Chapitre 1 : l'abruti
Coucou!
Voici une fiction avec mon OC Elizabeth (fille de John Watson), Drago Malefoy dans UA sans magie. Hope you like it!
Papa m'a posé un ultimatum : soit je trouvais un travail étudiant soit je perdais mes extras. Alors, franchement, définir Netflix comme un « extra » je trouve ça gonflé, c'est clairement une nécessité.
M'enfin, j'ai obéis. Trouver un job étudiant dans Londres ce n'est pas des plus compliqué et surtout quand un Détective Inspecteur de Scotland Yard nous aide par ci par là. Comme une idiote, j'ai évoqué l'idée de travailler dans un café en sous estimant dramatiquement le travail que ça demandait.
Autant l'ambiance du lieu de travail est sympa : le patron est compréhensif, les musiques ne me donnent pas envie de sauter du London Bridge. On a vaguement essayé de m'apprendre à faire les cafés et la différence entre un cappuccino, un flat white et un latte mais après une demi douzaine d'incidents comprenant du lait chaud, des clients et des gobelets qui tombent, ils ont laissé tomber. Désormais, je reste à la caisse.
Le café est près de l'Université de Londres, autant vous dire que ça ne désemplit pas. Je n'ai personnellement pas encore commencé mes études, je ne suis pas sûre de ce que je veux faire et je préfère réfléchir avant de commencer et foncer la tête la première. La plupart des étudiants sont adorables, beaucoup plus respectueux que la plupart des baby boomers. Mais nous sommes à Londres, l'une des plus grandes villes du monde, l'une des plus diverses. Il y a évidemment des connards. L'un d'entre eux est le cliché de l'étudiant insupportable, il étudie quelque chose comme le commerce ou le droit, vous voyez le genre. Il est grand, il a la peau pâle et a des cheveux d'une blondeur à faire envier une pub l'Oréal. Jamais un bonjour, jamais un merci, jamais un au revoir. Je me venge en écrivant mal son prénom.
Qui s'appelle Drago de toute façon ?
Il vient presque quotidiennement, toujours la même commande, un grand cappuccino avec un espresso en plus.
Papa et Sherlock sont partis dans le Sussex pour une enquête, Papa me tient régulièrement au courant et m'appelle tous les soirs. 19 ans mais il est toujours persuadé que je vais faire péter la machine à laver (bon, samedi dernier on y était pas loin). Malgré tout, je m'inquiète pour eux. Mon père est plutôt réfléchis mais si Sherlock est en danger, je n'ose pas imaginer ce qu'il serait capable de faire.
- Un cappuccino j'ai dis, claque une voix froide accompagnée par un claquement de doigt devant mon visage.
Je sursaute et sors de mes pensées, face au blond arrogant qui me regarde avec mépris.
- Un cappuccino, répète-t-il, avec exigence.
- Le mot magique ? je susurre d'un ton doucereux avec un sourire arrogant.
Le blond, Drago, se crispe et arque un sourcil, outré par ma demande. J'en ai marre de ses conneries, je lui montre que je déconne pas et me tourne vers la personne derrière lui.
- Bonjour Madame.
- Un latte, s'il vous plaît.
- Avec plaisir, je souris en prenant note de son prénom et en récupérant le payement.
Le Drago fulmine, il sert les poings, rouge de colère et sort précipitamment. Bon, j'ai peut être perdu un client venant quotidiennement. Si le patron demande, je dirais qu'il a utilisé des insultes racistes, ça devrait suffire.
ooOOOoo
Après une semaine, le bougre est revenu, j'imagine que les autres cafés ne lui plaisaient pas autant. Il m'accorde un « s'il vous plaît » sur le bout des lèvres et toujours en me défiant du regard. Il croit quoi ? Que je vais lui casser la gueule ? Il voit la taille que je fais ? Parfois, il va s'installer avec son ordinateur et lit quelque chose sur son écran en sirotant son café mais généralement il s'en va très vite.
Je suis toujours aussi polie et adorable qu'auparavant.
Avec surprise, Drago entre dans le café avec de la compagnie. Je travaille depuis 8 mois au café et ça fait autant de temps que je le vois venir ici et c'est la première fois que je le vois avec des gens. Il est en compagnie de deux grands malabars avec l'air un peu « gentil », un peu "simple". Mon collègue les salue bien poliment et ils ne répondent pas, je ne suis pas surprise.
Ils arrivent devant moi et Drago se racle la gorge, avec un sourire en coin.
- Un cappuccino et deux lattes.
