Bonjour à tous,
On se retrouve aujourd'hui pour un petit OS "défi" lancé comme toujours par ma bêta Fleur Despois. Le défi était de faire un OS sur l'univers de James Bond, avec le personnage de Q obligatoire et quatre mots à caser : poule - chéri - whisky - antépénultième. Oui, moi aussi j'ai trouvé ça bizarre, mais au final, j'ai réussi, c'est le principal !
Un immense merci à ma chère bêta Fleur Despois qui prend toujours le temps de me donner du grain à moudre pour faire travailler mon imagination. Elle est aussi spécialisée en résolution de crise du logement, lorsque que vous avez mis trop de fois le même mot au mètre carré par exemple ^^ Bref, bonne lecture, et n'hésitez pas à laisser une review si mon texte vous a plu !
"005, poursuivez dans le couloir et prenez la première à droite. Votre objectif se situe derrière l'antépénultième porte sur votre droite.
- La quoi ?
- L'antépénultième. L'avant-dernière.
- Ah ça. Pouviez pas l'dire plus tôt ? J'ai pas envie de m'faire canarder en ouvrant la mauvaise porte parc'que vous avez fait nawak."
Q se pinça l'arrête du nez en soupirant pour ce qui lui semblait être la quinzième fois de la journée. Effectivement, comme l'avait si bien dit Bond lors de leur première rencontre, la jeunesse n'était pas gage d'innovation. Mais si en plus elle devenait synonyme de flétrissement d'esprit et de simplicité de langage, Q ne donnait pas cher de l'avenir du pays et de la distinction anglaise si précieuse aux yeux de la reine - et aux siens. Maugréant dans son absence de barbe, il attrapa son mug Scrabble et plongea ses lèvres dans le liquide fumant, retenant un frisson de plaisir quand le goût de la bergamote éclata sur son palais. Tout le charme anglais, contenu dans une seule tasse. Avec ça, il devrait être en mesure de supporter les abus de langages de 005. Prenant son courage à deux mains, il remonta ses lunettes d'un geste sec et se concentra à nouveau sur l'écran géant qui lui faisait face. La mission était presque finie, il ne devait pas se laisser déconcentrer…
"P*****, j'ai le seum, ils ont fermé la porte avec une serrure magnétique, ces bouffons. Et c'est moi qui suis censé m'débrouiller pour l'ouvrir ?
- 005, dois-je vous rappeler que je vous ai fourni un pass multi-usage au début de votre mission, précisément pour ce type de situation ?
- Ah oui, il avait grave le swag en plus ce porte-clé, j'suis trop un boloss.
- Et par pitié, surveillez votre langage. Certains de vos collègues sont chargés de retranscrire tous les échanges que nous avons. Les logiciels ne sont pas prévus pour pallier ces abus de langage !
- Scusez-moi Q, j'vais essayer de faire gaffe."
Un nouveau soupir échappa au quartier-maître. La journée promettait d'être longue.
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Eve Monneypenny, Bond et Q se retrouvaient souvent pour déjeuner, quand leurs emplois du temps respectifs le leur permettaient. C'était un petit rituel apaisant qui leur donnait l'occasion d'évoquer les anecdotes croustillantes qui circulaient au MI6. Ils y trouvaient un réconfort certain. Les discussions avec l'autre étaient souvent l'occasion pour eux de s'aérer l'esprit, de discuter de problèmes plus triviaux que la guerre au Rajasthan et la pandémie future en Australie. Les ragots les plus scandaleux du MI6, par exemple. Cependant, quand Q rejoignit Eve pour une de leurs petites réunions au sommet, il s'aperçut que la jeune femme se trouvait déjà attablée avec quelqu'un d'autre. Un jeune homme était ostensiblement penché vers Monneypenny qui faisait en sorte de se tenir le plus loin de lui. La jeune femme affichait une grimace polie en guise de sourire qui se crispait de plus en plus sous le débit de parole de son interlocuteur. Q se rapprocha et finit par capter le regard d'Eve qui se fit blasé et presque suppliant. Parvenant à leur hauteur, le quartier-maître sentit une rage froide le saisir en arrivant à portée auditive du flot incessant de paroles du jeune stagiaire.
