Disclamer : Les personnages contenus dans cette histoire ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété des créateurs/auteurs de la série Once Upon a Time.

Toutes références à des films, séries, chansons, livres, publicités ou autres, sont aussi la propriété de leurs auteurs/créateurs respectifs.

En revanche les fautes d'orthographe sont bien de moi…


Voici un nouveau de mes délires qui nécessite quelques explications...

Cette histoire, en deux parties, (mais éditée sous un seul récit) est constituée de POV (point of view) des personnages de Regina et Emma. Regina s'est vue attribuer les chapitres impaires et Emma les pairs... Il y aura des répétitions, c'est malheureusement – en tout cas pour moi – inévitable dans ce genre d'exercice stylistique pas toujours évident.

Autre chose, Regina et Emma s'adressent au lecteur, leur racontent elles-mêmes l'histoire. Partant du principe qu'il ne sait rien sur Storybrooke et tout le reste, elles entament même des dialogues avec lui (j'avais déjà utilisé ce procédé pour un autre récit sous mon ancien pseudonyme et m'étais assez amusée... alors... j'ai recommencé... tant pis pour l'originalité, sauf que cette fois, j'ai vraiment forcé le trait), ainsi Regina le vouvoie et Emma le tutoie, n'en soyez donc pas étonné... ni de la familiarité du langage d'Emma... ce sont là des choix assumés de ma part, tout comme l'absurdité de quelques dialogues ou de scènes.

Enfin, certains personnages de la saison 7 comme Alice/Tilly, Robin/Margot, Drizella/Ivy et peut-être d'autres jalonnent aussi cette histoire.

Autre chose, je me suis trompée... Henry a onze ans ici et non dix...

Un chapitre sera édité chaque lundi... pour l'instant.

Bonne lecture...


NB : Je tiens à remercier Blackkfeather et Cleodacieuse qui, à travers leurs récits sur Once Upon a time, m'ont donné envie de réécrire sur cette série.


Partie I : Un monde sans magie.

Chapitre 1 :

Certains diraient à cause de, d'autres grâce à... Les cieux, eux, diraient : c'est le destin...

En ce qui me concerne, je ne me pose pas la question. C'est idiot, car la fatalité a toujours fait partie de ma vie, mais je vous avoue que je ne me serais jamais attendue à un tel coup bas de la part d'Henry.

Henry, mon fils, l'amour de ma vie... un enfant adopté.

Ce détail a malheureusement son importance pour la suite de l'histoire.

Mais quand vous ne pouvez pas avoir d'enfant vous-même, le choix est vite limité.

J'ai adopté Henry alors qu'il n'avait que quelques semaines et je l'ai aimé dès le premier instant.

Bien sûr, j'ai douté dans mon rôle de mère plus d'une fois. Cela dit, Henry n'a jamais été remis en question dans cette... crainte. Non, ma peur sur mon incompétence maternel ne venait que de moi et aussi ironiquement – comme le soulignerait certainement un de ces spécialistes que l'on appelle psychologue, psychiatre ou autre – ... de ma mère.

Un jour elle m'a dit que j'étais incapable d'aimer, que je ne savais pas comment faire.

Les thérapeutes s'en donneraient à cœur joie pour expliquer mon comportement actuel si je leur racontais tout ça... et prouveraient leur incompétence.

La vie ne se résume pas une simple critique.

Je tiens néanmoins à préciser qu'Henry n'entendra jamais une telle parole de ma bouche. Et c'est en cela que je diffère de ma mère, alors pourquoi vouloir rapprocher mon attitude de la sienne ?!

J'aimerais vous dire que j'ai des défauts, que je suis méchante comme dise les gens.

D'après eux, je les terrorise, les ridiculise, ne les comprends pas.

C'est faux... En fait, non, pas tout à fait. C'est vrai, je ne les comprends pas. Je n'ai jamais réussi à m'abaisser à leur niveau. Ils sont si lents... si stupides. Ils ne voient pas le monde comme moi.

Si je me lançais dans les métaphores je vous dirais :

« Ne faut-il pas un berger pour les moutons ? »

Voilà, imaginez que je suis un berger et un berger doit parfois être dur pour se faire comprendre. Pour s'occuper au mieux de son troupeau.

C'est une des choses que m'a apprise la vie. L' intransigeance n'est pas toujours comprise... encore moins par des moutons.

