Auteur : Mangafana

Disclaire : Rien n'est à moi.


John quitta son travail tôt ce jour-là. Le sourire aux lèvres, il s'arrêta dans un magasin sur le chemin et acheta une bouteille de champagne. Aujourd'hui, ça faisait 3 ans que Sherlock et lui était mariés.

Il s'en souvenait comme si c'était hier. Sherlock avait disparu pendant plus d'un an pour s'occuper des hommes de Moriarty puis tout d'un coup, un matin, en se levant, John l'avait trouvé allongé sur ce canapé qui était resté le sien pendant tout ce temps. A son arrivé dans la pièce, Sherlock avait levé la tête et l'avait scanné de ses yeux si gris puis il se détendit enfin, heureux de ce qu'il avait pu déduire. Il se leva du canapé et s'approcha de John. Il posa sa main sur la joue du médecin et se pencha pour aspirer les larmes qui s'échappaient des yeux de son ami … amant ? Puis il l'embrassa, espérant un retour et le recevant de bonne grâce.

Après ce baiser et ce retour surprenant, ils s'étaient mariés, juste eux deux, rapidement, sans témoins. Juste pour se prouver qu'ils étaient là l'un pour l'autre. Juste pour se prouver qu'ils s'aimaient. Ils avaient bien sûr prévenus leurs amis et leurs familles, Mycroft leur avait d'ailleurs fait une scène et les parents de John le battait froid, depuis, mais tous deux s'en fichaient, ils étaient ensemble maintenant. John devait avouer que ça n'avait pas changé grand-chose à leur vie. Ils partaient toujours à deux sur les enquêtes et Sherlock était toujours aussi difficile mais maintenant, ils dormaient ensemble et passaient de merveilleux moments. John avait toujours son travail au cabinet avec Sarah et c'était peut-être le seul point noir pour lui. En effet, en devenant médecin, John avait voulu avoir une belle carrière de chirurgien mais un travail dans un hôpital, en chirurgie ne lui aurait pas permit d'aller sur le terrain avec Sherlock et il refusait de ne pas être là pour assurer la sécurité de son mari alors il continuait à soigner des boutons et des nez bouchés au lieu de sauver des vies. Mais tant qu'il pouvait rester avec Sherlock, rien ne pouvait lui faire perdre son sourire.

C'est donc la tête remplie de souvenirs et la joie au cœur que John atteint le 221 B Baker Street. Il monta les marches en courant, se disant que le bouchon du champagne sauterait plus rapidement ainsi, et il pénétra dans l'appartement. Sherlock n'était nulle part en vue, étrange, il le prévenait pourtant toujours quand il quittait l'appartement. Bon, d'accord, c'était généralement uniquement pour faire des enquêtes alors il le lui disait. John se retourna vers la cuisine et ne trouva pas l'objet de son attention. Peut-être que Sherlock était parti se couché ! Après tout, il n'avait pas dormi depuis plus de 3 jours, à cause de ses expériences, il faisait sans doute une sieste. S'imaginant déjà se joindre à lui sous la couette, John se dirigea en toute discrétion vers leur chambre et ouvrit la porte. Là, sur son lit, son mari faisait l'amour à une femme. John n'en cru pas ses yeux.

Discrètement, il referma la porte et retourna à la cuisine.

Non, ce n'était pas possible.

Sherlock ne pouvait pas lui faire ça !

Pas à lui !

Ils étaient mariés !

Ils s'aimaient !

C'était le jour de leur anniversaire de mariage.

Sherlock le savait.

Il le lui avait rappelé encore ce matin en partant.

Ce n'était pas possible.

Il y avait forcément une explication.

Forcément !

Mais John avait beau chercher, il ne voyait pas.

Pourquoi ?

Alors, prenant son courage à deux mains et les larmes aux yeux, John retourna dans la chambre.

Sherlock avait changé de position et était maintenant allongé sur le dos, la femme le chevauchant.

John n'y tint plus et claqua la porte.

Immédiatement, la femme sursauta en criant et en se cachant la poitrine avec ses bras. Elle descendit de Sherlock en s'exclamant :

-Eh, dis à ton coloc' de partir !

-Je ne suis pas son coloc', je suis son mari ! Dit John en essayant de conserver son calme.

-Quoi ? Couina la jeune femme.

-Sherlock, je peux savoir pourquoi tu faisais l'amour dans NOTRE lit avec cette FEMME, le jour de notre anniversaire de MARIAGE ?

-Je voulais juste essayer.

-Je te demande pardon ? Interrogea doucement John.

Sa voie était d'ailleurs bien trop douce. Sherlock aurai dû se rendre compte qu'il était sur une mauvaise pente mais il n'y fit pas attention et répliqua :

-J'enquête de plus en plus sur des affaires impliquant la jalousie et le sexe avec une femme. Je voulais comprendre donc il fallait bien tester. Ne jamais négliger de détails, John.

-Non mais t'es qu'un grand malade. S'insurgea la jeune femme en enfilant sa robe et en se dirigeant vers la sortie.

-Et bon vent, pouffiasse ! Dit perfidement John avant de reprendre :

-J'espère que tu avais mis une capote, Sherlock.

-Pour qui tu me prends ? Bien sûr !

-Et j'espère pour toi que tu as profité de cette baise, parce que tu ne me toucheras pas avant très longtemps.

