Wakfu fanfiction – Épisode 15 : Rédemption

(Voici la suite tant attendue en fanfic de la saison 3 de Wakfu, après le fan-épisode 14 "Le vœu d'Oropo"! Évidemment, je compléterais petit à petit, chapitre par chapitre vu que je continue de reporter du brouillon à Libre Office! [avec quelques petites modifications au passage])

Wakfu ©Ankama

- Oropo?

Yugo ne le trouvait plus dans son champ de vision, il avait disparu avec Echo! Avant d'entrer dans le zaap, les deux groupes, la Confrérie du Tofu et la Fratrie des Oubliés, se sont séparés. Désormais à Amakna, il ne restait plus que Yugo, Ruel, Arpagone, Oropo et Echo. Mais ces deux derniers n'étaient plus là.

- Oropo! Où es-tu? continua-t-il de l'appeler.

Il faisait déjà nuit et il n'allait quand même pas aller le chercher dans le noir… jusqu'à ce qu'il entende un bruit provenant d'un buisson et ce buisson-là dégageait partiellement de la lumière bleue, Yugo décida d'y jeter un coup d'œil. Ruel le prévint tout de même car il savait ce qu'il se passait dedans.

- Je ne ferais pas ça si j'étais toi…

- Bah pourquoi? lui demanda l'eliatrope en fouillant le buisson qui se mettait soudainement à s'agiter et à hurler à deux voix, ce qui le fit écarter rapidement.

Oropo sortit sa tête, visiblement embarrassé et en colère. Echo était juste collé à lui dans cet amas de feuilles, elle aussi était embarrassée mais pas en colère.

- Hé! Ce n'est pas pour rien qu'on s'est mis dedans! cria l'eliotrope tout rouge. Voyeur, va!

Yugo comprit vite ce que ce couple était en train de faire, il s'excusa plusieurs fois.

Dès que les deux tourtereaux eurent fini ce qu'ils avaient eu à faire, ils sortirent du buisson, décoiffés. Oropo, lui, était encore plus décoiffé qu'il ne l'était, ça lui donnait une drôle de tête. On aurait dit qu'une tornade lui était passé dessus! Ils arrangèrent leur coupe comme si de rien n'était.

- Toi aussi, tu vas rentrer chez toi? supposa Echo qui n'en veut pas au jeune eliatrope.

- Ouais, confirma-t-il. À l'Auberge du Bouftou Croustillant.

L'eniripsa salivait d'avance.

- Hmm… Ça doit être bon, la blanquette de bouftou! Oropo m'en a parlé une fois.

C'est vrai qu'Oropo avait hérité des souvenirs de Yugo et donc de l'endroit où il habitait.

- Comme il n'a plus de dimension, j'imagine qu'il va vivre avec toi… bâilla-t-elle discrètement.

- Tu ne viens pas, Echo? dit Oropo tout chagriné, la prenant par les mains.

- J'ai besoin de réfléchir à ce qui s'est passé…

- Tu m'en veux encore?

- J'sais pas… Mais ne t'inquiètes pas, je viendrais te voir, promis! J'en profiterais ainsi pour manger dans cette auberge!

Elle l'embrassa ce qui le rassura, puis partit de son côté. Désormais, ils ne sont plus que quatre, sachant que Adamaï était aussi parti sans qu'ils ne s'en aperçoivent, ils s'en étaient aperçu qu'au dernier moment.

- Aaaaaah...! Ça fait du bien de rentrer chez soi! lança Yugo en s'étirant de tout son être dès que le petit groupe furent arrivé devant l'auberge.

- Étrangement, je ressens… la même… chose… bâilla Oropo entre chaque mots.

La nuit était tombée depuis un bon moment et tout le monde était épuisé par ces événements.

Alors que Yugo s'apprêta à ouvrir la porte, l'eliotrope le stoppa.

- Attends, attends! Et si ton père –notre père quoi- ne m'appréciait pas? Et Chibi et Grougal? Ça leur ferait un choc s'ils apprenaient que je suis ta création!

- Mais non, lui rassura le jeune eliatrope, il t'aimera comme il m'aime! Et puis, il sera content d'apprendre qu'il a un autre fils adoptif mais plus vieux! Et pour les jumeaux, ce sera la même chose : ils seront fous de joie!