Je vous parle de ça parce que c'est une des leçons que j'aurais aimé que comprenne Henry. Mais du haut de ses onze ans, il pardonne tout, à tout le monde, même aux plus idiots, sauf à moi...

C'est affreux, il me voit comme un monstre.

Oui, c'est terrible, car je ne lui ferai jamais le moindre mal.

Quand j'y pense, je me dis que je devrais réussir à accepter son geste, la raison logique qui l'a poussé vers cette quête, mais je n'y arrive pas. Cela signifie pour moi qu'il ne pense pas que je suis sa véritable mère, que je ne l'aime pas assez, pour oser faire des recherches sur sa mère biologique.

Je sais ce que vous vous dites. Quel enfant adopté n'a pas envie de connaître celle qui l'a mis au monde... qui l'a abandonné ?

Moi je n'aurais jamais entamé ce genre de recherches inutiles et je pense honnêtement qu'Henry n'a pas besoin de se poser ce genre de question... Je suis là pour combler tous ses doutes, pour apaiser ses peines, lui redonner espoir et confiance.

J'étais là à chacune de ses poussées de fièvre, j'ai changé ses couches, lui ai lu des histoires, ai vu les étoiles dans ses yeux quand je le faisais rire lors de nos soirées si heureuses...

Je suis sa véritable mère.

Je ne devrais pas lui en vouloir, et pourtant...

Comme je le disais plus haut, tout à commencé, à cause de, ou grâce à un fonctionnaire consciencieux qui, subodorant une vague entourloupe, a envoyé un mail de confirmation à Regina Mills, en l'occurrence moi, cliente n° 309822 qui avait adopté un petit garçon onze ans plus tôt, et cherchait à connaître le nom de la mère biologique de son fils.

La demande n'était pas interdite, le temps de délais était, lui, plus étonnant et la tournure grammaticale pour ne pas dire l'orthographe du premier mail d'interrogation sur l'identité de cette personne faisait plus penser à une vague manigance secrète dudit garçon sans que sa mère adoptive soit au courant.

Là-dessus Henry aurait pu faire mieux. Se faire prendre sur l'orthographe... Ce n'est pas faute de lui avoir fait faire quelques dictées ! Il continue toujours à se tromper sur des mots si simples !

Enfin, vous pensez bien que cet homme n'en était pas à sa première tentative de tromperie de la part d'un mineur.

Cette personne au nez creux a eu la décence de souligner ses doutes de manière assez subtiles et suite à un appel de ma part, dès la réception du mail, m'a révélé à moi et non à mon traître de fils, l'identité de celle qui l'avait donné à l'adoption : une certaine Emma Swan.

Emma Swan...

Une femme qui en onze ans n'a jamais percé ma coquille d'amour protégeant mon fils. Pourquoi aurais-je pensé à elle ? Elle avait abandonnée Henry et fait en sorte qu'il ne la retrouve pas, ne voulant pas qu'il connaisse son nom. Cela veut tout dire, non ?

Elle ne l'a jamais désiré, ne l'a jamais aimé.

Moi, si.

J'aurais pu, suite à cette information, jeter ce nom aux orties, l'oublier et surveiller mon fils d'un peu plus près, excepté que...

Emma Swan, même à des centaines de kilomètres, même encore inconnue pour Henry, était devenue une menace.

Une menace qui me tiraille depuis plusieurs jours.

Je vois bien qu'Henry attend le mail qui lui donnera le nom que j'ai en ma possession, et je le connais, je dirais même que je l'ai bien élevé, il est persévérant.

Sans réponse, il le relancera, et devant le silence buté du fonctionnaire qui m'a promis de ne pas donner d'information à mon fils, il agira.

Ce qui veut dire qu'il est capable de fuguer et ça... Je ne le supporterais pas.

Ne pas savoir où se trouve mon fils est la chose qui me fait le plus peur au monde.

Moi qui me targue de n'avoir peur de rien, je tremble devant la décision d'un enfant de onze ans, face à sa pugnacité qui me rendrait si fière si elle ne touchait pas à un sujet aussi sensible.

Alors que puis-je faire pour l'empêcher de continuer ses recherches, pour le faire revenir à la raison ?

C'est une chose à laquelle je réfléchis depuis ce fichu mail...

Le fonctionnaire n'écrira rien de faux. J'aurais aimé qu'il lui réponde qu'Emma Swan était morte, mais cet homme semble avoir ce qu'il a appelé un minimum d'honneur et de valeurs. Il lui est impensable de mentir à un enfant de onze ans.

