Salut tout le monde ! Je vous préviens : j'ai commencé un autre livre du Maître ( Les Lais du Beleriand, si vous voulez savoir ) et je revois les films de Jackson, ce qui fait que vous allez probablement voir fleurir les fics lotr telles des pâquerettes au printemps. Ceci dit, vous vous apprêtez donc à lire une fic sur la rencontre Gimli - Thranduil. LEGOLAS ET GIMLI NE SONT PAS EN COUPLE ! Je préviens parce que les fics de ce type sont légion et que - personnellement - je n'aime pas. Leur amitié est trop belle pour la gâcher avec un couple. Il n'est donc ici question que d'amitié.
Disclaimer : L'univers du Seigneur des Anneaux de m'appartient pas. Ils sont à mon idole de toujours, J.R.R. Tolkien.
Enjoy ! :)
Un cheval d'un blanc immaculé galopait à travers les plaines, portant un équipage inhabituel : un Prince Elfe et un Nain. Aucun ne parlait, plongé dans leurs pensées respectives. Alors que le premier se remémorait les souvenirs de sa vie dans sa forêt, le second réfléchissait à comment se comporter en présence du royal père de son meilleur ami. Les histoires qu'il avait entendues n'étaient guère encourageantes : il porterait une grande haine envers les Nains, et sa colère serait dévastatrice. D'ailleurs, pourquoi avait-il accepté de venir, déjà ? Parce que Legolas lui avait vanté sa forêt telle qu'elle était avant le retour de Sauron à Barad Dûr, l'assurant qu'avec la défaite du Maïa, elle redeviendrait comme elle l'était. C'était lors de la victoire de la Guerre de l'Anneau il y avait deux ans de cela, et s'il avait fait tout son possible pour retarder cette échéance, il était à présent forcé d'accompagner Legolas dans son retour dans sa forêt natale. L'interrompant dans ses pensées, Legolas arrêta le cheval et en descendit. Ils étaient arrivés à l'orée de Mirkwood.
- Gimli, fit Legolas la voix teintée d'émotion, voici Eryn Lasgalen, Vert-Bois le Grand.
Devant eux se dressait des arbres verdoyants, et une atmosphère de joie se dégageait de la forêt. On entendait les oiseaux chanter, le sol était recouvert d'herbe d'un vert tendre et de mousse, et un air délicieusement boisé s'en dégageait.
- On ne dirait pas Mirkwood, souffla Gimli époustouflé.
- Elle a aujourd'hui perdu ce nom, répondit son ami, un sourire éclatant sur son visage. Ne sens-tu pas cette atmosphère de joie ? Les arbres fêtent la victoire et le retour de Vert-Bois tel qu'il était avant le retour de disciple de Morgoth.
- Bon, allons-y.
La main de Legolas sur son épaule l'arrêta dans son élan.
- Non, mon ami. Je vais y aller en premier et je reviendrais te chercher dans trois jours. Pour préparer le terrain. Tu sais que mon père n'apprécie pas vraiment les Nains…
- Hm, bougonna Gimli en guise de réponse. Histoire ancienne. Il y a prescription. D'accord, ajouta-t-il après un court moment de silence, je te laisse trois jours. Après ça je rentre en force. Et s'il n'est pas content que je visite son royaume, je lui coupe les cheveux.
- Face à cette menace il ne pourra que s'incliner, fit Legolas en riant. Reste à l'orée du bois mais ne rentre pas, mon père sens quand un nouveau-venu entre dans la forêt.
- C'est bon. Allez vas-y, stupide Elfe.
Legolas sourit.
- Je te laisse, Nain bourru.
Et il rentra dans la forêt. Alors que son ami avançait sur le sentier, il semblait à Gimli que les arbres baissaient leurs branches vers lui, comme pour saluer leur Prince après sa longue absence.
