INTRODUCTION
Bonjour tout le monde. Avec la saison 16 arrivée en mai derniers sur les écrans américains et la fin du couple désigné comme Omelia par la communauté des fans, la nostalgie reprend le dessus. Je vais essayer de ne pas revenir sur la fin de leur histoire de façon trop longue étant donné que cela n'intéresse sûrement pas grand monde.
Je dirais juste que les scénaristes ont décidé de terminer leur histoire pour des raisons scénaristiques et que d'une certaine manière celles-ci sont assez cohérentes avec l'évolution des personnages, mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut plus imaginer des histoires avec pour personnages principaux Owen et Amélia.
J'ai décidé de traduire certaines fanfictions écrites par des auteurs anglophones avec leur accord bien sûr. Donc tout le mérite revient à Jordan202 qui m'a gentiment autorisé à traduire ses fanfictions. J'espère lui rendre justice en transposant tout cela dans la langue de Molière.
Je sais que de manière générale les liseurs de fanfictions (francophones ou non) n'ont guère le choix que de maîtriser tout du moins la compréhension de la langue de Shakespeare vu le nombre d'histoires écrites dans cette langue. Cependant si jamais certains d'entre vous n'ont pas envie de faire d'efforts ou souhaite tout simplement lire dans leur langue maternelle ( le français) j'espère que cette histoire vous plaira. J'essaierai de retranscrire au mieux l'esprit de cette histoire extrêmement belle.
Je conclus cet avant propos avec la remarque suivante: depuis le moment où j'ai décidé de traduire cette histoire, j'ai été légèrement « spoilée » sur le début de la saison 16 (le premier épisode a été diffusé le 26/09/2019 sur les chaines américaines) et donc je me demande si ma traduction intéressera encore des fans français ou canadiens ou de toute autre nationalité parlant le français.
Mais je me suis engagée à le faire et je dois avouer que c'est palpitant, j'ai adoré m'amuser avec les mots de cette histoire. Partir d'une autre langue et arriver à en faire une traduction potable est un vrai challenge pour moi. Je tiens à préciser que c'est la première fois que je me lance ce genre de défis alors si parmi vous il y a des lecteurs n'hésitez pas à me faire vos critiques constructives bien entendu 😊.
Voilà maintenant passons au vif su sujet : Jordan202 a écrit toute une introduction à son histoire que j'ai décidé de traduire également mais ceux qui veulent « zapper » cette partie vous pouvez passer directement à l'histoire à proprement parler en déroulant jusqu'à « Temporalité du chapitre 1 ».
Petite information pratique : il y aura avant chaque chapitre un petit paragraphe expliquant la temporalité en rapport avec la série. Celui ci sera inscrit en italique alors si vous voulez passer directement au vif de l'histoire, vous pouvez passer ce petit interlude.
Ceux qui veulent lire l'histoire en version originale voici le lien sur : s/12577262/1/The-Journey
C'est parti : Cette histoire raconte les moments hors écran de l'histoire d'amour entre Owen et Amélia. Depuis la première fois qu'ils ont entendus parler l'un de l'autre à leurs premières interactions, comment sont-ils tombés amoureux et ont finis par se marier.
Par exemple : Comment Owen et Amélia se sont retrouvés dans cette salle de garde au début de l'épisode 16 de la saison 11 ?
Comment sont-ils passés de leurs rendez-vous pizza à la fin de l'épisode 10 de la saison 12 à se réveiller ensemble dans le même lit au début de l'épisode 12 de la même saison ?
Tellement de choses se sont passées hors écran que nous n'avons jamais vu. Ceux qui suivent l'univers de la saga « Mes hommes » ( note du traducteur : deuxième histoire écrite par Jordan202) savent que cela raconte la vie maritale d'Owen et Amélia après leur mariage dans le dernier épisode de la saison 12. Mais l'histoire qui va suivre se situe bien avant dans l'histoire d'Owen et Amélia : cette fois il s'agira d'un retour en arrière. Il faudra traverser tous les développements qui se sont passés entre les épisodes et dont nous n'avons jamais eu connaissance.
De la même manière que pour la saga « Mes hommes » tout ce qui s'est passé dans la série reste. Je ne change absolument rien, je ne fais qu'ajouter. Tout ce qu'Owen et Amélia ont vécu avant et après ces scènes restent et seront visibles dans cette histoire. Comme toujours je reste loyale à la série. Avant chaque nouvelle partie j'expliquerai à quel moment de la série le chapitre se consacre et on avancera un peu à partir de cela.