-Quoi ? Mais pourquoi ?

-Pourquoi ? Tu m'as trompé avec cette femme, Sherlock !

-Mais c'était juste une expérience.

-Je m'en fiche, moi. Tout ce que je vois c'est que tu as couché avec quelqu'un d'autre que moi ! Ça t'était déjà arrivé ? Demanda John, en ayant peur de connaître la réponse.

-Ne soit pas ridicule, bien sûr que non. C'est répugnant avec toute autre personne que toi.

-Alors pourquoi avoir essayé avec elle ?

-Je te l'ai dis, j'essayais juste !

-Tu … Mais … Tu sais quoi, je m'en fiche. C'est fini entre nous, Sherlock. Je peux supporter beaucoup de trucs. Des têtes dans le frigo, des rotules gélatinées baignant dans la baignoire, des cerveaux explosés dans le micro-onde et même savoir que tu as utilisé ma brosse à dent pour brosser les dents du crâne ! Mais ça … non …

-Ne dis pas n'importe quoi, John. Tu ne me quittes pas.

-Ah non ? Regarde ça. Dit John en sortant de la pièce.

Sherlock reposa sa tête sur l'oreiller et gigota pour trouver une meilleure position. Jamais John ne le quitterai, il l'aimait. Et en plus, aujourd'hui, c'était leur anniversaire. Ça n'avait aucune signification pour Sherlock mais c'était important pour John alors il ne partirait pas.

Sherlock décida de dormir un peu en attendant que John arrête de bouder et revienne à la maison.


Voilà 5 jours que John n'était pas rentré. 5 jours que Sherlock avait à peine mangé et n'avait pas dormi.

Quand John avait dit qu'il partait, il ne l'avait pas pris au sérieux, mais il aurait dû. Il l'avait cherché partout où John pouvait être mais ses déductions ne servaient à rien et John restait introuvable.

Il avait essayé de le trouver chez Lestrade, chez Mike et même chez Harry, mais John n'était nulle part. Et il avait appelé au cabinet pour prendre des congés pour l'instant à durée illimité.

Et lui, il avait beau chercher, son cerveau refusait de déduire sa présence ou que ce soit. Et ça le rendait dingue !

Il avait toujours tout compris, sauf les émotions humaines. Et là, il ne comprenait pas. Ou était John ?


Malheureusement pour Sherlock, John se trouvait au seul endroit où Sherlock n'aurait jamais l'idée de le chercher. Chez son pire ennemi.

Depuis 5 jours, John avait trouvé refuge chez son beau-frère.

Aussitôt avait-il claqué la porte que John s'était demandé où il pouvait aller sans que Sherlock ne le retrouve. Les endroits habituels tels que chez les amis étaient exclus, c'était le 1er endroit où Sherlock allait chercher. Il aurait pu prendre une chambre dans un hôtel mais il n'avait pas les moyens d'y rester indéfiniment et Sherlock avait accès à ses codes bancaire, il pouvait donc voir facilement où il se trouvait. Il lui fallait donc un endroit sécurisé où il serait laissé en paix.

Il n'eut pas longtemps à réfléchir avant d'avoir une illumination. Il prit son téléphone et appela Mycroft.

-John ?

-Mycroft, j'ai besoin que vous m'hébergiez.

-Allons bon. N'avez-vous pas un appartement avec mon frère ?

-Mycroft, écoutez, je ne vous demande jamais rien, contrairement à vous alors accordez moi ça, laissez moi dormir dans une de vos chambres.

-… Que se passe-t-il ? Sherlock va bien ?

-Il va bien, moi pas. J'ai besoin de votre aide.

Cette phrase, pourtant simple, fit un déclic à Mycroft. Jamais John ne demandais. Jamais il n'avait besoin d'aide, en tout cas pas de lui. S'il le demandait, c'est que quelque chose de grave avait eu lieu.

-Ne bougez pas, je vois envoi une voiture.

John ne remercia pas et raccrocha directement.

Son cœur le faisait souffrir. Comment Sherlock avait pu lui faire ça ? N'obtenait-il pas de lui tout ce qu'il désirait ? John n'était pourtant pas un prude ni un avare en câlin alors pourquoi son mari avait-il eu besoin d'aller voir ailleurs ? Et cette attitude. Elle était tellement blessante. Comme si Sherlock avait été étonné de sa colère, comme s'il n'avait rien fait de mal. John savait pourtant que son mari n'était pas comme tout le monde et qu'il avait du mal à concevoir les émotions humaines mais jusqu'à présent, dans leur relation, il avait été parfait.

Il avait changé dès leur mise en couple, faisant attention à lui, étant attentif et câlin, comme si son exil volontaire l'avait rendu plus humain. Certes, il n'était pas devenu subitement un homme empathique mais un minimum. Là, c'était bien la première fois qu'il faisait preuve d'autant de cruauté, ou plutôt de si peu d'humanité et il fallait que ce soit avec lui.

John faisait de gros efforts pour ne pas pleurer. Il détestait ça. Plus encore en pleine rue alors il faisait des efforts surhumains pour se retenir, mais c'était vraiment douloureux.

Finalement, une berline noire aux vitres fumées s'arrêta devant lui et le chauffeur sorti pour lui ouvrir la porte arrière. Ce faisant, il lui dit :

-Monsieur m'a demandé de vous conduire chez lui et de vous informer que sa maison sera la vôtre. Vous pouvez vous y sentir aussi à l'aise que dans votre propre appartement.