Il avançait dans la forêt en souriant, heureux de la retrouver. Il était sorti du chemin pour en profiter un peu plus, même s'il aurait dû se dépêcher afin de laisser son ami seul le moins longtemps possible. Mais c'était plus fort que lui. La forêt était joyeuse de le retrouver, et il était joyeux de retrouver la forêt. Les arbres le saluaient sur son chemin, et lui apprenaient la bataille qui s'était déroulée il y avait deux ans de cela, en même temps qu'il se trouvait devant les Portes Noires. Il sut ainsi que malgré de nombreuses pertes, l'ennemi avait été mis en déroute. Alors, en continuant sa route, il chanta un chant aux guerriers tombés et aux Valar pour les remercier de cette victoire. Les dernières notes mouraient sur ses lèvres alors qu'émergent de derrière un arbre, il vit le pont menant aux portes du palais. Son sourire s'élargissant, il le traversa et salua les deux gardes de la porte, qui inclinèrent respectueusement la tête. Accélérant le pas, il entra et se dirigea vers le trône où se tenait son père. Il avait hâte de le retrouver après ce temps qui lui semblait si long.
Montant les escaliers, il vit son père se lever de son trône et se diriger vers lui. Il arriva sur la plate-forme.
- Ada… murmura-t-il. Je suis désolé…
Thranduil ne répondit pas. Il se contenta d'avancer jusqu'à son fils et de le prendre dans ses bras.
- La prochaine fois que tu partiras dans une quête suicidaire pour sauver le monde, fit-il sans le lâcher, tu auras la gentillesse de m'en informer avant.
Legolas sourit entre les bras de son père.
- D'accord ada.
- Viens, dit le roi en le relâchant, j'ai fait préparer le dîner dans nos appartement. Tu pourras tout me raconter tranquillement.
Gimli s'allongea sur le lit que lui avait proposé Beorn. Le Skinchanger l'avait vu alors qu'il se promenait sous sa forme animale, et s'en était suivie une brève discussion à la suite de laquelle il lui avait proposé de dormir chez lui. Le Nain avait accepté après une courte réflexion. Legolas lui avait bien demandé de rester à l'orée du bois mais, de un, la maison de Beorn n'en était pas si éloignée, et de deux il n'allait quand même pas se priver d'un bon lit. En même temps, il n'était pas très à l'aise en présence de son hôte : son père lui avait raconté qu'il avait de lui-même déclaré ne pas aimer les Nains. Il décida qu'il s'en irait le lendemain, et que Legolas aurait bien eu toute cette soirée pour parler avec son père. Et tant pis s'il ne l'avait pas fait. Ce n'était pas une manière de traiter son ami ! Une petite voix dans sa tête lui dit que si le roi Thranduil était réellement comme dans les récits, c'était bien le traiter comme un ami que de le faire attendre afin de s'assurer que tout se passe bien. Oui mais non. Il irait dans cette satanée forêt dès demain, un point c'est tout.
Et c'est ce qu'il fit. Dès le lever du soleil il prépara son sac de voyage et après avoir remercier son hôte, il le quitta. Il marcha à travers les mêmes champs que son père un peu plus de soixante ans plus tôt, faisant une pause au même endroit. Le Nain sourit dans sa barbe. Il lui semblait presque entendre le galop des poneys prêtés par Beorn à la Compagnie de Thorïn Oakenshield.
Il marcha ainsi pendant environ deux heures, car il prenait son temps. Il arriva donc là où Legolas l'avait laissé la veille bien avant le déjeuner. L'idée qu'il faisait une bêtise l'assailli de nouveau mais il la repoussa et entra dans la forêt accueillante en suivant scrupuleusement le sentier. Il se rappelait de son père lui racontant qu'ils avaient été capturés d'abord par les araignées puis par les Elfes en le perdant, et il faisait donc attention à ce que ça ne lui arrive pas.
Il finit cependant par lever la tête de la route pour admirer les arbres verdoyants. Un peu à contrecœur, il devait bien admettre que c'était magnifique. Reportant son regard sur le sentier, il s'aperçu qu'il n'était plus dessus. Il se retourna d'un coup. Il n'était pas derrière lui non plus.
" Calme-toi, tu vas retourner sur tes pas et tu finiras bien pas le retrouver" se dit-il alors que le stress commençait à monter.