Et maintenant je vous invite à explorer les parties manquantes des interactions entre Owen et Amélia depuis leur toute première rencontre au travers de toutes leurs difficultés jusqu'à leur mariage et par conséquent leur vie maritale.
Cela s'appelle « le Voyage » (ou d'après le titre originale « the Journey », oui on est bien d'accord que cela sonne mieux en anglais pas vrai ?)
RATING : Jordan avait mis un rating T adolescent, alors je pense que le même rating peut s'appliquer pour cette traduction. Rien de bien méchant en tout cas au début, juste un langage quelque fois familier mais rien que les adolescents d'aujourd'hui n'ont pas entendus. L'histoire aborde certains thèmes assez noirs cependant et si besoin j'adapterais l'âge de lecture en conséquence.
JOURNEY CHAPITRE 1
TEMPORALITE DU CHAPITRE 1
Cette partie comporte trois sections séparées par des points. La première se passe pendant la saison 7 épisode 3 lors de la première visite d'Amélia au Grey Sloan Memorial juste après la fusillade où Derek a été blessé. Elle ramène à Derek le cas d'un homme qu'elle a diagnostiqué et rencontré dans l'avion. Owen et Cristina se sont mariés dans la précipitation après la fusillade et doivent gérer à la fois une crise émotionnelle et professionnelle.
La seconde partie couvrent les évènements de la saison 8 épisode 15. Quand Amélia voyage de Los Angeles en emmenant avec elle le cas de la mère de Mason et qu'Owen est en train de digérer le fait que Cristina ai avorté de leur bébé quelques temps auparavant.
La dernière partie se consacre à l'épisode 21 de la saison 10. Owen est déjà divorcé de Cristina et elle doit composer avec l'échec du prix « Harper Avery » pendant qu'Amélia est à Seattle après son indécision à se marier avec James, alors elle passe sa journée à s'occuper des enfants de Derek.
Owen marchait distraitement au niveau de l'étage chirurgical, quand il entendit un son à la fois lourd et étouffé qui provenait du couloir devant lui.
Il fut surpris d'y découvrir Derek s'énervant contre le distributeur de confiseries, clairement frustré. Le traumatologue hésita un instant, pris une grande inspiration avant de se diriger vers la machine.
Quelques semaines s'étaient écoulées depuis ce jour horrible où Gary Clark avait ouvert le feu à l'hôpital et tiré sur beaucoup de leurs collègues. Derek avait été bien évidemment le plus impliqué d'entre eux, étant donné que Gary Clark l'avait désigné comme cible principale. Owen pouvait seulement imaginer la douleur qu'il ressentait. La culpabilité du survivant était quelque chose de bien réelle et l'ancien chirurgien militaire savait de quoi il parlait. Il ne souhaitait absolument pas que Derek ou quiconque vive ce qu'il avait traversé à son arrivée au Seattle Grace, mais malheureusement la balle qui était destinée à Derek avait fait deux morts, sans oublier les nombreux dommages physiques et moraux qui hantaient encore de nombreux employés du Seattle Grace présents à l'étage chirurgicale ce jour-là.
Alors que l'hôpital se remettait progressivement de cette tragédie, Owen devait gérer les conséquences de façon extrêmement rapprochée étant donné que sa femme et son meilleur ami y avaient été touché de très près.
« Hey » commença prudemment Owen, essayant d'éviter que Derek ne se fasse du mal ou entreprenne de casser le distributeur avec ses coups incessants.
« Ce foutu distributeur a avalé toutes mes pièces » Derek fit les cent pas, en essayant de se calmer mais sans succès. Il fit volte-face et redonna un coup de pied au distributeur ce qu'il regretta instantanément quand une douleur soudaine envahi ses orteils.
« Tu sais quoi ? C'est pour moi » Owen sortit un billet d'un dollar de sa poche tout en laissant de la place à Derek pour qu'il puisse faire son choix. Le neurochirurgien appuya sur l'image d'une confiserie, tout en évitant de croiser le regard d'Owen. Il était clair qu'il refoulait sa colère.
Owen savait que Derek faisait tout son possible pour aider Cristina à redevenir elle-même, il se demandait si c'était à cause d'elle que Derek était aussi frustré.