Quel idiot.

Croire sa « mère » morte, l'attristerait oui, mais ensuite il reviendrait vers moi, réaliserait que sa vraie mère c'est moi pas cette Emma Swan au nom impensable. Parce que porter le nom d'un volatile, entre nous, n'a rien de glorieux.

Même si elle porte un nom ridicule, elle n'en reste pas moins, comme je l'ai dit, une menace...

Et lorsque je me retrouve face à une menace, je n'ai que deux solutions : la combattre ou l'écraser.

Ici, je ne vais pas tergiverser, je vais anéantir Emma Swan... pour le bien d'Henry.

Je ferai en sorte qu'il ne sache jamais qui est derrière son échec à retrouver sa mère biologique.

Car, dans le fond, elle n'est qu'une personne sans importance dans la famille qu'Henry et moi formons, une figurante sur la pellicule d'un film qui n'existe plus. Un fantôme qui restera à l'état de songe et finira par disparaître du paysage pour le moment confus de mon fils.

Je ne vais faire qu'une bouchée de cette Emma Swan.

J'ai déjà mené plusieurs guerres et j'aime savoir qui est mon ennemie dans un combat, dans une lutte ou même dans une mise à mort.

Je veux connaître la force de l'adversaire.

Et puis une certaine curiosité me ronge à son égard.

Comment est-elle ? Que fait-elle ?

Est-ce une droguée qui regrette son geste ou une femme qui vit sa vie en ayant parfaitement oublié mon fils ?

Assise à mon bureau, j'ai tenté de faire le vide sur toute cette affaire durant la matinée et j'ai échoué.

Il ne sert plus à rien d'attendre. Il faut que je vois à quoi ressemble celle qui a pris ma place dans l'esprit de mon fils, celle à qui il pense le soir en s'endormant un sourire aux lèvres.

Il ne l'a jamais rencontré et elle est déjà l'héroïne qu'hier encore j'étais à ses yeux.

Comme je hais cette femme !

Une parfaite inconnue est en train de me voler mon fils... MON Fils.

Oui, c'est décidé, je ne lui accorderai aucun crédit, aucune chance.

Je la détruirai.

.


.

Boston.

Voici la ville dans laquelle elle réside et où j'ai fini par me rendre.

Cela fait trois jours que j'ai quitté Storybrooke, la petite ville où je vis avec Henry et de laquelle je suis maire.

J'ai laissé mon fils à la garde de ma nièce, Robin, une jeune femme de vingt ans, qui à la différence de sa mère – ma sœur – a la tête sur les épaules.

Ma sœur, une vraie folle...

Oui, ma famille n'est pas le meilleur modèle de vertu.

J'arrête là sur la description de mon sang, ou alors je vais faire les gorges chaudes de tous ceux qui s'intéressent à la psychologie.

Je me répète, n'essayez pas de m'analyser. Vous n'y arriveriez pas et je n'ai pas de temps à perdre avec vos questions. J'accepte votre présence ici, de vous parler de mon fils et de cette Emma Swan qui l'a poussé hors de son ventre il y a plus de dix ans, mais c'est tout. Ne vous avisez pas de faire la moindre remarque sur mon caractère, mes antécédents familiaux ou encore mes décisions.

Si vous ne pouvez vous en empêcher... La porte est là, partez, sinon rongez votre frein, comme j'ai rongé le mien.

Quant aux autres, je sais ce que vous vous dites. Comment cette femme, apparemment sensée et qui plus est occupe une place haut placée peut-elle être si dure ? On ne sait jamais, après tout cette Emma Swan est probablement inoffensive...

Vous êtes tellement naïfs... Je devrais vous présenter Blanche Neige, vous vous entendriez bien avec elle...

Emma Swan inoffensive ? Je suis sûre que non. Mon instinct me crie de me méfier d'elle.

Je l'ai trouvée. J'ai voulu la suivre une ou deux fois et je l'ai perdue.

Cette fichue ville est trop grande et elle l'arpente depuis des années contrairement à moi. Me voilà donc obligée de faire le pied de grue dans le café en face de son immeuble en attendant qu'elle sorte.

Cela finit par arriver alors qu'il fait nuit.

Consciencieuse, j'ai garé ma Mercedes pas loin et suis sa... qu'est-ce que c'est que cette voiture ?!

Une vieille coccinelle jaune toute cabossée.

Pitoyable...