-Merci. Murmura John en se glissant l'habitacle.

La voiture redémarra et John ne fit pas attention à la route empruntée. A vrai dire, il n'avait jamais été chez Mycroft mais il savait par son frère qu'il habitait une maison indécemment grande pour un célibataire, en plein Londres, c'est pourquoi il n'avait pas hésité à lui demandé une chambre.

Finalement, la voiture s'arrêta et le chauffeur vint à nouveau lui ouvrir la porte. John se retrouva devant une grande bâtisse dans un quartier visiblement cossu de Londres. Il ignorait où il se trouvait mais n'en avait cure, il voulait juste être seul pour pouvoir pleurer autant qu'il le souhaitait.

Le chauffeur lui ouvrit la porte de la maison et lui précisa :

-Monsieur vous a attribué la chambre d'ami se situant au 1er étage, troisième chambre à gauche. Et encore une fois, faîtes comme chez vous. Dit l'homme en refermant la porte de la maison derrière lui.

Ne faisant pas attention à la décoration qui l'intéressait peu, John monta les escaliers devant lui, compta trois portes à gauche, poussa la porte, repéra juste une porte ouverte sur une salle de bain sur sa droite puis il se jeta sur le lit, n'y tenant plus, et inonda de ses pleurs les oreillers.


En rentrant tard ce soir là de son travail, Mycroft se dirigea rapidement vers la chambre de son invité pour lui parler et connaître la raison de sa présence. Sans réponse après avoir frappé à la porte, l'homme politique poussa celle-ci et trouva John recroquevillé en chien de fusil sur le lit, encore habillé et les joues encore brillantes de larmes.

Ne voulant pas interrompre son sommeil, Mycroft prit un plaid sur le fauteuil de la pièce pour recouvrir l'endormi et s'isola dans sa propre chambre.

Une fois seul, il sorti son ordinateur et se connecta aux caméras de surveillances de Baker Street, essayant de comprendre quel était le problème. Malheureusement, il n'avait plus que les caméras de la rue, son frère ayant enlevé toutes les caméras de son domicile.

Mycroft vit donc le docteur Watson quitter son domicile le matin pour aller dans son cabinet médical.

Il vit Sherlock sortir vers 11h00 puis rentrer à nouveau chez lui avec une jeune femme à 16h45. Il vit le docteur renter chez lui à 17h00 et la jeune femme quitter leur domicile à 17h06. Enfin, le docteur sorti à 17h16 et sortir son téléphone pour l'appeler.

Qu'avait-il bien pu se passer dans cet appartement ? Qui était cette femme ? Son frère allait-il bien ?

Mycroft aurait bien appelé son frère pour savoir s'il allait bien mais il était loin d'être stupide et se doutait que de près ou de loin, Sherlock avait fait quelque chose qui avait blessé le docteur. Mycroft soupira. C'était déjà tellement étonnant que ce ne soit pas arrivé avant.


Cette situation dura encore trois jours. Tous les soirs, en rentrant, Mycroft trouvait toujours John endormi et des traces de larmes sur ses joues. Il avait prévenu son personnel qu'il avait un invité et qu'il ne fallait pas le déranger. Tous les jours, sa femme de ménage faisait 3 repas, 2 pour John pendant la journée et le sien habituel pour son repas du soir. Or, aucun des repas de John n'étaient jamais mangés. A peine trouvait-il le trognon d'une pomme dans sa poubelle ou des miettes de gâteaux sur son plan de travail, mais guère plus.

Finalement, le troisième soir, Mycroft rentra plus tôt.

Il alla toquer à la porte de John et fût étonné qu'on l'autorise à rentrer.

-John, je vois avec plaisir que vous êtes réveillé.

-Hum. Confirma John sans le regarder dans les yeux.

-Pourrais-je vous parler, je vous prie ? Je vous attends dans le salon. Prenez votre temps pour vous préparer. Dit Mycroft avant de refermer la porte.

Il se dirigea vers la cuisine et leur fit du thé puis s'installa dans le salon. Il mit les deux fauteuils l'un en face de l'autre puis s'installa dans l'un deux, attendant son interlocuteur.

Il patienta 15 minutes mais il fut ravi de voir John descendre les escaliers, les cheveux mouillés et vêtu d'habits qu'il lui avait fait livrer lorsqu'il avait réalisé que John n'avait aucun vêtement de rechange.

John se racla la gorge, gêné, puis s'installa dans le fauteuil que lui présenta Mycroft.

-Du thé ?

-Merci. Dit John en récupérant la tasse que lui tendait Mycroft.

-John, j'ai conscience que la situation dans laquelle vous êtes est exceptionnelle, sinon vous ne seriez pas ici. Mais j'aimerai la comprendre, cette situation.

-Vous n'avez donc pas appelé votre frère ?

-Je m'en suis gardé lorsque j'ai compris qu'il était la cause de votre état.