« Qu'est ce qui se passe ? Est-ce que cela a un rapport avec Cristina ? »
« Non » répliqua Derek trop engoncé dans ses pensées pour en dire plus. Il ne voulait pas parler de Cristina et du fait qu'il se sentait extrêmement coupable de ce qui lui était arrivé. Il ne voulait pas non plus s'attarder sur le fait qu'Amélia s'était présentée à l'hôpital un peu plus tôt dans la journée en emmenant avec elle cette sensation lancinante qu'il avait aussi échoué avec sa propre sœur. Tout ce qu'il voulait c'est qu'on le laisse tranquille.
Owen avait ouvert la bouche pour répliquer lorsque à cet instant Meredith Grey se matérialisa à côté d'eux.
En jugeant le regard impatient que Derek lançait à cet instant à sa femme, Owen se demandait si la mauvaise humeur de Derek avait quelque chose à voir avec Meredith.
« Ne t'inquiète pas » intervient Meredith tout en fixant son regard sur le traumatologue en le voyant aussi confus et logiquement pensant qu'il pensait à Cristina elle ajouta : « Elle va bien, elle aide Derek sur un cas. »
« Non, elle ne m'aide pas, parce qu'il n'y a pas de cas. » Répondit alors sèchement le neurochirurgien à la mâchoire serrée.
« Il y a un cas et en plus il est très intéressant » ajouta Meredith, pas le moins du monde intimidée par le ton sec de son mari.
Owen était perdu. « Qu'est ce qui se passe ? » demanda il tout en fronçant les sourcils.
« La sœur de Derek est là » expliqua alors Meredith en éclairant Owen : « Derek est contrarié à cause d'elle, et non pas à cause de Cristina. »
« Je ne suis pas contrarié » Insista Derek mais il était clair qu'il mentait. Meredith le regarda. De toute évidence pas du tout convaincue, son regard s'attarda ensuite sur Owen et elle poursuivit « Sa petite sœur qui s'avère être aussi neurochirurgienne lui a emmené une tumeur pituitaire. »
«Ho joli ! » approuva Owen, tout en pensant que Cristina pourrait trouver ce cas vraiment intéressant et que cela améliorerait son humeur.
« Ouais, elle l'a diagnostiqué uniquement en le touchant. » continua Meredith espérant que Derek allait admettre que sa sœur était vraiment un talentueux chirurgien et non pas l'adolescente impulsive qu'il pensait qu'elle était encore.
« Impressionnant » concéda Owen tout en faisant un signe de tête, tout en se demandant comment exactement ce diagnostic était apparu. Il fronça les sourcils tout en réfléchissant, mais chassa vite ses pensées de sa tête après avoir vu le neurochirurgien souffler de frustration.
« Je ne toucherai pas ce mec » Derek fit d'un ton décidé tout en s'éloignant. « Tu pourrais au moins juste jeter un coup d'œil au scan » plaida Meredith, elle finit par suivre son mari et Owen ne fut capable de les entendre que faiblement et de loin :
« Tu peux dire à Amélia de rentrer chez elle. Ma réponse est non » répondit Derek d'un ton décidé.
Plus tard dans la journée, Owen s'était dit que Derek devait avoir une sœur extrêmement têtue parce que la chirurgie avait bel et bien eu lieu. Mais cette information ne resta pas longtemps dans son esprit. Il était complètement focalisé sur Cristina et à quel point elle semblait aller mal depuis la fusillade. Owen avait espéré que le cas chirurgical de la tumeur au cerveau pourrait l'inspirer mais tout ce que Cristina avait fait depuis son retour chez eux était de se morfondre.
Elle s'était d'abord plainte de Derek qui l'avait forcé à l'assister pour cette chirurgie, ensuite de la sœur de Derek qui l'avait selon elle, rabaisser toute la sainte journée et avait questionné ses capacités, enfin Owen en avait pris aussi pour son grade : elle le considérait comme étant aussi ennuyeux qu'eux.
Alors qu'Owen essayait de se défendre contre les accusations de sa femme, frustré qu'elle ne réalise absolument pas à quel point elle allait mal, il se mit à imaginer mentalement à quoi pouvait ressembler la sœur de Derek. L'image qu'il lui vient à l'esprit fut celle d'une femme entre 35 et 40 ans qui serait d'un ennui total et aurait tendance à rabaisser les résidents afin de se sentir mieux dans sa peau. C'était un comportement typique aux neurochirurgiens qui avaient la réputation d'avoir des égos surdimensionnés.
