Bonjour à toutes et à tous.
Voici une nouvelle fiction : une suite de os. Les titres sont similaires à ceux de Friends car c'est cette série qui m'a inspiré.
Certains chapitre seront d'ailleurs directement inspirés d'un épisode de Friends. Lorsque ce sera le cas, je l'indiquerai.
Idem si c'est une série ou un film qui m'a inspiré.
Bref, je vous laisse lire ce premier chapitre,
BonNE LEctURE à tOutES eT à ToUs :D (et bon confinement ! )
Celle qui ne voulait que du sexe
L'une sur le côté gauche, l'autre sur le côté droit du lit, elles étaient toutes les deux essoufflées, sur le dos. Un drap couvrait l'entièreté du bas du corps de la blonde et une seule jambe de la brune. Elles avaient passé l'après - midi à faire l'amour, sauvagement, de manière épuisante, comme à chaque fois. Une fine pellicule de sueur recouvrait leur corps, signe de leur sport quotidien. La brune se leva rapidement en informant la blonde qu'elle allait prendre une douche et de ne pas la rejoindre sous peine de recommencer. Elle s'était déjà fait avoir un million de fois. Chaque fois qu'elles se retrouvaient cela finissaient indéniablement par au moins un orgasme et aucune résistance n'était possible lorsqu'elles se découvraient dans le plus simple appareil.
La blonde souffla et remonta le drap jusqu'à sa poitrine. Elle se hissa pour s'asseoir - les doigts légèrement endoloris de s'être tant crispés et d'avoir tant travaillé la brune - et elle prit son téléphone pour vérifier l'heure et ses messages. Cinq minutes plus tard, la brune sortait de la salle de bain, nue, une serviette dans les mains qu'elle frottait frénétiquement contre ses cheveux pour les sécher. Elle ramassa sa culotte et son jean qu'elle enfila rapidement et chercha son soutien - gorge.
-Tu l'as pas vu ? Demanda Regina.
-Rien ici. Déclara Emma en regardant en dessous du lit. Tu t'en vas déjà ?
-Oui. Je prends mon service dans une heure.
-Une heure, y a le temps. Tu ne veux pas rester un peu ?
-Non, j'ai des coups de fil avec des fournisseurs à passer. Tant pis, je pars sans. Au pire, j'en récupère un chez moi. Merci pour cette après - midi, à très bientôt. Susurra la brune aguicheuse en s'échappant rapidement de la chambre.
Emma décida d'aller elle aussi d'aller prendre une douche en soufflant lourdement. Pas un baiser. Jamais après du sexe. C'est une chose qu'elle avait remarquée chez Regina. Elles ne s'embrassaient que lorsqu'elle faisait l'amour. Non, plutôt lorsqu'elles baisaient parce qu'en réalité, elles n'avaient jamais fait l'amour. C'étaient bien plus bestial, sauvage que ça.
Elles s'étaient rencontrées huit mois auparavant. Emma, prof de littérature à la Sorbonne, avait eu une journée éreintante et avait décidé d'aller prendre un verre dans un bar. Elle avait quitté son bureau très tard le soir après avoir passé des heures à corriger ses copies et elle avait erré dans les rues d'à côté en vue de trouver un bon bar. Son dévolu se jeta sur une enseigne rouge écarlate sur laquelle était inscrit "Chez Roni". L'ambiance était chaleureuse, le bar bondé, la musique entre jazz et country donnait un côté atypique au bar. Elle s'était assise lourdement sur un des tabourets du bar et avait commandé ce qu'il y avait de plus fort. C'est Regina qui la servit et elle en fut chamboulée tant elle avait été attiré par la brune. Carré court et bouclé, tee - shirt noir Nirvana au décolleté allant jusqu'à la naissance de sa poitrine, foulard violet noué autour de son cou, pantalon taille haute noir qui la moulait parfaitement, Emma avait fondu comme neige au soleil. Les deux femmes s'étaient mises à parler de tout et de rien, s'aguichant. L'une d'elles déplora le désert sexuel de sa vie, l'autre se proposa de l'humidifier un peu. L'autre accepta. Et Regina avait mené la blonde chez elle en passant par l'arrière - cuisine et elles avaient baisé. D'abord contre le mur pour ensuite enfin arriver jusqu'au lit de la brune. Puis Emma était repartie et revenue deux jours après. Et très vite, elles étaient devenus le plan cul régulier de l'une et de l'autre. Sans attache ni sentiments. Regina avait été intransigeante là - dessus et Emma avait accepté aussi ne souhaitant pas s'engager non plus. Mais voilà, bien sûr, cela ne pouvait pas être aussi simple et Emma avait commencé à développer des sentiments. Notamment parce qu'elles avaient dépassé la limite le plan cul, devenant si ce n'est plus, des sexes - friends.