-…

-John, il vous faut me parler. Vous êtes chez moi comme un fantôme. La femme de ménage ne vous a pas vu en trois jours et elle se désespère de voir les assiettes qu'elle prépare pour vous totalement intact. Je suis également inquiet. Lorsque je rentre le soir, vous dormez, mais vous vous effondrez visiblement d'épuisement. Cela n'empêche pas les cernes de manger votre visage. Vous avez manifestement perdu du poids et la douche que vous venez de prendre est la première depuis des jours. John, je serai un bien mauvais hôte si vous ressortiez de chez moi en plus mauvaise était que vous n'y êtes rentré.

-…

-Expliquez-moi.

-Si je vous le dit, vous allez encore trouver des excuses à votre frère.

-Vous savez pourtant que je suis bien plus sévère envers mon frère qu'envers personne d'autre et si j'estime qu'il est en tord, alors je ne lui trouverai pas d'excuses.

-Lorsque je suis rentré chez moi il y a quelques jours, je comptais fêter nos 3 ans de mariage, avec Sherlock.

-Quoi, déjà. Diantre, le temps passe tellement vite. Connaissant Sherlock et son peu d'intérêt pour les dates, j'imagine qu'il a oublié cet anniversaire. Est-ce cela qui vous a contrarié ?

-Si ce n'était que cela … non Mycroft, ce qui m'a contrarié, c'est de le trouver dans notre lit en train de coucher avec une femme.

Mycroft le regarda avec des yeux écarquillés.

-Plait-il ?

-Vous avez parfaitement entendu. Ne me le faîte pas répété, par pitié.

-Je … j'avoue ne pas savoir quoi dire. Sherlock, vous tromper ? En êtes-vous sûr ?

-Mycroft, il me semble que dans la position ou je les ai surpris, il y avait peu de doute. De plus, je vous rappelle que je suis médecin, si vous voulez des détailles anatomiques, je peux vous les fournir.

-Certes non ! S'exclama Mycroft.

Malgré tout, Mycroft semblait sonné par la nouvelle. Il avait manifestement du mal à y croire, malgré l'affirmation de son beau-frère.

-L'avez-vous questionné ? S'est-il justifié ?

-Manifestement, pour lui, il ne faisait rien de mal. Il a juste dit qu'il était curieux de savoir comment ça faisait de faire l'amour à une femme et que c'était une expérience.

-Une expérience ? Répéta Mycroft stupéfait.

-Et il n'a pas compris pourquoi j'étais tant contrarié. Comment ai-je pu me marier avec cet homme qui considère qu'il ne fait rien de mal en me trompant ?

-Je suis sûr que …

-Que quoi ? Qu'il a une explication ? Oui, il l'a, c'était une expérience et je faisais manifestement beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

-John … je ne sais que vous dire.

-Alors ne dîtes rien …

-Vous a-t-il contacté depuis votre départ ?

-Je n'ai pas allumé mon téléphone. J'ai même enlevé la batterie. Ne le faîte vous plus surveillé ?

-Si mais sans caméra dans votre domicile, il m'est difficile de savoir ce qu'il fait ou ce qu'il pense. Que puis-je faire pour améliorer la situation, John ?

-Il n'y a rien à faire. Je ne suis même pas sûre de vouloir reprendre mon mariage avec lui.

-John, je sais que vous l'aimez. Et je sais que vous êtes la seule personne qu'il aime également.

-Alors pourquoi m'a-t-il fait ça ?

-Je ne saurai vous le dire. Voulez-vous que j'aille le voir pour essayer de comprendre ?

-Mais alors, il saura que je suis ici et je ne veux pas encore le voir.

-Je comprends. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le souhaitez, John. Ma maison est votre maison.

-Merci Mycroft. Sans vous, je ne sais pas où j'aurai pu aller.

-Mais je mets une condition à votre résidence ici.

-Je vous écoute ?

-Je veux que vous mangiez les repas que vous prépare Mme Gulberg et que vous preniez soin de vous. Vous faîtes vraiment peur à voir.

-Si c'est votre condition, alors je la respecterai.

-Je vous remercie. Que diriez-vous de manger ensemble ce soir, vu que je suis rentré tôt ?

-Merci, oui. Je vais faire réchauffer les assiettes.

Mycroft remercia John et le regarda partir, se demandant comment il allait pouvoir arranger les choses.


Mycroft soupira. Il pensait tellement à son frère et à John qu'il n'arrivait pas à travailler sur ses dossiers.

2 jours étaient passés depuis les révélations de John et il n'était pour l'instant pas encore intervenu. Il avait surveillé les appels de son frère et savait qu'il avait appelé Harriet Watson, l'inspecteur Lestrade et Mike Stamford, prouvant qu'il recherchait son mari. Malheureusement, sans caméra dans Baker Street, il ne pouvait savoir dans quel était d'esprit était Sherlock car celui-ci sortait aussi peu que John.

Finalement, il décida qu'il passerait ce soir voir son frère. Après tout, il n'était pas obligé de lui dire qu'il hébergeait John et pouvait juste venir voir son frère.

Sur ces bonnes paroles, Mycroft retourna plus serein à son dossier.


En sonnant à la porte de Baker Street le soir même, Mycroft redoutait de connaitre l'état de son frère. Ce fut sa logeuse qui lui ouvrit la porte d'entrée.

-Bonjour Madame Hudson.

-Oh, bonjour Mycroft.

-Vous avez l'air déçue de me voir, cela fait plaisir.

-Non, non, j'espérais juste que ce serai John.

-John ? Ne fini-t-il pas le travail plus tard, ordinairement ? Demanda Mycroft, feignant l'ignorance.