Une fois de plus sa femme se ferma totalement à toute forme de communication avec lui. C'était devenu un comportement familier : elle refusait de s'ouvrir ou de dire un mot sur ce qu'elle pouvait ressentir et toute image s'évapora de l'esprit d'Owen. Il fixa Cristina qui avait l'air encore plus difficile qu'habituellement. Le traumatologue fut assailli d'une vague de culpabilité tandis qu'il se demandait si tout cela en valait vraiment la peine. Il refoula immédiatement ces pensées : il n'avait aucun droit de penser cela, il avait prononcé des vœux.
La responsabilité et le devoir ayant raison de lui encore une fois, Owen prit une profonde inspiration et se prépara mentalement à la longue nuit peuplée de ses infructueux essais pour établir une conversation avec sa femme. La nuit allait être longue.
….
Owen laissa son regard se balader en dehors de son bureau tout en laissant échapper un soufflement de frustration et de mécontentement. Il avait conscience que devenir chef ne serait pas évident mais il n'avait pas non plus imaginé qu'il y aurait autant de paperasse à traiter. Le traumatologue avait repris son stylo afin de se remettre à la signature des rapports sur le budget quand trois coups donnés à la porte de son bureau lui fit lever la tête.
« Hé » Il vu Derek s'avancer dans son bureau même si à sa connaissance aucun rendez-vous avec le neurochirurgien n'était prévu aujourd'hui.
« Je sais que tu es débordé alors j'irai droit au but » Derek lui épargna les banalités d'usage. Il remarqua à quel point le chef semblait apprécier sa décision d'être pragmatique. Le neurochirurgien savait qu'Owen et sa femme n'allaient pas très bien en ce moment et que leur mariage battait de l'aile.
Il n'était pas là pour débattre de ce sujet « Ma sœur est en ville et elle veut faire transférer une patiente atteinte d'un gliosarcome depuis Los Angeles pour que nous l'opérions ensemble. » Derek retourna l'enveloppe contenant les scans et le fit glisser à l'autre médecin pour qu'il en prenne connaissance.
« J'ai revu son plan et je pense que cela pourrait fonctionner »
Owen fronça les sourcils tandis que ses yeux parcouraient les images des scans. La neurochirurgie n'était pas sa spécialité mais cette tumeur avait l'air vraiment inopérable.
« Tu es sûr de toi ? » Dit-il en regardant son collègue. Derek était l'une des rares personnes en qui Owen avait entièrement confiance concernant ses capacités et ses aptitudes techniques.
« Ouais, Amy s'est déplacée et a passé pas mal de temps au labo pour essayer une nouvelle approche » Derek lui décrivit alors l'idée que sa sœur avait eu, pour accéder à la tumeur d'Erica Warner à travers l'artère carotide, évaluer la tumeur et réinstaller le flux sanguin en moins de quatre-vingt-dix secondes. C'était une idée très audacieuse mais après l'avoir essayé quelques fois au labo, Derek était convaincu que cela pouvait marcher. Nul autre que lui n'aimait mieux s'attaquer aux tumeurs supposées inopérables.
« Le plan a l'air vraiment risqué » répondit honnêtement Owen, tout en réfléchissant à la situation. Il était convaincu qu'il n'avait pas besoin de rappeler à Derek qu'il y avait de grandes chances que la patiente fasse une attaque, se vide de son sang à cause d'une hémorragie et meurt. « Tu es sûr que tu veux le faire ? »
« Je le suis » dit Derek avec conviction « J'ai juste besoin que tu acceptes que ma sœur opère avec moi en lui donnant des privilèges opératoires et on pourra commencer » ajouta-il. « Cette femme… Erica… » Derek mit ses mains à l'intérieur de sa blouse « Elle a un fils, c'est sa seule chance » essaya il de négocier tout en se demandant pourquoi soudain il se sentait autant concerné par ce cas. La réponse évidente était qu'il voulait le faire pour sa sœur. « On est sa seule chance. »
Si cela avait été quelqu'un d'autre Owen aurait refusé l'idée ou alors aurait pris plus le temps pour réfléchir aux implications avant de signer pour autoriser la procédure. Mais il savait que la patiente qui qu'elle soit était entre des mains très compétentes.
