Bonjour, et merci d'être ici.

C'est une petite chose qui ne m'a pas demandé beaucoup de temps, mais j'espère que ça vous plaira. N'hésitez pas à laisser un commentaire, ou a venir discuter en mp
Le titre, Strawberry Fields, vient d'une chanson des beatles.


En entrant dans le bureau de Matthias, Tino surprit une scène dont il n'avait pas été témoin depuis des siècles. Le grand blond était assit sur le bois marqué par le temps de son bureau, le regard rivé vers un autre personnage aux cheveux polaires. Lukas était lui aussi assit, sur la chaise dudit bureau. Son regard était tourné vers la fenêtre, et il tenait entre ses mains un bol, d'où dépassait des fruits écarlates. Des fraises.

Un sourire naquit sur les lèvres du finlandais quand il se remémora la première fois qu'il avait surprit ce genre de rituel.

C'était arrivé la première fois dans le temps de la Norvège Oubliée. Le sorcier vivait des jours malheureux, perpétuellement sombre, sous la domination du danois, qui passait le plus clair de son temps à guerroyer ou a voyager. Lukas était seul. La Norvège n'existait plus. Renfermé dans le coin le plus éloigné de la demeure de Matthias, il passait ses journées dans un état apathique, triste et amorphe. Plus aucune lueur de perçait son regard. L'homme, à l'image de la Nation, n'était plus qu'un corps sans forme, immobile.
Parfois, Tino s'échappait de la surveillance de Berward, et de son gouvernement pour le rejoindre. Même Emil ne parvenait pas à redonner une once de vie dans son regard. Il n'émanait de lui plus qu'un immense chagrin, une peine qui ne s'achevait jamais. Et bientôt, l'évidence se fit, et Tino réalisa que son ami n'existerait peut-être plus longtemps.
Quand il rentra chez lui, ce soir là, il exprima sa peine et son inquiétude à son compagnon de toujours, qui porta sur lui un regard, et le plus petit discerna une appréhension qu'il n'avait que rarement vu. « Vais m'occup'r d'ça ». Et il s'écoula encore de longs mois.
Tous les jours, Tino et Emil venaient au chevet de Norge, et tous les jours, ils recevaient les mêmes réactions vides et atones. Et chaque jour s'accumulait la crainte de ne plus le retrouver le lendemain.

Ce fut le jour du Solstice d'Été. Auparavant, Norge s'éveillait à l'aube pour savourer ce retour prodigieux de la nature, et de la magie du soleil qui coulait dans ses veines. Tino craignait, plus que jamais, de ne pas retrouver son ami. Et quand il entra dans la chambre sombre qu'il occupait depuis de longues années, ce n'était que pour la trouver vide. Lukas n'était pas là.
Il tâcha de ne pas laisser la panique le gagner, et se mit à trottiner vers les autres pièces, les ouvrants dans l'espoir d'y découvrir les cheveux blonds, le teint pâle et maladif qu'il connaissait. La dernière pièce qu'il restait était le bureau de Matthias.
Celui-ci était parti depuis des mois, occuper à faire du commerce avec d'autres nations, se déplaçant constamment de lui-même, désireux de connaître le monde. Et se fut sans grande conviction qu'il ouvrit lentement la porte.
Il distingua la tignasse ébouriffée du danois, assit sur le sol, et tenant fermement contre lui une figure plus petite, enveloppée dans une épaisse couverture. Des quelques mèches qui dépassaient de celle-ci, Tino reconnu son ami, et du se retenir de pousser un soupir, ravi. Le danois le remarqua finalement, et se contenta de le saluer discrètement, avant de reporter son attention sur la nation fragile. « C'est Francis qui m'a fait connaître cette chose, mais j'étais sûr que ça te plairait ! » fit-il, en glissant entre les lèvres sèches du norvégien une fraise écarlate. « Pardonne moi Nor. Je suis vraiment parti longtemps cette fois. » Tino aurait presque pu distinguer une larme dans les pupilles bleus du danois, mais elle disparut bien vite, remplacée par son infatigable sourire. Le finlandais sentit son coeur battre avec joie quand la main frêle de Norge quitta son long sommeil pour aller se nicher sur la joue du danois. Cette fois-ci, il était bel et bien revenu, et amenait avec lui un été qu'ils n'oublieraient pas de si tôt.

Quand il rentra dans les quartier du suédois, ce jour là, il ne put s'empêcher de se laisser couler contre lui, un sourire rassuré sur les lèvres. Berwald comprit, et embrassa gentiment sa joue.

Il songea qu'il était curieux de les revoir partager ensemble un bol de ces fruits que Nor affectionnait tant, aussi, il referma simplement la porte, aussi discrètement qu'il ne l'avait ouverte. Et avec un sourire, il vaqua à nouveau à ses occupations.

Matthias attendit patiemment que la porte ne se referme pour poser ses lèvres rougit par les fruits sur le nez de son compagnon, qui se contenta de lever ses pupilles glaciales vers lui. Le danois ne s'offusqua pas de ce manque de réaction, et distingua même, au fond des yeux froids, la lueur qui lui plaisait tant à voir. Celle qui ne brillait que pour lui. « Eh, je t'aime aussi, min eskelde. » Norge se contenta de grimacer, pour la forme, et glissa dans sa bouche une autre fraise. Sa main quitta un instant le bol pour venir se glisser contre celle du danois, et les mots qui ne s'échappaient pas de sa bouche sonnèrent comme une évidence pour celui-ci.

Jeg elsker deg.