-Vous n'êtes pas au courant ?

-De quoi ?

-John a déserté le foyer conjugal.

-Je vous demande pardon ?

-Oui, cela fait 6 jours que nous n'avons plus de nouvelles de lui. Je suis très inquiète et Sherlock est désespéré.

-Vraiment ? Peut-être lui est-il arrivé quelque chose, savez-vous ce qu'il s'est passé ?

-Oh vous savez, à mon âge, on ne colporte plus les ragots … bien que j'ai cru comprendre que votre frère s'était conduit de façon ignoble. Enfin, ce n'est pas à moi de vous en dire plus, si vous voulez des informations, allez les glaner auprès du principal intéressé.

-Oui, vous avez raison, je vais aller voir Sherlock.

Puis, saluant la vieille dame d'un signe de tête, Mycroft monta les 17 marches menant à l'appartement de son frère et entra sans frapper à la porte.

A son plus grand étonnement, Sherlock n'était pas affalé sur son canapé comme d'habitude, mais vautré sur le fauteuil de son mari, fixant la porte du regard.

En le voyant, Mycroft eut un coup au cœur. Sherlock, tout comme John, n'était plus que l'ombre de lui-même. Il n'avait jamais été bien épais mais il était maintenant squelettique, ces yeux étaient rouge et son teinte blafard. Il portait son éternelle robe de chambre ouverte sur un boxer et un teeshirt à la propreté douteuse. Soupirant, Mycroft s'installa sur le canapé en face de son frère et joua quelques instants avec son parapluie.

-Allons allons, quel est ce conte que m'a dit Mme Hudson ?

-Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

-Que John n'était pas réapparu depuis 6 jours.

Sherlock ne répondit pas mais hocha la tête.

-Tu l'as vu ?

-Non, pourquoi ? Il a vraiment disparu ?

-Jusqu'à présent, je n'ai pas voulu faire appel à toi mais est-ce que tu pourrais le retrouver avec les caméras de surveillance de la ville ? S'il te plait ?

-Allons Sherlock, je ne t'ai jamais vu dans cet état. Que s'est-il passé ? Vous vous êtes disputés ?

-Non, je … Je ne sais pas vraiment ce que j'ai fais de mal mais John m'a quitté.

En disant ses mots, Sherlock eut bien du mal à retenir un sanglot qui lui déchirait la gorge.

-Raconte-moi et je verrais ce que je peux faire pour toi.

Alors, Sherlock sembla ne plus pouvoir se retenir et se mit à pleurer, la tête enfouie dans ses mains.

Mycroft ne pouvait se souvenir de la dernière fois qu'il l'avait vu pleurer … ou plutôt, il s'en souvenait très bien, c'était le 26 juin de l'année de ses 15 ans. Sherlock avait été presque roué de coup par ses « camarades » de classes et il pleurait autant de douleur que de rage à cause de leur attitude.

Mycroft hésita puis il s'approcha de Sherlock et lui posa une main réconfortante sur l'épaule :

-Allons, ça ne peux pas être aussi catastrophique que ça, Sherlock, raconte moi. Dit-il doucement.

Il laissa encore Sherlock pleurer quelques temps puis quand il vit que ses pleurs se tarissaient, il lui donna son mouchoir. Sherlock s'essuya les yeux puis se moucha pendant que Mycroft retournait s'asseoir sur le canapé.

-Je … le jour de notre anniversaire de mariage, je m'étais plongé dans mon palais mental pour revoir mes anciennes affaires et j'ai remarqué qu'il me manquait encore beaucoup de données concernant le sexe.

-Il te manquait des données ?

-Pas le sexe avec un homme, John avait su me montrer et m'apprendre toutes ses subtilités, mais le sexe avec les femmes, alors j'ai décidé de palier mes lacunes.

-… tu ne veux pas dire que …

-Si … je suis allé dans un pub et j'ai courtisé une jeune femme. Je l'ai ramené ici et j'ai couché avec elle.

-Sherlock ! S'indigna Mycroft.

-Mais c'était juste une expérience, Mycroft, une expérience comme j'en ai déjà fait des centaines. Sans sentiments ni rien. John est arrivé et nous a surpris. Il a crié et je n'ai pas compris pourquoi. La femme est partie et John m'a dit qu'il me quittait. Je ne pensais pas qu'il était sérieux. Il est sorti mais je pensais qu'il allait marcher et se rendre compte qu'il était ridicule puis revenir en s'excusant mais il n'est pas rentré de la nuit. J'ai appelé sa sœur, Lestrade et Stamford, aucun d'eux ne l'a vu ou ne sais où il est et maintenant, ils me harcèlent par téléphone pour savoir où est John. J'ai appelé la clinique et ils m'ont dit que John avait prit des congés sans dire quand il revenait. Ça fait 6 jours, Mycroft. J'ai appelé les hôpitaux en me disant qu'il lui était peut-être arrivé quelque chose mais il n'y est pas et je ne sais pas où il est. Mycroft, s'il te plait, regarde les caméras.

-… et si je le faisais, Sherlock, et que je te disais où il est, qu'est-ce que tu ferais ?

-Je ne sais pas, je saurai déjà qu'il va bien et ça serai un soulagement. Et puis je lui dirais de rentrer.