Parce que oui, elles étaient amies. Leur amitié avait débuté un soir où Emma avait aidé Regina à ranger le bar. L'aide était, certes, plus qu'intéressée : plus que plus vite avait fini la brune plus vite elles pourraient s'envoyer en l'air. Mais elles en avaient profité pour parler un peu, apprenant des choses sur celle avec qui elles couchaient depuis deux mois. Et régulièrement, Emma avait fini par aider Regina en discutant et se racontant leur journée. Leur amitié avait pris un tournant le jour où Emma devait aller faire une conférence dans le sud, à Lyon. Sa voiture l'avait lâchée à la dernière minute et Regina s'était proposé de la déposer n'ayant rien à faire durant les deux jours. Ce séjour s'était déroulé par de très, très nombreuses siestes crapuleuses, par Regina qui écoutait Emma attentivement lorsqu'elle parlait du mouvement féministe dans les romans et à manger soit l'une sur l'autre soit devant une série qu'elles avaient commençaient ensemble et qu'elles avaient poursuivis ensemble ensuite, ne se permettant pas d'avancer d'un épisode sans l'autre. Et c'est ainsi, qu'Emma était tombée amoureuse de Regina.
Mais elle n'avait rien dit. Dès le départ, la brune lui avait expressément demandé de ne jamais tomber amoureuse d'elle. Et elle ne savait pas si c'était toujours le cas aujourd'hui. Surement que non, mais il était terriblement difficile de savoir ce qu'il se passait dans la tête de la brune puisqu'elle ne s'épanchait que rarement sur ce qu'elle ressentait et lorsqu'elle le faisait, c'était pour des choses minimes. Comme elle, Regina n'avait plus personne, ses parents étant décédé il y a plusieurs années. Les seuls amis qu'elles s'étaient octroyés, étaient leurs collègues, leurs salariés. Et surtout, l'énorme différence entre la blonde et la brune, c'est que la première était une romantique indécrottable alors que la seconde était plus terre - à - terre ne croyant absolument pas en l'amour.
Quoiqu'il en soit, il était de plus en plus difficile pour Emma de taire ses sentiments, ce qui les mena inévitablement - sûrement - à la situation suivante.
Trois semaines plus tard, submergée la première par son orgasme, au lieu de soupirer le nom de son amante comme elle le faisait souvent, Emma avait un soupiré un "Je t'aime" alors que son coeur s'était mis à trembler. Trop occupée à laisser venir le sien, Regina n'avait pas tout de suite réalisé les mots d'Emma. La tête entre les cuisses d'Emma, ses cuisses des deux côtés de la blonde, elle s'était retournée sur le dos après avoir été assaillie par un orgasme fulgurant. Son esprit se remémora doucement les gestes donnés précédemment et l'aveu d'Emma débarqua comme un boomerang. Elle se redressa brusquement, toujours assise entre les jambes de la blonde.
-Tu as dit quoi ? Demanda la brune les yeux écarquillés, la voix presque plus aiguë qu'à son habitude.
-Que ... Quoi ?
-Tu m'as dit « je t'aime ».
Et merde. Emma avait pensé que ses mots allaient passer inaperçu.
-Je ... C'est sortie comme ça.
-Non. Merde, ça a duré trop longtemps tout ça. Paniqua la brune en se relevant du lit. Je t'avais dit de ne pas faire ça.
-Hé. C'était pas une déclaration d'amour. C'est juste sortie comme ça, arrête de paniquer. Essaya de résonner Emma en se mettant à son tour debout en regardant la brune qui enfilait son jean si rapidement qu'elle manqua de tomber, se cognant contre le meuble d'Emma.
-Je te connais Emma. Si tu as dit ça, c'est que tu le penses. Tu es trop romantique pour dire des choses comme ça en l'air. Putain pourquoi ça se ferme pas. S'énerva - t - elle sur sa braguette.
-Okay. Je suis désolé, tu veux pas te calmer deux minutes. C'est pas grave.
-Emma, tu es amoureuse de moi. Cria la brune comme si c'était la chose la plus horrible du monde.
-Mais je ne t'ai rien demandé, Regina. On peut continuer comme ça, ça me va très bien. Et ça t'allait très bien aussi. Y a aucun problème.
-Bien sûr que si. Tu vas vouloir plus et moi non. Tu vas souffrir. Je vais te faire souffrir et je ne veux pas ça. Je ne veux pas ça. Pousse - toi. Ordonna Regina en s'enfuyant de l'appartement chaussures à la main.