"...mais tu sais, une fille comme toi a besoin de quelqu'un dans sa vie, un mec, un vrai, pour la protéger. Les tailleurs-jupe, c'est très classe, mais ça ne t'empêchera pas de tomber sur des harceleurs ou des mecs pas commodes. Comment tu ferais si un mec qui te kiffe venait te voir pour te demander d'être sa poule ? Tu aurais assez de cran pour lui répondre non ? Ce qu'il te faut, c'est un mec comme moi et du coup…"
La main en apparence fine et délicate du quartier-maître s'abattit sur la table avec une force qui dénotait un entraînement par beaucoup sous-estimé. Ils sursautèrent.
"Non mais pour qui tu te prends ?" gronda-t-il à l'encontre du jeune homme qui semblait soudain moins sûr de lui.
La stature de Q ne le classait pas d'office dans la catégorie des hommes qu'on aurait pu qualifier d'impressionnant. Cependant, la colère froide qui se dégageait de toute sa posture était menaçante. Son vis-à-vis semblait se tasser sur lui-même à mesure que le quartier-maître se redressait pour le toiser.
Monneypenny poussa un soupir et posa la main sur le bras de Q d'un geste qui se voulait apaisant.
"Laisse tomber Q, ce jeune homme allait nous laisser. N'est-ce pas M. Abernathy ?
- Oui, je… euh… Je vous vois plus tard, Mademoiselle."
Il disparut sans demander son reste. Q, étonné et un peu contrarié de s'être laissé adoucir, s'assit à sa place, en face d'Eve et donna un coup de dents rageur dans son burritos.
"Qu'est-ce qui t'a pris ? Pourquoi tu ne m'as pas laissé le remettre à sa place, il le méritait amplement ! Et puis, depuis quand as-tu besoin de quelqu'un pour remettre un impertinent doublé d'un machiste à sa place ? ajouta le quartier-maître en haussant un sourcil en direction de Monneypenny.
- Ce jeune homme n'est pas dangereux, soupira Eve. C'est une des jeunes recrues que M auditionne pour l'intégrer au programme d'espions inter-agence. Je devais lui servir de guide pour la journée, lui présenter les locaux, le personnel.
- Et ça le dispense de la moindre politesse ?
- Il a été plutôt émerveillé et curieux au début, mais je crois que le passage par le service administratif l'a plus ennuyé que prévu. Quand on est ressorti, il a commencé à reluquer mes jambes. J'ai voulu m'en débarrasser pour le déjeuner, mais il m'a apparemment suivi jusqu'ici. M m'avait demandé de ne pas le… comment a-t-il dit ça ? Ah oui, "de ne surtout pas le brusquer avec mes accès de répartie parfois violents". Alors je me suis dit que je me contenterai de l'écouter parler jusqu'à ce que toi et 007 arriviez.
- Si les nouvelles recrues sont toutes du même acabit que cet énergumène, je ne donne pas cher de notre MI6 d'ici les prochaines années.
- Heureusement que certains espions ont su garder le charme et la distinction anglais", fit Monneypenny en faisant un clin d'oeil au jeune homme.
Ce dernier haussa un sourcil interrogatif, mais n'eut pas le temps de poser de question. Une main caressa lentement sa nuque. Il eut le temps de distinguer un éclair d'espièglerie brillant au fond de deux prunelles bleu ciel avant de se laisser emporter par la brève sensation des lèvres chaudes sur les siennes.
"Charme et distinction anglais ? On parle de moi ? interrogea Bond, les yeux brillants, posant son sandwich sur la table.
- Bonjour à toi aussi, James, répondit Q, attendri, un sourire sur les lèvres.
- Tu arrives à point nommé pour détendre notre cher quartier-maître, rit Eve.
- Eve…, grogna Q.
- Quoi ? Tu es apparemment d'une humeur épouvantable depuis ce matin. Même ta fidèle Zoé a cru que tu allais tout envoyer valser lors de la mission de 005, répliqua la jeune femme. Et tu as presque dévoré tout cru la pauvre nouvelle recrue de tout à l'heure.
- Je me disais bien que j'avais entendu ta douce voix.", s'amusa Bond.