-Après ce que tu as fait, tu penses qu'il rentrerait ?

-Mais je ne sais pas ce que j'ai fais ! Où est le problème ?

-Sherlock … souvient toi de ton mariage … ne te souviens-tu pas que l'officiant vous a dit que vous vous deviez fidélité et amour, ou quelque chose comme ça ?

-… Mais je lui suis fidèle, je l'aime.

-Mais tu l'as trompé en couchant avec une femme. Est-ce que tu comprends que John se soit senti trahi ? Tu lui avais promis de lui être fidèle et de l'aimer et tu l'as trompé avec une femme, comprend qu'il ne se sente plus aimer, Sherlock.

-Bien sûr que je l'aime. Je n'aime que lui. Personne d'autre.

-Alors il faut que tu comprennes que, même pour une expérience, cela ne se fait pas, Sherlock. Quand tu es fidèle, tu n'embrasses pas, tu ne couche pas et tu n'as pas d'autres sentiments amoureux envers eux, c'est compris ?

-… je comprends ce que tu essayes de me faire comprendre. Je n'aurai pas dû draguer une femme ni coucher avec elle.

-Non, tu n'aurais pas dû.

-Est-ce que tu vas m'aider à le retrouver, Mycroft ?

Sherlock avait une mine tellement piteuse que Mycroft ne put lui résister et lui répondit :

-Je vais faire au mieux. Je te tiens au courant.

Puis l'homme se leva. Il ne parti pas avant d'avoir serré l'épaule de son frère puis quitta l'appartement.

Dans la voiture, Mycroft soupira. Comment allait-il se sortir, et les sortir, de ce marasme.


-Alors, John, comment avez-vous passé votre journée, aujourd'hui ? Demanda Mycroft à son nouveau colocataire.

John soupira de désespoir et lui répondit :

-Comme tous les autres jours.

Mycroft hésita beaucoup puis finalement, il se lança :

-Je suis passé voir Sherlock, avant de rentrer.

John, qui allait emmener sa fourchette pleine à sa bouche, la reposa brusquement.

-Et ?

-Il est dans un état catastrophique.

- … tant mieux.

-John !

-Quoi ? Je n'ai pas le droit d'être amer après qu'il m'ait trompé ?

-Si, vous avez tous les droits, John. Mais il est mon frère, je me devais d'aller le voir.

-Vous lui aviez dit ou j'étais ?

-Non, mais il m'a demandé mon aide pour vous retrouver.

-Au bout de 6 jours, ça va, il n'est pas pressé. Je ne dois pas trop lui manquer. Il a dû se rendre compte de mon absence quand je ne lui ai pas fait de thé ou nettoyer derrière lui comme la boniche que je suis.

-Ne dîtes pas ça. Comme je vous l'ai dit, il est dévasté. Il a été très honnête et m'a expliqué ce qu'il avait fait. Je lui ai fait prendre conscience de son erreur et de sa duperie envers vous. Mais je peux vous assurer qu'il n'a pas cherché à vous faire du mal.

-Vous plaisantez, j'espère. Il a rompu son serment de ne pas me tromper et il ne s'est rendu compte de rien ?

-Il n'avait pas conscience de … écoutez … Je trouve son attitude révoltante mais vous connaissez mon frère comme moi. Vous l'avez épousé en sachant qu'il avait des lacunes de compréhension des normes. Il n'a pas prit la mesure de ce qu'il vous faisait et de la blessure que cela allait vous causer.

-Et qu'allez-vous faire, au final ? Vous allez l'aider à me retrouver ?

-Pas si vous me le demandez, John. Mais je ne vois pas comment je pourrais justifier de ne pas vous avoir trouvé avec toutes les caméras de surveillance que je contrôle.

-Je vous le demande, ne lui dîtes rien. Et quand à votre excuse, vous trouverez bien.

Mycroft fut troublé par le ton morgue de John mais ne dit rien.

-Ne vous inquiétez pas, Mycroft, je vais bientôt débarrasser le plancher.

- Pourquoi dîtes-vous cela ? Vous ne me dérangez pas, vous pouvez rester autant que vous le souhaitez.

-Merci mais je dois me reprendre en main. Je suis en train de voir avec ma banque pour me créer un autre compte auquel Sherlock n'aura pas accès puis je vais commencer à me chercher du travail. Cela fait un moment que je suis lassé de travailler dans un cabinet privé. J'ai toujours voulu reprendre les opérations mais avec les enquêtes de Sherlock, je n'ai pas pu me le permettre. Je vais pouvoir me chercher un hôpital qui cherche un chirurgien. Il doit bien y en avoir dans tout le Commonwealth.

-Vous comptez donc déménager si loin de Londres ? Je pensais que vous aviez des difficultés à envisager de partir de cette ville ?

-Plus maintenant. Maintenant, je veux m'en éloigner à tout prix. Tout me rappel Sherlock ici.

-… votre décision est donc irrémédiable ? Et vous n'envisagez pas de pardonner à Sherlock ?

-Non. Je ne pourrai plus jamais lui faire confiance. Et oui, j'ai vraiment besoin de partir de Londres.

-Sherlock se désespère de vous revoir et de se faire pardonner.

-J'ai confiance en sa capacité à se remettre sur pied et à me virer de son palais mental au plus vite.

-Vous ne pouvez pas juste partir comme ça, John. Vous êtes mariés aux yeux de la loi.