Emma pesta contre elle - même et sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle se recoucha et mit un film romantique pour tenter de se changer les idées, un pot de Nutella entre les jambes, s'en voulait terriblement. Merde, Swan. Pourquoi tu ne peux jamais te taire ? se fustigea - t - elle. Elle décida de laisser une semaine à la brune. D'une part, pour essayer de comprendre ses sentiments, de les explorer. Maintenant que c'était dit, ça ne servait plus à rien de les étouffer et elle voulait être sûr de ne pas s'être trompée. Même s'il n'y avait pas vraiment de doute. Elle n'arrivait définitivement pas, plus, à imaginer sa vie sans sa belle brune. D'autre part, elle voulait lui laisser le temps à elle aussi de se calmer. Après une conférence qu'elle donnait sur les manifestations féminines et leur intégrité physique, elle rentra chez elle et se maquilla légèrement comme à son habitude, un peu de mascara et de gloss rose. Elle enfila une robe mauve légère et bouffante en bas laissant un beau décolleté, sachant très bien que ce genre d'accoutrement faisait fondre la brune. Autant mettre tous les atouts de son côté. Une fois prête, elle attrapa sa veste en cuir dans laquelle elle glissa ses clefs et son portefeuille dans ses poches et partit. Il faisait déjà sombre, mais doux alors elle flâna un peu, faisant du lèche vitrine. Elle arriva tard dans la soirée et le bar était déjà bien plein, en pleine effervescence, un groupe de rock jouant sur la petite scène au fond de la salle. La blonde s'installa au comptoir comme d'habitude et observa la femme de ses pensées. Elle était de dos en train de préparer un cocktail, secouant le shaker. Elle tendit le verre à un homme et encaissa l'argent qu'il lui donna avant de se diriger instinctivement vers la blonde. Elle avait tellement l'habitude d'être derrière son bar, qu'elle arrivait à sentir l'arrivée d'un nouveau client sans même le voir.
La barmaid se figea net, les yeux écarquillés, en comprenant qui était sa nouvelle cliente. Elle regarda autour d'elle et soupira en voyant que ses collègues étaient trop occupée en salle pour lui venir en aide. Elle avança doucement vers la blonde qui l'attendait avec un grand sourire, un immense sourire éclairant son magnifique vis ... Stop, déraille pas.
-Qu'est - ce - que je te sers ?
-Un cuba libre, s'il te plaît.
La brune hocha la tête et se retourna pour préparer la boisson. Elle essaya de combattre son envie de se retourner pour regarder Emma. Tant de jours, trop de jours, à ne pas la voir lui avait terriblement manqué et ce manque lui avait fait peur. Il lui faisait encore peur. Elle avait pris l'habitude d'enfouir ses sentiments afin de ne pas souffrir et elle avait très bien réussi jusque - là. Mais Emma avait dû lâcher cette bombe et tout se remettait en question. Les trois premiers jours, elle n'avait presque pas pensé à la professeure. Elle était rentrée chez elle et avait ouvert le bar, très angoissée. A tel point qu'Ella, sa collègue, lui avait conseillé de rentrer chez et qu'elles fermeraient le bar sans elle pour une fois. Et Regina ne s'était pas fait prier. Elle rentra chez elle et épuisée moralement, elle s'était directement dirigée vers son lit pour se laisser lourdement tomber. Elle avait retiré ses chaussures avec ses pieds et rabattu sa couverture sur elle. Sans savoir pourquoi, elle s'était mise à pleurer comme elle n'avait jamais pleuré et s'était endormis sans s'en rendre compte dans un monde sans rêve. Et les jours suivants, elle avait cadenassé son cœur, s'efforçant de ne plus penser à la blonde. Elle avait prévenu et ce n'était qu'un plan cul après tout. Seulement, le quatrième jour avait été très difficile. Elles n'avaient jamais passé plus de trois jours séparées, sans même s'en rendre compte. Alors son esprit avait trouvé ça normal de ne pas voir la blonde de ses nuits. Mais le quatrième jour, elle s'était sentie vide, seule. Chaque fois que la porte s'ouvrait, elle espérait que ce soit elle, chaque fois que son téléphone vibrait elle espérait que ce soit elle, chaque fois qu'elle se réveillait elle espérait que ce qu'elle avait cru n'était pas un rêve. Mais non. Ce n'était jamais sa blonde. Et elle lui en voulait. Elle était en colère contre la blonde pour ce qu'elle avait dit, pour ce qu'elle lui avait fait. Elle l'avait réveillé, elle ne voulait pas être réveillée. Elle ressentait tout ce qu'elle n'avait jamais voulu ressentir pour personne d'autre, du manque et de l'amour.