Tandis que Derek tendit la documentation à Owen pour qu'il remplisse la paperasse qui autoriserait sa sœur à opérer dans cet hôpital, Owen ne put s'empêcher de se sentir optimiste à l'idée, surtout en ayant parcouru du regard le cv impressionnant du chirurgien inconnu. La brillance était peut-être une qualité génétique spécifique à la fratrie Shepherd.
Il savait que Derek avait plusieurs sœurs, c'est la raison pour laquelle il ne lui était même pas venu à l'esprit que cette Shepherd inventive pouvait être la même sœur qui avait assez mal traité Cristina l'année d'avant, juste après avoir diagnostiqué une tumeur cérébrale en utilisant seulement la sémiologie.
« Tu n'as pas rencontré ma sœur la dernière fois qu'elle était ici » Derek ajouta avec un léger hochement de tête et c'est à ce moment qu'Owen fit le rapprochement, tout en se repassant l'image de l'intello, imbue de sa personne neurochirurgienne qui avait probablement un égo surdimensionné. « Je te la ferais rencontrer dès que j'en aurais l'occasion »
« J'ai hâte de la voir » fit Owen tout en hochant la tête en essayant de cacher son indifférence.
Si Derek avait ajouté quelque chose après leur conversation, Owen n'y prêta aucunement attention. Ses pensées étaient à présent dirigées sur la séance de thérapie conjugale qu'il avait eu avec sa femme plus tôt dans la matinée et son estomac était retourné de dégout à l'idée d'y retourner et d'affronter leurs démons.
Le thérapeute leur avait suggéré de faire une pause et de reprendre la séance dans la soirée mais Owen n'était même pas sûr si Cristina prendrait la peine de se montrer. Son insistance à ne pas vouloir d'enfants et la façon qu'elle avait eu d'avorter de leur bébé le tourmentait toujours et il ne pensait qu'à cela quand il la regardait. Ses yeux tombèrent alors sur les scans que Derek avait laissés sur son bureau et Owen remarqua la masse énorme qui comprimait absolument tout autour de la zone en aspirant la vie d'une personne qui, si on ne regardait pas la tumeur était en parfaite santé.
Même s'il ne pouvait pas l'admettre il n'arrivait pas à se sortir de la situation dans laquelle il était actuellement plongé. Avoir des enfants n'était pas un sujet sur lequel il était prêt à négocier et sa femme pensait clairement le contraire. L'image du gliosarcome attira son regard une fois de plus et il laissa échapper un grand soupir se sentant tout à coup envahi par le désespoir.
Peut-être que c'était tout ce que son mariage était : une aspiration totale de sa vie. Il en venait à faire l'analogie avec la tumeur de cette patiente : hors d'atteinte mais toujours attachée par une ficelle et qui s'accroche au moindre souffle d'espoir pour s'en sortir alors que tous les signes indiquent le contraire. Pourtant pour une raison défiant toute logique, comme le plan inventé par les Shepherd pour réparer l'irréparable, lui et Cristina étaient-ils encore en train de se mentir à eux même en espérant pouvoir sauver leur mariage en mille morceaux ?
….
Pendant les années qui suivirent, Owen réalisa que son postulat de départ, à savoir que la relation dans laquelle il s'était tellement investi, était destinée à être noyée, et ce dès le départ était juste et ce depuis le tout début de leur histoire.
Son mariage était terminé et il ne pouvait pas uniquement en blâmer le fait que Cristina ne voulait pas d'enfants. La vérité était que sa perception de la vie et de ce qui avait le plus d'importance était complètement différente de la sienne. Leurs priorités étaient tellement opposées que seul un imbécile leur demanderait d'essayer encore et encore. Après avoir clarifié son esprit et en réfléchissant de façon rationnelle, Owen s'en était rendu compte. Mais cela ne voulait pas dire que cela ne blessait pas. Après son retour de Boston, Owen avait réalisé plusieurs choses.
Peu de temps avant alors qu'il s'était retrouvé debout hors de sa douche dans laquelle il avait trouvé son ex-femme encore tout habillée, il avait essayé d'être là pour elle. Elle avait perdu un patient et les deux autres n'étaient pas du tout sortis d'affaire. Owen n'avait pas d'enfants mais il pouvait imaginer la douleur immense et incommensurable que vivaient les McNeils.