Il s'exécuta, en regardant fréquemment à droite et à gauche. Après ce qui lui sembla durer une éternité, il déboucha dans une petite clairière tapissée de mousse. Elle avait l'air bien agréable, même trop. Car un léger détail le perturbait : il ne se rappelait pas y être déjà passé ; et si ça avait été le cas il se serait souvenu d'un tel endroit. Il décida d'y faire une pause, ne serait-ce que pour calmer son estomac criant famine puis de repartir. Quand bien même il était perdu, il n'allait pas s'allonger là en attendant que le temps passe !
Il décida malgré tout d'économiser ses provisions, et se contenta donc d'un saucisson et d'une large tranche de fromage pour tout repas. Une fois qu'il eut avalé tout ça, il se remit en route. Il regardait attentivement le sol quand une voix l'interpella.
- Que viens faire un Nain à Eryn Lasgalen ?
Il leva les yeux et vit une Elfe aux cheveux châtains-clair et habillée d'une tunique vert kaki allongée sur la branche d'un arbre un peu plus loin.
- Est-ce une habitude elfique de ne pas saluer les gens ? grommela-t-il en guise de réponse. Que ce soit ici ou en Lorien, tous les Elfes semblent être affublés de la même impolitesse.
L'Elfe sauta de sa branche et atterrit lestement sur ses pieds.
- Est-ce une habitude Naine d'insulter ceux qu'il visite ? fit-elle d'une voix mi-moqueuse mi-dangereuse. Qui êtes-vous ?
- Donnez-moi votre nom et je vous dirais le mien, répondit-il avec un air de défi.
L'Elfe leva la main et une dizaine de guerriers sautèrent de leur arbre pour atterir autour de Gimli.
- Vous n'êtes pas en position de poser les question, Nain. Je répète, qui êtes-vous ?
Gimli jeta un coup d'œil aux autres Elfes qui l'encerclaient. L'Elfe avait raison, il n'était pas en position de force.
- Gimli, fils de Gloin.
- Bien, répondit l'elleth. Maintenant que faîtes-vous ici ?
Gimli sourit de toute ses dents. Elle avait posé LA question. Il était sauvé.
- Oh, pas grand chose, je vais rendre visite à un ami. Peut-être le connaissez-vous, c'est Legolas.
Il vit la surprise se peindre sur le visage de l'Elfe alors qu'il terminait sa phrase. Finalement, c'était plutôt pratique d'avoir un ami fils de roi : tout allait bien se passer maintenant.
- Je répète ma question, dit durement l'Elfe, que faîtes-vous ici ?
- Je viens de vous le dire, fit Gimli, agacé, je vais voir mon ami Legolas. Êtes-vous sourde ?
L'Elfe se rapprocha de lui et dit d'une voix dangereuse :
- Sans mentir, cette fois. Sinon, je te promets qu'aujourd'hui sera la dernière fois que tu verras la soleil avant de nombreuses années.
Gimli ouvrit la bouche, incapable de répondre quoi que ce soit. Elle ne le croyait pas ! Était-ce si inconcevable pour elle qu'un Elfe soit ami avec un Nain ?! Alors il se remémora les paroles de Legolas au moment de quitter Minas Tirith. Sa grand-mère avait été tuée par des Nains lors du sac du Menegroth. Voilà pourquoi cette imbécile d'Elfe pensait qu'il ne se lierait pas d'amitié avec un des Enfant d'Aulë ! Elle pensait que la rancune de Legolas envers son peuple était trop forte !
- Ecoutez, tenta-t-il diplomatiquement, je sais que cela peut paraître incongru mais je vous assure que Legolas et moi sommes très bons amis, et ce depuis presque trois ans.
- Tu l'auras voulu, Nain. Emmenez-le.
Deux des Elfes qui l'encerclaient sortirent une dague et la pointèrent devant lui pendant qu'un autre le désarmait. Il tenta bien de s'expliquer mais l'elleth - qui semblait être leur chef - ne l'écoutait plus. Lorsque toutes ses armes lui furent enlevées, elle prit la tête de la petite troupe et mena la marche. Elle se tourna vers un des Elfes.
- Cirian, vas annoncer que nous avons trouvé le Nain et que nous rentrons avec lui.
L'Elfe à qui elle s'adressait parti en courant et disparut rapidement de son champ de vision. Cela surprit Gimli, qui n'avait jamais vu Legolas courir aussi vite.