Elle fini sa boisson - la tête bourrée de pensée - et la déposa devant la blonde. Elle avait été si concentré sur son envie de fuir qu'elle oublia de récupérer la monnaie d'Emma. Et durant toute la soirée, elle tenta du mieux qu'elle put d'ignorer la blonde. Parfois, elle lui servait un verre, mais toujours en faisant le plus vite possible et sans un regard, de peur de fondre. Cette soirée l'épuisait déjà. Plus le temps passait et plus le bar se vidait, petit à petit. A l'heure de la fermeture, Regina dû dégager deux hommes qui ne voulait pas quitter le bar. Elle en avait l'habitude maintenant. En se retournant, elle sentit à la fois son cœur se serrer et être soulagé lorsqu'elle vit que la blonde n'était plus là. Elle nettoya à terre et ferma le bar en soufflant, épuisée. Elle passa par la cuisine et sortit. Il y avait derrière une petite cour accessible pour les fournisseurs et salariés et son appartement était dans la cour, collé à son bar. Elle sursauta en voyant la blonde assise sur les marches, devant sa porte.
-Qu'est - ce - que tu fais là ? Demanda froidement la brune.
-Je voudrais qu'on parle.
-J'ai rien à dire. Je t'avais prévenue, pas de sentiments ou tu dégages.
-Mais ça ne veut rien dire. Tu ne veux juste pas oublier. S'il te plaît.
-Non. Je ne veux pas te faire souffrir. Répondit Regina, perdant son assurance.
-Mais tu ne vas pas me faire souffrir, Regina.
-Si. Je ne peux pas te donner ce que tu veux, alors tu vas souffrir. Si on arrête de se voir, tu m'oublieras et tu passeras à autre chose. Si on continue à se voir, tu ne pourras pas passer à autre chose. Appuya la barmaid.
-Je suis une grande fille et j'ai très bien vécu comme ça jusque - là. Je me suis toujours contenté de ce qu'on me donnait et j'ai toujours était bien.
-Tu ne mérites pas ça. Tu es tellement merveilleuse, tu mérites tellement. Tellement plus, Emma. Soupira la brune alors qu'Emma s'était approchée d'elle.
-Toi aussi, tu es géniale. Et je te connais, si tu n'avais pas envie de moi dans ta vie, tu m'aurais dégagé sans une once de remords. Tu ne serais pas resté là à me parler pour me dire combien je suis géniale. Laisse, pour une fois, quelqu'un entrer chez toi.
-Je ne peux pas. Murmura la brune les larmes aux yeux, elle avait perdu, elle le savait. Elle ne pouvait pas résister à Emma.
-Si, tu peux. Ensemble on peut. Redevenons comme avant, ça m'est amplement suffisant. Des nuits entières de sexe. Murmura la blonde, son front contre celui de la ténébreuse, les larmes aux yeux.
La barmaid huma le parfum à l'odeur de cannelle de la blonde et sans réfléchir, brusquement, elle poussa Emma contre le mur et l'embrassa sauvagement. Rien n'était fait pour être doux. Elle souleva la robe d'Emma et mit sa main dans sa culotte. La blonde répondit à son baiser tout aussi passionnément. Regina voulait lui faire mal, lui montrait qu'elle ne savait pas être douce, lui montrait qu'elle trouverait plus doux, plus respectable et respectif qu'elle. Contre le mur, elle la baisa comme jamais elle n'avait baisé quiconque. Et lorsqu'Emma eut son orgasme, elle se recula. Persuadée que la blonde allait partir et ne plus revenir. Mais elle se sentit poussée en haut de ses escaliers contre sa porte, cette fois, c'est Emma qui attaquait. La blonde avait compris que par ce coït violent, la brune lui disait « vois comme je ne suis pas bien, comme je suis mauvaise. Pars ». Mais Emma était une teigne qui ne se laissait pas faire. Alors, tout aussi violemment, elle montra à la brune qu'elle n'avait pas peur de quelqu'un de brusque car elle pouvait l'être aussi. Qu'elle n'avait pas peur d'elle. Regina eut un orgasme fulgurant et dû attendre quelques minutes avant de s'en remettre. Mais on parle de deux femmes avec un ego et une volonté forte. Et toute la nuit, elles baisèrent violemment à s'en faire mal, l'une pour prouver que l'autre devait fuir, l'autre pour prouver qu'elle savait se défendre. Ce n'est que lorsqu'elles n'eurent plus la force de rien qu'elles s'arrêtèrent. Des suçons, des griffures voire des bleus partout sur le corps à force d'être claqué partout, griffées partout, mordues partout. Lorsque la blonde se réveilla, Regina n'était plus là. Elle comprit le message et partit. Mais chaque fois, elle revenait. Et à chaque, Regina l'ignora pour ensuite lui sauter dessus et s'arranger pour s'enfuir de chez elle chaque matin, avant le réveil de la blonde. Cela dura trois mois, où Emma n'était pas au top de sa forme. Cependant, elle restait, car elle avait compris que Regina s'adoucissait. Les deux premières semaines avaient étaient brutales, éreintantes. Mais la troisième semaine, elle s'était réveillée avec le petit - déjeuné à côté d'elle. Et ça, tous les jours depuis. Elle avait même été surprise de voir que Regina savait ce qu'elle prenait, ce qui l'encouragea à se dire qu'elle comptait pour la brune. La cinquième semaine, à côté de son chocolat chaud, elle découvrit les clefs de la brune. Implicitement, elle lui donnait les clefs de son chez elle. Emma en avait pleuré tant elle en avait été heureuse.