Il savait que son ex-femme aimait garder ses distances lorsqu'il s'agissait d'émotion et donc elle ne s'impliquait jamais dans les cas médicaux qu'elle traitait, mais cette fois ci c'était différent. Cela devait être différent. Cristina avait passé tellement d'heures avec cette famille, elle s'était bien trop investie dans ce cas, qu'elle n'aurait pas pu réagir de façon indifférente à cette nouvelle.
Et pourtant alors qu'Owen pensait à tort que son état était dû au sort des enfants McNeils, en la rassurant sur le fait qu'elle n'avait pas commis d'erreur du point de vue médical, Cristina avait tout simplement acquiescé avec conviction en lui disant qu'elle savait bien qu'elle n'avait commis aucune erreur. Elle avait encore une fois montré une éternelle confiance en elle, qui ne laissait absolument pas la place au doute. A ce moment il réalisa que même si elle semblait dévastée et en colère, cela n'avait rien à faire avec la tournure des évènements. Non elle était dans cet état à cause de sa défaite pour le prix « Harper Avery. »
Submergé par un sentiment de rejet face à cette froideur et son égoïsme frappant, Owen était resté là et de façon très détachée lui avait avoué ce qu'il avait entendu de la bouche de Richard : C'était elle qui était censé recevoir le précieux sésame, elle avait obtenu le plus de voix. La politique lui avait volé cette victoire mais au mérite cette distinction lui revenait. C'était un test cette révélation : il voulait voir comme elle réagirait à cette nouvelle en espérant secrètement qu'elle n'y accorderait pas autant d'importance. Il aurait voulu qu'elle s'attarde sur ce qui était concret.
Mais sans plus de réaction, les mots employés par Owen avaient semblé l'apaiser et Cristina était sortie de la douche sans dire un autre mot. Owen avait alors eu une autre réponse à ses multiples interrogations. Il était rentré chez lui ce soir-là en se détestant pour le colérique qu'il était devenu. Dans son esprit Owen se disait qu'il ne devrait pas être surpris et encore moins déçu. Après tout c'était Cristina, c'était sa façon d'être et il savait mieux que personne qu'il était inutile de continuer à lui créer des excuses pour justifier son manque total d'empathie et de tact.
Chaque jour il était devenu évident que la priorité principale de Cristina dans sa vie était elle-même suivie de très près par sa carrière. Tout le reste suivait aux moins douze pas en arrière sur sa liste. Pour la première fois Owen se sentit soulagé de ne pas avoir eu d'enfant avec elle.
Après des années passer à ses côtés et observant ses actions, il avait dorénavant compris l'une des raisons principales pour laquelle Cristina ne souhaitait pas devenir mère. Elle n'aurait jamais été capable de faire passer les priorités de quelqu'un avant les siennes ou sa carrière, et il aurait certainement passé le reste de sa vie à lui en vouloir pour cela.
Il devait au moins admirer à quel point elle avait été sûre et consciente de ce postulat depuis le début. Même si Owen ne pouvait pas condamner ce qu'elle pensait ou ses sentiments il avait bien du mal à la comprendre.
Owen ne pouvait comprendre comment une « stupide » récompense était plus importante que la vie de ces trois enfants. Il n'arrivait pas à concevoir pourquoi Cristina ne pouvait se passer de la consécration que lui aurait apporté ce précieux sésame plutôt qu'aider une famille. Cela n'avait jamais eu de sens pour lui : pourquoi la publication d'un article était plus importante que la joie de pouvoir aider un patient. Après des années à essayer de comprendre, il avait finalement jeté l'éponge. Cristina avait bien sûr, tous les droits d'être de la manière qu'elle était, mais il se demandait comment dans le monde dans lequel il croyait être heureux que c'était ce que LUI voulait.
En vérité Owen ne pouvait pas cautionner cela. Il avait passé des années épuisantes à essayer de la convaincre à quelque chose que lui voulait et cela n'avait pas été juste de sa part non plus. Ils ne pourraient jamais s'entendre sur leurs priorités, il n'y aurait plus de terrain d'entente entre eux et ce n'était juste pour aucun des deux d'abandonner leurs rêves et leurs désirs. Owen ne pourrait pas rester marié à Cristina en sachant que lui mettrait toujours sa famille en premier et que pour elle, lui ne serait jamais assez aussi aspirant que sa carrière.