"Peut-être ralentissait-il pour ne pas nous semer."
Après un temps qu'il aurait dit d'environ une demi-heure, le chemin qu'ils avaient fini par rejoindre déboucha sur un pont permettant d'accéder à une grande porte tenue par deux gardes. Ceux-ci ne bronchèrent pas quand ils les dépassèrent et Gimli regarda avec attention leurs armures gris-argent. Elles étaient assez belles, et il ne put s'empêcher de sourire en imaginant ce à quoi pourrait ressembler Legolas dans un pareil attirail.
Alors ils pénétrèrent dans la caverne et il en oublia de respirer. C'était immense. Des centaines de ponts semblables à d'énormes racines se croisaient et permettaient d'accéder à différentes plates-formes ou alors menaient vers les côtés de la caverne où la vie semblait se concentrer ; ou encore se dirigeaient vers les profondeurs de cet immense endroit où se cachaient sans doute mille trésors… C'était incomparable avec la Lorien, où la vie s'était surtout organisée dans les arbres, ou à Fondcombe. Là, il se trouvait face à un lieu souterrain totalement différent de ce qu'il avait pu voir. Les Elfes étaient décidemment bien étranges. Tandis que tout les Nains aimaient la vie souterraine sans exception, les goûts des Elfes variaient et certains habitaient dans les arbres, d'autres dans des vallées, d'autres encore dans des montagnes un peu à la manière Naine… A ce rythme-là, les prochains qu'il rencontrerait aimeront la villégiature en bord de mer.
S'arrachant à sa contemplation, il vit qu'on le menait vers la plate-forme centrale - qui, par sa position, surplombait le tout et permettait de voir l'entièreté de la caverne - où il pouvait apercevoir ce qui lui semblait être un immense bois d'élan. Et assit dans cet immense ramure se tenait un Elfe, grand et fier, aux cheveux si blonds qu'ils en étaient presque blancs, et portant une couronne faite de bois sur sa tête. Il n'eut pas besoin qu'on le lui dise pour savoir qu'il s'agissait de Thranduil.
- Mon Roi, fit l'Elfe qui l'avait capturé en mettant un genoux à terre lorsqu'ils furent arrivés sur la plate-forme, nous avons trouvé le Nain. Il dit s'appeler Gimli, fils de Gloin.
- Je connaît ce Gloin, dit le roi. Membre de la Compagnie de Thorïn Oakenshield… A cause de qui nombre d'Elfes perdirent la vie… Que viens-tu faire ici, Nain ? Causer une autre bataille sanglante et meurtrière ? Saches, fit-t-il en se levant d'un coup, que le sang de mon peuple à trop coulé pour ou à cause des enfants d'Aulë.
Gimli ne dit rien.
- Parle, reprit Thranduil. Que viens-tu faire dans mon royaume ?
Là encore, il ne dit rien. Si l'Elfe qui l'avait capturé ne l'avait pas cru, il n'y avait aucune chance que Thranduil le fasse. Il devait éviter d'aggraver sa situation en attendant que Legolas arrive. D'ailleurs, où était-il ?
- Très bien, reprit le roi. Tu peux te taire si tu le veux. Emmenez-le.
On le guida de nouveau, mais au lieu de monter ils descendirent dans les profondeurs de la montagne. Ce n'était pas les salles au trésor comme il le pensait, mais les cachots. On l'enferma dans une cellule. Une fois que les gardes furent reparti, une voix s'éleva. Une voix de femme.
- Qui es-tu ? Pourquoi es-tu là ?
Il se colla aux barreaux, cherchant l'origine de la voix. Il fini par l'apercevoir : dans une cellule face à lui mais un niveau au-dessus, était enfermée… une Elfe ?
- Je te retourne la question, qu'a pu faire une Elfe pour se retrouver enfermée ?
- Mon nom est Tauriel, j'étais un Capitaine de la Garde jusqu'à la Bataille des Cinq Armées. Lorsque le roi décida de se replier, je lui ai barré la route et l'ai menacé avec mon arc. A cause de cela j'ai été condamné à cent ans de prison pour haute trahison, et au bout de cette durée, un autre tribunal se réunira pour décider de mon sort.