Elle avait compris que c'était la manière à la brune de s'exprimer. Par des signes ici et là, sans mot. Elle n'était pas à l'aise avec les mots à la différence d'Emma. Elle préférait communiquer par des gestes et des signes. Et Emma s'en contenter. Elle se contentait de ces nuits de sexes torrides et exutoires et des matins, seule, mais adorable, la faisant sourire un petit peu et se sentir mieux. La sixième semaine, son cœur flotta. Elle se réveilla à la même heure que d'habitude, mais pourtant, Regina était encore là, dormant. La brune se réveilla quelques instants après et se leva sans un regard auprès de la blonde. Elle lui ramena son petit - déjeuné sous le regard triste d'Emma et partit dans la douche. La blonde déjeuna tranquillement et s'habilla pour rentrer chez elle. Avant de partir, elle entra dans la salle de bain discrètement et sur le miroir, elle écrivit avec son doigt : « Bonne journée, Gina ». En sortant de la douche, la brune sourit doucement en voyant l'inscription révélée par la buée. Et tous les matins, Emma laissa un petit mot sur le miroir de la brune. Un matin, Emma s'était réveillée seule. Etant dimanche, elle ne travaillait pas alors elle décida d'aller prendre une douche, déçue que sa brune ne soit pas là. En sortant de la douche, elle vit une nouvelle inscription non laissée par elle : « Pour toi. » Avec une flèche vers le bas. Il y avait deux brosses à dent. Celle de la barmaid et une nouvelle. Emma comprit que la brune lui proposait de rester plus chez elle. Elle tenta en ramener plus d'affaire et fut rassurer de ne pas s'être trompé lorsqu'elle vit le regard heureux de la brune lorsqu'elle vit son sac. Puis, naturellement, Emma se mit à faire à manger pour la brune comme Regina pour la blonde. Un jour, Emma constata qu'il n'y avait plus rien dans le frigo et laissa un mot à la Regina sur sa porte, sur un post - it jaune. Le soir lorsqu'elle revint, Regina lui avait répondu qu'elle n'avait pas le temps pour le moment. La blonde était allée faire des courses.
Deux semaines plus tard, la porte était submergée de post - it de diverses informations : « Je rentrerais tard »; « Je ne rentre pas ce soir »; « Plus de lait »; « Merci pour cette nuit »; « Merci à toi Swan »; « J'ai fait une lessive »; « Merci »; « Merci »; « A ce soir »; « Tu as vu la nouvelle série ? »; « Lis mon essai et dis moi ce que tu en penses, s'il te plaît ». Elles ne communiquaient que plus que par des post - it sur la porte et bientôt sur les murs, que par des mots sur le miroir de la salle de bain et des indices de la part de la brune faisant comprendre à la blonde qu'elle était prête pour une nouvelle étape. C'était bizarre comme relation : elles étaient un couple, cela avait été établi, mais elles ne s'étaient pas reparlés. Les seules fois où elles échangeaient des mots entre elles, où l'autre entendait le son de la voix de l'autre, c'était lorsqu'elle faisait l'amour. Il leur arrivait même de se faire des après - midi câlins, Emma dans les bras de Regina, un plaid et un film lorsqu'elles étaient en congé en même temps. Mais jamais, elle ne se parlait. Dès qu'Emma tentait quelque chose, la brune ne répondait pas ou bien - le plus souvent - elle s'en allait ailleurs et ne revenait que des heures plus tard. Emma aimait vivre ainsi, mais elle voulait entendre les mots de la brune, elle voulait réapprendre à l'entendre. Trois mois étaient passés et Emma était bien décidée à pousser un peu la brune, elle lui avait laissé assez de temps. Elle comptait bien passer sa vie avec la brune et sûrement pas en jouant les muettes toute leur vie.