Bientôt Cristina s'en irait pour Zurich et au fond de lui il était heureux. Une fois pour toute, tout serait enfin terminé.
Presque de façon automatique l'esprit d'Owen fut alors envahi de « Et si » mais il les chassa presque immédiatement après avoir récupérer une bière. Il avait passé ses dernières années avec l'idée d'une femme qui était parfaite pour lui. Sa plus lourde erreur avait été de se convaincre lui-même que cette femme c'était Cristina alors qu'elle n'avait absolument rien fait sinon lui prouver de façon répétée qu'elle était son complet opposé. Et pour cela il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
Sortant de la caravane, Owen fut surpris par l'air frais qui d'une certaine façon le fit se sentir vivant, ce qui contrastait avec l'engourdissement qui semblait avoir raison de lui depuis ses dernières semaines.
De l'autre côté du terrain, une lumière vive filtrait depuis le salon chez Meredith et Derek, Owen remarqua qu'aucune de leurs voitures n'étaient garées et il se demandait qui pouvait bien être dans cette maison à cette heure-là.
Mais avant qu'il puisse y réfléchir d'avantage, il vu Zola courir à travers le salon tandis qu'une jeune femme lui courrait après afin de la divertir probablement.
L'image de la fille de son ami, tout sourire lui réchauffa le cœur et Owen sentit un point se serrer dans sa poitrine encore une fois. Il voulait une famille plus que tout au monde, plus que toutes les récompenses existantes. Il voulait non seulement des enfants, mais aussi une femme qu'il pourrait aimer sans aucune réservation ou de doutes. Quelqu'un qui partirait travailler le matin en sachant que ce qui compte le plus dans ce monde n'est pas CE que vous avez mais QUI vous avez. Une femme qui pourrait réchauffer son cœur et son lit, qui pourrait l'encourager à toujours mieux faire, quelqu'un avec qui il pourrait vieillir.
Mais sans doute qu'un mariage raté était le mieux qu'il pouvait espérer.
Ces pensées d'auto-apitoiement furent distraites par la scène qui se jouait devant ses yeux. Meredith et Derek étant deux chirurgiens très occupés ils avaient souvent recourt à des baby-sitters, la plupart d'entre elles étaient des étudiantes à l'université qui cherchaient à se faire un peu d'argent entre leurs cours en gardant Zola et Bailey. De temps en temps quand il rentrait du travail, Owen jetait un regard sur certaines d'entre elles. Elles lisaient leurs livres pour leur cours, après avoir mis les enfants au lit ou alors elles les emmenaient pour jouer le week-end.
Celle qu'il regardait en ce moment devait être une nouvelle, pensait-il. Il était presque sûr qu'il ne l'avait jamais vu auparavant.
A travers la fenêtre, le chirurgien regarda avec attention tandis que la jeune femme distrayait Bailey en l'attaquant gentiment en plaçant des baisers sur son ventre. Même s'ils ne pouvaient pas les entendre, Owen remarqua qu'au vue de l'expression heureuse sur le visage du bébé que le jeune enfant était en train de rire avec une expression de bonheur. La jeune femme avait l'air plutôt contente d'en être à l'origine. En cet instant, Owen l'envia. Cette jeune baby-sitter aurait probablement une vie faite de ses propres expériences, peut-être un jour aurait-elle des enfants. Elle avait l'air d'avoir toute sa vie devant elle, du temps pour faire des erreurs et d'apprendre de celles-ci. En jugeant avec la facilité avec laquelle elle s'occupait des enfants, il était plus que probable qu'elle deviendrait une mère attentionnée. Celui qui serait son partenaire dans cette aventure serait probablement un homme chanceux.
Alors qu'il réalisait qu'il était à deux doigts de s'apitoyer sur lui, Owen secoua la tête et finit sa bière avec une longue gorgée. La vérité c'était qu'il n'avait aucune idée : il ne pouvait décider de ce que pourrait rendre heureuse une complète étrangère sur la simple base de ce que « lui » le rendrait heureux. Il avait essayé une fois et cela avait misérablement échoué.
Mais plus il essayait de se convaincre lui-même de rentrer et d'arrêter de regarder cette jeune femme interagir avec les enfants, moins il en avait envie. Ses yeux scannèrent alors la silhouette de la baby-sitter inconnue, remarquant sa peau couloir ivoire qui contrastait avec le short noir qu'elle portait, tellement petit qu'il exposait ses longues jambes fuselées, laissant assez peu de place à l'imagination.
