas avoir qu'une seule paire de costume dans son armoire alors qu'elle a toutes ses chaussures.

— Mais justement ! C'est pour pouvoir se payer ses chaussures et se la péter qu'elle se joue la minimaliste de ce côté-là ! Elle nous a habitué à un certain standing, et maintenant, elle ne veut pas perdre la face ! Elle vit à l'américaine, vous savez ? « Fake it 'till you make it » !

Les femmes sont vraiment des pestes entre elles, se dit Sasuke en secouant la tête. Il savait bien que ses rumeurs n'avaient pour source que la jalousie mal placée de la jeune femme mais il s'interrogea sur la question. Il était vrai que sa secrétaire ne portait qu'un costume noir… et en y réfléchissant bien, la coupe échancrée de son pantalon allongeant ses longues jambes à l'infini était la même day by day. Un doute naquit. Il pinça ses lèvres en une ligne ferme.

— Je savais que vous ne me croiriez pas alors j'ai demandé une preuve, ajouta fièrement la blonde en fermant sa trousse de maquillage et en la rangeant dans son sac Céline. Regardez, c'est une photo de son costume le jour où il a collé le sticker dans son blazer, et ça, c'est une photo du lendemain, quand il a regardé sur le portemanteau ! Le sticker est resté, elle ne nettoie même pas ses affaires ! Regardez la date d'envoi du message !

Sasuke n'avait jamais été fan de gymnastique… il ne le regretta jamais autant qu'à ce moment précis en se tordant l'oeil et le cou pour avoir une vue sur le téléphone portable de la femme. Il savait qu'il offrait un piètre spectacle, presque à califourchon sur le pot dont les feuilles lui obstruaient partiellement la vue. Il nierait jusqu'au bout si quelqu'un le surprenait dans cette position peu flatteuse. Fière d'elle, la blonde referma ensuite son téléphone en voyant les regards choqués de ses amies. Sasuke retint un grognement. Il n'avait pu rien voir de ce qu'elle avait montré mais vu les regards assez convaincus des deux autres.

— Soit, si même avec ça vous ne me croyez pas, je n'y peux rien. Mais je suis sûre de moi, cette fille est plus fausse que les lentilles de contact de la famille Hyuga !

Sasuke se retint de faire très sèchement remarquer que la pathologie héréditaire courant dans les gènes des Hyuga était loin d'être un choix de sujet de moquerie pertinent. Ils avaient eu leur dose de média usant de leurs noms à des fins marchandes autour de cette caractéristique aussi singulière qu'incroyable.

— Sasuke ? fit une voix en face de lui.

Il ferma les yeux très fort en voyant les trois filles se tourner dans sa direction. Nonchalant, il sortit de sa cachette en marchant normalement. Chacun de ses pas accompagnait une malédiction lancée à l'égard de Naruto, et de sa future lignée, qui l'observait d'un air réservé, presque méfiant de l'avoir surpris ainsi.

— Hé, j'ai amené le dossier dont je te parlais, fit le brun entre ses dents serrées avec un sourire faux savamment travaillé ornant ses lèvres.

Si le blond le questionnait sur ce qu'il venait de voir devant les trois femmes, il ferait de lui de la nourriture pour chien. Il ne montrerait aucune pitié ; aucune.

Le blond sembla comprendre la menace silencieuse car ses yeux inquiets se posèrent successivement sur les femmes puis sur le sourire faux de son meilleur ami. Il déglutit et tenta un sourire tremblant à son tour.

— Euh, hé, réciproqua-t-il la salutation. Je t'ai vu sortir de l'ascenseur, allez, viens. On va manger ensemble. On regardera ça là-bas.

Avec un sourire charmeur qui fit rougir les jeunes femmes, il prit congé d'un signe de révérence de la tête. Il regarda Naruto pénétrer rapidement dans l'ascenseur, la queue entre les jambes. Le regard meurtrier qu'il lança en marchant vers lui fit reculer le blond tout au fond jusqu'à ce que son dos rencontre la surface froide du verre de protection de l'ascenseur. Sasuke se plaça droit devant lui, une main dans ses poches, l'autre serrant dans une poigne de fer les documents importants. Bien que plus petit, son aura se chargeât du reste. Le géant au teint bronzé sembla rapetisser sous l'intensité de son œillade.

La porte de l'ascenseur se ferma derrière le brun. Il était temps d'expliquer à son subordonné qu'on n'intervenait en aucun cas dans les affaires de son patron.

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à suivre... (abonnez vous à l'histoire si vous voulez être sûrs de recevoir la notif')

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Note d'auteure : Juste une petite série chill de cinq chapitres pour les fans de Naruto qui me suivent (j'ai beaucoup gâté ceux de Harry Potter, ces derniers temps. J'en ai bien conscience...) ;)

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