Un soir, ou un matin, Emma se lança. Elle savait que Regina était souvent plus bavarde après le sexe. Alors après avoir retrouvée un semblant de respiration, elle se lança.
-Pourquoi tu ne veux plus parler ?
La poitrine de la brune qui se soulevait et s'abaissait frénétiquement se bloqua brusquement en entendant les mots de la blonde. Non, non, non, non. Elle ne voulait pas parler. Elle ne pouvait pas. Elle refusait. C'était trop dur pour elle. Elle se releva, prête à partir mais la blonde la retint doucement, plaçant un bras sur sa taille. Regina aurait simplement pu le prendre et le décaler tant il n'imposait rien. Mais c'est justement parce qu'il n'imposait rien si ce n'est le mal - être de la blonde, que la brune consentie à rester. Elle se rallongea doucement et chercha les mots dans sa tête. Elle avait envie de lui parler, de lui dire tout ce qu'elle ressentait. Mais elle n'y arrivait pas. A vrai dire, cela faisait des semaines qu'elle voulait parlait avec la blonde, rien que pour lui dire bonjour, mais les mots se bloquaient dans sa gorge. C'était plus fort qu'elle, elle n'arrivait pas à les expulser. Et plus encore depuis qu'elles avaient construit cette petite routine de mots d'amour et d'attentions tendres et significatives. Elle avait peur de tout perdre, de ne pas être à la hauteur, de tout faire exploser. Et ces peurs prenaient le dessus malgré - elle, malgré ses volontés de parler à la blonde. Et là encore, les mots, les paroles fusaient dans sa tête mais ne sortaient pas de ses lèvres. Elle se détestait de ne pas réussir à faire ça, elle se détestait d'être elle. Elle voulait tellement être quelqu'un d'autre. Elle voulait tellement être Emma. Elle voulait tellement être Emma et qu'Emma soit elle, comme ça Emma pourrait comprendre tout ce qui n'allait pas dans sa tête. Ces choses qu'elle - même ne saisissait pas. Ses pensées étaient si accablantes que des larmes avaient commencées à couler sur ses joues sans même qu'elle ne s'en rende compte.
-Parle - moi, Gina. Demanda Emma en caressant la joue de la brune et en passant une de ses jambes entre les cuisses de la femme pour se mettre au - dessus d'elle et lui transmettre tout l'amour qu'elle pouvait. Dis - moi pourquoi tu ne crois pas en l'amour ? Demanda à nouveau Emma en changeant de question comprenant que la première avant besoin de temps pour avoir une réponse. Elle attendit de longues minutes encore, caressant la joue de son amour et essuyant ses larmes, une à une, lui donnant le temps qu'il lui fallait.
-Je pensais que mes parents s'aimaient. Commença - t - elle la voix enrouée. Elle racla sa gorge et entoura la taille d'Emma pour la faire rouler sur le côté. Face à face, les jambes mélangées, elle commença son récit qu'elle n'avait jamais raconter à personne pas même à elle. D'aussi loin que je me souvienne, je les voyais complices, heureux ensemble. Mais un jour, ils m'ont annoncé qu'ils divorçaient. J'ai compris que ce que je voyais n'était que le résultat d'effort qu'ils faisaient pour ne rien laisser paraître. Mais à partir du moment où ils m'ont annoncés ça, plus aucun effort n'ont étaient faits. Ils se disputaient pour un rien et à la fin, ils ne se parlaient même plus. Et le divorce a était prononcé. Tout appartenait à mon père alors ma mère a dû partir. Mon père voulait quand même lui laisser de l'argent et la maison, mais elle a tout refusé de lui. Elle a trouvé un appart' et leur relation s'est encore plus détériorée. A tel point que lorsque l'un devait me déposer chez l'autre, ils me déposaient dans un bar à mi - chemin pour ne pas se croiser.
-Tu avais quel âge ?