Q se renfrogna brièvement devant les airs goguenards de son amie et son amant. Il croisa les bras sur son torse en se renfonçant sur son siège. Une main vint se poser sur la sienne et il lut une pointe d'inquiétude noyée dans un océan de tendresse et de malice dans les yeux de l'espion. Il crocheta les doigts au-dessus des siens.
"Raconte-nous les détails, cher quartier-maître, ton analyste en cheffe n'a pas été très bavarde. Je pense qu'elle a trop de respect pour toi pour risquer de salir ta réputation en colportant des ragots à ton sujet, relança Eve en mordant dans son sandwich.
- Rien de bien nouveau en soi, c'est l'attitude de ces jeunes nouveaux qui m'exaspère au plus haut point, fit Q en levant les yeux au ciel, se notant mentalement de remercier Zoé pour sa discrétion. Mais je crois que la cerise sur le gâteau, c'est tout de même leur niveau de langage. Je sais bien que M fait ce qu'il peut pour recruter de nouveaux agents et que ce sont d'abord les capacités physiques, la résistance mentale et l'ingéniosité qui sont privilégiées, mais tout de même, serait-ce trop demander qu'ils parlent à minima notre langue de façon polie et compréhensible ?
- Que veux-tu dire ? demanda Bond en fronçant légèrement les sourcils.
- 005 est très performant sur le terrain - pas autant que toi bien sûr - mais à chaque fois qu'il faut lui donner une consigne, je dois être vigilant à employer des mots basiques pour être sûr qu'il comprenne. Et je ne te parle même pas du temps que passe mon équipe pour retranscrire nos échanges et traduire ses expressions.
- Où est-ce que M l'a recruté ?
- Il vient de l'unité de police de Whitechapel. Je sais que les habitants de ce quartier n'entrent pas souvent à Oxford, mais je n'aurai jamais pensé qu'ils puissent à ce point manquer de politesse et de savoir-vivre.
- Il est vrai qu'ils ont souvent tendance à oublier la pause thé de dix-sept heures, ironisa Eve, un sourire narquois aux lèvres.
- Au-delà de la pause thé ESSENTIELLE de dix-sept heures, pointa Q en coulant un regard noir au visage rieur de Monneypenny, toutes les nouvelles recrues manquent de savoir-vivre et de bonnes manières. Comment quelqu'un a-t-il pu penser que cela fonctionnerait s'il t'abordait de cette manière ?"
Monneypenny haussa les épaules et lui fit un petit sourire contrit. Elle comprenait le point de vue du quartier-maître et ne pouvait qu'y adhérer. La jeune génération semblait vraiment manquer de bienséance et il était temps que quelqu'un s'en occupe. Elle rapprocha sa chaise de Q afin de pouvoir comploter plus facilement. Bond observa leur manège avec un sourire amusé, se contentant de tracer des cercles affectueux sur le dos de la main de son petit-ami qui se pencha vers son amie d'un air complice.
"Ce qu'il leur faudrait, c'est une leçon de bonne conduite, fit Eve d'un air songeur.
- Tu penses que ça peut suffire ? J'ai l'impression qu'il leur manque quand même un sacré monceau d'enseignements de ce côté là.
- C'est sûr qu'il va falloir trouver la bonne personne si on veut que ça marche… Il faut quelqu'un qui ait suffisamment de poigne et de charisme pour se faire respecter, énuméra Eve. Mais aussi une bonne connaissance des règles de politesse et un savoir-faire en matière d'english touch et…"
Monneypenny s'interrompit devant le sourire presque machiavélique et les prunelles brillantes d'excitation qu'affichait à présent son vis-à-vis, synonymes qu'une idée diabolique venait de traverser son esprit. Q se pencha encore plus vers son amie. Bond put observer que le sourire qui s'étalait sur les lèvres de la jeune femme ressemblait de plus en plus à celui de son petit-ami à mesure que ce dernier chuchotait son plan apparemment génial. Les deux amis se lancèrent dans un échange endiablé à voix basse. Si Bond ne se formalisait pas outre mesure de ne rien saisir de la conversation, il parut nettement plus inquiet quand les deux visages se tournèrent vers lui avec leurs sourires à faire peur.
"C'est absolument parfait comme plan, ricana Eve.
- Oui, je suis assez satisfait de mon génie, renchérit Q.
- Vous me faites peur tous les deux à me regarder comme ça, fit Bond d'un air soudain très méfiant.