-Vous avez raison … dès demain j'engage un avocat. Il n'aura pas grand travail, rien ne m'appartient dans l'appartement et je ne veux rien de lui.

-John …

Mais Mycroft ne pu le faire plus parlé, John se mura dans le silence à partir de ce moment, au grand désespoir de l'homme d'état.


Le lendemain soir, à l'heure de dîner, John et Mycroft se retrouvèrent à nouveau ensemble. Depuis qu'il avait un invité chez lui et qu'il lui avait fait promettre de manger, Mycroft faisait son possible pour revenir tous les soirs à une heure décente pour manger avec lui.

-Bonne nouvelle. J'ai engagé un avocat, il ne devrait plus tarder à prendre contact avec Sherlock.

-Déjà ?

-Et j'ai réussi à joindre un directeur de clinique qui recherche un chirurgien. Nous allons échanger des mails.

-John, je ne saurai trop vous conseiller de prendre contact avec Sherlock, d'aller le voir. Je vous rappelle qu'il est le meilleur des détectives. Si vous n'allez pas à lui, il ira à vous et vous n'en serez peut-être pas ravi.

-… je vais y réfléchir.


Finalement, au bout d'une semaine, John se décida à aller voir Sherlock pour mettre les choses au clair avant que son avocat ne lui envoi les papiers du divorce, aussi, un soir, il demanda des précisions à Mycroft.

-Comment est-il ?

-Plait-il ?

-Vous dîtes qu'il est dans un état déplorable. Dîtes-m'en plus.

-Il n'est pas sorti une seule fois depuis votre propre départ. Il à peur que vous reveniez pile au moment où il sortirait alors il se le refuse. S'il mangeait peu avant, il ne mange plus du tout maintenant et il a perdu plusieurs kilos. Il n'a pas non plus prit de douche depuis que vous êtes parti…

-Arrêtez de dire que je suis parti comme si j'étais en vacances. Il m'a trompé, je ne suis pas le méchant de l'histoire, ici.

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu induire, John.

-Et il ne s'est pas douché depuis que je suis parti ? Ça veut dire qu'il doit encore avoir l'odeur de cette femme sur lui … charmant …

-John…

-J'irai le voir demain. Dit John en mangeant un morceau de viande.


John avait calculé son arrivé pour coïncider avec l'absence de madame Hudson qui partait faire son marché. Il adorait la vieille dame mais je ne voulais pas la voir.

Il monta les escaliers et ouvrit la porte de son ancien appartement.

Devant lui, sur son fauteuil, Sherlock avait relevé la tête en entendant son pas dans l'escalier. Il ne semblait pas croire que c'était vraiment lui.

La pièce sentait le fauve, preuve que Sherlock n'avait pas aéré depuis un certain temps, et lui-même était dans un état déplorable. Son marcel était sale et tâché par la sueur, ces cheveux n'avaient été ni peignés ni lavés depuis un certain temps. Son caleçon avait une couleur suspecte et en terme général, Sherlock faisait peine à voir.

John ne s'était pas rendu compte qu'il prenait son temps pour juger de la tenu de son mari. Mari qui s'anima enfin et sembla rougir de gêne.

-Je … ne bouge pas, je vais me changer. Dit Sherlock en essayant de se lever.

-Pourquoi faire ? Ce n'est pas comme si tu avais jamais fait des efforts ou quoi que ce soit pour moi. Répondit sèchement John.

-John !

-Stop. Je ne veux pas t'entendre.

-Tu as l'air bien … tu es bien habillé et tu as perdu quelques kilos … tu habites chez Mycroft ? C'est ça, hein ? Tu m'as quitté pour mon frère ? Déduisit Sherlock.

-Je te demande pardon ? S'énerva John. Certainement pas. J'ai trouvé refuge chez ton frère parce que je savais que tu n'aurais pas l'idée d'aller me chercher là bas, mais je ne t'ai pas quitté pour ton frère. Parce que moi, je crois en mes vœux de mariage, Sherlock, et que je ne te trompe pas !

-John, au sujet de cette fille …

-Non, je ne veux pas t'entendre parler d'elle.

-… je suis désolé.

-De quoi ? Je suis persuadé que tu n'as toujours pas compris pourquoi je suis parti.

-Mycroft m'a expliqué.

-Mais toi tu n'as pas compris, n'est-ce pas ? La notion de fidélité, j'aurai dû savoir que tu n'y comprenais rien, à ces notions humaines. S'énerva John.

-John …

-Non, tais-toi. Je ne suis pas revenu ici pour me réconcilier avec toi, je suis ici pour te dire que je demande le divorce.

-Quoi ?

-J'ai contacté un avocat, je te saurai gré de bien vouloir signer les papiers quand tu les recevras. Je ne prends rien, je ne récupère rien, pas même mes affaires, tu peux tout vendre ou bruler, comme tu veux. Je déménage, aussi. Pas juste d'ici, mais de Londres. J'ai trouvé un autre travail, je vais enfin redevenir chirurgien. Fini les petits emplois de consultants mal payés parce que jamais disponible. Fini les excuses à trouver pour partir crapahuter avec toi après les criminels. J'aurai un travail fixe dans un hôpital ou je ferai ce que j'aime faire. Je reprends ma liberté et ma vie là ou j'aurai dû la reprendre après mon retour au pays. Ne me cherche pas. Cette parenthèse londonienne est close, maintenant.