Sur ce, il ouvra la porte.

- Papa, on est rentrés!

Derrière le comptoir, Alibert vit son fils adoptif rentrer, il lui sourit, soulagé qu'il soit revenu.

- Yugo! T'es de retour! Je m'étais fait du soucis pour toi. Où est-ce que tu étais passé, mon p'tit piou? s'inquiéta Alibert en venant à sa rencontre.

«Mon p'tit piou...» pensa tristement Oropo, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entendu ce surnom même si ce n'était qu'un souvenir.

- C'est une longue histoire, je te raconterais. lui répondit-il en se faisant assaillir par un monstrueux câlin du grand enutrof.

Il lâcha son fils pour le laisser respirer.

- J'espère que tout s'est bien, passé Ruel, dit-il toujours inquiet.

Son ami le rassura, ce qui le soulagea un bon coup. Il y tenait à son fiston. Il remarqua qu'ils n'étaient pas rentrés seuls.

- Qui sont-ils? demanda Alibert.

Ruel présenta Arpagone.

- Oh, enchanté!

- De même, lui répondit-elle.

Il murmura discrètement à son ami.

- Elle a son caractère mais elle est charmante!

- Je ne suis pas sourde! lui fit-elle remarquer.

Alibert ria gaiement. Yugo, à son tour, présenta Oropo, l'enutrof le dévisagea à cause de ses cheveux puis lui sourit.

- Enchanté! C'est un ami à toi, Yugo?

- C'est un peu compliqué à t'expliquer, Papa, c'est…

- Je suis la création de votre fils, lui coupa Oropo tout en restant poli. Je suis son double en quelque sorte.

- Oui, voilà! conclut-il.

- Donc c'est ton frère, supposa l'enutrof, après Adamaï.

Ils parlaient en chœur, surpris par cette révélation.

- Mon frère, Yugo?

- Mon frère, Oropo?

Puis se regardèrent. Alibert se sentit penaud.

- Peut-être que vous devriez m'expliquer… Je peux avoir tort…

- Vaudrait mieux, oui, conseilla Ruel.

Assis au comptoir, Oropo raconta son histoire et Yugo raconta la suite c'est-à-dire la journée qu'il avait passé expliquant sa longue absence sans qu'il ait prévenu son père adoptif.

- Ça confirme bien ce que je dis : vous êtes bien frères! affirma Alibert. Un double qui est né de son original au même âge est considéré comme un frère ou une sœur. Mais si ce double est né nourrisson alors il est considéré comme une descendance.

- Dans le cas d'Oropo, il est né dans le temps présent puis fut envoyé dans le passé! Malgré tout, il est considéré comme un frère… mais… il est plus vieux que moi…

- Alors c'est un grand frère! conclut l'enutrof en beauté.

«Grand frère?»

- Euh… excusez-moi! Je ne suis pas d'accord! protesta Oropo qui se leva de son tonneau et s'appuya sur le comptoir avec ses mains. Je peux être le grand frère de Chibi et Grougal mais pas de Yugo! Yugo, c'est un peu comme mon frère jumeau : je pense presque comme lui, j'ai ses souvenirs (qui disparaissent au fur et à mesure) et j'étais habillé comme lui!

- Hmm… tu n'as pas tort… mais le problème c'est que personne ne te croira que tu es un eliotrope né dans le présent envoyé dans le passé, les gens penseront que t'es son grand frère.

- Hélas! vous avez raison… soupira Oropo qui ne put contrer cet argument, puis se rassit.

- Par contre, le vouvoiement n'est pas accepté dans cette famille puisque tu en fais maintenant parti! Ah non… Tu en fais DÉJÀ parti! corrigea Alibert.

Il retrouva le sourire.

- Pas besoin de le dire, p-p-p… Argh! C'est trop dur de le dire! Cela faisait tellement longtemps que j'errais dans le monde des douze que je n'arrive plus à dire «papa»!

Il faisait le désespéré en gardant le sourire.

- Ça viendra petit à petit, lui rassura Yugo en lui frottant le dos pour le réconforter. Tu ne t'es pas gêné pour m'appeler «Père des eliotropes»!