Je le fixe, sans bouger, son petit jeu ne m'impressionne pas. Et si je me fais virer, j'irais pleuré chez Mycroft jusqu'à qu'il me trouve un boulot.
- Pardon ?
Drago perd son sourire et me regarde en serrant les dents.
- Vous savez qui est mon père ?
« Il m'attend dans la pièce froide pour qu'on termine notre affaire » me brûle la langue mais je me contente d'un regard remplis de mépris.
- Un cappuccino et deux lattes, en route ! répète mon collègue , Thomas, d'un ton guilleret en arrivant derrière moi. Elizabeth va prendre ta pause.
Je pousse un soupir mais obéis, sortant à l'arrière du café et m'asseyant sur les marches en grognant.
- Bon sang, Elizabeth, on peut savoir ce que tu fais ? La première fois je n'ai rien dis mais n'exagère pas, me reproche Thomas en me rejoignant quelques minutes plus tard.
Je lève les yeux vers Thomas et pousse un second grognement.
- Je sais pas pour qui il se prend.
- Drago Malefoy.
- … Il va vraiment un nom débile.
- Son père travaille au gouvernement ! s'exclame-t-il.
- Je connais les Holmes, je marmonne, mon arrogance piquée au vif.
- Oui on sait. Mais en attendant, c'est toi l'employée et lui le client. Le client a rarement raison mais doit toujours être persuadé que c'est le cas.
Ugh.
- Si tu refais la maligne encore une fois, je vais devoir en parler au patron.
Je soupire pour la forme mais ça me semble juste. Je retourne travailler, Drago et ses copains sont assis à une table, il me lance un sourire narquois que j'ignore dignement et continue ma journée. En s'en allant, Drago s'approche du comptoir et se penche vers moi, susurrant froidement :
- Je me plaindrais du service.
Je le regarde et lui lance de ma voix la plus mécanique.
- Nous sommes désolé de l'apprendre, Monsieur. Passez une bonne journée et revenez nous voir.
Je ne reconnais même pas ma voix. Drago me fusille du regard et s'en va.
ooOOOoo
C'est la période d'examens, j'adore ce moment. Certains étudiants débarquent en pyjama, d'autres sont tirés à quatre épingles sortant (ou allant à) d'un oral. La plupart commande un café alors que leurs mains sont déjà prises de tremblement (fatigue ? café ? stress ? tout ça à la fois ?), certains passent leur vie ici, écouteurs dans les oreilles et les lèvres s'agitant en silence.
Je me suis renseignée auprès de Mycroft à propos de Malefoy et compagnie. Ce sont en effet une vieille famille ayant beaucoup de pouvoir politique. Heureusement, Mycroft reste supérieur. Faute de quoi, j'aurais vraiment été dans la merde. Mycroft m'a demandé pourquoi ces questions et j'ai évité la question avec agilité.
Bon, évidemment, il soupçonne des trucs mais je n'ai pas eu d'autres questions donc à mes yeux c'est gagné.
Le dit Drago est là tous les jours, me gratifiant d'un « s'il vous plaît » pratiquement systématiquement. Et je m'abstiens de réclamer plus. Le voilà d'ailleurs, il a les cheveux en bordel, ses yeux sont soulignés par des cernes foncées et il marche à grands pas. Il a laissé tomber ses beaux pantalons de costume et ses chemises, portant un pantalon en toile et un t-shirt blanc… avec une tâche ?
- Bonjour, bégaye-t-il. Un cappuccino s'il vous plaît.
Il me donne directement l'argent. Fronçant les sourcils, je lui rends sa monnaie et lui demande :
- Bonjour.. Vous allez bien ?
Il a dit « bonjour » ? Il a dit "s'il vous plaît" ?
Il reprend aussitôt son attitude froide et me regarde avec arrogance.
- Ça ne vous regarde pas.
- Bon courage, je réponds, toujours un peu inquiète.
Il va chercher sa commande et je le suis du regard. Je ne sais pas quel examen il a, mais je ne veux pas avoir le même. Quand il quitte le café, je remarque que le pantalon lui va très bien. Surtout de dos.
Je souris en coin et continue mon travail, la période d'examens est également la période la plus compliquée et après celle-ci on a la période creuse : les étudiants rentrent chez eux pendant quelques jours de repos bien mérité.
ooOOOoo
J'ai posé quelques congés pour accompagner Sherlock en enquête. Parfois il délaisse Watson père pour m'emmener moi. C'est toujours un plaisir de l'accompagner. En revenant, je décide de lui offrir un café (puis surtout profiter de ma réduction que j'ai en tant qu'employée).