Elle se gare dans une rue peuplée de restaurants, sort de son tas de boue et entre dans un des immeubles éclairés.

Dire que j'ai eu du mal à la retrouver serait mentir. Il m'a suffi de monter les escaliers alors que les portes de l'ascenseur se refermaient sur elle, de monter un étage et de l'observer de loin entrer dans la salle pleine de clients, relativement bien habillés, attendant dociles, les plats raffinés apportés par des serveurs vêtus de blanc.

Je la regarde slalomer sûre d'elle entre les tables dans sa robe... rose.

Une robe rose, quelle vulgarité...

Même si elle possède le physique pour cette deuxième peau qui épouse son corps musclé – au moins elle prend un minimum soin de sa santé – oser une robe pareil sans avoir l'élégance adéquate pour la porter est un appel programmé aux œillades et autres commentaires grivois, pour ne pas dire salaces, de la part des excités. Et croyez-moi, ils y en a déjà quelques uns dans cette pièce qui l'ont remarquée et qui penseront à elle avant de s'endormir...

Inutile de vous faire un dessin sur ce qu'ils feront.

Son dîner va être un véritable fiasco ou alors une réussite parfaite. Tout dépend de quel point de vue nous nous plaçons.

Mais je m'avance, attendons de voir l'homme – car on ne peut avoir rendez-vous qu'avec un homme pour se vêtir de la sorte – avec qui elle compte passer la soirée et vue sa détermination affichée dans cet outrageux message subliminale qu'est cette robe décidément indécente, certainement la nuit.

Cette femme est une traînée, j'avais vu juste.

Je la suis du regard en m'approchant du bar pour voir qui est le prince charmant des temps modernes qui semble déjà l'attendre à une table.

Voilà la bête...

Bel et bien un homme... qui avait raison ?

Les cheveux coupé très courts, presque rasés, portant un costard de deuxième main, il semble hésitant puis soulagé en la détaillant des pieds à la tête.

Encore un qui se dit qu'elle finira dans son lit.

Décidément, je ne suis pas la seule à avoir une mauvaise opinion d'elle.

Je suis trop loin pour entendre leur conversation qui a l'air d'une niaiserie à mourir. Ils roucoulent tout les deux comme des pigeons.

Je m'apprête à commander un whisky pour supporter ce spectacle, quand un détail arrête mon geste. Une expression sur le visage attentif de cet homme : le malaise.

Elle ajoute quelque chose à son petit discours qui accentue sa gêne l'amenant à se contorsionner sur sa chaise. Ce détail n'a pas échappée à Emma Swan qui continue sa litanie mystérieuse dans cette pièce bruyante.

Et là... arrive l'étonnante fuite de cet homme. Il renverse la table sur elle et court vers la sortie.

Maintenant debout, Emma Swan ne semble pas surprise, simplement agacée de la tâche de vin sur sa robe sûrement irrécupérable.

Elle ne devrait pas, se débarrasser de cette horreur est la meilleur chose à faire. Elle devrait le remercier de lui avoir fichu en l'air.

Très bien... Passons les commentaires vestimentaires.

Se penchant vers sa chaise, elle récupère ses affaires et marche tranquillement en direction des ascenseurs. Je pourrais la suivre, mais la silhouette que j'aperçois détaler dans la rue à travers la baie vitrée près de moi attire mon regard et je reconnais le couard qui l'a quittée avec tant de précipitation.

Alors qu'il monte dans sa voiture, la robe rose sur pattes sort de l'immeuble où j'ai décidé de rester et tout en la suivant des yeux, je commande enfin mon whisky.

De ma place, j'assiste parfaitement au spectacle, alors pourquoi sortir dans le froid, à la suite de cette femme qui s'approche de celui qui a ruiné sa robe et tente piteusement de démarrer sa voiture ?

Je m'attends à ce qu'elle lui crie dessus, réclame quelques billets pour rembourser son vêtement qui n'en est pas un et... à la place elle lui écrase durement le visage contre le volant de sa voiture, l'assomme, trouve des menottes quelque part dans son sac et lui passe aux poignets...

Je vous avais dit qu'elle n'était pas à prendre à la légère...

J'esquisse un sourire puis me reprends, une légère déception voilant mon regard.

J'aurais aimé me mesurer à elle. Elle aurait pu être un adversaire intéressant.

Mais il y a Henry entre nous... Alors il ne me reste plus qu'une seule chose à faire...