- Cent ans… C'est énorme.
Tauriel eut un sourire amer qu'il ne pouvait voir.
- Comme dit Thranduil, cent ans n'est qu'un battement de cils dans la vie d'un Elfe. Et toi ?
- Je suis le meilleur ami de Legolas et je venais lui rendre visite.
- Il a enfermé le meilleur ami de son fils !
- Je n'ai pas eu le temps de lui dire que je l'étais. Par contre j'ai pu le dire à celle qui m'a capturé, et tu devines ce qui s'est passé…
- Elle ne t'a pas cru et emmené ici. Je ne suis pas étonnée.
- Tu sais qui c'était ?
- Je le devine… Était-elle châtain ?
- Oui.
- Yeux verts ?
- Oui.
- Taille intermédiaire, un peu comme Legolas ?
- Oui.
- C'est bien elle.
- Elle qui ?
- La fiancée de Legolas. Ils sont ensembles depuis au moins trois cents ans et fiancés depuis environ un siècle. Il ne t'as jamais parlé d'elle ?
- Comment s'appelle-t-elle ? dit Gimli pour éviter la question.
- Eirien. Elle est la fille du bijoutier royal, Gondram. Mais elle s'est engagée dans l'armée et a fini par rejoindre le programme d'entraînement de notre troupe d'élite, mené par Hathel le maître d'arme, Ecthel qui assista Oropher dans l'entraînement de Thranduil en Doriath et qu'on peut considérer - avec Galion - comme son meilleur ami , et Legolas. Ils dirigent aussi cette troupe, de trente soldats pour l'instant - car c'est un programme extrêmement dur et peu sont ceux à le terminer. Maintenant, elle est entraîneur et chef à leurs côtés. Enfin bref. Si tu veux savoir, c'est là qu'ils se sont rencontrés.
- Je vois.
- En terme de caractère, elle est très proche de Thranduil. Tu comprends donc pourquoi je n'ai pas été étonnée qu'elle t'enferme, ni qu'elle ne te croit pas.
- Oui… Heureusement que Legolas va me sortir d'ici. Non d'un Maïa, j'aurai dû l'écouter quand il m'a dit de l'attendre.
Eirien se laissa tomber sur son lit sans même prendre le temps d'enlever ses armes, tant elle était fatiguée. Ces missions autour et dans la vieille forteresse de Dol Guldur duraient trois jours, trois jours durant lesquels ils devaient s'assurer de pointer avec précision les endroits où ils percevaient des relents de magie noire, pour que Thranduil - le plus souvent assisté de Radagst - viennent ensuite les purifier à l'aide de sorts. Elle le regretta bien vite en sentant les lames de ses dagues lui piquer le côté.
"Voilà comment se faire des blessures stupides."
Elle les retira donc ainsi que son arc et son carquois. De toute façon, elle n'aurait jamais pu dormir avec ces trucs-là sur le dos. Cela fait, elle retourna s'allonger sur son lit. A peine était-elle couchée qu'on frappa à sa porte. Elle décida de faire comme si elle n'était pas là. Ce n'était sûrement qu'un soldat qui se redirigerait vers Hathel ou Ecthel. A sa troisième tentative, elle abandonna l'idée de se reposer et se redressa sur son lit. De toute façon, on était en plein milieu de l'après-midi et ce n'était pas vraiment l'heure de dormir.
- Entrez.
La porte s'ouvrit alors sur la dernière personne à laquelle elle aurait pensé. Dans l'embrasure se tenait celui qui était parti depuis trois ans en lui disant au revoir pour trois semaines, celui qui avait rendu sa vie magnifique mais horrible depuis trois ans, celui qu'elle aimait.
- Legolas… murmura-t-elle.
- Ada m'a dit que ta patrouille était rentrée avec un étrange butin, fit-il en s'avançant dans la pièce, mais il n'a pas précisé ce que c'était. Alors ? Comment…
La claque magistrale qu'il reçut le coupa au beau milieu de sa phrase.