En entrant, je constate avec surprise une petite queue. Sherlock soupire d'impatience, je roule des yeux.
- Bébé Sherlock doit attendre quelques minutes ? Bébé Sherlock peut jouer sur mon téléphone si il veut.
- Elizabeth, menace-t-il.
« menacer », c'est vite dit, évidemment.
La personne devant moi se retourne, comme surprise, et je croise le regard de Drago Malefoy, étonné de me voir. Il a repris ses habits habituels même si il a ajouté un pull et un manteau d'hiver. Il me dévisage et regarde Sherlock ensuite en silence. Je le toise en réponse et suis certaine que Sherlock doit lui offrir son plus beau regard « Y'a-Un-Problème- ? ».
- Mais vous…., commence Drago.
- Et oui, certains jours je suis en congé, je souris. Pourquoi ? Je te manquais ?
Le tutoiement est un peu risqué de ma part, mais après tout je ne travaille pas. Si la familiarité est malvenue, les conséquences seront moindres.
Il se tourne vers Sherlock et pince les lèvres avant de faire volte-face, sans rien répondre. Quand Sherlock et moi sortons, Sherlock ne me pose aucune question sur Malefoy, constatant simplement :
- Un étudiant en sciences politiques.
- Beurk, je grimace.
Pas vraiment surprise, il a la tête de l'emploi, je dois l'avouer.
ooOOOoo
Ma journée de congé étant finie, je reprends le travail dés le lendemain, lorsque Malefoy vient chercher son café, il est la politesse incarnée :
- Bonjour un…
- L'habituel j'imagine ? je coupe, sans agressivité.
- Oui, s'il vous plaît.
Je relève un sourcil et prends la commande, il me tend un billet de 10£ et je m'apprête à lui rendre la monnaie mais il m'en empêche :
- Gardez le reste, marmonne-t-il. Service.
Je suis du regard notre généreux donateur, surprise et inquiète par ce changement d'humeur.
- Je prends ma pause, j'annonce sans même demander l'autorisation.
J'attrape les biscuits que j'avais glissé dans mon sac et vais m'asseoir en face de Drago, prise d'un courage nouveau.
- Bonjour.
Drago lève les yeux de son téléphone qui doit valoir plus que le salaire de Sherlock et Papa réunis, surpris mais pas forcément dégouté.
- Que faites-vous ici ?
- J'ai décidé de prendre ma pause et de la passer avec vous, il est temps que vous appreniez à me connaître si vous voulez m'insulter correctement.
Drago me regarde, un peu septique. Je m'assois confortablement dans ma chaise et lui montre la porte d'un geste de la main.
- Je ne vous séquestre pas, vous pouvez partir.
- Mmh.
Il ne me répond pas clairement mais soutient mon regard, je prends ça pour un oui.
- Est-ce que c'est plus passionnant que le nom l'indique, sciences politiques ?
Drago sursaute et pose sa tasse de café sur la table.
- Vous m'espionnez ?
- Je vous suis, je réponds avec un sourire. Je connais votre adresse et votre numéro de sécurité sociale.
Vu son regard, il n'a pas capté le sarcasme, je lève les yeux au ciel.
- Non. J'ai déduis.
Drago semble surpris mais balaye ma réponse avec nonchalance, me demandant directement :
- Qui était l'homme avec vous hier ?
- Sherlock Holmes.
- Je sais qui il est, répond le blond avec agacement.
- Je ne comprends pas votre question dans ce cas, je susurre.
Le visage de Drago se referme, ses mâchoire se serrent et il prend une gorgée de café, la main crispée sur la tasse. Je le regarde sans rien dire, un sourire amusé aux coins des lèvres.
- Jaloux ?
- Non, répond il durement. J'essaye juste de comprendre que ferait Sherlock Holmes avec une simple barista.
- Attendez de savoir ce que je fais avec son grand frère, je souris.
Son regard me sonde, essayant de savoir si je me moque de lui ou si c'est sérieux, un peu des deux j'imagine ? Drago termine son café avec de longues gorgées puis se relève lentement.
- À quelle heure terminez vous demain soir ? demande-t-il, sans me regarder dans les yeux.
- Je ne travaille pas pendant la soirée.
- 17h, ici ?
- Boire un verre à l'endroit où je travaille ? C'est…
- Je n'ai pas dis que nous irions boire un verre… ni même que l'on ferait ici, me coupe-t-il avec un sourire en coin.
Je le regarde, me levant à mon tour et réponds à son sourire.
- C'est un rendez-vous ?