-Dix ans. Ma mère a commençé à boire et mon père était plus triste que jamais. Je n'ai jamais compris pourquoi ils s'étaient séparés. Un jour, j'ai entendu mon père pleurer dans son bureau et je suis allée le voir. Il s'est excusé de me faire subir ça et s'en voulait de ne pas réussir à combler ma mère, qu'il était fou amoureux d'elle. J'en ai terriblement voulu à ma mère pendant des mois. Je pensais que tout était de sa faute, elle et sa manie de toujours vouloir plus et plus grand. Mais un jour, alors qu'elle était complètement bourrée et que je la ramassais pour la mettre dans son lit, elle s'est mise à pleurer, me disant qu'elle aussi elle était désolé d'avoir tout gâché. Qu'elle était folle amoureuse de mon père, qu'elle n'arrivait pas à être heureuse sans lui. Je lui ai dit qu'il m'avait dit la même chose, j'étais persuadé que tout allait s'arranger. Elle m'a dit qu'elle savait que mon père l'aimait toujours. J'ai cru qu'elle ne croyait plus en elle, alors la semaine suivante j'ai tout raconté à mon père. Il m'a regardé les yeux dans le vague et m'a dit qu'il savait que ma mère l'aimait. Ils s'aimaient tous les deux terriblement forts, mais ils n'arrivaient pas à vivre ensemble. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passée, mais tout ce que je sais c'est qu'ils ont passé le reste de leur vie à se lamenter sur leur séparation, sans jamais essayer de tout réparer. Ma mère a continué de boire et moi de m'occuper d'elle. Et mon père s'est de plus en plus effacé, devenant presque muet. Et il est mort d'une crise cardiaque. La semaine d'après, je retrouvais ma mère, les veines tailladées.
-Oh, mon amour. Laissa échapper Emma en collant son front à celui de la brune. Je suis désolé. Se contenta - t - elle de souffler, les larmes aux yeux. Elle ne savait pas quoi dire désormais.
-Je ne veux pas aimer ni être aimée. Je ne veux plus que quelqu'un souffre.
-Mais ça ne rien dire. Ce n'est pas parce que t'es parents se sont détruits en s'aimant que nous ferons la même chose.
-J'ai essayé avec quelqu'un d'autres. Et ça n'a pas fonctionné.
-Je pensais que tu n'étais jamais sortie avec personne.
-J'ai menti. Pardon. Souffla la brune, tremblante.
-Je ne t'en veux pas. Sourit Emma en embrassant son nez. Tu veux me raconter ?
-Elle s'appelait Gillian. J'avais dix - huit ans et elle, vingt. On a travaillé dans le même bar et très vite, on a commencé à sortir ensemble. Ca était ma première fois. Je pensais l'aimer, mais au bout de quelques mois, je me suis comme lassée. Elle était toujours sur mon dos, à me demander si j'allais bien, à quoi je pensais et plus le temps passé et moins je supportais ce genre d'attention. J'ai mis un mois à me décider, mais j'ai fini par lui dire que je la quittais. Elle s'est mise à pleurer et j'ai passé une heure à la réconforter avant de partir. Mais je la voyais au bar, elle était tout le temps triste. J'en pouvais plus de voir ça, alors j'ai démissionné. Au départ, je n'y ai pas pensé, mais ensuite, je me suis sentie seule. J'étais passée de "j'ai tout le temps quelqu'un chez moi" à "j'ai plus personne". Je me suis demandée si j'avais pris la bonne décision, tellement que j'ai recommençai à la revoir. J'adorais passer du temps avec elle, je me sentais bien avec elle, mais je n'avais envie de rien. Je n'avais même plus envie de coucher avec elle. Au bout de plusieurs mois, on s'est disputé et je ne lui ai jamais reparlé. Je l'avais trop fait souffrir parce que je ne savais pas ce que je voulais. Parce que je ne sais pas comment aimer, alors j'ai décidé que jamais plus on ne m'y reprendrait.
-Mais tu ne peux pas être amoureuse de tout le monde. Si tu n'aimes pas une personne, il vaut mieux laisser partir cette personne. On ne peut pas aimer tout le monde, ça serait bien moins beau, sinon. Tu as bien fait, tu l'as empêché de croire à de fausses choses. Et c'est très bien, c'est ce que font les gens bien. Tu es quelqu'un de bien, de génial et qui mérite d'être aimé. Tu mérites de connaître l'amour. J'ai pas non plus eu des modèles de fous question amour, j'ai même jamais vu ça. Dans les familles où j'allais, c'était plus la terreur à base de coup qui régnait. Les gens se détestaient, ils n'avaient pas plus envie de cette vie que moi. Mais j'ai découvert que tout pouvait être beau, d'abord dans mes livres. J'ai découvert que les gens pouvaient être solidaires et bons lorsque je lisais des trucs sur la guerre et les résistants, j'ai découvert que les plus grands amours pouvaient être simples, naturelles, tristes, dramatiques, heureux et parfois même un peu de tout à la fois. On ne m'a pas appris non plus à aimer et être aimé. J'ai tout appris dans mes livres, j'ai appris à rêvé de vivre un jour leur vie, j'ai appris comment aimer. Doucement, en étant patient. Et je peux apprendre à toi aussi. Je peux être ton livre d'amour, si tu me laisses un peu plus de place.
-J'ai peur. Chuchota la brune en jouant avec les boucles blondes.