Pour le taquiner, Oropo le saisit avec son bras par le cou et lui frotta le crâne avec son autre main. Alibert était content que ces deux-là s'entendaient bien.

Sentant que c'était l'heure de se coucher, Yugo et Oropo montèrent à l'étage, bâillant à s'en décrocher la mâchoire de manière synchro. Ruel et Arpagone leur disaient «bonne nuit».

Alibert rejoignit ses fils avec un matelas et un oreiller, il s'adressa à Oropo.

- Comme tu fais déjà parti de la famille, ce serait dommage que tu dormes dehors. Pourquoi tu ne dormirais pas dans la chambre de Yugo? Il y a de la place pour un lit supplémentaire.

Yugo réorganisa sa chambre de sorte que son père installa le lit de l'eliotrope juste à côté du sien dans le même sens.

- Oui, pourquoi pas? dit Oropo en regardant Yugo, inquiet et haussant les épaules. J'espère que ça ne te dérange pas, Yugo…

- Non, non! T'es le bienvenue! Ma chambre est ta chambre! lui sourit-il.

Les deux frères étaient tellement fatigués qu'ils étaient couchés directement et en même temps. Faut dire que cette journée était vraiment intense physiquement et psychologiquement! Oropo était un adversaire assez coriace dans la manipulation psychologique comme dans le combat, ce n'était plus un ennemi mais un ami maintenant que son problème fût réglé.

Le lendemain matin, à son réveil, Yugo trouva le lit d'Oropo vide. Il était parti.

Le jeune eliatrope descendit pour voir s'il ne petit-déjeunait pas, il n'y était pas.

Peut-être dehors? Non plus! Yugo se questionna et demanda à Alibert qui s'occupait des jumeaux s'il n'avait pas vu Oropo, il lui a répondu qu'il était allé chercher ses affaires mais qu'il reviendra d'ici là.

Et en effet, une heure plus tard, l'eliotrope revenait mais avec un havre-sac qui contenait ses affaires ainsi qu'un manteau sur le dos, le même avec un capuchon à oreilles qu'il avait avant de le perdre en sortant de l'hyper-zaap par Yugo. Celui-ci l'avait attendu sur le lit, en train de lire un livre. Quand il le vit, il posa son bouquin.

- Tu aurais pu me réveiller avant de partir et dire que tu partais chercher tes affaires!

- Je suis désolé mais fallait bien que je les récupères sinon quelqu'un me les aurait piqués!

L'havre-sac d'Oropo ressemblait à son manteau avec ses oreilles et ses motifs en forme d'yeux ainsi que la même couleur.

Oropo sortit du havre-sac un livre, ses drôles de lunettes qui lui donnait un air de hibou. Il les posa sur le bureau puis continua d'en sortir le contenu : trois manteaux de rechange, trois autres spécial hiver pliés soigneusement, ses habits qu'il avait quand il était enfant et… une peluche hibou!

Attends… UNE PELUCHE HIBOU?

Yugo prit un air très surpris et essaya de ne pas rire voire ne pas sourire du tout. Il reprit son livre et fit semblant de le lire afin de masquer son sourire.

Oropo posa, ce qu'il avait sorti, sur son lit. Il posa également sa peluche sur l'étagère.

«Voilà! Tu seras bien ici!»

Il entendit le p'tit rire de Yugo.

- Qu'est-ce qui te fait rire?

Trahi, l'eliatrope avoua.

- T'es pas un peu vieux pour avoir une peluche?

- Et pourquoi pas? répliqua-t-il. Il n'y a pas d'âge, hein. Toi aussi, t'as des peluches!

Il désigna les peluches de Yugo qui étaient posés sur l'étagère du doigt.

- Ok, j'suis coupable! avoua-t-il encore une fois.

Puis ils rigolèrent. Oropo commença à ranger ses affaires quand son frère lui posa une question.

- Au fait, où tu as récupéré cet havre-sac?

- Dans un coin caché de l'Inglorium. lui répondit-il tout en continuant de ranger.

- Mais… pourquoi tu irais cacher un havre-sac dans cet endroit auquel tu comptais détruire? C'était du suicide!