Son sourire s'élargit et il s'approche.
- J'imagine qu'il va falloir que vous me disiez qui sont les Holmes si vous voulez que ce rendez-vous ait lieu.
Je perds mon sourire et plisse les yeux.
- Deux frères.
- Que vous avez eu le plaisir de rencontrer comment ?
- Mon père, je réponds laconiquement.
Il fait la moue et se recule.
- Dommage.
Dommage ? Comment ça « dommage » ? Qu'est-ce qu'il fait ? Je perds le contrôle. Je croise les bras et lève mon regard vers lui.
- Une autre fois peut être, dit-il en se dirigeant vers la porte.
- Sherlock est le colocataire de mon père, je grogne à travers mes dents sans le regarder.
Il se tourne lentement vers moi et me souris.
- 17h, donc…
Il jette un regard à mon badge.
- …. Elizabeth.
Et il s'en va.
ooOOOoo
Je suis une idiote.
Je suis même une débile.
J'ai passé la journée à réfléchir encore et encore à ma tenue, à la tourner et à la retourner dans la tête. Je suis sortie avec un t-shirt et un jeans, je refuse qu'il sache à quel point j'ai réfléchis à cette tenue, j'ai pris ma veste en cuir noir. Une petite partie de moi s'est convaincue qu'il allait me poser un lapin. J'ai failli lui poser un lapin moi-même juste au cas où… Mais si jamais, si il se pointe devant le café et que je ne suis pas là et bien…
Et bien je sais pas, mais je ne veux pas savoir.
J'arrive dans la rue où se trouve le café et tends le cou pour essayer d'apercevoir mon « rendez vous » devant la porte, j'aperçois en effet une silhouette et accélère ma marche. J'arrive près du café, Drago se tourne vers moi. Il porte un costume gris clair, une chemise blanche et un long trench coat camel. Je suis carrément « sous » habillée. Je ne laisse rien se voir et lui souris.
- Bonsoir.
Il regarde ma tenue de haut en bas, arquant simplement un sourcil avec un petit sourire mesquin avant de croiser mon regard.
- Bonsoir.
Je n'aime pas son attitude, j'aimais quand je gardais le dessus. Je perds mon sourire et parcoure la rue du regard.
- Où allons nous ?
- Je me tâte encore.
- Parfait. Moi je sais, je réplique résolument.
Je l'attrape par le poignet et l'emmène à grands pas vers la station de métro la plus proche, ses sourcils se froncent et je le sens résister un peu.
- Ça ira, trésor. La première fois est toujours intimidante.
Je lui fais un clin d'œil et l'emmène avec moi dans le métro, je vois le blond regarder partout autour de lui un peu anxieux.
- Ça va ? je me moque.
- Tout va bien, répond il avec arrogance. J'aimerais savoir où nous allons.
- Dans un endroit secret.
Nous allons au nightjar bar, un club de jazz dans le style des années 20, Sherlock avait eu une enquête tout près et on avait finit là-bas tard en soirée. Nous pénétrons dans l'atmosphère feutrée du bar où une douce musique de jazz se fait entendre. Je me délecte de la surprise du visage du Malefoy.
Nous nous asseyons au bar et je demande.
- Pourquoi ce rendez vous ?
- Tu penses que c'est un piège ? s'amuse-t-il d'une voix basse, le visage pourtant neutre.
- J'aurais tort de croire l'inverse, je réponds du tac au tac.
- Ah bon ? Je n'en suis pas si sûr.
Je lève un sourcil et commande un London Mule sans quitter Drago du regard.
- Tu veux absolument avoir des réponses, mmh ?
- C'est ironique venant de celui qui m'a forcé à savoir qui était Sherlock Holmes pour moi.
- Je ne veux pas des réponses, je les obtiens, souffle-t-il avec une arrogance qui me donne envie de le noyer.
Je perds mon sourire et serre les dents un instant.
- J'ai pris pour habitude qu'on me sous-estime, notamment en passant mon temps à travailler dans un café. Vois tu, Drago, je murmure, insistant sur son prénom. Si mes relations m'aident énormément, comme les tiennes si mes informations sont bonnes, il s'avère que je suis quelqu'un de redoutable par moi-même. On peut continuer…. À jouer. Mais je sais qui va perdre, et ça ne sera pas moi.
Drago m'observe un instant, se penche vers moi et glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, soufflant si bas que j'entends à peine :
- Elizabeth, j'adore jouer.
Il pose ses lèvres sur les miennes une seconde avant de se reculer et de m'offrir un sourire triomphant.
The game is on.