- Espèce d'imbécile ! s'écria Eirien, les larmes commençant à couler sur son visage. Tu disparaît pendant quasiment trois ans, ne donne aucune nouvelle, et tu te pointes comme une fleur en me demandant ce que j'ai ramené de ma patrouille ? Est-ce que tu as la moindre idée de l'inquiétude que tu m'as causée ? Est-ce que tu as…
L'étreinte dans laquelle la prit Legolas la coupa dans son élan.
- Je suis désolé, murmura-t-il en lui embrassant le front.
- J'ai eu si peur… Peur que tu ne reviennes jamais, peur que…
Le "je t'aime" de son fiancé l'interrompit.
- Je t'aime aussi.
Et elle releva la tête pour l'embrasser.
- Alors, sourit Legolas en coupant doucement le baiser, cette patrouille ?
- On a trouvé un Nain, répondit-elle en resserrant son étreinte, il a dit qu'il était ton meilleur ami alors on l'a emmené devant le roi et comme il ne répondait pas aux questions on l'a enfermé.
Legolas parti d'un rire franc, ce rire semblable aux eaux chantantes d'une rivière, au bruissement des feuilles dans les arbres, ce rire qu'elle aimait tant.
- Je te reconnais bien là, mais Gimli disait vrai.
- Tu me surprendras toujours, ami avec un Nain ? Tu ne me l'avais jamais faite celle-là. Ton père ne va pas s'en remettre.
Legolas la lâcha en souriant.
- Probablement. Allons le libérer.
Gimli patientait dans sa cellule, essayant de se rassurer. Tout les éléments faisaient que Legolas viendrait le délivrer rapidement. Sauf s'il était parti quelque part. Oui, mais, pour faire quoi ? A l'instant même où il achevait cette pensée il entendit des bruits de pas et rapidement Legolas se tenait devant la porte de son cachot, un trousseau de clefs en mains et celle qu'il savait désormais s'appeler Eirien à ses côtés.
- Mon brave Gimli, ne t'avais-je pas dit de m'attendre ?
- Peut-être, grommela le Nain. Je ne me rappelle plus.
- Allez, je vais te sortir de là.
Il ouvrit la porte et Gimli fut enfin libre.
- Mes excuses, maître Nain, fit Eirien, je ne vous avais pas cru.
- J'ai vu ça, répondit-il d'un ton bourru. Legolas, dit-il avec un ton de reproche en se tournant vers lui, vous ne m'aviez pas dit que vous aviez une fiancée.
- J'ai caché beaucoup de choses, se contenta-t-il de répondre avec un air mystérieux. Jusqu'au sacre d'Aragorn, seuls lui et Mithrandir savaient que j'étais fils de roi.
- Mouais. Allez, mène-moi à ton père qu'on en finisse.
Legolas sourit et prit la tête de leur petite troupe pour se rendre au petit salon privé où il savait que son père se trouvait.
Thranduil se servit un verre de vin pour fêter ces dernières magnifiques vingt-quatre heures. Il avait retrouvé son fils - et rien que ça méritait un petit verre - et en prime emprisonné un Nain qui croupissait à présent dans ses cachots. Il bu son verre d'une traite en s'en servit un autre, lorsqu'il entendit des pas. Il se retourna et quelle ne fut pas sa surprise en se retrouvant face à face avec son fils, Eirien, et entre eux deux, le Nain de toute à l'heure.
- Qu'y a-t-il ion-in ?
- Ada, vous avez fait enfermé ce Nain tout à l'heure. Or, il se trouve que Gimli est mon ami, lui annonça Legolas de but en blanc.