- Nous avons besoin de toi, agent 007, le pays a besoin de toi, la reine a besoin de toi, prononça Eve solennellement en ramenant la main contre son coeur dans un geste chevaleresque.
- Tu n'en fais pas un peu trop ? répondit Bond en haussant un sourcil.
- Tu es la seule personne à pouvoir discipliner ces jeunes monstres avec toute la classe d'un espion anglais, assura Q. Tu dois nous aider et leur apprendre le respect des règles de la Couronne. Ils ne peuvent rester des loups bêtes et malpolis. Il faut qu'ils fassent honneur à sa Majesté !
- Et vous pensez me faire craquer en faisant appel à mon sens du devoir et mon amour de la patrie, c'est ça ? rétorqua l'espion, un sourire amusé aux lèvres.
- Oui, totalement ! assuma Eve. Est-ce que ça marche ?
- Sinon, je peux te demander de le faire par amour pour moi, ajouta le quartier-maître. Pour le bien de ma santé mentale lorsque je suis des agents en mission et que je déjeune avec Eve."
Bond posa ses yeux sur son amie, puis sur son petit-ami. Il poussa un léger soupir et laissa la joie des deux comploteurs le gagner en souriant franchement à son tour. Il savait que les plans diaboliques des deux acolytes qui lui faisaient face étaient souvent très efficaces. Pour une fois que ce plan n'était pas dirigé contre lui, il allait se faire un plaisir de les aider. Martyriser les jeunes lions sauvages qui ne savaient pas s'y prendre avec son quartier-maître pouvait, du reste, se révéler amusant. Il signifia son accord d'un hochement de tête. Q se leva prestement, Eve sur les talons, et, saisissant son petit-ami par le bras, lui laissant à peine le temps de se saisir du reste de son sandwich, il l'entraîna dans les couloirs du MI6 vers le bureau de M.
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James regardait sans trop y croire la... salle de classe ? - il ne voyait pas d'autres termes - qui était face à lui. Quand Q et Eve lui avaient dit qu'il allait remonter les bretelles de jeunes lionceaux, il s'était vu les attendre de pied ferme dans les vestiaires, avec une tête à faire pâlir Hadès en personne. Ou les emmener effectuer un entraînement hostile en pleine nature. Mais pas… ça ! Il ne savait toujours pas pourquoi M avait accepté la proposition de Q de faire une masterclass sur le langage et les bonnes manières avec lui en guise de professeur. Cela n'avait strictement aucun sens. Ou alors, il était tombé dans une dimension parallèle. Il jeta un coup d'oeil sur le quartier-maître qui entamait son discours d'introduction face aux agents. Bond prit le temps de détailler le jeune homme de haut en bas, nonchalamment appuyé contre le mur derrière lui, appréciant la vue qui s'offrait à lui. Son petit-ami était terriblement sexy avec son petit pull bleu et ses cheveux artistiquement décoiffés.
Seulement, il ne semblait pas rencontrer la même attention de la part du public qui lui faisait face. Les jeunes agents affichaient une mine qui allait de rebutée à franchement hostile, en passant par ceux qui avaient l'air profondément ennuyés. Bond fronça les sourcils. L'un des agents qui était assis sur les premiers sièges et qui venait d'étouffer un gros bâillement se leva et commença à se tourner vers la sortie. Q l'apostropha aussitôt.
"M. Miller, je peux vous demander où vous allez ?
- Je me casse.
- Je vous demande pardon ?
- Je ne vois pas pourquoi j'écouterai une bande de vieux schnocks me faire une leçon de morale. Il faudrait que vous fassiez preuve d'un peu de modernité et d'ouverture d'esprit, à vos âges. On est peut-être des gamins, mais on n'a pas besoin des vieilles leçons d'ancêtres dans votre genre", répliqua le jeune homme en croisant les bras.
Les sourcils de Q se froncèrent violemment sous le coup de la colère qui le saisit. Il serra les poings en foudroyant du regard le jeune homme. Ce dernier haussa les épaules. Bond se décolla alors du mur où il était appuyé et s'avança sur l'estrade, provoquant un mouvement de recul dans la salle de classe. Un sourire à mi-chemin entre le carnassier et le mauvais se dessinait sur le visage de l'espion. Cela ne présageait rien de bon. L'assistance sembla soudain retenir son souffle.