- Avant l'explosion que j'avais prévu, je devais le récupérer donc…

- Ah… mais c'était quand même du suicide!

Ses yeux étaient aussitôt attirés par le livre qu'avait posé Oropo. Il était gros et assez épais, avec au moins 1000 ou 2000 pages ou plus. On dirait une encyclopédie. Il remarqua qu'il a été modifié plusieurs fois en matière de pages et de couverture en cuir, on voyait les fils dépasser un peu.

- C'est quoi ce livre? demanda Yugo en essayant de le prendre mais fût stoppé net par Oropo qui le prit avant lui. Comment arrivait-il à le porter? Ça doit peser une tonne!

- NON!

- Pourquoi?

- C'est privé!

Malgré l'épaisseur, il le garda tout contre lui comme un doudou.

- Je vois, tu tiens un journal intime.

- Exact et t'as intérêt à t'abstenir de le lire sinon…

Il leva le livre au dessus de la tête de Yugo en signe de menace qui voulait dire «...sinon je t'assomme avec ça!»

Le garçon recula sur son lit, paniqué.

- Ça va, ça va, c'est bon! Je m'abstiendrais! remua-t-il des mains rapidement. Pas la peine de prendre ce ton menaçant en plus de me menacer avec ça! Pose-le!

Oropo lui fit un signe de «Je t'ai à l'œil» avec ses deux doigts puis rangea son journal dans son havre-sac et tandis qu'il termina de ranger le reste de ses affaires, Yugo reprit sa phrase en revenant au bord du lit.

- Et puis, si t'as un soucis, j'suis là! Même quand Echo n'est pas là, j'serais toujours là! Tu peux tout me dire, tu sais.

- Je sais mais… soupira l'eliotrope après avoir fini. Je t'ai déjà tout dit lors de notre confrontation…

- Oui mais à l'avenir si quelque chose te tracasse, n'hésite pas! Les amis, c'est fait pour ça.

À ces mots, l'eliotrope reprit confiance.

- Tu dois avoir raison… et justement, il y a une chose qui me tracasse depuis notre départ…

- Vas-y, je t'écoutes…

Oropo s'assit sur son lit, Yugo se mit à côté de lui. Il se confia à propos de Coqueline.

L'eliotrope n'arrivait pas à oublier la façon dont la petite osamodas l'ait rejeté après qu'il avait tué accidentellement ses animaux. Mais pour elle, c'était volontaire. Oropo voulait à tout prix se faire pardonner… Mais comment?

- Si seulement je pouvais remonter le temps pour m'en empêcher…

- Ça reviendrait au même… Non, tu devrais lui laisser le temps histoire qu'elle réfléchisse de ce qui s'est vraiment passé, et si elle pense que c'est un accident, elle reviendra vers toi.

- Au moins, tu sais comment remonter le moral…

- Mais oui, lui rassura Yugo. Tu sais, tu devrais être moins pessimiste…

Soudain, un drôle de bruit se fit entendre! Un gargouillis, plus précisément, qui venait… du ventre d'Oropo!

- Oups! J'ai oublié de petit-déjeuner!

- T'aurais dû le faire avant de partir, rigola Yugo.

- J'étais pressé! Enfin bref, je vais aller grignoter un truc et je reviens.

Puis il sortit de la chambre en flottant.

Pendant ce temps, Yugo patienta sagement en reprenant la lecture de son livre de recette et une fois terminé, il attendit. Et comme Oropo n'était pas revenu, il avait encore attendu pour au final aller voir. Il ne le trouvait pas au comptoir mais dans les cuisines, l'eliotrope était en train de cuisiner quelque chose en présence d'Alibert sous les yeux admiratifs des jumeaux. Yugo reconnut l'odeur : une blanquette de bouftou! Oropo cuisinait une blanquette de bouftou!

- C'est bon comme ça? fit-il en ajoutant la sauce après avoir sortit le plat du fait-tout.

- Oui, comme ça, c'est parfait. Eh bien, tu te débrouille pas si mal au final, le félicita Alibert. Même pour quelqu'un qui n'est pas du genre à cuisiner.