Thranduil sentit le verre lui échapper des mains et se briser sur le sol. Se retenant de jurer, il regarda successivement son fils, puis le Nain, puis son fils, puis Eirien. Cette dernière haussa les épaules en essayant de retenir son sourire amusé. Il reporta son regard sur Legolas, puis sur le Nain. Il revit le sac de Menegroth, il revit les Nains massacrer ses semblables, il revit son père lui annoncer le visage fermé que sa mère avait été tuée. Les cris, les larmes, les flammes, tout revint dans sa mémoire en un instant. Il regarda à nouveau son fils. Il ne lui avait jamais raconté le sac en détail, préférant enfouir ce souvenir traumatisant au fond de lui-même. Oui, tout ce que Legolas savait était que c'était là qu'avait été tuée sa grand-mère. Mais il ne pouvait qu'imaginer les larmes, qu'imaginer les cris, qu'imaginer les flammes. Il ne pouvait qu'imaginer alors que lui pouvait se remémorer. Se remémorer les corps sans vie des Elfes jonchant le sol, se remémorer sa course jusqu'à chez lui après l'annonce de son père pour y découvrir sa mère allongée sur le sol, semblant presque dormir si on oubliait la grande tâche rouge ornant ses vêtements. Legolas ne pouvait qu'imaginer, mais lui pouvait se remémorer.
Il avança d'un pas, puis s'arrêta. Il se crispa en essayant de retenir sa rage et sa tristesse. Legolas le regardait, un air anxieux peint sur le visage. Il se crispa un peu plus. En lui combattaient deux forces opposées, sa haine pour les Nains et son amour pour son fils. S'il condamnait cette amitié, Legolas serait le plus triste du monde. Et il ne voulait pas voir son fils triste, surtout quand il pouvait l'éviter si facilement. Il n'avait qu'à dire un petit mot, un simple petit mot et son fils serait heureux. C'était bien là son travail de père, non ? Faire tout ce qui était en son pouvoir afin de rendre son fils heureux. Et si cela signifiait passer outre sa haine pour les Nains, par faire passer le bonheur de son fils avant sa tristesse et sa colère, alors… Il le ferait.
Il se détourna lentement pour se servir un autre verre de vin - heureusement qu'il en avait toujours un en plus. Il en but une gorgée puis le reposa. Bon, d'accord pour l'amitié de son fils. Mais il allait quand même faire peur au Nain, histoire de le tester.
- Je suis né au Premier Âge en Doriath, commença-t-il avec un rictus sadique alors qu'il effaçait peu à peu son maquillage. J'ai combattu et détruit de nombreux orcs, trop pour que je puisse les compter.
Il se retourna d'un coup, faisant reculer le Nain devant son visage scarifié. Il commença à avancer d'un pas lent tout en continuant sa tirade.
- Mais aucun d'entre eux ne m'a apporté le même plaisir que lorsque je passait ma lame à travers le corps d'un Nain lors de cette nuit maudite. Aucun d'entre eux ne m'a apporté la même satisfaction, le même contentement que de voir les yeux de tout ces Nains s'obscurcirent alors que la vie les quittait peu à peu à cause de moi.
Il arriva devant le Nain et s'arrêta. Legolas avait posé sa main sur son épaule en signe d'encouragement à subir cette épreuve. Car Legolas connaissait bien son père et savait que c'était gagné, et que si Thranduil avait voulu marquer son refus il aurait simplement dit "non" et aurait renvoyé Gimli aux cachots. Mais ce dernier ne le savait pas, et la peur que les Elfes sentaient émaner de lui en était la preuve.
- Alors si vous attendez ma bénédiction…
Thranduil observa le Nain qui semblait sur le point de s'évanouir de terreur. Satisfait de son petit effet, il se détourna d'un coup en faisant disparaître ses blessures et se redirigea vers la petite table pour récupérer son verre.
- Bien que ça ne me ravisse pas, je vous la donne.
Le bruit du Nain reprenant sa respiration parvint à ses oreilles, ainsi que le léger rire d'Eirien qui s'en suivit. Mais ce qu'il entendit surtout fut le "merci ada" de son fils. Il pouvait sentir le sourire de Legolas, et alors qu'il terminait son verre, il se dit qu'il avait fait le bon choix.
ada = papa
ion-in = mon fils
Alors ? J'espère que vous avez bien aimé ce chapitre, j'en suis moi-même plutôt content. Je ne devais au départ centrer l'histoire que sur Legolas et Gimli, mais j'ai décidé de créer le personnage d'Eirien que je ferais réapparaître dans d'autres OS et fics, un peu à la manière de CheveronChick ( clairement une de mes auteurs de fic lotr préféré, allez la lire ;) )
Je crois que c'est tout, alors à la prochaine !
See ya !