-John, je t'aime.

-Tu ne sais pas ce que c'est qu'aimer. Sinon, tu ne m'aurais pas trompé.

-C'était une exp … une erreur de parcours, je te promets que je ne le ferai plus jamais.

-Quoi, parce que Mycroft t'a expliqué que ce n'était pas bien ? On ne devrait pas à te dire que ce n'est pas bien, Sherlock, tu devrais le savoir d'office. J'ai supporté tes excentricités pendant des années et jamais tu ne t'es demandé si ça me gênais ou pas. C'est un fait, Sherlock. Je te quitte. Remet-toi, moi je me suis remis.

-John, je t'en prie.

-Au revoir, Sherlock.

Et John tourna les talons et sorti de la pièce, du 221 B Baker Street et de la vie de Sherlock Holmes.


John était dans son jardin en train de planter des fleurs. Il avait tout de suite adoré ça, s'occuper de son jardin.

En trouvant son nouveau travail, il s'était cherché une maison non loin de l'hôpital puis il était finalement tombé sur cette maison. Elle était près de la mer, presque au fait d'une falaise. Elle était grande et agréable, claire et chaleureuse. Elle avait également un grand jardin. C'était bien plus loin que ce qu'il avait voulu par rapport à son travail mais il avait tout de même acheté sa maison qui était devenu son havre de pais.

Cela faisait 2 ans qu'il avait son nouveau travail et 1 an et demi qu'il habitait ici et il se sentait revivre. Il n'avait pas prit conscience avant de quitter Londres d'à quel point cette ville le bouffait. Il était constamment stressé, agressé par les bruits et la pollution. Ici, au bord de la mer, tout était calme. Il adorait l'odeur iodé de la mer, il aimait le bruit du ressac et les oiseaux ici n'étaient pas de stupides pigeons. Il se sentait revivre et même presque rajeunir. Depuis qu'il était arrivé, sa blessure à l'épaule ne lui avait plus jamais fait mal, pas même par temps de pluie. Il s'était remis au sport et c'était différent de courir après les criminels. Il s'était également installé un coin avec des poids dans son cabanon de jardin pour travailler le haut du corps.

Il savait que tous ces changements lui avaient fait du bien et il avait vu qu'il plaisait. Certains hommes comme certaines femmes le suivaient de leurs yeux appréciateurs. Pour autant, il n'avait jamais eu d'aventure depuis son arrivée ici. Pas envi. Pas après avoir tant aimé et avoir été tant blessé.

John se releva et enleva ses gants pour aller se chercher un verre d'eau dans la cuisine lorsqu'il fut interrompu par une voie grave et profonde qui le figea :

-Ton jardin est magnifique.

John se retourna pour voir Sherlock devant lui.

-Ce coin au bord de la falaise, collé à la palissade serai parfait pour y mettre une ruche.

John eut du mal à avaler sa salive et il savait que cela n'avait rien à voir avec la soif qui l'avait prit tout à l'heure.

-Sherlock … qu'est-ce que tu fais ici ?

-… tu as l'air bien installé. Et tu as l'air d'aller bien … mieux que bien, même. Tu sembles en pleine forme.

-…Toi aussi, tu as l'air bien.

Et c'était vrai. Sherlock avait l'air bien. Ses cheveux bouclés et fous bougeaient sous la légère brise. Il portait son éternel manteau long qui soulignait sa silhouette fine. John ne pu s'empêcher de remarquer que sa silhouette était bien fine et plus maigre. Il avait prit un peu de poids et cela lui allait bien. Il portait encore sa chemise en soie mauve qui avait tendance à le rendre dingue. Le reste de son costume noir ne faisait que souligner sa silhouette fine et athlétique.

-Oui. Grâce à toi, à ton départ … j'ai beaucoup souffert puis je me suis reconstruit. Parce qu'il le fallait bien et que sinon j'allais te harceler et que je ne voulais pas te faire plus de mal que ce que je t'avais déjà fait.

-Merci … ça ne réponds pas à ma question. Qu'est-ce que tu fais là ?

Sherlock fouilla dans son sac de voyage et en sorti une liasse de papier qu'il lui tendit.

-J'ai signé les papiers du divorce.

-Après 2 ans ?

-J'ai mis du temps à m'y faire.

-Et tu les as emmené toi-même … il n'y a plus de poste à Londres ?

Sherlock eut un petit rire de gorge qui emmena un frisson dans le dos de John. Sherlock le remarqua mais eut la délicatesse de ne rien en dire. Il fit la moue et dit finalement :

-Je tenais à te voir.

-Pour quoi ?

-Tu le sais, pourquoi. Dit Sherlock en ne le lâchant pas des yeux.

Ses yeux si parfait qui lui avaient tant manqués. John était comme hypnotisé et se sentit rougir.

-Tu … tu veux du thé ?

-Avec plaisir. Il n'y a que ton thé que j'aime. Dit Sherlock en baissant encore sa voie.

John rougit encore et lui fit signe de rentrer.

Sherlock ouvrit le portail et rentra dans son jardin. Voir Sherlock au milieu des fleurs qu'il avait plantées lui fit réaliser qu'enfin, seulement maintenant, il se sentait complet. Tout était parfait.

FIN