- Merci, et même si je me souviens de la recette, un p'tit rappel ne me faisait pas de mal…

Il se retourna et vit son frère.

- Ah, Yugo, t'es là. Tu sais, en rattrapant le petit-déjeuner, Alibert - notre père – voulait que je cuisine quelque chose comme cette blanquette, expliqua-t-il, je refusais en disant que ce n'était pas mon truc mais comme il a insisté et que les jumeaux m'ont fait les yeux doux… je l'ai fait!

- Et je trouves qu'il s'en sort plutôt bien, ajouta l'enutrof. Tu veux goûter?

- Nous aussi! Nous aussi! réclamaient Chibi et Grougal. On veut goûter! On veut goûter ce qu'a fait grand frère Oropo!

«Grand frère...»

L'eliotrope se sentit fier en entendant ce mot de la bouche des petits.

- Haha! D'accord, d'accord! Vous pouvez!

- Oui!

Le bonheur total…

Petit flashback du moment où Oropo rencontra Chibi et Grougal, à l'heure du petit-déjeuner :

- Donc t'es notre troisième grand frère? devina Grougal.

- En quelque sorte, oui.

- Tu sais où est notre grand frère Ad? Il va bien?

- Non, actuellement, je ne sais pas où il est. Oui, il va bien, j'étais avec lui quelques temps…

- Il reviendra quand? s'inquièta Chibi.

- Il reviendra, hein? s'inquièta à son tour Grougal.

- Mais oui, leur répondit Oropo tout en mangeant. Faut juste le laisser réfléchir, c'est tout, ne vous inquiétez pas… Bon, laissez-moi manger!

- On a d'autres questions…

Et là, une avalanche de questions s'abattit sur Oropo qui avait déjà dû mal à finir son petit-déjeuner…

«Pourquoi t'es coiffé comme ça? T'as quel âge? Si t'es un eliotrope alors pourquoi tu ne portes pas le même chapeau que Yugo, comme un eliatrope? Pourquoi tu t'appelles «Oropo»...?»

Plus ils lui posèrent des questions, plus Oropo s'affaissait sur son tonneau, comme écrasé. Alibert lui vola à son secours.

- Du calme, les garçons! Vous le mettez mal à l'aise! Laissez-le respirer!

Fin du flashback

Lors de la dégustation par Alibert, Yugo et les jumeaux, Oropo s'attendait à quelque chose de négatif sauf que…

Pour Chibi et Grougal : «Hmmm…! C'est bon!»

Pour Alibert : «Rien à dire, c'est impeccable!» (Avec le sourire)

Et pour Yugo, qui a mis un peu plus de temps en reprenant une deuxième bouchée afin de ne pas se tromper, verdict : «Même chose, rien à dire, c'est parfait.»

Oropo fût rassuré.

- Content que ça vous plaise, je…

- Faut la faire goûter aux clients! coupa Yugo.

- Bonne idée!

L'eliotrope manquait de tomber à la renverse.

- Hein? Quoi? C'est aussi bon que vous le faites habituellement?

- Faut croire que oui, et puis ce serait dommage de gaspiller une telle blanquette, les clients doivent en profiter!

- Oh oui! s'extasièrent les jumeaux. Allez, grand frère!

«Awww… Comment leur dire «non» devant ces deux-là?»

- Bon, bon…

Oropo n'était vraiment pas enchanté de cuisiner pour des clients sauf pour sa future famille car fonder une famille était sa vocation première. Il s'imaginait en train de préparer de bons petits plats et les servir à sa femme Echo (car il envisageait de se marier avec elle) et à ses enfants, qu'ils soient eliotropes ou eniripsas mais ils espérait des eliotropes afin de repeupler l'espèce. Le métier d'aubergiste ou cuisinier ne l'intéressait pas du tout, même s'il en avait les compétences.

Lui, ce qu'il aimerait c'était de s'occuper des animaux surtout un certain type d'animal auquel il apprécie particulièrement : les oiseaux nocturnes comme les hiboux ou les chouettes. Il ne savait pas s'il voulait être vétérinaire ou ornithologue spécialisé dans les rapaces nocturnes, ou bien les deux à la fois. Il y réfléchissait encore.