Depuis là où il se tenait, Owen ne pouvait pas voir la couleur de ses yeux mais elle avait un sourire hypnotique et pendant une seconde il se sentit transporté pendant qu'elle riait à quelque chose que l'un des enfants avait dit. Et une fois de plus alors qu'elle portait le bébé dans ses bras pour lui chatouiller le ventre en simulant des morsures pour jouer, une bande de peau fut visible sous sa chemise, révélant une taille fine qui semblait être parfaitement appropriée pour les mains d'un homme. Owen réalisa alors dans quelle direction partait ses pensées et il se força instantanément à arrêter. Mais bon sang qu'est ce qui n'allait pas chez lui ?
Convoiter une jeune étudiante innocente dans la vingtaine qui faisait juste son travail était bien en deçà de la personne qu'il était.
Déçu de lui-même, Owen jeta la canette de bière dans la poubelle avec violence et s'en servit immédiatement une deuxième.
Le traumatologue savait que plusieurs médecins de l'hôpital avaient la sale habitude de draguer ouvertement les jeunes diplômées de médecine mais il n'avait jamais compris quelle satisfaction on pouvait en sûr il était un homme et en tant que tel son corps réagissait à des visions comme celle à laquelle il venait juste d'assister, mais les expériences entièrement physiques, cela n'avait jamais été son truc. Il préférait les femmes un peu plus âgées et en particulier celle qui pouvaient tenir une conversation plutôt que des jeunes femmes inexpérimentées tout droit sortis des jupes de leurs mères.
Une fois encore Owen jeta un regard à travers la fenêtre et cette fois il vu la baby-sitter pieds nus plaçant gentiment Bailey dans ses bras proche de sa poitrine. Le jeune enfant cessa alors de s'agiter et sembla se calmer. L'idée que peut être Owen se sentait attiré par cette fille non seulement à cause de son physique séduisant mais surtout à cause de ses manières affectueuses et son esprit maternel, apparue alors dans son esprit et toute de suite après être apparue il rejeta aussitôt cette idée. A quoi pensait-il ? Il n'était pas encore assez saoul de toute évidence.
En attrapant sa troisième bière de la soirée Owen se dit qu'il devait arrêter d'espionner cette parfaite inconnue mais il n'y arrivait pas. Alors que ses yeux enregistraient tous ses mouvements graciles, il vida lentement la cannette de bière petit à petit, engourdissant la douleur qu'il ressentait au fond de son cœur, en espérant éviter le deuil qu'il voyait se profiler à l'horizon.
A cet instant pensant qu'il ne pourrait jamais obtenir ce que son âme tout entière réclamait faisait trop de mal. Alors c'était plus facile de se concentrer sur l'extérieur, c'était une bonne distraction. Décidant qu'il avait assez bu de bières pour l'aider à oublier son ex-femme, ses rêves brisées, et leurs promesses depuis longtemps perdues, Owen étudia la jeune femme souriante et pleine de vie qui mettait le bébé au lit sans aucune difficulté.
Il continua à la fixer se demandant quel genre de vie attendait la jeune femme. Voulait-elle des enfants ? Une carrière ? Quel feu pouvait bien la bruler au plus profond d'elle le soir ? Avait-elle des projets ?
Au fond de lui Owen savait que cela n'avait pas d'importance. Une chose qui l'avait appris et à ses dépens était que la vie avait une façon de se dérouler et de progresser peu importe les plans qu'on aurait pu prévoir.
Une canette en suivit une autre et avant même vingt-deux heures, six d'entre elles s'étaient empilées dehors. Les lumières dans le salon avaient été éteintes après que la baby-sitter ai probablement mis les enfants au lit. C'est uniquement à cet instant là qu'Owen se fit violence et retourna à l'intérieur de la caravane bien déterminé à oublier tout ce qui avait fait sa journée.
Alors qu'il était allongé sur son lit, presque en état de sommeil imminent, Owen se demandait si un jour il obtiendrait ce qu'il désirait le plus au monde, sans se douter le moins du monde que la femme qu'il venait de passer une heure à admirer à travers une fenêtre, deviendrait bientôt la femme, l'amour de sa vie et la mère de ses enfants.