-Mais moi aussi. Je ... Je t'aime. Osa - t - elle dire. Et j'ai jamais aimais personne. Je pensais que j'avais trop d'attente pour pouvoir trouver la personne parfaite. Je pensais que je ne trouverais jamais personne parce que j'ai toujours voulu vivre une histoire passionnante, remuante, comme celles que je lisais. Et toutes ces histoires, je les ai trouvées en toi, sans m'en rendre compte. Tu n'es pas l'idéal que je m'étais fait, tu es bien plus parce que tu existes. Tu es réelle et ça me fait peur de savoir que tu n'es pas dans ma tête, que j'ai enfin trouvé mon histoire.
-Comment peux - tu être sûr que c'est la bonne histoire ?
-Parce que je le sens. Je le sais, je ne me sens bien qu'avec toi. Il n'y a qu'avec toi que j'ai envie d'être et de vivre.
-Et ... Et s'y on se trompe.
-Alors on se sera trompé. Mais au moins, on aura vécu une belle histoire.
-Je ne veux pas qu'on se détruise.
-Et on ne se détruira pas. Il faut que tu arrêtes de penser que l'amour, c'est ça. Ce n'est pas ça. Il faut savoir se rendre vulnérable en amour. Et si jamais ça ne va pas, je te promets que j'arrêterai tout avant que l'on soit détruites. Okay ? Mais pour le moment, on est plus mal séparées qu'ensemble. Comme ... pour tes parents.
-Tu me promets de ne pas me laisser te faire du mal ?
-Je suis sûre que tu ne m'en feras jamais. Mais, je te le promets. Assura Emma en tendant son petit doigt que la brune prit, pour sceller ce pacte.
Elles s'embrassèrent doucement, Emma apaisant Regina. Elle était ravie d'avoir enfin pu comprendre la brune. Elle la comprenait mieux et comprenait qu'elle était plus brisée que ce qu'elle avait pu penser. Le cœur de son amoureuse était brisé, cabossé et elle se promit de tout faire pour le réparer.
-Pourquoi tu refusais de me parler, du coup ? Redemanda Emma.
-J'ai pris l'habitude de me taire quand quelque chose ne va pas ou me contrarie. Je dois tenir ça de mon père. Il parlait déjà pas beaucoup, mais dès qu'il était en colère, triste ou quoique ce soit d'autre il ne parlait plus. Même quand il était heureux ou ému. J'ai appris à faire pareil et c'est plutôt utile, ça m'empêche d'être agressive.
-Tu te défoules assez bien au lit, ceci dit. Plaisanta Emma.
-Toi aussi. Sourit la brune. Je savais pas quoi te dire. J'avais peur qu'en disant un truc, tu lirais en moi. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je ... Pendant la semaine où on ne s'est pas vu, j'ai compris que je tenais à toi plus que ce que je pensais et ça m'a mise en colère. Et puis, on a recouché ensemble et je m'en voulais de m'être laissée aller. Au départ, c'était vraiment pour te faire fuir. Mais tu es têtue. Tu es restée et ensuite, j'ai voulu que tu restes. Je veux que tu restes. Mais je ne savais pas quoi dire, j'étais perdue et j'ai préféré rien dire pour que tu ne saches rien.
-Qu'est - ce - qui étais si horrible au point que tu ne voulais pas que je le sache ?
-Que ... Je suis amoureuse de toi, Emma. Murmura encore plus bas Regina.
Emma crut rêvé durant un instant. Les larmes aux yeux, elle n'avait plus aucun doute : Regina Mills était la femme de sa vie.
-Il n'y a rien d'horrible là - dedans. Et je t'aime aussi.
Ces mots dit, elles s'embrassèrent doucement, mettant en œuvre ce qu'elles venaient de dire par des gestes. Et pour la première fois depuis des mois, elles firent l'amour en douceur, avec toute la tendresse qu'elles avaient en elles.
Les mois qui suivirent furent aussi beaux et doux que cette séance d'amour qu'elles avaient partagé. Elles continuaient à se laisser des mots un peu partout dans l'appartement et tous les murs de toutes les pièces commençaient à être recouvert de plein de post - it de différentes couleurs sur lequel était inscrit leurs mots d'amour, leur histoire. Il arrivait encore que Regina ne parle plus, mais Emma arrivait désormais à débloquer la situation en lui posant des questions par écrit jusqu'à ce que la brune réponde de vive voix.
Toutes les deux s'étaient réparés dans un silence amoureux et une tendresse qu'elles n'avaient jamais connues.
J'espère que ce premier chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à me dire quoi ;)
A vendredi prochain,
LyliTom.