Après le service de midi, les clients était satisfaits de ce qu'avait fait Oropo qui aurait espéré que Echo serait là mais ce n'était pas le cas. Il soupira. Sans elle, il se sentait triste, très triste. Echo lui manquait tellement.

- Peut-être ce soir… s'était-il dit en soupirant.

Une fois l'auberge déserté, Oropo se débarrassa tables et comptoir puis lava les assiettes et chopes de bière, complètement perdu dans ses pensées… Même en étant dans cet état, il pris soin de ne casser aucune assiette contrairement aux rêveurs et maladroits ordinaires. Il eut un sursaut quand Alibert lui toucha l'épaule lui demandant pourquoi il était tout tristounet.

- Oh, c'est juste que je pensais à Echo, une eniripsa. Je pensais qu'elle viendrai ici pour goûter à la blanquette mais comme elle n'était pas venue ce midi, peut-être ce soir.

Il soupira, triste.

- Qu'est-ce qu'elle me manque!

- Aaaah… l'amour! T'en fais pas, va. lui assura Alibert. Si tu dis qu'elle viendra ce soir, elle y sera, je l'accueillerai avec plaisir!

- C'est vrai?

- Puisque je te le dis.

Sur ces mots, il retrouva le sourire. Yugo qui aidait, le voyait reprendre confiance juste en parlant d'Echo, il décida de le taquiner.

- Ah, t'es vraiment amoureux d'Echo? Ne mens pas, t'es tout rouge quand on parle d'elle!

- Q-Quoi? C'est vrai mais… je… rougit l'eliotrope avant de riposter. Et si on parlait d'Amalia? Toi aussi t'es rouge quand on parle d'elle là maintenant!

Pris à son propre jeu, Yugo rougit à son tour!

- Touché!

Puis, ils rirent et terminèrent le travail.

En se posant dans leur chambre, Oropo se confiait un peu plus à Yugo. Celui-ci avait constaté que l'eliotrope manquait confiance en lui quand il se sentait seul et triste. Les seuls remèdes qu'il connaissait c'était le soutien et la confidence.

- Ça fait longtemps que je n'avais pas autant rigolé, vraiment. se calma Oropo après avoir longuement ri.

- Non mais genre, vraiment longtemps?

- Faut pas oublier que j'avais une haine viscérale envers toi et les seuls moments où je m'amusais sans crainte de mourir et sans penser à toi c'était quand j'étais avec la Fratrie…

- Et avec tes anciens compagnons eliotropes?

- Aussi, je m'amusais avec eux…

Il laissa sa phrase en suspens puis eut un moment de silence comme pour un deuil. Yugo prit finalement la parole.

- Si j'avais su ton existence et celui de ton peuple, je ferai vraiment tout pour vous aider, je t'assures.

- C'est vraiment gentil de ta part, Yugo, et je suis vraiment désolé d'avoir pensé que tu nous avais abandonné alors que tu ne le savais même pas!

Il s'inclina devant l'eliatrope.

- Au nom du peuple eliotrope - 'fin de ce qu'il en reste – je te demande pardon!

- T'es pardonné depuis hier, hein, lui rappela-t-il en riant.

- S'excuser une deuxième fois, c'est bien! ria Oropo à son tour avant de se relever et de se rasseoir sur son lit.

Yugo regarda la tête de son frère et se souvint d'un détail, une question qu'il avait oublié de la lui poser :

- Au fait, d'où t'es venu de te coiffer comme ça?

- Je n'avais pas envie de te ressembler…

- Je sais bien mais de qui tu as copié la coupe?

- «Copié» c'est un bien grand mot… Non, c'est plutôt inspiré! Ou souvenu!

L'eliatrope le regardait, confus.

- Attends, fit Oropo en prenant son havre-sac.

Il le fouilla et sortit un feutre rouge, il se maquilla les paupières et les lèvres. Après ça, il ferma les yeux et dit d'une voix insupportable :

- «Tu peux toujours rêver! Tout façon, il en faudra plus pour me flatter!»

Et là, tout devenait clair pour Yugo.

- Grufon!

- Oui, confirma Oropo en reprenant sa voix normale et en rouvrant les yeux.