"Q, ces jeunes gens affirment que tu manques de modernité et d'ouverture d'esprit. Tu veux bien me laisser m'en charger ? demanda Bond, se rapprochant du quartier-maître.
- Faites comme bon vous semblera 007, répondit Q en se reculant.
- Merci, mon chéri."
Sous les yeux estomaqués des agents présents, Bond attrapa le menton de son petit-ami et l'embrassa tendrement. Ce dernier sursauta légèrement au contact des lèvres chaudes sur les siennes mais il croisa l'étincelle brillante des yeux de l'espion. Il se laissa aller. Que ça leur serve de leçon à ces petits jeunes.
S'écartant du quartier-maître dont les joues avaient pris une belle couleur rose, James Bond appuya ses mains sur le pupitre et darda un regard sévère sur l'assistance silencieuse.
"Vous pouvez sortir ou vous rasseoir, Miller, lança-t-il froidement à l'agent qui baissa la tête avant de retourner à sa place. Je pense que vous n'avez pas bien saisi où vous vous trouviez. Vous n'êtes plus dans un poste de police de banlieue. Vous n'êtes pas à la poursuite d'un vulgaire cartel de drogue. Vous êtes au MI6. Certains d'entre vous vont devoir travailler avec des agences internationales d'espionnage et représenter le MI6. D'autres deviendront des agents 00. D'autres encore, auront peut-être une infime chance d'avoir l'immense honneur de s'instruire auprès du meilleur quartier-maître qu'on ait eu entre ces murs. Et vous comptez vous asseoir sur vos acquis et vous contenter de l'expérience que vous avez déjà accumulée ? Dans ce cas, vous pouvez quitter ce cours. En revanche, n'espérez pas obtenir une promotion entre ces murs. Certes, les méthodes affichées par le MI6 sont parfois désuètes et rétrogrades, mais elles ont prouvé qu'elles portaient leurs fruits en maintes occasions. Avoir du charme, du savoir-vivre, de la richesse de vocabulaire, cela vous permet d'être un meilleur espion, et de vous fondre plus facilement dans la masse. Cela vous permet de vous adapter. Et avec vos connaissances du terrain moderne, je suis persuadé que vous pourrez devenir de meilleurs agents que moi un jour. Mais pour ça, vous devez apprendre le respect. Le respect de la reine et de la patrie, le respect de cette agence, le respect de vos supérieurs et cela commence par celui qui tient vos vies entre ses mains. Celui qui vous donnera vos ordres de mission et qui récupérera tout ce que vous rapporterez. Celui qui se démènera pour vous ramener en vie à la maison. Celui qui inventera et vous procurera toujours LE gadget dont vous aurez besoin. Celui qui a intégré le MI6 à vingt-cinq ans à peine et qui peut détruire votre vie d'une simple ligne sur son clavier."
Bond fit une pause le temps d'observer son auditoire. Tous les yeux étaient présentement rivés sur le quartier-maître qui se tenait derrière lui, les bras croisés, le menton levé fièrement et le regard déterminé.
"J'attends que chacun de vous présente ses excuses à Q d'ici la fin de la semaine, quelque soit la manière. Écrite, orale, sous forme de lettre, de mail, je m'en fiche. Mais sachez qu'il a une excellente mémoire, que ma condition physique est parfaite et qu'à nous deux, nous pouvons retrouver n'importe qui sur la planète. Alors faites-le."
On aurait pu entendre les mouches voler dans la salle tant les agents étaient concentrés sur les paroles de l'espion. Certains avaient pâli sous les accusations, d'autres commençaient à noter des idée sur une feuille. Bond se retourna vers Q. Ce dernier lui fit un signe de tête en guise de remerciement. Un clin d'oeil de la part de l'espion lui confirma qu'il avait la situation bien en main. Le quartier-maître s'éclipsa, laissant Bond poursuivre la leçon.
"Bien, maintenant que ce point est éclairci, nous allons pouvoir commencer. On m'a rapporté des lacunes sévères en terme de langage et c'est par cela que j'aimerai commencer. Lequel d'entre vous est capable de m'épeler le mot "whisky" ?"