- C'est fou que t'aies une bonne mémoire! dit Yugo, bluffé. Même le moment où il a possédé une pauvre arakne? Moi, je ne l'ai pas oublié, il est rangé sur l'étagère avec mes peluches.

Oropo se nettoya le visage.

- Surtout le moment où il a possédé une pauvre arakne, c'est de là que je me suis inspiré pour changer de tête.

- Tu ne pouvais pas trouver une coupe moins ridicule? se moqua gentiment son frère.

- Bah quoi? C'est pas stylé? J'aime, moi! Et puis, c'était ça ou se raser la tête!

- Je t'imagine mal chauve…

Il n'arrivait pas à imaginer son frère chauve avec ses ailes sur la tête et son manteau… Ah, en fait, si! Il l'imaginait bien en moine ou gourou! … non plutôt, moine! Parce que gourou, ça faisait un peu méchant. Moine c'était plus sympa. Ça le fit sourire et cette image ne le quittait plus à l'esprit.

- Finalement, je t'imagine bien en moine chauve.

Soudain deux petits monstres surgissent du champ de vision de Yugo et Oropo.

- Coucou! Tu n'as toujours pas répondu à nos questions, grand frère Oropo!

Celui-ci sursauta un peu.

- On veut tout savoir sur toi, on ne t'avait jamais vu auparavant, remarqua Chibi.

- C'est vrai, renchérit Grougal. On connaît seulement Yugo et Ad' depuis qu'on est nés mais toi, on ne te connaît pas!

Cela attristait l'eliotrope que «ses» petits frères ne le connaissaient pas aussi bien que Yugo, il avait encore ses souvenirs gravés en lui parmi ses propres souvenirs avec la Fratrie et là maintenant. Mais c'était vrai qu'il avait changé depuis sa naissance, grandi. Il n'arrêtait pas de songer que s'il était resté ancré dans le présent, né au même âge que le jeune eliatrope, oui les jumeaux l'auraient confondu ou presque avec leur frère comme un vrai jumeau à Yugo, il aurait eu la belle vie sans handicap de mourir à tout moment, sans problèmes de santé puisqu'on l'aurait aidé. Mais il y avait eu un point qui lui faisait rappeler qu'il ne regrettait pas d'avoir été né à l'Aube des temps : Echo. S'il ne l'avait pas rencontré alors qu'il était presque adulte, ça aurait fait un Yugo n°2 dans le présent à 21 ans dans le corps d'un gamin de 12 – 14 ans! Il n'arrêtait pas d'y penser «et si c'était comme ça? Ou comme cela?» Le choix avait été dur mais le destin l'avait décidé pour lui au final au moment de sa naissance.

«Je me pose trop de question sur le passé, je dois me concentrer sur l'avenir! Allez, reprends-toi! Tu n'es pas Yugo! Tu es Oropo! Tu es une personne à part entière et pas une copie conforme! Allez, ce n'est pas grave si Chibi et Grougal ne te connaissent pas bien! Repars sur de bonne bases!»

- Hé oh!

Oropo avait le regard dans le vide, les jumeaux lui faisaient de grands signes.

- Il dort ou quoi?

- Non, il est au repos, plaisanta Yugo. Parce qu'il s'appelle «Oropo»!

- Ah ouais, bien vu, grand frère! s'esclaffèrent Chibi et Grougal qui avaient compris la blague.

Oropo sortit de sa bulle.

- Hein? Quoi?

- Ah bah voilà! Il est réveillé!

- Pourquoi? Je dormais? demanda-t-il, confus.

- Disons que tu étais… au repos! lui répondit Yugo qui ne pu s'empêcher de rire.

Vexé par cette mauvaise blague qu'il avait aussi compris, l'eliotrope se leva et quitta la pièce en flottant manquant cette fois de se cogner la tête.

- Je vais prendre l'air… grogna-t-il après avoir quitté la chambre.

Moment de silence.

- Bah qu'est-ce qu'il a? s'inquiétèrent les jumeaux.

- Oh, il n'a pas le sens de l'humour c'est tout, les rassura leur grand frère Yugo. Allez, venez. On va essayer de lui parler et s'il ne veut pas, laissons-le tranquille.